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 La sortie scolaire. (WILLEM&LEORIC)

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MessageSujet: La sortie scolaire. (WILLEM&LEORIC)   Jeu 19 Avr - 10:50


☾ la sortie scolaire.
Living easy, living free, season ticket on a one-way ride. Asking nothing, leave me be, taking everything in my stride. Don't need reason, don't need rhyme ain't nothing I would rather do. Going down, party time, my friends are gonna be there too. I'm on the highway to hell, on the highway to hell, highway to hell, I'm on the highway to hell.

▼▲▼

Le lycée a eu la merveilleuse idée de programmer une sortie scolaire, ils ont cherché des professeurs pour accompagner les élèves, ainsi donc je me suis retrouvé sur la liste des inscrits sans qu’on ne me le demande. A vrai dire vu le thème, j’ai accepté sans hésitation. Il s’agissait de traiter de phénomènes extraterrestres à Roswell, donc direction le Nouveau Mexique pour environ une semaine. Plusieurs matières ont été inclues dans le projet : la littérature dont je suis le représentant, l’histoire avec une collègue un peu coincée ainsi que la biologie en la personne de Shepherd. Pendant tout un mois les élèves et moi-même avons donc travaillé sur des livres traitants de la cause extraterrestres avec des auteurs comme Orson Scott Card ou L. Ron Hubbard. Ce sont des auteurs plutôt récents et cela me permet également d’aborder les questions de littérature contemporaine en opposition avec une sorte de classicisme que l’on aborde généralement comme avec Shakespeare – mon grand désespoir – ou plutôt médiévaux comme avec le Roman de Renart ou Les Milles et une Nuits ou même dans l’antiquité gréco-romaine avec des dramaturges comme Sophocle, Euripide ou Eschyle. Quoi qu’il en soit, cette idée de sortie m’enthousiasme assez, d’autant plus que je vais pouvoir m’amuser avec Willem, nous qui n’avons pas eu l’occasion de nous voir depuis que je l’ai invité à manger à la maison.
J’ai dû prévenir Derek que je partais pendant une semaine entière mais que je le tiendrais au courant de l’avancée des choses par messages téléphoniques, j’aurais bien aimé pouvoir l’amener avec moi, mais ce n’était pas possible. Le laisser seul à la maison ce n’est pas ce que je préfère, mais ce n’est pas comme si j’aurais à nouveau l’occasion de parcourir les États-Unis en quête des extraterrestres. Pour ma part, je suis mitigé à ce propos d’ailleurs. Si nous sommes là, je ne vois pas pourquoi il n’y aurait pas d’autres espèces vivantes dans l’univers, mais j’attends les preuves, un quelconque quelque chose qui indique que nous ne sommes pas seuls.
Le voyage s’est déroulé sans aucune anicroche. Les élèves ont chanté des chansons paillardes dans l’autocar et les nombreuses pauses ont pu nous dérouiller les jambes, ce qui en soit n’étais pas un voyage totalement horripilant. Une fois arrivé dans l’hôtel, nous avons commencé à dispatcher les chambres, quatre chambres pour les filles et quatre chambres pour les garçons, ce sont des chambres de quatre personnes et pour les professeurs je me suis retrouvé avec Willem et notre collègue dans une chambre toute seule. Les affaires débarrassées nous avons tout de suite commencé le briefing avec nos étudiants, posés les règles, pas de sorties après 21h30 et réveil à 8h pour commencer les cours. Les trois enseignants sont supposés faire cours ensemble, s’épauler dans les explications et donner des informations supplémentaires quand certains n’en donnent pas assez. La première journée s’est plutôt bien passée, nous avons visité les lieux où ont été vus les soit disant ovnis et commencé nos investigations.
J’avoue que j’ai appris quand même des choses d’un point de vue historique et scientifique grâce à mes collègues, et toutes nouvelles connaissances sont les bienvenues, ce n’est qu’en faisant cela que l’on peut s’améliorer et devenir de meilleurs professeurs. La soirée venue, nous avons tous dîner dans le réfectoire de l’hôtel puis laissé les élèves vaquer à leurs occupations jusqu’à la fin de la soirée. Le lendemain rebelote, mais cette fois-ci visite guidée par un illuminé fada d’ufologie. J’avoue que là je me suis un peu ennuyé, mais vu la tête de certains, ce n’était pas le cas de tous, fort heureusement d’ailleurs.
L’après-midi nous avons donc décidé de tester quelque chose, les étudiants par groupe de deux ont dû faire des essais mêlant à la fois les trois matières pour écrire une sorte de petit essai pour convoquer leurs connaissances et ce qu’ils ont appris. A la fin ils recommenceront pour voir les évolutions et pourquoi pas créer une sorte de mini-ouvrage que je me chargerais de faire imprimer. « Willem, tu peux venir me voir ? Lui soufflé-je discrètement tandis que les élèves étaient entrain d’écrire et de faire leur brainstorming. » Nous nous écartons rapidement des autres afin qu’ils ne puissent pas entendre ce que j’ai à lui proposer. En effet, voilà trop longtemps que j’ai envie de me dégourdir réellement, et quoi de mieux que cet endroit où les plaines sont vastes. « Ce soir on part en vadrouille, avec le rouge aux yeux, si tu vois ce que je veux dire. » Petit sourire avant que je me dirige vers un élève qui m’a appelé pour savoir comment on écrivait le mot ufologie. Encore un de ceux qui n’écoutent jamais en cours et qui ne regardent pas ce que j’écris au tableau. Quoi qu’il en soit je me montre compréhensif et réponds à sa question le plus naturellement possible.
Une fois la journée terminée et dans la chambre, j’attrape un short ainsi qu’un débardeur avant d’enfiler le tout par dessus mon boxer. Mon tatouage nouvellement révélé par Derek apparaît sur ma cuisse, le valknut, et l’autre alpha le devine aisément : le symbole de ma meute. « En route ? » Je le regarde avec un air ravi et pressé. On va enfin pouvoir apprendre à mieux se connaître et à envisager de construire une relation basée sur une bonne entente. Notre première rencontre s’était plutôt mal déroulée, mais par la suite nous avons pu mettre cela de côté pour tout reconstruire sur de bonnes bases, bien entendu, cela ne se fait pas sans l’éternelle guerre entre les littéraires et les scientifiques, mais pour ma part, je prends cela plus à la rigolade qu’autre chose.


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Willem Shepherd

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MessageSujet: Re: La sortie scolaire. (WILLEM&LEORIC)   Sam 21 Avr - 16:50


Shepherd
Willem


Teniala
Leoric

la sortie scolaire
Ma première tentative de rapprochement avec Leoric avait été éprouvante. Nous avons des points communs, comme être tous deux professeurs, ou encore des loups alpha. Mais cela n’avait pas été suffisant. La faute à un tas de raisons. Leoric qui doit s’habituer à un nouveau pays, un nouveau climat et des mœurs sensiblement différentes de sa Norvège natale. Moi, pas très fin dans mon approche, un peu balourd, trop enthousiaste pour m’apercevoir que mon homologue n’était pas branché sur la même longueur d’onde. Réflexes de défense, il avait eu des mots durs et un peu injuste. Ce n’était pourtant pas la première fois que l’on me prenait pour un guignol. Je suis un peu responsable, je me planque souvent sous une couche de conneries, que je finis par oublier que l’image que je peux donner, devient une réalité aux yeux des autres. Cependant, cette fois-ci je n’ai pas réussi à encaisser et j’avais fui du Pink.

Fort heureusement, Leoric s’était  aperçu que nous avions dérapé tous les deux et s’était excusé de sa réaction. Pour sceller un nouveau départ entre nous, il m’avait convié à un dîner chez lui avec des spécialités de son pays. Et pour repartir d’un bon pied, c’était plutôt réussi. J’avais mangé des spécialités de chez lui aux noms imprononçables, comme du fårikål, ou du saumon à la vapeur. J’avais fait honneur à son repas, lécher mon assiette au sens propre comme au figuré. La nourriture est un bon sujet de conversation. J’avais évité de pousser mon éternelle chansonnette sur la chimie des aliments pour épargner mon hôte peu féru de cette matière. Leoric m’avait décrit la Norvège, sa Norvège, avec une telle passion, que les paysages avaient éclot dans mon imagination, comme si j’y avais déjà mis les pieds. Ses mots m’ont donné envie d’aller visiter ce pays qui semble encore très proches de la nature et des gens préservés de la folie de la modernité.

À mon tour, je lui avais raconté ma vie d’avant. Cette des camps, de la cuisine au feu de bois, de la chasse et la cueillette. Une vie en pleine nature, parfois rude, mais avec une liberté sans égale. J’avais exprimé mon regret qu’une telle vie était maintenant, impossible. Il n’y a plus assez d’espace et trop de monde sur terre. Nous avions débattu sur la vie, sur le fait d’être un loup, un alpha, des salopards de chasseurs, un peu, pas trop car cela nous sert encore les tripes d’y penser. Quand j’étais rentré à la maison, il était presque trois heures du matin. Aux sujets sérieux avaient suivis d’autres plus légers qui nous avaient provoqués des crampes au ventre tant nous rions. Une fois dans mon lit, je riais encore tout seul des blagues particulièrement fines du norvégien. Il a l’air sérieux comme garçon, mais quand on a réussi à gratter le verni… ça devient un super pote.

Une belle amitié est née lors de cette soirée.

(…)

Depuis quelques temps, Leoric a une attitude étrange. Souvent plongé le nez sur son smartphone, je le vois sourire un peu niaisement. Quand je m’approche dans ses moment-là, il planque rapidement son téléphone dans sa poche et se recompose une attitude pas vraiment naturelle.

Je hausse les sourcils, lui les épaules. Je ne dis rien, il ne dit rien. J’écarquille les yeux, il secoue la tête.

Il me rappelle Maxine quand elle commençait à sortir avec Cassian. Même sourire idiot, même regard vague, même attitude emprunté quand ça se fait gauler en flagrant délit de pensée à autrui. Mady m’avait fait une chasse quand j’avais questionné Maxine avec une totale indiscrétion. Je m’abstiens donc de tout commentaire, même si ce que je tais, se lit pratiquement sur mon front, ou mon regard pétillant. Au mieux, Leoric lève les yeux au ciel, au pire il me colle une calotte derrière le crâne. D’ailleurs, au Lycée, une nouvelle professeures vient d’arriver.  Elle a un joli sourire, de jolis… poumons, mais elle semble un peu farouche et reste dans son coin sans trop se mêler avec les autres professeurs.

(…)

- Shepherd, vous qui avez l’habitude, vous encadrez la prochaine sortie scolaire.
- Mais monsieur le principal, c’est que j’ai mes permanences au campus et mon travail au poste de poli…
- Il nous faut quelqu’un qui passe bien avec les jeunes et c’est votre cas. Pour une fois que votre comportement une peu… hum… sert à quelque chose. Vous partez avec monsieur Teniala pour l’aspect littérature et mademoiselle Johnson pour l’histoire.
- Ah non ! Miss Johnson n’est pas très… enfin elle a un… pas que je ça me… euh… vous voyez quoi !
- Voyons ! Pas de propos misogynes !


Le principal s’éloigne dans le couloir, mettant fin à mes remarques. Je ne suis pas misogyne. Juste que la professeure d’histoire a pas inventé l’eau tiède. En plus elle en pince pour moi alors qu’elle a un look de thon albacore… Mais s’il y a Leoric, cette sortie scolaire est déjà moins une corvée. Roswell, ce n’est pas la porte à côté. J’avais espéré un trajet en avion qui nous aurait pris quatre heure quarante de vol, mais le principal n’avait pas un tel budget à nous offrir  pour embarquer deux classes de première. C’est donc dix-neuf heures de route dont une paie faite la nuit.

Nous avons fait des haltes, avec toutes les joyeusetés que c’est de gérer un troupeau de jeunes par forcément discipliné. La pauvre Mélania, de la première B, a vomis pendant tout le trajet. Mais le chauffeur de bus était équipé en sac de vomito, nous avons semé notre parcours de petits cadeaux olfactifs. Leoric s’était réfugié au fond du bus à l’opposé de la jeune fille. Son précieux museau mis à rude épreuve.

