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  Trois pas dans l'ombre, deux dans la lumière [PV Mick & Chad]

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Mickael Wayne
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MessageSujet: Trois pas dans l'ombre, deux dans la lumière [PV Mick & Chad]   Sam 6 Déc - 15:55

Suite du RP :

Trame principale La
Petite dérive de Chad Ici


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Mickael Wayne
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MessageSujet: Re: Trois pas dans l'ombre, deux dans la lumière [PV Mick & Chad]   Sam 6 Déc - 15:55



Come on, come on






Le hall de l’immeuble me semble bien calme, contrastant avec toute l’agitation que nous avons vécue à Boston. Le mot est faible. Les quelques jours ont été terribles. J’ai cru perdre Chad. Et la meute de Nathan a également subit des dégâts. Humains. Enfin si j’ose dire. Des loups ont été tués et même sans cette issue désolante, je suis reconnaissant envers nos alliés du moment.

Nous étions rentrés rapidement accompagnés de Lycaon. Ruby avait d’importants problèmes. Et Chad en est en partie la cause. Nous devons être là pour nos amis et plus que ça, la louve est son alpha. Un rôle que Chad a endossé, quelques temps. Je suis heureux qu’il soit redevenu lui-même. La veille au soir, j’ai laissé James s’installer dans un studio au bout de la rue. Il semble se faire au changement, et nous, nous reprenons nos marques.

Je profite de l’aurore, et de l’absence de Chad qui a rejoint sa meute, pour gagner un endroit paisible, la plupart du temps. La forêt de Beacon Hills chichement éclairée par la lumière filtrant entre les arbres. Partout où je vais, je recherche ce genre d’endroit. Apaisant, qui me permet de faire le point sur moi-même.

Rapidement, je rejoins la clairière où j’ai rencontré Mafdet la première fois. Le souvenir de la panthère noire me plaquant au sol me fait sourire. Aujourd’hui, je crois qu’il n’y a plus d’animosité entre nous. Bien qu’elle soit une femme redoutable, elle est aussi une alliée. Pour le moment, dirait-elle avec un sourire carnassier. Oui, pour le moment, car il n’y a pas plus imprévisible que la vie elle-même et c’est bien ce qui commande à ses sentinelles.

Ce jour-là, la druide avait été troublé par le médaillon que je porte toujours au cou. L’unique souvenir de mes parents, qui me rappelle chaque jour comment notre famille avait été détruite. Bien avant que nous en apprenions davantage sur mon passé, elle avait saisi la douleur avec laquelle je vis.

Le cadre apaisant me libère l’esprit et je réalise que j’ai encore beaucoup à faire avant d’être libéré de ce désir de vengeance. Et qui plus est, les événements récents m’ont révélé que l’homme que j’ai pour ennemi a déployé sa toile bien plus que je le craignais. À ce sujet, je dois encore avoir une conversation avec Miya. Il me faut découvrir ce qu’il sait et la raison de son implication.

Mon portable vibre au fond de ma poche. Mon sourire en voyant le nom de Chad s’estompe rapidement. Il rendra visite à Miya dans l’après-midi. Je ressens un certain sentiment de jalousie à l’idée que le japonais réapparaisse dans la vie de Chad. Bien sûr je ne l’aurais jamais laissé dans les griffes de nos adversaires. J’ai confié cette frustration à James et je l’oublie un temps en sa compagnie. C’est un ami très proche lui aussi réapparu depuis peu. Nous étions partis à deux mais revenus à quatre. Voilà qui allait bousculer nos habitudes. De toute façon, à Beacon Hills, les habitudes ne durent jamais longtemps.

