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 Shopping et prospection [ft Fhury, M. Argent, Guests]

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Miyavi Kyomu

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MessageSujet: Shopping et prospection [ft Fhury, M. Argent, Guests]   Mer 11 Fév - 0:09

Une boutique qui fait de l'effet



Contexte:
 

La sonnette vibre à l’intérieur de la maisonnette de Fhury. Comme promis, je suis devant chez elle en début d’après-midi. La veille, après les avoir laissés, Zack et elle, j’ai terminé ma ronde puis je suis retourné à l’hôtel. Le chantier avance beaucoup moins bien depuis ma dernière altercation avec Chad. Je ne l’en blâme pas. Je ne pense pas qu’il cherche à ralentir le travail. Je sais que ça ne doit simplement pas être évident de se rendre là-bas pour lui. Enfin, comme je travaille beaucoup sur mon prochain album et que je donne des concerts et des interviews çà et là, le producteur me paye l’hôtel sans rechigner. La maison, je l’ai payée avec mes économies, donc il n’a rien à dire.

D’ailleurs, ce matin, j’avais rendez-vous pour une interview. Un magazine pour midinette. Je ne rechigne pas, d’une part ça fait partie du boulot, et d’autre, ça me permet de rencontrer un peu du monde. Les journalistes sont parfois faux, mais je m’entends toujours très bien avec les maquilleurs et le reste de l’équipe technique. Et puis, pour le coup, ce matin, la journaliste était sympathique. Toute timide au début. Elle était fane, alors forcément il avait le trac. Toujours est-il que ça s’est bien passé.

En plus, juste avant de rejoindre Fhury, j’ai reçu un coup de fil de Noah. Il prend souvent de mes nouvelles. C’est un peu de ma faute aussi. Je n’avais que lui vers qui me tourner quand j’ai poussé Chad à tirer un trait sur notre relation. Je ne veux pas trop en parler avec Jay, elle ferait l’aller-retour pour lui botter le cul, et ce n’est pas ce que je souhaite. Quant aux Winchester, ils ont d’autres chats à fouetter. Et la meute ?...À quoi bon me vêtir du monstre si c’est pour que Chad comprenne que ce n’était qu’un rôle au moindre contact avec la meute, ce qu’il aurait fait si je ne m’étais pas éloigné. Je n’osais pas vraiment appeler Noah non plus au début, et puis Lycaon m’a contacté, et…bref…Tout ça pour dire que maintenant, nous nous téléphonons régulièrement. Il est toujours à Boston pour le moment, pour aider Nathan et sa meute, mais lui aussi prendra une couleur tôt ou tard…le ferais-je moi aussi ?

Fhury ouvre la porte. Elle me sourit. Rien qu’à son aura, je peux sentir qu’elle va mieux qu’hier. Elle est encore loin de maîtriser son être intérieur. Mais elle va mieux. Notre rendez-vous d’aujourd’hui va lui permettre de rencontrer une personne qui pourra mieux l’aider que moi en ce qui concerne sa nature. Je lui tends un casque et l’invite à monter derrière moi sur la moto. Je me suis dit que ça lui plairait un petit tour en moto.

Une fois en ville, je nous paye une boisson à emporter pour nous réchauffer puis je passe un coup de file à Mafdet. Elle m’a affirmé pouvoir se libérer cette après-midi, mais m’a demandé de la rappeler pour fixer le rendez-vous. Elle décroche mais je la sens…déconcentrée. Elle me donne un horaire en milieu d’après-midi et m’indique le lieu. Je ne peux m’empêcher de sourire en la sentant réprimer un rire.

- « Très bien, nous y serons. merci, Maf'. Amuses-toi bien avec Erick.

Parfois, j’ai envie de la vouvoyer, en cours surtout, mais son statut d’émissaire de la meute de Ruby en fait une personne proche, et d’autant plus proche qu’à plus d’une reprise elle m’a retrouvé alors que je errais après cette histoire avec Chad. Elle ne disait rien, elle était juste là, le plus souvent sous l’une de ses formes animales.

- « Bien. Nous avons rendez-vous un peu plus tard. On fait un peu de shopping en attendant ? »

Je souris à Fhury et nous nous mettons en marche. En passant devant la boutique d’antiquité, je frissonne, encore. Fhury, elle, s’arrête, attirée par une représentation féline. Elle me confie que cela ressemble au chat qui l’a mordu. Nous décidons d’entrer. Si cela pourrait, en effet, être très lucratif en terme d’informations, je ne peux pas dire que j’y vais la bouche en cœur et en sautillant. Cette boutique, allez savoir comment et pourquoi, me crispe.





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Dernière édition par Miyavi Kyomu le Sam 14 Fév - 11:39, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Shopping et prospection [ft Fhury, M. Argent, Guests]   Mer 11 Fév - 1:11




Shopping


Bon certes je ne l’aurais pas avoué tout haut, mais quand Miya m’a proposé de nous revoir le lendemain, mon cœur avait raté un battement ! Bon certes, j’avais compris qu’il était gay, ou tout du moins je le pensais, mais je me sentis soulagée de voir qu’il avait tenu promesse.

Toute la matinée je l’avais passée à essayer diverses tenues passant du ultra sexy par le chic et même le garçon manqué ! Mais finalement j’avais opté pour une slim noir comme les ténèbres, des talons aiguilles rouge sang, un t-shirt moulant noir avec un joli décolleté sans vulgarité et une veste en simili cuir assortie aux chaussures. Le maquillage était le même que la veille. Je pris même le temps de vernir les ongles et je fus assez étonnée de m’entendre fredonner. Je pense que cette mise au point la veille m’avait grandement apaisée. Je me regardai dans le miroir... Oui j’aimais beaucoup le résultat, je n’avais plus l’air de la petite fille sage qui joue à la grande, mais d’une jeune fille de vingt ans, sure d’elle et pleine de confiance en elle.

Je souris en ouvrant la porte, révélant un superbe jeune homme asiatique répondant au doux nom de Miyavi. Derrière lui une superbe moto noire mate, une grosse cylindrée Ducati Superbike 848EVO 2011. Je ne pus que sourire face à ce choix là. Je souris encore plus quand il me tendit un casque...

« -Tu sais que j’adore ça ? La sensation de vitesse... Juste magique ! »

Je le sentais, j’avais les yeux qui brillaient d’avance face à ce petit tour. Je l’enfourchais, passant mes mains autour de Miya, un peu gênée au début, mais j’oubliais rapidement tous mes doutes quand il prit de la vitesse, je serrais les cuisses pour ne pas donner trop de prise au vent. Une fois arrivés en ville, je fus un peu déçue de devoir descendre mais le fis sans problème. Remarquant que des mecs me regardaient, je ne pus m’empêcher de retirer mon casque en secouant les cheveux et leur adressant un clin d’œil. Bon là j’abusais un peu, mais je me sentais vraiment mieux d’un coup.

Miya m’offrir un chocolat chaud et je le remerciais. J’adorais ça... Enfin surtout le lait. Je le vis s’éloigner un peu pour passer un coup de fil, je respectais donc cela par une petite distance entre nous, puis il revint vers moi, et mon cœur rata un battement. Il était vraiment beau.

«- Bien. Nous avons rendez-vous un peu plus tard. On fait un peu de shopping en attendant ? »

Je souris et lui dis que ce serait avec plaisir. Tandis que nous marchions, nous étions devant une boutique d’antiquité, je regardais par la vitrine quand quelque chose me choqua. Là, dans le coin gauche, se trouvais un vieux parchemin sur lequel était représenté une femme et un grand chat... Ce chat, aux mêmes yeux émeraudes, au même pelage blanc... Merde ! Je sentis Miya derrière moi.

« -C’est lui ! Celui qui m'a mordue y a trois ans ! »

D’un accord commun nous entrâmes dans la boutique pour voir si le gérant pouvait nous donner plus de détails en rapport à ce félin qui hantait mes nuits. Je vis bien que Miya n’avait pas l’air heureux du tout d’être là mais j’avais besoin de savoir, d’en savoir plus sur cette histoire !

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MessageSujet: Re: Shopping et prospection [ft Fhury, M. Argent, Guests]   Dim 1 Mar - 23:25



Shopping et

prospection




La lumière filtrait timidement dans la boutique aux milles curiosités. Les faisceaux se réverbéraient sur de vieilles manufactures de métal, et allaient auréoler des mappemonde enroulées auprès d'effigies venues d’autres lieux et d'autres époques, comme ces masques de oni qui surveillaient un couple de fantoches et un antique jeu d'échec.

Posé sur la table de mon atelier, un vieux grimoire qui sentait encore la poussière. C'était l'un de ces vénérables manuscrit qu'on imaginerait avoir vu le jour au temps des sorcières. Et pour cause, outre son aspect, le titre évocateur de Malleus Maleficarum figurait, inscrit sur le cuir comme un avertissement à toute ensorceleuse.
Les pages du traité défilaient sous mes yeux, soumises à mes bons soins. La pâte avait bien prise, et les feuillets enfin recollées, c'était au tour du vieux cuir d'être nourrit. Je cillais à une entaille sur le verso et l'effleurais du doigt pour en juger la gravité. Trop profonde, je ne saurais pas la faire disparaître complètement. Je la contemplais alors avec une aussi futile qu'intense hésitation. Un petit moment de perdition, comme l'enfant qui se laisse aller à quelques pulsions cruelles. L'envie brève et insensée, de glisser l'ongle dans la chair tannée pour en élargir la blessure...

Les tintinnabulement de la porte me tirèrent de mes rêveries, j'abandonnais mon ouvrage pour aller m'enquérir des besoins de potentiels acheteurs.  

Il s'agissait de deux jeunes gens. Je devinais à leur voix et à leur façon de se mouvoir l'intérêt qu'ils portaient à ma boutique, et un sourire m'apparut en constatant leur fascination de première visite.
Je passai discrètement le seuil de l'arrière boutique pour les observer à travers les babioles sur les étagères. Deux jeunes adultes, il y avait une femme à la chevelure flamboyante, et... un jeune homme racé d'un peu moins d'une vingtaine d'année. Je progressais d'un pas lent, une ombre à travers les ombres, guettant mes hôtes, l'un en particulier...

– Intéressant, n'est-ce pas?

Ma voix claqua en même temps que le bout de ma canne sur le plancher. Il était si facile de surprendre le visiteur dans ses contemplations. C'était systématique avec les  acheteurs inhabituels.

– Que puis-je faire pour vous?

Je savais reconnaître une arrivée avide d'un passage flâneur. Et le sang de cette demoiselle bouillait manifestement au milieu de ces diverses breloques. Elle ressemblait à un aimant fébrile sur le point d'aller se coller à sa moitié, quoique je doutais que mon apparition ait légèrement refroidie ses ardeurs. Je la laissais aller la retrouver, suivant des yeux son cheminement vers la vitrine, et attendit que son compagnon daigne faire un mouvement pour me lancer calmement à leur suite.
Elle me désigna un parchemin qui trônait là et que j'attrapai pour elle tandis qu'elle me fit part de ses interrogations sur le félidé.

– Je vois... une très belle représentation. Ce pourrait-être Bastet, déesse protectrice des femmes. Le culte félin n'aura jamais été aussi démonstratif qu'en Égypte, quand bien même ce parchemin là n'est pas un vestige très antique. Tantôt femme au visage félidé, tantôt chatte, fille du dieu soleil mais affiliée à la lune, c'est une divinité pleine de paradoxe. C'est à Bubastis qui fut la ville genèse de son culte que les fidèles venaient en nombres, un sanctuaire pour tous les chats du royaume... si bien qu'au vu de leurs effectifs, il n'était pas rare de sacrifier les plus jeunes pour ensuite les embaumer et les revendre comme reliquaire.

Sombre revers de la médaille. Toute dévotion ne pouvait subsister sans sacrifice, et finissait par être soumise au dieu mercantile, ceci bien avant l’avènement de religions plus inquisitrice ou de l'actuel capitalisme.

– Mais je m'égare, je ne crois pas que cela réponde à vos interrogations. M'amusais-je. Le chat a aussi été glorifié dans nombre de civilisations, et la mythologie regorge de cultes animal. Et de métamorphoses...

Je claquais vaguement des doigts sous une idées fugace et fit un signe à son ami.

– Voudrais tu aller me chercher l'anthologie près du comptoir, c'est un bel ouvrage doré sur l'étagère, tu ne peux pas la rater.

Et comme il parut hésiter, je me retournais doucement mais fermement vers lui pour ajouter.

– S'il te plais.

Une politesse qui ne souffrit aucune réplique. Il s'exécuta bravement, si bien qu'on aurait put le croire sous l'emprise d'un sort. Et pourtant, nulle magie ici. Mais les mécanismes obscurs d'une mémoire tenace qui me confortèrent définitivement.

– C'est une représentation sublime, c'est tout... naturel qu'elle vous ait attirée. Repris-je.

Je la lui présenta plus prêt, non sans manquer de la détailler du bout des pieds à la pointe des cheveux.  

– ...Néanmoins, j'aime croire qu'on ne vient jamais vraiment par hasard dans cette boutique. Vous n'avez donc aucune idée de ce que ceci représente?

Je sondai ses émeraudes de mes ténébreuses, un sourire inconscient dévoilant mes ivoires. Non, ce n'était pas pour rien qu'elle était entrée ici...

Un bruit sourd me fit me retourner sur le discret parti plus loin et m'inquiéter innocemment à l'intention de la jeune fille.

– Votre ami ne se sent pas bien?


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Miyavi Kyomu

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MessageSujet: Re: Shopping et prospection [ft Fhury, M. Argent, Guests]   Mer 4 Mar - 2:10

Illusion is collapsing



Quelques jours ont passé depuis ma rencontre avec Fhury, mais nous nous sommes vus presque tous les soirs depuis. Souvent, je m’arrêtais après ma patrouille pour boire un verre de lait. Sa présence m’a été très bénéfique, surtout après le festival organisé en ville. Le soir-même, j’avais passé ma nuit dans les bras de Mary-Jaycee. Elle devait partir le lendemain, mais elle a tenu à rencontrer Fhury. Le pauvre chaton était tout stressé. Il faut dire que je lui avais juste dit que je passais pour lui présenter quelqu’un de très important pour moi. Je ris encore de sa première réaction, la bouche ouverte, les yeux fixés sur Jaycee.

«  Fhury, ça ne va pas ? » lui avais-je demandé.
— « Je croyais que tu…tu aimes les femmes ? » avait-elle bredouillé.

Jaycee et moi on a ri de bon cœur à ce moment-là. J’ai alors expliqué à Fhury que ça n’avait rien à voir.

