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 Chercher l’erreur et autres proverbes | Alessandro

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Tobias Shepherd

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MessageSujet: Chercher l’erreur et autres proverbes | Alessandro   Mar 14 Aoû - 0:38

Willem alternait les bons et les mauvaises jours, et cela changeait selon les heures. En cours, il se concentrait sur les élèves, et Tobias le voyait bien. Mais dès qu’il avait un moment à lui, des sales idées tournaient dans sa tête, et il tombait dans des abysses de regrets et de colère. Tobias savait parfaitement à quel point il devait souffrir de se sentir impuissant, et de se maudire de ne pas avoir été là. C’était à peu près ce qu’il éprouvait face à son loup intérieur, à chaque fois qu’il laissait la bête prendre le contrôle, parfois pour un rien. Un regard suffisait à embraser une colère et une peur infinie.

Mais Tobias n’était pas le sujet de ce topic. Non, aujourd’hui, la « star » était Willem. Le grand absent d’ailleurs, celui qui ne montera pas le bout du museau de tous les posts. Pourtant, c’était lui que Tobias cherchait depuis une heure, quand son alpha n’était pas rentré et n’avait pas donné signe de vie. D’abord Madi, quand il n’avait pas pris son repas alors qu’il prévenait toujours quand il allait manger ailleurs. Bien sûr Kada et lui étaient partis en spéculations sur le fait qu’il avait peut-être invité une fille, et que bon, dans ces conditions, normal de ne pas penser à Tata. Puis il n’était pas là quand le premier programme du soir se finissait, alors qu’il se faisait un point d’honneur à être là pour envoyer tous les louveteaux au lit. A défaut, il téléphonait. Là, rien. Bien sûr, on supposa une panne de batterie, mais cela n’expliquait pas pourquoi l’Impala ne se faisait pas entendre. Du coup, Tobias avait fini par ne pas supporter cette indécision, et il avait sauté par la fenêtre pour se mettre en quête de son chef. Quelque chose ne collait pas.

Coupant à travers bois, mais toujours une oreille aux aguets du côté de la route, désirant entendre un vrombissement connu et rassurant – en vain - le bêta avait rejoint la ville et le lycée dans un premier temps. Willem se serait-il embarqué dans une session de notage de copies ? Faisait-il les évaluations, les bulletins, ou participait-il à une de ces satanées conférences pédagogiques ? Non, l’établissement était fermé et son odeur ne flottait plus que par réminiscence.
La bibliothèque ? Le parc ? Le bowling ? L’un après l’autre, les lieux étaient des pistes froides. Mais où donc s’était fourré son crétin d’Alpha ? Allait-il le retrouver ivre-mort, cuvant sa bière chaude au coin d’une rue ? Par dépit plus qu’autre chose, car Willem ne traînait pas au Pink en semaine à ces heures indues, Tobias poussa jusqu’à l’établissement dont la réputation n’était pas à la hauteur de celui qui le manageait. Alessandro était un ami de Willem, ainsi Tobias savait parfaitement qu’il était un autre loup-garou, et peu fréquentable par tous les critères sociaux. Bon, les critères sociaux refusant leur ancien mode de vie et voulant qu’on les tue juste pour être en vie, Tobias avait une sympathie innée pour quiconque lui montrait le doigt et même le bras. Cependant, il savait qu’il ne serait jamais assez fort, ou téméraire, pour s’y risquer. Admiratif, mais de loin et certes pas volontaire. S’il n’avait tenu qu’à lui, Kada’an travaillerait ailleurs. C’était déjà bien trop que de servir dans un bar dont la meute savait qu’il servait de façade.

Il pénétra par la porte de derrière grâce à un serveur déchargeait ses caisses de bouteilles vides pour la consigne qui le reconnut et le laissa passer. Il était venu chercher Kada quelques fois et avait même aidé au ménage. Bien sûr, chou blanc, pas de Willem au Pink. Par contre, un Alessandro très goguenard qui venait de raccrocher dudit Willem qui s’inquiétait de voir le lit de son protégé vide – il était rentré bien tard, et avait voulu vérifier que tout le monde était à sa place, uniquement pour trouver que Tobias avait filé. Willem savait parfaitement où et pourquoi, aussi avait-il demandé à Alessandro de garder un œil sur la rue, au cas où il croiserait un Tobias en vadrouille.
Voilà ce qui s’appelait se jeter dans la gueule du loup.
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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Chercher l’erreur et autres proverbes | Alessandro   Jeu 16 Aoû - 11:48

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« Cerca l'errore e altri proverbi. »Journée paisible, une fois n’est pas coutume. J’ai eu une longue conversation au téléphone avec Arès. Mon second et ami culpabilise de me laisser seul. Je l’ai rassuré, disant que l'organizzazione prospérait tranquillement. Ryan faisait office de second, rôle qu’il remplissait à merveille, les dissensions entre la squadra et la stidia appartenant désormais au passé. Mio amico était retenu par son clan. Notre association avait toujours cette base claire et nette, sa mission de deatheater passait avant les affaires humaines. J’avais recruté un nouveau vigile pour le Pink Print. Il n’a certes pas la carrure et l’aura de mio amico, mais Arès est un être d’exception.

