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 Die Hirschjagd [PV]

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Alex Cormier

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MessageSujet: Die Hirschjagd [PV]   Mar 31 Juil - 0:41

La chasse au Cerf



La notion du temps et Alex ne faisaient pas toujours bonne camaraderie.  À titre d’exemple, si on l’avait questionné, il aurait dit que ça ne faisait que trois ou quatre jours qu’il avait eu sa dernière réunion «Sonia» alors qu’en réalité c’était il y avait plus de deux semaines.  Il s’en rendit compte lorsqu’il vérifia la date du précédent courriel qu’il avait envoyé à Adriann.  Diantre!  Que le temps passait vite!  Le message étant resté sans réponse, le biochimiste relança le professeur en expliquant qu’il était peut-être tombé sur une piste intéressante, qu’il résuma sans trop de jargon.  Cette fois, il ajouta une alerte à son calendrier informatisé pour ne pas oublier de faire un suivi.

Toujours pas de réponse.  En bon scientifique timide qu’il avait toujours été, Alex avait plus ou moins l’habitude de passer inaperçu ou d’être rapidement évacué des mémoires, mais ça ne le froissait pas moins.  Surtout qu’il avait eu l’impression que le courant passer plutôt bien avec ce Monsieur Weizerling.  Il lui avait semblé qu’ils se voyaient plus ou moins l’un dans l’autre, comme des inconnus qui devaient devenir des amis.  Le charme et le charisme de l’allemand étaient certes infiniment plus imposants que ceux du canadien, mais ils avaient rapidement réussi à se trouver un ton plutôt familier, un humour réciproque et, de façon générale, une aisance à discuter, lorsqu’ils s’étaient retrouvés autour d’un verre sur la côte californienne.  C’en était d’autant plus heurtant d’être relégué au titre de simple informateur, ou comment devait-il le nommer?

C’est lorsque le sujet vint durant une pause du midi que Suzy fit remarquer au laborantin qu’il avait oublier de tenir compte de l’effet d’un cofacteur dans ses calculs de vérification.  Elle lui demanda simplement quelle formule il avait utilisée et cela avait suffit à semer le doute dans l’esprit du biochimiste, qui alla tout revérifier dans ses papiers.  Découragé d’avoir pu induire l’expert en homicides en erreur, il tenta de l’appeler, sans réponse, laissa un message sur la boîte vocale et renvoya un nouveau courrier électronique.  Le lendemain, n’ayant toujours pas de nouvelles du germanique, il annonça à Lizzie qu’il prendrait sa journée et ressortit immédiatement du bâtiment pour se diriger vers le campus où Adriann enseignait.

Un nœud dans l’estomac, il ne remarqua même pas le trajet qu’il avait effectué.  D’où lui venait cette impression d’urgence?  Pourquoi s’en faisait-il autant pour un homme qui n’en avait manifestement rien à battre de lui?  Pourquoi culpabilisait-il d’avoir pu l’induire en erreur?  Et qu’était-ce que cette intuition qui lui disait que le criminologue ne l’avait pas simplement ignoré?  Probablement de l’espoir, simplement, mais ça n’en changeait pas l’étrange sensation qui le prenait.

Quelques minutes après avoir payé son billet de stationnement, Alex franchit l’un des halls de l’université et réalisa qu’il n’avait aucune idée de l’endroit où il se trouvait ni de celui où il devait se diriger.  Malgré les quelques regards curieux à son encontre, Alex ne fit pas volte-face et se dirigea plutôt vers ce qui lui apparut comme un plan d’évacuation.  Ça ne lui fut d’aucune utilité et il se retourna en soupirant.  Un regard à la horde d’étudiants, étrangement moins intimidants que les Trolls de Couloirs du lycée, suffit à faire soupirer Alex d’impatience.  Dans son pays, quelqu’un serait déjà venu à son encontre pour lui offrir de l’aide et une escorte ou, à tout le moins, lui expliquer le trajet optimal à emprunter pour se rendre là où il le voulait.  Il aborda donc une jeune rouquine qui ne semblait pas trop occupée.

-Pardon, savez-vous où se trouve le bureau du Professeur Weizerling?

