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 Tous ces maux... [PV Amaro & Wilder]

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AuteurMessage
Therence Garnet

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MessageSujet: Tous ces maux... [PV Amaro & Wilder]   Ven 8 Juin - 0:22

 

Entre les lignes


Il est tôt lorsque je traverse le campus et sa population qui s'affaire à ses premiers cours. Derrière mon masque neutre et fatigué macère un mélange maussade. Inquiétude, doute, contrariété, autant de points d'interrogations que d'exclamations muettes au sortir d'un amphi. Lorsque j'ai tiré la tête à l'embrasure de la porte j'ai découvert qu'un cour était donné, mais pas par le professeur de criminologie auquel je m'attendais. Comme les deux fois précédentes où je suis venu vérifier. Et comme les deux fois précédentes, je sors mon téléphone avec l'espoir d'y voir un nouveau message.

Toi. Moi. Un verre. Vendredi à 19h.

Je me disais que ça nous ferait du bien de sortir.

Parait que t'as raté les cours aujourd'hui?

Allo planète wendigo, ici Therence!

...

Même pas une réponse?

Je sais que c'est pas rose entre nous, mais tu pourrais au moins répondre!

Dis, ça va?

je commence à me poser des question serieux

adriann, je m'inquiète pourtoi.

Merde, si j'ai mal agit dis le moi quoi!!

répond moi.

répond moi Adriann

Stp

... Et ch*er!


Il y a quelques temps, chez Adriann. Je révise chez-lui, loin du vacarme quotidien de mon immeuble. Je squatte le canapé, envahi par mes notes et manuels, la télé en sourdine. Le bruit de fond chasse les pensées parasites qui m'obnubilent méchamment et m'aide à me concentrer. Et puis ça fait une compagnie. Comme Bruny et ses bavardages incessants.
Adriann rentre d'une réunion de profs. "Longue journée", se plaint-il avec son accent tonique et aux intonations étrangères. En passant derrière le canapé, il dépose un baiser dans mon cou auquel je ne réagit pas. Les secondes s'écoulent en même temps que son regard le fait sur moi, incertain. Lorsqu'il se penche à nouveau, bien décidé à me dérider, j'esquive franchement cette fois. Je continue de griffonner, le visage neutre obstinément rivé sur mes notes. Il se redresse, confus, hésite je crois. Puis il s'écarte et le bruit de ses pas précèdent celui de la porte de la salle de bain. Ce n'est qu'à ce moment que je daigne enfin lever les yeux de mes fiches pour fixer la salle d'eau.

Longtemps j'ai enduré les mensonges et les non-dits du wendigo. Aujourd'hui, après que notre couple ait survécu à mon aventure avec Amaro et à son partenariat secret avec Wilder, après qu'il m’aie avoué ses sentiments et que j'ai compris l'ampleur de ses blessures, c'est Adriann qui est mis face à une porte close et qui subit mes caprices et mon mutisme inexpliqués.

Il y a des jours où je lui saute dessus sans préavis, boule d'énergie impérieuse et affamé de chair. Quémandeur mais silencieux, le regard vorace mais éteint. Affamé d'attention. Besoin de m'accrocher à lui au risque de me perdre dans un grand trou noir. Les échanges sont torrides, mais une fois que c'est fini, je remballe rapidement échapper à ses tendres caresses.
Et puis invariablement, il y a ces moment où je ne tolère pas le contact. Besoin de distance, refus de son affection trop conséquente pour m'y laisser prendre et y répondre. Il se sent puni, il a fait des efforts pour s'ouvrir à moi pourtant, il ne comprend pas. Et invariablement, je regrette.

Ça fait un moment qu'Adriann supporte mes humeurs. J'ai toujours été versatile, mais c'était par jeu. Aujourd'hui, ça ne l'est pas.

Je ferme la porte de la salle d'eau derrière moi. Mes vêtements rejoignent uns à uns ceux du wendigo sur le sol frais, et j'entre dans la cabine. Aucune réaction. Je me glisse dans son dos, lui caresse les omoplates et ceinture doucement son ventre de mes bras en déposant le front contre sa nuque humide. Je voulais pas être si froid. Mais en ce moment, mes envies de contacts humains se heurtent à des petites voix cyniques incessantes. Est-ce que tu le mérites? As-tu seulement déjà mérité les gens qui t'on accordé de leur affection? Tu l'aimes, tu t'accrochera à lui, mais il t'abandonnera. Et si ce n'est pas lui qui part, c'est toi qui le fera. Alors tu ne vaudra pas mieux que les autres. Mais est-ce que seulement, lui, il te mérite? Combien t'as t-il fallu d'efforts pour le connaitre, ses pleines lunes, Sonia, Henning, et combien te cache t-il encore aujourd'hui? Ils sont deux, et tu n'en aime qu'un! L'autre est un monstre qui risquerait de te dévorer. Mais penses tu que l'humain sera prêt à le sacrifier, pour toi? A se débarrasser de la folie qui l'habite?... Penses-tu qu'il t'aime assez?...

Il y a tellement de chose que j'aurais à lui dire. Tout ces mots qu'on ne dit pas. Qu'il y a un gouffre à l'intérieur de moi qu'il ne pourra pas combler. Que le seul homme à en être capable, s'il ne m'a pas jeter, est perdu quelque part, je ne sais encore où. Que je doute, de moi, de lui, de l'avenir, de tout. Que l'amour c'est beau, mais c'est aussi stupide parce qu'on s'y casse les dents. Que j'ai peur de m'accrocher, parce que j'ai peur du jour où il partira et où je serais à nouveau seul, et où je devrais réapprendre à accepter ma solitude que j'aurais oubliée pour lui, et à vivre avec un trou supplémentaire dans le cœur...

-'Driann...

Une voix faible étouffé par le bruit de l'eau.

-... Est-ce que tu m'aimes vraiment?...

Je le sent se crisper entre mes bras. J'ai conscience de mon culot. C'est ce qui nous a attiré chez l'autre. C'est ce qui nous détruit, aussi. J'attends. J'espère. Mais seul le bruit de l'eau qui crépite sur les carreaux se fait entendre. Un déchirement éloquent. Alors je ferme les paupières et enfouis plus profondément mon nez dans son cou en grimaçant en silence. En peine mais résigné.

Après tout, je n'ai jamais répondu à sa déclaration d'amour.

Un baiser sur la nuque. Un baiser sur l'épaule. Je parsème tendrement son cou, de la base de l'épaule aux recoins sensibles de son oreille. Mes doigts se délient pour prendre possession de son corps tiède et ruisselant. Nous en avons tous les deux envie. Une envie sans doute un peu masochiste. J'en ai toujours ris, une belle provocation envers lui, le wendigo qui aimait se faire mordre, et moi amouraché d'un mangeur d'humain. Aujourd'hui, le cœur au centre de nos offensives, je crois que j'en pleurerais. Le son de sa voix monte crescendo, petits souffles pénibles qui devient gémissement. J'accompagne ses complaintes lascives d'une danse lancinante. Plus fort. Plus brusque. A la hauteur des émotions qui m'assaillent, tendres et déchirantes. J'écrase mon nez dans ses cheveux, son ventre pressé contre le carrelage qui glisse en cadence. Je ne veux pas qu'il me regarde. Pour lui je voulais conserver l'image d'un homme fier, mineur sur le papier mais assez intelligent et assez sûr de lui pour égaler un arrogant professeur, je voulais être le pilier sur lequel il pourrait se reposer comme il a faiblement reposé sa tête contre mon nombril un soir dans les chiottes au lieux de me jeter pour l'avoir blessé sur un malentendu, je voulais être assez armé et entrainé pour le protéger des autres mais aussi de lui-même.
Mais depuis Boston et ma confrontation à un Hale que je croyais être mon père, je suis redevenu un gamin paumé, terrifié par le rejet et incapable d'accepter ses sentiments. J'étouffe un gémissement lamentable dans son épaule. Je refuse qu'il voit ce Therence là.


Peu de temps après il y a eu l'enquête des Doctors, des chimères et de la Bête qui terrifiaient la ville.
On ne s'est pas revue de depuis. Je ne m'en rend pas compte tout de suite, mais une larme échoue sur l'écran de mon portable.

Ce n'est que maintenant, émergé de ma bulle égoïste, confronté à des silences, que je prend conscience que peut-être ce jour là sous la douche, lui non plus ne voulait pas que je le regarde.


* * *


-J'aurais pu faire un régime pour lui.

Je hoche de la tête pour appuyer mes dires et claque du verre sur le comptoir.

Le Pink Print, mon refuge officiel. Un début de soirée.

Alessandro n'a pas menti lorsqu'il m'a accueilli chez lui pour essuyer ma crise le soir ou je suis revenu du manoir des Hale. Depuis, chaque fois que je viens ici j'ai droit à ma boisson gratuite, comme promis. Un privilège qui fait son effets quand je viens accompagné, qui me conforte surtout toujours sur le lien que j'entretiens avec le gangster. D'autant après ma bêtise avec Wayne. Je n'avais pas osé revenir seul au début, mais ses petites attentions de padre avait fini par me laisser croire qu'il m'avait pardonner pour cette fois et m'avait attiré à nouveau vers le comptoir. Enfin, tout ça ne m'a pas empêché de tenter de gagner un peu plus... si Alessandro était prêt à m'offrir à boire, il pouvait bien faire une petite entorse à la règle pour moi, pas vrai? J'ai demandé un wisky. Le patron de bar n'a même pas daigné relevé. J'ai revu mes exigences pour un rhum coca. Tout juste un regard. J'ai grogné qu'il pouvait bien me céder une bière! J'ai hérité un diabolo menthe et il est parti s'occuper à l'autre bout du comptoir. J'ai capitulé en râlant.

Aujourd'hui, c'est avec un coca vanille que je me saoule.

-J'aurais débarqué dans sa classe après les cours et claqué des points sur la table en déclarant : "j'arrête la viande!" A la condition, évidemment, que lui aussi arrête la viande. On aurait fait ça ensemble... Parait que c'est plus facile...

Je m'étais renseigné. Comme j'ai pu évidemment. On ne trouve pas de brochures "comment sortir un wendigo de son addiction pour la chair humaine" chez le médecin! Ce paradoxe ambulant bouffait des gens à chaque pleines lunes, mais se nourrissait de rondelles de polystyrènes – de galette de riz, diraient les puristes - et de laitue le reste du temps. Un cannibale végétarien. J'aurais pu survivre à une petite diète de protéine animale si ça avait suffit à le convaincre de changer son menu à lui aussi...

-J'aurais pu l'aider. promis-je, beaucoup plus sérieux.

J'en suis convaincu. Wayne m'avait parlé d’abnégation en couple, mais c'est difficile d'accepter que son amant dévore occasionnellement des gens. Alors quels qu'ait pu être les conseils prodigués et quoi que chacun puisse en penser, je l'aurais changé. Ouais! J'aurais réussi à lui imposer une nourriture animale et à lui faire arrêter ses meurtres en séries pour nourrir l’entité en lui. Pour sauver l'humain, j'aurais déclarer la guerre au wendigo. Une bête que je n'aimais pas, mais qui faisait partie de l'homme dont j'étais éperdu...

-On se serait fait des tatouages. marmonnè-je. Les bagues c'est trop surfaits! Et puis, ça veux rien dire. Tu la met, tu l'enlève... non, moi si je devais me dévouer à une seule personne et pour la vie, faudrait que je l'ai dans la peau. Littéralement.

Non que je cache un grand romantique! C'est une question de principe : soit on est prêt à se macquer, soit on ne l'est pas. Je lève ma main gauche à hauteur du nez et louche piteusement sur mon annulaire.

-Lui, il aurait eu un anneau de feu qui entourerait son doigt et remonterait légèrement vers la phalange en deux flammèches. Et moi, ç'aurait été un enchevêtrement de ramures qui se terminerait en longueur sur la base du doigt.

Une certaine assurance pour les libertins que nous étions de ne jamais oublier à qui nous appartenions. C'est le genre d'idées ridicule à vomir qui passent par la tête quand Bruny commentent durant des quarts d'heure interminables les articles de ses magazines de mode, de psychologie et de couple.
Evidemment pour ça, il aurait fallu que j'accepte son amour pour moi. Et pour ça, il aurait fallu arriver à lui parler de moi et de mes difficultés à m'attacher.