Charlie a fini de nettoyer sa cuisine et est parti, non sans avoir fait une bise claquante à Kada’an qui l’a suivi cinq minutes après. Reste Jerry au bar, Conrad et Jessie au service et moi. Personne sur la scène de spectacle, c’est jour de relâche. Ma comptabilité à jour, je passe côté salle pour discuter avec les clients. Vissé sur son tabouret au bar, Willem discute avec Jerry. Mon barman et l’alpha sont devenus potes depuis qu’ils ont découvert une passion commune : la dégustation. Le côté prof de SVT de Will ressort et Jerry met à rude épreuve ses sens de loup en lui proposant des dégustations à l’aveugle. Ils ont déjà écumé toutes nos références et Jerry cherche même à me faire commander de nouveaux whiskey aux terroirs très marqués. Leur jeu préféré est que Will’ devine tous les ingrédients qui composent son verre. Jerry est un artiste en la matière, et sait lui compliquer la tâche avec des mélanges inattendus autant qu’excellents. Plus que jamais, Shepherd s’adonne à cet exercice, ce qui lui permet de s’évader pour un moment de la chape de chagrin qui l’écrase. Peu à peu, le Pink se vide de ses clients.

- Salut Aless’, à demain.
- Ciao’ amico.


Ce soir, il est resté plus tard que d’habitude, mangeant même un morceau ici. C’est assez rare, car il affectionne les repas avec sa meute.

(…)

Il ne reste plus qu’un pilier de bar que Jerry s’évertue à abréger ses consommations en rangeant le bar et éteignant les percolateurs. De mon côté, j’aide Jessie à mettre les chaises sur les tables, pendant que Conrad rassemble les bouteilles vides consignées pour le livreur demain matin. Un appel de Largo m’isole un moment. Il y a plusieurs désistements au fight club, lui et Jo qui fait l’arbitrage des combats ont dû palier à la dernière limite à réorganiser les pairing pour conserver une homogénéité dans les rapports de force.

- Par contre, j’ai un nombre impair de combattants Boss. Possible que vous montez sur le ring ? Ça fera remonter l’animation qui risque de chuter avec les abandons de dernière minute.
- Tu me collerais qui en face ?
- Logan.
- Le texan ? Celui qui avait écrasé Donovan.
- Oui. Je n’ai personne de son gabarit à lui opposer.
- Je n’avais pas prévu de me manger des gnons ce soir, mais pourquoi pas. Un peu de mise en danger est un bon entraînement. C’est d’accord, tu peux m’aligner Largo.


Je n’ai pas sitôt racroché que mon téléphone sonne à nouveau.

- Sì ?
- C’est Will’.
- Je le sais idiot, t’es dans mes contacts. Cosa ?
- Tu n’aurais pas vu mon cousin, il a découché.
- Non. Il est peut-être allé rejoindre une signora ?


Will’ est à cran et depuis la mort de Maxine il est anxieux pour le reste de sa meute. J’allais lui proposer d’alerter mes hommes quand je vois le museau du fuyard arriver par la porte de service.

- Will’ ? Tu les avais prévenus chez toi que tu rentrais tard ?
- …
- Tobias est là. Je crois qu’il te cherche…
- Je viens le chercher.
- Va te coucher, je m’en occupe.


Je me retourne vers le louveteau et agite mon téléphone avec une mine expressive.

- Papa poule s’inquiétait. Je lui ai dit que je te ramènerai à ta casa. Sers-toi un soda en attendant que je finisse de fermer le bar.

De la main, je lui montre le réfrigérateur vitré derrière le bar et pars aider Jerry à mettre les fûts de bières en position de sécurité, sans écouter ses protestations. Conrad et Jessie s’en vont après un salut de la main. Le Pink sent le produit pour les sols, je ferme le rideau de fer de la devanture en évitant de glisser sur le sol encore humide. Le percolateur fait entendre des cliquetis, il est en train de refroidir doucement. Après un dernier regard sur le zinc, Jerry salue Tobias, me serre la main et sort par la porte de service. Plus personne à part le bambino, je n’attends pas d’être dehors pour allumer une sigaretta.

- Prend le temps de finir, on n’est pas aux pièces.

Pour temporiser, je me sers un verre de Grappa. Le bambino est perturbé. Je le vois de temps en temps venir chercher Kada’an les soirs où elle fait la fermeture. Pas causant, voire impulsif, le jeune loup me croisait tout en m’évitant. Toutefois, c’est un bon bambino. Je reconnais en lui la marque des Shepherd. Plusieurs fois, il nous a aidés à ranger sans qu’on ait eu besoin de le lui demander. Esprit pragmatique, aider sa sœur de meute le ferait attendre moins longtemps.

- Te bile pas, Will’ se relèvera. Laisse-lui le temps. Et laisse-lui aussi son rôle d’alpha, et les soucis qui vont avec. Pense à vivre ta jeunesse Tobias. Tu as bien le temps de devenir un adulte responsable.

Facile de faire la morale, j’en ai bien conscience. Tobias ne le sait peut-être pas, mais j’en sais beaucoup sur lui, surtout sur ses égarements, ses accès de violence et ses pertes de contrôle. Willem en avait beaucoup discuté avec moi. Shepherd sait que j’ai du mal à contrôler mon loup et cela malgré les années. Cela vient de mon tempérament, je suis quelqu’un de volcanique et d’impétueux. Au fil des ans, j’ai développé mes propres techniques pour ne pas devenir une bête sauvage une fois par mois. C’est sur cela que Will’ m’a questionné, car il disait échouer avec les méthodes de sa meute basée sur la bienveillance, le calme et la communion avec la nature. Le problème est que Tobias est plus proche de la bombe instable que d’un animal apprivoisable. J’avais dit à Will’ que son cousin devait avoir un exutoire pour descendre la pression de sa conscience. Shepherd devait faire son deuil sur ce point. Tobias ne sera pas un gentil loulou comme il a pu connaître dans sa meute avant le massacre. Mais Will’ est un indécrottable optimise et pense qu’il pourra rendre Tobias paisible. Différence d’opinion et de point de vue liée par nos passifs respectifs. Willem a été élevé avec des câlins et des bisous, moi avec des coups de pieds dans les natiche et des baffes. Merci mon mentor, Sonny, grâce à cela je suis encore en vie dans ce métier où le moindre relâchement peut être fatal. Je rince mon verre et le pose sur l’égouttoir.