«  Mary-Jaycee est ma sœur. En tout cas, je la considère comme tel. Nous vivons ensemble depuis que j’ai quatre ou cinq ans. En ce moment, elle vit au Canada. »

Je lui ai alors expliqué que Mary-Jaycee a retrouvé la trace de sa meute décimée quand elle était jeune et qu’elle avait repris place dans cette fameuse meute. Comme elle a de nouvelles obligations, elle ne peut plus venir à Beacon Hills quand ça lui chante.

Le jour-même, l’alpha de Jaycee était passé pour rencontrer Ruby, mon alpha, et signer avec elle une sorte d’alliance, puis Jaycee était repartie. Je lui avais assuré que j’allais bien, mais c’était faux, et le soir même, je débarquais chez Fhury pour qu’elle me prenne dans ses bras et me console. Je suis resté très évasif sur les raisons de cette peine, je n’avais pas vraiment envie d’en parler en fait. Au fil de la soirée, je lui ai tout de même expliqué que j’ai été élevé comme un animal destiné à chasser les créatures comme nous. Oui, j’ai côtoyé des monstres de vraiment très près. Sur la révélation de Chad, je me suis contenté de résumer ça en une phrase :

«  J’ai découvert que ma liberté était illusoire. »

Elle a essayé de me convaincre du contraire mais je n’ai fait que me murer d’avantage, alors elle a accepté l’évidence : j’avais simplement besoin de sa présence, mais je ne voulais pas parler de tout cela. Je veux faire comme si de rien n’était…encore un peu… je sais bien que l’illusion ne sera pas éternelle, mais je dois essayer car je ne sais pas si je pourrais tenir sans cela.

Alors aujourd’hui, nous maintenons l’illusion. Je passe la chercher en moto et elle m’avoue que la sensation de vitesse est des plus grisantes à son goût. Je souris car je comprends très bien ce qu’elle ressent. Arrivés en ville, on peut dire qu’elle ne passe pas inaperçue. Elle fait son petit show et je ne peux retenir un sourire en coin. Le contraste entre la timide et fragile Fhury et la chatte sure d’elle et aguicheuse est saisissant. Elle sera redoutable quand elle n’aura plus peur de ce qu’il y a en elle.

Après nous être arrêté pour acheter une boisson chaude, nous nous promenons en ville jusqu’à passer devant la vitrine de l’étrange boutique d’antiquité. Fhury y remarque la représentation du chat qui l’a mordue et nous entrons, bien malgré moi, dans la boutique. C’est trop important pur elle pour que je refuse, mais je n’aime vraiment pas cet endroit.

Le premier son qui parvient jusqu’à mes oreilles sensibles est le carillon qui annonce notre présence. J’aimerais partir. Sans pouvoir expliquer pourquoi, je souhaite fuir cet endroit. J’essaye d’enterrer cette peur au fond de moi, mais mon dos se voute malgré moi. Je suis tellement crispé que le moindre mouvement fait craquer mes articulations comme si je n’avais pas bougé pendant des heures durant.

— «  Intéressant, n’est-ce pas ? »

Fhury sursaute comme un cabri. La voix nous a tellement surpris que j’aurais moi-même sursauté s’il n’y avait eu cet autre bruit. Le caoutchouc qui protège la base de la cane atténue à peine le claquement du bois qui rencontre le bois. Le bois est chaud mais moins que le fer chauffé à blanc. Le bois est dur, mais moins que la cellule. Le bois claque, mais je préfère ce claquement à celui de la peau de Rob lorsqu’il joue avec moi. Le bois est l’ordre. Le bois donne la vie. Le bois impose le respect.

L’homme s’avance et demande ce qu’il peut faire pour nous. Je laisse Fhury parler. Il s’agit de son histoire, elle en parlera mieux que moi. Et puis, autant être parfaitement honnête, je suis incapable de prononcer le moindre mot en cet instant. Mon crâne me fait souffrir tout comme le reste de mon corps. J’essaye de rester là, à la boutique d’antiquité. Je force mon esprit à rester encré dans la réalité et je me rends compte que l’homme à la canne attend après moi pour aller voir ce qui rend Fhury si curieuse. Un seul regard et je me mets en route. J’étais paralysé à l’instant, et pourtant, je marche sans hésitation pour rejoindre Fhury. Cet homme…

Il avance derrière moi, et chacun de ses pas est accompagné du claquement de sa canne contre le sol. Chacun de ses claquements fait vibrer jusqu’à mon sang. Ils se répercutent dans mon corps et viennent avertir mes organes et mes membres. J’ai cette horrible sensation, celle que je hais par-dessus tout…la sensation de chaînes…la sensation de ficelles.

Je suis à côté de Fhury lorsque le tenancier se met à parler, mais je ne l’entends déjà plus. Le son de la canne a fait naître des échos dans mon esprit. Un claquement rebondit, une image me revient.

« Jay, Dray, regardez, c’est un oiseau !

Les rires enfantins viennent rebondir sur les pierres de leur cellule alors que le petit japonais que j’étais à l’époque fait des ombres chinoises grotesques. Le pas lourd et traînant de Rob se fait entendre. Les rires cessent. Même les murs refusent de continuer leur jeu d’écho. La grille grince lorsqu’il l’ouvre et il m’attrape par mes cheveux. S’ils avaient été propres, ils auraient déjà été magnifiques. Il me traîne hors de la cellule comme une vulgaire poupée de chiffon et continue ainsi jusqu’à me jeter dans une autre pièce, bien plus grande.

— «  Redresse-toi ! »

Un claquement de doigts. Il semble si réel. Suis-je encore dans un souvenir ? Où suis-je ? La boutique d’antiquité. Fhury demande un renseignement. Je suis droit. Je me suis redressé, comme on me l’a ordonné. M’a-t-on ordonné cela ? Oui. Non. Je ne sais plus.

Rob me frappe. Pourquoi ? Je me suis redressé pourtant ? Non ? M’étais-je redressé ? Je n’avais plus de force. Je ne pouvais pas… La voix qui ordonne demande de me remettre sur pied. Je suis soulevé comme on soulèverait une piñata et forcé à tenir sur mes pieds. Je suis affamé et épuisé, mes jambes sont comme du coton, mais la voix claque, alors je tiens.


— «  Voudrais tu aller me chercher l'anthologie près du comptoir, c'est un bel ouvrage doré sur l'étagère, tu ne peux pas la rater.

Le comptoir ? Quel comptoir ? L’endroit est vide…Non, il est rempli. Une multitude de choses…des reliques, des ouvrages, des bibelots…on peut trouver de tout ici…de tout…

— «  S’il te plaît. »

Je hoche respectueusement la tête et me détourne de mon ami et de vieil homme. Mon amie ? Qui est-ce ? Est-elle aussi en cellule ? Depuis quand est-elle là ? Non, c’est une amie…Fhury…oui…Voilà le comptoir. Que fait-il là ? Je suis projeté contre le mur. J’ai mal. Rob passe ses nerfs sur moi. Je ne suis pas assez bien éduqué. Je n’ai pas fait suffisamment bonne impression devant l’homme. Je dois être puni. Le froid me mord la peau alors que l’immense homme de main arrache ce qui me sert de tunique. Je le sens. J’ai mal.

J’agrippe le comptoir.  Que fait un comptoir en bois dans cette cellule de pierre ? Non ! Je ne suis plus en cellule ! Alors pourquoi je peux sentir le souffle de Rob dans ma nuque ? Pourquoi je peux sentir mes hanches se fêler à chaque coup de reins et cicatriser aussitôt ? Non, ce n’est qu’un écho. Tout ceci est fini. Je suis libre désormais. Pourtant mes jambes refusent de me porter plus longtemps. Mes mains rencontrent le sol. Ce n’est pas la pierre froide de la cellule. C’est un parquet, le parquet d’une boutique. Je perds pieds. Je perds la tête. J’ai besoin d’aide. Je sors mon téléphone, mais je tremble beaucoup trop et j’arrive à peine à le distinguer. Est-ce un téléphone, ou une arme ? Je ne sais plus… Où suis-je ? Quand suis-je ? Que suis-je ?

Le bruit, encore, il se répète, il s’approche. Il résonne et raisonne dans mon corps. Mon sang, mes veines, mes organes, mes muscles, tout ne fonctionne plus que selon ce bruit. Il est le cerveau, l’artiste, le marionnettiste.

— «  Kyomu !

J’ouvre les yeux et je la vois…la canne. Je le vois…lui…Je peux sentir Nineko reprendre les dessus et j’ai tout juste le temps de m’adresser à Fhury.

«  Fhury, fuis…va demander de l’aide. »

Elle sait que je fais partie d’une meute, et elle voit mon téléphone. Je sens bien qu’elle hésite, mais je n’ai pas le temps d’en dire plus. Nineko prend ma place. Mes pupilles se fendent. Mes iris se font améthystes. Ma peau se teinte d’un anthracite tacheté, et queue, griffes, crocs et oreilles sont de sorties.

Je suis là, mais je suis tout autant perdu que lui. Pourquoi suis-je là ? Me venger ? De qui ? La canne ? Rob ? Non, la canne est là…Et qui est-ce ? Cette fille ? Elle n’est pas humaine. Je dois la tuer. NON !

— «  Fhury, p*tain, barres-toi ! Il a besoin d’aide pour refaire surface, alors va en chercher !

Je devrais la suivre. C’est une proie.
Non. C’est une amie. Je ne sais plus. Qu’est-ce que je dois faire ? Je veux être libre. Je suis libre ! Vraiment ? Suis-je libre?



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Dernière édition par Miyavi Kyomu le Mar 24 Mar - 17:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Shopping et prospection [ft Fhury, M. Argent, Guests]   Lun 23 Mar - 13:08







Catastrophe en vue




Feat :



– Intéressant, n'est-ce pas?

Je sursautais. Nom de dieu. Grâce à ce vieil homme, je me contrôlais un peu mais...Je secouais légèrement la tête et me tournais vers le nouvel arrivant. C’était un homme d’âge mur, presque vieux en fait. Je souris à cette pensé. J’étais méchante ! Il avait vraiment la classe. Plus grand que moi sans aucun doute, mais cela n’était pas vraiment étonnant, des cheveux mi long et air aristocratique. Il ne souriait pas, et ses yeux étaient froids. Une sonnette d’alarme retentis en moi. Mais je la mis de côté. Je ne savais pas encore me fier à mon instinct. Il nous demandait si il pouvait faire quelques choses pour nous et j’hochais le tête en prenant la direction de la vitrine. Du coin de l’œil je vois que mon petit chaton n’a pas l’air bien. Je mordille la lèvre inférieur, tiraillée entre le besoin de savoir qui est ce foutu chat qui à ruiner ma vie, et le besoin de protéger Miya... Merde ! Un long feulement m’échappais, mais si faible, que je doutais qu’un simple humain est put l’entendre. Je me repris et pointais le parchemin du doigt.

-Bonjour, excusez moi mais j’aimerais savoir si vous connaissiez l’histoire de ce parchemin et de ce chat... S’il vous plait...

Cet homme me mettait vraiment mal à l’aise, mais ce chat, qui avait le même œil vert émeraude que moi m’intriguais. Je voulais le retrouver, et redevenir une simple humaine. Sans plus de problème personnel à gérer que mes règles. J ne tenais pas à être chiante et invivable deux fois par mois.

– Je vois... une très belle représentation. Ce pourrait être Bastet, déesse protectrice des femmes. Le culte félin n'aura jamais été aussi démonstratif qu'en Égypte, quand bien même ce parchemin là n'est pas un vestige très antique. Tantôt femme au visage félidé, tantôt chatte, fille du dieu soleil mais affiliée à la lune, c'est une divinité pleine de paradoxe. C'est à Bubastis qui fut la ville genèse de son culte que les fidèles venaient en nombres, un sanctuaire pour tous les chats du royaume... si bien qu'au vu de leurs effectifs, il n'était pas rare de sacrifier les plus jeunes pour ensuite les embaumer et les revendre comme reliquaire.

Je frissonnais, mon côté félin s’indignant. Jamais je ne pourrais tuer un chat ou qui que ce soit...Je me mentais à moi-même car j’avais déjà tuer, une fois, un loup. Mais je ne me rappelais rien de tout ça, sauf de mon réveil nu et couvert de sang à côté du cadavre.

– Mais je m'égare, je ne crois pas que cela réponde à vos interrogations. Le chat a aussi été glorifié dans nombre de civilisations, et la mythologie regorge de cultes animaux. Et de métamorphoses...

Pourquoi avait il l’air de s’amuser ? Rien à faire, il me faisait peur ! Mais je lui souris tout de même. Il me renseignant, je pouvais quand même me montrer agréable. Je sens la présence de Miya à côté de moi et je prends la main, sans aucune honte, je le voyais comme mon petit frère, et je le sentais mal, absent. L’antiquaire lui demandait d’allez chercher un livre sur le comptoir. Je regarde Miya qui s’éloigne, je le couvre d’un regard protecteur, même si au final c’est toujours lui qui me protège. Dire que j’aurais pu tomber amoureuse de moi... Je secouais la tête, à quoi bon me lancer dans un amour impossible ? Il y avait Jake, même si je ne savais absolument pas quoi penser de lui... Je soupirais discrètement, les problèmes de cœur et moi... Impossible à gérer.


– C'est une représentation sublime, c'est tout... naturel qu'elle vous ait attirée.

-Naturel ? Je ne pense pas, je ne suis pas férue d’art en général mais les félins et moi... C’est une histoire d’attirance. Mutuel.

Je lui souris timidement. Mais qu’est ce que je faisais moi ? A lui parler comme ça, avec les yeux tourner vers la direction qu’avait pris mon chaton ? Il rapprochait la représentation de mes cauchemars et  je le détaillais. Oui, tout était là : les yeux émeraudes, la fourrure avec une tache en forme de lune...

– ...Néanmoins, j'aime croire qu'on ne vient jamais vraiment par hasard dans cette boutique. Vous n'avez donc aucune idée de ce que ceci représente?

-Mon pire cauchemar...

J’avais dis cela sans m’en rendre compte, en murmurant, comme hypnotisée par cette créature si belle et sans pitié... Je sentis mes yeux se fendre, je les fermais d’un coup et inspirais longuement.

– Votre ami ne se sent pas bien?

Je reviens à la réalité, me redressant d’un coup et tournant la tête dans la direction où avait disparut Miya. J’inspirais et l’odeur de la peur, de la douleur. Je courus le rejoindre au moment où il tombait au sol. Je me jetais sur le sol à ses côtés, et je le pris dans mes bras comme je pus pour le calmer. L’antiquaire était derrière moi. Un odeur féline me frappais de plein de fouet. Oh non Miya !