La jeune femme le dévisagea d’un air dégoûté, le jaugea du regard et, en replantant ses écouteurs au fond de son canal auditif, lui rétorqua qu’elle n’était pas guide touristique avant de filer.

Penaud, Alex resta là, les bras ballants, sans remarquer le jeune homme qui s’était approché de lui, un sourire poli aux lèvres.

© Mafdet MAHES



Merci Matrim & Chuck!
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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Die Hirschjagd [PV]   Mer 3 Oct - 10:26



Deer hunting
Les stores sont baissés pour m'épargner la chaleur californienne. L'appart' baigne dans une tiède demi-pénombre. Je révise, étalé sur le lit. Ou j'essaie, du moins.

Je pose le bouquin sur mon torse nu en me massant les paupières et enfonce la tête dans mon oreiller, le plafond défraîchi en guise de réceptacle à mes pensées. Ce n'est qu'un moment de faiblesse stupide comme ça arrive parfois et que je voudrais mettre sur le compte de la chaleur et de mes efforts à rattraper des leçons rébarbatives. Mais je sais que mon spleen ne vient pas de là.

J'ai la tête pleines de questions et de mauvais sentiments. Je n'y prête pas toujours attention, trop habitué à leurs présence, des ombres projetées sur les parois de mon esprit devenus aussi insignifiantes que les tâches incrustés entre le plâtre et la peinture de ma chambre au dessus de mon nez, jusqu'à ce qu'un petit rien, un éclat pas toujours conscient, leur redonne assez de relief pour se rappeler à moi.

La sensation de manque. Un abandon perpétuel. L'injustice qui macère.

Adriann est parti. Je me le répète : j'ai assez d'un géniteur à retrouver pour ne pas m'encombrer d'un amant en fuite. Pour ça, je peux compter sur Alessandro, à la fois une figure de remplacement et un homme au bras assez long pour entretenir l'étincelle d'espoir que je retrouve la trace du Loup Rouge qui a enfanté ma mère. Il s'y est engagé. La voix de la raison me pousse à concentrer mon énergie sur ma prime affaire, démêler le passé pour être capable de me construire un avenir, et je m'y résous avec logique et sagesse.

Seulement parfois, lorsque je me retrouve seul, le présent me pèse.

Je rouvre le livre et me tourne sur le côté essayer de reprendre ma leçon. Je tente de lui tourner le dos, au présent. Je me ferme aux ressentiments en les enfouissant sous une couche d'indifférence et de déresponsabilité. Ce n'est pas aussi compliqué qu'il y parait. Il suffit de maîtriser la technique.
Ce n'est pas de ma faute...

Mais par moment ça ne suffit pas.

L’inaction m’oppresse en m'en rendre mal. J'envoie valser le bouquin, me lève et m'habille. Peut-être que je n'avais pas le droit de prétendre aux sentiments exclusifs de l'allemand, pas non plus le droit de le retenir à mes côtés ou dans cette ville en étant un tel brouillon de petit ami. Mais après tout ce qu'on a vécu ensemble, j'avais au moins un droit dont on m'a trop privé pour le tolérer.

Le droit de savoir.


* * *


Je traverse le campus et sa faune hétéroclite, croise dans le hall une rouquine pestant après ces lourdingues aux approches bidons et m'engouffre dans les escaliers au bout du couloir que je connais par cœur. Premier étage, amphi K117. La porte est ouverte, il n'y a personne à l'intérieur. Il y a peu de passage dans les couloirs. Je me glisse dans l’entrebâillement et referme délicatement derrière moi.

Je suis seul dans l’amphithéâtre, et l'animation extérieure annihilés, les seuls bruits qui trouble les lieux proviennent de mes mouvements ou du grésillement des appareils électriques. Je balaye la salle du regard, ses rangées de sièges, l'estrade, le tableau qui jouxte l'écran du rétroprojecteur. Je reste un moment à affronter la salle, le cœur lourd. Je ne m'attendais pas à être saisi d'un tel vague à l'âme en revenant ici.

Chaque recoin de cette salle me replonge des mois en arrières. Je descend les marches et passe devant ce siège, au quatrième rang, où j'avais été traîné de force par le nouveau professeur, persuadé que j'étais l'un de ses étudiants alors que j'étais en réalité à la recherche de...
Oh. Bon sang.

