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 Fouiner, est-ce un métier ? [PV Chad & Adriann]

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Chad Wilder

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MessageSujet: Fouiner, est-ce un métier ? [PV Chad & Adriann]   Dim 22 Fév - 21:54









Fouiner, est-ce un métier ?




En laissant Adriann Weizerling à son nouvel appartement, j’étais repassé par le secrétariat. Nouvelle irritation, quand la femme qui officiait ici regarda par-dessus mon épaule dans l’espoir de voir l’autre teuton. Ne comprenait-elle pas que ce type était potentiellement dangereux ? A son soupire de déception, il fallait croire que non.

- J’aimerai qu’on ne me donne plus personne à accueillir. Cela revient un peu trop sur moi ces derniers temps.

- Je n’y peux rien si tous les autres se défilent mon chou, minaude cette abrutie.

« Apprend à dire non, Chad » me répète souvent Mick.

- Et bien à partir de maintenant, je rejoins ce groupe ! Bye !

Ma honte de défaillir à une tache disparue face à l’agacement que j’avais eu à trimbaler ce Klaus Barbie en puissance sur tout le campus. C’est énervé que j’étais rentré à l’appartement. Mick m’avait traité de loulou grognon. Mais quand je lui avais relaté les regards déshabillant de ce professeur, c’est lui qui voulait sortit pour aller lui dire deux mots.

- C’est qui le grognon, Mick ?

***

J’avais l’après-midi de libre. Un cours en ampli avait été déplacé, car les lieux étaient réquisitionnés pour une convention sur un sujet littéraire. Comme j’étais à jour dans mon travail, je poussai donc jusqu’à la bibliothèque du campus. J’avais entraperçue ce prof de criminologie à quelques interclasses et sa nature m’intriguait. Je crois qu’il avait tenté de me mettre à l’épreuve en me demandant de l’aide pour la pleine lune. Puisqu’il avait lâché l’affaire un peu trop facilement pour quelqu’un aux abois de ce côté-là. Mes brèves observations de sa personne, me le disait calculateur et… boulimique de drague.

Je me suis trouvé une table tranquille loin des étudiants qui travaillent en groupe. J’axe ma recherche sur deux questions :

Quelle est la nature d’Adriann Weizerling, ce qu’il faut en savoir pour ma survie et celle de mes proches. Je pensais à Maxence qui avait déjà eu à faire à un prédateur avec son colocataire dans l’enceinte même du campus. Ce prof de criminologie exsudait le prédateur, et je n’étais pas certain que ce Weizerling s’arrête au fait que Max est hétéro.

Et enfin, qui sont les criminologues ? Quel genre de personnes sont-ils ? Existe-t-il plusieurs profils, plusieurs méthodes ? Forcément ma rencontre avec l’autre terreur allemande m’avait réfléchir et voir mes propres problèmes sous un autre angle

Au lieu des criminels, je m’intéressais donc aux chasseurs de criminels, les flics, les fédéraux, les profilers. Je voulais comprendre leur fonctionnement et leur manière de penser. Avec Max nous avions essayé  de comprendre qui étaient nos adversaires en vain. Nous savions juste que le FBI suivait l’affaire. Mais en tant que victimes potentielles, je n’avais pas envie d’attendre que les ennuis nous arrivent sur le coin de la figure. D’autant plus que cela touchait à des aspects sur naturels

Les ouvrages commençaient à s’entasser autour de moi, j’étais si concentré que même le groupe assez bruyant un peu plus loin, ne me gênait plus. J’avançais par saccade, abandonnant un ouvrage dès que je bloquai pour y revenir plus tard. Mon père avait une théorie fumeuse sur le fait de faire deux choses à la fois. Évidement cela ne s’adressait qu’à ceux qui ont une bonne intelligence. Il soutenait que mener de front deux réflexions, permettait de gagner en recul. J’appliquai donc la méthode paternelle alternant créatures chimériques aux grand profilers du siècle. Mon carnet de note était partagé en deux, à droite les bestioles d’épouvantes, à gauche des flics, des auteurs de roman policier et autres illustres hommes.

Je réprimai un frisson devant une image d’un homme où la moitié inférieure du corps était remplacée par une queue de serpent. Je me dis que certains avaient dû fumer pour imaginer de telles créatures.

Côté criminologue, je trouvai une majorité d’homme. Je me questionnais à savoir si la raison en était culturelle ou s’il y avait vraiment une capacité masculine pour expliquer cette différence. C’est difficile de faire des statistiques sur la trentaine de noms trouvés, mais globalement, ces hommes finissaient seuls. Une vie de famille semblait incompatible avec ce genre d’activité. Je griffonnai quelques caractéristiques :

Homme,
Solitaire,
Ayant un proche qui a fait un métier similaire,
A vécu ou survécu à un crime (esprit de vengeance)
Intelligence supérieure à la moyenne

En regardant ma liste, je me dis que je dois avoir là, un bon tiers de la population masculine du pays. Je bloque, et rouvre le livre aux chimères et autres bestioles cauchemardesque. Je tombe sur une image censée représenter un loup garou. C’est n’importe quoi, je repousse le livre avec ce qui s’apparente plus à un cerbère qu’à un loup garou. J’en attrape un autre sur les créatures celtes, après tout  Adriann Weizerling vient du vieux continent. Je tombe sur des histoires où des dieux se transforment en cerf pour venir voir les mortels. Si les bois que j’ai aperçus sur la tête du professeur peuvent coller, je le raye tout de suite de la catégorie dieux. Je bloque. Je repars donc à l’affut des criminologues. Et tombe sur une notion : le positivisme.

Je me gratte la tête alors que j’essaye de bien saisir la notion basée sur trois fondements : l’empirisme, l’objet de l’étude est et doit rester le criminel, et enfin le criminel n’a pas de libre arbitre. Le positivisme est un déterminisme. Je lis un article qui soutient que le criminel est une sous espèce de l’homo sapiens. Un certain Lombroso donne même un portrait type : arcades sourcilières avancées, une grande mâchoire, de longs bras, et des orbites assez grandes. Je trouve de déterminisme idiot, mais je note tout de même cela sur ma feuille.

Nouveau bouquin sur les créatures surnaturelles d’Amérique cette fois. Je passe rapidement sur le big-foot et me fige brusquement. L’image… Je lis avidement la description, avale ma salive de travers au mot cannibalisme.

Un Wendigo, si j’en avais pas vu un, j’aurai dit qu’une telle créature, ne pouvait sortir que des rêves enfumés d’un chaman  pas très net.

Alors que j’observe cette représentation assez réaliste de ce que j’ai vu dans la semaine, je me reporte à mes notes. Mais pas à la colonne « créatures » mais celle des « criminologues et leurs méthode », sur la morphologie des criminels… Grande orbites, grands bras, arcades proéminentes… Mes yeux alternent entre mes notes et l’image quand un grattement de gorges me fait lever le nez. Je suis à la limite de faire un arrêt cardiaque. Depuis quand Adriann Weizerling m’observe ainsi avec son sourire en coin ?

Tous se superposent sur son visage, l’image du Wendigo, mes notes. La meilleure planque d’un criminel n’est-elle pas dans la peau de celui qui est censé le traquer ? Un regard circulaire sur la table, me montre qu’il est inutile de nier : je le trace.

- Euh… la viande de loup, ça ne compte pas ? Dis-je penaud.

Subitement je repense à ses regards insistants. J’avale ma salive difficilement en me demandant s’il me considère comme un repas potentiel ou un coup d’un soir ? Là subitement je veux bien réviser mon jugement ou du moins sur ce que je préfèrerai.




