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 Le clic et le pinceau (feat. Chad)

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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Dim 22 Fév - 19:28




Le clic et le pinceau


Feat. Chad







La nuit avec Matrim a été délicieuse. Même si nous n’avons pas beaucoup dormi l’un avec l’autre nous avons pris plus de bon temps que de repos.  Mais je ne suis tout de même pas arrivé en retard à l'Université. J’ai même eu le temps de boire un café avec Parker et Anna à la cafétéria du campus. Ils n’ont pas hésité à me poser des questions et à me renifler ostensiblement.

- Ok, on a passé la nuit ensemble, avoué-je avec un sourire de conquérant.

- Tu l’as rencontré hier, c’est ça ? Demande Anna en finissant son mug.

- Oui, il est venu pour être modèle, on sortait de là quand vous nous avez vu, raconté-je.

- Et bien, vous ne perdez pas de temps, s’exclame Parker. Tu sais dans quoi tu t’embarques ?

- Pas du tout, justement ne pas savoir à l’avance, ça me plait !

C’est vrai, Matrim est différent des autres hommes que j’ai connu, je ne sais pas à quoi m’attendre même si j’essaie de nous placer dans un schéma prédéfini, il sait me surprendre. Il a fait ses preuves dans cet atelier atypique.

- Matty, ferme la bouche, se moque Anna.

Je lui tire la langue pour protester. C’est l’heure pour moi de rejoindre les autres si je ne veux pas être en retard.

Je m’installe parmi le petit groupe d’amis avec qui j’ai l’habitude d’être pendant les cours. Le professeur, qui est toujours en avance, discute avec l’un de ses pairs. Ce semestre, notre référent nous avait dit qu’il serait question de collaborer avec d’autres filières. J’ai oublié que cela devait commencer aujourd’hui.

Il demande l’attention et nous explique la présence de cet autre homme.

- Bonjour à tous, comme vous le savez, durant six semaines vous travaillerez avec les étudiants en architecture, explique-t-il. Le but de ce travail d’échange est de vous permettre de compléter votre bagage d’artiste. Après les natures mortes, les modèles vivants, vous vous pencherez sur le patrimoine et l’immobilier.

- Quant à mes étudiants, continua l’autre professeur, c’est l’occasion pour eux d’améliorer le beau dans leurs projets. Votre aide leur permettra d’approcher l’excellence, car les projets les plus audacieux sont souvent le fruit d’une technique impressionnante et d’un esthétisme recherché.

Les étudiants architectes entrent donc dans l’amphithéâtre. Ils sont plutôt calmes et voient notre collaboration de manière professionnelle. Nous autres sommes des artistes, aussi sérieux et passionnées, mais avec des manières différentes. Néanmoins, nous tous ici présents sommes liés par le dessin. Eux dessinent l’utile, le pratique. Et nous dessinons le plaisant, le beau. Enfin en matière d’Art, cette notion est très subjective.

Nous créons des binômes un peu de façon aléatoire. J’ai ouvert ma pochette à dessin pour sortir quelques croquis et pouvoir discuter avec celui ou celle qui viendra  à ma rencontre.

C’est un jeune homme blond, plutôt charmant, qui s’approche. Il ne choisirait peut être pas choisi de travailler avec moi s’il ne sentait pas que je suis un loup-garou. C’est clair lorsqu’il me jauge avec politesse. Nous nous regardons mutuellement mais nous sentons aussi. C’est plutôt facile de nous reconnaître entre nous. D’autres signaux nous invitent l’un et l’autre à faire connaissance.

- Salut, moi c’est Matthias, enchanté, dis-je en tendant une main amicale.














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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Lun 23 Fév - 13:29









Le clic et le pinceau




Cours de CAO, l’objet du contrôle me plait, pour une fois on peut s’affranchir des normes et laisser cours à notre imagination. Alors que l’unité centrale de l’ordinateur ouvre le logiciel, je regarde par la fenêtre et laisse mes pensées vagabonder. Depuis quelque temps, j’ai un projet qui me tient à cœur. J’ai déjà une quinzaine d’esquisses sur mon ordinateur. D’habitude, cela ne me gêne pas quand Mick me regarde travailler, il le fait certes discrètement, feignant de lire quelque chose, assis sur le fauteuil en face de moi, alors que mon stylet file sur ma palette graphique.  Mais son cœur le trahit quand il réagit à mes mimiques, comme m’ébouriffer les cheveux quand ça ne va pas comme je le souhaite. Si je relève les yeux vers lui, il se replonge dans son livre avec une moue amusée.

J’aime sa présence muette à mes côtés. Il est le gage de ma sérénité. Notre relation a évolué ou plutôt décollé depuis notre retour du Mexique. Ma rupture consommée avec Miya y est aussi pour beaucoup. Derek avait raison, un loup est exclusif, il ne peut se partager entre deux compagnons. J’aime Mick, et le mot est bien faible pour décrire vraiment ce que je ressens. Il y a un côté absolu qui est, pour mon plus grand bonheur, réciproque. Je suis le loup, il est l’humain, mais pourtant sa fortitude n’en fait pas le plus faible de nous deux, bien au contraire. Mick est mon rock, le crocher auquel je m’accroche quand je pars à la dérive. Il est la constance dans cette vie qui se joue à se faire tempête.

Oui, j’aime quand Mick me regarde jongler sur ma tablette ou le clavier, mais en ce moment cela me gêne. Il ne regarde pas souvent par-dessus mon épaule, mais parfois vient commenter ce qu’il voit. Mais là, je ne veux pas qu’il regarde, même si toutefois, il est difficile pour un néophyte de deviner l’immeuble ou la maison qui se cache derrière tous ces traits de construction. On matérialise rarement les murs, ou juste en phase finale. Si la présence de Mick me gêne c’est parce qu’il est concerné par ce que je fais, ce projet, nous ! Cela fait entrer tellement de paramètres en jeu, un seul manque à l’appel, et cela fait tout capoter. Mais il me plait de rêver qu’un jour nous puissions habiter dans une demeure que j’aurai imaginée à notre image.  Un refuge mais aussi une porte vers l’extérieur. Un lieu qui peut être soit ouvert ou fermé.  Où chacun aurait son espace, un endroit où la chambre en serait le cœur.

- Monsieur Wilder ? Je crois que votre ordinateur a largement eu le temps de s’initialiser sur le serveur du campus…

Je m’excuse de ma rêverie et plonge sur le logiciel de CAO. Le temps passe, seulement perturbé par les clics des souris.  Je relève la tête trois heures plus tard, la nuque raide. La maison que j’ai conçue n’est pas constructible, car elle fait fi des règles sur l’urbanisme et notamment sur les normes parasismiques qui m’avait valu de refaire tous les plans de la future maison de Miyavi alors que le chantier avait été pourtant validé, accepté et entamé. Lorsque j’ai eu le même problème avec le manoir de Derek, on avait compris que quelqu’un nous mettait des bâtons dans les roues. Je n’avais aucune preuve, mais un certain Monsieur Elias Argent pourrait bien être à l’origine de cela. Dire que ce… chasseur était mon oncle… Si je ne reniai pas mon père biologique, je reniai son nom de famille.

Alors qu’on envoie tous notre fichier dans le dossier commun de la classe, le professeur nous rappelle le projet de mixité avec les étudiants en art. Les réactions sont diverses et variée, si nous avons le dessin en commun, la comparaison s’arrête là.

Le jour J nous sommes passés par notre salle dédiée, pour récupérer ce dont on avait besoin. J’ai mon ordinateur portable, mais j’ai laissé ma palette graphique à l’appart, elle est bien trop précieuse à mes yeux pour que je la transporte ainsi. Je prends donc celle du campus. J’ai aussi mon tube à plan dans le dos. Nous sommes quelques-uns à avoir besoin d’afficher nos projets en grands pour pouvoir y réfléchir dessus. D’ailleurs l’arrivée de Matrim avec ses prix attractifs pourrait bien faire de nouveaux adeptes du tirage en format AO. Puis j’avais le sentiment que ceux de la section artistique resteraient septiques quant à bosser sur l’ordinateur.

Il y a un moment de flottement lorsque nous entrons dans l’amphi où se trouvent déjà les autres. La différence est notable, rien que par les tenues vestimentaires. La bohème qui croise le monde des geeks, si je peux grossièrement qualifier mon groupe. Nous sommes bien moins colorés, plus sobre en apparence, moins exubérants aussi. Les binômes doivent se faire au hasard, je vois déjà certains mecs de ma classe se ruer sur les filles plutôt jolies et pas trop extravagante de l’autre groupe. Qu’est-ce que je n’aime pas ça… Je scrute le groupe, je perçois l’aura de quelques loups. L’un d’eux a déjà sorti ses affaires, alors que les autres discutent. La première impression me laisse penser qu’il est sérieux et travailleur, je m’avance donc vers lui.

Il m’a repéré. Les premières salutations sont muettes, on se jauge et on se sent. Je fronce imperceptiblement les sourcils quand je reconnais l’odeur de Matrim sur lui. La force de la fragrance laisse penser à un contact prolongé. J’espère qu’il n’est rien arrivé de fâcheux à Matrim. Le calme du loup qui me fait face, me laisse bon espoir. Il est plutôt joli garçon et connaissant Matrim qui est plutôt… spontanée pour ne pas dire rentre dedans, cela ne m’étonnerais qu’à moitié qu’il ait eu un contact assez rapproché avec ce jeune homme. J’ai tout de même une question qui me turlupine, je suis le premier loup que Matrim  a croisé, sait-il pour…

- Salut, moi c’est Matthias, enchanté.

- Chad, ravi de te rencontrer. On se pose là-bas ? Dis-je en désignant une table.

L’idée de base, est que chaque architecte montre un projet de construction et en discute avec ‘un des artistes. Il s’agit de confronter les impératifs de construction et l’esthétisme. Je pose mon barda sur la table, ordinateur, palette graphique, puis regarde Matthias avec une moue comique en le voyant sortir papier et crayons. Si je sais encore tenir un crayon c’est grâce aux autres matières… Je le vois se rassurer quand j’attrape mon tube à plan qui quitte rarement mon épaule et en sortir un rouleau de feuilles où se trouve mon projet.

- Je crois que l’on a une connaissance commune dis-je.

Devant l’air étonné de Matthias, je lui explique de quelle boutique sortent les plans. Puis il comprend que j'ai sentis sur lui l'odeur de notre ami commun. La légère rougeur qui monte à ses joues me rassure quant au devenir de Matrim.

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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Mar 24 Fév - 17:16




Ébauches


Feat. Chad







Tandis que les différents groupes se forment, le professeur prend la parole une dernière fois pour annoncer que notre collaboration ne serait pas sans évaluation. Ainsi, nous devons proposer un projet concret et complet mettant en valeur l’association de nos compétences.

- Chad, ravi de te rencontrer. On se pose là-bas ? Me répond l’étudiant à qui je m’étais présenté.

Nous prenons place autour d’une table sur laquelle il dispose son ordinateur munie d’une palette graphique. Il me sourit lorsque je sors des feuilles vierges et quelques crayons. Le contraste entre nos méthodes de travail apparait clairement. Mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas s’entendre et être productifs. J’ai une moue satisfaite quand il déposé son tube à plans au sol et l’ouvre pour déplier un grand format sur la table. Au moins, j’ai de la place pour dessiner, s’il m’y autorise.

- Je crois que l’on a une connaissance commune, dit-il de but en blanc.

Puis il m’explique dans quelle boutique il a fait imprimer ses grands plans. L’évocation du prénom de Matrim me fait sourire et presque immédiatement rougir. Il a dû sentir son odeur sur moi et a dû aussi comprendre la nature de notre liaison. Je ne l’ai pas croqué un soir de grande faim, non, nous avons juste passé une merveilleuse soirée.

Nous avons donc un ami en commun, c’est bon signe, Chad doit certainement être quelqu’un de bien. La gêne effacée, nous pouvons travailler sereinement.

Les cours d’arts appliqués nous initient également aux pratiques de design d’intérieur. Nous pouvons travailler l’art et l’esthétisme dans tout ce qui entoure l’individu, les objets comme l’habitat. Même des cours de communication, en grande partie visuelle, nous sont dispensés.  Nous sommes sûrement différents des étudiants architectes dont les connaissances et le savoir-faire sont plutôt pragmatiques mais nous sommes également sérieux et progressons dans un domaine tout aussi riche. Chad ne semble pas être du genre hautain ou orgueilleux face aux autres, c’est pourquoi je n’hésiterai pas à m’investir pleinement dans ce travail de groupe.

Après que j'ai montré une partie de mes œuvres, Chad m’explique les grandes lignes de son projet et me présente les idées qui ne figurent pas sur le papier mais qu’il a en tête.