Pendant ce long trajet, Leoric m’a expliqué le travail qu’il menait avec ses élèves et je fus étonné de trouver le père de la scientologie parmi les écrivains qu’il leur faisait étudier. Pour ma culture personnelle, j’appris qu’avant d’inventer cette pseudo-science, la Dianétique, l’homme était un écrivain de science-fiction.

(…)

L’hôtel est basique, excentré de la ville, il est un peu perdu au milieu de nulle part et à côté du Bitter Lake, un parc régional. La première journée fut occupée à visiter les lieus liés à l’ufologie comme l’International UFO Museum. La ville regorge de gens, illuminés ou non, par l’existence des extra-terrestres. C’est amusant d’écouter parler nous élèves de ce qu’ils en pensent personnellement. Il y a les sceptiques, qui sont en minorité, et les autres ouverts à toutes les hypothèses, très influencé par les fils de science-fiction de plus en plus réalistes. Si je leur avouais que deux de leurs professeurs sont des loups garous… Leur tête serait pendable !

Chacun des professeurs aborde la spécificité de la ville avec sa matière. Sans surprise miss Johnson, aborde le crash supposé d’un ovni en 1947 et la thèse la plus vraisemblable qu’il s’agisse d’un ballon sonde. Elle redonne la cadre historique de l’époque, le bloc soviétique ennemi principal des américains alors que le peuple pleure encore ses morts lors de la seconde guerre mondiale. Les gens ont besoin d’autre chose. Et l’existence potentielle d’une vie extra-terrestre plus évoluée que nous fait le buzz. Le monde voit dans E.T. la solution miracle pour nous sortir de notre marasme et de nos sempiternels conflits qui ont un goût d’un recommencement infini. Mon intervention appuie la position de l’armée quant au ballon sonde. Je parle du climat du Nouveau Mexique, des vents tournants prompts à sculpter les nuages en forme ovoïde. Un peu d’imagination, de rêve et quelque illuminé charismatique et voilà un mythe qui perdure depuis soixante-dix ans.

- Bref ! Ce n’est pas plus crédible que les vampires et les loups garous !

Leoric se mord la joue et regarde le ciel où le seul nuage qui se balade à plutôt des allures phalliques qu’extra-terrestre. Nous trouvons un moment de répit quand les élèves planchent sur le travail qu’ils devront rendre à l’issue de ce voyage. L’idée n’est pas tant de prouver ou non l’existence des petits hommes verts, mais de les faire réfléchir sur le phénomène sociétal qui fait que Roswell est encore truffée de boutiques souvenirs 100% orienté ovni. D’ailleurs j’ai acheté le poster que l’agent Fox Mulder a dans son bureau.

- Willem, tu peux venir me voir ?
- Oui Scully. Du nouveau dans les entrailles de l’E.T. ?


Je prends ma tête « agent du FBI », comme j’aime parfois m’amuser à faire.

- Ce soir on part en vadrouille, avec le rouge aux yeux, si tu vois ce que je veux dire.
- Du rouge pour chercher des petits hommes verts ! Et comment !


Leoric secoue la tête. Il ne m’en veut pas de faire le pitre. Il sait parfaitement que j’ai compris ce qu’il souhaite faire : se dégourdir les pattes. Chacun de notre côté, nous aidons les élèves. J’ai apporté quelques produits du labo et fait quelques expériences qui permettent des résultats assez amusants. Genre comment créer un gaz vert fluorescent, ou créer un bruit avec un flacon et un sel qui se dissout dans de l’acide et qui, à plus grande échelle, peut faire croire à un avion qui passe le mur du son.

(…)

La chambre enfin ! Nous avons deux lits doubles rien que pour nous. Je me laisse tomber à plat ventre sur le premier. À côté Leoric brasse. Aux bruits je devine qu’il vire son fute pour passer une tenue plus confortable. Je finis par m’extirper du matelas. Je ne suis pas fan des guiboles à l’air. Je change néanmoins de pantalon pour un jean élimé qui ne craint plus rien de la vie. Je vire ma chemise pour un t-shirt vert kaki.

- En route ?
- Aller ! Go on Bro’.


Nous sortons de notre chambre, passons en mode silence total devant celle de miss Johnson et une fois loin de tous regards, nous allongeons la foulée vers le parc naturel que nous avions repérée sur la carte. C’est une réserve protégée. L’accès y est restreint, mais vu l’heure qui va venir nous embêter. Puis, ce n’est pas comme si nous n’étions pas capables de passer en mode furtif.

- Le dernier arrivé au lac est un extra-terrestre mouillé !

Je me fais doubler par fend-la-bise. Leoric a la banane.

- Mais ! MAIS ! Attend moi ! Rho ! Mais d’où tu me sors ces grandes jambes !?

Un regard rougeoyant qui se tourne vers moi me fait comprendre qu’il a allumé la bête.

- Ok, OK gros malin !

J’accélère à mon tour et dix mètre plus loin, je file à quatre pattes.

- Cours Forest, t’as un loup garou aux fesses !

J’aime sentir le vent sur ma peau et mes muscles se délier dans un effort surhumain. La quiétude de la nuit, le ciel lavé de toute pollution qui nous offre un spectacle féerique et la faune qui s’éveille de toute part. Je suis dans mon élément, heureux. Content de partager ce moment avec un compagnon de route devant qui je n’ai pas besoin de faire semblant d’âtre normal. Nous arrivons au lac. C’est tranquille. La surface est d’huile en absence de vent.

- Elle est chaude tu crois ?




Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

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MessageSujet: Re: La sortie scolaire. (WILLEM&LEORIC)   Dim 22 Avr - 12:13


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▼▲▼

Pour être tout à fait honnête, il n’y aurait pas eu Willem comme professeur accompagnateur, je ne suis pas sûr que j’aurais accepté d’être de la partie pour cette sortie scolaire. Déjà le thème ne me convainc qu’à moitié et en prime une semaine entière avec les élèves, bonjour le cauchemar. Je fais ce métier parce que j’aime la transmission, j’ai ce besoin compulsif que d’aller enseigner à ceux qui ne savent pas, mais j’ai aussi besoin de pauses, de pouvoir souffler loin de toute cette ambiance ne serait-ce que l’espace d’un week-end par semaine. Non puis quel est le problème du proviseur ? Roswell ? J’ai l’impression de revoir un remake totalement idiot de Scary Movie, la saga de films parodiques de films d’horreur. Quoi qu’il en soit l’avantage d’être avec mon collègue alpha est que nous aurons de quoi nous occuper le soir, les sorties nocturnes seront je le sens, vraiment très excitantes, d’autant plus que je ne suis pas certains que nous ayons le droit d’aller sur ces sites protégés. M’enfin, ce n’est pas comme si nous allions aller tout ravager, nous savons nous tenir, enfin je crois. « Aller ! Go on Bro’. » Il fait encore le pitre, mais bon, ça a le don de me faire sourire, c’est déjà ça. Pour sortir de notre chambre, nous essayons d’être le plus discret possible, ce qui grâce à nos capacités surnaturelles devient relativement aisé. Hors de question de réveiller Me Johnson ou encore les adolescents, ça ne ferait que nous attirer des ennuis.
Une fois sortis du bâtiment nous nous élançons enfin à grandes foulées, je dépasse rapidement Willem étant donné que je suis plus grand que lui et que mes jambes sont plus longues. D’instinct nous allons vers le parc protégé, comme si l’interdit était plus amusant – ce qui au fond  est le cas – mais le principal c’est de ne pas tout mettre à sac. Peut-être même que nos traces feront de nouvelles élucubrations de la part des ufologues, ce qui serait franchement amusant. « Le dernier arrivé au lac est un extra-terrestre mouillé ! » Ah ouais ? Immédiatement mes yeux deviennent rouges et je m’élance comme une fusée, n’hésitant même pas à me mettre à courir à quatre pattes comme un animal pour avoir une meilleure extension et ainsi aller plus vite. « Mais ! MAIS ! Attend moi ! Rho ! Mais d’où tu me sors ces grandes jambes !? » Faudra demander à mes gênes pour savoir cela, je n’en sais absolument rien. Je continue sur ma lancée en riant à gorge déployée, cela faisait longtemps que je n’avais pas eu l’occasion de faire ceci. Depuis que j’ai Caracole à surveiller et Derek à temps presque plein, ça devient compliqué d’avoir des moments pour soi. « Cours Forest, t’as un loup garou aux fesses ! » Tu parles, comme si j’avais peur. Loin de là, les loups garous je les matte moi. Un coup de crocs, un rugissement et ils filent la queue entre les pattes.
J’arrive au lac en premier et je souris en voyant Willem arriver une seconde après moi. L’eau est magnifique, puis nous voyons les étoiles comme je ne les avais pas vu depuis la Norvège. Un ciel étoilé magnifique tend ses bras vers nous et un sourire extatique s’affiche sur mon visage rassasié devant un tel spectacle. «  Elle est chaude tu crois ? » Je souris d’un air énigmatique, à voir l’absence de vent et la surface de l’eau qui est totalement plane, je dirais qu’elle doit être à une température agréable. Je souris en le regardant avant de tirer la langue. « Il n’y a qu’un moyen de le savoir, lui répondis-je en commençant à retirer tous mes vêtements à part mon caleçon, maigre rempart à ma pudeur naturelle. » Je finis par prendre mon élan et me jeter dans l’eau dans une bombe monumentale. L’eau ne me mord même pas la peau, elle me paraît douce et agréable, franchement c’est un bonheur que de faire un bain de nuit comme ça. Je plonge au fond de l’eau en canard avant de remonter et de regarder mon collègue alpha qui est à quelques dizaines de mètres. « Viens, elle est bonne ! » Je l’incite à me rejoindre d’un geste de main tout en continuant à nager une brasse énergique pour avancer un peu plus loin dans ce lac si parfait.
Ce n’est qu’en voyant Willem se jeter à l’eau avec courage. Quand je le vois gesticuler comme un beau diable, je comprends que j’ai merdé quelque part. Mais en fait c’était fait exprès, je me mets à rire comme un enfant fier de sa blague. « Oups, j’ai oublié de te préciser que l’eau était bonne pour moi. En Norvège j’ai l’habitude de me baigner dans des eaux que vous autres considérez comme étant glacées. » Je m’éloigne pour éviter toutes représailles de sa part tout en faisant en sorte de ne pas perdre la berge de vue, nos affaires étant là-bas, j’aurais bien envie de les récupérer et de ne pas perdre ni mon short, ni mon t-shirt et encore moins mes baskets. Je ne vous parle même pas des chaussettes, un véritable trésor.


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Willem Shepherd

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MessageSujet: Re: La sortie scolaire. (WILLEM&LEORIC)   Jeu 26 Avr - 18:41


Shepherd
Willem


Teniala
Leoric

la sortie scolaire
Je lorgne le collègue, attendant qu’il ne se méfie pas pour le pousser à la flotte, mais le bougre me devance. Dingue la vitesse avec laquelle il passe de sapé, à désapé, pour plonger allégrement dans le lac sans même trempouiller ses petons pour vérifier la température.

- Viens, elle est bonne !
- Ah ! Cool !


Je ne me le fais pas dire deux fois. À mon tour, je me déshabille et suis le lascar dans le même élan.

- ….
- Oups, j’ai oublié de te préciser que l’eau était bonne pour moi. En Norvège j’ai l’habitude de me baigner dans des eaux que vous autres considérez comme étant glacées.
- Peuh !


Je ne suis pas d’une nature frileuse, vu que je dors souvent dehors, dans le hamac sur la terrasse. Vingt-cinq années de vie nomade au plus près de la nature m’ont habitué à la fraîcheur. Mais là, j’aurais préféré me mouiller la nuque avant de sauter comme un idiot confiant, pour m’épargner cette désagréable sensation de saisissement brutal. Je brasse vivement pour me réchauffer. Leoric s’est prudemment éloigné de moi, content de son méfait. Il se moque gentiment des américains, mais il oublie que je ne fais pas partie de l’Amérique de McDonald. Une fois la surprise passée, la température de l’eau me convient et je la trouve même agréable après notre course depuis le motel.