Wayne.

Wayne m'avait volé ma carte mémoire de mon portable, et bien décidé à la récupéré, j'ai conclu qu'il était peut-être étudiant ici. C'est parce que je cherchais ce foutu bichrome que j'ai accidentellement croisé la route d'Adriann!

La crainte irrationnelle que des forces transcendantes, celles-là mêmes qui feraient d'un rival un aussi ridicule instrument du destin, me surveillent et que ses oreilles se mettent soudainement à siffler m'effleure. J'en frissonne, me secoue mentalement et me ressaisi : personne n'en saura rien. … Jamais!

Je survole d'un regard détaché le mur blanc prêt de l'estrade. Je ressens la dureté de la parois dans mon dos lorsque l'allemand m'y pousse doucement, et son regard sur moi le temps de me positionner correctement et prendre mon visage en photo pour ma carte étudiante frauduleuse. Je suis photogénique de nature, mais jamais je n'avais du avoir un regard aussi pénétrant sur une photo d'identité.

J'inspecte le bureau sur lequel nous avions trinqués à cette première leçon. En fermant les yeux, je pourrais presque sentir son odeur apparaître par dessus mon épaule, sa voix qui tente, suave, de comprendre ce qui a pu amener un lycéen à accepter de rester à son cours...

Il y a des papiers dans les tiroirs, des leçons, des comptes rendus. Rien qui ne concerne Adriann. Le nom qui figure est celui d'un nouveau professeur. De l'autre côté du meuble, je retrouve la planque à Schnaps de ce dernier. Le casier est fermé à clef. Je farfouille sur le bureau à la recherche d'un trousseau mais devine rapidement qu'un professeur censé ne laisserait pas traîner ça au nez de tous.

Je peste et fouille mes poches puis dans le pot à crayon à la recherche de matériel qui pourrait me permettre de contourner le problème. Les stylos atterrissent en mikado sur les documents et en secouant bien le pot, deux trombones me tombent dans le creux de la main, me décochant une étincelle dans le regard.

Je tortille le morceau de ferraille, mordille, modèle, et armé de mon crochet improvisé, je m'accroupis derrière le bureau et m'active à déverrouiller la petite serrure.

Adriann a disparu en déménageant tout son appart. Ça ne veut pas dire qu'il ait pris la peine d'effacer les traces de son passage au campus.
Je ne sais pas ce que je cherche exactement. Un indice qui me permette de découvrir sa future destination, la raison de son départ, un p*tain de souvenir?! Mais quoi que ce soit, s'il reste quelque chose de lui, foi de Garnet, je trouverais!

La poignet à l'entrée s'abaisse, la porte bruisse sur le sol. Je me redresse d'un coup, ma tête heurte le rebord du bureau.

-Aïe!

M*rde!

Je reste aussi c*n qu'un lapin pris dans les phares d'une auto. Me cacher? Fuir? Feindre la nonchalance? Espérer que le gêneur referme doucement la porte comme s'il n'avait rien entendu?... L'autre issue qui jouxte l'estrade à ma gauche est à quelques mètres, facile à atteindre, en supposant qu'elle n'est pas verrouillée. Mais après tout, je ne suis pas un voleur et l'arrivant n'a pas tout à fait la tête d'un flic – tout au plus d'un prof suppléant. Pour ce que les flics d'ici n'ont pas faussement l'air de bonnes pattes...

Quelques secondes de flottement aux allures d'éternités, je me redresse de derrière le bureau, écrase nonchalamment mon outillage de fortune entre mes doigts pour les glisser dans ma poche, et m'appuie tranquillement sur la table en retrouvant mon plus charmant et innocent sourire.

-... Le prof' m'avait pourtant dit que les dossiers étaient rangés quelque part par là.

...

Et comme il semble hésiter à s'aventurer plus en avant dans le trouble ou retourner sagement en arrière, que le silence s'éternise, que j'y décèle l'affirmation qu'il ne fait pas parti du corps enseignant, je redouble d'amabilité et prend les devants, le tout pour le tout :

-J'suis l'assistant du professeur. Vous avez besoin de quelque chose?

... En songeant que je peux atteindre la sortie latérale en trois secondes en cas de bévue.


©️ Halloween sur Never-Utopia


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