- Le meilleur décor dans une maison ça peut aussi être l’extérieur, expliqué-je. J’aime bien l’idée d’avoir des grandes ouvertures qui apportent la lumière. Il faut aussi jouer sur les couleurs, on peut marier tout ce qu’on veut pourvu que ça ne fasse pas un mélange trop disparate. Entre deux pièces, il faut que la jonction ne percute pas l’œil, même si elles comprennent deux ambiances totalement différentes.

Il fait oui de la tête et m’invite à continuer mon explication. Même si cette construction ne verrait pas le jour de sitôt, j’image déjà les formes et les couleurs.

- Par exemple, continué-je, sur le mur en face d’une ouverture il faut jouer la transition des couleurs que ça ne soit pas brutal. Comme ça chaque pièce a son univers mais l’ensemble de la maison présente une unité. Tu vois ? C’est un peu du feng shui, l’harmonie des espaces par les couleurs, la lumière et l’organisation de l’intérieur.

Il semble content que je trouve un intérêt immédiat pour ce travail et c’est vrai que ça m’enchante. Peu importe sur quoi et pour quoi je dois le faire, mais si j’ai la possibilité de dessiner, de colorier ou même mieux de créer, ça me plait.

Toutefois, il m’explique les contraintes liées à l’architecture, rendre constructible, solide, ce qui se trouve sur le papier. C’est sûr qu’il y a de nombreuses étapes entre ce plan et l’ouvrage final.

- Oui, j’avoue ce n’est pas si simple de construire bien et beau, mais on peut présenter un super projet si on est motivé, dis-je.

En quelques traits je reproduis une façade et y appose des couleurs. Je fais pareil avec ce qui semble être la pièce principale sur son plan. Je lui demande si les quelques modifications auxquelles je pense sont possibles, et nous essayons de nous accorder. Mais je conçois travailler dans le flou, d’agiter mon crayon partout où c’est possible de le faire. Chad me ramène à la raison en souhaitant organiser le travail. Il nous faut poser des objectifs et un mode opératoire. Travailler à deux, c’est bien sûr le point fort de cette collaboration. J’ai le papier sur lequel il travaille aussi, ça nous fait un point commun. Et il a l’ordinateur, un moyen très pratique de modéliser la construction. Il est le clic et je suis le pinceau, c’est pour nous le moyen de faire quelque chose de bien qui nous rapporte une bonne notre pour ce semestre.














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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Mer 25 Fév - 15:41









Plans sur l'avenir




Matthias est bien le type d’étudiant que je pensais de prime abord, studieux et réfléchit. Il me montre son carnet de dessin que je parcours avec précaution. Je suis rassuré, je n’ai pas à faire à un dingue du déstructuré. J’aime son style de dessin, ses coups de crayon. Je sens une réelle compatibilité avec mon propre imaginaire. J’aime les lignes fluides, les perspectives qui ouvrent le regard. Le loup que je suis a besoin d’espace et il y a mille et une astuce pour transformer un lieu restreint en quelque chose de plus vaste, juste en jouant sur la lumière et les contrastes de couleurs. C’est ce que j’avais fait dans l’appartement de Mick. Je lui avais transformé son appart jaune pisseux en quelque chose qui lui ressemblait. J’avais dessiné son intérieur alors que je l’avais juste entraperçu depuis le palier, le temps de lui rendre l’enveloppe qu’il avait fait tomber. Une poignée de seconde qui avaient bouleversée ma vie… et pas que la mienne. J’ai revu Miya à la fête de la ville. Après les révélations de mon père sur mes vraies origines, il m’était apparu évident que je devais arrêter de faire l’autruche.

L’aide de Matrim s’est révélée précieuse en enfermant mes mauvais souvenirs du Mexique dans ma chaîne de baptême. Ce fardeau en moins qui me plombait le cœur, j’ai pu voir tout cela d’un autre angle. Croiser le chemin de l’autre vieux crocodile dans sa boutique m’avait fait ressentir de nouveau ce besoin de le protéger. Enfin le regard de Miya lors de cette dédicace prouvait la supercherie du vilain rôle qu’il avait tenu derrière la maison de Ruby. Se faire détester de moi pour que j’avance avec Mick. La constatation de ce sacrifice est amère.  Pourrais-je jamais le remercier à la hauteur de son sacrifice ? J’aime Mick, il est mon ancre et mon avenir. Un avenir qui peut basculer à cause d’un passé oublié. Un passé qui peut nous dresser l’un contre l’autre. J’espère ne plus être confronté à devoir faire un choix impossible.

Ce choix impossible, je l’avais fait en quittant Miya, et c’est sur les plans de sa maison que nous travaillons avec Matthias. On a fini par s’installer sur le sol, les tables de l’amphi ne sont pas adaptées pour la taille de mes feuilles.

- Le meilleur décor dans une maison ça peut aussi être l’extérieur, me dit-Matthias. J’aime bien l’idée d’avoir des grandes ouvertures qui apportent la lumière. Il faut aussi jouer sur les couleurs, on peut marier tout ce qu’on veut pourvu que ça ne fasse pas un mélange trop disparate. Entre deux pièces, il faut que la jonction ne percute pas l’œil, même si elles comprennent deux ambiances totalement différentes.

- Je suis d’accord, je pense même qu’il ne faut pas qu’il y ait de rupture entre l’extérieur et l’intérieur. Répondis-je l’incitant à poursuivre ses explications.

- Par exemple, sur le mur en face d’une ouverture il faut jouer la transition des couleurs que ça ne soit pas brutal. Comme ça chaque pièce a son univers mais l’ensemble de la maison présente une unité. Tu vois ? C’est un peu du feng shui, l’harmonie des espaces par les couleurs, la lumière et l’organisation de l’intérieur.

Je hoche la tête pour dire mon accord avec ce qu’il dit. J’aime sa manière posée de prendre les choses. J’avoue avoir eu peur, lorsqu’on nous a présenté ce programme de travail en commun, de me retrouver avec quelqu’un totalement hors de la réalité. Matthias m’énonce des évidences, cependant il sait certainement mieux que moi comment harmoniser les couleurs.  J’étais tombé juste pour l’appart de Mick peut-être aussi parce que nous avons les même goûts.

Je déplie deux plans et lui montre la différence, le premier est le projet initial de la maison de Miya. Au rez de chaussé, il y a une partie commune, à l’arrière l’appartement réservée à Jaycee qui donne directement sur la foret qui se trouve derrière. L’étage est entièrement consacré à Miya et sa passion de la musique. Je leur avais dessiné une maison qui leur ressemblait. Le style est volontairement asiatique. J’avais veillé à ce qu’il y ait le moins d’entrave possible au regard, Miya et Jaycee avait passé leur enfance dans une cage… Je déroule le deuxième plan.

- ça c’est le projet actuel, après qu’un membre zélé du service technique m'ait demandé de revoir ma copie alors que le permis de construire avait été validé et accepté. La raison : un changement des normes parasismiques. Normalement il n’y aurait pas dû avoir d’effet rétroactif car leur service avait validé les plans avant le changement de la norme…

Matthias sent mon dépit et le comprend d’autant mieux quand je lui pointe les différences entre les deux plans, l’ajout de piliers porteurs gâche totalement l’effet initial de liberté. Cela reste une belle construction, mais c’était mieux avant. Matthias hoche la tête, demande la permission de pouvoir gribouiller sur les plans, permissions que je lui accorde volontiers. Je suspecte Matrim de me faire un prix spécial pour mes copies.

Je regarde Matthias qui, en quelques coup de crayon, reproduit les volumes représentés en deux dimensions. Il met en pratique ce qu’il m’a dit. Me demande si on peut bouger telle ou telle cloison. Ainsi assis par terre je ne vois pas le temps passer. J’avais hésité sur quel projet amener, le manoir, la maison de Miya ou encore mon projet bien plus personnel ? Pour le manoir, Derek a les idées bien arrêtées, notre travail n’aurait été qu’un pur exercice de style, comme pour mon projet personnel qui ne verra peut-être jamais le jour. Matthias avait été emballé de savoir que ce qu’on allait en sortir pourrait véritablement voir le jour si c’était réalisable.

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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Sam 28 Fév - 20:26




Jouir de la foule est un art


Feat. Chad







La première rencontre avec Chad  a été très agréable, j’aime beaucoup le projet sur lequel il m’a proposé de travailler. Et il semble aussi content de ce que je suis capable d’apporter. À titre personnel, il sait que je fréquente Matrim. Il a senti son odeur sur moi dès qu’il s’est approché. Et ses soupçons se sont confirmés quand il nous a vus en train de nous embrasser. Je ne sais presque rien sur lui sinon qu’il porte à son annulaire la présence d’un homme dans son quotidien. J’ai remarqué sa bague pour l’avoir trouvée jolie et les effluves qui se dégagent de lui me précisent qu’il vit avec un homme. C’est tout ce que j’ai pu deviner. Je sais aussi qu’il est comme moi, un loup-garou, mais nous ne nous connaissons pas assez pour que j’aborde le sujet. Je me demande s’il fait partie d’une meute. Parker et Anna ne sont pas sous l’influence d’un alpha, par mimétisme j’ai suivi le mode de vie de mes amis. Et cette liberté me convient.

Mais depuis que je possède des sens accrus, je sens bien que la forêt de Beacon Hills est l’endroit privilégié par mes compatriotes hybrides, et ce peu importe leur rang. Je pense d’ailleurs retourner en fin de journée dans cette cabane que je connais, j’aime le calme de la nature. C’est souvent là-bas que je vais pour travailler sur un dessin qui nécessite cette ambiance particulière. Le professeur le plus excentrique que nous avons, nous a donné comme objectif de choisir une émotion et de représenter son allégorie. Je sais exactement ce que je compte faire et j’ai besoin de m’isoler pour me remémorer la sensation que m’a évoqué l’œuvre dont je vais m’inspirer.

Comme la fois précédente, les étudiants architectes entrent dans la salle et prennent place parmi nous. Cette fois ci, ils rejoignent directement leur binôme. Les professeurs séparent la deuxième séance en deux temps. Le premier est mis à profit pour continuer le travail en collaboration et pour la deuxième partie, ils demandent à tout le monde de se présenter, à deux, et d’expliquer le début de leur projet.

Je griffonne sur une feuille en écoutant les autres exposer leurs idées. Je ne suis pas totalement attentif, ni à ce que je fais, ni à ce qui se dit. Je pense à Matrim, aux examens du semestre et reprend tout de même quelques idées que j’entends autour de moi pour en faire quelque chose de bien à proposer à Chad. J’ai l’esprit occupé, c’est dans ces moments-là que ma bizarrerie choisit de s’exprimer, guidée uniquement par l’instinct.

Lorsque la mine de mon crayon casse sous l’effort excessif que je lui applique sans le vouloir, je finis par poser les yeux sur le dessin. Il représente deux personnes, quelques traits rapides montrent qu’il s’agit de deux hommes. Ils sont en train de se battre devant un bar. Je ne vois pas du tout à quoi cela correspond, comme la majorité de ces croquis particuliers. Jusqu’à ce qu’ils prennent vie devant moi dans les minutes qui suivent. Mais la scène n’ayant pas lieu autour de moi, je suis incapable de vérifier si elle aura bien lieu.

- Tu t’ennuies ? Me demande Chad en désignant la feuille.

- Euh…oui, leur projet est nettement moins intéressant que ce que tu m’as présenté, dis-je.

Il me remercie de mon intérêt, j’ai l’impression qu’il est content d’être tombé sur moi. Je sais que certains parmi ma promotion ne sont pas de grands travailleurs. Je pars du principe que le talent sans le travail rapporte beaucoup moins.  Une part de chance vient compléter ces deux composantes de la réussite.

- Chad Wilder et Matthias Lunsford, s’il vous plait, appelle mon professeur référent.

- C’est à nous, dis-je à Chad avec un sourire.

Je le laisse prendre son tube à plans et prépare des aimants afin de fixer notre ébauche sur le tableau pour que les autres puissent le voir.

Chad présente le projet, la partie architecturale et technique. Puis il me laisse expliquer l’harmonie des couleurs et mêmes des textures dont nous avons commencé à parler. Bien sûr, il faut imaginer le rendu mais je pense que tout le monde ici présent possèdent cette capacité de visualisation. C’est un de nos points communs.

Les professeurs nous encouragent et trouvent que nous nous engageons sur un projet très riche. Le fait qu’il s’agisse de la maison d’un ami de Chad, et qui sera sûrement finalement construite, est un point positif.

Nous reprenons place et écoutons les quelques groupes restants.