Après cette nuit où nous nous étions réconcilier, je l'aurais abandonné un matin le temps de faire trois courses, puis je serais revenu un peu avant midi en lui balançant mon casque de moto dans les bras. En scelle! Je ne lui aurait pas laisser d'autre choix que de me suivre. Je l'aurais amené du côté de la distillerie. On aurait marchés un moment, et on se serait arrêté dans une clairière. Par spécialement jolie, mais nécessaire pour lui apprendre ou ré-apprendre à utiliser une arme. Je lui aurais permis de toucher à mon pistolet comme il m'avait laissé explorer ses cornes un matin un peu trouble où il s'était réveillé avec cette étrange... émergence matinale. Ses cornes, ses armes. Un truc qu'on garde pour soit. Puis quelques boites de conserves décanillées en comptant lequel de nous deux avait réussi à en avoir le plus, on aurait pique-niqué. Pas un pique-nique charcuterie-fromage-tarte au pommes dans un petit panier d'oseille couvert d'un torchon à carreau allongés sur une couverture, faut pas pousser! Salades, sandwichs et des pommes de la supérette la plus proche de son appart' assis sur nos vestes. Ça nous aurait suffit. Et puis il n'aurait pas fallu que ce soit trop solennel non plus. Parce que j'aurais pu essayé. Suivre le conseil de Mick, et m'ouvrir à lui. Lui parler de moi, de mes peurs, de mes espoirs, de pourquoi tout aurait été plus simple s'il n'avait pas avoué son amour pour moi. Pourquoi l'avouer à mon tour, c'était nous condamner au compte-à-rebourd des sentiments, ou d'autre chose de tout aussi effrayant.

Depuis combien de temps est-ce que je barbe Amaro avec mes regrets pour le cornu? Est-ce qu'il a seulement du temps à me consacrer? Je continue.

J'ai toujours clamé mon célibat. Je couche à gauche à droite, sans grande distinction de genre, mais je n'ai jamais été un sentimental. Quand Adriann m'a avoué qu'il était amoureux de moi, ça m'avait glacé. J'étais pas prêt à lui rendre, c'est pas un truc qui s'accepte sans conséquences... mais après tout ce qu'on a vécu, évidemment que j'avais des sentiments pour lui!... Et c'est justement pour éviter ÇA, ce qui se passe maintenant, que je ne voulais pas tomber amoureux. Me retrouver seul à pleurer une drogue qu'aucun dealer ne pourra jamais me fournir. Une drogue nommée Adriann.

Je me masse nerveusement le visage. L'amour ça craint.

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, je ne suis pas tombé amoureux le jour où il m'a sauver de la folie d'un de ces étudiants qui m'avait enlevé dans l'intention de me sacrifié à son wendigo pour gagner son respect. Non, si je devais définir l'instant T, alors ce serait la nuit de nos retrouvaille après cette histoire dont je passe les détails à l'italien pour aller à l'essentiel...

-Après qu'il m'ait avoué être un cannibale et meurtrier en série, on s'est séparés. Je l'ais recroisé une nuit qu'il pistait une jeune femme, et comme j'ai cru qu'il comptait faire une nouvelle victime, je lui suis tombé dessus à coup de barre de fer. Je pouvais pas savoir que la nana en question était une chasseuse qu'il venait de voir en train d'exécuter un garou... On s'en est sortis. On a retrouvé refuge dans les WC d'un bar pour soigner sa tête en sang. Et ce jour là, au lieux de me rejeter pour le mal que je lui ait fait et le manque de confiance flagrant que j'avais en lui... il s'est accroché à mes hanches et délicatement, il a posé sa tête tout contre mon ventre. Il s'est reposé sur moi. Littéralement.

A ce moment là, je me suis sentit existé pour quelqu'un comme je l'avais jamais été. Il avait besoin de moi. Il était là, blessé et vulnérable, entre mes mains, et il s'est reposé sur moi. Et à ce moment là, monstre ou pas, j'ai su que je ferais tout ce qui est possible pour le protéger.

C'est là, que je suis tombé amoureux d'Adriann.

Et pourtant, rien ne laissais présager qu'on finissent par s'engluer dans les sentiments tous les deux.

-On a rien fait dans l'ordre. me marrè-je.

On s'est rencontrés sur un malentendu parce qu'il m'a pris pour un de ses étudiants et qu'il m'a intégré de force dans son cours. S'en est suivit un flirt qui aurait du mené à une coucherie évidente si je ne m'étais pas fait enlevé par son psychopathe d'étudiant. Alors, Adriann m'a sauvé la vie, et c'est dans un lit d’hôpital que nous avons échangé notre tout premier baiser. Un baiser violent et amer pour m'être fait kidnappé par sa faute. Je ne lui ais pas laissé d'autre choix que m'avouer qu'il était un wendigo et qu'il devait tuer à chaque pleine lune pour nourrir l’entité. Mauvais timming, j'étais pas dans les meilleures conditions pour accepter qu'il soit lui aussi un psychopathe. Alors on a cassé. Et puis je lui suis tombé dessus un soir en pensant que le wendigo était en chasse, nouveau malentendu qui nous aura permis de mettre enfin les choses au clair. Et ce n'est que ce soir là, après un flirt, un rapt, une vie de sauvé, un baiser en colère, et une séparation, que l'on a fait l'amour tout les deux.

-Un parcours atypique pour des dépravés comme nous... souris-je tristement en tentant de noyer mon glaçon.  

Pourquoi faut-il que ce soit quand on les a perdues que les choses nous paraissent si évidentes?...

Derek m'avait un jour parlé de ce qu'est l'ancre chez les loups, et il avait émit l'hypothèse qu'il faudrait que je me trouve cette attache chez quelqu'un pour supporter les épreuves de la vie. Pff! Non, mon ancre ce n'est pas quelqu'un : c'est moi. C'est la force qui me pousse à me relever et à avancer, aussi loin et aussi fort que je tombe. Je pourrais voir défiler des dizaines de Adriann que heureusement, je finirais toujours par m'en remettre. Non, Adriann n'a jamais été mon ancre...
Alessandro, toujours là qui veille derrière le comptoir, pousse vers moi un verre à nouveau plein.

Je ne suis pas prêt de retomber amoureux. Puis j'ai revu mes exigences en terme de conquêtes! Je les énumèrent chacune d'un tapement de doigt ferme et sans appel.

-Je m'y laisserais plus prendre à ces conn*ries! Plus d'allemands, plus de prof, et plus de w-

Les gros yeux du gérant de bar m'arrête net quand son serveur arrive recharger son plateau.

-... wisigoth. Plus de wisigoth.

Il m'a très bien compris. Heureusement des cornus, ça ne cours pas les rues. Pas plus que les allemands ou que les professeurs débauchés. Mon visage figé fond subitement dans une grimace de dépit.

-Il avait toute une liste de fantasmes à réaliser!...

Comme le faire sur la moto... ça aurait du être le clou de notre pic-nique improvisé!
Alessandro me demande de me redresser d'un ton agacé. Affalé sur le comptoir en pleurnichant, je doit avoir l'air d'un poivrot à l'alcool triste. Et un poivrot à l'alcool triste, ça ne fait pas jolie au Pink Print. Je sais que sa patience à des limites et qu'il serait capable de me fiche dehors pour ça. Alors j’obéis mollement, m'enquille mon fond de soda et en demande encore.

Adriann n'a jamais incarné le moindre stupide substitut. Il n'était pas du tout taillé pour ça, trop jeune, aussi immature que je pouvait l'être, aussi brisé, et beaucoup trop sexy, si seulement ça pouvait compter pour un argument valable.
Pourtant, en toute inconscience, comme une toile de fond trop vague pour la déceler dans le capharnaum, notre parcours au airs de jeu de cache-cache incessant n'était pas anodin. Je pensais pouvoir réussir avec lui là ou j'avais toujours échoué avec ma mère. Apprendre à le connaitre vraiment, étreindre sa part d'ombre, et faire partie intégrante de sa vie...

Je ne me suis pas rendu compte que je me suis à nouveau tassé sur le comptoir. Mais au moins, la joue dans le creux de mes bras croisés, personne ne verra la petite larme qui coule de mon œil morne et le trou béant d'où elle puise secrètement sa source.

Maintenant il est parti...
Sans même une explication...

-J'aurais pu le protéger, tu sais... des chasseurs. Et de lui-même. Il aurait du me faire confiance. Il aurait pu compter sur moi...

... Et je sais que cette fois, il ne reviendra pas.

©️ Halloween sur Never-Utopia



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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Tous ces maux... [PV Amaro & Wilder]   Lun 11 Juin - 22:19

clickAlessandro & Therecio & Chad
xxx
« Tutti questi mali ... »

J’ai donné des ordres stricts à mes hommes. Wayne est persona non grata au HCC. Le mec de Chad commence à me courir sur le haricot avec ses méthodes sournoises. L’homme est retors et a de la ressource autant que du courage. Je n’ai pas de nouvelles de Chad depuis l’incident au hangar, mais dès qu’il pointera le bout de sa gueule d’ange, je lui collerai les points sur les i. Qu’il tienne son mec, car si Wayne continue à me coller des bâtons dans les roues, ou pire tente de me dénoncer à la volaille, je balance ce que j’ai sur eux. Le jeu macabre de Chad qui fait des morts, et ce type qui est mort chez Wayne. L’ex-accusé d’un crime sur un juge pourrait bien devoir expliquer pourquoi le type qui l’innocente a clamsé chez lui. Le donneur de leçon devrait commencer par balayer devant sa porte.

Je n’ai plus abordé le sujet avec Therencio. Inutile, il a compris le message. Il ne manque pas de venir quérir sa boisson gratuite, et même s’il fait le fiérot, il est bien content de repartir de temps à autre avec un bambino-box préparé par Charlie. L’ours ne lésine pas sur la quantité, ni la qualité.

- Faut l’remplumer ton figlio.
- Ne m’en fait pas un obèse non plus !


(…)

Milieu de semaine, la soirée tarde à commencer. Dehors le temps est morose. J’ai des heures de sommeil à rattraper. J’ai averti Largo que ce soir, je ne passerai pas au HCC. Qu’il passe par Ryan si besoin.

- Kada’an ? Tu peux rentrer, y a pas grand monde, Conrad s’en sortira tout seul.

Je fais une accolade à ma serveuse. En ce moment, elle broie du noir. Elle a besoin de repos. Pas de spectacle ce soir non plus. J’avoue que j’apprécie ces jours tranquilles au bar. Je me suis installé à côté de la caisse pour faire les comptes mensuels. Pas envie de m’enfermer seul dans mon bureau. Jerry est parti ranger la réserve, je tiens le bar pendant ce temps, tout en alignant mes colonnes de chiffres sur mon PC portable.

- Un Whishy !
- …
- Un rhum coca alors.


Je lève le nez de mon écran. Il me fait quoi le bambino ? Ce n’est pas que je lui refuse de boire de l’alcool, mais pas ici, pas dans mon bar ! O’Conner serait trop heureux de me coincer pour outrepasser l’âge légal pour servir de l’alcool.

- Rho ! Une bière s’il te plait Aless’ !

Je lui tourne le dos, attrape un verre ainsi que la bouteille de sirop de menthe. Je ne lèse pas le bambino, j’ajoute quelques glaçons, des feuilles de menthe fraîche et une touillette en plastique verte. Puis part à l’autre bout du bar préparer la commande que Conrad vient d’énoncer. Je ne fais pas cas des grommellements Therencien. Figlio mio reste au comptoir. Ce soir, il n’est pas accompagné de son harem habituel. Pas difficile de deviner qu’il a le moral en berne. La commande de Conrad faite, je retourne prés de lui et de mon ordinateur.

-J'aurais pu faire un régime pour lui.
- Un régime ?


De quoi parle-t-il ? Il claque son verre contre le zinc, je le lui remplis avec ce que j’ai à portée de main. Un coca vanille.

-J'aurais débarqué dans sa classe après les cours et claqué des points sur la table en déclarant : "j'arrête la viande!" À la condition, évidemment, que lui aussi arrête la viande. On aurait fait ça ensemble... Paraît que c'est plus facile...
- Ah, Adrianno !


Il est sérieux avec son idée de régime ? Jansen avait tenté de me faire manger du vert avec la complicité de Charlie. On ne change pas la nature de quelqu’un. Je ne dis rien, mais la disparition du profiler me soulage. Il faisait quand même partie des gens qui attrapent les gens comme moi. Il a aussi laissé tomber Chad. Ce qui arrange mes affaires avec l’architecte.