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MessageSujet: Re: Fouiner, est-ce un métier ? [PV Chad & Adriann]   Dim 1 Mar - 0:42




Nightmare

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
Je me réveillai au bruit des cadavres de bouteilles qui s’entrechoquèrent alors que je me tournai sur le flanc. Un faible grognement s’échappa de ma gorge sous la migraine qui prit possession de mon crâne. Une minute s’écoula avant que mes yeux ne daignent s’ouvrir pour se refermer aussitôt. Une autre minute passa. Finalement, je quittais mon canapé, renversant les bouteilles au passage, titubait jusqu’à ma table et avalai un cachet. Mon regard se porta sur les photos qui s’étalaient sur le sol de la chambre, sourcils froncés. Je croyais les avoir laissées organisées sur mon bureau. J’avais dû les renverser dans un accès de rage, le whisky aidant à faire ressortir la colère que m’inspirait cette enquête depuis qu’on me l’avait confiée. Malgré tout. Un soupir franchit la barrière de mes lèvres tandis que je ramassais les photos, prenant grand soin de ne pas croiser leur sujet. Ca n’allait pas aider à me remettre de ma gueule de bois si je le faisais. Sans aucune ambition pour le reste de la matinée, je m’asseyais en tailleur sur la table et fixais un point sur le mur blanc qui me faisait face. Stérile. Froid. Une voix résonna à l’intérieur de mon crâne. La sienne. Je fermai les yeux pour ne plus regarder ce foutu mur. Pour me concentrer sur sa voix. Je revoyais le premier cours qu’il nous avait donné. La première nuit qu’on avait passée ensemble. Ses frissons et ses gémissements. Je rouvrais les yeux, plus apeuré encore que je ne l’avais jamais été. Agir comme ça ne mènerait à rien. Je devais me remettre, me concentrer, faire marcher mon cerveau. Dénicher les évidences et faire payer l’enfoiré qui avait tué mon professeur, amant, ou quoi qu’il n’ait jamais été.

*

L’image que me renvoyait mon miroir n’était pas flatteuse, même après une douche, un rasage et une tenue correcte : mes cernes étaient creusées et sombres, ce qui donnait à ma peau une pâleur surréaliste. J’haussais les épaules et quittais ma chambre, dossier et ordinateur sous le bras, direction la bibliothèque de l’université. Je ne fis même pas mon habituel détour par le secrétariat. Mon objectif était fixé ; et il était bien plus important qu’une partie de baise.
Franchissant la porte du bâtiment, je grimaçais en entendant le groupe d’étude bruyant qui s’était étalé sur deux tables, ignorant les regards haineux du tiers des étudiants et du bibliothécaire. C’était la première fois que je mettais les pieds ici. Je craignais que les ressources dans la section criminelle soient maigres, voir inexistantes. Et mes peurs furent confirmées : trois livres épais d’auteurs que l’on étudiait en seconde année étaient coincées entre le rayon « Histoire de l’Asie » et « L’art chez les Mayas ». Râlant contre le mode de rangement incompréhensible de la bibliothèque, je partis à la recherche d’une table à l’écart, dans le cas assez envisageable où mes nerfs ne seraient pas assez solides pour supporter d’enquêter sur le meurtre d’Henning. Ou plutôt le massacre, si on choisissait le mot ex-… Il y avait la photo d’un Wendigo. Sur une table. Dans un livre. Mon cœur rata un battement avant de lever les yeux sur Chad. Elève modèle le jour, enquêteur la nuit ? Je n’étais vraiment pas d’humeur à jouer avec lui, mais il le fallait bien. Arborant un sourire en coin, je le vis lentement arriver à la conclusion terrible que je suis un Wendigo. Un cannibale avec des cornes de bois, l’esthétique en plus. Tout ça me plongeait dans un petit jeu auquel je risquais de perdre aujourd’hui, mais fuir devant le danger était exclu. Il fallait le neutraliser en douceur.

- Euh… la viande de loup, ça ne compte pas ?, demanda-t-il, mal-à-l’aise.

Je levai les yeux au ciel sous la remarque tout en m’installant à la table, détaillai d’un coup d’œil ses notes et les ouvrages que l’étudiant avait pris. La section criminelle me parut bien moins vide après ce rapide inventaire. Un gribouillage attire particulièrement mon attention et me fait rire. Je relevai mes yeux fatigués sur Chad.

-Lombroso et sa thèse sur les caractéristiques physiques, je suppose ? Ah… Douze heures de Sciences Criminelles pour en conclure que sa thèse est erronée, soupirai-je. La viande de loup… Je n’ai jamais goûté. Votre odeur corporelle n’est pas très agréable pour mon espèce, à dire vrai, avouai-je en grimaçant. J’allumais mon ordinateur, posais mon dossier sur la table et attrapai une feuille de papier et un stylo. Je pense que notre réaction a été la même lorsque tu as lu « cannibale » dans la description du Wendigo. Si tu as des questions, des accusations ou autres, je suis juste à côté, lui souriais-je faussement.

Je retournai à mon dossier et aux fiches de lien d'Henning. Amis, familles, boulot. Psychopathes. Etudes de cas. Les listes étaient bien plus nombreuses lorsque la victime exerçait ce genre de métier. Je n'avais toujours pas ressorties les images sanguinolentes que déjà, un terrible sentiment de malaise s'emparait de moi et engourdissait mon résonnement. Conscient de la curiosité du loup et ne souhaitant pas étaler ma vie ou mes faiblesses, je m'efforçai de paraître comme si de rien était. Un meurtre comme un autre. Détaché.


Chad Wilder & Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: Fouiner, est-ce un métier ? [PV Chad & Adriann]   Jeu 5 Mar - 22:28









L'architecte et le Criminologue
Le loup et le Wendigo



- Euh… la viande de loup, ça ne compte pas ? Dis-je penaud.

C’est bien ma veine ! Celui sur lequel j’enquête, vient de me prendre en flagrant délit de fouinnage en règle. Le professeur leva les yeux au plafond puis s’installa en face de moi. C’était ridicule que je ferme les ouvrages qui s’éparpillaient autour de moi. La méthode de travail Papa Wilder prenait de la place quand on travaillait avec des ouvrages réels et non pas avec du numérique. Cependant, l’avantage du support papier, était le « filtre à conneries » qu’on évite difficilement sur le net, surtout pour des sujets comme le surnaturel ou les meurtres en général. Je ne pus m’empêcher de sursauter quand il se mit à rire en regardant mes notes.

-Lombroso et sa thèse sur les caractéristiques physiques, je suppose ? Ah… Douze heures de Sciences Criminelles pour en conclure que sa thèse est erronée, soupira-il.

Erronée ? Je regardai ma liste de caractéristiques physique et comparait au modèle vivant. Incident? Coïncidence or pattern ? C’est Stiles qui avait souvent ces trois mots à la bouche lorsqu’il parlait des enquêtes de son père. Monsieur Adriann Weizerling pouvait dire ce qu’il voulait : il avait la tête de l’emploi. Et surtout aujourd’hui, je le trouvais pale, il avait les yeux cerné comme quelqu’un qui a passé sa nuit sur un jeu vidéo. Bien que je suppose que cela ne soit pas son cas. On aurait été ami, je lui aurais conseillé d’aller voir son lit de près.

- La viande de loup… Je n’ai jamais goûté. Votre odeur corporelle n’est pas très agréable pour mon espèce, à dire vrai, poursuivit-il.

Il alluma son ordinateur, pris des dossiers pour s’apprêter à travailler. Il venait de parler naturellement de notre nature à chacun. Et même si je n’étais pas fier des agissements de certains de mon espèce, je me sentais tout de même moins « nuisible » que ce mangeur de gens.

- Je pense que notre réaction a été la même lorsque tu as lu « cannibale » dans la description du Wendigo. Si tu as des questions, des accusations ou autres, ajouta-t-il en plongeant dans son dossier.