-Fhury, fuis…va demander de l’aide.

-Hors de question que je te laisse seul mon chaton, désolée !

Ma voix était ferme, nous avions inversé les rôles. J’étais celle qui l’aiderait cette fois. Je vois son téléphone. J’hésite. Puis je le prends, je pourrais appeler sa meute. Au moment j’ouvrais le téléphone, je le vis se transformer. Je le regardais avec une certaine fascination, ses yeux qui changeaient, sa peau qui devient noir, ses oreilles et sa queue... Il me ressemblait. Je sentis les larmes monter et couler e long de mes joues. Je n’avais pas peur de lui, mais je souffrais de le voir si mal...

-Fhury, p*tain, barres-toi ! Il a besoin d’aide pour refaire surface, alors va en chercher !

Je me reculais et appelais un numéro, il n’y avait pas de nom, juste des images. Le premier est un petit olaf, j’aurais souris à un autre moment mais là, j’appelais directement. Merde. Répondeur. Je laissais un message sur l’état de Miya et l’endroit où nous étions. J’appelais ensuite l’image avec les deux loups. On me répondit. Je réitérais ce que j’avais dis dans le message précédant et je raccrochais en les suppliant de venir vite.

Miya commençait à bouger, comme un prédateur. Je me mis entre lui et l’antiquaire et me mis à feuler. Mes yeux se fendirent aussi et mon corps changeait. Une fin duvet blanc me recouvrit entièrement, mes oreilles sortirent sur le haut de mon crâne, mes mains se changèrent en pattes félines griffus, je me débarrassais de mes chaussures d’un geste brusque, mes vêtement craquèrent, une queue blanche apparut au creux de mes reins. Je sautais sur Miya, pour le plaquer au sol. Malgré mon apparence féline, je restais douce avec lui. Le lui léchouillais l’arrière de l’oreille pour tenter de le calmer... Je doutais fortement que cela marche, mais il devait absolument rester ici, sinon jamais sa meute n’arriverait à le retrouver. Tant pis si il me blessait. Je grognais un peu et pris la parole.

-Sortez de là... Je vous en pris, partez, je ne le retiendrais pas longtemps !



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MessageSujet: Re: Shopping et prospection [ft Fhury, M. Argent, Guests]   Dim 29 Mar - 18:41



Shopping et

prospection




Crin noir aux reflets rouilles sur le teint cuivré, je devinais sans les croiser les éclats trop purs qui n'auraient jamais du consteller des yeux à la nature abyssale. Une dysharmonie naturelle trop familière et trop aberrante pour jamais pouvoir les ignorer, même au prix des années...

-Bonjour, excusez moi mais j’aimerais savoir si vous connaissiez l’histoire de ce parchemin et de ce chat... S’il vous plait...

Quelle enfant bien élevée. Sa soumission naturelle me donna un petit rictus, qui se mêla aux explications à propos de la représentation à l'origine de sa présence. Je ne put réprimer un contentement mesquin quand elle s'offusqua du sort que l'on réservait jadis aux chats, et poursuivis de plus belle sur des tons peu rassurants. La jeune femme était crispée, et elle trouva réconfort... auprès du japonais...
J'avais soudain besoin de ses services. J'aurais surement put lui apporter plus de renseignements sur cet énigmatique animal à travers les pages d'un bouquin, si je n'avais simplement pas l'intérêt de tester le jeune homme. Il obéit, sans trop d'hésitations, sous l’œil ignare de son amie que j'accaparais pour en revenir à nos chats. Loin de la tendance moderne ou des affections féminines, il était tout à fait compréhensible que cette effigie ait attirée son regard...

– Naturel ? Je ne pense pas, je ne suis pas férue d’art en général mais les félins et moi... C’est une histoire d’attirance. Mutuel.

Je récoltais sans efforts son innocence traitresse. Aaah... très bien. Ses pensées semblaient effectivement converger vers un félin, mais pas celui pour lequel elle m'avait sollicité. Qui se ressemble s'assemble, et bien qu'étant un animal réputé indépendant, je ne pouvais pas croire que ce duo soit le fruit du hasard, pas plus que son attirance pour le parchemin. La question que je me posais était : que représentait réellement cette icône à ses yeux?

– Mon pire cauchemar...

Il y eut dans l'air un moment de flottement. Quelques secondes de songes pour la possédée, un instant de victoire pour moi... Une chute de l'autre côté des vitrines.

Oh, ça arrivait, parfois. Les automates qui n'avaient pas servit depuis des années avaient tendances à bloquer. Ils se mouvait en saccade discordantes, ré-activer le mécanisme rouillé leurs donnait l'air de lutter contre le réveil qui leur était imposé...
Le jouet rouvrait enfin les yeux.

La roussotte reporta son attention sur son compagnon et s'élança à sa rencontre et isolé de toute l'attention, un sourire cruel déforma mes traits. Je savourais ma retrouvaille et je ne manquai pas de prendre mon temps pour les rejoindre.

Ordres et suppliques se fondaient en grognements tandis que la voix plus aiguës s'activait au téléphone. Un coup de canne et l'objet aurait put voler dans les airs, mais c'était déjà trop tard, si elle avait eut quelqu'un au bout du fil, je n'y pouvais plus rien. J'arrivais entre les vitrines, un claquement posé de ma canne au sol, et elle se jeta spontanément entre moi et la bête.
L'ombre d'un sourire stagnait sur ma face, comment ne pas jubiler de la bêtise qui nous imposait aveuglément les rôles. C’eut été dommage de ne pas laisser la naïve faire barrage au monstre qui risquait de s'en prendre à l'innocent gérant que je ne pouvait qu'incarnais.
Soudainement, un feulement m'ouvrit l'esprit, et j'assistai sans bouger à la transformation de ma protectrice.
Une Lykoi, sans réelle surprise.

Elle se jeta sur l'autre pour le plaquer au sol avec autant de fermeté que d'attention, désespérant de le calmer, puis d'une voix rendue rauque par sa métamorphose, me lança :

– Sortez de là... Je vous en pris, partez, je ne le retiendrais pas longtemps!

– Non, j'en ai bien peur. approuvais-je dans un calme déstabilisant. Kyomu?

Il ne s'en fallut pas d'avantage pour que les positions s’inversent et que la blanche devienne la proie du nébuleux. Il n'avait rien perdu de ses réflexes, ni de sa force... ni de son obéissance. J'étais satisfait et n'ordonnai rien de plus qu'à ce qu'il la tienne tranquille pour le moment, puis j'approchai sans crainte puisque je tenais la bride du fauve.  

– Des attributs félins. Un pelages immaculé... des yeux d'émeraudes, survenu à la suite d'une morsure, une nuit de pleine lune. Ma chère, votre pire cauchemar porte le nom de Lykoi. Ou plus grossièrement parlant... « chat-garou ».

Je tournais en rond autour des deux félidés, claquement de canne aussi régulier qu'un métronome, répondant tranquillement à ses interrogations de plus tôt.

– Un bon vétérinaire vous expliquerait que le Lykoi est le résultat d’une mutation naturelle chez la race féline, assez récente, trop pour alimenter la moindre légende et pas plus propice à contamination que ne l'est la bêtise humaine pour les animaux. Mais moi je vais vous confier ma version de cette créature, celle qui vous concerne, vous.

Celle qui se lis dans un petit carnet qui se transmet en héritage depuis près de quatre-cent ans dans la famille Argent...

– La légende raconte qu'un jour qu'elle visitait les Hommes sous sa forme la plus primitive, toute déesse qu'elle soit Bastet se laissa conquérir par une jeune fille. Pour l'avoir garder longuement, elle la priva de la mort et lui transmit le pouvoir de prendre forme féline. Par le biais de morsure, l'enfant partagea sa charge à d'autres, qui la transmirent à d'autres encore, au fil des empires et des siècles... vous êtes l'une de ces représentante mademoiselle.

Je cessais de marcher pour me poster à leur chevet, toujours debout pour mieux les toiser.

– Une... élue de Bastet. cherchais-je la meilleure formulation. Comme il y en a eut tout au long de l'histoire, quels qu'ait put-être la nature ou le nom qu'on leurs prête. Des dieux et des déesses, créatures de mythes adulées. Des... monstres et des ensorceleuses... abominations persécutés.

Mon regard devint plus insistant sur la femme-animale, malsain, glacial...

– Vous savez ce qu'est un chasseur, n'est-ce pas?

Chasseur de sorcières, abominations, mutants ou qu'importe le nom qu'on leurs donne... Manifestement, elle n'avait pas été mordue il y a très longtemps, cet aspect du monde était nouveau pour elle. La pauvre enfant ignorait le fardeau que ce chat lui avait fait, et je prenais plaisir à lui ouvrir les yeux sur les dangers encore plus grands que les perversions de la lune qui la guettait désormais.

– A mon tour, j'aurais une question à vous poser. Une seule et unique question, me penchais-je sur la féline pour articuler. Avez vous déjà tuer?

Ténébreuses inquisitrices contre joyaux humides. Je n'avais pas besoin de mot pour comprendre la réponse.

– Vous auriez du l'écouter très chère. Partir tant que vous le pouviez était la meilleure chose à faire.

Je me redressai doucement et du bout de la canne, je fis basculer l'appareil téléphonique qui gisait non loin, avec une grimace. Mieux valait fermer boutique pour une petite heure.

– Occupe toi d'elle. Proprement.

Je ne tenais pas à avoir à faire à mon assureur, songeais-je en faisant cliqueté un mobile suspendu à portée de doigt. Et il savait qui paierait les pots cassés s'il y en avait.


     Mr. Argent      

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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Shopping et prospection [ft Fhury, M. Argent, Guests]   Lun 30 Mar - 9:48











Réunion de famille


Il y a des jours où je me demande si le destin ne se fait pas un malin plaisir de me rappeler de quelle famille je suis issu. Je suis en amphi, un cours sur l’histoire des bâtiments du 19ème quand mon téléphone vibre dans ma poche. Je regarde discrètement l’origine de l’appel. Mon cœur s’arrête quand je vois qui m’appelle : Miya ! Je décroche et sors de l’amphi. Il ne m’avait pas appelé depuis mon enlèvement au Mexique.

- Oui ?

- Miya est en train de perdre le contrôle, nous sommes à la boutique d’antiquité au centre-ville. Vite ! Il a besoin d’aide, me dit une voix féminine totalement paniquée.

- Comment ça ?

Mais la personne qui utilise le portable de Miya m’a raccroché au nez. Je ne sais pas ce qu’il se passe, mais cela ne semble pas bon. Que Miya dérape c’est déjà grave en soit, mais que cela se passe dans la boutique d’Elias… Il est clairement en danger. Le boiteux est peut-être faible physiquement mais je sais l’ascendance psychologique qu’il a sur Miya… mon cousin. Je cours comme un fou jusqu’au parking, je m’excuse sans m’arrêter auprès des gens que je bouscule sur mon passage. Si jamais ce vieux fou lui fait du mal…

Les pneus de la Maserati crissent quand je démarre. Heureusement la circulation est fluide à cette heure-ci, je n’ai pas besoin de griller trop de priorité. La puissance de la voiture et mes réflexes me permettent d’arriver dans la rue de la boutique d’Elias en moins de cinq minutes. Je me gare comme une merde devant sa devanture et saute hors de la voiture. Le rideau de fer est en train de se baisser. Il est à mi-course quand je le retiens à deux mains. Mon regard croise celui qui clôt les lieux pour une sombre besogne. On se foudroie du regard, il a rapidement effacé l’air de surprise qu’il a eu en me reconnaissant. D’un coup de rein je remonte le rideau de fer et entre dans la boutique. Je ralentis en passant devant mon cher oncle. Mon visage est fermé, mes sens en alerte.

Au début, j’ai l’impression que Mafdet est présente, il y a comme un effluve de son odeur. Je mets du temps pour comprendre ce que je vois. Miya… Non Nineko est au sol, une fille qui a tous les attributs d’une métamorphe félin se tient à ses côtés. Dans mon dos, Elias bouge, j’entends son pas traînant, et sa canne, mais je ne me retourne pas. Je dois prendre sur moi pour ne pas laisser éclater ma rage. Ça en fait trop pour Miya, déjà de nous savoir liés par le sang alors que nous avons été amants, moi qui ai tourné la page pour me consacrer à Mick… C’est un abandon dont je ne suis pas fier. Miya m’avait laissé m’approcher de lui, et ouvert des portes qu’il avait toujours tenues closes. Puis il avait lui-même été acteur de notre rupture, jouant un rôle ignoble qui m’avait permis de me détacher de lui. Si j’avais compris depuis, se revoir était délicat, car Miya m’aimait toujours. Mon amour pour lui s’était mué en quelque chose d’aussi fort, mais de purement platonique.

Elias pérore dans mon dos, je ne l’écoute qu’à moitié déblatérer sur les réunions familiales et déverser son fiel habituel. Je serre les dents quand il traite Miya de monstre, son propre petit-fils ! La fille a ses côté va pour ouvrir la bouche. Son odorat doit l’avoir averti de mon statut de loup. Je mets mon doigt sur ma bouche, elle comprend que je ne dois pas me dévoiler devant Elias. Il peut bien partir dans toutes les conjonctures possibles. Je ne lui ai pas caché que je fréquente les surnaturels. Je lui tourne toujours le dos, mais ma récente mise au point avec mon père, m’a fait comprendre que je sors d’une famille de dingue, une famille capable du pire sur ses propres membres. L’état presque catatonique de Miya est à la hauteur du traumatisme qu’il a subi dans son enfance.

- Ça va aller, je m’appelle Chad, dis-je à la fille.

Elle me dit son prénom. Elle sembla elle-aussi perturbée, puis je vois un parchemin sur le sol de la boutique.

- Mafdet ? Murmurai-je ?

Je connaissais ma druidesse sous toutes ses apparences et la ressemblance était frappante. Bastet, Mahes, Mafdet quel que soit son nom, cette méthamorphe féline était connue et particulièrement dans l’Egypte ancienne. Je laisse la jeune femme et me focalise sur Nineko. Je plante mes yeux limpide dans les siens et m’accroupis à sa hauteur. C’est en humain que je vais tenter de désamorcer la crise. Doucement se pose mes avant-bras sur ses épaules et noue mes mains sur sa nuque. Je le sens se tendre, tenter de fuir, mais je le tiens fermement. Posant mon front contre le sien, je ne lâche pas ses pupilles fendues.

- Je suis là, focalises toi sur moi ! Je reste ton ancre.