-J'aurais pu l'aider.
- Possible en effet. Des hommes arrivent bien à dresser des fauves.


Car c’est bien la seule possibilité que je vois. Dompter l’animal, l’amener à lui faire confiance pour qu’il se soumette. Toutefois, je crains que Therencio ne voit pas sa relation avec Adriann comme un rapport de domination de l’un envers l’autre.

- On se serait fait des tatouages. Les bagues c'est trop surfaits! Et puis, ça veut rien dire. Tu la mets, tu l'enlève... non, moi si je devais me dévouer à une seule personne et pour la vie, faudrait que je l'ai dans la peau. Littéralement.
- Non sei serio !


J’hésite à lui ajouter une larmichette de vodka dans son coca. Si c’est pour dire des bêtises, autant être un peu pompette.

-Lui, il aurait eu un anneau de feu qui entourerait son doigt et remonterait légèrement vers la phalange en deux flammèches. Et moi, ç'aurait été un enchevêtrement de ramures qui se terminerait en longueur sur la base du doigt.
- Therencio…


J’attrape son poignet et masse doucement sa peau du gras du pouce.

- Adriann s’est barré. Ressasser tout ça, ne te fera que du mal.

Parla al mio culo, la mia testa è malata… Jerry est revenu de la réserve, mon ordinateur sous le bras, j’entraîne Therencio dans un coin tranquille du comptoir. Le mur des lamentations vient de se rompre. Je sais qu’il a besoin d’en parler à quelqu’un, et le seul devant qui il baisse son armure c’est moi. Je ferai un piètre padre si je lui refusais une écoute attentive. Il me raconte son aventure avec l’Allemand. Coucher avec un cannibale, c’est particulier. Mais au fur et à mesure des explications du bambino, je comprends le cheminement de cette histoire d’amour insensée.

-On a rien fait dans l'ordre.
- Je ne savais pas qu’il y avait un ordre.


Personnellement, j’ai attaqué Jansen avant que…

-Un parcours atypique pour des dépravés comme nous...
- Tu as trop de caractère pour vivre une histoire d’amour ordinaire Therencio.
-Je m'y laisserais plus prendre à ces conn*ries! Plus d'allemands, plus de prof, et plus de w- ... wisigoth. Plus de wisigoth.
- Bonne résolution. En plus leur accent est moche.


Je tente une pointe d’humour qui s’écrase lamentablement contre un mur de tristesse.

-Il avait toute une liste de fantasmes à réaliser!...

Je lève les yeux au plafond, alors que Therencio se liquéfie sur le zinc.

- Tiens-toi droit bordelo !
-J'aurais pu le protéger, tu sais... des chasseurs. Et de lui-même. Il aurait dû me faire confiance. Il aurait pu compter sur moi...
- Et qui t’aurait protégé de lui ?


Ma voix n’est qu’un murmure. J’ai refermé l’écran de mon ordinateur. Les comptes attendront.

- Therencio… Avec une telle créature, c’était voué à l’échec. Et il y a de fortes chance que le dernier acte d’amour d’Adriann, c’est d’être parti loin de toi. Vois ce geste ainsi, et non comme un échec de ta part.

Je l’ai resservi à boire. Je ne peux dignement pas le serrer contre moi, il y a tout de même quelques clients, bien que la météo défavorable à poussé les gens chez eux. Je finis par donner congé à Conrad. Jerry et moi sommes bien suffisants pour faire tourner la boutique ce soir. Au pire si du monde afflue, Therencio nous aidera.

- Souviens-toi de ton but principal. Tuo padre. On va le trouver, je t’en fais la promesse. Tu manges ici ce soir. Viens m’aider à mettre les chaises sur les tables de ce côté-ci.

Nous faisons cela quand il y a vraiment peu de monde. Cela nous permet de ranger plus vite à la fermeture. Le bambino ne se fait pas prier et semble plutôt content de m’aider, comme un figlio seconde son padre.

(...)

21h30 et seulement trois tables d’occupées. S’ils s’en vont et que personne n’entre, je fermerai plus tôt. Therence s’active sur la plancha à nous faire griller deux steacks. Maintenant, il sait où sont les affaires et parfois nous prépare à manger. Je me suis ouvert une bière et le regarde faire tout en tétant ma bouteille. Mine de rien, nous commençons à ressembler à une famiglia. Je prends soin de lui. Le retour est différent. Disons que sa présence m’apaise et me donne un autre but, moins personnel, moins égoïste aussi.

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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Tous ces maux... [PV Amaro & Wilder]   Jeu 21 Juin - 0:03



Your fault
-J'aurais pu l'aider.

-Possible en effet. Des hommes arrivent bien à dresser des fauves.

-Tu crois pas si bien dire...

Quelque chose me dit qu'il ne s'attendait pas à ça. Je souris, d'un sourire penaud mais dans lequel vibre un soupçon de machiavélisme à ne pas savoir si on doit le prendre au sérieux, comme une menace en l'air de la bouche d'un "simple" humain, un arrogant, mais qui pourrait tout de même laisser planer le doute.

Qu'est-ce que je perd à en parler au mafieux? Être un garou ne signifie pas être ouvert à la métaphysique. Je l'imagine trop pragmatique pour ça.

J'avais tout planifié en vue de notre première pleine lune. D'un lieux où le garder à l’abri et où il ne risquerait pas de faire plus de morts qu'il y en avait déjà, au somnifère pour l'y trainer, à la... cochonnaille pour me garantir que le carnivore aurait autre chose qu'un inconscient à la chair affriolante à se mettre sous la dent.
Le wendigo était avisé, et il a toujours trouvé le moyen de prendre de la distance à cette période. Mais je ne l'aurais pas laisser fuir cette fois. Je l'aurais amadoué, ou bien je lui serais tombé dessus. Pas avec un pistolet, mais une seringue en guise d'arme. Je l'aurais endormi. Si mes calculs n'étaient pas mauvais, jusqu'au levé du jour. Le temps que passe la pleine lune... Mais je n'aurais pas pu l'abandonner seul avec ses cauchemars. Alors, en deçà d'un semblant de cave et de liens solides pour prévenir tout réveil inopiné de la créature, je l'aurais entrainé quelque part où j'aurais pu faire face au wendigo sans crainte. A l'intérieur de la broche, celle confectionné par Matrim et dans laquelle 'Ma Joe avait placé une parcelle de Monde Gris, là où un Rebel, celui qui brise les règles établies, aurait une pleine domination sur son univers et sur n'importe quelle entité qui s'y serait aventurée. 'Ma Joe m'avait permis d'y inviter l'allemand une fois, mais il avait débarqué avec des fragments de ses angoisses, la petite Sonia et ses agresseurs, transformant la virée idyllique en mauvais rêve. Je m'étais entrainé de depuis, afin de contrôler ce monde et ses entrées, et pouvoir y ré-inviter Adriann. C'est là où ça clochait, toutes mes tentatives à ouvrir un passage avaient échouées, j'en étais incapable sans l'aide de l'ancienne Torche. Mais lorsque lors d'une énième séparation Lil' Joe avait répondue à mon appel et m'avait aidée à entrer dans les rêves d'Adriann pour savoir comment il allait, que sous la forme d'un fauve onirique elle avait plantée ses crocs dans son bras puis le mien, que le contact de nos blessures avait suffit à nous réunir, j'avais eu ma réponse. Je savais, maintenant, comment entrainer quelqu'un dans la broche. Et j'étais capable d'attraper un cauchemars, aussi terrifiant soit-il.

Mes doigts se servent du rond de condensation d'eau que mon verre à laissé sur le zinc pour tracer les stries souples et symétriques d'une rosace. Ouais.

-... Je l'aurais mâté ce cauchemar de wendigo. conclus-je mon épopée dont je me garde de préciser quelques détails à Alessandro qui n'y comprendrait pas d'avantage qu'une vague histoire de broche magique, d'une dénommée Joe, et que Therence Garnet se prend pour un dieu dans ses rêves. J'avais un plan parfait.

Puis ça me tombe dessus comme un coup de poing. Et si c'était pour ça qu'il était parti?... Le wendigo aurait été assez perspicace pour sentir le danger à venir, comme il se débrouillait déjà à ce que nous ne soyons pas ensemble à chacune de ses pleines lunes?...

- Adriann s’est barré. Ressasser tout ça, ne te fera que du mal.

"Adriann s'est barré"... mon cœur se serre affreusement de me l'entendre rappeler, une confirmation que je voudrais encore pouvoir nier. Au travers la brume de tristesse qui obstrue mes jugements, une main cajole tendrement mon poignet.

-Tu as trop de caractère pour vivre une histoire d’amour ordinaire Therencio.

-J'ai trop de caractère pour les histoires d'amour tout court. me moquè-je sans joie.

J'ai jamais été doué pour les relations. Je suis capable d'amitiés sincères, d'attachements éphémères ou à petites doses en dépit de mon égocentrisme... mais l'amour fou et inconditionnel c'est tellement abstrait, j'étais pas prêt, pas avec un fragile morceaux de famille et des amitiés trop furtives pour les regretter. J'ai déjà trop d'un absent dans ma vie pour pouvoir en supporter d'autres. Je croyais pas pouvoir m'attacher autant, me dévouer et me projeter avec quelqu'un. Pas avant de m'enticher du professeur...

Mais il est parti. Et tout ça c'est terminé.

Je vais reprendre ma vie d'avant Adriann. Celle d'un Therence affranchi qui se moque des sentiments et des limites, un irrésistible s*lop pour qui autrui ne vaudra jamais plus que son précieux ego. Ça me réussissait très bien comme ça. Même si je sais que je ne serais plus jamais tout à fait ce Therence là non plus. Adriann n'a pas seulement laisser son empreinte, un aiguillon fiché dans le cœur et dont je finirais par oublier l'existence avec le temps. Avec lui j'ai gouté au bonheur de me sentir un peu plus complet, d'avoir quelqu'un avec qui partager ma vie et à protéger, aux prix de batailles incessantes mais qui consolidaient toujours plus notre lien.
Comment ne pas espérer retrouver cette alchimie à deux maintenant que j'y ai gouté?...

-Je m'y laisserais plus prendre à ces conn*ries! Plus d'allemands, plus de prof, et plus de w- ... wisigoth. Plus de wisigoth.

-Bonne résolution. En plus leur accent est moche.

-Il est pas si moche au pieux... marmonnè-je d'un ton de confidences entre ami, du ton d'un boudeur qui se complait dans ses pleurnicheries. Qui a un besoin inconscient de recevoir un coup de pied au derche, surtout.

-Tiens-toi droit bordelo!

...A quoi bon. J'ai perdu ma béquille, mon partenaire de cœur, celui sur lequel je pensais pouvoir finir par me reposer et pouvoir le soutenir en retour. Comme j'ai été délaissé bien avant lui, par les parents. Il faut se faire une raison. Je suis trop difficile à aimer...

-Il n'a pas juste rompu, Aless'. Il a quitté la ville...

L'écran de son PC se baisse en périphérie de mon champs de vision. Je perçois sans la voir la silhouette entièrement focalisée sur l'épave humaine étalé sur son comptoir.

-Therencio… Avec une telle créature, c’était voué à l’échec. Et il y a de fortes chance que le dernier acte d’amour d’Adriann, c’est d’être parti loin de toi. Vois ce geste ainsi, et non comme un échec de ta part.

Un acte d'amour... Mes neurones tentent une traversée du déluge que mes larmes intérieures ont engendrées pour atteindre un port de compréhension. Il serait parti pour me protéger?...
J'éclate de rire.

-... S'il faut m'abandonner pour pouvoir me protéger, alors je ne veux PAS être protégé!

Et j'enfouis le nez entre mes bras. Un caprice de gosse. Un chagrin d'amour.

-Je préfère vivre milles dangers avec quelqu'un que j'aime que de vivre en sécurité sans personne. On aurait du traverser ça ensemble. On se serait protéger mutuellement, parce que c'est comme ça que ça marche! Dans les deux sens... il avait pas a m'écarter. J'aurais été assez fort pour l'aider...