Je suis plutôt bon nageur. J’attaque donc une longueur dans un crawl rapide. Le lac doit bien avoisiner les huit cent mètres dans sa plus grande longueur. J’apprécie la sensation de glisse et la liberté qu’offre l’élément aquatique. Cela me replonge dans mon enfance. La meute choisissait toujours ses campements près d’un point d’eau. Quand celui-ci était un lac, nous étions tous ravis, comme en vacances. La nage est propre à l’introspection. Seul avec moi-même, isolé du monde par l’eau qui atténue les sons, mes pensées vagabondent. Toutefois, l’eau a un effet apaisant. Ce sont de bons souvenirs qui remontent de ma mémoire. Une grande masse d’eau crée une entropie qui influence les êtres vivants. Beaucoup de personnes affirment dormir mieux et plus profondément, lorsqu’ils séjournent près d’un lac d’eau douce. Il y a tout un système d’équations chimiques qui peuvent expliquer le phénomène. Mais qui s’en soucie ?

Quand je reviens près de Leoric, je lui exprime ma satisfaction d’avoir trouvé un tel endroit après les piétinements de la journée avec les élèves. La zone protégée n’est pas très grande, mais avec la forêt, nous avons l’impression d’être coupé du monde. C’est un petit coin de paradis.

Nous nous baignons un moment. Je n’ai pas oublié la facétie du norvégien, ni que depuis le début de la soirée, il joue au plus malin, le plus résistant, le plus rapide, alors qu’il m’a pris en fourbe, activant ses capacités lupines avant moi. Nous sommes de la même taille et du même gabarit, aucune raison pour qu’il ait systématiquement l’avantage. Il doit s’attendre à des représailles, je reste donc tranquille.

Je me laisse couler, fais des bulles et sonde les profondeurs du lac. Je m’y reprends à plusieurs fois pour toucher le fond vaseux. Des algues caressent désagréablement ma peau. Je n’y vois strictement rien. Il fait nuit, et ce n’est pas le ciel, pourtant bien étoilé, qui va éclairer ces abysses. Mes plongées successives habituent mon corps au manque d’oxygène et à la perte de repère visuel. De son côté, je remarque que Leoric jette de fréquents regards vers nos affaires. A-t-il peur que quelqu’un nous les prenne, ou prépare-t-il une nouvelle farce ?


Nouvelle apnée, je compte et égrène les secondes. Quand je remonte à la surface, je crache de l’eau comme une belle fontaine et reprends mon souffle. Mon collègue nage à une petite centaine de mètres de là. Il a un beau style, efficace, sans vagues inutiles. Je plonge à nouveau, mais cette fois, je ne cherche pas le fond du lac. Me maintenant à deux mètres sous l’eau pour ne pas troubler la surface, j’avance rapidement en dauphin. Pour le moment Leoric est trop loin pour que je l’entende, je gère ma direction en me fiant au léger courant qui circule dans le lac et la dernière position du loup. Je manage ma respiration de manière à minimiser les bulles d’air, pour les rendre sporadiques, comme celles provenant des gaz de décomposition des matières organiques qui tapissent le fond du lac. Nous vivions de la chasse, j’ai donc une bonne expérience de la traque et de la furtivité. Ceux qui ne me connaissent pas d’avant, seraient étonnés de l’être silencieux et invisible que je peux devenir, alors qu’habituellement je ne passe pas vraiment inaperçu entre mes bourdes et mes plaisanteries à deux balles.

Lorsque j’entends enfin ses jambes qui battent l’eau, je descends plus bas, bien que je commence à devenir limite côté oxygène. Il faut que je surgisse du fond, pour que même s’il esquive à la dernière minute, il reste dans mon champ d’action. Je me colle la musique des dents de la mer dans le crane. Mauvaise idée, j’ai envie de me marrer… Concentré Will’, reste concentré ! Le but est de couler le saumon norvégien.

Ses mouvements dans l’eau commencent à supplanter le courant, m’indiquant sa position précise. Je me fis uniquement à mon ouïe et au toucher. Tel un Mark Harris, je remonte en flèche à la seule force de mes abdominaux, imitant toujours le dauphin. Cette technique est éreintante, mais bien plus hydrodynamique, et Archimède m’aid... Non j’ai dit que j’arrêtais avec les formules.

Tel un diable qui sort de sa boîte, je surgis dans le dos de Leoric qui sentant une présence s’est remis verticalement. Merci de ton aide mon poto ! Ma tête à nouveau hors de l’eau, j’inspire à fond, mes deux mains en appuis sur ses épaules. Mon élan, nous replonge au fond. J’ai l’avantage de la surprise et d’être dans son dos. Il n’a pas eu le temps de prendre beaucoup d’air.

Bagarre sous l’eau. Je l’emporte vers le fond, il lutte comme un beau diable. Je le tiens fermement, mais un saumon, c’est glissant. Je relâche mon étreinte, je ne veux pas le noyer, juste lui faire boire la tasse en légitime revanche.

Finalement, je dois rapidement remonter à la surface, car je manque de m’étouffer de rire. Dans la bataille, si nous avons évité de sortir griffes et crocs, nos yeux d’alpha se sont dévoilés. Ce qui donne un effet plutôt amusant sous les eaux obscures d’un lac en pleine nuit.

- Un point partout, la balle au centre.

Je prends tout de même une prudente marge de sécurité au cas où, vexé, il poursuive sur une note moins joueuse. Leoric tousse et crachote. Un échange de regard, il ne semble pas m’en vouloir. Si nous avions enfin pu faire vraiment connaissance lors du repas chez lui et que le courant était finalement bien passé entre nous, je ne connais encore pas entièrement son caractère. Une sortie comme celle de ce soir, nous permet de mieux nous connaître et finalement de mieux nous apprécier. Je sais ce qu’il n’apprécie pas, comme les explications théoriques à tout bout de champ. C’est son côté prof de littérature. Je mets volontiers cette dérive personnelle de côté, car nous avons aussi des points communs comme l’amour de la nature. Je comprends combien son pays natal doit lui manquer, comme la vie en pleine air me manque aussi. Nous partageons également la même ombre. Il ne m’en a rien dit, mais je reconnais les survivants d’un génocide, puisque j’en suis un comme mon frère, ma tante et mon cousin. Ma formation de médiateur me dit qu’il ne faut pas forcer les confidences. Arrachées, elles font souffrir, dévoilées de plein gré, elles libèrent. Nous devons encore apprendre l’un de l’autre pour qu’une telle confiance s’instaure.

- Je propose d’aller nous faire sécher sur la rive. J’ai vu des pierres plates où on ne sera pas tout boueux.

J’allonge les bras et rejoins la rive en une dizaine de secondes. Un léger vent me fait frissonner. Fraîcheur qui ne fait pas sourciller le saumon norvégien qui sort à son tour de l’eau.

- Tu vas agoniser cet été à Beacon Hills !

Aucune satisfaction dans mes propos, simplement un constat. Son corps est acclimaté à des températures plus basses. Il va lui falloir un temps d’adaptation. Avec mon auriculaire, je secoue violemment mon oreille droite.

- Bouchée… À jouer au requin des profondeurs, j’ai mal dépressurisé en remontant.

Je me pince le nez, souffle et enfin l’équilibre en l’oreille interne et externe se fait.

- Ça va ?

Question vague qui peut, soit évoquer la tasse que je viens de lui faire boire, soit des sujets plus personnels, du passé comme au présent. Je prendrais ce qu’il me donnera ce soir. Nous sommes différents dans notre manière de réagir aux événements, pourtant je me reconnais en lui. Cette attention qu’il a envers les autres. Comme moi, il fait passer les intérêts des autres avant les siens.

Je prends la position du cormoran qui sèche, tirant un sourire de mon compagnon de sortie.





Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

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MessageSujet: Re: La sortie scolaire. (WILLEM&LEORIC)   Lun 7 Mai - 10:45