J’accélère ma course en m’enfonçant dans la forêt. Sous mes pas, les brindilles craquent. Pas de discrétion ni de sensation d’être une proie ou un prédateur. Juste moi dans cette forêt. L’espace d’un instant je pourrais oublier tout ce qui complique la vie que je mène. Je pourrais…




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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Trois pas dans l'ombre, deux dans la lumière [PV Mick & Chad]   Sam 6 Déc - 15:56

Together


L’apogée de la lune rousse avait mis Beacons Hills en grand danger. Les habitants lambda ne s’étaient, pour la plupart, rendu compte de rien. Les loups s’étaient organisés. Jamais communauté n’avait su faire preuve d’autant de solidarité. Chacun avait usé de ses attaches et du peu de maitrise qui lui restait pour aider l’autre.

Ensemble, nous sommes plus forts.

J’avais rejoint Ruby et ma meute. Sitôt débarqué de Boston, je devais retourner sur un autre combat. Pas le temps de faire le point des évènements passés. Pourtant, il y avait eu tant de changements que je ne pourrais pas reprendre ma vie telle que je l’avais laissée en partant. J’avais changé et je craignais que mes relations avec Miya et Mick n’en souffrent également. Pour l’heure je partais avec ma meute rassembler les miens. Derek harassé par les soucis et les préoccupations se prenait la vague lunaire de plein fouet. On le retrouva au pied du Nemeton en train de se battre avec Luka son ami d’enfance. Je m’interposai entre les deux loups pendant que Ruby essayait de raisonner mon frère de meute. Je me pris bien quelques coups de griffes, mais les mots de Ruby finirent par faire mouche et le calmer. Un mouvement dans la nuit me montra le druide d’Aaron qui s’en allait. Il était resté spectateur. A l’instar de Mafdet, la druidesse de notre meute, il agissait de manière étrange. Les voies des sentinelles sont définitivement impénétrables à mon esprit.

Après Derek, ce fut Peter qu’on dû maitriser. Mais l’effet meute nous facilita les choses. Notre meute est peut être restreinte en nombre, mais uniquement composée de loups matures. Individuellement nous pouvions devenir dangereux, j’en avais montré l’exemple à Boston, mais ensemble nous savions nous canaliser et nous contrôler. Le reste de la nuit nous trouva occupé de part et d’autre des bois de Beacon Hills. Ruby et Aaron se concertaient pour plus d’efficacité. On ne vit pas le nez d’un chasseur, ce qui aida grandement à ne pas exacerber encore plus les colères. Au petit matin, il restait le true alpha, Scott, dont l’aura avait gagnée d’une intensité sombre et inquiétante. Le jeune homme semblait basculer vers les ombres. Je repensais à notre discussion il y avait quelques mois de cela, après mon enlèvement. Toutefois, j’étais certain que le jeune McCall arriverait à retrouver la voie lumineuse qu’il avait choisie comme ligne de conduite.

Ensemble, nous sommes plus forts.

Ruby força de la voix pour m’obliger à rentrer prendre du repos. C’est vrai que j’étais épuisé autant physiquement que moralement. J’avais besoin de me relaxer et de me reposer. Tout en allant vers mon appartement, j’appelais Miya pour savoir comment cela allait avec sa sœur Jaycee. L’impact de la lune rousse avait dû être terrible pour elle qui avait perdu son ancre en la personne de son frère. J’espérais aussi que Miya lui redonne les rênes du kanima. Neko ne pouvait rester sans maître et je me voyais mal prendre ce rôle vis-à-vis de mon propre petit ami. J’espérai que Jaycee accepte et pardonne à son frère sa désertion quelques semaines avant. Je fis une grimace en repensant à cette rupture. Si depuis je m’étais expliqué avec Miya, l’arrachement que j’avais ressenti lors du bal costumé était toujours présent dans ma mémoire. J’avais pardonné ce manque de confiance de la part du japonais qui m’avait écarté de son projet. Cependant, les blessures laissent toujours une marque, une cicatrice qui empêche d’oublier totalement ce qui s’est passé.