Je m’adressais autant à Miya qu’à Nineko. Je mets tout ce que je ressens dans ma voix. Il faut qu’ils me pardonnent, que l’on reconstruise notre lien. J’accentue la pression de mon front contre le sien.

- Miya…

Je sens sa main attraper mon bras et serrer très fort. Il me broie la chaire, mais je ne me dégage pas. Toujours en douceur, celle qu’il me connaissait… d’avant… Je l’attire contre moi, l’enlaçant dans un cocon que je veux protecteur. Elias reprend ses piques assassines sur un « tableau familial » touchant. Il pousse Miya à la rage et moi également. Ses allusions sur son propre petit-fils me mettent hors de moi. Stephan avait passé le dimanche, jour où j’avais croisé cet oncle échu de mon ascendance, à me mettre en garde contre l’infâme crocodile de ces lieux. Le silence est la meilleure des armes. Mais il est difficile à tenir quand tout votre cœur vous sommes de hurler votre rage.

- Veuillez clore vos lippes mon oncle, si c’est pour sortir des sottises pareilles !

Toute mon éducation est là, la forme, le ton sont élevés et révérencieux, mais le message non. Je m’adresse à lui comme un adulte réprimandant. Son regard foudroyant me montre qu’il voit Stephan à travers moi. Je n’ai pas l’intelligence anormale de celui qui m’a adopté, mais il ne m’a pas laissé sans arme dans l’univers de requin qu’est ce monde. Ce n’est pas dans ma nature d’être retors, mais j’ai vingt années derrière moi d’une éducation sans faille sur l’art et la manière de gérer les affrontements oraux. Stephan m’a aussi appris à reconnaître les signes, ceux qui trahissent notre interlocuteur à son  insu, ceux qui parlent trop, ou pas assez. Ses silences sont autant informatifs que ses perfidies. Associés à mes sens lupins, je peux donc deviner quand Elias parle avec des bases solides ou non. Ce type est peut-être un boiteux et un souffreteux, mais  il n’est pas idiot, loin de là. Et je comprends rapidement qu’il bénéficie de solides appuis. Laissons-lui croire en ma naïveté.

- Ne jouez pas avec le feu, mon oncle, il pourrait vous brûler !

Il se gausse de mes formules toute faites, je lui rends un sourire de gamin satisfait d’avoir mouché un adulte. Qu’il me confonde donc avec  son frère et mon géniteur. Qu’il croit donc que je suis le gentil idéaliste qu’était Christopher. J’ai une part de lui en moi, mais cet inné a été retravaillé par un caractère bien plus calculateur, Stephan. De plus les événements de Boston puis ceux du Mexique en passant par ma rencontre avec Mick ont fini d’écraser les restants de naïveté qui me restaient. Oui, je suis d’un naturel gentil, mais il ne faut pas toucher à ceux que j’aime. Je ressers mon étreinte autour de Miya. Vais-je arriver à endiguer la crise ? Va-t-il admettre notre nouveau lien ? Si cela pouvait lui permettre d’encaisser celui qui vient de lui arriver en pleine face, ce grand père honni... Elias Gregory Argent porte sur son visage toute la noirceur de son âme.

- Miya, on fait face ensemble ok ? Miya ?

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Miyavi Kyomu

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MessageSujet: Re: Shopping et prospection [ft Fhury, M. Argent, Guests]   Ven 3 Avr - 15:57

Je suis nous, sommes sommes sien



Fhury compose deux numéros. Si elle a choisi parmi les favoris de Miya, ça réduit le champ des possibilités à deux personnes. Pendant ce temps, je suis en plein conflit intérieur. L’envie de réduire le vieillard en charpie fait bouillir mes veines, mais je ne peux rien faire contre treize années de conditionnement. Pour la première fois, je regrette vraiment la disparition de Shadowcat. Lui aurait eu la force de tenir tête à l’ancien. Lui, il lui aurait déjà fourré sa foutue canne dans le gosier !

Mon espoir de résister s’envole lorsque Fhury revient se place entre Elias et moi. Je résiste mais peu à peu, je sens l’ordre reprendre le dessus. Fhury se jette sur moi pour me maintenir au sol mais un seul mot suffit à Elias pour que le visage de Fhury s’efface. J’ai toujours existé depuis la morsure. Elias était mon maître et il savait ma présence. C’est parce que je suis là qu’il a une telle emprise sur Miya. Mais pas seulement. Miyavi a été conditionné bien avant mon arrivé. Ce conditionnement, opéré sur Miya…sur nous, a donné naissance à un état très particulier. Il ne s’agit pas d’une autre personnalité, mais plutôt d’une réunion de personnalité et de sa disparition. Sous cette soumission, Miyavi et moi ne faisons qu’un. Nous sommes une bête qui n’a pas d’existence. Nous ne sommes rien si ce n’est pantin. Elias me contrôle en tant que maître de kanima et il contrôle Miya par le conditionnement. C’est cet état qui a véritablement permis à Shadowcat de sortir. Ce n’est pas ma présence, mais le conditionnement à donner la mort. Shadowcat était celui qui pensait malgré l’ordre. Il pensait peut-être de façon perverse mais au moins, contrairement à Miya et moi, il osait tirer sur les fils qui le menaient. Moi je ne suis jamais que le Kanima. Comme un lycan a son loup intérieur, Miya m’a moi. Son esprit torturé fait que je suis bien plus présent qu’un loup auprès de son humain…Sans doute serais-je moins présent lorsqu’il deviendra enfin ce qu’il doit être, lorsqu’il cessera d’être un kanima…Vais-je disparaître ? Deviendra-t-il un loup ?


L’ordre tombe. Miya et moi ne sommes qu’un et voué à servir Elias. Nous sommes le monstre. Nous nous n’existons plus. Nous sommes le pantin. Nous sommes Kyomu, car c’est le nom qu’il nous a donné. C’est moi. C’est nous. C’est le néant émotionnel, l’arme parfaite. Le pantin sans pensée, ni volonté.  La créature qui se tient au-dessus de moi doit mourir. Pourquoi tient-elle mes bras ? Cela nous gêne. D’un mouvement vif, nous nous redressons frappant sa tête avec la nôtre. Elle nous lâche, nous la poussons sur le côté, puis nous l’attrapons et nous la bloquons, son dos contre notre torse, nos jambes autour de ses bras, nos bras autour de son cou. Nous pourrions lui briser la nuque. Proprement, c’est l’ordre. Elle se débat. Pauvre créature. Sans doute avait-elle encore beaucoup à vivre. Elle avait tant à découvrir, ma jolie Fhury…..Fhury ! Je la lâche, mais j’ai bloqué sa respiration trop longtemps. Elle a perdu connaissance.

IL m’appelle. Sa voix fait vibrer mes muscles. Le visage de Fhury devient flou. Le visage de qui déjà ? Notre maître nous appelle, alors pourquoi ne pouvons-nous détourner le regard de ce visage inanimé ? Le bois claque, notre corps réagit. Comme on nous l’a appris, nous restons soumis, agenouillé devant notre maître, le regard à peine levé pour certifier de notre attention sans défier le maître. Nos oreilles sont baissées et notre queue reste plaquée au sol car l’animal que nous sommes sait qu’il a fait une bêtise. Nous savons que nous allons devoir en assumer les conséquences. Nous prenons soin de ne pas rayer le parquet avec nos griffes car le bois doit être respecté.

Le maître nous parle. Nous avons fui et nous allons être punis pour cela. Comment avons-nous pu croire une seconde que la liberté pouvait nous être accordée ? Mais… j’ai des amis. Je ne suis pas qu’un animal. J’ai même trouvé…l’amour…un amour qui s’est avéré être porté à un Argent. Liberté, n’es-tu qu’illusion ? L’amour était pourtant bien réel. Chad ne savait pas qu’il était un Argent. Mais il ne m’a jamais aimé en vérité. Comment aurait-il pu ? Nous ne sommes qu’un monstre. Non, je…Je dois m’échapper de ses griffes invisibles. Pourquoi ? Nous ne serions rien sans ordre. Il est notre seule raison d’être. IL est ma seule raison d’être. Qui ? Notre maître ? Non…LUI…Je…

Il se moque. Je suis pathétique. Je veux lui résister. Je ne veux plus être un pantin. Mais j’en suis incapable et puis…ai-je déjà bougé sans fil, ne serait-ce qu’une seule fois ? Oui, j’ai cessé d’être un objet. Je ne suis plus un tueur ! Shadowcat n’existe plus. Je ne serais plus lui. Je ne le supporterais pas une troisième fois. Je ne suis toujours pas vraiment sorti de la deuxième quand on y pense. Je préfère mourir maintenant plutôt que d’être à l’origine de la mort de nouvelles âmes innocentes. Je ne veux plus être un monstre. Mais nous sommes monstrueux.

Il s’approche, se met à notre hauteur. Par réflexe conditionné, nous rentrons la tête dans nos épaules. Nous n’avons pas le droit d’être à sa hauteur. Le contact se fait. La douleur fait vibrer nos nerfs. Nul besoin qu’il nous frappe pour cela. Rob a fait du très bon travail. Nous frémissons, terrorisés comme nous l’avons toujours étés lorsqu’il nous parlait. Nous n’avons pas changé. Nous sommes toujours le pantin monstrueux. Nous sommes toujours le docile Kanima, l’animal pris en faute. Lui non plus n’a pas changé. Son emprise sur nous est toujours la même quoi que j’ai pu croire. Quel utopiste j’ai été. Jamais je ne me déferais de sa poigne. Nous frissonnons et contractons chacun de nos muscles comme si nous pouvions devenir plus petits en agissant ainsi. Notre champ de vision s’obscurcit, comme à l’époque, comme un animal dont on cache les yeux pour qu’il cesse d’avoir peur, qu’il soit calme et docile. Puis la vue nous est rendue.

Nous entends du bruit derrière nous. La créature se réveille. La créature ? Fhury ! Qu’est-ce que j’ai fait ? Encore du bruit : Chad. Que fait-il ici ? Je ne veux pas le voir. Je ne peux pas encore accepter ce lien de sang entre nous. Je ne veux pas accepter de n’être qu’un pantin. Je ne comprends rien. Je suis perdu. Le vieil homme, c’est…la bile s’invite dans ma gorge mais je la retiens. L’envie de tuer Fhury et Chad me démange ? C’est notre devoir de tuer ces créatures. C’est pour cela que Nineko a été mis en moi, pour me rendre capable de tuer ces bêtes. Mais je les aime. Pourquoi je les tuerais ? Non, ce sont des créatures du mal, pourquoi nous les aimerions ? Je…Sortez-moi de cet enfer…Achevez-moi !

Chad s’accroupi et me bloque dans ses bras. Il ne me laisse aucune échappatoire. Il me force à rester là, proche de lui, face à lui, les yeux dans les yeux. Sent-il que nos crocs veulent sa chaire ? Il me dit qu’il est là…Oui…Il est là…me focaliser sur lui ? C’est une mauvaise idée. Je ne pourrais repousser l’envie de le tuer qui me brûle. Mon ancre ? Mes lèvres s’étirent dans un sourire cruel, un sourire de dément. Mon ancre ?!

— « Miya…

Nous attrapons son bras. Je dois me combattre moi-même pour ne pas laisser le métal influer, pour ne pas briser son bras. Il doit me lâcher ou je vais le tuer. Pourquoi ai-je envie de le tuer ? Mais il fait fi de la douleur et plutôt que de me repousser, il m’attire contre lui. Il repousse les assauts verbaux du crocodile. Son oncle…mon grand-père…nous sommes cousins. Il me serre plus fort. Faire face…ensemble ? Il s’écarte légèrement pour me regarder à nouveau dans les yeux. Mon ancre ?...Faire face ensemble ? Mais nous ne sommes plus ensemble. Il est fiancé à Mickael. Il me hait. C’était décidément trop facile de le pousser à croire en ma monstruosité. Bien trop facile d’être ce qu’il voulait que je sois. Un amant pour se vider, un copain à réparer, un libertin lorsqu’il a trouvé mieux, un indécis quand il l’était lui-même, un monstre quand il ne l’était plus mais que c’était trop difficile à assumer…Non ! Ce n’est pas de sa faute. J’aurais dû être plus affirmé. J’aurais dû agir plus vite. J’aurais dû rompre au lieu de plier…Mais faire face avec lui ? Il n’a pas fait face avec moi jusque-là, il s’est contenté de supprimer ce qui le gênait chez moi, cette personnalité monstrueuse, jusqu’à ce rendre compte que je ne serais jamais ce qu’il cherche…Non…il m’a sauvé de Shadow…Pourquoi, Je ne suis qu’un dingue sanguinaire, un adolescent instable qu’il n’a jamais aimé. Il aurait dû me tuer en entier…Pourquoi ferait-il face avec moi ? Et faire face à quoi au juste ? À la réalité ?

Aucune parole ne franchis mes lèvres mais mes yeux sont remplis de larmes et mes joues brûlent de leur sillon salé. Une voix plus aiguë me sort de ce tourbillon de pensées : Fhury. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble depuis notre rencontre. Nous sommes nos confidents mutuels. Lorsque Noah est à Boston, elle est la seule gardienne de mon esprit. Je lui ai parlé de chacun de mes sentiments concernant mon passif avec Chad. Elle sait quand j’aimerais que tout cela s’arrange, mais elle sait aussi que je souffre de ce qu’il s’est passé. Elle a développé une sorte d’instinct protecteur envers moi et elle le manifeste sans gêne en balançant à Chad ce que je n’ai pas le cran de lui dire, ce que l’amour que j’éprouve à son égard me pousse à réprimer, à ruminer. Fhury empoigne mes épaules et m’arrache de la prise de Chad. Je suis dans un état second. J’entends à peine ce qu’elle dit. Comment peut-elle ne pas m’en vouloir ? Elle a été présente pour moi et moi j'ai... Pourquoi devrait-elle m’en vouloir déjà ? Nous avons essayé de la tuer. Nous n’avons pas réussi. Je regarde Fhury qui est entre Chad et moi. Je regarde Chad. Oui, il m’a fait souffrir. J’ai été un monstre pour lui. J’ai été seul pour lui. Aujourd’hui, je ne sais plus ce que je suis, ni ce que je veux être. J’en ai assez de me battre pour une fausse liberté.

Nous ne voulons être personne. Nous sommes déjà tout ce que nous devons être. Nous sommes l’arme par excellence. Nous sommes le glaive divin contre le mal. Nous allons exterminer ces créatures diaboliques à commencer pour le mâle. Nous nous occuperons d’elle plus tard. Le mâle est plus fort, plus dangereux. Nous nous défaisons de la prise de la femelle et nous nous jetons sur le mâle. Nous devons le tuer. Il tente de nous éviter et de nous contrer mais pour quelle raison reste-t-il humain. S’il ne se décide pas à faire appel à la partie monstrueuse en lui, il ne pourra pas résister longtemps. Mais même s’il faisait appelle à cette partie, il ne ferait pas le poids. Nous n’avons jamais failli. Nous allons le tuer et le maître sera fier de nous !