Le wendigo, les chasseurs, ça ne me fait pas peur! J'aurais pu faire face à l'impensable s'il m'avait laissé ma chance... Puis l'italien, lui, l'a au moins compris que j'étais pas sans défense, avec mes somnifères, ma geôle, le temps d'une lune, hein!... Ce qu'il y a de certain, c'est qu'Adriann n'est plus là et qu'il ne m'en a pas la raison, que ça pourrait-être lui comme ça pourrait-être à cause de moi, pour se sauver comme un égoïste et un lâche ou pour me préserver, pas moins maladroitement...

-Ce dont je suis sûr, c'est qu'il m'a largué en ne me laissant que des questions. C'est une histoire qui se répète. Ma malédiction...

-Souviens-toi de ton but principal. Tuo padre.

J'ouvre les yeux dans le creux obscur entre mes bras et émerge doucement jusqu'à mi-nez dévisager Alessandro.

-On va le trouver, je t’en fais la promesse.

Encore ces mots. Ce on poignant qui me répète que je ne suis plus seul, son espérance sans faille... Mes billes largement rivées sur le visage encourageant d'Amaro se troublent vivement avant de renifler et de durcir mon visage et ma posture.

Il a raison. Mon père. C'est pour lui que je suis venu à Beacon Hills, pour le trouver. C'est lui le véritable gouffre, l'origine du mal qui me hante et que je dois confronter pour atteindre la plénitude.
C'est une réalité que je ne dois pas perdre de vue. Adriann n'est qu'une passade, il n'a jamais été l'homme qui pourrait véritablement combler le vide que j'ai à l'intérieur de moi.

Alessandro porte à lui seul de l'espoir pour deux. Je ne veux pas le contredire, je veux y croire ou au moins me laisser illuminer par ce que son accent chantant promet d'heureuse résolution.

-Toi, t'es là... murmurè-je en le dévisageant.

Pleinement présent et aimant, avec tout son cœur et de tout son être, à l'insu de sa raison ou de toute difficulté. Quand j'ai commis ma faute l'autre jour, Alessandro ne m'a pas tourné le dos pour disparaitre. Il m'a fait face, il m'a attiré à lui, durement, mais avec la fermeté et la solidité dont son fait ses sentiments. Alessandro Amaro ne fuit pas, lui, c'est un roc, il à la force nécessaire à se supporter lui même, à supporter les obstacles, et à supporter un sale gosse dans mon genre. Il voit la force en moi, mais il perçoit aussi toutes ma faiblesse et il n'aurait pas la négligence ou la prétention de croire que je puisse endurer une séparation. Même pour me protéger...
Je sais qu'il ne m'abandonnera pas. Le jour ou Alessandro me tournera le dos, alors c'est que quelque chose sera mort entre nous.

Je ne souris pas, pourtant il y a du sourire dans mes yeux. Je me mord la lèvre refluer une vague d'émotion, et noyé dans le sirop douce-amer de la peine et de la gratitude, discrètement, je fais glisser ma main vers la sienne qui frottait gentiment mon poignet. Deux doigts qui demandent timidement une permission de contact, qui atteignent presque leurs but lorsque sa main m'échappe. L'agitation de clients qui quittent leur table me ramène à la réalité, et plus si sûr de mon geste, je referme les doigts comme si de rien n'était.

-Tu manges ici ce soir. Viens m’aider à mettre les chaises sur les tables de ce côté-ci.

Je distingue à nouveau le ton du padre. Je trouve du réconfort dans ces moments triviaux. Je me sens utile, j'ai le sentiment d'appartenir à quelque chose. Je m'essuie les yeux d'un bref revers de main et j'obéis. Je me laisse porter par la voix sûre et chaleureuse d'Alessandro qui a le pouvoir de me relever, m'aider à trouver l'équilibre et guider mes pas.
Grace à lui je n'ai plus à être ma propre voix, ma propre attache... ma propre ancre.


* * *


Je connais assez les lieux pour errer machinalement dans les cuisines du bar. Je surveille la cuisson en laissant, avec le recul d'une demi-salle de rangée, les paroles consolatrices d'Alessandro m'emplir la tête comme une musique de fond qui semblent vouloir dire que ce n'est pas de ma faute. Ce n'est pas moi qui ai fait fuir Adriann, tout comme ma mère ne m'a pas écartée pour me punir, parce que je ne suis pas l'origine de ses malheurs, tout comme mon daron n'est pas une ombre dans nos vies parce que j'étais un indésirable. Adriann est parti, peut-être parce qu'il avait un but qui m'échappait, peut-être même sur une intention louable et une preuve d'amour, pour me protéger... Je presse la spatule sur la chair rouge, et la graisse en s'écoulant crépite dans un vacarme désagréable.
Adriann n'a pas seulement rompu. Il a quitté Beacon Hills...
Non ce n'est pas ma faute si les gens auxquels je suis attachés finissent par disparaitre, je ne suis peut-être pas la cause mais une victime collatérale dans ces histoires. Quel que soit le mal que j'ai pu faire par défense ou par colère, je n'ai jamais souhaité le départ de personne après tout.
Je ne suis pas un mauvais garçon qui fait fuir les êtres chers.
Je ne suis pas un fardeau qu'il est tentant d'abandonner.

Ce n'est pas de ma faute.


* * *


Je racle les épices orangées qui parsème mon morceaux de steak du bout de la fourchette. L'appétit communicatif du loup ne m’atteint pas. Mes pensées se bousculent, douces et amères, entre les bons mots de l’italien et un cheminement insidieux, préoccupé par un père qui ne parvient pas encore à éclipser un amant.

-Tu penses vraiment qu'on peut retrouver mon père? Rien qu'avec un portrait peint par une morte?...

Sans nom, pas même une adresse. Je ne remet pas en doute ses capacités, j'expose des faits qui ne me permettent pas de grandes illusions, et parce qu'au delà du réconfort il me promet des résultats. J'ai fait le tour de la question de mon côté, en vain. Mais voilà. Amaro ne recule devant aucun challenge, et retrouver mon géniteur en est un de taille. J'en viendrais à penser qu'il prend ça pour un jeu, et ça m'amène enfin un petit sourire.

-Merci.

Un mot rare dans ma bouche. Pour tout, traduit mon regard. Je dévie les yeux sur un type qui vient de passer les portes et mon sourire s'évanouit. Je me redresse souplement comme mue par une force invisible, les yeux rivés sur l’arrivant, un rythme lourd qui entraine mon cœur.
Il se pointe comme une fleur, propre sur lui, ses airs de jeune premiers tout juste entaché par une barbe naissante et un regard clair un peu trop farouche.
Mon sang ne fais qu'un tour.

Mon tabouret manque de basculer lorsque je me rue sur Wilder.

-Où est-ce qu'il est?

J'empoigne le jeune loup par les pans de sa vestes et réitère puisqu'il semble ne rien capter de ma question.

-Adriann! Il te la forcément dit, à toi, son "partenaire de crime"!

J'accentue leur surnom d'un ton écœuré. Une flamme furieuse danse derrière le voile humide qui couvre mes yeux. Je me contrefout des regards qui se portent sur nous attirés par mes haussements de voix.

-Je suis allé au campus. A son appart'. Il répondait pas, c'était fermée, mais faut plus qu'une porte close pour me dissuader. ...Quand je suis entrée, y avait plus rien. Toutes ses affaires, ses cartons, rien! Il est parti...

Il est parti sans me prévenir.

-Il se serait pas barré si tu l'avais pas embarqué dans tes histoires! Je savais que tu lui causerais des emm*rdes! Quand je suis retourné chez lui, il avait déjà fait ses cartons. Il s'est fait taillé le bide Chad, on s'en est pris à lui!

Je me rappelle à la réunion, les dossiers que les chasseurs ont constitués sur eux après leur passage au hangar. Il était leur cible! Alessandro surgit pour nous séparer, mes doigts ont du mal à lâcher le veston du châtain.

-J'aurais pu le protéger! D'eux, et de lui aussi!

Je pouvais mâter le wendigo. Je l'aurais aidé à refluer sa faim. Cesser ses meurtres... J'en avais la force. J'en ais les moyens... Ses cauchemars? Qui sera là pour ses cauchemars? Il n'aurait pas du partir... pas sans moi...

-Il avait besoin de moi...

J'avais besoin de lui... J'avais tellement besoin de lui...
Je ne suis pas en état de juger de la portée de mes mots, quoiqu'un tel ménage ne doit pas être le premier dans le bar. Aless me tire en arrière, je suis tendu comme un cheval sur le point de foncer. Je serre les dents, mais les larmes finissent par lâcher.

-T'as tout gâché... Qu'est-ce qu'il représentait pour toi à part un pion indispensable dans tes plans? Est-ce que t'as a au moins pensé un instant à sa sécurité? Est-ce que t'as seulement un peu de considération pour d'autres que pour toi-même et ton précieux Mickael Wayne?! C'est toi qui l'a embarqué là dedans, il était sous TA responsabilité! C'est ta faute s'il s'est barré Wilder! T'es qu'un porte poisse, t'as tout gâché!!!

C'était mon histoire d'amour et il l'a foutue en l'air... Alessandro raffermit sa prise sur mes bras, mais je me dégage d'un violent coup de coude me ruer sur le loup. Il me repousse, j’atterris contre une table. Mon poing fait la connaissance de son museau.

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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Tous ces maux... [PV Amaro & Wilder]   Ven 29 Juin - 21:01

Empêcheurs de tourner en rond
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Semaines mouvementés depuis que Mick est allé se faire rectifier le portrait au hangar d’Aless’. Cela avait commencé par une sérieuse mise au point avec Mick, chacun défendant son point de vue. Trouver l’équilibre où chacun trouve son compte et qu’aucun se sente lésé est délicat. Il n’existe pas de mode d’emploi pour construire sa vie à deux. Après Mick, c’est l’opération avec Samael qui a pris toute mon attention et ma tension. L’opération est lancée, les conséquences ont suivies. La terre compte quelques fous sanguinaires de moins. Je reste frustré sur le peu de reconnaissances d’Anna et Parker. Ils encaissent mal ce qui est arrivé à leur ami, dépecé au détail par les bouchers. Mais de là à admettre que l’abandon de notre coopération aurait pu éviter le pire… C’est le réseau de l’Italien qui m’a permis de confirmer qui étaient les bourreaux de cet étudiant sans histoire. Je comprends les inquiétudes de Mick, mais le monde tourne à l’envers et c’est à un gangster que nous devons de connaître au mieux les dangers qui nous guettent.

Je n’ai pas revu Aless’ depuis l’incident avec Mick, mis à part quelque messages brefs et succincts. Il est temps de remettre au clair les bases de notre entente. J’ai laissé Mick à l’appartement sans lui cacher là où j’allais : Le Pink Print. Je joue cartes sur table. Je ne lui demande pas d’approuver, mais simplement de me faire confiance pour ne pas dépasser la ligne rouge. J’ai réussi à obtenir pour le compte du patron du bar, un assouplissement sur ses horaires d’ouverture. Cela va lui permettre d’optimiser et de rentabiliser les travaux d’agrandissement qu’il a fait avec mon aide. J’ai tenté de dire à Mick que les clients avaient tout à y gagner et que je n’avais fait que brosser un élu dans le sens du poil… Mais tout ce qui tourne autour du rital est sensible.

Quand j’arrive au bar, je constate que l’une des vitrines du Pink Print a déjà son rideau baissé. Ce n’est pourtant pas l’heure de la fermeture, mais il semble ne rester plus qu’une poignée de clients. Les chaises déjà montées sur les tables sur toute une partie du bar n’invitent pas à s’éterniser. Une fois n’est pas coutume, Aless’ semble pressé de fermer.

J’entre.
Lui !

Ma satisfaction du boulot bien fait s’envole pour une froide colère. L’autre merdeux renverse son tabouret en me voyant et me saute dessus sans autre forme de procès.

- Où est-ce qu'il est?

- Lâche-moi, ou je t’apprends à voler,
assené-je avec hargne.
- Adriann! Il te la forcément dit, à toi, son "partenaire de crime"!

Adriann ! En voilà un autre de lâcheur après Matthias et Maxence, je les collectionne ! Mes lèvres s’écartent sur un sourire mauvais. Après la première surprise, je constate l’état du lycéen. Pathétique le mec.