- Il faut que je me change, j’ai un combat ce soir. Je te dépose chez toi en chemin.

(…)

Quand je redescends, ayant troqué mon coûteux costume pour un jean – t-shirt – blouson, je retrouve Tobias qui n’a pas bougé d’un pouce. Sa bouteille de soda vide est sagement posée devant lui. Il me regarde comme s’il voulait dire quelque chose. J'ai l'impression que ça bouillonne dans sa tête.

- Cosa ?


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MessageSujet: Re: Chercher l’erreur et autres proverbes | Alessandro   Dim 19 Aoû - 12:03


Il n’a pas le temps d’ouvrir la bouche qu’on la lui ferme. Gentiment, mais très fermement. Parfois, Tobias détestait les adultes, et leurs façons de tout savoir mieux que les autres. Comme si on ne pensait et ressentait tous de la même manière, de telle sorte que les aînés pouvaient parfaitement savoir ce qui se passait dans les têtes et les cœurs des plus jeunes. Certes, Tobias était ravi d’entendre que Willem était rentré. Mais de là à se voir presque mis au coin comme un gamin, sans qu’on lui demande son avis ? Il avait dix-huit ans. Il pouvait boire, se marier, voter, mais il n’avait pas le droit de vivre sa vie.
- « C’est bon, je peux rentrer à pattes. » fit-il, ne désirant pas gêner ou s’attarder dans le coin. Il n’était venu que pour Willem, et désormais, son oreiller et sa couette l’attendaient. Mais Alessandro lui dédiait une oeillade qui n’acceptait pas de réplique, et soudain, Tobias se sentit penaud. Mais pourquoi ? Il n’avait rien fait de mal. Pourquoi se sentait-il donc mis en cause ? Ressassant ses pensées mitigeant culpabilité et colère – le combo habituel en ce qui le concernait – Tobias décida de ne pas provoquer l’autre loup. Une partie de lui n’avait qu’une envie : tourner les talons et rentrer chez lui par ses propres moyens, merci beaucoup. Mais Willem devait se sentir rassuré, pour une raison qui lui échappait, de le savoir entre des mains « adulte ». Ouais, ben, Alessandro était peut-être plus vieux, mais quand on savait à quoi il occupait réellement ses journées, on ne pouvait pas dire qu’il était un exemple de maturité et de probité. Pourtant, à lui, Willem lui faisait confiance. Tu parles d’une logique...

Boudeur, les nerfs à fleur de peau, Tobias n’était pas d’humeur à aider. Il voulait dormir, pour échapper quelques heures à ses sentiments confus qui se querellaient en lui. Il avait vu « Vice Versa », le film d’animation du studio Pixar, avec les émotions. En ce moment, il se doutait que Dégoût et Colère devaient se mettre sur la gueule avec frénésie, laissant Peur aux commandes. Pas étonnant qu’il partât en cacahuètes, tiens. A défaut de tout autre chose à faire, il se servit une eau gazeuse, puisqu’on l’y avait invité. Tobias évitait les sodas, bien trop sucrés et artificiels à son goût. Planté au comptoir, Tobias ressassait l’injustice de la vie, souhaitant réellement qu’ Alessandro lui ait laissé la possibilité de filer tout de suite. Pour une raison inconnue, il se sentait à l’étroit, comme trop serré dans sa propre peau. Courir dans la forêt lui aurait fait le plus grand bien. Par contre, il se déplaça au grès des coups de balais et leva les pieds quand la serpillère tourna autour du bar, où il finit par s’assoir, pour ne pas gêner.
Voila. Il gênait. Il ne faisait jamais rien de bien, et il était toujours au milieu, incompétent, ingérable. Même ses meilleures attentions se retournaient contre lui. Et Tobias détestait ce sentiment d’impuissant, et encore plus celui de sentir être un fardeau.

Aussi, quand l’Italien tenta de le rassurer, Tobias lui retourna un regard blasé, à la fois froid, distant et fatigué.
- « La jeunesse ? Ça n’a jamais été mon truc. Autant passer directement à l’adulte. » fit-il avec un haussement d’épaules désabusé. Non mais franchement ? Qui voulait être un ado ? Pour lui qui, en bon solitaire, se tenait dans l’arrière-plan, et qui avait donc vue parfaite sur la vie de ses congénères, il n’y avait rien de pire que la jeunesse. On ressentait des milliers de trucs complétement abhérants, on se focalisait sur des détails insignifiants. Vraiment, savoir que Bob avait couché avec Millie alors qu’il faisait les yeux doux à Jennifer, c’était ça, le scandale du siècle, la chose qui mettait en péril le monde ? Que dire de la pollution et de la déforestation ? Vraiment, voir des gros bras ou des jolies filles mal dans leur tête s’en prendre à d’autres, de façon répétée et cruelle, ça ne donnait aucune valeur à la jeunesse.
La sienne était morte cette nuit là, au côté de son père et de son frère. A onze ans, Tobias avait cessé de croire au Père Noël, et à tout ce qui était magique. Tout ce qui était bon et doux, tout ce qui faisait rêver et sourire, tout cela s’était retrouvé balayé, enfermé, pour laisser place à une froide réalité : le monde est moche, les humains choisissent d’être mauvais, autant envers eux-mêmes qu’envers tout ce que n’était pas leur petite personne, et dans dix milliards d’années, le Soleil explosera. A quoi donc, alors ?