☾ la sortie scolaire.
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▼▲▼

Pour être parfaitement honnête, cela doit faire au moins une cinq que je ne me suis pas autant amusé. Profiter de l’air nocturne, braver les interdits imposés par la loi, c’est la belle vie, un moment qui procure une adrénaline intense qui fait que l’on oublie les tracas de la vie commune. Depuis la Norvège et les fameux drames qui s’y sont déroulés, mon existence est morne, rongé par le chaos et par la noirceur, avec quelques pointes de lumières qui éclairent la route tel un phare dans la nuit la plus obscure. Ces pointes de lumières sont cette meute que je commence à recréer, cet homme si divin qui prend une part importante dans mon quotidien. Mais ce n’est rien comparé à cet instant que je partage avec mon nouvel ami, cet alpha que je considère presque comme un frère tant nous avons de points communs. Des fragilités, un esprit de compétition amical, une douloureuse expérience, des pertes, mais aussi des rires et des moments de joie, de la compassion l’un envers l’autre. Willem est un ami, et je ne regrette pas de l’avoir rencontré, car des personnes comme lui, il en existe peu, je veux dire, celles qui nous complètent, qui nous rendent heureux.
Dans tous les cas, je suis vraiment heureux d’avoir pu lui jouer cette petite blague, je sais bien que c’est un gars qui faisait parti d’une meute et d’une famille nomade, que l’eau froide ça doit le connaître, mais de l’eau aussi froide, je ne pense pas. Il peste quand il entre, il grommelle et moi je ris comme un petit fou. « Peuh ! » A cette simple onomatopée j’explose de rire et je ne peux plus empêcher le fou rire qui me prend. Mon collègue commence donc à nager pour tenter de réchauffer son corps et s’habituer à la température de l’eau. Je le suis, alternant le crawl et la brasse, c’est délectable et parfait comme endroit, comme sensation. Oublier ce qui est arrivé depuis mon arrivée à Beacon Hills, c’est comme une grande bouffée d’air, une thérapie à l’horreur qui est survenue.
Puis d’un coup je ne l’entends plus, je ne le vois plus, le loup est parti sous l’eau, je le sens pour me jouer une farce. Ce serait facile, le noir, mais il oublie que je suis alpha moi aussi. Je me prépare, je sonde les environs, mais il est lent, à tel point que ses mouvements ne provoquent quasiment aucun remous. Puis d’un coup il surgit et je ne m’y attendais pas, il plaque ses mains sur mes épaules et me plonge le corps sous l’eau. Je bois la tasse et je commence à suffoquer sous l’eau, mais je me débats, je tente de prendre l’avantage, mais le fait qu’il soit dans mon dos et que je manque d’oxygène font que je n’arrive pas à prendre l’avantage, nos yeux rouges se dévoilent et je trouve cela légèrement hypnotisant, comme s’il était un foutu hypnotiseur qui arrivait à me rendre calme. Nous remontons tous deux à la surface, par manque d’air avant que je ne le toise d’un air faussement mauvais. « Un point partout, la balle au centre. » M’ouais, tu parles, ça ne me satisfait pas du tout, j’étais heureux d’avoir pu prendre l’avantage. Tout le monde me croit coincé, mais au fond, je ne demande que ça, de rire, de pouvoir faire comme tous les autres, seulement je n’ose pas, du moins pas avec n’importe qui. « Je propose d’aller nous faire sécher sur la rive. J’ai vu des pierres plates où on ne sera pas tout boueux. » Je ne fais que dire mon consentement d’un geste de la tête et nous partons en rapide coups de bras et de jambes vers l’endroit qu’il m’indique. Une fois remontés de l’eau, je m’assieds sur les fameuses pierres plates pour commencer à sécher. « Tu vas agoniser cet été à Beacon Hills ! » Un sourire se loge sur mon visage, il n’a pas totalement tord, je suis habitué à des températures basses, même là, j’ai l’impression d’avoir chaud, en Norvège l’été il fait plus frais qu’au printemps californien. Puis ma peau claire va me jouer de sacrés tours, heureusement que je suis un loup-garou et que je cicatrise vite, les coups de soleil ne seront pas douloureux ainsi.
Je vois Willem commencer à secouer son oreille et je ressens sa douleur par le biais des émotions de son corps, il a dû se la boucher à force de faire l’imbécile dans l’eau, mais si je dois avouer que j’ai bien ris. « Bouchée… À jouer au requin des profondeurs, j’ai mal dépressurisé en remontant. » Je le vois pincer son nez et souffler à fond pour remettre tout cela en place. Technique peu agréable mais bien efficace. Ravis de pouvoir partager ce moment avec lui, je m’installe et regarde le ciel étoilé qui nous tend les bras et son infinité de petites tâches blanches que sont les étoiles et les planètes qui nous entourent. « Ça va ? » Question subite, beaucoup de choses ne vont pas trop depuis des années et des mois, pourtant je dois faire avec, même si j’ai énormément de mal. Quand je le vois s’allonger pour sécher, un sourire indolent se loge sur mes lèvres. Que lui répondre à sa question ? Je ne saurais par quoi commencer, lui dire les bonnes choses ou les mauvaises ? Trop de solutions s’offrent à moi, mais je sais qu’un jour il faudra bien que je me confie à lui, que nous apprenons enfin à mieux nous connaître. Une amitié solide ne se base pas que sur des façades mais sur des sentiments profonds. « Je suis entre deux eaux, sans mauvais jeu de mots. La vie a été une belle salope avec moi, et excuse moi pour ce vocabulaire de charretier. Depuis que j’ai quitté la Norvège plus rien ne va, mais il y a eu… quelque chose avec le Nemeton. Je me suis… enfin… j’ai rencontré quelqu’un, je crois qu’au début j’avais peur de lui, ou plutôt de moi, ou de ce qui nous reliait de façon magique… puis j’ai connu enfin ce que ça voulait dire… de enfin… tu sais, jouir, dans tous les sens du terme d’ailleurs. » Je blatère des choses sans queue ni tête, il ne doit rien comprendre le pauvre. Il faudrait que je sois plus précis, moins… ou alors plus.. Je ne sais pas trop, il serait peut-être temps de lui confier ce que j’ai vécu, et ce qui me traumatise encore. Pourtant par où commencer. C’est comme si les mots se refusaient à moi, par peur d’être prononcés et qu’ils fassent souffrir, encore, toujours. « En Norvège j’ai subi des horreurs inimaginables. Mordu à mes quinze ans, dans une meute que je considérais comme famille, puis l’alpha qui mort mon père, qui meurt parce qu’il rejette la morsure. La vengeance, la prise de pouvoir, les yeux jaunes qui deviennent bleus puis rouges. Puis un apartheid, des chasseurs qui viennent et massacrent tout le monde, le divorce avec ma femme, et j’arrive ici pour vivre encore des horreurs, ma vie est un ramassis de merde qui s’empile inlassablement. » J’avale difficilement ma salive, parler de tout cela m’est douloureux, et je préfère me taire maintenant, ne plus rien dire de négatif, parce que je n’y parviens plus, j’ai déjà pété les plombs à plusieurs reprises, menaçant ma propre vie en me tirant une balle entre les deux yeux, mais j’ai renoncé à chaque fois. Parce que j’avais peur de laisser de belles choses passer. « Puis j’ai rencontré Derek. » Cette phrase simple explique simplement tout ce que je pense, il doit le comprendre, il doit savoir ce que c’est. J’aime un homme, et cela doit lui être limpide, je ne sais pas si ça le dérange, mais je n’aime pas vivre avec des mensonges envers les personnes que je considère comme étant mes plus proches amis. « Désolé pour tout ça… lui dis-je comme une simple excuse à des confidences que je devais lui faire. » Drôle d’homme que je peux être, j’en suis conscient, mais j’ai besoin de me confier à lui, parce que ça me pèse, parce que je n’arrive décemment pas à avoir tout ce poids sur mes épaules indéfiniment.


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Willem Shepherd

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MessageSujet: Re: La sortie scolaire. (WILLEM&LEORIC)   Mer 16 Mai - 22:23


Shepherd
Willem


Teniala
Leoric

la sortie scolaire
A ma question vague, ses sourcils me répondent avant l’homme. Froncement imperceptible. Je devine qu’il ne pense pas à ma facétie, mais à des sujets plus profonds. Je ne relance pas. Comme un pécheur, il faut savoir être patient, ne pas remuer l’appât. Il faut aussi accepter d ne rien attraper. Savoir lâcher prise, n’est pas une faiblesse, mais une force. C’est la base que j’applique quand j’opère en tant que médiateur. Le dialogue ne vient pas avec les questions. L’échange se fait dans l’écoute. J’apprécie de plus en plus Leoric. Il est le premier alpha que je côtoie depuis que j’en suis moi-même devenu un. Sa présence amicale me rassure. Il peut me comprendre, voir derrière mon armure de clown l’homme anxieux qui se cache. Il est également étranger à mon histoire, ça le rend impartial et neutre dans son jugement.

- Je suis entre deux eaux, sans mauvais jeu de mots.

L’enveloppe qui enferme ce qui le mine laisse échapper un peu de pression. L’idéale serait de dégonfler ce volume qui lui pèse avec une pression constant mais maîtriser. Il est toujours plus facile de se remettre d’aveux  donnés posément, que d’un déballage extrême qui se fait dans la déchirure. Je me tais. C’est important. Ne pas agiter l’appât. Faire oublier le pécheur.

- La vie a été une belle salope avec moi, et excuse-moi pour ce vocabulaire de charretier.

Mentalement je lui offre mon pardon. J’en ai autant à redire, avec des mots aussi violents. D’ailleurs, il faut qu’il se libère et la violence verbale est une forme de décompression. Je suis son auditeur privilégié, cela ne m’affectera pas, car je sais la place de ces mots dans ce qui devient un monologue libérateur.

- Depuis que j’ai quitté la Norvège plus rien ne va, mais il y a eu… quelque chose avec le Nemeton.

Le Nemeton… Je l’ai approché, mais jamais rejoins, intimidé, respectueux.

- Je me suis… enfin… j’ai rencontré quelqu’un, je crois qu’au début j’avais peur de lui…

« Lui ? » Je note le détail, non comme un stigmate, mais comme un éventuel écueil pour mon ami qui m’a jusque-là paru très traditionnel dans s manière de penser.

- Ou plutôt de moi, ou de ce qui nous reliait de façon magique… puis j’ai connu enfin ce que ça voulait dire… de enfin… tu sais, jouir, dans tous les sens du terme d’ailleurs.

Mes lèvres s’étirent en un grand sourire. Ses mots me rassurent pour lui et me rappelle un souvenir ardent qui porte le prénom de Merisha. Leoric est confus, je le serais tout autant à sa place. Je ne suis pas doué non plus pour me confier. Je ne parle pas, de crainte de casser la mécanique qui s’est mise en route, cette – sinon délivrance – cette décompression salutaire pour lui.

- Hum hum.

Une simple onomatopée, pour le rassurer que je suis et comprends. Puis en quatre phrases, il me résume sa vie, son calvaire. Je me suis redressé sur les coudes, la mine grave. Il n’a pas besoin de rentrer dans les détails. Je les imagine trop bien. Nous ne sommes pas devenus alpha dans la même impulsion, mais notre cœur a été broyé par le génocide des gens qui nous étaient proches.

- Puis j’ai rencontré Derek. Désolé pour tout ça…

J’esquisse un vague geste comme quoi il n’a pas à être désolé et que bien au contraire, je suis flatté qu’il ait voulu se confier à moi. Cela prouve l’importance qu’il me donne dans sa vie. Je ne sais pas s’il parle du seul Derek que je connais de nom et de réputation, car il fait partie d’une meute célèbre à Beacon Hills. Un homme que j’ai déjà vu roder autour du lycée et visiblement sortir avec l’un de nos élèves. Quelques pièces d’un puzzle se mettent en place.

- Je t’envie d’avoir trouvé la personne qui te complète. Puis tu me rassures qu’à trente-deux il n’est jamais trop tard.

J’esquisse un sourire penaud. Je ne suis plus puceau depuis mes dix-sept ans, et j’ai un peu de vécu, mais cela a toujours été plus ou moins qu’une affaire de sexe. Pas simple, quand on bouge constamment et que l’on est sans domicile fixe. J’ai croisé quelques femmes avec qui j’aurais aimé faire ma vie, fonder une famille, avoir des enfants, trois minimum. Mais, aucune d’entre elles n’a accepté de quitter une sédentarité rassurante. Je ne leur en veux pas, même si mon cœur a la couleur des regrets. Je sais qu’il faut être né nomade pour accepter ce genre de vie. Mon autre handicap est d’être assez maladroit sur les affaires de cœur.

- Et pour ce qui est de ton homme… Tu vois dans quel type de bar je traîne... Je suis heureux que tu ais trouvé le bonheur. Revanche légitime.

Je lui fais un clin d’œil. Le Pink sous l’égide de son patron est un monde qui brasse une mixité où le bohémien que je reste, trouve son compte. Ce n’est donc pas moi qui vais m’offusquer que, d’homme marié à une femme, il refasse sa vie avec un homme. Son émotion est tangible. Il ne demande pas mon approbation, ni quoi que ce soit dans ce sens. Mais je sens qu’il a besoin d’être rassurer et se sentir légitime dans ses sentiments. Tout en remettant mon T-shirt, car mine de rien je commence à avoir un peu froid, je m’approche de Leoric.

- Alors ce Derek semble être un bon coup au lit !

Regard paillard, coup de coude dans les côtés. Un alpha rouge, mais pas dans les yeux. Je prends un air faussement offusqué.

- Quoi ? C’pas un sujet de conversation entre amis ?

Je le charrie. Naturel. Aucun jugement dans le regard, juste celui d’un mai qui s’intéresse à sa vie. Cette incartade libertine allège son oppression. Il sait maintenant qu’il peut me parler de sa liaison sans peur, ni crainte.

- J’aimerai bien trouver aussi la perle rare. La femme qui comprendra l’idiot que je suis et qui me hissera au rang de héros.

Mon regard se fait vague.

- La dernière femme que j’ai… enfin tu vois. Une bombe au plumard. Belle à croquer, sensuelle à te damner. Des yeux de biche à te rendre totalement liquide. Mais ce fut un partage uniquement corporel. Ne partager que le meilleur, mais surtout pas le pire. C’était une cambrioleuse professionnelle. Elle a quitté la ville.

Mon regard se fait rêveur en songeant à la Polonaise. Belle, mais pas la femme qui me compléterait. Je zieute du côté de Leoric et lui fais un clin d’œil qui veut dire « profite de ton mec sans remord mon gars. » Un moment de silence s’impose. Léger et non pesant, chacun dans nos pensées. Je réfléchis à ce que Leoric m’a révélé. J’espère que m’en parler aura allégé un peu son oppression. La parole ne lui fera pas oublier le passé, mais lui permet de décompresser. Je veux bien être son oreille, je suis plutôt doué à cet exercice.

Seulement, penser au massacre de sa meute, me renvoie à ma propre histoire. Mon visage se tord dans une grimace. Le regard clair de Leoric m’invite à me lâcher également. La dernière personne à qui j’en ai parlé c’est Ares. Mais le tigre est bien occupé par son travail pour Alessandro et sa famille qui habite loin. Alors comme pour Leoric un peu plus tôt, les mots coulent. Un à un pour ne plus s’arrêter.

- Nous étions plus d’une vingtaine. Une meute nomade, rarement plus d’un mois au même endroit. Une vie de sauvage aux yeux de la majorité des gens. Une vie de liberté et de communion avec l’environnement.

J’explique à Leoric les règles de base de notre meute qui pourraient se résumer par « respect de notre environnement, respect de l’ancien et bienveillance. »

- Mais voilà, être gentils et non violents n’étaient pas un critère suffisant.