Je convins avec lui de nous voir dans l’après-midi. Je ne savais pas trop ce qu’il ressortirait de cette discussion. Enfin j’arrivai chez moi, je balançai mes clés sur le plan de travail de la cuisine et filai dans ma chambre. J’allai dormir quelques heures. Avant cela, j’envoyai un message à Mick et coupai mon téléphone. Pas que je ne voulais pas lui parler, mais j’étais trop harassé et mes pensées étaient confuses.

Je retrouvai Miya à la tanière de sa meute. Jaycee avait déménagé toutes leurs affaires là-bas. Leur ancien campement dans les bois n’était plus qu’un vieux souvenir. Le frère et la sœur semblaient avoir trouvé un compromis. Je percevais aussi que les choses avaient changé pour Jaycee. Comme une sorte de détachement du quotidien. Je ne savais pas comment allait évoluer leur relation, ni même si elle allait emménager dans leur maison qui était en pleine construction. Jaycee nous laissa seul dans leur chambre pour qu’on puisse avoir un peu d’intimité. Mais celle-ci s’était refroidie avec ce qui s’était passé à Boston. Miya semblait toujours être sur la défensive et moi je ne savais plus comment l’aborder. Ce qu’il avait subi se dressait entre nous tel un mur. Si Miya et Mick avaient fait bloc autour de moi, m’aidant à me reprendre et à lâcher prise, j’étais bien moins sûr du fonctionnement de notre trio.

Ensemble, nous sommes plus forts.

Je n’étais pas non plus dupe quant aux états d’âme de Mick. Il l’avait joué solidaire à Boston, fermant les yeux sur le rôle sinistre que Miya avait dû jouer pour sa quête d’information. Ce dernier s’était amendé en trouvant des données sur Mick. Toutefois, j’avais senti Mick bien plus à l’aise quand nous nous étions retrouvés que tous les deux, suite au départ du chanteur. Je m’étais alors totalement reposé sur lui. Il avait su m’entourer de sa présence et de son amour. Notre retour de Boston avec James et Miya semblait bouleverser cet équilibre que l’on avait trouvé à deux. J’étais perdu. Avais-je le droit d’imposer Miya à Mick et inversement ? La présence de James me mettait aussi mal à l’aise. Depuis que j’avais rencontré l’homme au fauteuil roulant, je m’étais senti observé et jaugé. L’unique ami de Mick semblait encore s’étonner de l’attachement de son protégé pour moi. Me trouvait-il digne de confiance ? Moi, le loup, moi qui imposait à Mick la présence d’un deuxième homme ?

Je me sentais en danger face à cette relation très forte que l’handicapé avait avec celui que j’aimais. Que valait ces quelques mois avec Mick face à l’antériorité de leur relation et de ce qu’ils avaient vécu ensemble. J’avais l’impression que la suite ne serait possible qu’avec l’approbation de ce gars cloué sur un fauteuil roulant.

Je quittais Miya avec plus d’interrogation que de réponses claires sur notre futur. Je repris le chemin de mon appartement en marchant doucement. Miya comme Mick avait été avec moi, solidaires et unis comment en témoignaient leur geste commun devant la tombe d’Emy. Cependant mes sentiments étaient confus. N’allais-je pas finir par perdre Mick, si Miya restait à mes côtés ? Et d’autre part, j’avais été jaloux du lien évident qu’il existait entre Noah et le japonais. L’homme loup que j’étais devenu n’était plus prêt à partager. Je me retrouvais face à mes contradictions, leur demandant l’exclusivité tout en les obligeant à me partager.

Arrivé au pied de mon immeuble, je me souvenais du message plutôt laconique que j’avais laissé à Mick le matin même. Je sortis mon téléphone et l’appelai aussitôt. Il décrocha à la deuxième sonnerie.

- T’es où ? Dis-je sans lui laisser le temps de dire « allo ».
- Dans la forêt, je m’y balade depuis ce matin.

Toutes mes interrogations égoïstes pour savoir comment j’allais gérer les deux hommes de ma vie s’envolèrent face aux préoccupations évidentes de Mick. Il n’avait pas levé toutes les ombres de son passé, ni abattu tous ses ennemis.