Je refermai le bouquin qui concernait les pseudos caractéristiques physiologiques des criminels, Théorie fausse d’après Adriann. C’est certain que l’idée était un peu grotesque. Pensif, je regardai ce professeur atypique qui fit comme si de rien était. Je savais parfaitement qu’il savait que je le scrutai. Alors qu’il prenait nerveusement des notes, je le détaillais à loisir. Sa réponse sur les loups m’avait un peu rassuré. Je n’étais pas stupide au point de me penser à l’abri. Mais au moins, je n’avais à ses yeux pas le délicieux parfum d’un pavé de steak saignant et j’en étais satisfait.

Harassé ou surmené, c’est l’impression que me laissa mon examen de sa personne. Soit il oubliait de dormir, soit quelque chose le tracassait. Dieu qu’il était énigmatique, il dégageait une aura étrange, un peu magnétique. Je me sentais comme un papillon de nuit attiré vers une source lumineuse. Est-ce une capacité de son espèce d’intriguer et d’attirer l’attention des gens ? Puis je repensai à son argument qui en quelques mots avait balayé une heure de recherche. J’étais donc au point mort sur mes recherches pour comprendre comment fonctionnait un criminel par le biais de ceux qui les traquent. Des minutes avaient passé, et Adriann était plongé dans son travail. C’est lui qui sursauta cette fois quand, du bout des doigts, je touchai le dos de sa main qui tenait un livre ouvert. Mes veines noircirent instantanément. Je ne saurai dire où se situait le siège de sa douleur, mais je constatai qu’ils n’étaient pas en forme. La confirmation faite de ce que je voulais vérifier, je rompis le contact, n’ayant nullement envie de soulager un cannibale. Alors qu’il me regardait avec défi et légèrement étonné par mon audace, je ne baissai pas les yeux. Il me trouvait certainement inoffensif et il ne devait pas être totalement dans le faux. Il m’en faut beaucoup pour que je devienne agressif et dangereux.

-  Lombroso et sa thèse… c’est certain, je ne suis pas criminologue… mais architecte. Et c’est d’ailleurs pour cette raison que je ne m’assois jamais là où vous êtes.

Adriann me somme de m’expliquer d’un haussement de sourcil.

- La poutre de soutient juste au-dessus de votre tête est sous dimensionnée de 1,5 fois. Les deux derniers tremblements de terre l’on désolidarisée de la dalle du plafond… Disons qu’elle peut tomber à tout instant. Une estimation rapide, me dit que mes réflexes de loups seront suffisants pour que j’attrape mon ordinateur avant qu’il chute avec la table.

Je lui pointai du doigt le point de fragilité, la fissure le long de la poutre et le point de rupture potentiel. Pas besoin d’avoir fait une thèse pour comprendre que si ça lâchait, il se faisait ratatiner. Alors qu’il glissait ses affaires de mon côté pour s’installer à mes côtés, poussant sans vergogne dans mes propres affaire, il me demanda pourquoi c’était encore ainsi. Je lui dis que j’avais signalé la chose depuis presque un an. Mon histoire était une demi-vérité. Oui cette poutre pouvait tomber à tout moment… Mais c’était en fait un caisson creux qui cachait des tuyauteries. La chute d’un bout de Placoplatre ne devrait pas le blesser gravement, l’assommer peut-être.  Mais ma manœuvre avait fonctionné : Maintenant, je voyais ce que l’écran de son ordinateur affichait. Adriann finit par comprendre que je lisais ce qu’il regardait et m’attrapa la main serrant fort mon poignet. Mes veines noircirent immédiatement. Ce type est décidément pas en forme,  je tirai mon bras pour qu’il me lâche. Mon idée initiale était de le jauger pour savoir s’il pouvait nous être d’une quelconque utilité pour les meurtres sur le campus d’humains qui ressemblaient à des loups, ou plutôt de loups qui sentaient l’humain.  Et me voilà avec un wendigo qui ne veut pas lâcher prise… Pourquoi ai-je joué avec le feu ?



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MessageSujet: Re: Fouiner, est-ce un métier ? [PV Chad & Adriann]   Dim 8 Mar - 20:31




Nightmare

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
J’avais à peine commencé que déjà, j’avais l’impression de déshonorer l’enseignement que m’avait légué Henning pendant trois ans. Chaque personne de son entourage aurait été capable d’une telle violence, allant du dernier criminel qu’il avait envoyé derrière les barreaux jusqu’à sa femme… en passant par moi, si on mettait de côté le fait qu’il était mort alors que j’étais aux Etats-Unis. Mais j’aurais été capable d’une telle violence. J’aurais été capable d’attraper cette hache et de lacérer le corps d’une personne plus de 70 fois. Si ma rage avait été aussi importante qu’elle l’était actuellement. Je griffonnais quelques mots sur ma fiche et barrais au feutre rouge les profils des proches sans motifs apparents, ce qui me laissait une bonne vingtaine de suspects potentiels. Mes yeux se posèrent sur un livre qui traitait du crime passionnel de long en large. Dans un soupir, je l’attrapai. Rien n’était plus ennuyant qu’un crime passionnel, comme le prouvait les dessins qui couvraient des pages entières de notes pris au vague pendant l’étude de ce registre, chez les trois quarts des étudiants. Comme le disait Henning :
« Du tötest mich wütend, schande mir ; Du tötest mich leidenschaftlich, schande dir. »

Je parcouru les pages avec un désintérêt flagrant, parcourant les cas de figures : une femme empoisonna son épouse pendant trois mois après avoir découvert l’infidélité de cette dernière. Un homme fracasse le crâne de l’amant de sa petite amie… Rien ne mentionnait une rage qui justifiait 70 coups de haches. Un long soupir s’échappa de mes lèvres, bien vite interrompu par l’irruption du détective de pacotille dans ma sphère privée. Le bout de ses doigts frôla ma peau et aussitôt, ses veines tournèrent au noir. Je fronçais les sourcils à la vue de ce phénomène. Evidemment, je savais que les lycans étaient capables de ce genre de tour ; mais jamais je n’en avais vu un en action. Rapidement remis de ma surprise, je lui décochai un regard sombre de défi. Si ce type croyait qu’il allait découvrir les méandres de mon âme, de ma tristesse et de ma fatigue, il se foutait le doigt dans l’œil. C’est ce que je m’apprêtais à lui dire lorsqu’il me devança en prenant la parole :

-  Lombroso et sa thèse… c’est certain, je ne suis pas criminologue… mais architecte. Et c’est d’ailleurs pour cette raison que je ne m’assois jamais là où vous êtes.

Pas plus intéressé que cela, mais tout de même curieux, je lui sommais de m’expliquer d’un haussement de sourcil. L’entrée en matière ne valait pas la peine que j’ouvre la bouche pour parler. Avec un jargon d’architecte dont je ne comprenais pas la moitié des mots, il m’expliqua, par a+b qu’il valait mieux pour moi et mes fesses que je ne reste pas assis là où je me trouvais. Je le jaugeai du regard avant d’estimer qu’empiéter sur sa zone de travail n’était que chose dû, à partir du moment où il m’obligeait à me déplacer. Poussant ses affaires d’une main rapide, je décalai mon ordinateur et mon dossier, prenant toujours bien soin de dissimuler les photos. Je n’étais pas prêt à les revoir. Pas sans une ou deux bouteilles dans les environs.
Je m’étais replongé sans attendre dans le témoignage de la femme d’Henning, qui, malgré mes réticences à cette hypothèse, pourrait très bien être le modèle 2.0 de la veuve noire. Selon ses dires, son mari n’était pas rentré de l’université : elle l’avait donc vu pour la dernière fois à 08H du matin le jour de sa disparition. Ils n’avaient échangés que deux sms, un venant de sa femme pour lui demander d’acheter de la confiture, à 17H56, l’autre d’Henning, pour assurer qu’il n’aurait pas le temps de passer faire cette course, à 20H24. Prouver que mon mentor était bel et bien l’auteur de ce message était impossible, même si c’était probable : un type qui massacrait un autre homme de cette manière ne prenait pas le temps de répondre à un message de ce genre.
Bien évidemment, mes hypothèses ne pourraient devenir des pistes qu’après le visionnage de l’interrogatoire de la veuve, et pas uniquement la triste version papier, celle où votre imagination courait après les fausses pistes, les sens cachés et les mauvaises interprétations. Je vérifiais une nouvelle fois mes mails, dans l’espoir de trouver toutes les ressources nécessaire au bon avancement de l’enquête que devait m’envoyer la police scientifique Berlinoise. Mais visiblement, l’enquêteur à l’autre bout de la planète était trop occupé à gober des bretzels plutôt qu’à subvenir à mes besoins.