- Je suis allé au campus. À son appart'. Il répondait pas, c'était fermé, mais faut plus qu'une porte close pour me dissuader. ...Quand je suis entrée, y avait plus rien. Toutes ses affaires, ses cartons, rien! Il est parti...
- Ma pauvre Lucette,
répliqué-je avec mépris. Il s’est enfin rendu compte du parasite que tu es. Ou il a trouvé mieux, poursuivis-je, plus perfide que jamais.
-Il se serait pas barré si tu l'avais pas embarqué dans tes histoires!

Ben voyons ! Ton mec te plaque, c’est de ma faute ! Un peu facile comme argument.

- Je savais que tu lui causerais des emm*rdes! Quand je suis retourné chez lui, il avait déjà fait ses cartons.

- Et bien sûr c’est de ma faute ! Assume que tu n'es pas l’amour de sa vie.
- Il s'est fait taillé le bide Chad, on s'en est pris à lui!
- Tu veux que je te montre mes cicatrices de guerre ? Ah c’est vrai, elles disparaissent. Juste le bide ? Rien quoi… La routine.


Mais il se croit où le moustique ? Adriann est un cannibale. S’en tirer avec un bobo au ventre, ce n’est pas cher payer ses crimes. Il reste quelques clients qui s’empressent de terminer leur verre, sentant l’orage arriver. Je ne peux donc pas m’exprimer clairement, pas encore.

- Tu ne crois pas que ses victimes auraient été heureuses de s’en tirer à si bon compte ?


Hein monsieur l’égoïste qui pense qu’a son idylle avec un assassin. T’y pense à ses victimes, à leurs proches ? J’ai appris à connaître Adriann. Partenaires de crimes soit, ami certainement pas. Je l’ai utilisé, comme il m’a utilisé. Échanges de bons procédés. Il s’est barré, j’ai trouvé quelqu’un autre, Samael. J'ai arrêté de verser ma larme chaque fois que quelqu'un me plante.

- Je n’ai rien à voir avec son départ !
M’exclamé-je en le repoussant alors que les derniers clients du bar sortent sans demander leur reste.

Aless’ vient s’interposer. Oui, qu’il retienne son mini moi. J’avais remarqué cet étonnant rapprochement entre eux. Therence devenant son filleul ou quelque chose y avoisinant. L’Italien est-il en manque d’affection ?

-Il avait besoin de moi...

Je lève les yeux au plafond. Toujours à gémir ou à se moquer. Pas de demi-mesure chez lui. C’est ce qui le rend particulièrement crispant, chiant. Il avait la possibilité de m’appeler AVANT que Mick monte sur le ring. Ce qui me met en rage, c’est qu’il n’était pas le complice de Mick, mais un diable trop heureux de semer la douleur. Je soupire fortement et crispe les poings. J’avais réussi à me raisonner, pour ne pas venir lui en coller une, après son rôle pathétique dans la mise en scène imaginée par Mick. Mais là, il commence sérieusement à me gaver avec sa litanie.

-T'as tout gâché...
couine-t-il. Qu'est-ce qu'il représentait pour toi à part un pion indispensable dans tes plans? Est-ce que t'as a au moins pensé un instant à sa sécurité? Est-ce que t'as seulement un peu de considération pour d'autres que pour toi-même et ton précieux Mickael Wayne?! C'est toi qui l’as embarqué là-dedans, il était sous TA responsabilité! C'est ta faute s'il s'est barré Wilder! T'es qu'un porte poisse, t'as tout gâché!!!

- Ma responsabilité ? Putain ! Éclaté-je. Mais sors de ton conte de fée Garnet ! Comment pouvais-tu imaginer rendre un wendigo docile ? Ton mec est et restera un CANIBALE, martelé-je. Sois plutôt content qu’il se soit barr…

Aless’ tentait de calmer son morveux, mais l’excité se dégage avec une célérité inouïe pour ce minus. Je le repousse, mais il revient à la charge. Son poing s’écrase sur mon nez.

Le cartilage craque.
Le sang coule.
Je vois rouge.
Prunelles dorées.
Crocs acérés.

- Tu crois que je suis un toutou docile, bien dressé par Mick ?

La baudruche qui contient tous mes ressentiments explose. Les reproches de Mick me reviennent en pleine figure. S’ajoutent les accusations de ce pignouf.

- Un loup reste un animal sauvage, menacé-je.

J’ignore Aless’ qui m’interpelle et attrape le casse-pieds par la chemise, le soulève de terre et le fais glisser sur l’alignement des tables. Sa tête en brise-glace heurte les chaises retournées qui tombent au sol avec fracas. Une main, celle du patron des lieux, tente de me retenir. Je l’esquive d’une technique apprise avec Mick. Moi aussi « partenaire » j’ai des astuces de « simple » humain.

J’arrête, faute de chaises à lui faire embrasser, le remets sur pied, pivote pour le placer entre l’Italien qui s’avance et moi. Je le lâche sur ses quilles flageolantes. Amaro pense que j’en ai fini.

Je revois le visage tuméfié de Mick à cause de cet emmerdeur.

La suite… mon corps agit tout seul. Un coup de poing dans la figure l’envoie valser dans les bras d’Aless’, je termine par un coup de pied dans le ventre.

- Sang pour sang, craché-je avant de contourner le comptoir pour chercher une serviette en papier.

L’adolescent souffre. Cela me satisfait et me rend furieux de ce bien être que j’éprouve. Il y a des nuisibles sur terre qui sont capables de vous faire sortir de vos gonds et révèlent vos pires côtés. Je farfouille sans me gêner sous le comptoir, et  trouve un torchon propre que je mouille avant de l’appliquer sur mon nez cassé. D’un geste sec, je remets le cartilage en place pour accélérer ma guérison. Je laisse échapper un râle de douleur.

***

Ma chemise est foutue. Mon sang est en train de coaguler dessus. Je me nettoie le visage en me regardant dans la glace qui court derrière le bar. Du coin de l’œil je surveille ce que font les deux autres, prêt à me retourner et mouliner des poings si nécessaire. Là, je te donne raison mon Loulou, ces deux-là ne sont pas une bonne fréquentation. Quelle poisse ! Le souci est que si je peux me passer de l’un, la réciproque n’est pas vraie avec Aless’.

L’Italien tente de soulager la douleur de sa pupille. Non, mais laisse le avoir une tête de melon trop mûr ! J’attrape une bouteille au hasard et me sers un verre, avant d’aller m’installer sur un tabouret à l’autre bout du comptoir.

Mettre de la distance avec ce merdeux, car je sens que je suis encore capable de le cogner. Je n’aime pas cette violence qu’il éveille en moi. À l’avenir, il faut que je l’évite.

Non. Que lui m’évite !


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Que cache Chad ?



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MessageSujet: Re: Tous ces maux... [PV Amaro & Wilder]   Jeu 12 Juil - 22:34

clickAlessandro & Therecio & Chad
xxx
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-Toi, t'es là...
- Sì. Sono qui.


Beaucoup ne s’en doutent pas, mais je suis effectivement quelqu’un de fiable et de constant. Lorsque je propose quelque chose, que ce soit un contrat, mon amitié, un échange de bons procédés, je m’y tiens. Lorsque je promets la mort également... Je fais ma part du marché, jusqu’à ce que le deal se termine ou que l’on me trahit. Le service m’appelle, je laisse Therencio un moment seul avec lui-même. Je comprends maintenant d’où vient la persévérance de Sonny à mon égard. Certes, il n’avait pas le choix vu mon ascendance, mais je sais que m’apprendre à filer droit n’était pas une corvée pour lui. C’est un mentor, un parrain... le seul homme qui s’est réellement comporté en père avec moi. Je sais combien c’est un repère important. Therencio n’en a plus aucun, moi j’en ai eu trois, un faux, un de substitution et un vrai...

Je travaille tout en gardant un regard sur lui. Il ne reste que deux tables occupées dans le bar. J’ai commencé la comptabilité de la journée, pendant que Therencio prépare le repas avec ce qu’il trouve dans les frigos de Charlie.

-Tu penses vraiment qu'on peut retrouver mon père? Rien qu'avec un portrait peint par une morte?
- C’est un début qui nous oriente sur la piste d’un surnaturel. Cela élague beaucoup de voies. C’est plutôt une bonne chose.
- Merci.


Une flamme dans son regard. Je hoche simplement la tête. Lui aussi, j’espère qu’il ne se barrera pas quand on aura mis la main sur son padre. Je lui ai dit que je m’effacerais. Je le ferai, mais cela me coûtera une part de mon cœur.

La porte du Pink s’ouvre, je lève le museau pour dire que nous sommes fermés, mais Therencio ne m’en laisse pas le temps et tombe sur Chad, plus énervé que jamais. L'architecte réplique avec hargne. Il n’a de toute évidence pas encore digéré que son mec se soit fait refaire le portrait sur le ring. Nous nous étions quittés sur un ton amer. Lui, me demandant de couver Mick comme un animal fragile, moi le renvoyant aux règles de jeu du milieu.

Lancé dans sa diatribe, Therencio se donne en spectacle. Il ne se rend pas compte de l’état d’énervement de Chad. Je jette un regard vers mes derniers clients. Ils sont en train de terminer leur verre. J’ai déjà encaissé leur dû. Une bonne chose.

- Therencio…

Le plaidoyer de Chad est brut, factuel, dénué de sentiments. Il ne met pas les formes et choisit même ses mots pour être blessant. J’attends que les derniers clients sortent de là pour verrouiller la porte sur leur dos et grogner mon mécontentement à Chad. Mais les deux sont si concentrés sur leur engueulade qu’ils ne font plus cas de moi.

- C'est ta faute s'il s'est barré Wilder! T'es qu'un porte poisse, t'as tout gâché!!!
- Ma responsabilité ? Putain ! Mais sors de ton conte de fée Garnet ! Comment pouvais-tu imaginer rendre un wendigo docile ? Ton mec est et restera un CANIBALE. Sois plutôt content qu’il se soit barr…


J’avais ma main posée sur l’épaule de Therencio, pourtant il me file entre les doigts et va écraser le nez de Wilder. J’entends distinctement le cartilage céder. Merda !

- Wow ! On se calme vous deux !
- Tu crois que je suis un toutou docile, bien dressé par Mick ?
- Chad ! C’est bon ! C’est un bambino !


L’architecte est transformé. C’est la première fois que je vois son loup. La première fois que je sens son aura. Toujours se méfier de l'eau qui dort. Il appartient à une meute. Une meute forte. Mes cheveux se dressent sur mon échine. Mon loup rue à cette présence hostile.

- Un loup reste un animal sauvage.
- Chad non !


Bordelo ! J’ai bien mon flingue accroché à ma ceinture dans le dos, mais un python magnum, ce n’est pas ce qu’il y a de plus discret. Ça ameutera les voisin, la volaille et pour finir, j’aurais des comptes à rendre à sa meute. Je n’ai pas l’audace de me croire protégé face à eux avec mes hommes. Chad empoigne Therencio et dézingue toutes les chaises posées sur les tables avec sa tête. Je m’élance pour l’arrêter, mais il redresse el figio mio et s’en sert de bouclier. Je tends les bras pour rattraper Therencio qui chancelle, j’imagine à tort que Wilder est calmé. Mais le bambino est projeté contre moi, par un coup de poing et un autre du pied. J’ai rattrapé el figio mio d’un bras et dégainé mon arme pour viser la tête de Wilder.

- Tu arrêtes !

… Ou je tire, aurais-je envie d’ajouter. Seulement les conséquences seraient désastreuses.

- Sang pour sang.
- Bordelo Chad, il ne fait pas le poids contre toi !


Regard noir du loup qui fait comme chez lui derrière le bar. Je pousse une table pour dégager l’accès à la banquette pour y asseoir Therencio. Je chope un sac de glaçon que j’enveloppe d’un torchon et l’applique sur le côté tuméfié du visage du bambino. Je lui colle sa main sur ce soin improvisé et absorbe sa douleur en plaquant ma paume sur le reste de son visage. Il paye chèrement son implication dans la combine de Wayne. Décidément, ce type ne comprend pas que chacun de ses actes a des répercutions. Therencio est fautif de ne pas avoir su dire non, de ne pas l’avoir envoyé balader. Les leçons sont mieux retenues quand elles sont mises en pratique. Je vais devoir décortiquer l’enchaînement des événements avec el figio mio, remonter avec lui l’arbre des causes.

Mais si à mes yeux, ce qu’il vient de se passer est la conséquence de deux erreurs de jugement de la part de Therencio, celle d’avoir trempé dans la combine de Wayne et celle de casser le museau d’un loup-garou en pleine possession de ses moyens, cela ne signifie pas que je vais en rester là.