J’explique en quelques phrases le drame. Les chasseurs qui viennent en pleine nuit, moi qui m’étais éloigné pour pisser, les armes automatiques qui ne nous ont donné aucune chance.

- Mais le pire n’était pas là. Ted, mon alpha était agonisant. Il m’a obligé Leoric. Il a usé ses dernières forces d’alpha à me contraindre de l’achever pour que la meute perdure, pour que le rang ne s’éteigne pas. Je suis un meurtrier malgré moi. Moi aussi, le rouge de mes prunelles cache du bleu.

Ma voix me trahit. Je me tais le temps de me reprendre.

- Nous sommes quatre survivants de ce massacre. Keanus, mon frère, ma tante Mady, la femme de Ted, son fils Tobias qui n’avait que onze ans ce jour-là et qui reste un loup instable, ce qui n’avait jamais été le cas avant dans la meute. Nous vivions en paix…

Je me tais. Ce sera tout pour ce soir. Un autre jour, je lui raconterai les agonisants que Ted m’a demander d’achever avant que je le tue, pour abréger les souffrances inutiles de l’aconit. Puis les sept années d’errance qui ont suivi. Les reproches voilés de Mady d’avoir usurpé ce rang qui revenait de droit à son fils aîné qui a succombé avec les autres. Et ceux de Tobias, m’hurlant en pleine face que j’ai assassiné son père. La meute des Shepherd se reconstruit doucement. Kada’an, et Maxine nous ont apporté un nouveau souffle, mais les vielles blessures ne demandent qu’à s’ouvrir.

- Merci de m’avoir écouté, Leoric. Je…

Nous sommes soudain tous deux attentifs. Un bruissement, le vent qui apporte une odeur. Un… non deux hommes s’approchent. Nous avons parlé pas vraiment fort, mais sans nous contraindre non plus à une extrême discrétion. J’enfile ma veste et quand je tente de mettre un pied dans mon pantalon, le bruit d’un sifflet retentit.

- Merde ! Des Rangers ! On se barre de là !


Franchement, je n’ai pas envie d’aller faire un tour au poste de police parce que suis entré dans une zone protégée hors des périodes autorisée. Leoric et moi avons juste le temps d’attraper d’une main nos chaussure et de l’autre notre pantalon que nous voilà à fuir à grandes enjambées, les fesses simplement revêtues d’un boxer encore humide.

- Il faut les semer dans la forêt, car si on en sort on va se faire repérer, c’est désert tout autour…

Et cette forêt est bien moins vaste que celle qui entoure Beacon Hills. Nous sommes dans la merde, pourtant j'affiche un grand sourire et peine à ne pas partir dans un grand fou rire. Ce genre d'embrouilles me sont familières, mais voir Leoric courir devant moi, pied nu et en boxer, ça vaut son pesant d'or.





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MessageSujet: Re: La sortie scolaire. (WILLEM&LEORIC)   Mar 22 Mai - 14:52


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▼▲▼

Nous commençons à nous offrir l’un à l’autre, c’est-à-dire que nous apprenons à nous connaître l’un l’autre. Faire en sorte que nous nous connaissons un peu mieux, voire beaucoup plus. Nous avons beaucoup de points en commun l’un et l’autre, et ce n’est pas pour me déplaire. A force de se côtoyer, les caractères se révèlent, les histoires sont semblables. Willem a vécu des horreurs tout comme moi, et sa vie amoureuse n’a jamais été un long fleuve tranquille, loin de là. Un nomade a peu de chance de rencontrer l’amour à part dans une famille nomade, les sédentaires ont souvent beaucoup de mal à se faire à un milieu où l’on doit bouger souvent. L’histoire du massacre de sa meute n’est guère plus enviable que le mien, les chasseurs sont des monstres qui méritent la mort, tous, autant qu’ils soient. La plupart des loups ne veulent pas faire de mal aux autres, ils ne pensent qu’à être eux-mêmes, à avoir une vie normale et tenter de cacher ce qu’ils ont au plus profond d’eux. « Merci de m’avoir écouté, Leoric. Je… » Cela me semble normal, il l’a fait pour moi, mais je crois que ce moment a lié à jamais notre amitié. Mais sa phrase est suspendue par une odeur différente, par l’air se distend et qui devient plus agité. Deux hommes, qui viennent à notre rencontre. Il ne manquait plus que ça. Nous attrapons nos vêtements, je ne prends même pas le temps d’enfiler tout cela qu’un bruit de sifflet assourdissant retentit. « Merde ! Des Rangers ! On se barre de là ! » En effet, cela vaut mieux, nous nous mettons à courir, à moitié nus dans la nature. Quand je le vois ainsi, ça me fait rire, mais je dois avouer que l’image de ma personne avec juste un boxer, le cul nu sachant que je suis quelqu’un de coincé. « Il faut les semer dans la forêt, car si on en sort on va se faire repérer, c’est désert tout autour… » La forêt ? Il appelle ça une forêt ? Il y a une centaines d’arbres à tout péter et c’est une forêt ? Non mais j’aurais tout entendu. Lui qui est nomade il doit mieux choisir ses mots pour parler de la nature.
Nous courrons, et notre foulée est bien plus rapide que celle des deux rangers, nous finissons par le semer, mais ils n’abandonnent pas la course car au bout de deux minutes la forêt est déjà illuminée par les lampes torches des deux hommes. Il y a deux solutions qui s’offrent à nous, soit on rentre illico presto en courant comme on ne l’a jamais fait, soit on se planque. Les deux options sont particulières, alors pour prendre le temps de réfléchir, j’attrape mes vêtements par les dents et glisse les lacets de mes chaussures entre mes dents également avant d’agripper un tronc d’arbre et de commencer à monter rapidement à la force des bras et des jambes. Je lui fais un signe de tête pour qu’il fasse de même. Cela nous donnera du répit et ils ne songeront pas à regarder dans la cimes des arbres. Une fois en haut je m’habille rapidement et prudemment pour ne pas tomber. « Laissons les chercher quelques minutes le temps de réfléchir. » Je vois son sourire qui peine à contenir son rire, mais il faut qu’il se taise, sinon on va finir au poste de police, et je n’ai pas vraiment envie de faire cela, ni de me faire fustiger par des policiers véreux. Pour ma part le rire n’est pas mon envie primaire, là j’ai juste envie de rentrer et de continuer la soirée au calme.
Je vois les rangers passer la forêt au peigne fin et là seulement un sourire rassuré apparaît sur mes lèvres. Ils sont idiots, mais qui peut s’attendre à voir des hommes monter aux arbres comme des écureuils ? « Je vois deux solutions Willem. Soit nous rentrons tout de suite, soit nous restons ici et attendons. » Je ne sais pas trop quelle solution est la meilleure, parce que c’est un coup à ce qu’ils nous voient en sortant de ce bosquet d’arbres, mais d’un autre côté rester ici c’est prendre le risque qu’ils finissent par nous trouver. L’avantage c’est que nous sommes habillés, c’est mieux ainsi. Il a calculé les enjeux de la scène et je suis sûr qu’il saura prendre la bonne solution, lui qui a plus l’habitude que moi de ce genre de situations. « Ta décision sera la mienne. » Je lui souris peiné qu’on soit dans une telle situation, même si lui a dû se payer une bonne tranche en me voyant dans cet état. Je déteste mon air trop coincé.


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MessageSujet: Re: La sortie scolaire. (WILLEM&LEORIC)   Dim 27 Mai - 23:31


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Knockin' On Heavens Door



Leoric fait une grimace conséquente lorsque j’évoque la forêt qui nous entoure. OK le mot est un peu fort, mais c’est plus grand qu’un bosquet, n’en déplaise au pro du vocabulaire comparé, enfin les trucs qu’il fait aux textes.

Knock-knock-knockin' on heaven's door

Nous semons sans mal les deux humains, mais ma « forêt » rayonne vite des faisceaux de deux lampes torche. Il faut se coller là où ils ne chercheront pas. C’était la technique de ma meute. C’est vrai que parfois nous empruntions un peu des vivres dans les fermes. Nous essayions d’être redevables en leur rangeant leur tas de bois ou réparant ce qui traîne. Mais ce n’était pas toujours possible. Alors des flics obstinés, des paysans furieux, j’en ai eu aux fesses.

Knock-knock-knockin' on heaven's door

Cette histoire me rappelle de bons souvenirs. Ce soir nous ne risquons pas grand-chose, à par une belle honte devant les élèves car on aura fini au poste de police. Mais alors que les sifflets retentissent de plus bel, mon âme d’enfant se réveille. C’est toujours amusant de jouer aux gendarmes et aux voleurs.

Leoric me devance dans l’idée d’aller nous planquer dans les arbres. Il grimpe prestement, je le suis, la banane sur le visage. Il s’habille rapidement, alors que je prends mon temps. La tournure de cette sortie nocturne me plait

- Laissons-les chercher quelques minutes le temps de réfléchir.

Une idée tordue me vient à l’esprit, je me mords les lèvres pour ne pas éclater de rire. Faire tourner les deux rangers en bourriques, ne serait pas pour me déplaire. Mais côté cours de littérature, cela me semble moins partie dans la rigolade.

Knock-knock-knockin' on heaven's door

Nous nous taisons le temps que les deux hommes passent juste sous nos pieds. Perché dans cet imposant Pinus edulis, je me sens libre comme jamais. J’aime sentir l’écorce râpeuse et collante de résine sous ma paume. L’air embaume d’une senteur de térébenthine et légèrement citronnée. La brise qui vient du désert est chaude et sèche. Je comprends pourquoi ce biome est restreint d’accès. Une simple étincelle et c’est un incendie ravageur qui se crée.

- Je vois deux solutions Willem. Soit nous rentrons tout de suite, soit nous restons ici et attendons.

Je hoche la tête comme si je réfléchissais entre ces deux alternatives, alors que mon choix est déjà fait.

- Ta décision sera la mienne.

J’ai l’impression qu’il s’en remet à ma décision pour compenser le fait que cette sortie est son idée. Un voile de spleen passe dans ses yeux. Je lève le nez au ciel. Pas un seul nuage. Les frondaisons nous masquent une partie du spectacle. Avant de bouger, j’écoute où sont nos poursuivants en incite Leoric à grimper plus haut. Les Pinus edulis s’évasent, nous offrant autant de fourches qui font autant de chaises longues improvisées. La densité des aiguilles fait qu’il n’est pas possible de nous voir depuis le bas, même en braquant une lampe dont le faisceau qui se heurterait aux branches basses.

Knock-knock-knockin' on heaven's door

Tout à l’heure, il s’est confié sur un sujet que je devine tabou et qu’il ne doit pas partager avec beaucoup de monde. Je suis flatté que Leoric se sente suffisamment en confiance avec moi pour cela. Ce n’est pas rien et j’aimerais lui montrer que je ne suis pas un simple bouffon qui ne sait pas être sérieux. Doucement je me mets à parler, ma voix naturellement grave me permet de parler distinctement avec un faible volume sonore.

- La voie lactée est féerique, tu ne trouves pas ? Enfant, mon grand-père me disait qu’un point lumineux représentait une personne défunte, et que la lune était faite de fromage.

Perchés sur notre arbre, au milieu de cet îlot de verdure paumé au milieu du désert, nous sommes comme seuls au monde.

- Imagine que cet arbre soit le mat de vigie d’un immense bateau. Nous voguons sur cette mer de sable et de roches sous la protection de ceux que nous aimions. Quand je vais mal, que je sens que je n’arrive plus à faire semblant, je me réfugie dans un cocon de nature loin de la folie des hommes. Regarder les étoiles, sentir l’essence des pins, écouter la faune vivre, m’apaise. Mais…

Knock-knock-knockin' on heaven's door

Ma voix se meure, nos deux rangers reviennent dans notre direction. Je m’installe plus confortablement. Je fais un clin d’œil à Leoric. Il a vécu des saletés et des moments de bonheur bien trop fugaces. En bas, la nuit est troublée par des raies de lumière. Ils pourraient même venir avec des chiens, ils ne nous trouverons pas. Car même bien dressé, un cabot de la police ira dans la direction opposée de deux loups alphas. Alors que le son et lumière qui se passe en bas s’éloigne à nouveau, je reprends.