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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Lun 9 Mar - 23:14









Refexions




Le jour même de notre rencontre, j’avais pris Matthias la main dans le sac, ou plutôt les lèvres sur celles de Matrim. Le fait que je connaisse l’homme qui l’attire suffisamment pour s’afficher en public, donnait une nouvelle dimension à notre collaboration. Alors que nous étions restés sur une réserve polie lors de notre premier travail en commun, Matrim avec sa spontanéité habituelle avait brisé cette retenue naturelle que Matthias et moi avions. Je ne suis pas quelqu’un d’intrusif et lui non plus semble-t-il. Le photographe nous avait permis de griller quelques étapes en quelques minutes le temps d’un déjeuner rapide.

C’est avec plaisir et une légère impatience que je vais au cours qui regroupe la promo des architectes et celle de la classe d’art. Sans attendre je rejoins Matthias. J’allume mon ordinateur portable et lance le logiciel de vision 3D. J’ai mis en données numérique ce qu’il avait imaginé comme couleur et texture. Le rendu n’est pas parfait, mais cela permet d’avoir une idée en volume de ses propositions et même de visualiser les différents éclairages en fonction de l’heure de la journée. Grâce à la souris, je tourne l’ouvrage dans tous les sens et je nous fais même faire une visite virtuelle des lieux. Matthias note des angles morts et une incompatibilité du fait de l’orientation de la maison de Miya. Il griffonne sur son bloc, changeant l’orientation des couleurs qu’il avait initialement proposées. On travaille ainsi une bonne heure. Je reprends sur l’ordinateur ce qu’il m’illustre au crayon et le rendu est vraiment à la hauteur. Seul, j’aurai fait quelque chose de bien plus basique du moins pour les couleurs, car la construction est loin d’être banale. Elle retranscrit l’âme de Miya et Jaycee. Jaycee est rentrée au Canada retrouver les survivants de son clan. Cela fait une bien grande maison pour Miya… Je ne l’ai pas revu depuis la fête dans le parc de la ville. J’en avais profité pour lui avouer la réalité sur ma naissance, mais ça l’avait fait fuir. Cela m’avait blessé qu’il voit en moi le chasseur que je ne suis pas au lieu d’un cousin, d’une famille… Travailler sur sa maison était comme une sorte de thérapie, un exutoire d’une relation brisée qui semblait ne jamais pouvoir trouver un renouveau.

La deuxième partie du cours consiste à passer en binôme pour présenter notre projet. Je ne peux m’empêcher de sourire en voyant celui de ma classe qui se plaignait de l’illuminée avec qui il s’était mis. Il était clair que cette fille n’avait pas vraiment les pieds sur terre, le résultat de leur travail commun était un truc innommable psychédélique. Le binôme suivant montra un projet intéressant, alors que j’allais en toucher un mot à Matthias, je m’aperçus qu’il était quasiment en trance sur ce qu’il griffonnait. Son dessin n’avait rien à voir avec le sujet.

- Tu t’ennuies ? Dis-je doucement.

- Euh…oui, leur projet est nettement moins intéressant que ce que tu m’as présenté,

- Merci, à la différence d’eux c’est un projet réel qui sort déjà de terre.

Si j’étais ravi d’être tombé avec lui pour ce travail, je ne pouvais m’empêcher de me demander pourquoi il m’avait menti. Il avait répondu machinalement, oubliant mes capacités de loup. Le duo qui passait était de loin le meilleur de ce qui était passé avant. Je veux bien croire que mon projet est plus passionnant mais Matthias n’était pas en train de s’ennuyer. Son cœur avait eu une ratée significative. Quelque chose le tracassait. Je n’eus pas le temps de m’appesantir plus car le professeur nous appela.

- Chad Wilder et Matthias Lunsford, s’il vous plait.

- C’est à nous, me dis Matthias.

Je prends mon tube à dessin et l’ordinateur, pendant que Matthias vient avec ses dessins. Je le laisse afficher nos plans pendant que j’allume l’ordinateur. Il y a toujours cette différence entre nous. J’affectionne le numérique pour la facilité de changement, alors que Matthias préfère le toucher d’un crayon sur une feuille. Je commence l’exposé pendant que mon logiciel se lance. J’explique l’idée de base, une maison au style japonais pour un artiste. J’énonce les besoins et l’esprit recherché. J’enchaine sur la description en essayant de ne pas être trop technique. Je précise mes galères avec le changement des normes parasismiques et l’impact que cela a eu sur le projet initial. Enfin je laisse Matthias poursuivre sur ce qu’il a imaginé pour optimiser les rendus. Pendant qu’il parle j’illustre ses propos avec la vue en 3D de la maison avec ses ajouts.

Notre interventions a été fluide, on intègre naturellement l’apport de l’autre. Plus que jamais je trouve que l’idée de nos professeurs est géniale, bien qu’elle ne s’applique pas à tous. Je crois qu’avec Matthias on s’est bien trouvé. Il semble avoir la même sensibilité que moi. Il a ce don d’artiste que je n’ai pas, pas il sait rester dans le concret. Notre exposé nous vaut les félicitations de nos professeurs. Je suis moins attentif aux autres exposés. J’écoute d’une oreille distraite, car je réfléchis au futur. Je ne vais pas rester un éternel étudiant, ce statu s’arrête d’ailleurs à la fin de l’année scolaire. Je reste encore indécis quant à savoir si je me lance seul ou su je rejoins un cabinet déjà existant. Il y a des pour et des contres dans chaque cas. L’animation 3D tourne toujours sur l’écran de mon ordinateur que je n’ai pas éteint. Le projet de Miya a pris une autre dimension grâce à l’apport de Matthias. Je sais que certains cabinets d’architecte travaillent avec des designers. Mais j’ai peur qu’on m’impose un style « maison ». Matthias a tout de suite compris ce que j’avais en tête et qui ne se voyait pas de manière évidente sur mes plans. Le cours est fini, je sors aux côtés de Matthias.

- Tu penses faire quoi une fois ton diplôme en poche ? Lui demandai-je.

Allait-il vivre de portraits fait dans les fêtes, ou attendre des commandes de quelque riche qui se souhaite en portrait. Matrim avait bien une activité plus lucrative que sa passion pour la sculpture.


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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Jeu 12 Mar - 18:25




Proposition d'avenir


Feat. Chad







Lorsque le cours est fini, signifiant le début de la pause déjeuner, Chad marche à mes côtés dans le flot disparate de nos deux promotions sortant dans le couloir.

- Tu penses faire quoi une fois ton diplôme en poche ? Me demande-t-il.

- C’est utopique de dire que j’aimerais vivre de ma passion ? Répondé-je. Mes parents me disent souvent qu’il n’y a pas de débouchés autrement que de vendre des toiles à quelques milliers de dollars.

C’est alors que Chad me fait part d’une idée qui s’inscrirait dans la continuité de ce cours qui nous a réunis.

- Travailler ensemble, c’est ça ? C’est vrai que notre binôme fonctionne bien, dis-je emballé par la perspective.

Nos formations s’achèvent à la fin de l’année scolaire, c’est une opportunité non négligeable. Je devais peut-être ajuster mes cours du dernier semestre et m’inscrire dans l’option « Design d’espace ». Les autres projets que j’ai imaginés sont financièrement plus diffus et je crois comprendre que Chad est honnête et travailleur.

- On mange ensemble, histoire d’en discuter ? Proposé-je.

Chad accepte volontiers puis je sens une main derrière moi me donner une tape sur l’épaule.

- Salut toi, me dit quelqu’un dont je reconnais la voix.

- Anna, comment vas-tu ? Demandé-je à mon amie en saluant Parker qui nous rejoint.

- Très bien comme toujours ! Et toi, tu as troqué ton humain pour un loup ? Tu perds pas au change, rigole-t-elle.

Anna trouve dommage de se cacher entre nous alors que nos facultés nous permettent de nous repérer rapidement. Lorsqu’elle se sait en présence d’un hybride, elle n’hésite jamais à aborder le sujet.

- Chad, mon binôme pour le projet dont je vous ai parlé. Chad, voici Anna et Parker, deux très bons amis à moi, dis-je pour les présenter les uns aux autres.

- Matty, je voulais savoir si tu seras présent samedi soir ? Supplie-t-elle en me faisant les yeux doux.

- Oui, bien sûr… si je n’ai pas de meilleures propositions, répondé-je pour l’embêter.

Je ne sais pas si Matrim sera disponible ni même s’il souhaite qu’on sorte ensemble ce soir-là. Je lui poserai la question, peut être m’accompagnera-t-il.

- Chad tu peux venir si tu le souhaites, tu ne pourrais pas être mieux entouré, explique Anna.

Il laisse échapper une mimique montrant qu’il ne saisit pas vraiment ce dont elle parle. Il est vrai que si nous ne passons pas le mot pour rester discrets, Chad peut ne pas être au courant.

- Anna et Parker s’occupent  d’une sorte de…club où les membres sont quasiment tous comme nous, expliqué-je.

Je ne suis pas très communautariste mais j’avoue sans mal que leurs idées en valent la peine. Ce sont eux qui m’ont aidé quand j’ai été mordu. Notre amitié a vu le jour à ce moment-là. Je participe quelques fois à leurs réunions, plutôt considérées comme des fêtes.

- C’est ni une faction ni une société secrète, développe Parker mais simplement un groupe de personnes semblables avec qui tu peux être toi-même. Comme une meute qui se suffit à elle-même.

- Sans alpha, totalement libre…dit Anna en adressant un sourire aguicheur à Chad.

- Sans alpha ne veut pas dire sans autorité ni respect, on est loin d’être des anarchistes, proclame Parker.

- Mais on accueille tout le monde, renchérit Anna. Même les autres hybrides. J’ai une copine qui fait des trucs de dingues.

Je souris de leur enthousiasme et de la promptitude d’Anna à jouer avec tout le monde, davantage avec les hommes. Leur relation à elle et Parker est très équivoque mais ils se plaisent ainsi.

Ils nous saluent et s’éloignent avant de disparaitre hors de la cafétéria.

- Ils sont supers, dis-je à Chad. C’est vraiment bénéfique ce qu’ils font. Ça fonctionne un peu comme le parrainage des nouveaux. Tu as des filleuls, ici ? Demandé-je.

Nous avançons petit à petit pour nous servir et cherchons ensuite une table, nos bras chargés du plateau repas.

- Alors, reparlons boulot, comme deux étudiants sérieux que nous sommes, dis-je en m’asseyant.














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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Sam 14 Mar - 23:35











Projet d’avenir


Le temps était ensoleillé, de quoi accentuer ma bonne humeur. Les plans de la maison de Miya avaient été bonifiés par l’intervention de Matthias. C’était une synergie entre nos deux aptitudes, moi à concevoir des volumes qui tiennent debout, lui à leur ajouter une vie. Cela touchait à ma passion et mon projet de vie, le métier que je voulais faire. « Constructionneur de maison » je disais petit avec ma dyslexie. Quand je demandais à Matthias ce qu’il pensait faire une fois son diplôme en poche, il me répondit honnêtement.

- C’est utopique de dire que j’aimerais vivre de ma passion ? Répondit-il. Mes parents me disent souvent qu’il n’y a pas de débouchés autrement que de vendre des toiles à quelques milliers de dollars.

- Tu n’as pas l’idée de te servir de tes faculté pour un marché disons plus pérenne que le monde pur de l’art ? L’exercice que nous ont fait faire nos professeurs en est une belle illustration.

- Travailler ensemble, c’est ça ? C’est vrai que notre binôme fonctionne bien.

- J’étais déjà satisfait du résultat, dis-je en désignant mon tube à dessin. Mais avec ton intervention… c’est juste whaou !

- On mange ensemble, histoire d’en discuter ?

- Volontiers, puis j’ai une faim de loup !

- Salut toi, dit une fille que j’ai déjà aperçu sur le campus.

- Anna, comment vas-tu ? répond Matthias en saluant un autre gars qui nous rejoint.

- Très bien comme toujours ! Et toi, tu as troqué ton humain pour un loup ? Tu perds pas au change, rigole-t-elle en me regardant.

- Chad, mon binôme pour le projet dont je vous ai parlé. Chad, voici Anna et Parker, deux très bons amis à moi, dit Matthias pour nous présenter mutuellement.

- Salut répondis-je.

- Matty, je voulais savoir si tu seras présent samedi soir ? Reprend Anna.

- Oui, bien sûr… si je n’ai pas de meilleures propositions, réplique Matthias.

- Chad tu peux venir si tu le souhaites, tu ne pourrais pas être mieux entouré me dit Anna.

Je fais un sourire embarrassé, car je ne comprends pas de quoi elle parle.