J’entends Chad se servir un verre et s’installer loin. Il était venu discuter ou régler ses comptes avec moi. Therencio s’est encore interposé. Mais…

- Tu crois que tu peux défoncer la tête d'el figio mio sans que je réagisse ?

Je lâche Therencio le temps d’aller lui chercher un verre d’eau et deux comprimés d’ibuprofène. Je continue à absorber sa douleur pour lui éviter la tête de pastèque trop mûre que Wayne a dû se payer pendant quelques jours. Mon regard oscille entre le bambino et l’architecte. Le loup rumine au bout du comptoir. En fait lui comme Therencio étaient à un point de stress qui ne pouvait que dégénérer s’ils se croisaient.

- Tu sais pourquoi je ne t’ai pas logé une balle en pleine tête ? Parce que ça aurait attiré la volaille !

Je ne parle pas de sa meute ni de son alpha. Je ne souhaite pas qu’il sache que je les considère comme un problème potentiellement majeur.

- J’ai donné des ordres pour que ton mec soit persona non grata au HCC. Après, je ne peux pas être derrière chacune de ses conneries. Il t’a dit qu’il m’a volé un camion entier d’alcool pour le remplacer par une unique bouteille de Grappa ? Explique-lui que dans la mafia, on est particulièrement hermétique à l’humour et que ce genre d’acte est considéré comme une déclaration de guerre.

Au regard du blond, il semble que Wayne ne se soit pas vanté de son audace. Entre mes mains Therencio s’agite. Je lui murmure de rester tranquille, le temps que je limite les dégâts sur son visage et son crâne.  Il n’a rien de cassé. Wilder n’a pas frappé à pleine puissance. Il serait mort sinon. Mon regard se porte à nouveau vers le loup qui sirote son verre le regard dans le vague.

- Mick est en vie, uniquement parce que j’ai besoin de toi. Frappe encore une fois Therencio, je me débrouillerai sans toi...

Avec ce que ça implique en cadavres. Si j’attaque le premier, je peux venir à bout de la meute des Hale. Bien que cela ne m’enchante pas plus que ça. Je ne fraye pas avec ceux de mon espèce, mais par défaut je les respecte et suis une conduite tacite de non-agression. Encore faut-il ne pas venir me piquer ce qui m’appartient ni frapper celui que j’ai pris sous mon aile.

- Tu as besoin de moi Chad.

Je souligne mes propos par un geste significatif, que lui seul peut comprendre. Therencio n’a pas à avoir connaissance de nos affaires. Chad ne m’a toujours pas retourné de service en échange de la moto que son complice Washington a utilisé l’autre nuit.


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MessageSujet: Re: Tous ces maux... [PV Amaro & Wilder]   Lun 23 Juil - 1:25



Blood for blood
Adriann avait toutes les raisons de me quitter, et au fond de moi je les connait très bien. Je manigançais pour contrer le wendigo. Je me doutais qu'il puisse cacher un mental de psychopathe au delà de l'influence de l’entité cannibale, mais j'ai préféré le nié, et nié sa véritable nature par la même occasion. Il était amoureux de moi, mais je n'étais pas encore capable de le lui rendre. C'était le voué à un amour à sans unique, peut-être qu'il en souffrait trop, ou qu'il ne m'aimait déjà plus assez pour en supporter d'avantage.

Ou bien il n'avait plus le courage, la force de caractère, la bêtise, de subir les revirements permanent d'un adolescent intrusif, capricieux, possessif, égoïste pas assez patient et attentionné et impossible à vivre, et il a préféré tout abandonné...

-Ma pauvre Lucette. Il s’est enfin rendu compte du parasite que tu es. Ou il a trouvé mieux.

...Je sais que ce n'est pas pour trouver quelqu'un d'autre qu'il est parti. Il s'est fait attaqué par un chasseur, il en gardait les traces!

-Tu veux que je te montre mes cicatrices de guerre? Ah c’est vrai, elles disparaissent. Juste le bide? Rien quoi… La routine.

La colère monte en flèche. Je suis le premier à me moquer des blessures des garous qui ont la faculté de guérir à vitesse exprès. Mais cette cicatrice, je sais pas comment ou avec quoi elle lui a été infligée, mais ça guérissait pas comme le reste.

-Ce n'était pas RIEN!

-Tu ne crois pas que ses victimes auraient été heureuses de s’en tirer à si bon compte?

-Enflure! Ça t'arrangeait bien pour tes petites affaires!


Il y a le chasseur qui avait collecté des infos sur eux et qu'Adriann avait fait tué en manipulant une parodie de cannibale, et surement d'autres ennemis qui ont du faire les frais de sa bestialité et dont je ne veux pas entendre parler. Je refuse de penser à ses victimes, jusqu'au bout j'aurais réussi à éviter le sujet avec lui et conserver l'illusion d'un semblant d'innocence, ce n'est pas pour me laisser submerger par l'horreur de ses actes et m'interroger sur ma tolérance envers ses crimes aujourd'hui.

Adriann était fragile derrière sa réputation monstrueuse, il avait besoin de moi. J'avais terriblement besoin de lui. Qu'il soit parti pour me punir, me protéger ou sa survie, ce n'était pas pour une rupture mais une cause beaucoup plus grave. Et parce qu'il ne m'a laissé aucune explications, c'est à moi de trouver. Wilder et ses foutus plans de grand justicier...
Il passerait pour un héro, ça ne le retient pas de sacrifier ses pions pour sa cause. Ce type est un sale nombriliste. Lui et Wayne... le vairon n'est pas mieux dans son genre. Je l'ai aidé à semer le trouble entre son petit-copain et mon mentor, mais est-ce qu'il avait réfléchi à ce qui m'arriverait si ce dernier venait à découvrir que j'avais agis contre lui? J'ai eu la trouille dans les sous-sol lugubre du HCC, seul à seul avec un mec louche, des résidus de passage à tabac et mon imagination. Mais c'était pas la peur d'être tabassé qui m'a le plus chamboulé. Qu'est-ce que je serais devenu si Alessandro avait perçu mon acte comme une trahison et m'avait renié pour ça? Le vairon pourrait se défendre d'avoir pu cerner nos rapports et avoir estimer un faible pourcentage de risque qu'il me rejette, ça aurait beaucoup de mal à me convaincre et ça ne pardonnerait pas une erreur de calcul.

Ce ne sont que des égoïstes tous les deux autant qu'ils sont. Ils s'aiment, mais leur amour est néfaste pour les gens qui les entourent, parce que qu'importe les conséquences, leur couple passera toujours avant le reste du monde.

-... C'est ta faute s'il s'est barré Wilder! T'es qu'un porte poisse, t'as tout gâché!!!

-Ma responsabilité? Putain! Mais sors de ton conte de fée Garnet! Comment pouvais-tu imaginer rendre un wendigo docile? Ton mec est et restera un CANIBALE!


La vérité me heurte, assommante, et ma vision se teinte de rouge. Le rouge du sang du carnage auquel le wendigo m'avait fait assister dans sa tête, je revois le regard mutin et l'irrésistible sourire torve de l'allemand qui cachait une âme à vif, l'empreinte rubescente de mes dents sur son cou pâle et frémissant durant nos rapports pour provoquer la bête et rappeler que je ne suis pas un inoffensif bout de viande...

-Sois plutôt content qu’il se soit barr…

Mon point percute le nez du lycan.

Je l'aurais sauvé. Je l'aurais changé. Je l'aurais guéris de cette part sombre de lui même!

-Je vais t'exploser. sifflè-je rageusement entre mes dents, le souffle court.  

L'avertissement d'Alessandro ne m'atteint pas. Chad se redresse lentement. Du sang macule le dessous de son nez, et dans l'ombre de son visage aux traits plus animal qu'humain s'allume un vif éclat doré.

-Tu crois que je suis un toutou docile, bien dressé par Mick?

-Chad! C’est bon! C’est un bambino!

-Un loup reste un animal sauvage.

-Chad non!

Le loup a sorti les crocs. Une décharge glacée me traverse le corps, j'amorce un recul, mais c'est trop tard : sa main se referme sur mon col, mes pieds quittent le sol, et je chavire brutalement sur une table encombrée par les chaises. La suite n'est qu'une succession de chocs dans le crâne et une profusion d'étoiles derrière mes paupières. Arrivé au bout de la rangée de tables, le loup me remet sur pied aussi facilement qu'il manipulerait un pantin de bois. Je ne tiens debout que grâce à sa poigne sur ma chemise. Il m'entraine dans une demi-valse avant de me lâcher. Mon corps tangue dans un équilibre précaire, j'ai le tournis, et ma vue a tout juste le temps se s'ajuster sur le poing du lycan qui m'arrive en pleine face et m'envoie dans les roses, contre le poitrail d'Amaro. Sans répit, il revient à la charge d'un coup de pied dans le bide. Mes organes montent d'un étage, je me plis en deux, le souffle coupé.

-Sang pour sang.

-Bordelo Chad, il ne fait pas le poids contre toi!

-... ... S*lop... ordure...

Et autant d'autres noms d'oiseaux que je sois capable de vomir dans mon état. J'ai mal. Je le déteste. Alessandro me retient d'un bras, je reste blotti contre lui en me tenant le ventre.

Il me traine jusqu'à une banquette tandis que Chad s'affaire plus loin. Je renifle quelques larmes qui n'ont pas su rester à leurs place, condensé d'humiliation, de colère, et de la simple réaction d'un corps malmené. Loup contre humain. Mon allemand mis en danger pour servir ses desseins. C'est pas juste. Je le déteste. Il n'a aucune idée de ce que j'éprouvais. Ma relation avec Adriann n'a jamais été qu'une blague pour lui et le vairon. Dire que c'est parce que leur couple était vacillant et qu'il voulait récupérer sa moitié que Wayne m'a entrainé dans sa manigance. J'aurais mieux fait de jamais appeler Wilder et laisser le bichrome se faire défoncer sur le ring et se réveiller à l'hosto, soumis à l'omerta des combats illicites si ce n'est un sort plus radical. Je les détestes...

Je laisse l'italien guider ma main sur le pack de glaçons et prendre mon visage entre ses mains. Je grimace, de gène, puis d'étonnement. La douleur lancinante perd un peu en intensité. Je la sens qui migre et se concentre sous les doigts et la paume tiède du loup comme une armada de petites fourmis attirées par du sucre emportant un peu de mon mal avec elles. La douleur est toujours bien présente, mais comme engourdie par cet étrange manège. Ces mains sont un antalgique naturel. Un soupçon de merveilleux dans le chaos qui m'apaise... Je savais que les loups guérissaient à une vitesse accrue, mais j'ignorais qu'ils pouvaient guérir quelqu'un d'autre.

-Tu crois que tu peux défoncer la tête d'el figio mio sans que je réagisse?

Alessandro a pris sa voix de tonnerre. Il admoneste le jeune loup et s'occupe bien de moi en même temps. Je suis trop groggy pour me vexé d'être défendu. Mon ego malmené n'a plus la force de réprimer le petit garçon en moi qui est plus prompt à accepter du soutient et de l'affection. Je veux juste que la douleur cesse. Celle du corps, et celle pas moins viscérale que j'ai au fond du cœur. Je contemple ses veines noircies se gorger à chaque pulsation en me demandant si ça lui fait mal.

-...J’ai donné des ordres pour que ton mec soit persona non grata au HCC. Après, je ne peux pas être derrière chacune de ses conneries. Il t’a dit qu’il m’a volé un camion entier d’alcool pour le remplacer par une unique bouteille de Grappa?

J'ouvre les yeux, du moins un, sur Aless tandis que Wilder se fige dans son coin. Wayne a vraiment fait ça? Ce mec m'a trop laissé entendre qu'il était dangereux avec son vécu mystérieux, sa quête vengeresse pour retrouver l'assassin de ses parents et son box rempli d'armes, mais découvrir qu'il a détourné un véhicule de la mafia me fait un tout autre effet.

-Explique-lui que dans la mafia, on est particulièrement hermétique à l’humour et que ce genre d’acte est considéré comme une déclaration de guerre.

Je trésaille et évite son pouce qui frôle de trop prêt ma pommette mâchée.

-Arrête... ça va. J'ai plus besoin de ça... pestè-je faiblement en repoussant ses mains qui cherchent encore à attraper mon visage.