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Noah Koroleva

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MessageSujet: Re: Shopping et prospection [ft Fhury, M. Argent, Guests]   Sam 4 Avr - 0:13




Shopping et Prospection


Promesse









Le téléphone vibre. Je peste. Je suis sur une opération délicate qui nécessite toute l’attention de deux hackers avertis. Je ne peux pas prendre le risque de laisser passer les quelques secondes d’ouverture pour un appel. Ce logiciel est trop important ! Nous en avons besoin pour décrypter une série de fichiers. Et ce logiciel n’est détenu que par le service secret Russe.

— «  Je l’ai !

Le rouquin lève les bras en l’air en signe de victoire. Il est rarement aussi expressif. Mais je le comprends. Nous sommes sur ces fichiers depuis un moment et il nous a fallu plus de deux jours pour analyser la structure de l’agence pour lancer cette périlleuse opération. Nous quittons le système sans laisser de traces. Je soupire de soulagement en m’étirant. Je me souviens alors du coup de fil. J’active l’appel vers la boîte vocale, attentif, et quelques secondes plus tard je quitte l’appartement à toute vitesse en ne lâchant qu’un rapide « C’est Miya ! ».

Je me rends à la boutique le plus rapidement possible. Il n’a pas été difficile de déduire la raison de cette perte de contrôle. J’ai été mis au courant de la présence du grand-père en ces lieux. Évidemment, je n’ai rien dit à Miya, pour les mêmes raisons que Chad sans doute…vu son état émotionnel, il ne l’aurait pas supporté…la preuve. Mais je regrette de ne pas l’avoir prévenu d’éviter cette boutique. Enfin, si je m’étais contenté de lui dire cela, il s’y serait rendu par simple curiosité cet abruti ! J’espère juste que cette rencontre n’anéantira pas les récentes décisions de Miya.

Quand j’arrive à la boutique d’antiquité, je me retrouve projeté dans une situation digne des plus grandes pièces de théâtre. Le vieil Argent est légèrement en retrait mais bien présent par ses remarques et son aura. Il y a une jeune femme, féline vraisemblablement, en retrait. Je ne la connais pas mais je devine sans mal qu’il s’agit de Fhury. Elle a été d’une grande aide pour Miya. Il me parle souvent d’elle. La pauvre semble…désemparée. Je doute qu’elle ait déjà vu Miyavi dans un tel état.

Pour être honnête, je ne suis pas sûr de l’avoir déjà vu ainsi moi-même. Son…aura, est différente de celle de Shadowcat. Il n’est pas revenu. Ila bel et bien disparu, mais Miya est dans un état seconde et il semble bien décidé à ôter la vie à Chad. S’il ne risquait pas d’y arriver, je l’aurais bien laissé lui en mettre une ou deux. Dire que le loup m’a grogné dessus parce que j’étais trop proche de Miya… Ce serait ironique si ce n’était si dramatique. Je serre les dents et m’élance dans la boutique.

Je passe à côté du crocodile, en l’évitant comme la peste. J’appelle Fhury pour qu’elle me vienne en aide. J’attrape le col de Chad et le tire brusquement en arrière. Miya tient à avancer, à aller mieux. Il tient à Chad. Il l’aime en fait. Il veut qu’il soit heureux et il veut aller mieux car il sait que s’il reste ainsi, Chad ne sera pas heureux. Moi, je n’ai pas oublié la réaction de Chad, pendant cette courte période où il a été mon alpha ; Me grogner dessus pour, finalement, le faire souffrir…je lui en veux, et je ne m’en cache pas. Et aujourd’hui, il ne peut plus rien contre moi.

Sans délicatesse j’écarte donc Chad de Miyavi. Si Fhury n’était pas là pour le tirer en arrière, j’aurais bien du mal à le séparer de sa proie. Je m’arme d’autant de délicatesse que me le permet cette situation critique et je pousse Miya contre un mur contre lequel je le bloque en usant tout mon poids. Par chance, il n’a pas sorti ce bras métallique. Ces prothèses qui ont été implantée sur ses muscles ne sont vraiment utilisées que lorsqu’elles sont visibles. Si le métal apparaît, je suis foutu. Je n’aurais pas la force de le retenir.

— «  Miyavi, je suis là. Calme-toi chaton. Souviens-toi ce que tu m’as dit. Je sais que c’est dur. Tu le sais aussi, mais tu t’es promis d’avancer. Même si tu l’aimes, tu veux avant tout qu’il soit heureux, tu te souviens ? Alors tu ne dois pas le tuer. Et toi aussi tu dois être heureux. Et pour cela tu dois t’accorder une place dans cette famille. Tu te souviens ? Tu pardonnes.

Ça m’en coûte de dire ces mots. Contrairement à lui, je ne peux pardonner à Chad. Mais c’est ce que Miya veut qui compte. Son regard revient. J’essuie ses larmes du bout des doigts. L’envie de l’embrasser est bien présente, mais…je me retiens. Les choses ne sont pas ainsi entre nous. Il rentre crocs et griffes. Il est affaibli. Il semble avoir combattu une armée. Je le laisse se redresser, s’écarter de moi pour…avancer.

Je regarde Fhury et la remercie, puis mon regard glisse vers Argent. Je suis maître de la glace, et pourtant, ce type me fait froid dans le dos !







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Mr. Argent

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MessageSujet: Re: Shopping et prospection [ft Fhury, M. Argent, Guests]   Mer 8 Avr - 17:20



Shopping et

prospection




Un seul ordre, et la bête d'encre réagit, prompte et habile. Il retint la jeune métamorphe au sol sans craindre ses agitations, elle était trop faible et ne pouvait rien face à cette arme de chair, sinon prier pour qu'il l'épargne. Ce qu'il ne ferait pas sans mon consentement. Mais elle persistait, elle le dérangeait dans sa manœuvre, alors un grondement lui échappa, le prédateur entendit se faire obéir et il l'étourdit d'un coup de tête pour mieux la bloquer.

Je me délectais sobrement mais non sans plaisir du spectacle. La force et la dextérité de l'animal était admirable. Le fruit d'un travail si acharné que rien, certainement pas les années ne pourrait le faire tarir.
La petite gesticulait pitoyablement sous mon regards impassible, jusqu'à perdre peu à peu de sa mobilité. Elle finit par s'échouer au sol tel une poupée de chiffon, le fauve posé devant elle. Elle n'avait certainement pas rendue son dernier souffle, mais elle ne serait plus une gène durant un petit moment.

– Kyomu.

Le dos vouté de la bête se gonflait lourdement dans des expirations et inspirations sonores.

– Regarde moi.

Il sursauta mais resta rivé sur son amie.

– Regarde moi!

Mon claquement de canne le fit se hérisser cette fois. Et doucement, il se retourna et la tête basse, il releva juste assez les yeux pour que je puisse en voir la couleur surnaturelle.

– Comme ça faisait longtemps. Qu'est-ce qui as put te passer par la tête pour imaginé pouvoir m'échapper?

Même si je dus admettre que la providence fut de mon côté aujourd'hui.

– Je ne suis pas fier de ta fugue, Kyomu. Pas fier du tout.

Un pas en avant en cramponnant plus fermement le pommeau, et il entra craintivement la tête dans les épaules. Un sourire dévoila ma dent dorée. Je reconnaissais bien mon familier...

– J'ai été très en colère lorsque tu es parti. Je pensais t'avoir élevé beaucoup mieux que ça. Est-ce que je devrai encore faire preuve de discipline?

Je jetai un œil méprisant à la Lykoi en songeant qu'il avait réussi à se fondre chez les Hommes malgré l'éducation que j'avais pris soin de lui inculquer. Qu'il avait réussi à se faire des amis outre ses compagnons de dressage... La créature qui me faisait face avait perdu de son animalité. Il devait aspirer à une vie nouvelle, avait commencé à se construire en tant qu'humain...
Mais quel que soit ses luttes intérieures entre sa part d'humanité libre et de bestialité soumise, il restait fidèle à son apprentissage d'antan. Cette camarade gisante n'en était-elle pas la preuve?  

– C'est douloureux, n'est-ce pas?

Il me semblait voir son esprit vaciller d'un bord à l'autre, surement sous l'emprise de vieux cauchemars qu'il avait cru terminés en s'échappant. Car il savait que me retrouver, c'était reprendre le compte de ses plus chères victimes.

– Tu espère peut-être une punition radicale. Être achevé que de supporter ça encore une fois.

Et un esprit si fragile, qui m'avait fait l'affront de disparaitre dans la nature, je pourrais l'éliminer, c'est vrai. J'aurais put l'éliminer bien avant sa disparition. Si facilement.

– Mais je n'en ferais rien...

Un haussement de sourcil conciliant. Je posais calmement un genou à terre juste devant lui en prenant appuis sur mon bâton, et d'un geste patient mais le regard autoritaire, je lui tendit ma main ouverte. Comme un bon chien, quoique hésitant, il me tendit sa patte, une main propre et bardée de breloques extravagantes qui ne seyaient pas à son rôle de toujours.

Comme un Kanima, il répondit à l'appel du maitre...

Il n'osa la déposer franchement. Alors je la capturai d'une poigne sévère pour l'attirer à moi et chuchoter avec férocité.

– ... Vois-tu, j'ai passé un contrat. Tu n'es pas autorisé à mourir, mon brave petit Kyomu!

Il y a une vieille ombre dont l'importance surpassait mes fourberies et contre laquelle je ne pouvais dérober ma parole. Ce n'est pas à moi qu'il devait reprocher le poids de la vie qu'il était condamné à poursuivre aujourd'hui, il allait devoir retrouver son courage d'autrefois s'il voulait faire face, je ne lui en laissais pas le choix!

– Tu n'aurais jamais du t'enfuir. Tu devrai savoir pourtant, que je remet toujours la main sur ce qui m'appartiens.

Et que les actes ont des conséquences. Je broyais la main trop fine entre mes serres, la face haineuse et cruelle tout prêt de son museau. Je m'abreuvai de cette domination retrouvée, un souffle nouveau pénétra imperceptiblement mes poumons tandis que les chaines invisibles venaient de me réunir enfin à la créature de vengeance.
Soudain je le relâchais d'un même mouvement que je reprenais contenance.

Il avait cette attitude de l'enfant en faute, du chien pleurant sans larme qui ne m'inspirait qu'indifférence. Et parce que malgré son âme de chat il était né du corniaud, j'alternais le châtiment à l'apaisement.
Je levai la main jusqu'à son visage, et j'entamai une petite danse lente et espiègle de mes doigts devant les yeux obnubilés du demi félin tout en chuchotant aussi doucement qu'un grand-père aurait consoler l'enfant.

– Tu m'as déçu Kyomu. Tu sais que tu peux être tellement plus brave que ça. Le temps du bâton pourrait-être terminé si tu y mettais du tiens.

Je pressai doucement mes doigts sur ses tempes, lui cachant temporairement la vue de la paume sans l'effrayer, au contraire.

– Tu t'es assez reposé, tu ne crois pas? Mais rassure toi. Une vie sans trêves, ce serait te harasser inutilement, je l'ai bien compris. Je ne te demanderais qu'une chose, en somme. Montre moi comme tu es digne de ma confiance, comme tu peux être sage, et veiller au bon ordre, et je te donne ma parole de laisser libre le petit garçon qui arbore des couleurs, côtoies ses amis, et peut flâner à travers milles boutiques sans une entrave à son cou.

Puis je retirai ma main d'un petit geste assez brusque pour lui faire rouvrir les yeux, mais pas assez pour le faire basculer en arrière.

J'avais en face de moi un pantin de chair, et cette pensée me donnais un sourire complaisant. Mais je reportai mon attention sur l'autre créature, puis l'entrée de la boutique. Son réveil, à moins que ce ne soit une intuition, me somma de barricader les lieux sans plus attendre.


Le rideau se fermait en gémissant sur ce qui devait resté préservé de la vie ignorante et animé de l'autre côté, quand il bloqua dans un claquement subit. Mes prunelles sombres croisèrent celle que j'aurais si bien put assimilé à un frère disparu.
Chad Wilder... Qu'est-ce que ce maudit neveu venait faire ici? Je pestai en comprenant que rien ne pourrait lui faire rebrousser chemin, le jaugeai quand il pris le temps de m'analyser, et suivit ombrageusement sa course jusqu'à la pelucheuse et la marionnette. Un fantoche qui ne lui était pas inconnu...
Je les rejoignis d'un pas lent et considérateur, faisant barrage à la lumière de la porte d'entrée dans mon dos.

– C'est louable, vraiment. Mais je ne crois pas qu'il soit en état de recevoir de la visite, cher neveu.

Je restais en retrait, à examiner la surprise et les émois du nouvel arrivant trop concerné par le sort de la créature. Qu'espérait-il?

– Il n'y a rien à sauver chez ce monstre.

– Je suis là, focalises toi sur moi ! Je reste ton ancre.

Un rire éclata à la nouvelle. Ce sang ingrat avait servit d'ancre pour le kanima?

– Alors voilà ceux pour quoi tu as fuis, Kyomu? T'attacher à un autre Argent! Il y a des conditions dont ont ne peut se défaire...

Échapper à mon joug pour en arriver là! Le malheur pesait sur cet animal, qu'il s'agisse d'un destin cynique ou d'un si coriace traitement qu'il était inconsciemment attiré par son propre sang, comme une ligne de conduite inscrite jusque dans son âme.

– Miya…

Miya... vi...grimaçais-je. Je haïssais ce prénom. Une consonance mi-lactée et une graphie qui me laissait l’impression que par le jeu des mots et des mémoires, quelques vieux outrages étaient voués à survivre.

Le pantin ne répondit pas et continua de faire barrages aux appels de sa proclamée « ancre ». Une coquille vide. Chad l'attira alors tout contre lui, avec la délicatesse et le regard d'un frère dans un tableau émouvant que je soulignais avec intérêt.

– Veuillez clore vos lippes mon oncle, si c’est pour sortir des sottises pareilles!

Quelle insolence... Je reconnaissais parfaitement la verve et l'autorité de mon vieil adversaire, et plus encore son sang froid.