- Anna et Parker s’occupent  d’une sorte de…club où les membres sont quasiment tous comme nous, m’explique Matthias.

Je les écoute m’expliquer ce qu’est cette petite communauté. L’idée est séduisante et surtout je trouve étrange qu’aucun loup ne se fasse leader d’une telle… meute, car s’en est bien une. Les loups ne sont pas faits pour vivre en solitaire. Anna et Parker nous laissent.

- Ils sont supers, me dit Matthias. C’est vraiment bénéfique ce qu’ils font. Ça fonctionne un peu comme le parrainage des nouveaux. Tu as des filleuls, ici ?

- Ne m’en parle pas ! Tous les autres se défilent, donc je me payais tous les parrainages. Je ne sais pas dire non… Le dernier en date, un prof de criminologie odieux m’a décidé à aller leur dire de ne plus compter sur moi et que j’avais largement donné.

Bon, c’est de cette manière que j’avais rencontré Maxence et j’étais plutôt satisfait de l’amitié qui en avait découlé. Nous fîmes la queue au self et enfin nous pûmes nous asseoir pour manger.

- Alors, reparlons boulot, comme deux étudiants sérieux que nous sommes dit Matthias.

- Euh… j’espère que tu ne me trouves pas ennuyeux. Je pars sur une autre planète quand il s’agit d’architecture.

Matthias me rassura et effectivement on parla boulot. Je lui exposai mes possibilités qui se résumaient à deux axes, ouvrir en indépendant ou rejoindre un cabinet déjà établis. La deuxième solution était celle de la facilité. La première pouvait être viable si je proposai une autre approche à la clientèle, une approche que Matthias pouvait étoffer. Mais cela nécessitait une mise de fond, des prêts et une sacrée confiance mutuelle.

- Que penses-tu, si tu es d’accord, qu’on s’essaye sur des projets tests ? Voir si on arrive à se coordonner quel que soit le type de construction.

Je ne voulais pas non plus l’influencer. Cette association ne pourrait fonctionner que si tous les deux y trouvions notre compte.


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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Jeu 26 Mar - 16:30




L'Art est long et le temps est court


Feat. Chad







Je suis assis en face de Chad, plutôt rayonnant lorsqu’il parle du sujet qui le passionne. J’ai la même étincelle dans le regard lorsque je dessine et ce peu importe le matériel que j’ai entre les mains. Matrim me complimente souvent sur l’air concentré mais séduisant qui se peint sur mon visage lorsque je pratique mon art.

- Euh… j’espère que tu ne me trouves pas ennuyeux, demande-t-il. Je pars sur une autre planète quand il s’agit d’architecture.

Je suis moi-même coupé du monde quand un projet m’absorbe. Et mes absences sont parfois causées par une autre particularité. Les dessins prémonitoires sont hors de contrôle. Je n’ai jamais conscience de ce que je fais et ne réalise ce qui s’est passé qu’une fois l’œuvre achevée. Ainsi, je connais bien le genre de bulle hermétique dans laquelle la passion ou le travail nous enferme.

- Non, non, ne t’inquiète pas c’est bien plus agréable de parler avec quelqu’un qui aime ce qu’il fait, répondé-je.

Il m’explique son désir d’indépendance, pouvoir travailler sans autre contrainte que celle du résultat final qui plait au client. Dans sa proposition, je peux trouver une réelle place et une utilité autre qu’un simple dessinateur chargé de colorier des plans. C’est une forme d’art qui me permettrait de continuer à créer et de gagner convenablement ma vie.

- Que penses-tu, si tu es d’accord, qu’on s’essaye sur des projets tests ? Continue-t-il. Voir si on arrive à se coordonner quel que soit le type de construction.

- Oui, bien sûr, confirmé-je. Pour le moment cela se passe bien mais nous ne sommes pas à l’abri d’être dans le creux de la vague. Il nous faut de l’expérience, et surtout à moi.

Nous reparlons du projet actuel, celui qui pouvait nous faire obtenir une bonne note après avoir présenté le rendu final devant les professeurs et les autres étudiants. Nous n’en sommes pas encore là mais les encouragements énoncés lors de la présentation initiale nous ont montrés que nous avançons dans la bonne direction. Nos idées s’accordent, tout comme notre motivation et notre souhait de perfection ou un moindre mot, de réussite.

Après le déjeuner, nous rejoignons chacun les membres de notre promotion respective pour suivre les cours dispensés l’après-midi.

J’ai une séance de deux heures pour continuer le projet à rendre très prochainement. Le thème est l’allégorie, Il s’agit de représenter une émotion, un sentiment ou un symbole de la manière la plus personnelle possible tout en rendant accessible le message à celles et ceux qui observeront l’œuvre. C’est une consigne précise mais qui ne m’a pas posé de problème puisque j’ai immédiatement su ce que j’allais faire.

J’ai choisi de m’atteler davantage sur le fond que sur la forme. C’est pourquoi je me contente d’une feuille blanche au grain supérieur et d’un unique outil pour dessiner.

Lorsque nous sommes libérés par le professeur, je prends un chemin mainte fois emprunté et qui m’emmène dans la forêt de Beacon Hills. J’y retrouve une petite clairière et cette fameuse cabane que je vois toujours comme un havre de paix. J’y laisse à l’entrée toute mauvaise pensée éventuelle de façon à garder l’inspiration à l’intérieur. L’endroit est vraiment propice à l’introspection. Et c’est ce qu’il me faut pour achever le dessin. J’aime apporter la touche finale à mon travail dans cet endroit en particulier. C’est presque un lieu mystique pour moi, posé au cœur de la nature sans aucun filtre entre l’Art et moi.

En ressortant alors que la journée s’achève, j’hésite à montrer le résultat à Chad lors de notre rendez-vous le lendemain. Il pourrait me donner son avis et quelque chose me dit qu’il comprendra le message véhiculé par cette œuvre en un coup d’œil.














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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Sam 28 Mar - 17:35











Travail surprise


- Que penses-tu, si tu es d’accord, qu’on s’essaye sur des projets tests ? Dis-je. Voir si on arrive à se coordonner quel que soit le type de construction.

- Oui, bien sûr, me répondit Matthias. Pour le moment cela se passe bien mais nous ne sommes pas à l’abri d’être dans le creux de la vague. Il nous faut de l’expérience, et surtout à moi.

Je suis heureux  qu’il ne soit pas réfractaire à l’idée de travailler vraiment ensemble. Il s’agit là d’un projet sérieux qui va définir notre futur. Je ne le connais que depuis peu, mais j’ai le sentiment que ça peut coller entre nous. Notre discussion sur le projet actuel est efficace et productive. J’aime le sérieux de Matthias. Nous avons bien avancé et devons retourner en cours.

- Je me colle aux modifications sur l’ordi ce soir. On se revoit demain. Tu vois Matrim ce soir ?

Il me dit que non, mais qu’il a prévu de le revoir le lendemain soir. Je souris car je suis content que Matrim soit tombé sur lui, car Matthias est à mène de comprendre le photographe. Je retourne en cours. Un professeur nous fait une fleur en nous tuyautant sur les sujets qui risque de tomber aux oraux. J’accueille la fin de la journée avec soulagement. Mick m’a concocté un repas succulent aussi bien que joliment présenté. Je m’accorde un moment de tendresse avec lui. On parle succinctement de notre journée, je lui explique que j’ai au moins deux heures de boulot pour mon projet avec Matthias. Je m‘extirpe avec regret de ses bras et branche mon ordinateur. La palette graphique m’accapare. Quand je relève le nez, il est presque minuit. Mick s’est couché et lit un livre. C’est agréable de se coucher avec quelqu’un qui vous attend.

***

La matinée passe assez vite, je donne notre projet à mon professeur sur une clé USB. Je revois Matthias à midi. Il est avec ses deux amis Parker et Anna. Dans la queue pour le self, il ne peut s’empêcher de me demander mon avis pour un travail qu’on lui a demandé. Je ne peux m’empêcher de sifflet en voyant le visage de Matrim ainsi représenté. C’est exactement le jeune homme que je connais dans son impulsivité et son innocence.

- Prépare une boite de mouchoir quand tu le lui montreras, dis-je en riant. C’est splendide, tu as vraiment du talent !

Les amis de Matthias me demandent si je veux bien venir à une de leur réunion. Que vu que je suis plutôt un loup stable, je pourrai éventuellement les aider. Je donne mon accord, mais en leur précisant que je n’ai pas beaucoup de disponibilités. Je me dois de réserver du temps pour Mick et ses propres affaires, ainsi qu’à Maxence et maintenant Adriann au sujet des choses étranges qui se passent sur le campus. Je ne dis rien à Matthias et ses amis pour ne pas les inquiéter, puis cela reviendrait à propager une vague de peur.

Cette journée aurait pu bien se terminer si le professeur à qui j’avais confié notre travail n’était pas venu me rejoindre à la fin de mon dernier cours. Il m’avait tendu ma clé USB de manière dépité.

- Chad, je suis désolé, comme un boulet j’ai écrasé les données de ta clé. Tu peux me redonner une copie s’il te plait.

Avec un soupire, je sors mon ordi de sa sacoche et l’allume. Trois minutes plus tard, mon cœur chute dans mon ventre : je n’ai fait aucune copie et pire, toutes les indications de Matthias que j’avais conservées sur une page Word étaient sur la clé. J’en fait pars au professeur qui s’excuse encore et nous donne un délai supplémentaire. Je rentre chez Mick totalement furieux. Je n’ai pas averti Matthias pour ne pas lui gâcher sa soirée avec Matrim. Tout mon travail de la veille envolé, sans parler du projet total. J’ai bien les anciens plans, ceux d’avant l’intervention de Matthias…

Mick essaye de me faire relativiser, mais je suis trop à cran. J’élève la voix et le peine. Je m’excuse en le prenant dans mes bras, puis je lui dis que je préfère aller travailler dans mon appartement. Je ne veux pas qu’il encaisse ma mauvaise humeur. Mick me répond que ça le ne gêne pas, qu’il est là pour moi. Mais je reste ferme. Je suis quelqu’un de placide sauf quand on touche à mon travail. J’embarque donc ma palette et quelques dossiers.

- A demain, dis-je à Mick après l’avoir embrassé.

- Ne te couche pas trop tard.

- Promis dis-je alors que lui comme moi savons que je vais certainement y passer la nuit.

***

En fait, je me suis couché vers deux heures du matin, coincé car il me manque les données de Matthias. J’ai avancé au mieux, et remis de mémoire de nombreux éléments. Mais c’est avec amertume que j’éteins l’ordinateur et me couche.

Au réveil, j’envoie un SMS à Matthias, lui annonçant la mauvaise nouvelle et lui demandant de me récrire ses indications. Il me répond qu’il va faire au mieux, mais que cela ne sera jamais identique à ce qu’il avait imaginé de prime abord. Les idées sont fluctuantes et influencées par le moment présent. Je le rassure, lui disant que ça sera meilleure.

On se revoit à la pause de midi. Il me donne une liasse de papier avec des croquis qu’il a fait pendant ses cours de la matinée.

- Il faut qu’on se voit, mais là j’ai des cours que je ne peux pas faire sauter.

Matthias m’assure de sa présence le temps qu’il faut. Il ne peut malheureusement rien faire pour entrer les données sur l’ordinateur, mais c’est certain que sa présence active m’aidera à aller plus vite et surtout à rager un peu moins.

- Bon, ça fait deux soir que je suis enfermé avec cet ordi ça te dirait qu’on bosse en extérieur ce soir ? J’ai besoin de sentir la forêt ou je vais devenir fou ! Le ciel est dégagé et la lune gibbeuse nous fera un éclairage suffisant. J’ai aussi une lampe de camping.

La pleine lune était dans une semaine, les bois devraient donc être tranquilles.

***

Le soir, je récupérais Matthias, il siffla de joie en montant dans la Maserati. Je lui fis un clin d’œil et démarrai. Oui cette soirée allait m’aérer la tête ! J’avais tout prévu, la bonne humeur devait être reine. Je pris un chemin forestier carrossable. Il menait vers une falaise qui dominait la ville. La vue était splendide de là.

Je me garai au bout de la route. On prit nos affaires et on marcha sur une cinquantaine de mètre. Je souriais à la lune qui perçait entre les arbres. Oui cette soirée en pleine nature allait être top et… inoubliable.

Une branche craqua dans notre dos. On se retourna, j’entendis un cœur se mettre à battre à la chamade.


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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Mer 1 Avr - 19:54




Au clair de la lune


Feat. Chad







La réaction de Chad me complait dans l’idée que mon dessin plaira à Matrim. C’est d’abord lui, avant mon professeur, que je souhaite satisfaire. J’ai passé du temps à placer chacun des traits sur le papier, à marquer les ombres et les contours pour rendre le tout vivant.