Une étrange sensation m’avait pris depuis quelques minutes. N’ayant pas l’habitude de la ressentir, j’eu du mal à l’identifier et à en connaître la cause. Pourtant un coup d’œil au casse c… à côté de moi me suffit pour confirmer mes doutes : il espionnait mon ordinateur, sans aucune discrétion et vergogne. Je me giflais mentalement pour être passé du témoignage insignifiant de Mde Henning au rapport du docteur légiste. Néanmoins, cette intrusion avait du bon : j’avais quelqu’un sur qui passer ma colère qui ne demandait qu’à sortir. Rapidement, j’attrapais son poignet d’une main forte et serrai. Je n’avais aucune idée de ce que je faisais, mais d’un côté, je crois que j’avais besoin de perdre le contrôle de mes émotions. Buté, j’ignorais ses veines noircies par ma douleur et resserrais ma prise pour passer son bras dans son dos, dans le plus grand des silences. J’approchais mes lèvres de son oreille et murmurais :

-Tu as très mal choisi ton jour pour m’espionner, Chad. Tu ne te mêles pas de mes affaires et je ne te dérangerai pas, c’est du simple bon sens.

Je relâchai son bras en entendant un étudiant approcher. Je suivis ce dernier du regard alors qu’il tourna les talons, confus, bafouillant une excuse navrante. Je me retournai vers le bureau dans l’idée de reprendre mes affaires et de quitter la présence de l’autre, mais une idée naquit dans mon esprit. J’avais effectué quelques recherches auprès de mes amis pour obtenir des informations sur Chad Wilder, et ce qui m’était revenu n’était pas très beau… Avec un sourire feint, j’ouvris mon dossier et tournais les pages.

-Mais tes pulsions semblent te manquer, puisque tu as l’air si intéressé par l’enquête que je mène. Attiré par les corps en lambeaux, peut-être ? J’ai appris que tu n’étais pas étranger à ce genre de chose…, susurrai-je en lui mettant les photos d’Henning sous les yeux. Ca fait pas si longtemps que tu as « arrêté » d’être un loup sauvage, pas vrai ? Ca pourrait revenir d’un coup, comme ça, ajoutai-je en claquant des doigts.

La colère qui commençait à émaner de lui promettait de nous offrir une confrontation bien amusante…



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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Fouiner, est-ce un métier ? [PV Chad & Adriann]   Mar 10 Mar - 21:24









Turn unto the noise




Ce type irradiait la rage. Mauvaise Pioche… Cette histoire de meurtre sur le campus m’enlevait toute prudence. Je me sentais un peu idiot là, avec l’autre psychopathe en train de me faire une clé avec mon bras droit. Me voilà donc en train de souffrir en silence pour éviter un esclandre, car évidement le rapport élève, professeur me faisait partir bon perdant à ce jeu de rapport de force. Et tant bien même, est-ce que je faisais le poids contre ce gugusse ? Il avait l’air sacrément sûr de lui et quelque chose me disait que ce n’était pas du bluff. Disons que, sans pour autant me sentir inférieur en force, j’estimai que ce gars me donnerait du fil à retordre si on devait réellement s’affronter. Je ne bronchai donc pas quand il approcha sa bouche de mon oreille, mon regard obstinément fixé sur l’écran de mon ordinateur. Je serrai la mâchoire, tendu comme un ressort comprimé qui ne demande qu’à s’étendre.

-Tu as très mal choisi ton jour pour m’espionner, Chad. Tu ne te mêles pas de mes affaires et je ne te dérangerai pas, c’est du simple bon sens.

D’un côté il n’avait pas tort, je l’avais cherché. Mais comment lui expliquer que mon but était un peu légitime ? Je n’allais tout de même pas dire aux fédéraux ce qui me semblait suspect dans ces meurtres, et encore moins aller leur expliquer que ces loups garous sentaient l’humain…

Adriann me lâcha quand un étudiant s’approcha de notre zone. J’ouvris et fermai la main plusieurs fois pour refaire circuler le sang et faire passer la douleur que ce geste m’avait provoqué. Je fermai le bouquin qui traitait des wendigos, et l’image de cet être de cauchemar disparu de ma vue. Exit ce phénomène de foire, j’allai devoir me débrouiller seul avec Maxence. Je n’avais pas décoincé un mot. A quoi bon répliquer, ce professeur ne semblait pas dans un état normal, si tenté qu’il en ait un ! Tous ses signaux vitaux clamaient son agitation, il était pire qu’un loup à l’approche de la pleine lune. Je me trouvai stupide d’avoir pu penser que ce type pouvait m’être d’une quelconque utilité. J’avais juste gagné à me faire remarquer…

Je ne savais rien du but de ses recherches en cours, mais il me semblait comme un chien à qui on a caché son os. Sur l’écran de son ordinateur, j’avais pu apercevoir un témoignage et surtout le rapport d’un légiste. Je me demandais d’ailleurs ce que donnaient les examens sur les trois victimes du campus. Je ne savais pas sur quel crime Adriann enquêtait, mais il semblait obsédé comme ces gars qui deviennent asociaux tant qu’ils n’ont pas résolu une équation de math ou autre. Il m’arrivait de devenir hermétique quand j’étais plongé sur un projet qui me tienne à cœur, mais pas au point de frôler la névrose.

Je lâchais donc l’affaire, adoptant la position du profil bas et la ferme intention d’éviter ce type le plus que possible à l’avenir. Il avait la possibilité de me rendre la vie infernale, donc autant me faire oublier de sa personne. Je ne suis pas d’une nature vindicative et n’avait rien à prouver à qui que ce soit. Je me moquais bien de l’avis de ce foutu teuton. Je fis une pile avec les bouquins que j’avais pris pour étudier les criminologues, je n’en sortirai rien de tangible. J’ouvris un nouveau fichier et basculais sur un calcul de portance. L’exercice était vicieux car il mélangeait deux matériaux de natures très différentes comme le bois et l’acier, le tout agrémenté d’un haubanage ancré sur un mur de béton. En gros, cela couvrait toutes les notions apprises au dernier trimestre.

- Mais tes pulsions semblent te manquer, puisque tu as l’air si intéressé par l’enquête que je mène.

Je sursautai presque quand Adriann me parla de nouveau. Je le trouvai gonflé pour quelqu’un qui se plaignait d’être dérangé. Agacé, j’ignorai sa remarque et me replongeai dans les coefficients de résistances des matériaux.

- Attiré par les corps en lambeaux, peut-être ? Poursuit-il d’un ton mielleux. J’ai appris que tu n’étais pas étranger à ce genre de chose…

J’inspirai un bon coup et bloquai ma respiration. Je n’avais pas tourné la tête de mon écran que des images immondes vinrent se poser sur mon clavier. C’était le corps d’un homme ? Il était tellement entaillé qu’il était difficilement reconnaissable. La colère me gagna. J’avais obtempéré et lui avais foutu la paix, pourquoi revenait-il à la charge avec des allégations… déplaisantes. Mes yeux ne pouvaient s’empêcher de fixer les images. Curiosité morbide de tout un chacun ? Des corps en bouillis, j’en avais déjà vu… et pas en photos, mais bien au bout de mes griffes. Quand mon passé me hante, je vais devant une glace et fais luire mes yeux. Leur couleur dorée me réconforte et m’apaise.