- Tu es où exactement ? Redemandai-je.
- Euh… là où on s’est battu la première fois.

Je souris à l’évocation de ce moment. J’étais alors furieux contre lui, furieux de ce flirt naissant qui m’apparaissait plutôt comme un jeu de dupe. Je ne savais pas à ce moment ce qu’il pouvait lui en coûter de se lier et de faire confiance à quelqu’un.

- Ne bouge pas j’arrive.

Il me fallut un bon quart d’heure pour le rejoindre. C’était une petite clairière loin de tout chemin forestier, un coin tranquille pour celui qui voulait s’isoler. Mick était assis, adossé contre un arbre. Il se releva à mon arrivée. Dieu qu’il était beau quand il souriait ainsi. J’étais un peu essoufflé, j’avais couru tout le long du chemin. Déterminé, je m’approchai de lui et le plaquai gentiment contre l’arbre. J’étais décidé à montrer à chacun qu’il était unique pour moi. J’avais fait la paix avec mon passé, à partir de maintenant j’allais entièrement me consacrer à ceux que j’aimais.

Ensemble, nous sommes plus forts.

Délicatement, je pris ses lèvres avec les miennes. Une main sur sa nuque, l’autre nouant nos doigts ensemble, j’approfondis mon baiser, cambrant mon corps contre le sien. Je n’avais aucune ambiguïté sur ce que j’éprouvais pour cet homme. C’était un amour total et sans condition, ce sentiment était renforcé depuis ma fusion avec mon loup. Plus de discourt intérieur, plus de place à céder, nous ne faisions plus qu’un. Et ma nature lupine revendiquait Mick comme compagnon, avec un amour exclusif. Je ne le partagerai même pas, même pas avec Miya. Et au diable mes contradictions !

- Je t’aime, murmurai-je dans un souffle sans décoller mes lèvres des siennes.

Ma main quitta la sienne. Je m’amusai de son regard gourmand quand il sentit le premier bouton de son jean sauter.

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Mickael Wayne
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MessageSujet: Re: Trois pas dans l'ombre, deux dans la lumière [PV Mick & Chad]   Sam 6 Déc - 15:56



To be unstable





Je ferme les yeux et tourne lentement sur moi-même. Qu’il est difficile d’être sans repère. Le mot orphelin m’a toujours effrayé mais aujourd’hui, dans cette forêt enveloppée de solitude, je prends encore une fois conscience de cette réalité. Je n’ai pas de famille. Ou plus, car les souvenirs sont présents. Quelle torture que de connaitre la perte. Je porte la main au médaillon qui me raccroche faiblement à mes parents. J’ai l’impression de les avoir délaissés pendant un temps.

Mon téléphone me sort de ces rêveries néfastes.

- T’es où ? Me demande Chad vivement.

- Dans la forêt, je m’y balade depuis ce matin.

- Tu es où exactement ?

Je regarde autour de moi pour lui fournir une indication compréhensible. J’esquisse un sourire en reconnaissant l’endroit.

- Euh… là où on s’est battu la première fois.

- Ne bouge pas j’arrive.

J’attends Chad, adossé contre un arbre, le regard rivé sur le décor environnant. Lorsqu’il arrive, je me relève et me tourne vers lui. Malgré tous mes tourments je ne peux m’empêcher de lui adresser un sourire chaleureux. Le sien est plus joueur que tendre puisqu’il me pousse doucement contre le tronc en cherchant mes lèvres du bout des siennes.

Une bouffée apaisante m’envahit accompagnée de quelques mots.

- Je t’aime, murmure-t-il.

Sa langue s’amuse dans le creux de mon cou alors que sa main descend langoureusement vers mon entrejambe. Je cherche son oreille en retenant doucement son geste.

- Non Chad, pas maintenant.