- Prépare une boite de mouchoir quand tu le lui montreras, s’exclame-t-il en riant. C’est splendide, tu as vraiment du talent !

Comme lui, je suis persuadé que cela touchera Matrim. Il est si sensible, je ne souhaite pas le décevoir.

Alors que nous sommes dans la file d’attente de la cafétéria, Anna n’hésite pas à demander à Chad s’il souhaite venir à la prochaine réunion qu’elle et Parker organisent.

- J’ai une vie personnelle très remplie, répond-il, mais je passerai c’est promis.

- Je te tiendrai au courant, dis-je. Et si tu ne peux pas dans l’immédiat ce n’est pas grave. Tout le monde est le bienvenu alors puisque tu es un loup stable ta présence pourrait montrer l’exemple.

Il y a quelques tensions ces derniers temps, je ne me suis pas vexé quand Anna et Parker n’ont pas souhaité m’en expliquer la raison mais cela me préoccupe. Après le déjeuner, je retourne en cours en songeant au soutien que mes deux amis m’ont apporté et au fait qu’à mon tour je puisse aider aussi.

Le réveil du lendemain contraste avec la fabuleuse soirée, et nuit, que j’ai passée avec Matrim. Par message, Chad me prévient de l’incident qui est arrivé avec notre travail en binôme. J’imagine sans mal sa réaction, lui qui est très professionnel et soigneux. Je suis également décontenancé par ce coup du sort qui nous oblige à fournir un travail équivalent dans un laps de temps très raccourci.

Je vais faire de mon possible pour réexpliquer ce que j’ai déjà imaginé pour ce projet mais je sais que le résultat ne sera jamais identique. Chad est confiant et me dit qu’avec le recul notre collaboration sera encore meilleure.

Par chance, ma matinée est occupée par un cours d’histoire de l’art en amphithéâtre ce qui me permet de réécrire toutes mes notes de la manière la plus claire possible.

À l’heure du déjeuner, nous nous rejoignons et je lui donne donc une liasse de feuilles pour qu’il complète le travail qu’il a déjà entrepris de recommencer. Il me dit y avoir passé une partie de la nuit et ne pas être disponible pour que nous finissions le projet ensemble dans l'immédiat.

- Il faut qu’on se voit, mais là j’ai des cours que je ne peux pas faire sauter, explique-t-il.

- Je prendrai le temps qu’il faut pour t’aider, promis-je, même si je dois louper une partie du cours, les professeurs seront compréhensifs à ce sujet je pense.

Je pourrais l’aider en dictant les notes ce qui nous fera gagner du temps. Nous devions nous dépêcher pour reprendre le projet dans l’état où nous l’avions laissé et ainsi l’achever.

- Bon, ça fait deux soir que je suis enfermé avec cet ordi ça te dirait qu’on bosse en extérieur ce soir ? Me demande-t-il. J’ai besoin de sentir la forêt ou je vais devenir fou ! Le ciel est dégagé et la lune gibbeuse nous fera un éclairage suffisant. J’ai aussi une lampe de camping.

- Oui, pourquoi pas, répondé-je. Je travaille bien aussi en extérieur, je connais une petite cabane dans les bois, c’est là-bas que je suis allé pour finir le dessin de Matrim, celui que je t’ai montré.

Ainsi, le soir venu, Chad vient me chercher devant chez moi. Je marque un temps d’arrêt en voyant sa voiture. Elle est superbe et je ne sais pas si j’aurais osé pénétrer dans la forêt, de peur de l’abîmer.  Il se gare à proximité d’une petite falaise qui domine la ville. L’endroit est aussi joli que la petite clairière dans laquelle j’aime aller.

Chad sort son ordinateur portable tandis que je saisis ma pochette, ma trousse de crayons et mes notes. La lune éclaire notre chemin et nous sommes paisibles. Jusqu’à ce que nous nous retournions de concert alertés par une branche brisée derrière nous. Un battement de cœur indique la présence d’une personne.











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Matrim Damodred

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Mer 1 Avr - 22:27



Cupidon damido

m&ms et chad
Le grand soir. UN grand soir, car je comptai bien en avoir beaucoup d’autres… Cela faisait un moment que nous complotions, Chad et moi, afin de faire une surprise à nos hommes respectifs. Mick allait avoir une bonne surprise, du moins je l’espérai. Quant à Matthias, je ne m’attendais pas à une telle déclaration de sa part, il avait su trouver les bons mots, les bon gestes pour m’apprivoiser, m’approcher suffisamment pour que je refasse confiance, que je m’abandonne de nouveau à ces doux moments, quand l’autre vous manque, quand sa présence change tout, quand les petits détails semblent plus important que les grandes galères. Quand, enfin, vous vous levez avec l’envie de le revoir, encore et encore, et l’idée de construire quelque chose avec lui. Quelque chose qui ne laissera peut être aucune trace aux yeux des autres, mais qui remplira votre vie plus que n’importe quelle autre réussite.

Pour Mick et Chad, nous avions convenu d’un lieu particulier avec ce dernier. J’y avais installé une structure avec des tentures, des couvertures, des lumières artificielles dont les couleurs changeaient avec les tissus semi transparents posés dessus. Je laisserai découvrir le reste par Chad et son adorable moitié. J’espère que ça lui plairait, j’avais travaillé chaque détail, en me basant sur les indications de Chad, et en y ajoutant des touches personnelles. Je voyais déjà les beaux yeux de Mick agrandis par l’émotion et Chad y répondre également. Je croisais mentalement les doigts.

Cela faisait quelques minutes que Chad et Matthias étaient arrivés. Je devais me faire le plus discret possible, car je pouvais être repéré par mes battements de cœur, ou encore mes pas… Je profitais des paroles de Chad, qui détournait l’attention de Matthias, pour m’approcher petit à petit. Lorsque je fus suffisamment prêt, je ne me souciai plus de savoir si j’allais faire du bruit. Effectivement, je marchai sur une branche, révélant ma présence. Chad et Matthias se retournèrent, avec une malice dans les yeux de Chad, et un étonnement dans ceux de Matthias. Je me mordis la lèvre pour ne pas éclater de rire, mais son regard était brillant d’émotion, et sa bouche en « o » valait tout le temps que j’avais passé, d’abord avec chad, pour planifier, ensuite seul pour installer ce qui allait être nos cocons pour la nuit…
Je ne dis rien, et m’approchai de plus en plus, tendant la main vers Matthias, Chad souriant proportionnellement de plus en plus également. Nos mains se rejoignirent, et je tirai, pour aider Matthias à se relever. J’accentuais le mouvement pour qu’il se retrouve contre moi, emporté par le mouvement. Je n’avais pas la force d’un loup, mais j’étais suffisamment musclé pour le surprendre de temps en temps. Je collais immédiatement mes bras autour de ses hanches, et lui sourit en le regardant droit dans les yeux.. Puis je tournais la tête vers Chad, pour lui préciser :

-tout est prêt, amusez-vous bien tous les deux , assortis d’un clin d’œil. Chad vint prêt de nous et nous enserra dans ses bras
-vous aussi, les m&ms !

Je riais de bon cœur. Matthias commençait des phrases, mais ne les finissait pas. Ce coup-ci je crois que j’avais réussi à le surprendre. Je le pris par la main pour l’attirer non loin de là, afin de profiter de la vue magnifique que nous avions en surplomb.
J’avais installé des tentures, d’un tissu épais, mais transparent, en plusieurs couches, monté sur des armatures… Cela m’avait pris un moment, mais ça nous permettrait de profiter de la nuit, puis de rabattre l’ensemble pour plus de chaleur et d’intimité.

J’avais également disposé des matelas gonflables, recouvert de couvertures, pour ne pas qu’elles prennent l’humidité, des lampes sur pile, qui dureraient toute la nuit si besoin, achetés dans un magasin de camping. Je les avais « améliorées » en y apportant des touches de couleur. Du vert / bleu, principalement, pour être en accord avec Matthias. Enfin, un hamac nous attendait de pied ferme pour une partie de la nuit, disposé entre les piquets, et nous permettant de voir les étoiles, puis de fermer l'ouverture donnant sur le ciel pour la nuit. Des couvertures supplémentaires, destinées à nous couvrir par la suite, et un petit réchaud, qui maintenait au chaud ce que j’avais cuisiné pour ce soir… Je n’étais pas un grand cuisinier, mais je  m’étais appliqué. Une bouteille de champagne reposait dans un récipient avec des glaçons, les flutes nous attendaient sur une petite table, posée à côté de petits poufs orientaux… La voiture de Chad avait été mise à contribution plus tôt dans la journée…

-en entrée, salade thailandaise.. Puis, crumble au poulet, sauce au vin… Le dessert c’est une variation qui devrait nous parler à tous les deux, fis-je, d’un air gourmand…
La plus formidable des récompenses fut de le voir regarder tout ça d’un air incrédule. J’avais très envie de me coler à lui , sentir son odeur si particulière, et l’embrasser.

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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Jeu 2 Avr - 10:45











Quatre vies, deux bonheurs


Matrim avait réussi à se faire  discret, faisant attention à la direction du vent, et j’avais distrait Matthias en parlant plus que d’habitude. J’avais tout de même eu du mal à garder un air neutre. J’avais hâte de lire l’étonnement, puis la joie dans les yeux de l’artiste et aussi celle de Matrim qui, je savais, s’était démené comme un fou pour que cette soirée soit parfaite. J’avais bien fait sauter mes cours de l’après-midi, non pour avancer notre devoir, mais pour charrier le bazar qu’avait prévu le photographe. Il avait mis les petites tentes dans les grandes. Il était même resté discret sur l’installation qu’il avait prévu pour Mick et moi. Vu son enthousiasme, je m’attendais à du grandiose. Je lui avais tout de même laissé quelques consignes quant aux goûts de Mick.

Lorsque la branche craqua, je sus que la soirée pouvait commencer. J’adressai un clin d’œil à mon complice. J’étais heureux de le voir ainsi. Mick, Matthias et moi étions son cercle proche dans cette ville. Un cercle d’hommes qui le comprenaient et surtout l’appréciait tel qu’il était. Son don, si intrusif soit-il, ne nous effrayait pas. Matrim savait qu’il pouvait être naturel avec nous, qu’il n’avait pas besoin de jouer ce rôle d’adulte dont il était bien incapable finalement. Mon ami avait le sourire du gamin qui vient de réussir sa farce. J’envoyai à Mick, le SMS que j’avais préparé.

« Rejoins-moi dans la forêt, là où tu m’as cassé la jambe. Rien de grave ne t’inquiète pas, mais fait vite. Love. Chad »

Ça me laissait le temps de profiter un peu des tendres retrouvailles entre ceux que j’avais surnommés les M&Ms. Les voir s’enlacer avec tant de tendresse et de douceur me confirma qu’on avait besoin de ce genre de geste, de prendre soin de celui qu’on aime et surtout de le lui montrer sans pudeur, ni retenue.

- Tout est prêt, amusez-vous bien tous les deux, me dit Matrim en se dégageant un peu.

- Vous aussi, les M&Ms ! Dis-je en les serrant tous les deux.

Matthias me regarde en souriant et secouant la tête. Je lui réponds par une mimique penaude et un clin d’œil. Demain, il aura bien le temps de m’en vouloir d’une telle cachotterie, surtout qu’on avait toujours notre projet à terminer, même si le professeur nous avait donné un délai supplémentaire du fait de sa maladresse. Je fais donc demi-tour, laissant à Matthias son matériel à dessin, qui sait quel chef d’œuvre il pourrait dessiner ce soir à la lueur d’une lampe. En m’éloignant, j’entends Matrim qui explique à son homme qu’il avait fait une installation similaire pour Mick et moi. Étant presque sur place, j’ai une petite avance sur Mick. Pour accéder dans l’endroit isolé où on s’était battus comme des chiens enragés, il faut marcher un peu. Cela n’avait pas empêché Matrim de vouloir faire quelque chose d’égale importance de ce qu’il avait prévu pour Matthias. J’en avais fait des allers-retours ! Au moins pour ranger, j’aurais l’aide de Mick.

Avec mes deux paniers à provision, j’arrive dans cette clairière qui semble coupée du monde. L’endroit est symbolique pour Mick et moi. J’ai beau savoir ce qui m’attend, je suis subjugué par le rendu que Matrim à réussi à donner. Il n’est pas sculpteur pour rien. Il sait vraiment y faire avec les volumes et les éclairages. Une idée se rajoute à un projet qui commence à germer dans ma tête depuis que j’ai été mis en relation avec Matthias.