- Ça suffit ! Vous aviez du travail je crois, sifflai-je entre mes dents.

- Ça fait pas si longtemps que tu as « arrêté » d’être un loup sauvage, pas vrai ? Ça pourrait revenir d’un coup, comme ça, ajouta-t-il en claquant des doigts.

Je sursaute malgré moi et me traite de couillon pour lui laisser une telle emprise sur moi. Mais il a réussi, la machine à souvenirs s’est mise en route… elle est difficile à stopper… Mick… penser à Mick. Mais j’ai beau essayer les prunelles sombres de ce germanique remplace le regard clair de mon ancre. Je laisse échapper un grondement sourd.  Son épaule touche la mienne, il s’est rapproché pour sa provocation entrant dans mon cercle vital, violant mon espace. Mes dents grincent sous la pression de ma mâchoire. Ce foutu mangeur de chair humaine ose me faire la leçon ! Lui qui n’est guère plus âgé que moi. A mon tour cette fois de lui attraper le poignet, mes veines noircirent immédiatement mais je me concentre et rejette la réaction. Je ne veux pas le soulager mais bien au contraire lui faire mal. Je serre  fort et résiste péniblement à l’envie de laisser sortir mes griffes.

- Il parait que le civet de cerf est meilleur si on laisse la viande attendre un peu après qu’on a abattu l’animal… Dis-je d’une voix soude.

Je sens ses veines pulser sous ma paume, et ses muscles chauds se raidir et résister. Son souffle s’est accéléré, attendait-il ce moment ? Je ne sens pas de la panique chez lui, mais plutôt une sorte de jubilation. Il m’a provoqué et j’ai répondu. La raison me crie de m’arrêter, de laisser tomber, mais ce type m’agace depuis notre première rencontre. Son arrogance et sa suffisante me hérissent. Il a besoin d’une leçon ou du moins quelqu’un qui ne plie pas.

- Tu penses être au sommet de la chaine alimentaire ma biche ?

J'insiste familièrement sur le dernier mot. Mon ton se fait railleur et moqueur. Je pousse l’effronterie à le tutoyer. Enfin je plante mes deux azurs dans ses prunelles sombres. Si un regard pouvait tuer, je serais déjà mort. Il est peut être satisfait de m’avoir sorti de mes gonds, mais ma rage est froide. Le loup sanguin de Boston est loin. J’ai pris quelques années depuis et vécu des situations bien pires.

- Le loup sauvage est toujours là Adriann. Et il est déconseillé de venir le chercher. Tu veux vraiment jouer à « loup y es-tu ? »

On se jauge comme deux coqs, Je ne lâche pas son poignet, sa main commence à blanchir. Nous serions ailleurs, je l’aurai déjà plaqué contre le poteau derrière lui. Je ne sais pas ce qui me prend de répondre à sa provocation gratuite. Mais j’ai envie de cogner sa belle gueule, de lui faire ravaler ses regards déshabillant pour ne pas dire intéressés, de lui faire bouffer sa suffisance. Vue de l’extérieur, la scène peut porter à confusion, moi qui lui tiens la main, épaule contre épaule, à se regarder dans le blanc des yeux…

- Il faut en avoir dans le froc pour réveiller l’animal qui sommeil Adriann, dis-je en exagérant sur les r. Leck mich am arsch !


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MessageSujet: Re: Fouiner, est-ce un métier ? [PV Chad & Adriann]   Dim 15 Mar - 16:13




Compromis musclé

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Je savais parfaitement qu’il valait mieux laisser un loup sanguinaire sommeiller plutôt que de le réveiller à grand coups de provocation. Pourtant, j’étais en train d’exhiber les photos sanglantes sous le museau du canidé juste en face de moi, sans trouver aucun moyen ni aucune envie de m’arrêter. J’avais besoin d’évacuer ma rage. J’avais besoin d’un défouloir ; et il venait tout juste de se jeter entre mes pattes. Mes paroles sortirent de ma bouche avec cynisme, à peine interrompues par les geignements de Wilder, que je n’entendis presque pas. En revanche, la manière dont il se laissa assaillir par les souvenirs était bien visible. Moqueur, je plantai mes prunelles sombres dans ses yeux, l’empêchant de créer un rempart entre lui et ses pulsions. Naturellement, presque comme un automatisme, je notai les méthodes qu’il essayait appliquer pour reprendre le contrôle de lui-même, même si l’espoir semblait vain. Je poussai la provocation encore un peu plus loin en m’approchant de lui, si près que nos deux épaules se frôlèrent. Un grognement sourd s’échappa de la gorge de mon vis-à-vis, comme pour marquer son violent désaccord. Comme si se fut un signal, Wilder décide enfin de sortir de ses gonds et de sa petite zone de confort… Un sourire amusé s’afficha sur mes lèvres tandis que sa main agrippait fermement mon poignet et qu’une délibération mentale s’impose dans l’esprit de l’étudiant : devait-il oui ou non laisser sortir ses griffes pour m’entailler les veines ?

- Il parait que le civet de cerf est meilleur si on laisse la viande attendre un peu après qu’on a abattu l’animal…, dit-il d’une voix dure tout en me jaugeant du regard. Tu penses être au sommet de la chaine alimentaire ma biche ?

J’éclatai de rire. Il voulait vraiment faire des blagues sur l’apparence des espèces qui peuplaient le monde ? Il pouvait bien se marrer : en attendant, je n’avais pas des poils et des rides qui apparaissaient par millier quand je choisissais de me transformer.  Je m’apprêtais à ouvrir la bouche pour lui faire part de mes pensées lorsqu’il me coupa à nouveau :

- Il faut en avoir dans le froc pour réveiller l’animal qui sommeil Adriann, rajouta-t-il, jouant sur l’accent Allemand. Leck mich am arsch !

Une fois encore, je ne pu m’empêcher d’être secoué par un ricanement, malgré l’état de ma main qui devenait préoccupant. Mes doigts répondaient à peine aux ordres que mon cerveau leurs envoyaient et leur couleur, bien que pâle à l’origine, commençait à être inquiétante. Je reportai mon regard dans celui azur du clébard.

-J’espère que tu as plus d’humour avec ton copain, murmurai-je avec ironie. C’était quelque peu… puéril.

Je lui offris une mimique signifiant que je n’avais pas l’intention de m’abaisser à imiter l’accent des Etats-Unis, aussi comique pouvait-il être, puis je dégageai mon bras sèchement. Mes doigts prirent un moment pour revenir, accompagnés de légers picotements. Ma colère était retombée quelque peu. Assez pour ne pas lui foutre mon poing dans sa jolie gueule dès lors où ma main fut à nouveau opérationnelle. Inspirant profondément, je me tournai vers lui une nouvelle fois.

-Je pense que tu as besoin de moi, même si tu ne peux pas me saquer et que tu préfèrerais te pendre plutôt que de me faire confiance. Et crois-moi, c’est réciproque. Je te propose trois choses. La première : on travaille ici, chacun de notre côté en paix. La seconde : tu me fais partager ce dont tu as besoin de moi et je t’aide en faisant profil bas. La troisième : on sort et on se bat. Ça pourrait nous faire du bien à tous les deux. A toi de voir.