J’ai l’esprit trop encombré pour profiter pleinement du désir qu’il ressent et que je partage pourtant. Il doit le savoir, me comprendre, mais dois- le lui dire ?

- Désolé, ajoute-je d’un air penaud.

Je crois lire qu’il a saisi le message même si cette réticence ne nous ressemble pas, je ne veux pas faire semblant. Pas avec lui. J’ai porté trop de masques différents par le passé pour avoir besoin et envie d’une sincérité sans faille. Sa main redescend sur la mienne et d’un coup d’épaule amical, il me fait signe de marcher avec lui.

Je veux profiter de ce moment, juste lui et moi, dans ce cadre où nos problèmes ne semblent pas avoir d’emprise. Mais si nos adversaires sont hors de portée, nous sommes parfois notre propre ennemi. Je n’arrive pas à avoir l’esprit totalement apaisé.

- Que feras-tu si Ruby te demande de choisir, la loyauté envers tes frères de meute ou ton amour pour moi ? La réponse peut te paraitre simple mais si on apprenait que la raison pour laquelle je n’ai pas fui les mauvaises personnes c’est tout simplement que j’étais d’accord avec leurs actions ?

La question a fusé, abrupte et pourtant essentielle.

La réponse se veut réconfortante. Tu me dis avoir le temps de songer à ce qui va arriver, pourtant chaque seconde est un amalgame d’angoisse et d’impatience. Un cauchemar parfois, alors que je suis bel et bien éveillé.

Chad souhaite m’accompagner jusqu’à mon appartement mais je lui précise qu’il faut que j’aille rendre visite à James. Avec Miya, ce sont deux personnes qui peuvent m’aider à comprendre mon passé.

Si ma mémoire est verrouillée, effectuer des recherches approfondies avec de nouvelles pièces ajoutées au puzzle peut nous faire avancer d’un grand pas. Une aide précieuse que je dois à Goran et à son fils. Le souvenir de Boston est encore frais dans ma mémoire. Et des indices me rappellent chaque jour ce qu’il s’est passé avant et après ce voyage.

J’ai peur de découvrir ce que cachent ces feuillets et cette carte mémoire que Noah a donné. Depuis notre retour de Boston je n’y ai pas touché. Et pire que la crainte de savoir la meute de Ruby contre moi, c’est Chad que j’aurais déçu. Ou pire. Blessé.




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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Trois pas dans l'ombre, deux dans la lumière [PV Mick & Chad]   Sam 6 Déc - 15:57

Trois pas dans l’ombre


Alors que je sentais le souffle de Mick me caresser la joue, sa main arrête mon poignet. Ce n’est pas le moment. Je m’écarte un peu et le regarde attentivement. Son visage n’est pas aussi serein qu’il voudrait me le faire penser. Son sourire pour m’accueillir était forcé.

- Désolé, dit-il.

Je perçois sa gêne, je secoue la tête doucement et pose mon front contre le sien. Mon geste était plus là pour lui montrer mon affection et ma présence inconditionnelle qu’une réelle envie à des ébats plus passionnés. Je reprends sa main dans la mienne et le bouscule gentiment pour l’inviter à nous balader ensemble. Ce coin de forêt est paisible, propice à l’isolement et à l’abandon des soucis du quotidien. Cependant, je perçois l’anxiété de mon compagnon.

Maintenant, je n’ai plus besoin de me concentrer, de faire appel au loup, car je suis le loup, ce lycan de la même nature que Lycaon, le loup originel. Je suis un, plus de partage dans ma tête. Mes sens m’appartiennent pleinement, j’en jouis de manière naturelle. Et la signature sensorielle qui entoure Mick me laisse voir sa détresse. Boston l’a fait avancer d’un pas. Je n’ai pas osé lui demander ce que contenaient les documents volés par Miya, préférant qu’il m’en parle le premier. Son malaise présent me conforte dans l’idée que tout cela lui pèse énormément. Je ne sais comment l’aider. Pour l’instant j’ai opté pour une présence aimante mais discrète quand à ces données. Devrais-je être plus intrusif, l’aider à percer l’abcès en le forçant un peu ? J’ai peur de le froisser et de le blesser. Mon geste licencieux de tout à l’heure avait pour but de le faire rire. J’ai toujours pensé que le rire était un bon remède à certains maux, ou certaines blessures de l’âme. Ce n'est plus assez.