- Mais les étoiles restent loin. L’important est de trouver quelqu’un qui devine la merde dans laquelle baigne ton cerveau, qui sait que tes mains tremblent parfois et que ton cœur s’emballe de peur sans raison. Un ami qui te regarde avec fierté, même quand tu te chies dessus. Je suis content pour toi que t’ais croisé la route de ce type. Vraiment. Je ne le connais pas, que de nom. J’espère qu’un jour tu voudras bien me le présenter.

Knock-knock-knockin' on heaven's door

J’ai planté mon regard dans celui de mon ami. Je devine ses doutes, ses craintes et des peines. La boue qui coule parfois dans son cœur. Leoric sait que je vois clair en lui, mais également que je ne le juge pas, ni lui dis de se bouger le cul pour croquer cet amour à pleine dent.

- A ton rythme ami, et tu sais où sonner si tu as besoin, ne serait-ce qu’une présence. Comme ces étoiles là-haut je sais me taire, mais je suis un peu plus proche, plus chaleureux aussi.

Je fais une grimace. C’est rare que je sois sérieux aussi longtemps. Mais il doit savoir que mes épaules sont là, pour lui, sans limite, sans jugement. Je fais souvent le pitre, mais je sais aussi être grave. Il y a des aveux, des confessions qui se passent de mots. J'aime les femmes, lui les hommes. J'y vois un avantage : nous nous faisons pas concurrence. L'idée me fait sourire comme un crétin. Leoric me demande ce qui me met en joie. Je le lui dit. Sa réaction élargit mon sourire.

Knock-knock-knockin' on heaven's door




Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

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MessageSujet: Re: La sortie scolaire. (WILLEM&LEORIC)   Lun 28 Mai - 11:23


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▼▲▼

J’avoue que me fier à son jugement n’est pas forcément la meilleure idée, le problème c’est que si nous sommes dans une telle situation c’est à cause de moi, parce que nous sommes sortis, parce que je l’ai entraîné dans cet endroit alors que c’est interdit par la loi. Lui ne semble même hésiter deux secondes, non sa décision est rapidement prise. Il a regardé en haut, et il est monté, plus encore, allant vers la cime. Choisissant avec soin ses branches. Je ne fais que le suivre, je ne suis pas non plus un expert, alors plutôt que de prendre appuis sur un endroit qui n’est pas stable et qui serait trop fragile, il vaut mieux suivre sa route qui m’a l’air bien plus sûre. Une fois en haut sa voix brise le silence, douce, basse et virant dans des graves délectables, qui ne font que glisser sur la petite brise nocturne qui balaie l’air ambiant. Il commence à me parler des étoiles dans un langage qui me surprend venant de lui. Il me parle de poésie et de beauté de la voie lactée, une parlure qui me touche et qui crée milles rêves indicibles que j’apprécie énormément. L’alpha me confie ses peines, ses craintes ainsi que sa mélancolie. Je le découvre en nuances, en beaux contrastes qui font sa force autant que ses faiblesses et qui cognent en mon cœur comme un écho malheureux de ce que je ressens au plus profond de mon être. Nous sommes identiques.
Je comprends ce qu’il veut dire, et je suis sensible à ce qu’il me raconte et pour une fois, je comprends la puissance de l’adéquation de la rêverie et de la science. Ensemble ? Nous sommes invincibles, et c’est ce qui fait notre puissance, à tous les deux. La féerie de ce qu’il m’évoque est magnifique, douceur qui secoue mes cheveux d’une sensation électrique. « Mais les étoiles restent loin. L’important est de trouver quelqu’un qui devine la merde dans laquelle baigne ton cerveau, qui sait que tes mains tremblent parfois et que ton cœur s’emballe de peur sans raison. Un ami qui te regarde avec fierté, même quand tu te chies dessus. » Cette personne je l’ai trouvé, j’en ai même plusieurs. Lui, malgré nos différents du début, nous avons décidé de passer au dessus, de se connaître, de se confier ce qui nous tracasse. J’ai mon bêta Caracole, même si je ne peux tout lui confier par notre différence d’âge, ce jeune homme est un rayon de soleil illuminant mes jours par sa gentillesse et sa présence bénéfique, il écarte les nuages de la mort. Je suis heureux d’avoir rencontré Willem, parce que cet homme est d’une bonté d’âme qui frôle l’imbécilité, comme moi. Nous ne sommes pas des méchants, nous ne voulons que protéger nos semblables, nous protéger nous du monde qui fait mal. « Je suis content pour toi que tu ais croisé la route de ce type. Vraiment. Je ne le connais pas, que de nom. J’espère qu’un jour tu voudras bien me le présenter. » Un jour sûrement, face à mes amis, je ne suis pas comme avec des inconnus, lui cela ne me dérangerait pas, parce qu’il n’y aura pas de jugement, pas de haine mal placée ou de mots qui blessent. Mon ami alpha, j’aime sa réaction, aucune brusquerie, aucun mot qui pourrait blesser. C’est une personne qui respecte les autres.
Son regard lit en moi, et il sait comment me remonter le moral, il sait ce qu’il faut que je fasse pour que je me sente bien mieux. Dans ma vie je n’ai connu qu’une personne capable de cela avant de croiser la route de Derek, il s’agissait de mon ancien druide que j’ai rejeté, parce que je refusais de pouvoir aimer un homme. « A ton rythme ami, et tu sais où sonner si tu as besoin, ne serait-ce qu’une présence. Comme ces étoiles là-haut je sais me taire, mais je suis un peu plus proche, plus chaleureux aussi. » Je lui souris délicatement, comprenant ce qu’il veut dire, qu’il sera toujours là, comme les petites étoiles dans ce ciel nocturne que l’on regarde tous les deux, nos âmes entrain de vagabonder. Lui grimace, se met à rire tout seul, je lui demande la raison de son esclaffement, il m’apprend qu’au moins avec mon orientation sexuelle, nous ne ferons pas de disputes. Je lève les yeux au ciel en souriant. En effet, il n’a pas totalement tord. « Tu sais où sonner également Willem, ça va te paraître mielleux, mais si jamais tu veux une présence, je serais là pour toi. Je vois clair dans ton jeu le nomade, tu fais le fort, tu fanfaronnes, mais c’est pour éviter de montrer tes saignements. » Je pose ma main sur son épaule tout en souriant pour lui montrer qu’il n’y a pas de jugement, que nous sommes dans le même bateau.
Pour beaucoup de choses nous sommes identiques, cela est presque troublant, la même date de naissance, au jour près, une façon de voir la vie similaire, un passé qui fait mal, un esprit joueur que l’on montre ou non, mais qui est au fond présent. « Je vais vraiment finir par croire que nous sommes frères, peut-être pas de sang, mais au moins de cœur. » Je lui souris en venant lui donner une petite tape sur l’omoplate et m’adosse sur le tronc de l’arbre, laissant mes yeux voguer d’étoiles en étoiles à travers les branches du sapin. La vérité c’est qu’en effet, je n’ai jamais eu une vraie famille, alors je me choisi la mienne, et elle commence à s’étoffer, à être belle par ses contrastes à être présente si jamais ça ne va pas. Je ne demande rien de plus, parce que ma vie est comblée. Pour la première fois de ma vie je sais que Beacon Hills est devenu ma maison, que je ne pourrais plus jamais partir de cet endroit, ou alors je les emmène tous avec moi.


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MessageSujet: Re: La sortie scolaire. (WILLEM&LEORIC)   Mar 5 Juin - 18:13





Feat :
Leoric


La sortie scolaire

Perchés à la cime de cet arbre avec Leoric, je me sens revenir dix ans en arrière. Je pense que le fait qu’il soit un loup alpha y est pour beaucoup. Avec lui, je n’ai pas besoin de m’excuser de la puissance de mon aura, pas besoin de la brider pour ne pas vexer. Je peux être moi et sa réponse à mon monologue philosophique le prouve.

- Tu sais où sonner également Willem, ça va te paraître mielleux, mais si jamais tu veux une présence, je serais là pour toi.

Non ce n’est pas mielleux, simplement vrai. Ses mots ne sont pas une politesse retournée. Son regard est franc. Je me contente de hocher la tête avec un léger sourire. J’aime cette simplicité. Ces mots pris dans leur sens premier. C’est honnête, dénudé de retour, même si – de ma part – il en aura toujours. C’est cela qui me rappelle le passé. Nous étions ainsi au sein des Shepherd. Évidemment, il y avait dans la meute des affinités plus fortes que d’autres, mais tous nous pouvions compter sur une oreille, une présence bienveillante et rassurante.

- Je vois clair dans ton jeu le nomade, tu fais le fort, tu fanfaronnes, mais c’est pour éviter de montrer tes saignements.

Sa main sur mon épaule appuie ses paroles.

- Me voilà démasqué !

Je lui lance un sourire complice. Il a compris que mon costume de clown est finalement une armure. Rare sont ceux qui ont vu l’homme sous le déguisement. Bien des gens devinent que je cache quelque chose derrière cette façade de joyeux luron, mais peu appréhendent la profondeur de mon mal être.

- Je vais vraiment finir par croire que nous sommes frères, peut-être pas de sang, mais au moins de cœur.
- Des jumeaux de cœur en effet.


Tant de coïncidences dans nos vies. Les faits diffèrent un peu, mais nos épreuves ont été les mêmes, mis à part peut-être notre enfance où j’ai eu la chance d’avoir une famille réconfortante qui élevait chacun de ses membres dans l’accomplissement de soi tout en ayant la notion du bien de la communauté, délicat équilibre en le « je » et le « nous ». Nous restons un long moment sans mot, plongés dans nos pensées, savourant la quiétude de la nature sublime qui nous entoure. Chauffée toute la journée sous un ardent soleil, l’essence de pin embaume l’air. La faune nocturne s’agite à nouveau, les rangers se sont éloignés, quittant même la zone forestière. Ils doivent nous chercher dans les zones à découvert. Ils se lasseront bien à un moment.

- J’avais souvent l’habitude de grimper au sommet des arbres avec mon cousin Samuel. Bien que nous ayons sept ans d’écart, nous étions des amis inséparables. C’est lui qui devait être le futur alpha à la mort de Ted.

Ma voix se casse. Une image atroce surgit dans mon esprit. Sam, le corps criblé d’une rangée de balles partant de l’aine gauche, remontant vers son cœur et la moitié droite de son visage. C’était un beau gars, la mort l’a défiguré. Maigre consolation, les impacts l’on tué sur le coup, il n’a pas souffert de l’empoissonnement du napel. Pas comme l’un de ses deux fils que j’ai dû achever.

- Ce que je cache sous mes pitreries, c’est la culpabilité d’avoir achevé… tué le mari de Mady et le père de Tobias dont je suis maintenant l’alpha. Si Mady sait faire la part des choses, il n’en est pas de même pour mon jeune cousin. Son instabilité en est que plus exacerbée.


Je soupire, gratte discrètement le coin de mon œil un peu humide.

- Je suis heureux d’avoir retrouvé quelqu’un avec qui grimper dans les arbres.

J’ai du mal à regarder Leoric dans les yeux, par pudeur pour mon regard qui trahit mon émotion. Mais le professeur de littérature comprend parfaitement ma métaphore, ou je ne sais quel terme qui décrit cette figure de style. « Grimper ensemble dans les arbres », c’est s’extraire du monde et de sa fange, c’est s’en remettre à la nature, se ressourcer et se laver l’âme, c’est être dans une bulle à deux. Le lien qui m’unissait à Samuel était fort, nous étions tous deux, aînés de fratrie. Je retrouve ce lien avec Leoric. Je suis assez sceptique sur les signes et symboles de la nature, toutefois il me plait de savoir que nous sommes nés le même jour et que nous sommes tous deux à la tête d’une meute.