- « Je ne peux pas rester un môme toute ma vie. C’est fini, le temps où j’avais besoin des autres pour me protéger. Willem a besoin d’aide, et ce n’est pas un gosse qui va la lui apporter. » conclut-il, peu désireux de s’étendre sur le sujet. Il avait décidé de ne plus être un souci de plus. Willem avait déjà assez comme ça, donc Tobias s’était bien juré d’en finir avec ses conneries d’adolescents et de se comporter en adulte. Il ne ferait jamais partie d’un groupe. Il n’avait que très peu d’amis, et c’était très bien comme ça. Fini, les tentatives de se mêler et de passer pour un lycéen ordinaire. Redoubler avait déjà été une source de mécontemement, mais là, Tobias tirait un trait sur les autres. Qu’ils souffrassent, si c’était leur truc. Lui avait dépassé ce stade. En tous les cas, il le devait.

Le départ d’Alessandro met quelques instants à être enregistré dans son cerveau qui moulinait promesses, refus et ambition. Combat ? Quel combat ? Depuis quand un loup-garou combattait ? Quoi ? Qui ? Ce n’était pas ses affaires, mais ça lui permettait de réfléchir à autre chose que ses soucis et comment il pressentait déjà que ses meilleurs efforts allaient finir en situation encore plus explosive. Ainsi donc, il n’aurait aucune solution à sa portée ? Il était condamné à être un poids ? Non, ceci était bien trop enrageant, alors autant se concentrer sur les autres. Et oui, ça allait en parfaitement contradiction avec ce qu’il venait de se promettre, mais bon ! Rien n’est plus constant dans ce monde que l’inconstance, disait Jonathan Swift, qui aimait à critiquer.

Quoi? questionna l’autre.
- « Quoi, quoi ? Rien, non. » répondit-il au tac au tac, se hérissant automatiquement. Il détestait quand on cherchait à savoir ce qu’il pensait. Alors même que quelques instants plus tôt, il s’énervait contre le fait qu’on ne lui laissait pas la parole. Et il se refusait d’être un ado. Ah, Tobias... Le pire, c’était qu’il avait une conscience presque palpable de cette dichotomie en lui, et ça l’énervait encore plus. « C’est quoi, cette histoire de combat ? Une sorte de duel entre deux comme vous ? » craqua-t-il finalement, « deux comme vous » se référant à deux mafiosi. « C’n’est pas de la triche, un combat contre vous, puisque vous êtes un loup ? » Willem lui rabâchait sans cesse qu’il devait se contrôler parce qu’il était plus puissant qu’un humain et qu’un coup qui partait chez lui pouvait avoir plus de répercussions qu’un nez cassé ou un ego abîmé. Certes. Mais voilà que son grand copain, lui, se battait ? Pourquoi se sentait-il soudainement trahi ?

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MessageSujet: Re: Chercher l’erreur et autres proverbes | Alessandro   Lun 27 Aoû - 14:57

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« Cerca l'errore e altri proverbi. »- Quoi, quoi ? Rien, non.

Rien” est avec “c’est bon” les bouts de phrases les plus présents dans la bouche d’un adolescent. Il faudrait que je dise à Rapier qu’avant de leur faire étudier de la littérature érotique, il devrait commencer par enrichir leur langage. Le cousin de Will’ a la tête d’un ourson grognon. Il s’offusque qu’on le prenne… pour ce qu’il est, un ado. Il veut passer à la vie adulte en un claquement de doigt. Je pouffe doucement. Je n’étais pas si différent à son âge, quoi que j’avais une longueur d’avance. J’étais un chef de bande à Phoenix. Seulement avec le recul, je n’étais qu’un roquet(*) arrogant. C’était ma force surhumaine qui m’avait permis de me hisser si vite à ce rang. Le borgne est roi au milieu des aveugles. Plus de dix ans sont passés. Je suis toujours chef de clan, mais je ne conserve pas mon titre avec les mêmes armes. La force est une chose. Il faut être conscient que l’on finit toujours par tomber sur plus fort que soi. Le parrain de Los Angeles, celui dont j’ai appris être le fils bâtard il y a quelque mois, n’a pas de force, il doit courir moins vite qu’un escargot et ne vaut plus tripette au tir depuis des lustres. Mais pourtant l’homme impose le respect, beaucoup le craignent. Je scrute Tobias. Est-ce cela qu’il veut acquérir en une fraction de seconde ? La maturité d’un homme. Certains n’y arrivent jamais.

- C’est quoi, cette histoire de combat ? Une sorte de duel entre deux comme vous ?

« Deux comme vous ». Il parle de quoi là ? De lycans ? De surnaturels divers et variés ? La suite de sa logorrhée me montre mon erreur d’interprétation.

- C’n’est pas de la triche, un combat contre vous, puisque vous êtes un loup ?

Les reproches dégoulinent de ses lèvres. Will’ ? Je peux lui mettre une claque à ton insolent de cousin ? Une belle qui claque bien et chauffe la joue. D’un doigt impatient je lui montre la porte.

- Ce sont des combats parfaitement équitables. Et il m’arrive à avoir des humains en adversaire. La règle est de se brider. C’est un excellent exercice de maîtrise. Et ne t’inquiètes pas, les types qui montent sur le ring savent contrer la force d’un surnaturel. Tu résumes tout à la puissance Tobias. C’est une belle erreur.