– Qu'a t-il fait pour t'attirer à lui, Kyomu? Est-ce qu'il a promis de te protéger, de veiller sur toi? Comme son père avant lui recueillait les bêtes errantes? Mais est-ce qu'il sait, est-ce qu'ils savent ce qui arrive à ceux à qui tu t'accroches? Tes mains sont des armes, tu ne sais que déchirer ceux auxquels tu tente de t'agripper...

– Ne jouez pas avec le feu, mon oncle, il pourrait vous brûler!

– Oh ce n'est pas le feu que je redoute.

Et lui aussi ferait mieux de se concentré sur la véritable menace dans cette boutique. L'eau dormante est d'autant plus à craindre que ses débordements sont imprévisibles...

– Miya, on fait face ensemble ok ? Miya ?

– A quoi voulez vous faire face?

A la part bestiale si difficile à dompter? A un parent retord?

– C'est un être solitaire et voué à la solitude. Ne penses-tu pas qu'il ne serait pas aussi buté s'il acceptait ton aide? Abandonne mon garçon, tu n'en tirera rien.

Il ne pourrait pas le prendre en main. Parce qu'une autre main le possédait déjà. Mais je ne m'attendais pas à l'intervention de la féline... J'aurais du m'occuper de son cas avant de m'occuper de Kyomu.
La vision de la jeune femme bousculant le neveu me ravis néanmoins, car je n'avais pas besoin d'agir pour que l'on se charge de creuser un peu plus le gouffre entre les cousins. Mais elle tenta de le ramener, et l'acte me rappela qu'un lien solide existait entre eux également.
Une liaison reniée et un lacet amourachée, trop d'attaches néfaste aux poignets du fantoche. La fille n'était pas un obstacle pénible, elle pouvait attendre, mais j'imaginais quelle leçon mériterait ce petit insolent en caressant machinalement le pommeau de ma canne, le regard chargé sur le Kanima.

Il se jeta sur lui. Féroce, sans borne, il contra ce fils de défenseur mortellement idéaliste. Défendrait-il toujours le japonais après avoir subit sa haine aveugle? Persisterait-il à suivre la voie de son père après avoir été confronté au monstre?! Continuerait-il à croire encore en une entente entre bêtes et humains quand il verrait son propre reflet agonisant dans les yeux de son protégé?!!

Je ne lâchais pas la créature vengeresse des yeux, la mine cruelle. Tue le Kyomu. Tue le! TUE LE!

Un courant d'air brisa ma litanie intérieure. On saisit Chad pour le séparer du kanima, on s'y mis à plusieurs pour calmer le jeu tandis que je regardais la situation prendre un nouveau tour. Trop d'éléments imprévues à cette retrouvaille elle même fortuite.
Le blond trop affectueux tenta de calmer l'animal. Je continuai de masser ma canne avec agacement et en reprenant le contrôle de moi-même, mais sans perdre une miette du drame de grand théâtre dont j'étais le spectateur.

Il parla pour le rappeler, parla en m'oubliant, tout ouïe de ses discours. Le chien s'était promis d'avancer, il aimait ce cousin malvenu, devait s'accorder une place dans cette... famille... Pardonner.
Autant d'illusions contre lesquelles je restais parfaitement silencieux.

Le dernier arrivant avait fini de poser les cordes capables de relever le jouet fatigué. Tirer d'avantage sur la bride serait inutile, j'avais contre moi trois jeunes adultes et une conscience incertaine, il faut croire que ma tentative avait échoué.

J'acceptais la tournure des évènements avec réserve, laissant chacun se faire face et se remettre de la crise avant de probablement quitter les lieux.
Un regard aussi perçant que furtif sur Wilder et l'ambré avant de scruter le reste de la petite assembler.

Un sourire dissimulé dans l'ombre de mes prunelles assouvis.



     Mr. Argent      

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MessageSujet: Re: Shopping et prospection [ft Fhury, M. Argent, Guests]   Mer 15 Avr - 13:42






Revient Mon Chaton




Feat : Elias Argent, Chad Wilder, Miyavi Kyomu et Noah Koroleva


Je tenais Miya, où plutôt j’essayais... C’était dur pour moi, j’étais faible, je le savais. Peut être aurais je du appeler Jake, lui au moins, il aurait su quoi faire. Je ne suis qu’une idiote. Et le gérant de cette boutique ne fit que confirmer la chose tandis qu’il s’adressait à mon Miya comme à un chien. En moins de cinq seconde, il avait pris le dessus sur moi, me plaquant au sol. Je tentais de me débattre en vain. A quoi bon m’épuiser dans un combat inutile ? Ainsi, le vieil homme se mit à tourner autour de nous en me parlant. J’appris que j’étais ce qu’on appelait une Lykoi, ou un chat garou, au choix. Et, en bon professeur un peu sadique, il me compta la légende des Lykois. Descendant de la déesse Bastet de l’Égypte ancienne, blessée puis recueillit par une jeune fille. La déesse l’aurait remercié en lui donnant le don des chats et de la vie éternelle. Mouais. Cela ressemblait un peu trop à une légende olympienne pour moi. Bref, il me donnait le tournis. Je repris forme humaine car je ne pouvais rien faire pour Miya. Tu parles d’une amie. Même pas capable de l’aider, j’en avais les larmes aux yeux.  L’antiquaire fini par arrêter de tourner, enfin et nous regardait de haut. Il fini par me demander si je savais ce qu’était un chasseur. Non bien sur que non que je ne le sais pas, appelez moi idiote tant que vous y êtes... Quoi qu’au vu de la situation, oui j’en étais une.

– A mon tour, j'aurais une question à vous poser. Avez vous déjà tué? Vous auriez du l'écouter très chère. Partir tant que vous le pouviez était la meilleure chose à faire.

-Jamais. Si vous parlez d’humain, jamais. Vous n’êtes qu’un fou qui détruit ce qui est différent, sans savoir si la personne mérite de vivre, vous vous prenez pour dieu, mais vous n’avez pas réussi à garder Miya près de vous ! Et il ne restera pas ! Quand il reviendra, il fera tout son possible pour ce libérer définitivement de vous ! De vous à moi, vous êtes le monstre !

Je lui avais parlé calmement, non sans colère mais sur un ton posé. La proximité même de ma future mort ne m’effrayait pas. J’avais peur pour Miya, pour ce à quoi il penserait quand il reviendrait à lui, il ce haïrait. Et plus que pour ma mort prochaine, c’est pour cela que je haïssais l’antiquaire. Il faisait souffrir Miya. Mon Miya. Je n’avais jamais eu beaucoup de courage ou d’instinct de survis, mais celui plus maternelle, de la protection, oui je l’avais. Et comment réagissait une chatte quand on s’en prenait à ses petits ? Elle attendait le bon moment pour sortir les griffes et ce battre jusqu’à la mort. Mais le bon moment n’était pas celui là. Pour le moment, le vieil homme se redressa et grimaça avant de commencer à partir non sans un dernier ordre a Miya.

– Occupe toi d'elle. Proprement.

Les doigts de Miya se referment sur ma gorge et je me débats mais rapidement je sens le néant m’envahir, je sombre doucement. Tout devint noir. Un bruit... Du fer ! Cela me fit revenir à moi. Quand j’ouvris les yeux, inconsciemment j’inspirais tout l’air que je pus. Je regarde mes mains et vois que dans ma lutte pour ne pas mourir, j’avais laissé ma partie féline prendre le dessus, sans m’en rendre compte. Soit. En relevant la tête, je pu voir Miya accroupit à proximité et un jeune homme, agréable à regarder. Son odeur me prit et je compris. Un Loup. Il est énervé. Non, furieux. Je le vois dans ses yeux et le sens dans son odeur. L’antiquaire se met à parler mais je suis trop concentrée sur Miya et le loup. J’ai compris qui il était et j’en fus encore plus furieuse. Chad. Celui qui avait tant fait souffrir mon chaton. Un feulement de mise en garde m’échappa à l’intention de Chad. Si il lui faisait du mal, il comprendrait sa douleur.

- Ça va aller, je m’appelle Chad.

-Oh je sais qui tu es... Fhury.

Je le regarde, énervée et soulagée en même temps, avec un loup ici, on aurait peut être une chance de sauver Miya. Mais après coup, je lui dirais ce que je pense de lui sans mâcher mes mots. Les yeux du loup s’égarent sur le parchemin et je l’entends murmurer un nom. Mafdet. Je ne savais qui était cette personne, mais il me le dirait. Toujours est il que Chad m’oubliât complètement et plante son regard dans celui de Miya. Il s’accroupit à sa hauteur et le prend dans ses bras. Je le laisse faire. Mais je dois me faire violence pour ne pas l’envoyer contre un mur. Je ne l’aimais pas. Mon chaton tente de se débattre de fuir et cela m’arrache le cœur. Plus que de voir Miya dans ce état, savoir que même contrôlé et formaté il tente de fuir celui pour qui il a tant d’amour me brise un peu plus le cœur.

- Je suis là, focalises toi sur moi ! Je reste ton ancre.

Je me retiens de lui dire le fond de ma pensée. Miya  n’a plus besoin de lui. J’avais passé des jours et des jours à le consoler, à l’aimer comme mon âme sœur, peut être était ce du à notre nature commune, mais je savais que Miya n’avait plus besoin de Chad ainsi. Sinon il allait perdre la tête et s’enfoncer encore plus dans son état, il n’aurait plus la force de ce battre. Le loup pressa son front contre celui de Miya en l’appelant doucement, affectueusement. Non, je ne pouvais pas le laisser faire... C’était trop dur. Je repris forme humaine, tout le monde semblait m’avoir oubliée, même le vieil homme. Il faut avouer que j’étais tellement peut dangereuse et sans prestance que l’on m’oubliait vite. Pour une fois cela serait à mon avantage. Mais alors que je m’apprêtais à réagir, l’antiquaire repris ses piques sur Chad et Miya, poussant ce dernier à tuer son ancien amant. Merde ! Il ne pouvait as la fermer celui là ? Le loup prit mon chaton contre lui, protecteur. Je vis rouge, mais restais calme. Pas encore. Je sens Chad qui perd patience face à ce monstre.

- Veuillez clore vos lippes mon oncle, si c’est pour sortir des sottises pareilles !

Son oncle ? Je me retenais de grogner. Alors en plus d’être un parfait imbécile briseur de cœur, il était le neveu d’un fou ? Super ! Miya, tu choisis parfaitement bien tes amants ! Quoi que je devrais me taire, n’étais je pas amoureuse d’un jaguar garou ? Je fus tout de même surprise du la façon dont Chad avait répondu. Foutu bourge. La joute verbale entre neveu et oncle ce poursuivit mais une seule chose me préoccupait : mon chaton. Je serrais la mâchoire, le regard dur quand le loup resserra ses bras autour de mon chat. Je haïssais qu’il le touche ainsi, en toute impunité. J’étais patiente, mais j’atteignais ma limite. Je la sentais arriver à chaque fois que Chad se montrait de plus en plus tendre avec Miya.


- Miya, on fait face ensemble ok ? Miya ?

Je sens Miya perdre pied, il pleure. Alors je fis ce que mon instinct me dicta : j’arrachais Miya au bras de Chad, le pressant contre moi avec amour et tendresse, mes yeux redevenant ceux d’un chat. Je feulais méchamment contre le loup. Miya était tout pour moi. Il m’avait sauvé, c’était mon tour.

-Tu n’es plus rien pour lui sauf la cause de sa faiblesse mentale. Il t’avait tout confier et tu à préférer le jeter. Je te haïs, mais par respect pour l’amour qu’il te porte je ne te ferais pas de mal. Je mourrais pour lui ! Et surtout, ne vas pas peser que tu es encore son ancre. A part la cause de ses blessures, tu n’es plus rien ! Tu prétends tenir à lui alors que tu es fiancé à un autre... Les gens comme toi me dégoûtent encore plus que cet imbécile de chasseur sans cœur qu’est ton oncle. Si j’avais su que ce serait toi qui viendrais, j’aurais laissé Miya me tuer ! Sais tu simplement pourquoi il est comme ça avec toi ? Par amour. Par amour il t’a forcé à le haïr alors qu’il avait le cœur en miette. Retourne avec ton Mick ! Vit ta vie comme tu l’entends. Mais plus jamais ne prétend être celui qui est le gardien de son être ! Tu n’es pas une ancre, tu es un poids !

J’avais été méchante et je le savais. Ce n’était pas dans ma nature et la preuve en fut que je rougis violemment. J’avais un peu honte de m’être laisser allez, mais c’était dit. En parlant j’étais déplacée, formant une barrière entre mon chat et son ancien amant. Je le fusillais du regard, serrant des dents. Ce n’était pas le moment de lui dire ce que je pensais de lui. Enfin de continuer à lui dire. Car malgré tout, il était venu pour Miya. Il devait tenir à lui, un tant soit peu... Je jetais un coup d’œil et vis l’immonde antiquaire plus loin, en retrait, nous regardant sans en perdre une miette. Je l’avais presque oublié. Grosse erreur.

A ce moment là, un nouveau protagoniste fit son entrée, en courant puis s’arrêtant pour comprendre la situation. Moi, retenant mon chaton contre Chad, celui-ci, ne bougeant plus, perdu et au loin, le metteur en scène ou marionnettiste. Le jeune homme, grand blond et beau ignore l’antiquaire et me demande de l’aider à éloigner Char et Miya. J’hochais la tête et du utiliser toutes mes force et a colère pour retenir mon chat qui était près à égorger son ancien amant. Le nouveau venu, que j’appellerai désormais Blondinet, éloigna Chad sans ménagement et je me dis que je l’aimais bien. Puis il prend le relais pour Miya, me remplaçant. Il le plaque au mur un peu trop brutalement à mon goût et je lâchais un grognement de mécontentement, mais ne fis rien pour l’arrêter.

- Miyavi, je suis là. Calme-toi chaton. Souviens-toi ce que tu m’as dit. Je sais que c’est dur. Tu le sais aussi, mais tu t’es promis d’avancer. Même si tu l’aimes, tu veux avant tout qu’il soit heureux, tu te souviens ? Alors tu ne dois pas le tuer. Et toi aussi tu dois être heureux. Et pour cela tu dois t’accorder une place dans cette famille. Tu te souviens ? Tu pardonnes.

Chaton ? Hey ! C’était MON chaton ! Mais les paroles de Blondinet touchent Miya, je le vois. Quand celui-ci essuie les larmes de chaton, il redevient humain, faible mais humain. Doucement, Blondinet lâche mon chaton et celui-ci avance. Sans attendre je fonce vers lui, je deviens un soutien, une canne, une partie de son corps blessé. Des larmes coulent en silence sur mes joues, heureuse qu’il soit enfin de retour après tant de douleur... Blondinet me remercie mais je ne fais pas attention, trop occupée à m’occuper de ma moitié féline. L’aura froide de l’antiquaire demeurait, mais l’envie de meurtre n’était plus... Enfin si, mais moins, beaucoup moins présente... Je reniflais un peu et clignais des yeux pour chasser les dernières larmes.