Le temps s’égrène  lentement. Quoi de plus fantastique que ce ciel étoilé, cette quiétude dans cet îlot de verdure et une présence amicale et rassurante. Je ne sais pas qui de lui ou de moi donne le top du départ. Cela fait plus d’une heure que nous n’avons plus entendu les deux rangers, certainement partis vaquer à leur travail de surveillance. Si nous étions venus en courant, c’est en marchant tranquillement que nous retournons au motel.

- Regarde les deux là ! Je te montre la solution Willou.

Deux de nos élèves sont en train de cloper dans un coin de mur non visible depuis les fenêtres du motel. Je laisse Leoric qui s’attend peut être au pire. Comme à la chasse au cerf, je me fais furtif et fluide comme une ombre. À vingt mètres des adolescents, je me mets à grogner, puis gronder. Le bruit est bestial et menaçant. La nuit me cache, je me fonds dans les ombres, je file à quatre patte, grognant comme un chien enragé.

Deux adolescents s’envolent jusqu’à leur chambres où ils s’enferment à double tours.

Hilare, je rejoins Leoric. C’est certain qu’ils auraient mérité une leçon de morale, mais nous dévoiler, aurait été reconnaître que nous aussi, nous étions sortis, ne laissant que l’autre professeure en surveillance.

Ce n’est pas avec un collègue de travail que je m’endors dans cette chambre partagée, ni même un ami. Car Leoric est bien plus.

- Nuit’ Brother.

Cinq minutes plus tard, je dors du sommeil des justes. Je rêve de canopée infinie et d’un ciel d’encre, éclairé d’une myriade d’étoiles protectrices.


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MessageSujet: Re: La sortie scolaire. (WILLEM&LEORIC)   Sam 9 Juin - 17:59


☾ la sortie scolaire.
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▼▲▼

La vérité c’est que je ne me suis jamais autant senti proche de quelqu’un que de Willem. Cet homme n’est pas un simple ami. Ce qui me relie à lui n’est pas physique ou sanguin, c’est juste une puissante liaison psychologique. Nous avons vécu des atrocités tous les deux, nous avons pris un rôle d’alpha de meute par un malheureux concours de circonstances. Puis nous souffrons de cela, parce que ça a été la raison de trop de morts, ou ça en a causé, ce qui est pareil au final. Je ne déteste pas ce que je suis, je déteste ce que les autres nous font. Les humains ne se rendent pas compte que notre vie est dure, plus compliquée que celle de n’importe qui. Les loups-garous souffrent. Ils ont mal parce qu’ils doivent contrôler un instinct primal qui veut parfois prendre le dessus, ils ont mal parce qu’on nous rejette, on nous chasse, ils ont mal car leur amour est souvent beaucoup trop grand à contrôler et une fois perdu il peut nous rendre fou.
Willem finit par m’expliquer qu’il avait l’habitude de ces petites escapades, que cela était commun pour lui et son cousin. Mais la suite me fait mal, comme un coup de couteau dans le cœur, parce qu’il associe ma présence à un souvenir douloureux. Du moins, je le perçois ainsi, sauf qu’il n’a pas l’air d’être souffrant, bien au contraire, c’est la plénitude que je ressens en lui. « Je suis heureux d’avoir retrouvé quelqu’un avec qui grimper dans les arbres. » Un fin sourire étire mes lèvres alors que je sens la larme qui roule sur la joue de mon ami. Je ne sais pas où me mettre, je ne sais pas quoi lui dire. On dit souvent que le silence est le meilleur remède parfois, une simple présence peut aider. Je crois que je viens de comprendre pourquoi on dit cela.
Puis nous restons là, à rester muets, regardant le ciel étoilé et en pensant aux événements qui nous ont conduits jusqu’ici. La mort, la joie, l’amour, les peines, et les rires ainsi que les larmes. Je ne suis pas fier de mon parcours, mais je suis fier d’avoir réussi à tenir jusque là, à ne pas abandonner alors qu’il aurait été beaucoup plus facile de baisser les bras. Au bout d’un moment, quand il n’y avait plus de bruit, nous sommes redescendus. La marche vers le motel fut rapide, sans un mot. Quand nous arrivons, une odeur de tabac et des voix que je reconnais m’arrivent à la figure. Les élèves fument. On ne peut pas le leur interdire étant donné que nous ne sommes pas dans l’enceinte du lycée. « Regarde les deux là ! Je te montre la solution Willou. » Il se fond dans le noir, devient l’animal, et il part en feignant l’air et d’un coup il gronde comme le loup qu’il est. Les enfants fuient et rentrent dans leur chambre en passant par la fenêtre. Je souris en secouant la tête, désabusé en regardant mon collègue faire le pitre. Je sais qu’il a eu raison, on ne pouvait pas se montrer, mais malgré tout cela la méthode est un peu… bon c’est efficace je dois l’admettre.
Une fois dans notre chambre miteuse et dans les lits dont les draps grattent la peau, le sommeil commence à poindre le bout de son nez, le marchand de sable est entrain de passer. Nous nous souhaitons une bonne nuit. Persuadé que le lendemain sera une journée tout aussi agréable.
Je me suis réveillé en premier, ce qui doit être un exploit j’imagine, alors j’en profite pour aller dans la petite salle de bain pour me doucher et raser ma barbe qui commençait à naître. Le visage glabre et enfin propre, je m’habille promptement et sors pour laisser la place à mon collègue avant de rejoindre la salle commune où nous prendrons tous notre petit déjeuner, élèves comme enseignants. « Mitchel, pose ce morceau de pain immédiatement, sinon c’est moi qui te l’envoie dans la tête. » Celui-ci c’est un peu la forte tête de nos classes, un gamin au demeurant très sympathique mais très turbulent qui n’en loupe pas une pour faire le souk. Je prends mon café rapidement – alors même que je déteste ça – mais j’en ai trop besoin vu la courte nuit que nous avons eu avec Willem en nous baladant dans les environs. « Bon aujourd’hui nous allons visiter le musée des sciences d’Albuquerque, n’oubliez pas vos questionnaires et vos carnets pour noter tout ce qui vous semble être important pour le pseudo-mémoire de la fin de séjour. » A neuf heures pétantes, nous sommes tous dans le bus et je me retrouve forcément assis à côté de l’alpha, ce qui en soit est une très bonne chose.


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MessageSujet: Re: La sortie scolaire. (WILLEM&LEORIC)   Mar 12 Juin - 18:18





Feat :
Leoric


La sortie scolaire

Je dors profondément.

L’excursion commence par une visite du musée. L’accueil nous donne des fascicules à remettre aux élèves pour rendre la visite plus interactive. Nous nous sommes répartis les mômes, histoire de ne pas faire troupeau dans le musée. Leoric commence par la salle qui relate l’histoire de la région, tandis que je file sur celle qui se concentre sur la géologie.

- C’est l’état qui a la capitale la plus élevée des États-Unis : Santa Fe qui culmine à 2100m.

Les élèves baillent et se curent le nez. Cela va être chaud de les intéresser un peu. Il faut dire que le musée ne s’est pas foulé sur son expo. Quelques cailloux dans des vitrines, une maquette du relief de la région, un portrait nu de mademoiselle Jouve, et un tableau sur l’ensoleillement et les précipitations. Nous poursuivons. Cela devient plus intéressant avec une maquette du volcan Capulin. Sa création, son mode d’éruption sont joliment présenté sur un écran dans une mini salle de ciné. Bon, je ne suis pas dupe, les élèves en profitent soit pour pioncer, soit pour jouer sur leur téléphone. Je regarde le film, tente de trouver un ou deux éléments à reprendre dans mes cours. Particularité de la région, climat aride, les lèvres généreuses d’Amance, et le bassin endoréique de Tularosa. Le film terminé, nous sortons de la salle obscure et croisons le groupe de Leoric.  Je fronce les sourcils devant la tenue de Conquistador de mon ami. Ce n’est quand même pas pratique. Pourquoi il n’a pas gardé son jean ? Le casque avec le plumeau jaune lui va bien. Ça fait très alpha.

Je passe rapidement la salle qui relate l’histoire, les premiers amérindiens, les cuisses fines de mademoiselle Jouve, la colonisation espagnole, sa robe légère qui remonte sur sa peau dorée. Je suis le premier à sortir du musée, pour le plus grand soulagement des élèves.

La journée se passe sans heurts. Leoric a quitté son uniforme mais gardé son casque à plumeau. Ça le protège un peu du soleil, mais il doit cuire là-dessous. Nous nous sommes posés dans un parc, laissant les adolescents s’éparpiller un peu. Leoric me raconte des histoires de son pays natal pendant que, la tête callée sur la poitrine d’Amance, je me laisse gratouiller les cheveux par la belle française.

Retour au motel. Le gérant nous annonce que notre piaule a été piétinée par un grand T-Rex qui est sorti du volcan éteint. Les flics lui courent après en soufflant dans leur sifflet. Avec Leoric, nous somme relogés dans un grenier bas de plafond. Nous sommes obligés de nous plier presque en deux pour atteindre l’unique lit double.

- Tu ne vas pas garder ton casque de Conquistador pour dormir !
- Si
- Meuh !


Je me couche dans des draps roses bonbon avec de gros cœurs noirs. Sur la têt d’oreiller, le visage d’Amance me sourit.


(...)

Il pleut. A non, c’est la douche qui coule. J’ouvre un œil, puis l’autre.

- Tin’ ! Je suis où ?

Il me faut du temps pour me remettre les idées en place. La veste de Leoric soigneusement posée sur le dossier d’une chaise m’aide à m’y retrouver. Sortie scolaire, dernière journée de visite, le musée. Je m’étire, baille, pète. Leoric sort de la salle de bain, tout beau, tout frais. Tiens, il a enlevé son casque à plumeau. Euh… quel casque ? Je me lève, regarde mon collègue bizarrement puis file sous la douche.

(…)

Salle commune. Cela sent le café, les œufs et le bacon grillé. J’avance au radar.

- Mitchel, pose ce morceau de pain immédiatement, sinon c’est moi qui te l’envoie dans la tête.

Wow ! Il a mangé du lion Leoric et moi du paresseux. Je peine à me réveiller. Il me semble pourtant avoir bien dormi. J’ai dû manger un truc qui est mal passé. Je laisse mon collègue faire le GO, retournant remplir ma tasse de café. Finalement, c’est carrément la cafetière que je ramène à notre table.

- Bon aujourd’hui nous allons visiter le musée des sciences d’Albuquerque, n’oubliez pas vos questionnaires et vos carnets pour noter tout ce qui vous semble être important pour le pseudo-mémoire de la fin de séjour.
- Oui, la note compte double dans la moyenne.


Y a des phrases toutes faites que tout bon professeur peut dégainer sans avoir le cerveau forcément connecté. C’est l’heure de prendre notre bus, je resterai bien boire un litre de café ou deux, mais… l’heure, c’est l’heure.

Le derche sur le skie élimé du siège marron derrière le chauffeur, je finalise mon réveil. Leoric a compté les élèves. Le compte est bon, nous pouvons démarrer. J’observe mon collègue qui s’est assis à côté de moi. Il n’avait pas une plume jaune sur la tête ? Haussement de sourcil suspicieux de mon collègue. J’agite la main vaguement.

Le bus s’arrête dans un crissement de frein devant le musée d’Albuquerque. Le bâtiment ne paye pas vraiment de mine. Un dôme au toit couleur tuile offre vaguement l’idée d’un observatoire. Très vaguement. Au programme, un voyage dans le temps de la naissance de l’univers à nos jours, un planétarium, des fossiles de dinosaure et une expo sur l’ordinateur personnel avec l’histoire de Microsoft qui a commencé son aventure dans cette ville.

… dinosaure. J’ai une impression de vague déjà vu.

Nous descendons du bus. Il doit y avoir cinquante mètres jusqu’au hall d’accueil. Soixante à tout casser. Quand Leoric compte les élèves, il nous en manque deux. Je recompte. L’autre prof recompte. Leoric recompte. Je re-recompte. On se regarde. Leoric me regarde. Je le regarde.