J’entre dans la tente, c’est tout simplement parfait. Cela a des airs de conte des mille et une nuits, mais remodelé à notre image, la décoration est pure mais raffinée. J’entends au loin, le moteur de la Camaro de Mick. Je me dépêche d’installer le repas que j’ai acheté dans le restaurant français. Ce Marc est un excellent cuisinier. Il m’a tout fourni, de l’entrée au dessert en passant par le vin. Je me redresse et me recule pour m’assurer du rendu. Deux coussins nous serviront d’assise pour ce pique-nique, plus loin je reconnais ma couette posée sur un large matelas gonflable et ouverte dans une invitation à s’allonger.

Je sais qu’il est là, dans mon dos. Je ne me retourne pas tout de suite. J’écoute les battements de son cœur, sa respiration. J’hume son parfum qu’une légère bise pousse vers moi. En me retournant, je lui offre mon plus beau sourire et un regard qui lui donne la certitude d’être unique pour moi.

- Tu ne devais pas passer la soirée à bosser avec Matthias ? Murmure Mick en m’enlaçant.

- Je crois qu’il est occupé dans une tente similaire à moins d’un kilomètre d’ici. Répondis-je d’un souffle à son oreille.

Mick comprend que Matrim et moi avons joué aux cachottiers. Je passe ma main dans ses cheveux rapprochant ses lèvres des miennes. Nous avons besoin de ce moment hors temps, de ce break pour ne penser égoïstement qu’à nous, au plaisir de sentir le corps de l’autre prendre appui sur le sien et d’essayer de s’y fondre. Je crois qu’on va manger plus tard. Du moins c’est ce que j’imagine quand Mick me bascule sur la couette épaisse.


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Mickael Wayne
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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Jeu 2 Avr - 14:10


Bel mon étoile



La veille au soir, Chad se montre furieux en raison d’un problème avec le projet qu’il réalise avec Mathias. J’essaie de l’aider à se calmer mais je n’y parviens pas. J’ai un pincement au cœur lorsqu’il me dit préférer travailler chez lui. Il reste ferme lorsque je lui assure ne pas être dérangé par sa mauvaise humeur. Dans un couple, c’est important de soutenir l’autre même par une présence invisible. Toutefois, Chad, contrarié, décide de rentrer et me laisse seul à l’appartement.

Ses mots sont plus doux le lendemain, même si je sens à sa voix qu’il est fatigué par une nuit de travail. Je savais pertinemment qu’il se coucherait tard mais j’avais ressenti le besoin de lui montrer que je me soucie de lui.

Je suis tout de même peiné quand il m’annonce devoir continuer à travailler encore un soir pour rattraper leur retard. Je lui fais promettre de dormir avec moi cette nuit. Proposition qu’il accepte immédiatement sans protester.

Et maintenant je comprends mieux pourquoi. Si son SMS m’a un instant alarmé, je suis immédiatement rassuré quand je le retrouve dans cette partie de la forêt chargée de notre histoire personnelle. Le décor naturel est intact. Au détail près qu’une tente est installée parmi les arbres. Je détaille l’ombre de Chad qui s’y découpe du fait de l’éclairage. Avant même de voir l’intérieur, je comprends l’idée d’un cocon paisible qui nous est exclusivement destiné.

J’approche lentement dans son dos, pourtant je sais qu’il détecte ma présence à des dizaines de mètres. Si ce n’est plus.

Lorsqu’il se retourne son sourire me fait chavirer. Mon regard amoureux tente de lui demander la raison d’une telle surprise.

- Tu ne devais pas passer la soirée à bosser avec Matthias ? Murmure-je l’enlaçant.

- Je crois qu’il est occupé dans une tente similaire à moins d’un kilomètre d’ici, me souffle-t-il avant de m’embrasser avec passion.

L’endroit est propice à des retrouvailles bien que nous nous quittons rarement.  Sans relâcher mon étreinte, je jette un œil furtif au dîner prometteur que Chad a acheté, je reconnais le ruban du restaurant français sur le panier garni. Puis je tourne le regard vers les coussins disposés sur un lit confortable. J’ai un souri mutin avant de le faire basculer sur le dos.

Dans l’intimité offerte par cette cabane improvisée, je n’ai pas de honte à laisser aller mon désir. Je cherche sa peau à tout prix et laisse des baisers à peine posés sur son ventre. J’aime le sentir frissonner sous mes doigts, bandant ses muscles pour résister aux subtiles caresses. Ses cheveux en bataille souligne son côté sauvage et attirant. Il est mon loup, mon tout.
La forêt est témoin d’un acte passionné et sensuel lorsque nous partageons notre amour jusqu’à dans nos corps.

* * *

Le repas qui promet d’autres délices est maintenu au chaud jusqu’à ce que Chad me demande de le laisser me servir. J’apprécie sa délicatesse et sa servitude dénuée d’une quelconque soumission. Aimer, c’est faire plaisir. Cette soirée chasse immédiatement le sentiment de frustration que j’ai ressenti lorsqu’il est rentré chez lui pour travailler la veille au soir. Le retrouver est toujours un soulagement. Lorsqu’il est là, j’ai aussitôt le sourire sans plus de raison, je ris avant même qu’il énonce une blague et sens mon cœur cogner dans ma poitrine simplement parce qu’il me regarde.

Je laisse volontiers ce diner aux chandelles et une nuit à la belle étoile m’emmener dans cette bulle de bonheur que je ne voudrais jamais quitter.

« Il y a des moments rares dans l’existence où une porte s’ouvre et où la vie vous offre une rencontre que vous n’attendiez plus. Celle de l’être complémentaire qui vous accepte tel que vous êtes, qui vous prend dans votre globalité, qui devine et admet vos contradictions, vos peurs, votre ressentiment, votre colère, le torrent sombre qui coule dans votre tête. Et qui l’apaise. Celui qui vous tend un miroir dans lequel vous n’avez plus peur de vous regarder. »
Guillaume Musso.



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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Ven 3 Avr - 21:02




Le cri du sentiment


Feat. Chad







Je n’ai pas senti l’odeur de Matrim avant qu’il apparaisse. Je soupçonne Chad d’avoir volontairement captivé mon attention et de nous avoir placé à contre sens du vent. Le clin d’œil complice qu’ils échangent finit par me prouver qu’ils sont au courant de leur présence respective. Je referme la bouche que j’avais ouverte d’étonnement.

Matrim me tend la main pour m’inviter à me rapprocher de lui. Son cœur affolé m’envoie en morse toute sa joie de me retrouver. Son sourire radieux est communicatif, je me sens bien. Surtout lorsque qu’il me regarde ainsi.

- Tout est prêt, amusez-vous bien tous les deux, dit-il à Chad.

- Vous aussi, les M&Ms ! S’exclame-t-il.

- Je peux…Commencé-je.

Matrim rit franchement devant mon embarras. Il est pétillant, j’ai envie de savoir ce qui le rend ainsi. Nous nous éloignons et quelque chose me souffle que je vais avoir la réponse à ma question.

Je reconnais l’imagination dont il est capable quand il me montre une construction faite de tissus et de voilages. Les tentures colorées et les lumières vacillantes donnent au petit abri un côté sauvage.

Je fléchis un peu les genoux, passe un bras sous lui et le soulève comme une jeune épouse. Il rit à nouveau lorsque je franchis le seuil avec fierté pour le déposer à l’intérieur. Les matelas sont confortables, la décoration me fait penser à celle du stand où il m’avait massé pendant la fête où nous étions avec Mason. Cette fois-ci, je suis seul avec lui.

- En entrée, salade thaïlandaise...explique-t-il quand je regarde le dîner qu’il a dressé sur une petite table. Puis, crumble au poulet, sauce au vin… Le dessert c’est une variation qui devrait nous parler à tous les deux.

- Tout ça c’est fabuleux, formidable, féérique, dis-je en marquant mon enthousiasme. Qui a eu cette idée ? Chad aussi a fait une surprise à son copain ? Vous avez eu le temps de tout mettre en scène dans la journée ?

C’est une adorable initiative de la part de Matrim, il sait me surprendre et surtout il cherche à le faire. Je me demande par quoi commencer puis je nous sers deux flûtes de champagne. Les bulles rendraient amoureux selon les dires, c’est ce que j’essaie de lui faire comprendre en le regardant droit dans les yeux. Je joue avec mes lèvres sur le bord du verre puis bois une lente gorgée.

Lorsqu’il pose le sien, je m’approche pour l’embrasser. À deux reprises. Pour ne pas qu’il remarque ce que je viens de prendre dans ma main, je le mordille doucement. Puis je pose le glaçon dans le creux de son cou.

Sa grimace me fait rire, puis il frissonne, acceptant le jeu.

Le glaçon fond aussitôt sur sa peau tiède. Je lèche les gouttes qui y ruissellent avant qu’elles ne descendent sur son torse encore inaccessible. C’est un nectar exquis dans un oasis paradisiaque.

Ce qu’il a cuisiné est délicieux. Je le lui fais remarquer à chacun des différents plats. Le moment est propice au jeu et à la séduction, toujours présente entre nous deux.

Lorsque nous avons fini le dessert, je lui prends la main comme il l’a fait plus tôt. J’ai envie de découvrir l’autre cocon qu’il a installé.

Nous rions encore en nous installant dans le hamac, sans trop paraître ridicules. C’est confortable, surtout parce que Matrim est lové contre moi. Je le remercie de cette surprise et lui assure passer un merveilleux moment. Nous restons silencieux, profitant simplement de la présence de l’autre.

La nature et ses petits habitants stridulent autour de nous. C’est si paisible que j’entends un vieux clocher résonner en contrebas. Je serre Matrim un peu plus contre moi. Il est minuit dans le jardin de l’amour et de la tendresse.

Le ciel étoilé au-dessus de nous promet mille et une nuits avec lui.











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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Dim 5 Avr - 15:44











Reunion utopique ?


La soirée avait été à la hauteur de sa preparation. Et les deux “surprise” avaient sur se faire inventif et pas en reste avec leur moitié réciproque. Je revois encore le visage radieux de Matrim au matin, quand j’étais venu leur amener ma voiture pour ranger les affaires. Avec un clin d’œil, j’avais confié les clés de la Maserati à Matthias lui disant qu’on se retrouverait sur le parking du campus. Puis j’étais reparti à travers bois rejoindre Mick qui de son côté rangeait notre tente. Le démontage de l’installation faite par le photographe avait donné lieu à quelques plaisanteries, surtout lorsque je m’étais retrouvé prisonnier dessous après que Mick, fourbe, ait retiré la dernière ficelle avant que je sorte.

Ce moment léger nous avait fait le plus grand bien, vidant notre jauge de stress. Ce moment à deux avec Mick au milieu de nulle part, cette complicité avec Matrim pour surprendre le quotidien de ceux à qui on tient. Profiter de l‘instant présent… Ma vie est bien trop imprévisible pour se dire qu’on savourera la quiétude plus tard. Chaque bons moments passés ensemble est pris et reste indélébile dans nos cœurs.

***

Au campus, on avait tout transféré dans ma voiture. On allait rendre avec Matrim, le matériel loué pour l’occasion. Matthias semblait avoir apprécié ma confiance pour lui avoir permis de rentrer avec Matrim avec ma voiture. Je l’avais bien prêté à Derek, cela ne pouvait pas être pire.

En fin d’après-midi, on s’était posé à la bibliothèque pour finir notre projet. C’est fou comme on est plus efficace après une soirée pareille, même si on n’avait pas dormi beaucoup. Et comme je le supposais, les idées de Matthias étaient un peu différentes du premier jet. Son approche était plus affinée et plus complète. Je préférai de loin ce que nous allions rendre. Cette fois, je n’oubliais pas de faire les sauvegardes nécessaires. Alors que je mettais le dossier de plan sur le serveur du campus les amis de Matthias pointèrent le bout de leur museau. Il était question d’une de leur réunion pour le soir même. Cette assemblée avait l’air de leur tenir à cœur. C’est vrai que Matthias n’avait pas de meute et ce rassemblement pouvait en être un ersatz.  Mais pour avoir été un temps un loup oméga, je sais que rien ne remplace un alpha. Bien évidemment, c’est mieux de ne pas tomber sur des types comme Hugues, celui qui m’avait mordu. Mais je savais la valeur de Nathan, celui qui l’avait remplacé. Et l’aura de Ruby, mes liens avec le reste de la meute, même celui ténu avec Miya renforçaient ma stabilité. Et puis, c’est ainsi que fonctionnent les loups. Vouloir y coller un modèle humain et démocratique étaient une utopie que les mais de Matthias pourraient un jour avoir l’amertume de le constater. Alpha, Bêta, Oméga… ce n’est pas un choix, mais une nécessité où certains rangs sont plus confortables à occuper. Une fois à Boston, j’ai pris ce rôle, celui du chef de meute. La sensation a été grisante de sentir tous ces loups à mes ordres. Ce n’est pas dans ma nature de vouloir dominer, je l’avais fait pour sauver Mick et ça m’avait donné la force de contrer Miya. Est-ce que la cassure avec lui s’était amorcée à ce moment-là ?