En d'autres circonstance je n'aurais peut-être pas rechigné, mais maintenant que j'émerge, pas devant quelqu'un, pas devant Wilder. En papa poule sourd et borné, l'italien revient poser ses mains de ça et là de ma tête pour ralentir le processus d'un hématome qui gonfle et se colore autour de mon œil. Je grogne inutilement et capitule, en concevant pourtant une certaine réserve envers l'italien. La voix qui me chuchote de rester tranquille aurait pu ordonner l'effacement de insupportable vairon de la surface de la terre.

-Mick est en vie, uniquement parce que j’ai besoin de toi. Frappe encore une fois Therencio, je me débrouillerai sans toi... Tu as besoin de moi Chad.

Mes iris sombres contemplent Amaro à la recherche d'explications. Je comprend rapidement que je n'y aurais pas droit, mais j'encaisse, en toute modération. Sagement. Après tout, Wayne qui s'est forcément renseigné me doit un service. Mon regard coulisse sur Wilder. Je voudrais me réjouir de la position de Chad envers le mafieux, un loup fier et indépendant soumis à mon protecteur parce qu'il a besoin de lui, et je m'en réjouis bien un peu, en fait. Mais qu'importe la nature de leur relation, tant que ces deux là seront liés, je ne serais pas tranquille. Je cale imperceptiblement mieux ma joue dans le creux de la main du parrain. C'est un regard coléreux et possessif qui accompagne celui de l'ainé pour faire obstacle au jeune loup.


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MessageSujet: Re: Tous ces maux... [PV Amaro & Wilder]   Mar 7 Aoû - 21:02

Empêcheurs de tourner en rond
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L’alcool me fait grimacer. Je n’ai pas l’habitude de boire, puisque l’ivresse m’est interdite. Je fixe le canon de l’arme qu’Aless pointe sur moi. Je m’étonne moi-même du calme olympien que je conserve. Un sourire mauvais finit par déformer mes lèvres. Un pro ne dégaine pas son flingue s’il n’a pas l’intention d’appuyer sur la gâchette. Il devrait déjà avoir tiré, or je suis encore bien vivant. Depuis quand il joue à l’épouvantail inoffensif ? Je gagne cette manche mafieux en mousse. Je le regarde materner sa pupille. Et l’autre crétin qui joue au faux dur à cuire. Finalement, ils ne sont pas ce qu’ils paraissent. Le rebelle n’a pas la carrure qu’il affiche et s’effondre au premier mur qu’il se mange. Et l’Italien, il va où avec ses figlio mio ? Il se la joue « Godfather » ? N’a pas le charisme de Marlon Brando qui veut.

Et moi dans ce merdier ? Merda comme dirait le rital d’opérette, qu’est-ce que je fous là bon sang ?

- Tu crois que tu peux défoncer la tête d'el figio mio sans que je réagisse ?

Voilà qu’il en remet une couche. Drama à l’italienne. C’est insupportable. Je ne réponds pas et me ressers un verre. J’écraserai encore volontiers le tarin de l’autre casse-pieds, mais je me tais. Il pourrait bien finalement en arriver à me canarder avec son bazooka de poche.

- Tu sais pourquoi je ne t’ai pas logé une balle en pleine tête ? Parce que ça aurait attiré la volaille !

Je recrache la gorgée que je viens de boire. Il est sérieux avec son excuse à deux balles ? Je ne peux pas m’empêcher de répondre avec un sourire moqueur. Je me fais tout de même souple sur mes appuis pour me baisser si jamais les balles venaient à voler.

- C’est faux Aless’. La raison qui t’empêche de me buter tient en un nombre : 666.

Guerre de regards ou personne ne lâche le morceau. Je bluffe. À moitié. Mon père m’a clairement dit qu’il ne renouvellerait pas le tour de passe-passe sur les comptes d’Amaro.  Mais j’ose espérer qu’il lui ferait payer d’une manière ou d’une autre mon meurtre. Le cœur de Garnet s’emballe. Il est témoin de menaces qui fusent et conscient qu’elles sont létales. C’est la cours de récré des grands mon gars.

- Mick est en vie, uniquement parce que j’ai besoin de toi. Frappe encore une fois Therencio, je me débrouillerai sans toi...

Mon cœur fait une embardée. Salopard, il connaît mon point faible. Je lorgne vers l’adolescent le regard analytique et calculateur. Otage contre otage ? Le merdeux apprécie-t-il d’être soudainement devenu une monnaie d’échange ? Un bout de viande sur patte ? Il se colle à son faux padre, comme un môme dans les jupes de sa mère…

- Tu as besoin de moi Chad.
- La réciproque est vrai Aless’. Un point partout, la balle au centre,
dis-je en reposant d’un geste sec mon verre vide sur le zinc.

Je contourne le bar et vais me camper devant eux. J’ignore l’adolescent. En ce moment je lui trouve un air de tête à claque bien trop tentant. Je m’adresse donc à Aless’ comme si l’autre moucheron n’était pas là.

- Nous avons un contrat. Nous allons nous y tenir toi et moi. Je m’assure de mon côté qu’aucun élément perturbateur ne vienne gêner ton business. Tu fais de même de ton côté. Nos affaires personnelles restent en dehors de tout ça. C’est ce que j’étais venu te dire avant que…

… l’autre crétin m’agresse.

Alessandro n’aime pas qu’on lui dicte sa conduite, mais je m’en cogne. Je ne suis pas un gars à sa solde. Notre contrat est bilatéral. Je me suis engueulé sévère avec Mick, mais nous avons réussi à discuter, à échanger. Je lui ai promis de contenir ma part sombre. Il a admis que bien que cette facette-là de ma personnalité lui fait peur, elle fait partie intégrante de moi et cela bien avant que nous nous rencontrions. Pour le pire et le meilleur. Et le pire est aussi là pour que le meilleur puisse exister.

Je tends la main au rital. Signe d’apaisement mais également de recadrage de notre accord puis je m’avance vers la sortie. Je m’arrête à la porte, mais ne me retourne pas.

- Navré pour ta tête Therence. Ce n’était pas équilibré comme combat, ajouté-je avant de sortir en taisant la suite.

Que cela te serve au moins de leçon de ne plus fourrer ton nez de fouine dans les affaires des adultes. Le mieux étant que l’on ne se croise plus jamais. Cependant, j’admets que ce n’était pas glorieux de le cogner de la sorte même s’il venait de me péter le nez. Comme quoi une bonne éducation, cela ne se perd pas si facilement...

Spoiler:
 

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Que cache Chad ?



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MessageSujet: Re: Tous ces maux... [PV Amaro & Wilder]   Dim 12 Aoû - 18:00

clickAlessandro & Therecio & Chad
xxx
« Tutti questi mali ... »
Situation électrique dans le bar. Therencio est réduit au silence par mon affrontement avec Chad. Le loup est difficilement manœuvrable. Il a derrière lui une meute bien implantée à Beacon Hills et contrairement à moi, le soutient de nos congénères.

- C’est faux Aless’. La raison qui t’empêche de me buter tient en un nombre : 666.

Les muscles de mes joues roulent sous ma peau. 6,66$ est la somme exacte qu’il avait fait saisir sur mon compte personnel. Un compte où le crédit s’affiche avec six chiffres. Ma banque avait un peu trop rapidement botté en touche avec un bug informatique, justifiant son peu de zèle à trouver la faille au faible montant « égaré ». Je fixe Wilder droit dans les yeux et lui rappelle pourquoi son mec est encore sur deux jambes. L’argument fait mouche, le cœur de Wilder s’envole. Tu tiens à ton fiancé autant que moi à mon pognon !

- Tu as besoin de moi Chad.
- La réciproque est vrai Aless’. Un point partout, la balle au centre.


Il a raison. Il n’y a pas à Beacon Hills son équivalent. Je dois reconnaître que Chad me facilite beaucoup la vie.

- Nous avons un contrat. Nous allons nous y tenir toi et moi. Je m’assure de mon côté qu’aucun élément perturbateur ne vienne gêner ton business. Tu fais de même de ton côté. Nos affaires personnelles restent en dehors de tout ça. C’est ce que j’étais venu te dire avant que…

Que Therencio laisse ses émotions prendre le pas sur son instinct de survie. Je n’hésite pas quand Wilder me tend sa main pour celer à nouveau notre accord. La poignée de main est ferme, de part et d’autre. Il quitte le Pink non sans s’excuser auprès de Therencio. Wilder a des principes, c’est pour cela que ça en fait un allié de choix. Therencio s’est mangé son poing car il l’a cherché. Sinon Chad est un mec relativement fiable et sérieux.

Je tourne la clé qui baisse automatiquement le rideau de fer.  El figio mio reste muet et songeur. Sa joue commence à prendre une sale couleur. J’éteins les lumières du bar, flemme de ramasser les chaises qui sont au sol.

- Viens là toi.

J’attrape Therencio, le décolle presque de force de la banquette où il s’est avachi.

- Tu restes dormir là ce soir, collé à moi. Ça t’évitera d’afficher une tête de sortie de ring demain au lycée.

Et ce n’est pas comme si c’était la première fois que nous dormions ensemble. Pour la pédagogie, faudra demander à Willem. Moi c’est une alternance entre petites phrases qui tuent, baffes et câlins de temps à autres. Therencio semble s’en accommoder. Il marmonne. Je ne comprends rien. Je lâche son poignet devant la salle de bain.

- Traîne pas quinze ans et laisse-moi de l’eau chaude.

Nouveau grommellement. Bordelo, il va finir par parler le Crowley !

- Écoute, Wilder est agaçant mais il a parfaitement décrit Adriann pour ce qu’il est. Tu t’en remettras. Personne ne peut éviter les déceptions de cœur. Dis-toi que ça fait partie de la vie et que pour connaître l’exaltation, il faut connaître la déception. Le jour ne peut exister sans la nuit. Aller, file sous la douche.

(…)

Torse nu, assis sur le rebord de la fenêtre je crache des ronds de fumée, je repense à ce qu’a dit Chad, « nos affaires personnelles ». Wayne pour lui, Therencio pour moi. J’admets que le bambino commence à tenir une place importante dans ma vie. Ce soir, il a montré sa vulnérabilité. Un autre que Chad l’aurait salement amoché, bien plus que l’architecte qui a malgré tout retenu ses coups. Un coup de poing en pleine face, assorti d’un coup de pied dans le sternum. De la part d’un lycan, d’un bêta qui plus est, les deux coups étaient potentiellement mortels. Therencio me sort de mes pensées. Torse nu également, il porte le bas de pyjama qu’il a utilisé la dernière fois qu’il a dormi ici et qui est resté accroché à la patère de la salle de bain. Je lui lance mon paquet de sigaretta ainsi que mon briquet et vais prendre sa place sous la douche.

(…)

- Viens là et arrête de faire ta sainte nitouche !

Nous sommes tous deux allongés sur mon lit, Therencio à la limite de tomber tant il est collé au bord du matelas. Son ventre s’orne d’une marque violette à la forme de la semelle de Wilder. Sa joue et son œil sont gonflés. Je finis par le faire glisser de force contre moi. Je colle mon torse contre son dos. Il frissonne, secoué par une multitude de sentiments qui se télescopent. Adriann, son padre, sa madre, Wilder. Je cale mon biceps en oreiller sous sa joue meurtrie et pose ma main contre son ventre douloureux. Mes veines noircissent. Je vois ses épaules se relâcher de soulagement.

- Tu as des choses à apprendre sur l’instinct de survie Therencio. Je te montrerai comment évacuer ta colère. Je sais ce que c’est. Tu me connais, je suis loin d’être un calme… Il te restera des séquelles demain, mais ça sera toujours moins pire que si je ne fais rien OK ? C’est mon job de te protéger. Je te l’ai promis. Je ne me barrais pas sans toi.

Et toi ? Quand tu auras retrouvé ton vrai padre ? Je repense aussi au photos volées que Will' m'envoie. Je n'ai encore rien dit...

[HRP] : Opus terminé pour moi également.


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MessageSujet: Re: Tous ces maux... [PV Amaro & Wilder]   Mer 3 Oct - 10:52



Something in the shadows
-C’est faux Aless’. La raison qui t’empêche de me buter tient en un nombre : 666.