Nous montons dans ma voiture. Je mets le contact.

- Penses au combat entre David et Goliath. Vois plus loin que les apparences, toi qui prétends à te comporter comme un adulte.

Je démarre et roule jusqu’au premier carrefour où un feu rouge nous arrête. Ça bouillonne sur le siège à côté de moi. Contrairement à Therencio, Tobias est tout dans l’intériorisation, là où el figlio mio s'épanche comme une donna. Will’ le gère à grand câlins de nounours, mais cela ne colle pas avec le caractère de son cousin. Ce bambino a besoin de se manger des murs pour se forger. Je n’émets pas de jugement puisque c’est également mon mode de fonctionnement. Will’ ne va pas aimer ça, mais de toute évidence, Tobias ne suit pas le schéma des Shepherd. Ce bambino n’est pas un bisounours et ne le sera jamais.

- Tu veux te rendre par toi-même ce que donnent ces combats ? Je t'y emmène avec la promesse que tu te tiennes à carreau. Je te préviens que ce n’est pas un spectacle pour les bambino, mais cela pourrait coller avec ton caractère. J’appelle Will’ pour lui dire que je m’occupe de toi pour la soirée. J'assume son mécontentement.

(*):
 

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MessageSujet: Re: Chercher l’erreur et autres proverbes | Alessandro   Mar 4 Sep - 18:35


Les sourcils de Tobias remontent haut sur son front jusqu’à se perdre dans ses cheveux. C’était bien la première fois qu’on lui sortait ce genre de trucs. Willem, sa mère, et tous les autres n’arrêtaient pas de le bassiner avec la fragilité des Humains, et comme quoi même sans être sous forme de loup, ou même hybride, un seul coup pouvait faire des dégâts. Toute sa vie, Tobias avait dû faire attention, comme s’il marchait sur des œufs, ou dans un magasin de porcelaine. Selon les siens, les Humains avaient, aux yeux des Loups-Garous, la maladie des os de verre généralisée. Or voilà qu’Alessandro lui sortait l’inverse le plus parfait.

- « Le truc, c’est que Goliath était imbu de sa personne et surtout rachitique du mou. Je ne pense pas que vous êtes rachitique du mou. » Et sûrement pas humble. Sans être excessivement orgueilleux, en tous les cas d’un point de vue ostentatoirement visible, Alessandro ne pouvait pas passer pour un modeste ou quelconque rond de cuir qui faisait du 8-17h30 avec pausé café-pipi de 10h30 à 10h55. Mais là n’était pas la réelle question. L’allusion biblique se voulait exemplaire, mais le fait était qu’il n’y avait rien en commun entre David qui avait Dieu dans sa poche, et Tobias qui n’arrivait pas à se débarrasser de Miss Scoumoune. « Même en se bridant, un Loup reste plus fort qu’un Humain. C’est ce qu’on m’a toujours dit. » répéta-t-il, un zest accusateur. « Vraiment, ça ne vous fait pas peur, l’idée que sans le vouloir, vous en estropiez un ? » Parce que c’était la peur vicérale de Tobias. A chaque fois qu’il perdait le contrôle de la Bête, il redoutait le moment où il reviendrait à lui pour réaliser qu’il n’avait pas que du sang sur ses mains. La vie et l’âme de quelqu’un, ça ne partait pas au savon de Marseille. Il le savait parfaitement. L’image de ce Chasseur le hantait toujours.

- « Voir deux mecs s’en coller sur la tronche est loin d’être le pire truc que j’ai vu. » gromella-t-il, peu content de voir qu’Alessandro ne le prenait absolument pas au sérieux. Quoi, il pensait avoir affaire à un lycéen normal ? Mais à l’âge de 15 ans, alors que la plupart des ses « congénères » se regardaient le zizi en regardant les premiers poils pousser, Tobias avait déjà eu une première vie de nomades, puis une vie d’exilés dans la toundra canadienne. Il avait littéralement chassé et dépecé son dinner. Contrairement aux ados modernes, Tobias savait survivre sans un téléphone mobile, ou sans connexion internet. Enfin, il savait survivre, point. C’était sûrement ça le souci, en fait. Il ne savait pas socialiser, parce qu’il ne voyait qu’à travers le prisme de danger/avantage/obstacle. « Willem ne sera pas mécontent. Si ce n’est qu’il devra remettre à demain son speach sur le fait que je ne devrais pas sortir sans prévenir comme ça. » Il haussa les épaules, conscient que ce n’était pas là le souci. Son ainé, déjà mal en point, devait se taper un accès de culpabilité d’avoir pousser son jeun cousin à s’inquiéter pour lui, au point d’en quitter son lit. La chose était que Tobias avait 18 ans, et s’il voulait découcher, à part l’opprobre maternelle, personne n’y pouvait rien. Quelque part, tous seraient heureux de savoir qu’il se carapatait pour faire une de ses idioties dont rafolent les « jeunes », comme des soirées trop bruyantes et alcoolisées, ou conter fleurette à une jolie demoiselle. Mais non, il quittait le confort de son matelas pour traquer son alpha. En fait, Tobias n’avait aucune envie de revoir Willem à cet instant. Il ne pourrait pas supporter d’être le déversoir à remords.