-Mon chaton... Je ne te laisse plus, c’est fini. Dès ce soir tu plis bagage et emménage chez moi. Ce n’est pas une proposition c’est un ordre. Je ne te laisse plus seul, plus jamais...

J’avais mis tout mon amour pour lui dans cette requête, le prenant dans mes bras, enfouissant ma tête dans le creux de son cou pour en respirer son odeur. Rassurante, douce, chaude. Miya était là. J’avais eu peur... Et mon corps relâcha toute la tension acculée lors de ce bref mais intense drame et se mit à trembler. Mais je tenais bon, pour Miya, pour Chad, qui souffrait sûrement à cause de mes paroles, pour le Blondinet qui aimait Miya, un amour que même un aveugle verrait... Je refusais qu’il soit seul. Plus jamais je ne le laisserais. Et puis, Braise, de part sa nature lumineuse, pourrait l’aider et peut être même le sauver... Il m’avait appris que je n’étais pas un monstre, à mon tour de lui prouver qu’il n’en était plus un...



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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Shopping et prospection [ft Fhury, M. Argent, Guests]   Dim 19 Avr - 22:18











Exécration


Je sens mes paroles tomber dans le vide, Miya ne réagit pas. M’entend-il seulement ? Ses yeux remplis de larmes me bouleversent, je ne sais quoi faire pour le rassurer. Il ne semble pas s’accrocher à ma voix. Elias enfonce le clou, lui disant qu’il s’est attaché à un autre Argent… moi. Moi qui l’ai trahi comme le reste de cette foutue famille. Mon oncle surfe sur la vague de désespoir qu’est Miya. J’ai envie de me retourner contre le boiteux, de l’égorger d’un coup de griffe, mais cela serait s’abaisser aux méthodes de cette famille. Je vaux mieux que ça, Miya et moi sommes mieux que ça. On va changer cette famille. La nouvelle génération sera différente, ensemble nous…

Le regard de Miya a changé, ses larmes ne coulent plus. Quand sa main m’agrippe, je comprends l’horreur de la situation. Elias lui a donné l’ordre ! Famille de maudis qui demande aux siens de s’entretuer. Les griffes de Miya sont entrées dans ma chair. Je résiste à l’envie de hurler ma douleur et surtout je bloque ma transformation. Je crois toujours pouvoir le raisonner si je reste humain. Je refuse de croire qu’il a pu oublier ce qu’on a partagé, même si j’ai fui. La jeune femme nous sépare, ses mots sont cruels, car ils sont la vérité. Je comprends que je me suis voilé la face, j’avais imaginé que le temps ferait son effet anesthésiant. Qu’il comprendrait que ce qu’on a pris tous deux pour de l’amour est un lien fraternel. Je réalise de l’énorme différence, j’ai Mick alors que lui n’a personne. Pire, il vient de retomber sous le joug de ce salopard.

- Tu n’es pas une ancre, tu es un poids ! Ponctue la fille.

Je ne réagis presque pas quand Miya la repousse violemment pour se jeter de nouveau sur moi. J’essaye de le garder à distance, mais il emploie toute sa force. Je l’ai déjà maitrisé alors qu’il était sous Shadows. Je connais sa puissance, ses armes et sa rapidité. Je ne suis plus un alpha, mais pas non plus un bêta ordinaire. La faiblesse de Shadow a été de se croire invisible. L’être qui m’agresse et qui n’est plus Miya, pense de même, ou plutôt ne se pose même pas la question.  L’arrogance de se croire au sommet de la chaine alimentaire, la bête qu’Elias a formatée me fait penser à un mauvais gros-bill d’un jeu de rôle de seconde zone, le plus fort, le plus malheureux, le plus « plus ». Tous les ingrédients y sont. Je commence à manquer d’air, mais refuse toujours à me transformer, quoique je n’aie pas besoin de faire ressortir mes traits lupins pour le devenir. Je suis le loup et j’espère juste tenir suffisamment longtemps pour… Les propos de la fille me confortent dans cette prise de risque. Puisque je ne suis plus rien pour Miya, rien qu’un poids. Mon cœur rate un battement en pensant cela. Enfin la clochette de ce bordel antique tinte enfin, l'autre ramène enfin ses fesses.

Deux mains puissantes m’arrachent de l’étreinte de Miya qui se veut mortelle. Regards de haine, encore, je sers les dents. Cette fois c’est à moi de jouer le rôle du salopard, alors que je pourrais reprendre ma domination sur cet esquimau blafard et contrer le kanima par la force quoiqu'il en plaise à Elias, aucun être vivant n'est invincible. Ce rôle de raclure est si éloigné de ma nature, mais il vient de m’être attribué à l’unanimité par les trois créatures ici présentes, faisant ainsi le jeu d’Elias. Noah tente de calmer Miya. Il lui demande de me pardonner, alors que son cœur crie l’inverse. Il est jaloux de moi, à juste titre, pour l’instant. Miya doit comprendre la réelle nature de notre lien, après seulement il pourra repartir sur de nouvelles bases. Noah parle, rassure, mais il n’est pas crédible, pas à mes oreilles, ni à celle de Miya si celui-ci écoute.

J’ai envie de pousser mon aura et de lui imposer mon joug à ce bêta arrogant. Il ne se rend pas compte qu’une part de lui est toujours à moi. Je l’ai sentis arriver, bien avant que mes sens ne le perçoivent. J’avais sentis sa présence avant mais avais relégué ça dans un coin de ma tête. Je n’ai pas l’intention de me créer une meute. Mais là, j’ai envie de le faire plier, pour lui faire ravaler sa haine envers moi. J’ai aimé Miya sincèrement, est-ce de ma faute si je me suis aperçu que nos sentiments n’étaient pas ce qu’on pensait ? Les aveux de mon père me donnant la clé. J’ai envie de le faire plier car il ne croit pas un mot de ce qu’il dit. Mon épaule me lance, j’ai la gorge qui brûle et… toute cette haine à mon égard me prend aux tripes. J’évite de regarder du côté d’Elias, car je crois bien que ma maitrise volerait en éclat et que je ne ferai pas mentir la tradition familiale en éliminant un des miens.

Je me redresse en chancelant et recule vers la porte. Je presse mon épaule pour contenir l’hémorragie que je pourrai pourtant stopper si aisément. A leur haine, je leur oppose mon humanité et ma faiblesse. Eux qui me jugent, qui me haïssent, qui me reprochent ma tromperie alors que finalement j’ai été simplement honnête. Aurai-je dû lâcher Mick, refuser le bonheur, refuser de le faire souffrir alors qu’il n’y ait pour rien ? Il culpabilise déjà bien assez ! Qu’auraient-ils fait, eux, ce jury populaire, ces donneurs de leçon de morale ? Je connais un certain laboratoire au fin fond du Mexique qui aurait fait fondre bien rapidement leur loyauté de pacotille. Mais si toute cette haine peu aider Miya… Je l’encaisserais. J’avais juste imaginé un futur différent, un futur où Miya serait heureux avec un autre que moi, un futur où on rirait de ce moment présent.

Mick… Heureusement que mon ancre est solide au milieu de cette tourmente.

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Miyavi Kyomu

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MessageSujet: Re: Shopping et prospection [ft Fhury, M. Argent, Guests]   Mar 28 Avr - 22:53

First step



Nous les tuerons. Toutes ces créatures, ces êtres qui n’apportent que mort, nous les tuerons, car c’est pour cela que nous sommes là, c’est pour cela que nous sommes. Ce loup et cette Lykoï doivent mourir. Non ! Je ne veux pas les tuer. Fhury est mon amie et Chad…Nous le haïssons. Non ! Je l’aime encore ! Nous le tuerons. Non ! Je…j’ai…je n’en peux plus. Faites que cela s’arrête !

Je me sens tiré en arrière. Fhury passe devant moi et s’insurge contre Chad. Les larmes brouillent mon regard. Je suis perdu. Je ne parviens plus à distinguer le passé du présent, mes souhaits des ordres. La voix de Fhury disparaît. La rage reprend le dessus sur notre conscience. Sans doute n’avons-nous pas de conscience. Nous attaquons le loup. Il est fort et il refuse de sortir les crocs. Hors, sans ses griffes il ne pourra pas nous résister longtemps. Et puis une autre créature intervient : un loup de glace. Il pousse l’autre loup et la Lykoï nous attrape par le cou pour nous tirer en arrière. Le blond platine nous agrippe et nous bloque contre le mur. L’autre loup pourrait sans problème le tuer, mais il ne le fait pas, étrange. Et ce loup de glace ne semble pas avoir peur, c’est troublant. Il nous parle. Le froid s’empare de notre corps. Notre cœur ralentit. Notre vue se brouille. Ses mots et ce froid…nous…je…Noah !

Il me rappelle une promesse que je me suis faite : pardonner et avancer. Mon passé avec Chad est tumultueux mais il est surtout riche. Il lui a suffi de savoir que nous sommes liés par le sang pour décider de recréer un lien. Pour moi, ça n’a pas été facile. Apprendre ce lien de sang n’a fait que me plonger dans un état de déni. Découvrir que je n’étais qu’un pantin, que le conditionnement était toujours là, ça m’a brisé. Mais ce qui m’a véritablement anéantis, c’est qu’il n’est pas revenu vers moi parce qu’il a su que ce monstre que je lui avais montré, ce n’était pas moi. Il n’est revenu que parce que je me suis révélé être de sa famille. Je suis devenu ce petit frère qu’il rêve d’avoir depuis la mort de sa sœur. Voilà ce qui m’a le plus blessé, voilà pourquoi je reculais de de pas dès qu’il en faisait un. Encore une fois, j’avais la sensation de n’être qu’un pantin, un objet de substitution.

Noah ne m’a pas lâché. Il m’appelait sans arrêt au grand damne de son alpha un peu jaloux, mais notre relation n’a rien de passionnel. Même s’il me regarde encore avec le désir de m’embrasser, ce n’est pas de cet amour qu’est fait notre lien. Il m’a aidé, puis j’ai rencontré Fhury et tout doucement je me suis relevé. Découvrir que Chad et Mick avançaient si vite dans leur relation m’a fait prendre conscience de combien je les avais freinés.  Ça m’a mis à genoux. Mais ils sont tellement heureux ensemble. J’étais brisé, mais je pouvais être recollé et j’étais content de les voir si bien, de les voir vivre ce bonheur. Ils le méritaient. Le jour de cette fête à Beacon Hills, je suis allé voir un tatoueur, bien décidé à avancer moi aussi. J’ai envoyé un message à mes amis avec une photo du soleil de ce jour-là. Cela en disait long…L’avenir, le lendemain lumineux.

Et puis j’ai appris que j’avais aimé un homme de mon sang, comme on m’avait appris à le faire. Fhury et Noah m’ont consolé. Ils ne se connaissent pas et ne se sont jamais rencontrés mais ils ont le même instinct de protection envers moi. Ils m’ont écouté, m’ont laissé pleurer sur leurs épaules et ont séché mes larmes puis, et ce malgré leurs propres sentiments, ils m’ont rappelé ce soleil, comme aujourd’hui Noah me rappelle ma promesse. Je relâche mes muscles. Mes larmes coulent mais je ne pleure pas à gros sanglots. Je peux parler. Je pousse même le vice jusqu’à sourire.

«  Tu ne crois pas en tes propres mots. Tu ferais un très mauvais acteur.
— « Je ferais un excellent acteur si tu n’écoutais pas mon cœur.
« Pas de chance pour toi, je peux l’entendre sans effort.
— « Pour ma défense, je ne me suis jamais caché de ce que je pense de lui, même à Nathan. Il meurt d’envie de me soumettre, je peux le sentir d’ici. J’ai l’habitude, je tiens tout le temps tête à Nathan.

Je me suis calmé, il me relâche. Je baisse la tête en essuyant mes larmes.

«  Quelque chose me dit que tu ne pourras pas te faire pardonner par Chad comme tu le fais avec Nathan.
— « Je n’en ai aucune envie.
« …Je veux avancer…
— « Je sais.
« Il…
— « Il est là. C’est qu’il tient à toi, non ? Alors vas-y, avance.
« Qui êtes-vous et qu’avez-vous fait de Noah ?

Le blond rit et fait un signe de tête. Il le déteste pour de nombreuses raisons plus ou moins justifiées, mais il sait malgré son ressentiment que je suis fautif également et que cette relation que l’on a détruit à deux ne peut se reconstruire qu’à deux. Ces rares amis que je me suis fait durant cette sombre période sont finalement ceux qui me connaissent le mieux. Fhury, Noah et…

— «  Je lui envoie un message, me dit Noah. Je suis parti en trombe, il doit s’inquiéter.

Je souris. Le plus étrange c’est que cela ne me surprend en rien car notre amitié est naturelle. Elle s’est construite doucement. J’ai confiance en eux. Je le laisse le prévenir et j’en profite pour m’approcher de Fhury. Du coin de l’œil, j’aperçois le visage de mon grand-père changer d’expression. Je fais de mon mieux pour éviter de le regarder depuis tout à l’heure. J’ai toujours peur de lui. Je serre Fhury dans mes bras.

« Merci, chaton, de me protéger ainsi. Tu es plus qu’une amie à mes yeux. Je suis terriblement désolé d’avoir essayé de te tuer. Je…merci pour tout.

Puis j’avance vers Chad. Je tiens à faire cela devant mon grand-père pour lui montrer qu’il a perdu. Je n’ose pourtant pas regarder Chad tout de suite, mais je prends finalement mon courage à deux mains.

«  Désolé d’avoir essayé de te tuer. Et désolé pour le Mexique. Rob t’a attaqué par ma faute. Rien de tout cela ne serait arrivé si tu n’étais pas sorti avec moi, si j’avais compris plus tôt que tu ne… Je t’ai causé beaucoup de soucis et j’en suis vraiment désolé. Désolé aussi pour leur…comportement. Ils sont un peu trop protecteurs. Ils ne peuvent pas te faire plier d’un simple grognement alors ils se rattrapent à coups de regards assassins. Navré de te l’annoncer mais ça ne va pas s’arrêter comme ça. Ils sont rancuniers mais ce sont de bons amis, ils ont été là pour moi quand…

Je serre les dents et je déglutis. J’ignore mon grand-père autant que possible mais c’est difficile d’agir comme s’il n’était pas là alors qu’il me terrifie.