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MessageSujet: Re: Fouiner, est-ce un métier ? [PV Chad & Adriann]   Mar 17 Mar - 22:47











Déballage


Hors de moi ! Ce type avait réussi à me faire sortir de mes gonds. Je suis d’un tempérament plutôt calme et affable, mais ce germain avait un je ne sais quoi qui m’horripilait. Était-ce son trop plein d’assurance ? Son physique avantageux dont il usait sans vergogne. Cet accent qui, s’il n’y pouvait rien, avait des accords désagréables. Ou simplement le fait d’avoir à faire à plus fort que moi ? Habituellement je me moquais bien de ça, mais là j’avais une envie irrépressible de lui rabattre son caquet. Mais au fur à mesure que je l’invectivai, au lieu d’en prendre ombrage, il se moquait ouvertement de moi.  Je suis très mauvais dans le rôle de coq, je le sais mais pourtant je poursuivis mes invectives.

-J’espère que tu as plus d’humour avec ton copain, murmurai-t-il. C’était quelque peu… puéril.

Je ferme les yeux, ce conn*rd vient de me moucher en beauté. J’ai perdu mon sang froid et me suis ridiculisé. Je m’en veux de m’être ainsi montré en spectacle. Il m’a savonné la planche et je m’y suis engagé allégrement. La chute était inévitable. A quoi je pensais à vouloir me confronter à ce mec. Il est prof et sans parler de la matière qu’il enseignait, il devait avoir l’habitude de mater bien plus forte tête que moi. J’étais vexé, je me sentais comme un gamin pris en faute qui se fait sermonner par un adulte. J’avais envie de me lever, prendre mes affaires et me barrer de là. Mais cela lui aurait donné une nouvelle occasion de se moquer. Je concentrai de nouveau mon attention sur l’écran de mon ordinateur. Mais autant dire que les calculs de portance étaient comme des images figées et sans vie devant mes yeux. J’essayai de faire le vide, mais la présence suffisante d’Adriann à mes côtés rendait vaine toute tentative. Puis il l’ouvrit de nouveau. Bon sang ! Il n’allait pas me lâcher ! J’enrageai sur sa proposition très factuelle, trois solutions à moi de choisir… Il se débrouillait toujours pour me donner le mauvais rôle, ce mec était le pire des manipulateurs. Et à ma plus grande honte, j’avais été le jouet parfait.

- 2,5 dis-je d’une voix excédée.

Oui, je voulais de l’aide sur cette vague de meurtre et oui j’avais envie de lui coller mon poing dans la gueule. La première solution étant inenvisageable à cause de mon énervement. De nouveau une moue méprisante orna ses lèvres. Clair que là je ne pouvais pas le piffrer ! Ce constat fait, une lumière se fit dans ma tête.  Pourquoi m’offrait-il son aide, puisque visiblement je l’énervais au plus haut point. Il aurait pu se contenter de deux propositions : s’ignorer ou se battre. Noyé dans la masse de son arrogance, je soulevai un intérêt de sa part. Difficile de savoir si c’était ma personne qui le rendait curieux ou l’affaire que j’avais sur les bras.

- On aurait bien besoin d’un spécialiste qui ne soit pas un néophyte sur les questions surnaturelles comme ce mec du FBI qui enquête sur la série de mort sur le campus.

D’un geste du doigt, Adriann m’invita à poursuivre.

- Ailleurs qu’ici, dis-je en rangeant mes affaires.

Une bibliothèque est par définition silencieuse, la moindre conversation est donc amplifiée surtout que le groupe d’étudiants bruyants était parti. Je rendis les ouvrages empruntés et sortis, Adriann suivant avec un temps de retard. Nous étions au milieu d’une heure de cours, il y avait peu de monde dehors, je choisis donc un banc isolé des lieux de passage.

Je haussai les sourcils d’exaspération à la énième boutade sur mon air de gamin conspirateur et enchainais sur ce que je savais. Je décrivis donc le comportement du colloc de Maxence qui n’avait pas donné signe de vie pendant plusieurs semaines pour réapparaitre brusquement, moitié transformé en loup et agressant Maxence. Je lui racontai comment j’étais intervenu à temps, taisant le don particulier de Max. Je décrivis la fuite de ce mec, ma poursuite sur les toits et la chute fatale de ce loup étrange.

- Il semblait comme possédé, mais pas comme une perte de contrôle lors de la pleine lune. Il avait des crocs et des griffes, une pilosité accrue mais sentait l’humain à plein nez. Mort, son corps ne présentait plus de transformation.

Je répondis au mieux aux questions que me posa Adriann. Puis je lui parlais du corps qui avait été embarqué pile devant le self. Le bras poilu et griffu qui dépassait de dessous le drap blanc. Je décrivis également le regard de l’agent du FBI qui m’avait reconnu avec Max derrière la vitre du self. J’expliquai que c’était le même mec qui nous avait levés avec Max en pleine nuit en train d’espionner dans un des bâtiments en périphérie du campus. Je dis à Adriann qu’on suspectait des expériences louches dans un laboratoire. Évidemment je ne lui dis rien des visions de Max à ce sujet. Je lui précisai que cette nuit-là, je les avais entendu parler d’un troisième mort lui et ses collègues.

- Et enfin, il y a eu un quatrième mort dans les vestiaires du gymnase. Nous étions en train d’écouter le coach dans le gymnase. Là, comme pour celui devant le self, il avait gardé des caractéristiques lupines, mais comme le colloc de Max, il sentait l’humain et non le loup.

J’avais débité mon laïus quasiment d’une traite. Essayant d’être le plus factuel possible. Mais étant plus ou moins partie prenante c’était difficile.

- Euh… A ton avis c’est possible de créer artificiellement un être surnaturel ?

Ma colère était retombée au fur et à mesure que je lui déballai ce qui nous tracassait Max et moi depuis quelques semaines.
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MessageSujet: Re: Fouiner, est-ce un métier ? [PV Chad & Adriann]   Dim 22 Mar - 20:13




Main dans la main

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Je jaugeais Chad du regard, me rappelant soudainement que simplement trois ans nous séparaient. Pourtant, d’un point de vue que j’adoptais neutre, je ne pouvais m’empêcher de comparer nos deux vies respectives : il avait grandi dans une famille distinguée de Boston, avait continué dans des études prestigieuses qui devaient apporter fierté à son père. J’avais grandi dans une famille de la classe moyenne (bien que plus pauvre qu’aisée, au final) et les études générales ne m’avaient pas séduites. Je n’étais pas ignare, bien au contraire : je me considérais comme un peu plus intelligent que la plupart des gens, même si mon impulsivité me valait souvent des remarques qui allaient dans le sens inverse. Nos vies avaient en commun la violence et les bains de sang. Pourtant, bien loin de nous rapprocher, ce point était un sujet de haine grandissante l’un envers l’autre. Quelque chose d’autre nous liaient : la curiosité. Je pu voir à son regard qu’il savait que la curiosité m’attisais depuis que j’avais eu vent de l’affaire, et maintenant que j’avais une occasion de mettre mon nez dans cette histoire sordide, je n’allais pas la louper.

- On aurait bien besoin d’un spécialiste qui ne soit pas un néophyte sur les questions surnaturelles comme ce mec du FBI qui enquête sur la série de mort sur le campus.

Ne donnant pas trop de crédit au sens de déduction de Wilder, j’espérais que mon geste de la main, voulu las,  lui prouve que je n’étais pas si envieux d’être mis dans la confidence. Le jeune homme tourna la tête à gauche et à droite avant de m’indiquer que la bibliothèque n’était pas le meilleur endroit rêvé pour parler de la sanglante vie surnaturelle du campus. Nous rangeâmes nos affaires en chœur. Je jetai un dernier coup d’œil à une photo d’Henning, souriant, en bonne santé. Beau. Vivant. Je m’attardai sur cette photo sans me rendre compte du départ de l’autre.  Promettant mentalement de m’occuper sobrement de son affaire dès l’instant où je reposerai  les pieds dans ma chambre, je suivis le loup avec un temps de retard. Ses pas le menèrent jusqu’à un banc reculé, à l’abri du flot ininterrompu des élèves et professeurs. Une plaisanterie sur sa paranoïa franchit mes lèvres, qui ne furent pas de son goût. Evidemment.
Je m’installai à ses côtés, en tailleur, coudes posés sur les genoux, lui accordant toute mon attention. Ses paroles étaient claires, ses mots précis et bien choisis. Il m’exposait les faits comme le ferait un étudiant en criminologie de seconde année. Précisément, bien qu’un peu désordonnés.