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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Ven 10 Avr - 11:15




Qui se ressemblent, s'assemblent


Feat. Chad







Le lever du jour est aussi agréable que la soirée que nous avons passée. Lorsque le soleil baigne la tente de lumière, je me réveille doucement. Matrim dort encore paisiblement. Nous avons passé la nuit l'un contre l'autre après être rentré dans notre abri de fortune.

J'écoute les alentours afin de savoir si Chad et son copain sont réveillés.

Je me redresse sur les coudes, un air joyeux sur le visage puis passe une main dans mes cheveux en bataille.

- Pourquoi tu souris ? Me demande Matrim pas totalement sorti du sommeil.

- Parce que tu es beau quand tu dors, répondé-je en me penchant pour embrasser son front.

Un bras sort de sous les couvertures et me tire vers lui, réclamant plus qu'un simple baiser. Nos ardeurs matinales deviennent un jeu de tentation qui ne manque pas d'apporter du plaisir et de la sensualité à ce réveil dans un cadre idyllique.

Lorsque nous nous décidons à sortir, il est temps de ranger tout ce qui a été emmené pour l'occasion.

Lorsque Chad nous lance les clés de sa voiture, je marque un temps d'arrêt. Elle est somptueuse, j'ai été agréablement surpris hier. Alors avoir la possibilité de la conduire est un cadeau, presque une offrande sacrée.

J'ose à peine découvrir la puissance cachée sous le capot et j'aime beaucoup son allure, la couleur de la carrosserie.

Lorsque le matériel est acheminé sur le campus, il ne reste que de cette nuit le souvenir de fabuleux moments.

Je retrouve Chad en fin d’après-midi à la bibliothèque pour finir notre projet.  La perte de notre travail par le professeur n’était pas une farce visant à m’attirer dans les bois la veille au soir. Nous nous sentons bien et cela se ressent dans notre travail. Je suis beaucoup plus satisfait par ce que nous fournissons actuellement. Les idées ont eu le temps de grandir dans notre esprit, de s’améliorer. Finalement, ce coup du sort est bénéfique pour le rendu final.

Chad a tout juste le temps de déposer notre dossier sur le serveur du campus quand Anna et Parker nous rejoignent.

- Matty, la réunion c’est pour ce soir, tu n’oublies pas hein ? Me rappelle mon amie.

- J’y serai promis, dis-je.

- Et toi Chad, tu es toujours partant pour nous rejoindre, ça serait vraiment bien, continue-t-elle de plaider.

Lorsqu’il accepte comme il l’a promis, Anna est extatique. Parker lui est plus réservé, il se contente d’un sourire de remerciements.

Chad et moi décidons de nous rejoindre sur le campus dans la soirée et d’aller ensemble là où se tient la réunion.

Pour l’heure, je rentre chez moi pour prendre une douche et ranger mes affaires. En faisant rapidement un tri, je remarque qu’il me manque un cahier à dessins. C’est celui que j’ai toujours sur le coin de mon bureau et où je gribouille des idées. Il est plein de croquis qui ne serviront peut être jamais pourtant il a une valeur sentimentale.

Je jette mes vêtements dans le panier à linge sale et redescend à la cuisine prendre quelque chose à manger à la volée. La veille, le repas de Matrim était délicieux, il a beaucoup de qualités, que ce soit derrière les fourneaux quand il s’applique à préparer un diner ou dans l’intimité. Il est très attachant et son émerveillement constant est une lanterne vers laquelle je suis incroyablement attiré.

J’arrive quelques minutes avant Chad sur le campus, puis quand il me rejoint je l’emmène dans le bâtiment mis à disposition du « club ». Le père de Parker est assez influant ce qui lui permet quelques avantages.

Plusieurs personnes me saluent avec enthousiasme tandis que certains me reprochent gentiment de passer moins souvent les voir. Nous nous connaissons tous plus ou moins. C'est comme une grande famille où chacun peut trouver du réconfort, du soutien. L'aspect surnaturel en commun avec les membres est en réalité un critère secondaire. Ce sont des personnes avant tout qui ont les mêmes besoins qu'un être humain ordinaire, à savoir, apprécier, aimer et l'être en retour. Et c'est le cas ici, pour ce qu'ils sont, sans avoir à se cacher.

Nous repérons Anna et Parker qui discutent avec un petit groupe autour d’une jeune fille que je ne connais pas encore. L’attention est ensuite tournée vers Chad, le petit nouveau, qu’Anna s’empresse de venir voir pour la deuxième fois de la journée.

- Il y a beaucoup de monde, tu vois, dit-elle à Chad.

- Et tous n’ont pas pu venir, précise Parker. Tu n’as pas demandé à Matrim de t’accompagner ? Me demande-t-il ensuite.

- J’y ai pensé mais je me consacre à Chad ce soir, ça peut être bénéfique qu’il rencontre quelques personnes ici.

- J’espère que son petit ami ne s’inquiètera pas.

Devant le regard étonné de Chad, j’explique qu’Anna et Parker savent beaucoup de choses sur beaucoup de gens, le fait d’avoir des oreilles fines partout en ville est très utile pour recueillir des informations et apporter notre aide si besoin.

Quand une petite assemblée s’organise autour de nous, je laisse Chad prendre la parole. Je ne lui ai pas demandé de préparer un discours comme un orateur devant un public, il vient seulement pour rencontrer nos amis et probablement parler de son expérience.

Je me demande s’il va évoquer les bienfaits d’une meute ou insister sur l’essentiel, ce sont les liens forts entre personne qui offrent une stabilité, même pour un côté animal moins docile. Nous avons certains membres qui ont du mal à se contrôler, c’est à eux que le message sera adressé.











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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Ven 10 Avr - 17:45











Rassemblement


Les amis de Matthias sont très présents. Je sens qu’ils tiennent à la présence de l’artiste à leur réunion.

- Et toi Chad, tu es toujours partant pour nous rejoindre, ça serait vraiment bien, poursuit Anna.

Je n’ose refuser. Je pense pouvoir m’esquiver le temps de cette réunion. Si Mick se montre parfois possessif avec moi, il a l’intelligence de me laisser une totale liberté de mouvement. Liberté que je prends souvent pour justement m’enfermer dans ses bras.  J’accepte volontiers l’invitation, Matthias m’avait laissé penser que je pouvais être une aide. J’avais appris à me maitriser à coup de poing de la part de mes « frères » de meute, je sais par Derek qu’il y a d’autre méthode et qu’une meute est à l’image de son alpha. Anna est très enthousiaste de mon acceptation, Parker me remercie d’un hochement de tête.

***

Je fais un détour par mon appartement pour prendre de nouveaux vêtements. Je fais une rotation avec ceux que j’avais amenés chez Mick. Son armoire n’est pas assez grande, son appartement n’est pas assez grand. Cela fait un moment que je vis avec lui depuis qu’il est assigné à domicile, et je commence à me sentir à l’étroit. La proximité avec Mick ne me gêne pas, mais j’ai besoin d’espace, ne serait-ce que pour tourner en rond quand je réfléchis, ou tout simplement étaler mes plans sans avoir l’impression de déborder sur son espace vitale, sur son territoire. Chez lui, je fais comme si j’étais chez moi, mais instinctivement je ne me permets pas certaines choses. Quand il était revenu de prison, j’avais bougé la décoration pour lui faire une surprise, pour qu’il se sente moins confiné. Depuis tout avait repris sa place initiale. Je n’avais pas osé lui dire qu’en bougeant un peu les meubles, j’avais tenté de me créer un espace. Chaque soir, je roulais donc mes plans, ne conservant que ceux sur lesquels je travaillais. Je faisais ainsi souvent la navette avec mon appartement, mon espace, ma tanière.

Je préfère mon univers plus moderne que l’immeuble de Mick. On avait refait les murs, c’est même moi qui avait imaginé les couleurs. Le rendu est agréable et correspond parfaitement au caractère de Mick. J’ai préparé un sac d’affaire, ma penderie regorge de vêtements, j’aime pouvoir constamment changer, mais faute de place je tourne au mois ce qui avant ne me faisait qu’une semaine. Je file sous la douche à l’italienne de ma salle de bain. Elle est spacieuse, et claire. Celle de Mick est fonctionnelle, mais comme il est en location, il ne peut se lancer dans les travaux et changer cette faïence horrible.  Une serviette sur les riens et les cheveux humides, je me choisis une tenue et m’habille. Je traine un peu dans mon salon. Je déroule le plan de ce que j’ai imaginé pour Mick et moi dans une autre vie. Une maison qui nous ressemble. J’avais hésité avec ce projet pour travailler avec Matthias, mais celui-ci n’a pratiquement aucune chance de voir le jour.

***

Mick m’accueille tendrement, puis je vais ranger mes affaires dans sa penderie. Je l’ai déjà averti par SMS que je ressortais pour aller à la réunion particulière des amis de Matthias. De la cuisine s’échappe une odeur délicieuse de viande grillée. Je fais honneur au repas qu’il m’a préparé. Nous parlons un peu de la nuit dernière. Je vois à son regard que je l’ai touché en organisant ce moment privilégié. Je suis heureux qu’ainsi, il ait pu oublier ce qui lui pèse. Je regarde l’heure, il nous reste un moment que nous passons simplement enlacés. Je dis que finalement, notre projet avec Matthias est meilleur que l’initial qui s’est envolé dans la clé USB.

***

Je rejoins Matthias qui est déjà là. Je le laisse me conduire jusqu’à la salle où se passe la réunion. Je suis curieux de voir ce qu’il en est. Car réunir des êtres surnaturels au même endroit doit être quelque chose de particulier. Matthias semble connu et très apprécié si j’en juge les remarques de chacun à son égard. Je le suis presque intimidé. Je repère immédiatement les loups, leurs auras sont variées. Le fait que je sois affilié à une meute et non des moindre à Beacon Hills puisque mon alpha est tout de même adjointe au sheriff, se perçoit. Je n’ai pas le temps d’analyser les réactions que Matthias m’entraine vers Anna et Parker.

- Il y a beaucoup de monde, tu vois, dit Anna.

- Et tous n’ont pas pu venir, précise Parker. Tu n’as pas demandé à Matrim de t’accompagner ? Demande-t-il à Matthias.

- J’y ai pensé mais je me consacre à Chad ce soir, ça peut être bénéfique qu’il rencontre quelques personnes ici.

- J’espère que son petit ami ne s’inquiètera pas.

Je reste étonné qu’Anna soit au courant pour Mick et moi. Si quand il passe sur le campus, je ne cache pas ma liaison, c’est quand même rare de le voir dans le coin. Matthias m’explique qu’en fait l’information provient de « Radio-loup ». Je me rends alors compte que je vis un peu en reclus avec Mick et ma meute. Et que la discrétion que je pensais avoir n’est illusoire. Cela m’inquiète un peu, car avec ce qui nous tombe régulièrement dessus, je préférerai que trop de monde sache pour moi et finit par en savoir trop sur Mick.

Un petit cercle s’est formé autour de nous. Je comprends que j’en suis le centre d’intérêt.  Anna semble avoir déjà parlé de moi. Je suis brusquement intimidé car Matthias s’attend à ce que je prenne la parole. J’ai quelques secondes de flottement, puis le poids de mon éducation vient à ma rescousse. Je commence donc par me présenter, explique comment j’ai été mordu en laissant le fait que ma sœur y a laissé la vie. Je saute sur les deux années passées avec Hugues à Boston pour expliquer qui sont les gens qui forment ma meute. J’entends des remarques qui disent qu’en effet c’est bien pratique d’avoir l’un des notre au poste de police. Mais je sens que Ruby impressionne, voir fait peur à certains. Certains d’entre eux ont dû avoir affaire à eux. Mon alpha peut se montrer douce, comme particulièrement redoutable quand on ne file pas droit.

- Elle fait son job pour le bien de tous, dis-je aux plus récalcitrants.