«  Je suis content pour Mick et toi. Vous méritez ce bonheur. J’espère que Mick comprendra vite ce qu’il s’est passé pour que vous puissiez profiter de votre vie de couple. D’ailleurs, j’annonce, je gère l’enterrement de vie de garçon…les enterrements de vie de garçon. On va forcément inviter les mêmes personnes et il est hors de question que l’un assiste à la soirée de l’autre, sinon ce n’est pas un enterrement de vie de garçon. Il faudra en faire deux. L’autre ira au spa ou s’acheter une chemise !

Chad met du temps à comprendre mais je suis incapable de dire plus clairement que je veux essayer d’avancer et de recréer un lien.

«  Je suis celui qui doit organiser ça, d’abord parce que j’ai les contacts et puis c’est mon rôle en tant que cousin…

Ce dernier mot sort avec peine, mais il sort. Il fait un pas, le sourire commence à étirer ses lèvres. Il veut me prendre dans ses bras car ça lui fait plaisir, mais je recule. C’est trop tôt. Je baisse la tête. Ma voix me fait défaut mais je la force.

«  Chad, je…j’aurais aimé que tu n’aies pas besoin de savoir que nous avons un lien de sang pour envisager de me reparler. J’aurais aimé que tu comprennes plus tôt que je ne suis pas un monstre…Je ne serais jamais Emy…je ne pourrais jamais la remplacer.

Il veut dire quelque chose, mais je le coupe.

«  Partons d’ici, vous le voulez bien ?

Je ne me sens pas bien. Je veux quitter cet endroit. Ils acceptent et nous partons de la boutique en ignorant ou assassinant le boiteux du regard. Pourtant, après deux pas hors du magasin, je reviens jusqu’à me présenter au comptoir face au vieil homme qui avait une si grande emprise sur moi. Étrange comme, malgré la présence de mes amis dehors, je me sens seul face à lui.

Je tends le parchemin et l’argent. Après tout, nous sommes entrés pour cela. Argent attend que je remplisse mon chèque en tapotant le bois du comptoir du bout des doigts. Ce bruit est troublant et particulièrement pénible. Il me crispe. Je lève un regard décidé vers lui. Je suis libéré de ses fils. Il ne me contrôle plus. Alors pourquoi me sourit-il ainsi ? Pourquoi cette expression alors qu’il a devant lui la preuve que je ne suis plus à sa merci, qu’il a échoué ? Cet homme…qu’est-ce que je faisais déjà ? Ah, oui, le chèque. Je signe et je quitte la boutique sans pouvoir prononcer le moindre mot. Libérer mais encore blessé.

Je tends le parchemin à Fhury et je lui rappelle qu’elle a toujours rendez-vous avec Mafdet. D’ailleurs, je la vois s’approcher. Pendant ce temps, je dois commencer à poser les briques de ma nouvelle relation avec Chad. J’avance vers le bonheur, vers une nouvelle vie. Mais j’ai cette étrange impression de solitude une solitude d’une intensité nouvelle. Serait-ce un adieu de sa part ? Je me tourne vers la boutique et frissonne avant de tourner la tête et de sourire. Le soleil est devant moi.

— «  Fhury, voici Mafdet Mahes.

[hrp : fin du poste pour moi. La suite : ici avec Chad et Ici avec Fhury et Braise, et dans un post à venir pour Fhury et Mafdet, Fhury je te laisse voir ça avec elle ^^, Papy, au plaisir de ne pas te recroiser de si tôt !]

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MessageSujet: Re: Shopping et prospection [ft Fhury, M. Argent, Guests]   Sam 9 Mai - 3:09



Shopping et

prospection






Le Kanima avait obéis en un claquement de doigt. Aucune hésitation sentimentale ne l'avait freinée, aucune faiblesse dans ses mouvements ne s'était manifestée. L'arme restait une arme, quelque soient les nouvelles fonctions que l'outil avait voulu se donner.
Elle méritait de savoir ce qu'elle était, alors j'expliquai à la Lykoi l'origine de son espèce, quel genre de créature elle était devenue à cause de la morsure de ce chat antique, et je terminais sur une simple question qui scellerait son sort.

— Jamais.

Je me redressai imperceptiblement en ne sachant pas si elle se défendait de tout crime ou si elle remettait en question mon assurance que partir d'ici lui aurait épargné bien des problèmes.

— Si vous parlez d’humain, jamais. Vous n’êtes qu’un fou qui détruit ce qui est différent, sans savoir si la personne mérite de vivre, vous vous prenez pour dieu, mais vous n’avez pas réussi à garder Miya près de vous ! Une furtive grimace me pinça les sinus. Et il ne restera pas ! Quand il reviendra, il fera tout son possible pour ce libérer définitivement de vous !

— Mais ce sera vain.

— De vous à moi, vous êtes le monstre !

Je ne dis rien. Je restai seulement sur ma position, à toiser l'insolente d'un regard aussi sombre que neutre. Que de reproches, la docile ne l'était pas autant que je l'avais cru à son entrée dans cette boutique. Ni aussi effarouchée face au « monstre » qu'elle dépeignait.
Je me courbais pour lui chuchoter, plus sombre et plus hargneux que je ne l'avais été.

— Je ne prétend pas le contraire.

Et mieux valait pour elle qu'elle ne l'oublie pas.
Quelques mots brefs et concis furent prononcés, et Kyomu opéra, anéantissant la jeune fille.

Nous permettant de renouer des liens familiers.

Et puis l'Argent aux valeurs cavalières fit sont apparition. Il connaissait le Kanima, son... cousin, donnant lieux à une étonnante réunion de famille. Une bataille s'engagea, dont le prix était l’allégeance du chien. C'est à celui qui saurait s'attirer son esprit perdu, je rongerais les fils du lien que Chad essayait de rattraper, et même s'il était trop blessé pour réagir à mes propres tentatives, je notais bien les difficulté que le jeune homme avait à le faire sien.

Puis il y avait la discrète. La lykoi s'interposa involontairement dans notre joute, rompant nos emprises mutuelles sur la créature de rien. Je la vis serrer contre son sein l'animal malmené, avec dans les yeux une lueur féroce et pourtant ô combien vertueuse. Un menue frisson me fit lentement me tendre au feulement de la chimère, mais je ne perdis rien de mon austérité. Le tableau ne méritait qu'indifférence, et ce n'était pas vers moi qu'elle crachait sa rancœur.

Chad reçu les attaques de la féline. Il était à ses yeux la cause des malheurs de son protégé, il aurait trahis ses sentiments. Puis le mépris s’accrût de façon discrète mais considérable à l'encontre des deux cousins quand fila la déduction d'affections intolérables.
Je ne pouvais m'ôter la pensée selon laquelle ce rebus surnaturel pouvait-être contre-nature.
Elle, se dit prête à mourir pour lui. Pour un chien. Et elle conclu son réquisitoire en attestant l'absence totale d'influence de Wilder sur son compagnon.

La vague inquisitrice cessa, et je ne manquai pas de laisser un infime sourire répondre au regard que m'envoya la petite bavarde. Je n'en avais rien manqué, pas même un nom lancée dans la foulée.

Le neveu ne bougeait plus, il était désorienté par ses claques : il était vulnérable. Je n’eus pas à ouvrir la bouche pour que l'âme bafouée se jette sur lui et lui fasse payer.

Mais la chance n'était pas de mon côté. Un énième soutient vint porter le fantoche abimé. Un énième soutient pour lui... un nouvel opposant pour mon neveux.
Le tableau s'était dessiné de manière si juste et si évocatrice qu'en ayant voulu y apposer ma touche je n'aurais put que le gâcher. Le cendré et la féline, tout deux épaulant Kyomu avec la rage et l’apitoiement à l'âme, et en face d'eux, le défenseur isolé, rejeté, désabusé.
Esseulé.

— ... Et bien. Tu ne sembles pas très doué pour te faire des amis... mon cher neveu.

Un sourire perfide me fendit le visage en lorgnant lentement sur lui. Je me délectais sans commune mesure de pouvoir renvoyer sa pique à l'insolent, d'autant plus de l'éloquence de la situation. Qu'il voit, le doux rêveur, où le mèneraient ses attachements.

— Mon chaton... Je ne te laisse plus, c’est fini. Dès ce soir tu plis bagage et emménage chez moi. Ce n’est pas une proposition c’est un ordre. Je ne te laisse plus seul, plus jamais...

Mes sombres mordorées jaugèrent l'asiatique. Il serait sous surveillance. Qu'elle touchante décision. Puis il se redressa. L'aide recula, il se tint debout, seul, remercia la jeune fille qu'il aurait put tué... fit face au Wilder...

Et il s'excusa à nouveau. Pour avoir attenté à sa vie. D'une façon aussi triviale, je ne compris pas comment est-ce que Wilder pouvait accepter de telles paroles sans réagir, sans le repousser, sans chercher à l'éliminer à son tour!

— ...Et désolé pour le Mexique.

... Comment?...
Je m'étais figé à l'annonce, une ombre méditative rivée sur les cousins. Alors débuta un déballage ininterrompus, dont je m'en étonnerai moi même, je n'étais pour rien. Le chien parla, parla tant en occultant ma présence que j'étais absolument certain de son inconscience. Je portais un regard nouveau sur l'ébahis, sur ce garçon disparu à son tout jeune age et que nous avions convoité pour en faire l'un des notre, et qui aujourd'hui se révélait être... d'une valeur insoupçonnée. Puis ce prénom déjà entendu revint, celui par qui le petit masochiste s'était fait remplacé dans le cœur de sa prétendu ancre. Il projeta un futur ordinaire, les espoirs illusoires d'une reconstruction avec celui qui l'avait trahis, une relation humaine et sans tâches, rêves risibles pour ceux qui c'étaient déshonorés par leurs liens de sangs... Des noms encore, des affiliations, je n'étais plus qu'une silhouette relégué au décor, et le Kanima tout ancré sur Chad.

Kyomu souris, d'une manière moins forcé que précédemment. Le sourire d'un enfant qui espère avoir été pardonné pour sa bêtise, un sourire innocent.

Ils quittèrent la boutique. De toute cette réunion, je n'avais pas bougé. Je me déplaçai seulement en quelques lents claquements pour prendre appuis au cœur des vitrines, les mains jointes sur mon bâton, face à la porte qu'ils traversaient tous.

— Tu ferais bien de t'occuper de ça. Invectivais-je mon neveux, en désignant son épaule en sang. Le résultat risque de ne pas être très joli.

Je lui accordai un regard perçant qu'il aurait put ressentir même de dos.

Lorsque la porte se referma, je me retournai pour rejoindre le comptoir. Pourtant, la clochette n'eut pas le temps de teinter une seconde fois.
La lumière pénétra un peu plus à l'entrée, seulement dérangé par une ombre hardis. Je restai parfaitement silencieux et laissai Kyomu me tendre le parchemin qui les avaient attirés ici pour me l'acheter, une preuve d'honnêteté pour prouver son humanité, une marque de distance pour marquer son indépendance nouvelle.
Le stylo souligna une signature sur le papier pendant que je marquais ma présence par d'audibles impatiences. Le docile en frissonna, sans pour autant me redouter, mais la situation ne m'ôta pas une insidieuse satisfaction. Puis le garçon se tourna face à moi, pour m'affronter de ses yeux noirs aux pépites océanes. Un regard neuf et éclatant, mais un piètre rempart contre mes obsidiennes intransigeantes, deux lourdes assurances accompagnées d'un long sourire énigmatique qui ébréchèrent brièvement la protection de l’affranchis. Un petit mouvement de canne suffit à lui faire reprendre conscience, et son achat en poche, le chien tourna le dos à son vieux maitre.

Je regardais plus longuement la porte à présent close, respirant le silence qui sévissait après l'imprévisible tempête. Cette boutique, pourtant chargée, semblait soudain vidée. Je tournai les talons pour retourner calmement derrière mon bureau, coups de cannes discrets mais impitoyable sur le plancher, un sourire rehaussant les ombres inquiétantes de mon visage et donnant plus de vivacité aux lueurs dans mes prunelles à mesure que je décrochais le combiné et composai un numéro.

— Allo. Docteur?



Fin




     Mr. Argent      

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MessageSujet: Re: Shopping et prospection [ft Fhury, M. Argent, Guests]   Lun 11 Mai - 15:25






Miaou...




Feat : Chad, Miya et Elias


Je m’en voulais. D’où me venait toute cette haine vis-à-vis de Chad ? 2tais-je donc devenu le monstre que je combattais depuis presque quatre ans ? Alors que je regardais Chad, quelque chose se brisa en moi. Mais je ne devais pas m’y attarder pour le moment. Ma priorité était Miya. Même si je ne doutais pas que le vieux crocodile l’est remarqué. Je n’étais pas un monstre. Mais je ne voulais plus jamais voir Miya dans cet état. Alors, mon chaton me pris dans ses bras en me suppliant de le pardonner.

-Je ne t’en voudrais jamais Miya. Tu m’as sauvée... Je ne t’en serais jamais assez reconnaissante...

Je me détachais de lui, peut-être trop vite, évitant trop son regard. Je me reculais, serrant des poings en m’enfonçant mes propres griffes dans la chair de mes mains. Mon sang coulait en silence tandis que je baissais la tête, attendant qu’ils en aient tous finis. J’avais envie de pleurer mais je ne le ferais pas. Mais je me sentais différente. Puissante et une envie de frapper, de tabasser ceux qui avaient brisé Miya me prit violemment. Je du inspirer profondément pour ne pas céder à la tentation. Pourtant quand Miya me pris par la main pour sortir, je relevais la tête et je vis mon reflet dans une vitrine. Mes yeux ! Mes pupilles étaient fendus ! Je laissais donc mon côté chat prendre le dessus ? Étais-je si faible que les efforts de Luam et de Braise avaient été vains ? Dehors, le chaton me tend le parchemin et le prend, en le remerciant d’un hochement de tête. Tout autour de moi était brisé. Je ne savais pas quoi faire.

Miya me rappela mon rendez-vous avec... La femme qu’il voulait me présenter. Je levais la tête et la vit. Et quelle femme. Si sûre d’elle, belle, puissante. Se mouvant avec grâce. Comment me faire me sentir encore plus lamentable quoi. Mais à son approche, une odeur de félin calma tout de suite mes peurs et me permit de ne pas craquer.

-Fhury, voici Mafdet Mahes.

Je la regarde tandis que Miya prend congé de nous. Instinctivement je penche la tête sur le côté alors que mes envies de meurtres laissent la place à quelque chose d’autre : la peur. De ne pas être à la hauteur de ce que je suis...

Fin pour moi ♥



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