- Il semblait comme possédé, mais pas comme une perte de contrôle lors de la pleine lune. Il avait des crocs et des griffes, une pilosité accrue mais sentait l’humain à plein nez. Mort, son corps ne présentait plus de transformation.

L’un des points qui m’obséda fut celui de l’agent du FBI. Si un type de cette agence, ou d’une de ses conjointes, commençaient à soupçonner l’existence de ce genre de problème, toute vie serait finie pour toute créature, pacifiques comme sanguinaires. Ces agents piétineraient l’harmonie du monde surnaturel en deux trois balles d’argent.

- Euh… A ton avis c’est possible de créer artificiellement un être surnaturel ?
-Je n'en ai aucune idée... En tout cas, il y a un fou qui essaye et qui est sur le point d’y arriver, concluais-je alors qu’un frisson parcourait ma colonne vertébrale.

Je me tus pendant un moment, analysant les données. Il y avait eu toute une série de disparition, mais seuls les détails de celle du colocataire de Maxence étaient connus. Passant sur le fait que Wilder dissimulait une information, je m’attardais sur les informations. Le type était revenu après quelques semaines, dans sa forme expérimentale de loup. Le processus prenait donc du temps, ou alors cette expérience était l’une des premières pour l’apprenti scientifique.  De plus, la chute fatale et l’odeur montraient que les résultats étaient peu concluants pour les capacités physiques, même si l’apparence tenait la route. Il y aurait donc de nouveaux enlèvements. Je faisais part de mes déductions à Chad, même s'il devait déjà les avoir figurées il y a longtemps, avant de l'assaillir de questions.

-Qu’est-ce qu’on sait des gens qui ont disparus ? Des antécédents de drogues, d’addiction quelconque ? Quels cursus suivaient-ils ? Combien il y en a eu, au total ?

-Un détail me gêne, même si ce n’est probablement rien, mais… Ce type du FBI pourrait très vite devenir un gros problème, fis-je, partageant le fond de ma pensée. Je peux vous aider de bien des manières, et évincer l’agent de cette affaire en est une. Ce sera légal, pas de festin, levai-je les yeux au ciel en voyant le regard suspicieux de Chad. Je pourrai même récupérer certaines informations… Si toi et ton camarade voulez bien de mon aide, évidemment.

Je posai mes prunelles sombres sur le visage en face de moi, le regard sérieux et calme, loin de l’image que je renvoyais il y avait à peine une demie heure.



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MessageSujet: Re: Fouiner, est-ce un métier ? [PV Chad & Adriann]   Jeu 26 Mar - 18:35











Le grand plan


Les fesses posées sur le dossier du banc, je regardai mon tube à plan que j’avais pose entre mes pieds sur l’assise. Adriann s’était assis en tailleur à côté et me scrutait de ses prunelles sombres. Son regard obscure était impénétrable,  voilà la raison du pourquoi je fixai mes pieds. J’avais mes « autres sens » pour l’évaluer, mais il émettait des signaux chimiques assez disparates. Ça allait de la suffisance et la sur confiance en soi, à l’inquiétude et une certaine fébrilité. Il m’était impossible de me faire un schéma précis de ce gars et pourtant je lui déballai tout ce que je savais sur les morts suspects du campus.

- Euh… A ton avis c’est possible de créer artificiellement un être surnaturel ?

- Je n'en ai aucune idée... En tout cas, il y a un fou qui essaye et qui est sur le point d’y arriver.

- Oui, répondis-je plus pour moi-même.

J’en n’avais pas parlé à Max, mais ses visions du type allongé sur un brancard et pas vraiment maitre de ses mouvements, ça me rappelait une autre table métallique… Celle où j’avais été ligoté pour subir… Je touchai ma chaine de baptême, celle où Matrim avait enfermé mes souvenirs de ce vicieux et salopard de Rob. C’était efficace, j’arrivai à me souvenir sans retrouver les émotions qui y étaient liées. Je ne pouvais pas dire que je regardais cela d’un œil extérieur mais presque. Ce violeur de Rob mis de côté, je me concentrai sur le cinglé en blouse blanche, Alfred. Je me souviens qu’il m’avait bien charcuté, faisant de longues entailles sur ma peau, m’injectant des produits qui m’avait fait hurler de douleur. Pouvait-il y avoir un lien avec les expériences que j’avais subies et ces pauvres types du campus ? Adriann m’inonda de questions auxquelles je n’avais souvent pas la réponse.

- Qu’est-ce qu’on sait des gens qui ont disparus ? Des antécédents de drogues, d’addiction quelconque ? Quels cursus suivaient-ils ? Combien il y en a eu, au total ?

- Ils sont quatre à ma connaissance. Dans l’ordre, le colocataire de mon ami, le type devant le self, ce « troisième » évoqué par l’agent du FBI et enfin celui des vestiaires.

- Un détail me gêne, même si ce n’est probablement rien, mais… Ce type du FBI pourrait très vite devenir un gros problème. Je peux vous aider de bien des manières, et évincer l’agent de cette affaire en est une.

Je tournai brusquement la tête vers lui. Que pensait-il faire ?!

- Ce sera légal, pas de festin, dit-il en levant les yeux au ciel. Je pourrai même récupérer certaines informations… Si toi et ton camarade voulez bien de mon aide, évidemment.

Ses signaux corporels s’étaient enfin stabilisés. Était-ce un bien ou l’annonce de bien pire ? C’était le premier wendigo que je rencontrais. Sont-ils tous comme lui ? Si imprévisible dans leurs réactions ? Il y a cinq minutes je semblais l’agacer au plus haut point, et le voilà maintenant drôlement attentif à mon histoire. Je n’avais rien de matériel pour baser mon jugement. Je devais m’en remettre à mon instinct, mon sixième sens ou une connerie de ce genre. Bon en gros c’était du pile ou face. J’ai horreur des jeux de hasard. Max se demandait si c’était nous qui nous nous collions dans les ennuis ou si c’était les ennuis qui se collaient à nous. Étions-nous visés d’une manière ou d’une autre ? Et qui était ce type qui avait prononcé mentalement mon nom lors de notre match de hand à San Francisco ? Max était à ce moment trop occupé par le match pour entrer plus en avant dans l’esprit de ce type. Je me souvins de mon enlèvement au manoir de Derek. C’était si facile…

Il me semblait que seul Mick, mon père et moi étions au courant des capacités de Max. Le fait que je sois un loup a pu transpirer par le milieu. Tous les loups ne sont pas solidaires et certains vendent leurs frères comme assurance vie auprès des chasseurs. Bordel, si Elias apprend ça… Je n’en ai pas fini avec cette maudite famille…

- Je crois… enfin je ne sais pas, c’est juste une impression, mais ça me colle à la peau. Cette affaire… me tourne autour…

Adriann lève les sourcils m’incitant à poursuivre.

- Il y a deux mois, j’ai été enlevé… Un espèce de fanatique du bistouri  s’est acharné sur moi pendant plusieurs semaine.

Je déglutis, j’ai en mémoire ce calvaire, cette nuit permanente dans laquelle j’étais confiné. La lumière signifiant scalpel, seringue et la panoplie du parfait apprenti chirurgien.