Mon esprit suit le match à toute allure, entre Aless qui tient Wilder en joue et ce dernier qui dégaine des arguments tout aussi fulgurants sans se laisser impressionner. Le tressaillement du mafieux à l'annonciation du chiffre ne m'échappe pas et renforce ma perplexité. De quoi ils parlent? Et comment un type comme Wilder peut inquiéter le parrain?!

-Mick est en vie, uniquement parce que j’ai besoin de toi. Frappe encore une fois Therencio, je me débrouillerai sans toi...

Je suis tiraillé par un mélange confus de reconnaissance pour l'homme qui me défend et de répulsion à l'idée qu'il puisse réellement éliminer le vairon. Je m'en accommoderais narquoisement, si seulement la situation ne rendait pas l'éventualité parfaitement crédible. Le regard de Chad s'arrête sur moi. Un frisson glacé me coule dans le dos. Menacer son Mick, c'est m'assurer le retour de bâton. J'ai à nouveau cette impression insupportable d'être mis dans le même panier que le vairon, celui des humains, faire-valoirs et chair-à-pâté pour garous, comme lorsqu'il nous avaient résolument tenus à l’écart de leurs affaires avec Adriann. Je soutiens farouchement le regard du jeune loup, sans toutefois pouvoir m'empêcher de déglutir.

-Tu as besoin de moi Chad.

-La réciproque est vrai Aless’. Un point partout, la balle au centre.

Oh le sale arrogant! Si un regard pouvait le carboniser...

-Nous avons un contrat. Nous allons nous y tenir toi et moi. Je m’assure de mon côté qu’aucun élément perturbateur ne vienne gêner ton business. Tu fais de même de ton côté. Nos affaires personnelles restent en dehors de tout ça. C’est ce que j’étais venu te dire avant que…

Mépris contre mépris, et il m'ignore comme il sait si bien le faire. Je regarde les deux loups se serrer les poignes, dépité. Là où j'imaginais qu'Aless repousserait sa main ou s'imposerait d'un geste appuyé, un dernier avertissement, ce dernier scelle leur accord commun avec droiture et respect. Tous deux soumis aux mêmes risques et impératifs, ils en deviennent égaux. Et que Chad s'en sorte ainsi face à Amaro me laisse l'impression qu'il a remporté une bataille...

-Navré pour ta tête Therence. Ce n’était pas équilibré comme combat.

La pique regonfle le feu de colère qui couve à l'intérieur de moi. Il quitte le bar propre sur lui et la tête haute, rien ne laisse plus deviner que Chad Wilder s'est fait éclater le nez un peu plus tôt sinon une tâche de sang sur sa chemise.

-... Je vais le tuer... grognè-je tout bas en me redressant prudemment, le bras en travers du ventre et les yeux dont l'un bleuie rivés sur la sortie qu'Aless s'en va verrouiller.

Il a sorti ça avec l'air de regretter vraiment, comme si me cogner avait été s'abaisser à de la facilité! Mais je vaux mieux que ça!!!...
Je ne suis qu'un môme impulsif aux yeux du grand et mâture Wilder. Je ressasse notre bagarre, nos échanges. Ses mesquineries et mes échecs. Je n'aurais pas du accepter les attentions d'Alessandro, pas devant lui.




-Viens là toi.

J'en ai pas envie. Mon orgueil piqué m'en dissuade...

-Tu restes dormir là ce soir, collé à moi. Ça t’évitera d’afficher une tête de sortie de ring demain au lycée.

-Ça va, je peux rentrer chez moi. Et j'ai pas besoin d'aide... grommelè-je.

Ma résistance puérile est vaine alors qu'il suffit à l'italien de tirer un peu pour me remettre sur pied et m'entrainer à sa suite jusqu'à sa salle de bain à l'étage.

-J'ai dis que j'ai pas besoin de compagnie...

-Traîne pas quinze ans et laisse-moi de l’eau chaude.

Parle à mon... Mais peut-être serait-il plus réceptif si seulement j'y mettais plus de conviction. Je n'en éprouve pas d'avantage de mais plus de préoccupation lorsque je murmure.

-Al, c'est quoi "666"?...

-Écoute, Wilder est agaçant mais il a parfaitement décrit Adriann pour ce qu’il est. Mais c'était pas... je ferme les yeux refluer un mal de tête d'en revenir à ce sujet. La réalité qu'il tente de m'imposer remue le couteau dans la plaie. Tu t’en remettras. Je m'abstins de nier, ça ne le ferait qu'encourager son discours. Personne ne peut éviter les déceptions de cœur. Dis-toi que ça fait partie de la vie et que pour connaître l’exaltation, il faut connaître la déception. Le jour ne peut exister sans la nuit. Aller, file sous la douche.

Je daigne lever le nez d'entre mes épaules pour regarder le loup, blasé. Il est sérieux avec son discours sur la vie, le jour et la nuit? Ça aurait été quelqu'un d'autre, je lui aurais ris au nez. Mais c'est Alessandro. Qui tente sincèrement de m'apporter du réconfort. Et je suis trop fatigué pour me moquer. J'entre dans la salle d'eau en refermant la porte derrière moi.

*

La pression de l'eau détend mes muscles mais cogne douloureusement sur les hématomes naissants. Wilder n'y a pas mis toute sa force de loup. Peut-être même s'en est-il abstenu. N'importe quel type avec sa carrure et avec la rage nécessaire m'aurait fait valser et cogner comme il l'a fait. Mais ça n'en reste pas moins un combat non équitable. Il s'en sort indemne, sans la moindre égratignure ni blâme. Un garou n'a pas a penser aux conséquences de ses actes puisque ses capacités abolissent beaucoup des problèmes inhérent aux humains. Tout comme Wilder n'a jamais eu à se préoccuper des répercutions que ses actes auraient sur la vie du wendigo pourchassé, et par ricochet, sur la mienne.

Je ne suis pas un parasite. Ni un dommage négligeable. Son mépris me hantent et me torture les entrailles. J'aurais du m'emparer du flingue d'Aless et lui tirer dessus, dans l'épaule ou la cuisse, lui faire voir. J'aurais du refuser les attentions de l'italien. Endurer et guérir bravement par moi-même. Lentement, et laborieusement... comme un homme.

Je recouvre d'une main pensive l’hématome qui éclos sur mon abdomen. Les yeux sombres et la mâchoire crispée, je regarde un point fixe dans le carrelage où l'eau tambourine, à l'image du sang qui pulse dans mes tempes. Insignifiante obsession.

Les choses ne se seraient jamais passé comme ça.

Pas si j'étais un loup.

*

Le bas de pyjamas qu'Amaro m'avait prêté l'autre nuit m'attendait dans la salle d'eau, comme s'il y avait gagné sa place. Je m'appuie sans bruit dans l’embrasure de la porte de sa chambre. Aless est installé à la fenêtre, la nuit et les lumières artificielles du quartier en fond. Sa musculature à nue modelée par la douce lumière de la lampe. Une sculpture tout simplement parfaite...

"Aless. Est-ce que si tu avais les yeux rouges, tu m'aurais mordu l'autre nuit?"

Aucun mot ne franchis mes lèvres. Surement parce que je connais déjà la réponse.

"Et le loup? Est-ce qu'il l'aurait fait, lui?..."

Courage. J'ouvre la bouche prêt à batailler sur le sujet, mais le paquet de cigarette et le briquet qu'il me lance me coupent dans mon élan. Amaro disparait dans la salle de bain et l'eau ne tarde pas à se faire entendre.
Je soupire en baissant les yeux sur le paquet. Je sors une tigette que je porte aux lèvres en m'installant à la fenêtre, et éclaire brièvement le creux de mes mains d'un halo orangé avant de m'avachir, un filet de fumée s’échappant de mes doigts pour se perdre dans la nuit noire.

*

-Viens là et arrête de faire ta sainte nitouche!

-Je fais pas ma...

Je fronce du nez contrarié en jetant un vague regard par dessus mon épaule. Je lui tourne le dos, ma joue mâchée calée entre mon bras et mon poing rabattue sous ma tête, parfaitement à mon aise installé en chien de fusil au bord du lit. Ce serait évidemment plus agréable allongé de l'autre côté où mon visage est intact, mais ce serait lui faire face et je n'ai pas besoin de ça maintenant. J'ai besoin de cuver dans mon coin... Un bras se referme autour de mes épaules et sans efforts, me voilà trainé à travers les draps. Mais qu'est-ce que...?!

Mon dos bute contre le poitrail du loup. Je retiens ma respiration, assailli par une indésirable vague de chaleur. Il ne se rend pas compte de ce que ses élans protecteurs provoquent chez moi... Son bras remplace le mien sous ma tête, et je me crispe ridiculement quand sa main s'installe sur mon ventre. Je reste figé quelques instant, à égrener les secondes. Mais le biceps en oreiller et sa main qui guérie m'apaisent doucement mais sûrement. Je me calme et me détend ainsi enveloppé, en fermant à demi les paupières.

-Tu as des choses à apprendre sur l’instinct de survie Therencio. Je te montrerai comment évacuer ta colère.

Ce n'est pas de la colère, m'abstins-je de lui rétorquer, le regard redevenu plus sombre. C'est Wilder...

-Je sais ce que c’est. Tu me connais, je suis loin d’être un calme…

-Je sais, chuchotè-je en fermant les yeux. Italien jusqu'au bout des poings. Et un loup sauvage, avec ça... Je fronce les sourcils en enfouissant le nez contre son bras. Mais c'est là notre différence. Je ne suis pas un loup, moi...

-Il te restera des séquelles demain, mais ça sera toujours moins pire que si je ne fais rien OK?

-Tu sais que ça pourrait être différent... sous-entende-je avec une pointe de reproche. Tu me materne. Alors que tu pourrais me permettre de me guérir tout seul, comme tu m'as permis de me défendre par moi-même en me vendant le flingue.

Alessandro revendique fermement son humanité au risque d’annihiler la bête qui dort en lui. Alors je sais combien c'est inutile d'espérer qu'il devienne alpha de son grès, et je connais la solution de facilité, si tant est que ce faire mordre ailleurs reste facile à faire. Sauf que ça ne marche pas comme ça.

-Je refuse de me faire mordre par n'importe qui. déclarè-je.

C'est lui que je veux...

-C’est mon job de te protéger. Je te l’ai promis. persiste t-il, sincère et vertueux, avant de toucher douloureusement juste, le timbre plus profond. Je ne me barrais pas sans toi.

Je tourne le visage vers lui, l’œil fébrile et sur le point de fondre. C'est la goutte de trop dans un vase déjà plein des ressentiments, des douleurs et des incertitudes. Ma mère, mon père, Adriann, ils m'ont tous lâchés, tous! trop égoïste, trop lâche, trop faible pour me supporter... Et lui... lui...
Ses yeux brun restent rivés aux miens. Mon incrédulité cède sous une vague trouble, pénible et si bonne à la fois, qui réchauffe et qui sécurise avec une puissance difficile à maitriser.
J'ai le cœur qui déborde.

Je happe le bout de ses lèvres. Impatient, je me hisse donner de la profondeur à notre baiser, mais le bout de ma langue à tout juste effleuré ses lippes lorsqu'un lancinement me traverse et qu'il m'échappe. Un signal trop justement tombé pour l'outrepasser, un éclat de lucidité. Mon nez s'écrase mollement sur sa mâchoire. Je reste immobile quelques secondes le temps d'encaisser, puis vaincu mais pas défait, remue doucement mon visage. Du bout du nez, je frôle la base du sien, caresse chastement ses lèvres, et son menton, pour finalement échouer dans le vide près de sa gorge. Je joins mes doigts à sa main qui couve le mal sous mon ventre en retrouvant ma position initiale. Je la guide vers mon torse, largement ouverte, et presse ma main par dessus comme une consigne muette et une dalle d'os et de chair pour l'empêcher de retourner s'égarer sur les blessures les plus futiles.

-... Ici. confiè-je simplement.

Puisqu'il tient tant à me soulager, c'est ici que ça fait le plus mal et qu'il faut agir. Entre le mou sous mes côtes et la cages osseuse. Là où ça respire, où les sentiments noirs comme la douleurs dans ses veines macèrent confusément, et où ça bat.

Je veux oublier le wendigo. Je veux guérir des humiliations de Wilder. C'est prêter beaucoup de pouvoir à un loup tout ça. Mais je m'en fiche. Parce du moment que c'est lui, je suis prêt à croire aux miracles.


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