- « Va pour les combats. Je serai sage comme une image. Croix de bois, de fer et de passiflore. » Ce n’était pas de l’insolence – Tobias l’était rarement. Agressif, mais pas provocateur. C’était une tentative de dérider l’atmosphère.
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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Chercher l’erreur et autres proverbes | Alessandro   Mer 12 Sep - 23:21

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« Cerca l'errore e altri proverbi. »- Même en se bridant, un Loup reste plus fort qu’un Humain. C’est ce qu’on m’a toujours dit.
- Pas contre un humain qui sait se battre, sinon les chasseurs n’auraient aucune chance contre nous… La technique dépasse la force brute Tobias.
- Vraiment, ça ne vous fait pas peur, l’idée que sans le vouloir, vous en estropiez un ?
- C’est le risque de tout un chacun qui accepte de monter sur un ring et de se battre pour des dollars.
- Voir deux mecs s’en coller sur la tronche est loin d’être le pire truc que j’ai vu.


J’ai une idée du pire truc qu’il a pu voir. Will’ m’a raconté le massacre de sa meute.

- Willem ne sera pas mécontent. Si ce n’est qu’il devra remettre à demain son speach sur le fait que je ne devrais pas sortir sans prévenir comme ça.
- Il t’adore ce grand couillon.
- Va pour les combats. Je serai sage comme une image. Croix de bois, de fer et de passiflore.
- C’est Will’ qui te déteint dessus pour l’humour en conserve ?


Le louveteau a du mordant, mais c’est une force positive. De mon point de vue évidement. Le trajet se passe en silence. Bientôt nous arrivons à destination. Je repère les gars chargés de la surveillance. Ils sont en planque pour prévenir du grabuge ou d’une descente des flics. Je gare la voiture dans une artère parallèle et nous nous dirigeons vers l’entrée.

- Bonsoir patron.
- Ciao’ Duck. Rien à signaler ?
- Non , c’est tranquille ce soir.


Le garde nous ouvre la porte. Aussitôt nous sommes assaillis par la rumeur des combats. Quand la porte se referme sur nous, Tobias doit avoir l’impression d’être entré dans la géhenne. Sur les gradins qui entourent le ring, les parieurs vocifèrent et encouragent leur favori. L’air est saturé d’odeurs corporelles, d’alcool bas de gamme et de fumée de cigarette. Une foule compacte se presse là. Le bar clandestin tourne à plein régime. L’alcool servit ici servirait à faire les vitres au Pink, ou pas loin. Mais les mecs qui viennent là, se moquent bien d’un douze ans d’âge. Ils veulent boire pour se brûler la gueule et se lessiver leur cervelle déjà rongée par le vice et la pauvreté.

- Tu peux te mettre là et si l’ambiance te devient trop pénible, tu montes au bureau.

Je montre à Tobias le haut de l’une des tribunes, puis l’escalier de métal qui monte au bureau qui surplombe la fosse au lion.

- Tu as une vue en plongée sur le ring depuis le bureau. Je préviens mes hommes que tu es avec moi. Ils te laisseront passer.

Je fais un signe à Jo qui arbitre le combat en cours, puis rejoins Largo qui, une liasse de billets en mains, ramasse les paris et annonce les côtes.

- Le bambino là-bas est avec moi. Il est de la meute de Shepherd.
- Faut s’attendre à des problèmes.
- Possiblement instable. Mais à canaliser sans violence, OK ?
- Dac. Vous passez après patron.
- Combien de temps ?
- Deux rounds, je pense. Trois max.


Sur le ring, les coups s’enchaînent. Les combattants se battent à la régulière avec des gants de boxe. Les parieurs aiment autant, car avec les gants de cuir on entend parfaitement les coups. Ça plait moins à d’autres, car cela saigne moins.  Largo gère les combats de manière à satisfaire tout le monde. Je rejoins Tobias et m’assois à côté de lui pour suivre un moment le combat avant d’aller me préparer.

- Observe les appuis des pieds du type avec le short bleu.

Une danseuse. Le gars est constamment en train de changer d’appui. C’est épuisant à tenir, mais rend son jeu difficile à lire. À contrario, son adversaire bouge peu. Il frappe moins, mais ses coups sont puissants. Deux styles opposés, qui va gagner ce soir ?

- Si ça te dit et à la condition que je ne me fasse pas rétamé, je te propose un combat amical après la fermeture.

Je le laisse ruminer et me lève pour me diriger vers le vestiaire. Logan est là. Le texan est mon adversaire de la soirée. Il me jauge et me salue d’un coup de menton. Son visage reste fermé et hermétique. Pas causant le gars, contrairement à ses poings, deux enclumes au bout de bras qui ont soulevé des tonnes de fontes. C’est un « simple » humain, pourtant je suis loin de partir gagnant d’avance. Tu parles que Largo n’avait personne à coller en face ! Un gars m’aide à me bander les mains, car loup versus humain, c’est gants obligatoires pour moi. Cela évite les lacérations par griffes.

(…)

Je monte sur le ring. Ça beugle dans les tribunes, comme à chaque fois que le patron du lieu s’expose. Je ne sors pas gagnant de là à chaque fois et c’est ce qui me fait gagner le respect. Celui de mes hommes d’abord et de ceux qui viennent là dépenser leur oseille. Je ne triche pas. Je lance un clin d’œil à Tobias. Je crois que ses sens sont totalement saturés. L’excitation des parieurs doit aussi agir sur lui. C’est un bon exercice de maîtrise. Logan monte à son tour sur le ring et harangue la foule. J’oublie le cousin de Willem et me focalise sur mon adversaire. Le public nous est équitablement partagé. Le premier round commence avec le gong qui retentit. Pour les parieurs la règle est simple. Ils ont jusqu’à la trentième seconde pour parier sur l’issue finale du combat. C’est une règle que Largo avait proposée. Ça lui colle trente secondes intenses, mais le fait de pourvoir constater pendant ce laps de temps l’état de fraîcheur des combattants incite les parieurs à miser plus. Bien évidemment, le gain est plus important quand on parie avant le gong qui annonce le début du combat.