- On en a paumé deux.


Mais lesquels ? L’autre prof fait l’appel nominatif. Bilan, Eddy et Mitchel manquent à l’appel. Leoric est retourné vers le bus, sans succès.

- Vous vous occupez de la visite, Leoric et moi cherchons les deux absents.

- Il ne faut pas se séparer.
- Vous voulez peut-être qu’on les cherche à quarante-deux groupés ?


Leoric y va de son couplet. Le Norvégien semble savoir s’y prendre avec la vieille fille qui nous sert de collègue. Nous laissons le groupe attaquer la visite avec une adulte stressée d’être en sous-nombre et totalement hors norme de sécurité. D’un geste discret, je montre mon nez à Leoric. On va y aller à la truffe. Nous ne connaissons pas spécialement les odeurs des deux fuyards, mais nous pouvons suivre les odeurs fraîches qui s’écartent du chemin bus – entrée du musée.

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: La sortie scolaire. (WILLEM&LEORIC)   Mar 12 Juin - 23:48


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Quand j’ai fini de parler, Willem a parlé d’une note double dans la moyenne des élèves. A la base ce n’était pas prévu, enfin si, mais on était convenu de ne rien dire. Puis lui il en parle comme ça, comme si de rien n’était. Je lève les yeux au ciel et passe ma main sur mon visage complètement exaspéré. Au moins après les élèves vont commencer à travailler sérieusement. Sauf que là c’est le moment d’aller prendre le car qui va nous mener à Albuquerque. Pendant tous le trajet mon collègue de sciences naturelles est resté complètement endormi, et moi je me suis ennuyé comme un rat mort. Alors pour passer le temps j’ai envoyé des messages à Derek, lui expliquant que tout va bien et ainsi que les péripéties d’hier soir, insistant sur le fait que je ne me suis pas fait prendre, que je l’aime et qu’il me manque terriblement. J’en ai même profité pour lui envoyer un message coquin, lui disant que quand je rentrerais, il allait passer la meilleure nuit de sa vie. J’ai rapidement rangé mon téléphone portable dans ma poche avant de descendre de l’autocar.
Cette exposition va bien me faire suer, parce que je sais très bien que ce n’est pas mon domaine, je vais juste faire acte de présence et faire des sourires aux gens et aux élèves en me tenant sur la touche. Je m’amusais plus hier en parlant de la littérature, mais ce n’est pas grave, je dois faire de la présentation en gros. Nous descendons donc et commençons à compter les élèves quand nous sommes à l’entrée du musée. « On en a paumé deux. » Notre enseignante d’histoire commence à faire l’appel nominatif. Il manque donc Eddy et Mitchel. Quelle blague. Ça me fait penser à un chanteur français qui faisait un peu de la merde. Oui excusez-moi pour la grossièreté, mais je ne suis pas vraiment fan de ce qu’il faisait. « Vous vous occupez de la visite, Leoric et moi cherchons les deux absents. » Willem est barge. Si l’on fait ça, elle va se retrouver seule avec trente-neuf élèves. Et comme elle est très acariâtre, ça risque de très mal se passer. Elle rétorque qu’il ne faut pas se séparer. Sauf que selon l’alpha il ne faut pas annuler la sortie et qu’elle continue seule car chercher à plus de quarante ce n’est pas une bonne idée. Je ferme les yeux et soupire longuement, complètement désabusé. Puis commence donc à expliquer qu’en effet il a raison, et que s’ils ne font pas la visite ils auront des informations en moins pour le devoir final et que donc si nous y allons tous ensemble il faudra donc refaire l’interrogation en entier, revoir le barème. Elle finit par accepter de bonne grâce. Satisfait je me retourne enfin vers Willem.
Ce dernier finit par me montrer son nez, et je comprends que nous allons utiliser notre odorat. Ça tombe bien, ce matin vu l’odeur de Mitchel lors du petit déjeuner, j’ai réussi à la garder en mémoire. Un mélange de sueur, de crasse et d’un déodorant en spray qui sent le désodorisant pour toilettes. Alors nous nous éloignons du musée et je commence à me servir de mes sens lupin pour que nous puissions les retrouver.
Rapidement je trouve la piste et Willem me suit, il doit penser que je sais ce que je fais. Et c’est bel et bien le cas. Pour ma part, je ne fais que suivre un odeur qui me mène dans un bosquet non loin, et je les vois là, le pénis à l’air entrain d’uriner sur un muret en essayant d’écrire des mots obscènes. « Non mais je te jure, ils vont m’entendre ces deux là. » En effet, je suis complètement outré par ce qui se passe. Et là je sais qu’il va me laisser faire, parce que là c’est une question d’éducation et je suis très à cheval là-dessus. Je m’approche des deux élèves et comme une brute épaisse je dépose mes deux mains sur leurs épaules de façon brusque. Ils font un tel bond que les deux s’urinent dessus et retrouvent des tâches sur leur pantalon « Vous voulez que je fasse pareil sur votre maison ? Vous allez tous les deux prendre deux heures de colle. Et pas question de vous changer. Dépêchez-vous de rejoindre les autres. » Je retourne vers le musée avec mon collègue et les deux fautifs. Très fier de ce que je viens de faire et de la honte qu’ils vont se prendre. Au moins ce sera parfait. Je souris face à Willem et lui fait un petit salut militaire pour que l’on commence à se fendre la poire.


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Willem Shepherd

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MessageSujet: Re: La sortie scolaire. (WILLEM&LEORIC)   Sam 16 Juin - 20:20





Feat :
Leoric


La sortie scolaire

Nous ressortons du musée. Soleil implacable malgré l’heure matinale. À cinquante mètres devant nous, le car qui nous a amené. Le chauffeur somnole, les pieds sur le tableau de bord.

Leoric s’écarte rapidement du chemin que nous avons fait avec les élèves. Je lui fais confiance et le suis. Après quelques mètre, j’ai isolé l’odeur qu’il suit. Je ne la connais pas, mais elle cadre avec ce que nous cherchons : petit con boutonneux de  dix-sept ans.

Tempête dans un verre d’eau. Nos deux zozos sont là, partiellement planqués par un buisson à tenter d’écrire leur nom sur un mur à force de pisse. J’observe en connaisseur. De petits joueurs. Le « e » d’Eddy n’est qu’un truc informe, alors que « Mitchel » se résume à « ihl ». À leur âge je faisais de vraies phrases, comme « Willem aime Jennifer », ou « Keanus est une andouille ». Le secret est dans la maîtrise de sa miction, débit, pression et réserve aussi. Je m’abstiens de faire mes commentaires à voix haute. Le jeu ne semble pas plaire à mon collègue. Pourtant, c’est un peu marquer son territoire. En tant que loup, il devrait comprendre… ou pas.

- Non mais je te jure, ils vont m’entendre ces deux-là.

D’un geste éloquent des deux mains, je l’invite à s’avancer et s’en donner à cœur joie.

- Vous voulez que je fasse pareil sur votre maison ?

Euh… je lui dis que j’ai pissé à chaque angle de ma maison ? Et que grâce à cela aucun clebs ne vient coller sa truffe chez nous et encore moins lever la patte. Urine d’alpha, cent pour cent répulsif. Mais bon je suis d’accord avec Leoric. On fait ça sur sa maison et non sur celle des autres.

- Oui, pas bien les mômes !
- Vous allez tous les deux prendre deux heures de colle. Et pas question de vous changer. Dépêchez-vous de rejoindre les autres.


Bon, mon collègue est parfois collé-monté, mais il a fait exprès de les surprendre pour qu’ils se pissent dessus. Je réponds à son salut militaire en claquant des godasses, la main sur la tempe.

- À vos ordres mon général !

Nous retournons au musée, les yeux piquants de larmes d’un fou-rire que nous avons du mal à contenir. Je le kiff lui ! Et je lui fais savoir en lui bourrant l’épaule. Sourire et réaction de Leoric. Il me semble que l’amitié qui se tisse entre nous est importante pour lui. Il refait sa vie ici, comme moi qui tente de me sédentariser. Notre rang pourrait nous mettre en conflit ou en rivalité, mais il n’en est rien. Bien au contraire. Il peut compter sur moi et inversement.

Visite du musée.

Photo de Leoric qui pointe le tibia d’un T-rex. Selfie suivant, j’ai sorti les crocs et imite la bête, dans mon dos un Leoric affolé qu’on voit mes crocs. Photo de notre collègue transformée en moulin pour faire accélérer les élèves qui bloquent le passage. Je prends des clichés des élèves, certains studieux, d’autres me tirent la langue. Je fais des selfies avec les élèves, pose une question de cours, prends leur tronche paniqué en photo, souffle la réponse. Rires, sourires, blagues et de temps à autre une réponse, ou une question intelligente. Ma collègue féminine n’aime pas ma désinvolture, mais mine de rien les questionnaires se remplissent, j’ai promis une glace à ceux qui auraient tout juste. Du coup ça court partout. Planté au milieu de ce remue manage, je prends quelques vidéos des élèves bien décidés à me rendre une copie parfaite.

(…)

Pause. Ça m’a coûté une blinde, mais nous avons pillé le stock de glace du marchand ambulant qui fait face au musée. Même Eddy et Mitchel ont eu leur douceur rafraîchissante. Ils m’en sont reconnaissants. Ils réfléchiront à deux fois avant de refaire de la prose avec leur pénis.

Nous déjeunons dans un self de la ville avant de finir à la gare du téléphérique pour prendre le Sabdia tram qui nous monte sur la montagne qui longe Albuquerque. Vue grandiose sur le Rio Grande. La chaleur fait danser les plaines désertiques. Les lycéens sont plutôt calmes. Le voyage tire à sa fin, nous reprenons le bus ce soir pour rentrer à Beacon Hills dans la nuit.

Assis à côté de Leoric sur un rocher nous regardons l’horizon.

- Un jour, il faudra qu’on se fasse une sortie rando. Mais en privé, sans les marmots.

Leoric, après Arès, double la liste de mes amis. Pour moi, la notion d’amis, c’est de se voir, de faire des choses ensemble. De prévoir des rires et de bons moments.

- J’ai envie de recréer une tribu autour de moi.

Il comprend que je vois au-delà de nos meutes. Un groupe fraternel, pour ne pas être seul, pour prendre des forces quand cela ne va pas, pour déconner, pour être sérieux. J’écoute Leoric donner son point de vue. J’aime sa sensibilité, différente de la mienne, mais qui converge sur nos objectifs. Et qui a dit que Leoric n’avait pas d’humour ? Je me tiens les côtes suite à ce qu’il vient de me dire.

- M’sieur ?
- Oui Jessie ?
- Je peux vous prendre en photo tous les deux ? Z’êtes trop cool comme profs !


Difficile de dire non quand c’est demandé si gentiment. Je prends la pose avec Leoric. Bras dessus-dessous, deux amis contents de partager ce voyage. Je donne mon numéro de téléphone pour qu’elle m’envoie la photo. Quand elle s’est éloignée Leoric me traite de couillon. Je mets un moment pour me rendre compte que je me suis fait piéger. C’était une manœuvre pour avoir mon numéro de téléphone.

- Pff !

M’en fout ! Je montre fièrement la photo que je viens de recevoir.

- Leoric ? Tu me donnes ton 06 ? C’est pour la photo hein.

Je prends un air amouraché qui mime tout le contraire. Mon collègue grogne. Je m’écarte rapidement. Je sais sa réserve sur ce point. Alors je fais en sorte que ma blague est courte et sans témoin.

- Tu rigoles là. Si là !

Maman! Il va me bouffer!

(…)

Nous comptons les élèves qui montent dans le bus. Nos bagages sont dans les soutes, le soleil décline à l’horizon. C’est la fin du voyage. J’ai toujours un moment de spleen. Une main se pose sur mon épaule et me sort de ma rêverie.


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Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

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La sortie scolaire. (WILLEM&LEORIC)
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