Quand un jeune loup me jure de ne jamais vouloir se soumettre à un alpha, j’essaye de lui expliquer que les relations dans une meute ne sont pas forcément contraintes. Je tente de leur expliquer que cela vient de l’alpha et qu’il ne faut pas rejeter l’idée. Le débat s’anime sur l’utilité d’une meute. Anna et Parker semblent privilégier leur formule de réunion et assemblée informelles où les gens s’entraident. Je frôle l’incident lorsque je sous-entends qu’ils forment déjà une meute et qu’Anna et Parker jouent le rôle d’un couple d’alpha dominant. Je préfère arrêter et me taire. Il y a là beaucoup de loups. Certains ont du mal à se gérer et je ne peux m’empêcher de voir en Anna et Parker des utopistes du peace and love. On ne peut aller contre notre nature, le loup est fait pour vivre en meute avec une hiérarchie établie, de la même manière que les humains. Penser et faire le contraire est voué à l’anarchie. Je tiens ma stabilité de ma meute et de mon point d’ancrage, Mick.

- Tu es différents de nous, dit une voix dans mon dos.

Je me retourne et vois un gars un peu plus âgé que moi. Je n’aime pas le ton de sa voix et de sa question qui est plus une affirmation, presque une accusation.




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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Ven 17 Avr - 13:42




Une suite de petites volontés fait un gros résultat


Feat. Chad








Il semblerait que Chad fait bonne impression. Il est poli et courtois. J’en apprends davantage sur sa vie, bien que nous nous connaissons plus que ceux qu’il rencontre ce soir, jamais de sujet personnel n’a été évoqué jusqu’à présent. Lorsqu’il mentionne son alpha, Ruby, les réactions sont partagées. Certains trouvent que l’adjointe du shérif aide grandement à faire en sorte que nos secrets le restent tandis que d’autres craignent son autorité. Néanmoins, tous s’accordent sur le respect qu’elle inspire.

- Elle fait son job pour le bien de tous, explique Chad à l’assemblée.

- Moi, jamais je ne me soumettrais à un alpha ! Intervient un des hybrides présents.

Toujours de manière raffinée et sans reproche, Chad parvient à expliquer que la subordination n’est pas de l’ordre de la soumission.

- Les relations au sein d’une meute dépendent du lien qui existe entre l’alpha et ses bêtas, ajoute Chad.

- Mais une meute et surtout un alpha sont inutiles, renchérit quelqu’un dans l’assemblée.

- Vous formez déjà l’équivalent d’une meute, tente de dire Chad. Anna et Parker en sont les décisionnaires. Ils forment un couple d’alphas dominants.

Les hués et autres sifflements de reproches fusent immédiatement. Mes deux amis qui ont toujours le même sourire rassurant, s’approchent de Chad et lèvent une main, demandant à ce que le point de vue de chacun soit respecté.

Le débat anime l’assemblée, je vois que Chad est gêné. Il préfère réorienter la discussion auprès des jeunes loups-garou qui ont du mal à se maitriser. Il leur explique qu’avec une ancre solide, les nuits de pleines lunes semblent moins chaotiques.

Je repense à ma morsure et à ce qui me permet actuellement de lutter contre les aspects négatifs d’une existence en temps qu’hybride. Je suis d’un tempérament naturellement calme mais Anna et Parker m’ont beaucoup aidé dans ces premières difficultés.

Chad finit par clore la discussion pour se rapprocher de moi.

Je remarque le fossé qui sépare les deux modes de vie et de penser. Je vois Anna et Parker comme deux amis proches, pas comme des figures d’autorité. Les arguments de Chad sont cohérents. Mais ne représentent pas l’unique manière d’être. Le terme de meute peut être attribué à un quelconque regroupement de loups. Toutefois, les ressemblances s’arrêtent à cette appellation. Il n’y a pas d’alpha, Anna et Parker que Chad a placé à un tel rang s’apparentent davantage à des guides. Il n’y a pas de contraintes ni de domination. Pourtant la cohésion existe et se renforce de jour en jour.

- Tu es différents de nous, relance une voix derrière nous.

Le ton est sec, empreint d’un mépris hésitant. Les autres critiques ne mettent que peu de temps à être jetées.

- Chad est ici pour vous parler de son expérience, répondé-je pour ne pas relancer le débat. J’espère que certains conseils vous seront utiles.

J’aimerais le convaincre qu’il n’y as pas qu’un simple chemin tout tracé, que d’autres modes de fonctionnement sont viables. Il faut que nous ayons une discussion poussée à ce sujet car le persuader sinon le convaincre me tient à cœur.

Le jeune homme revient à la charge. Cette fois-ci je sens que Chad s’impatiente et même s’il ne veut pas paraitre malpoli, il ne peut s’empêcher de hausser lui aussi le ton. J’ai déjà senti que Chad est différent de tous les loups-garou que j’avais pu rencontrer, mais je n’utiliserais jamais cet argument comme raison d’un quelconque mésestime.









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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Lun 20 Avr - 11:58











Une suite de volonté qui amène le chaos


Je suis tendu, car je ne sais pas ce que sous-entend ce gars par “être différent”. Je n’ai rien dit de ce qui m’est arrivé à Boston, prendre le rang d’alpha à Nathan sans le tuer, le lui rendre sans mourir et effectivement changer de nature. Contrairement à tous ceux présents ici, je ne suis plus un hybride. J’ai longtemps réfléchi à ce qui s’était passé. La présence de Lycaon, les conséquences pour Ruby, ma nouvelle stabilité et surtout cette dualité disparue. Je ne suis qu’un de la même manière que Lycaon sans son immortalité, ce qui me va très bien car j’aime un mortel. Continuer de vivre sans lui n’aurait aucun sens. Des critiques suivent, maintenant qu’un des leurs a remarqué que mon aura est sensiblement différente des leurs, je sens une animosité monter, celle que tout être vivant a pour quelque chose qui ne lui ressemble pas. Que ce soit du racisme, de la ségrégation, la xénophobie ou tout autre type de peur qui se mêle à de la haine en guise d’autoprotection, je sens l’ambiance brusquement changer. Un sentiment de colère commence à m’animer, je vis déjà ça à cause de mes préférences sexuelles, j’en ai marre qu’on me dicte quoi être. Je souhaite juste être moi-même. Tous ces moutons ne comprennent-ils donc pas que cela n’impacte en rien leur propre vie ? !

- Chad est ici pour vous parler de son expérience, dit Matthias pour calmer le jeu. J’espère que certains conseils vous seront utiles.

J’en suis gré à mon ami d’intervenir avec calme. Je tente de rebondir sur ses propos pour casser net cette vague latente de rejet qui me guette. J’explique aussi que nous ne sommes pas tous égaux devant la morsure. Certains n’y survivent tout simplement pas, c’est le rejet biologique. Mais même quand la morsure « prend », il peut y avoir un rejet psychologique. L’état émotionnel avant la morsure, la situation familiale et son environnement comptent énormément sur la capacité du nouveau loup de se gérer et de se maitriser. Je leur donne en exemple ma propre situation au moment de ma morsure. Je suis issu d’une famille aisée, avec une éducation très rigoureuse où justement la maitrise de soi et de son tempérament avait une grande importance. J’ai été élevé avec la notion d’excellence, de donner le meilleur de soi. En souriant, je leur dis que tout humain qu’il est mon père se comporte comme un alpha. C’est un schéma sociétal classique, pas le seul, mais bien celui qui prédomine sur terre.

Le groupe des amis de Matthias me fait penser à ces rassemblements  de baba cool et autres beatnik. L’idée d’un groupe sans chef vivant en bonne intelligence émerge à chaque génération. Mais la nature humaine est ce qu’elle est. Le modèle que souhaite appliqué Anna et Parker est voué à l’échec, car même si dans un premier temps, l’entraine mutuelle va les renforcer et les lier, la notion même de liberté, de ne pas être contraint par un autre va se heurter à une réalité presque mathématique que le philosophe John Stuart Mill avait évoqué avec sa célèbre phrase : la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres. Comment le groupe va réagir quand les besoins des uns deviendront incompatibles avec ceux des autres ? La pure démocratie est une utopie. Les grandes civilisations l’ont largement démontré, seul un chef qui affirme sa loi, et qui tranche ne faisant pas forcément que des heureux, arrive à maintenir le groupe stable. La majeure partie des gens dans cette salle élise un président mais sont contre l’idée d’un alpha. J’attribue ça à de l’amour propre, le président est loin, on ne le voit pas nous diriger, alors que l’alpha on le sent dans chaque fibre de notre corps. C’est le manque de confiance qui les fait réagir ainsi.

Mais mon point de vue ne passe pas. Ils sont attachés à leur « autonomie de groupe ». Je lâche l’affaire, je ne vais pas faire du prosélytisme, à l’origine je suis venu pour faire plaisir à Matthias. On m’a demandé mon avis, je l’ai donné. Je ne leur ai pas dit ce qu’ils avaient envie d’entendre et je le ressens par l’animosité de certains. Par leur agressivité ils prouvent eux-mêmes que leur modèle a ses limites, ma liberté et la leur.

- Tu es différent de nous !

Encore cette remarque qui commence à sonner comme une accusation. Je suis d’un tempérament calme, et j’ai tendance à m’effacer devant ceux qui veulent briller. Je n’ai rien à prouver à qui que ce soit. Je ne réponds donc pas et lui tourne le dos pour regarder Matthias et ses deux amis. Une main se pose brutalement sur mon épaule, les griffes, sans m’entailler la peau, commencent toutefois à trouer mon pull sous la pression. Je fais volte-face.

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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Dim 26 Avr - 21:40




Une suite de coïncidences


Feat. Chad








Chad fait volteface sous l’affront de celui qui l’invective pour la deuxième fois. Le plus jeune ne ferait pas le poids face à lui mais son irrespect le pousse à envenimer la situation.

À ses phalanges qui blanchissent, je comprends qu’il resserre son emprise sur l’épaule de Chad. D’un geste fort, il s’en dégage mais ainsi son adversaire perçoit une invitation se battre. Nous n’avons pas le temps de réagir, le premier coup porté n’atteint pas Chad et celui qu’il donne en retour vaut comme avertissement. Le jeune hybride se penche en soufflant difficilement, son abdomen est douloureux.

Les plus responsables viennent apaiser les tensions avant que la situation ne prenne une tournure regrettable. Je m’excuse auprès de Chad, tout comme Parker et Anna qui réclament le calme. Pour ne pas causer d'autres excès de colère, je lui demande s’il veut bien m’attendre à l’extérieur.

Lorsque Chad est sorti, je remarque que Parker Anna sont inquiets. Mes amis sont toujours gais même dans des circonstances déplaisantes mais à cet instant ils sont clairement perturbés. Nous nous écartons pour pouvoir discuter discrètement, bien que la majorité des personnes présentes soit capables de nous entendre. Toutefois, ils sont trop occupés à commenter le discours de Chad.

- Il se passe quelque chose Matthias, s’inquiète Anna. Les rumeurs se propagent et ça a tendance à rendre irritables les moins entraînés d’entre nous. Ça n’excuse pas ce qui vient de se produire, Chad n’avait pas à en faire les frais, mais tout le monde devient de plus en plus méfiant.

- Qu’est-ce qu’il se passe ? Demandé-je.

- Comme tu le sais, il arrive malheur à des étudiants sur le campus, ajoute Parker en rappelant les victimes depuis le début de l’année. Et la vague de peur ne se cantonne pas à ça. Ce qui arrive se rapporte directement à notre existence à tous.

- Des petits groupent surveillent ceux qui touchent de près ou de loin à tout ça, ajoute Anna.

- Quel est le rapport avec Chad ? Demandé-je perplexe.

- On a appris que lui aussi enquête sur le sujet, répondit-elle.

- Vous le faites surveiller ? M’inquiété-je.

- Oui mais nous n’avons appris que plus tard que vous étiez devenu amis, explique-t-elle. C’est aussi pour cette raison que nous avons souhaité le connaitre davantage.

Nous finissons par sortir également car Parker et Anna souhaitent s’excuser à nouveau. Des sifflements désapprobateurs s’élèvent quand nous rejoignons Chad. Le groupe n’a jamais été aussi perturbé. Pourtant, nous avons accueillis bon nombre de personnes dont l’histoire était délicate.

Je regarde Chad qui fronce les sourcils de mécontentement. Je suis soucieux autant pour ce que viennent de m’apprendre Parker et Anna que pour le désaccord qui accompagne l’intervention de mon ami architecte parmi nous.

Avant de refermer la porte, j’adresse un signe de tête à celui qui est en train d'essayer de raisonner le jeune hybride qui s’en est pris à Chad.

- Merci Dean, dis-je à l’intéressé.

Chad me fixe alors, soudainement captivé par ce que je viens de dire.









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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Le clic et le pinceau (feat. Chad)   Lun 27 Avr - 11:16

Terminé pour moi. On se retrouve plus tard Smile

Chad


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Le clic et le pinceau (feat. Chad)
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