Les premiers coups pleuvent. C’est bien ce que je disais. Ce type a deux enclumes à la place des poings. Tu m’étonnes que Donovan se soit fait rétamé en deux tours ! Contre ce type d'adversaire, je joue une défense très fermée, balançant moins de coups, mais plus ciblés.



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MessageSujet: Re: Chercher l’erreur et autres proverbes | Alessandro   Dim 16 Sep - 21:08


La technique… Tobias souffla un peu trop fort. Quelle technique y avait-il dans la baston ? Tous les coups étaient permis, et c’était à celui qui ferait le plus dégât possible en un minimum de temps. Lui qui était un sanguin, ne l’était que malgré lui. En vrai, il n’avait aucune envie de se battre. Il était bel et bien resté sur le mode « peace, love et baba cool » de la meute Shepherd, du temps d’avant. C’était sûrement pour cela qu’il avait autant de mal à maîtriser la bête en lui, car elle lui faisait autant peur qu’elle le répugnait. Comment faire face à tout ce qui était antinomique à vos convictions, dans ces conditions ? Il ne savait ni ne voulait, au bout du compte, il ne pouvait agir sur ces pulsions maladives.
- « L’humour, c’est génétique, et ce n’est pas pourri, ce sont les autres qui sont trop sophistiqués pour apprécier une bonne petite blague toute sympa. Pas ma faute si vous êtes des esclaves d’une société de consommation basée sur le mépris et l’humour noir.  » Tobias haussa les épaules et détourna les yeux, comme s’il admirait le paysage. Mais il n’avait que peu de patience pour l’égoïsme des hommes modernes, pour qui avoir une maison, une voiture et plus de nourriture que nécessaire ne suffisait pas à être heureux. Avides, et égoïstes, jaloux et terriblement dédaigneux, les Hommes n’étaient pas une belle race. Les Loups-Garous avaient peut-être des origines peu glorieuses – un homme qui fait manger la chair d’un compatriote aux Dieux qui, en retour, le maudissent, lui et sa famille – mais au fil du temps, ils avaient renoué avec une nature plus… naturelle. Plus en équilibre avec le cycle de la vie et toutes ces conneries de Kumbalaya autour du feu. Tout aussi étrange que ça pouvait être, venant d’un ado qui appréciait le confort de son lit et de sa console de jeu, il n’en restait pas moins que Tobias n’était pas du genre à vouloir. C’était peut-être ça son souci : il n’avait aucune ambition, aucun désir. Il se contentait d’être, laissant la vie le trimballer de droite et de gauche, selon le sens du vent et la force du courant.

Alessandro méditait-il ces paroles, ou s’en foutait-il complètement ? Aucune idée, et Tobias ne chercha pas à savoir. Il ne voulait pas qu’on tentât de lui disséquer les pensées, aussi s’attachait-il à ne pas le faire chez les autres. Et puis, pourquoi faire quelque chose quand être passif lui apportait la sérénité ? Enfin, surtout l’absence de conflit, et d’occasions de s’affirmer. Tobias, c’était du gruyère : du fromage lisse, avec quelques trous pour donner l’illusion.
Arrivé à destination, le jeune homme descendit de la voiture avec résignation. Il n’avait pas particulièrement envie d’être là. Pourquoi avait-il posé des questions ? Franchement s’il s’était tenu à sa règle de vie, il serait déjà au fond de son lit. Certes, il n’avait pas besoin de dormir huit heures par nuit, mais c’était un de ses petits plaisirs apportés par la civilisation qu’il savait apprécier, encore et toujours. Si ses oreilles délicates captèrent plus de sons que nécessaire, ce fut son nez qui failli le trahir. Cette odeur rance de sueur et de rage – car oui, les émotions ont des odeurs ; en tous les cas, pour lui - lui monta à la gorge et il manqua de prendre dîner et limonade, là, sur le seuil. Puis il s’y habitua, bien que cela lui picotait toujours le bout du museau. Il y avait quelque chose de … familier… sans qu’il ne pût y mettre le doigt, comme une impression de déjà-vu.
Obéissant, il posa ses fesses là où on lui montra de le faire, et obéissant, il regarda les combats. Oui, il connaissait les styles, mais était bien incapable de savoir qui allait gagner. Quand il se battait, il laissait l’Autre parler, et il se doutait qu’il devait être plus dans le genre de la brute sans finesse. Il était un loup, pas un serpent. Il hocha donc la tête, et encore une fois. Oui, il se battrait. Pourquoi pas ? Si ça faisait plaisir à Alessandro… il pourrait voir à quel point il était une pâte molle, en dehors de ses accès de furie. Il savait se battre, son père et Willem ayant toujours menés les entraînements. Sans être pris par la Bête, Tobias était capable de se défendre et même d’attaquer. C’était une très mauvaise idée de venir lui chercher des poux quand il était de bonne humeur, alors quand il pétait les plombs ? A la limite du suicidaire.