- Il a testé ma vitesse de cicatrisation avec des entailles de différentes formes et plus ou moins profondes et cela sous l’effet d’un tas de produits chimiques. Fait tous les prélèvements possibles, même les plus… répugnants. Mes amis m’ont sortis de là par la force. J’étais détenu dans un complexe moderne planqué sous une vieille église au Mexique. Une installation qui coute un œil. Et si c’était une organisation, dont une des ramifications « s’amuse » ici ? Peut-être mettent-ils à l’essai des résultats trouvés sur moi ?

Vu le regard qu’Adriann me lançait, il ne s’attendait pas à une telle histoire. Je ne laisse rien paraitre de ce que j’ai subi, et encore plus facilement depuis que Matrim a enfermé ce cauchemar dans ma chaine de baptême qui ne quitte plus mon cou. J’ai mes souvenirs à ma portée mais sans la charge émotionnelle. Adriann ne pouvait deviner tout ce que l’étudiant modèle que je suis réellement cache.

- Je n’ai même pas l’assurance que le type du FBI chargé de l’enquête ne soit pas dans le coup.



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MessageSujet: Re: Fouiner, est-ce un métier ? [PV Chad & Adriann]   Lun 13 Avr - 20:31




Enquêteurs

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La journée s’annonçait plus tranquille que son commencement ne l’avait été. Je me remettais lentement de ma gueule de bois en écoutant Wilder parler et, au fur et au mesure qu’il déblatérait, sa voix m’agaçait de moins en moins. Peut-être parce que ce qu’il disait m’intéressait –pas comme tout ce qu’il avait évoqué depuis notre rencontre. Néanmoins, il ne put répondre qu’à peu de mes questions et très souvent, ses réponses soulevaient encore des interrogations. Il fallait déjà mettre à plat ce que nous savions : quatre hommes, étudiants, avaient été victimes. Les gens qui faisaient ça étaient établis dans des laboratoires, ce qui suggérait des espaces acquis légalement s’ils ne voulaient pas avoir la visite surprise de flics pendant une de leur petite sauterie… Ce qui impliquait qu’on pouvait remonter jusqu’à eux en fouillant.

Le silence était retombé sur le banc, Wilder dans ses souvenirs, moi dans mes élaborations. Sachant à quel point mes pensées pouvaient être nombreuses et confuses dans ces cas là, je sortis un carnet noir et un stylo de mon sac. J’avais l’habitude d’y noter toutes les pistes des enquêtes sur lesquelles j’avais travaillées. Sautant les pages noircies jusqu’à une page vierge, je gribouillai à la va vite les informations, les hypothèses et les actions possibles. Le loup sembla émerger et brisa le silence :

- Je crois… enfin je ne sais pas, c’est juste une impression, mais ça me colle à la peau. Cette affaire… me tourne autour…

Qu’allait-il me sortir, encore, le chiot ?, pensai-je en levant un sourcil dubitatif, rivant mon regard au sien, lui montrant qu’il avait toute mon intention.

- Il y a deux mois, j’ai été enlevé… Une espèce de fanatique du bistouri  s’est acharné sur moi pendant plusieurs semaines, confessa-t-il d’une drôle de voix, encore plongé dans ses souvenirs.  

Péniblement, il continua son récit, lancé dans sa narration. Les détails s’ajoutèrent au fur et à mesure que celle-ci se développa. Dire que je ne m’attendais pas à ce que ce gosse exaspérant ait vécu une telle chose était un euphémisme. Je ne pouvais pas m’empêcher de le regarder d’un œil nouveau, hébété par cette révélation. Heureusement, je me repris rapidement et d’une petite claque, je lui tapais l’arrière du crâne. Pas de place pour l’apitoiement. Nous étions face à une enquête.

-Tu n’aurais pas pu le dire avant, non ? Ce n’est pas un détail anodin, ça !, râlai-je en notant "Mexique, église, installation moderne" et en l’entourant plusieurs fois. J’y crois pas.
- Je n’ai même pas l’assurance que le type du FBI chargé de l’enquête ne soit pas dans le coup, avoua-t-il pour changer de sujet.
-Je m’occupe de Monsieur FBI. S’il a quelque chose de louche, je le saurai, jusqu’à la dernière fille qu’il a payé pour… Enfin, tu vois. S’il sait quelque chose à propos de la communauté surnaturelle… On avisera à ce moment, assurai-je en lui tendant mon carnet, avec le stylo. Tu peux noter ton numéro ? Je ne vais pas en user à outrance, t'inquiète pas. J'aurais des infos dans deux, trois jours.

Je me relevai après qu'il ait griffonné une suite de chiffre sur le carnet, que je jeta au fond de mon sac. Posant mon regard sur lui, je lui tendis ma main en souriant en coin, conscient de l'agacement que j'allais provoquer.

-Tu es passé de chieur à partenaire de crime. Ravi de ce changement, Wilder.


Chad Wilder & Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: Fouiner, est-ce un métier ? [PV Chad & Adriann]   Mar 14 Avr - 12:01











Association contre nature


L’expression d’Adriann change au fur et à mesure que je déroule mon histoire. L’arrogant professeur fait place à un… professionnel ? Je comprends aussi que la portée de mes propos le choque.

-Tu n’aurais pas pu le dire avant, non ? Ce n’est pas un détail anodin, ça ! Râle-t-il en prenant des notes.

Il en a de drôle lui ! S’il croit que c’est facile pour moi de raconter ce que j’ai vécu, ce conditionnement avec les longues périodes dans l’obscurité totale et la lumière qui ne signifiait rien d’autre que la douleur. Je dois mon équilibre mental à la présence de Mick et de ma meute.

- Je n’ai même pas l’assurance que le type du FBI chargé de l’enquête ne soit pas dans le coup, précisé-je.

- Je m’occupe de Monsieur FBI. S’il a quelque chose de louche, je le saurai, jusqu’à la dernière fille qu’il a payé pour… Enfin, tu vois. S’il sait quelque chose à propos de la communauté surnaturelle… On avisera à ce moment.

C’est bête à dire, mais subitement je trouve cet horripilant germanique rassurant et même son accent accentue cette certitude qu’il fera ce qu’il a dit et qu’il le fera bien. Il faut que j’éclaircisse ce qu’il se passe ici. Je ne peux attendre que cela me retombe dessus à l’improviste. Car je ne suis pas idiot, ceux qui m’ont enlevé sont toujours là. J’ai un frisson rien qu’en pensant qu’ils puissent recommencer. Ces deux tordus ne sont pas morts lorsque ma meute est venue me reprendre par la force.

- Tu peux noter ton numéro ? Je ne vais pas en user à outrance, t'inquiète pas. J'aurais des infos dans deux, trois jours.

Je prends le carnet tendu et note mes coordonnées. Quand je l’avais accueilli au bus, j’étais loin de penser qu’on allait s’associer. Nous sommes si différents. Notre seul point commun est de ne pas être tout à fait humain et étrangement c’est ce qui nous lie. Nos caractères sont en opposition totale, je ne sais pas ce que cela va donner dans le futur, mais je ne m’attends pas à ce que ce soit de tout repos. Et Adriann me le prouve immédiatement.

- Tu es passé de chieur à partenaire de crime. Ravi de ce changement, Wilder.

Et ce salopard qui sourit à sa provocation ! Je décide de répondre sur le même ton. Je ne veux pas qu’il me prenne pour un chiot malléable, même si en réalité je n’en suis pas loin. Je serre donc sa main fermement, sans aller jouer au fier à bras et la lui broyer, ce qui serait totalement puéril et lui donnerait un point.

- Tu es passé de chieur… à chieur… Ravi que tu t’intéresses sérieusement à cette affaire.

C’est moi, où il aime quand on lui résiste ? Je dois presque lui arracher ma main pour me dégager. Ça commence bien ! Déjà s’il ne me bouffe pas tout cru j’aurai de la chance. En partant, je me demande tout de même si je ne me sors pas d’un piège pour me coller dans un autre.

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Fouiner, est-ce un métier ? [PV Chad & Adriann]
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