L’idée d’affronter quelqu’un contre qui il n’avait pas à retenir ses coups, et qui ne le jugerait pas avec inquiétude s’il devait montrer trop d’entrain, ou pas assez, commença à faire son chemin sous ses boucles châtain. Il ne devait rien à Alessandro, et Alessandro ne devient rien à sa famille. Une petite voix lui soufflait que ce qui se passait ici, restait ici. Pas sûr que l’Italien voulût expliquer à Willem où il avait amené son cher cousin. Non qu’il n’en eût pas les cojones, mais l’envie de perdre son temps à tempérer les émois de l’alpha. Ce « fight club » était quelque part à l’opposé de la philosophie maison. Aussi infantile cela pouvait-il être, l’idée d’enfreindre, ou même juste de faire quelque chose qui fait froncer les sourcils, faisait frétiller. Le premier combat se termina avec un Tobias déjà plus réceptif à la chose. De telle sorte que durant son combat, l’ouïe acérée d’Alessandra put capter, au milieu du tumulte des cris, un très distinctif :
- « Mais vas-y, qu’est-ce que tu attends ? Rentre-lui dedans, bon sang ! »

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MessageSujet: Re: Chercher l’erreur et autres proverbes | Alessandro   Mer 19 Sep - 23:36

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« Cerca l'errore e altri proverbi. »Bouger. Constamment bouger pour amoindrir l’impact de ses coups. Je ne trouve pas la faille de cette masse de muscles. J’ai réussi à l’atteindre, mais ce type est en béton, soit il encaisse rudement bien. Je me fais déborder, les avant-bras levés en bouclier devant mon visage, j’encaisse l’assaut jusqu’à me faire coincer par la corde du ring. Joe nous sépare et nous repositionne au centre. Je compte les secondes qui me séparent de la fin du round.

Sur le ring, on oublie ce qui nous entoure. Il le faut pour ne pas se laisser déborder. Car le public peut autant vous encourager que vous conspuer. Le mental est essentiel dans ce type de combat. On gagne d’abord avec sa tête et après avec ses poings. Sauf que l’autre en face, je ne donnerais pas cher de sa cervelle, mais il a une régularité dans ses crochets qui frise la machine. Je crache su sang au sol quand une voix m’atteint.

-Mais vas-y, qu’est-ce que tu attends ? Rentre-lui dedans, bon sang !

Tobias. Je l’avais totalement zappé celui-là. J’esquive un direct du droit, mais son poing gauche passe ma défense trop haute. La douleur attise ma colère, mon regard se voile une fraction de seconde d’un éclaire bleuté. Qu’est-ce que j’attends a crié Tobias, pas qu’est-ce que je merde. Le gosse me pense capable d’étaler l’autre. Un poing ganté de cuir m’arrive en pleine face… mais ne passe pas. J’ai bloqué l’attaque.

Enfin !

Seconde de surprise chez monsieur muscle, j’enchaîne avant qu’il se réveille de sa stupeur, je vise le foie. La fin du round se termine dans l’égalité. J’accueille le son de la cloche avec un plaisir non feint.

Ryan m’arrose la tête de flotte et m’essuie le visage. Les mains prisonnières des gants de cuir, je suis aussi handicapé qu’un manchot. J’ouvre le museau et tête la bouteille d’eau que l’on m’offre. Mon arcade sourcilière explosée cicatrise, comme le reste des hématomes. Mon adversaire semble recevoir les conseils d’un ami. Ils ont un peu oublié mon ouïe ultra développée.

- Cible son côté gauche, c’est sa faille à Amaro. Dégomme le round suivant, sinon sa nature va l’avantager au fur et à mesure que le temps passe.

Mon côté gauche… Oui, je connais mes défauts. Je ne prétends pas être un combattant hors norme. Je me défends bien. J’apprends au fil de mes adversaires. J’avais eu Donovan en frappant constamment sa hanche. Je vais appliquer la même méthode, mais vu l’armoire à glace, il faut que je vise un organe mou. J’ai réussi à placer trois coups sur son foie. Il faut que je persévère tout en protégeant mon foutu côté gauche. Le gong sonne, c’est reparti.

Motivé, je sautille sur place, laissant l’autre approcher. Comme prévu, il attaque sur ma gauche, j’esquive et balance un coup sur son foie. Mon travail de sape commence. Cet organe ne lui est pas utile dans un combat, contrairement à sa rate placée à gauche du foie. Par contre, la répétition des coups, provoque une douleur qui, placée là, va le plier en deux. Fin du deuxième round. Mon adversaire ne marche plus très droit. Par fierté il ne porte pas sa main sur son ventre, mais son regard est perclus de douleur. Joe reste toujours neutre sans son arbitrage, même quand je combats. Mais d’un signe imperceptible de la tête, il me signifie qu’il adhère à ma stratégie.

Stratégie qui paye quand mon adversaire tombe à genoux au milieu du troisième round. Plié en deux, il crache du sang. Je ne suis pas épargné pour autant. Je pense avoir deux côté cassées du côté gauche. Ça fait mal, me déséquilibre dans mes mouvements, mais moins que l’autre, toujours incapable de se relever alors que Joe arrive à la fin du décompte. Je gagne. Je grimace quand Joe m’attrape le poing pour le soulever, signe du vainqueur dont je me passerais bien là. Je descends du ring pas mécontent d’en avoir terminé.

Mais ce n’est pas terminé, car je dois faire face aux parieurs. Certains me félicitent, ils avaient misé sur moi. D’autre grincent des dents pour avoir parié sur le mauvais cheval. Ma réussite et ma main mise sur l’underground ne plait pas à tout le monde. Et sans être mon ennemi avéré, beaucoup aiment me voir manger le sol du ring. C’est le jeu de ce milieu, je l’accepte. C’est le terreau de ma volonté, ce qui me permet de toujours me relever.

- Tobias ? Je fais un tour au vestiaire, puis je file au bar au fond du hangar. Rejoins-y-moi si tu veux. Ou reste sur les gradins. Merci pour les encouragements.

Je lui fais un clin d’œil et m’esquive de cette foule qui hurle déjà sur le combat suivant.


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