Mick trainait sa fracture personnelle comme un lourd boulet. Enchainé à un passé dont il ignore le plus important. Brisé par des souvenirs qui finissent par s’estomper, d’une famille qui fut un temps heureuse. L’oubli et la solitude avait de quoi le rendre fou. Je percevais sa détresse et me sentais incapable de l’en sortir et de le rendre heureux. J’aimerai tant voir de l’insouciance dans son regard, qu’il arrête de constamment regarder qui se trouve dans son dos. Je voudrais qu’il puisse enfin vivre sa vie, vie qu’on lui a arrachée alors qu’il n’était qu’un enfant. Un innocent. Maintenant, il était un homme redoutable qui n’hésitait pas à tuer de sang-froid. Lors de mon enlèvement, le voir abattre ces chasseurs avec une aisance si évidente m’avait dans un second temps plombé le cœur, alors qu’en premier lieu j’étais heureux de le voir arriver et me sortir de l’enfer de la torture. Mick allait mal, j’aurai voulu pouvoir tout arranger d’un claquement de doigt et…

- Que feras-tu si Ruby te demande de choisir, la loyauté envers tes frères de meute ou ton amour pour moi ? La réponse peut te paraitre simple mais si on apprenait que la raison pour laquelle je n’ai pas fui les mauvaises personnes, c’est tout simplement que j’étais d’accord avec leurs actions ?

On marchait silencieusement, la question est inattendue, elle me coupe dans mes réflexions internes. Je suis heureux qu’il ne puisse entendre mon cœur déraper. Non la réponse n’est pas simple ! S’il est tout à fait possible que Ruby me demande de faire ce choix si ce cas échait, je sais que jamais elle n’usera de son pouvoir d’alpha pour me contraindre à abandonner Mick.

Non ! Ce qui a fait cogner mon cœur plus fort, c’est que c’est moi-même qui m’imposerais un tel choix. Si je me moque de redevenir un oméga, pourrais-je vivre et continuer d’aimer un homme qui a volontairement fait bruler une famille d’innocents ? La première fois que j’avais eu un doute à ce sujet, j’avais réagi violemment et presque failli le tuer de mes griffes. J’étais alors encore dans cette dualité homme et loup. Et ce jour-là, c’était le loup qui avait refusé de l’achever, refluant au plus profond de moi, laissant l’humain face au crime qu’il allait commettre. J'avais été incapable de l'achever. Cela aurait été me tuer moi-même, car Mick est l'extension de mon être.

Alors que je suis perdu, je le vois qui scrute mon visage, il attend ma réponse, il la craint. Plus je tarde, plus il va penser que… Alors je me fais rassurant, l’attirant contre moi pour qu’il sente ma chaleur, la pression de mes bras autour de lui. Je lui affirme qu’il ne sert à rien de préfigurer un avenir qui n’aura peut-être jamais lieu. Je ne suis pas certain d’être convaincant. J’ai peur de le perdre, que cette merde se mette entre nous.

Je me propose de le raccompagner chez lui. Je tique quand il m’annonce qu’il veut aller voir James. L’homme au fauteuil représente mes craintes, car il incarne par son existence le passé de Mick, cette réalité inconnue. Si on a fraternisé depuis que je l’ai soigné à Boston, le guérissant intégralement de ses blessures et de ses souffrances alors que j’étais encore en alpha, je gardais un certain recul vis-à-vis de lui. Il était un peu comme le sésame d’une relation heureuse ou non avec Mick.

J’étais mal à l’aise en sa présence. James ne faisait rien non plus pour atténuer cette distance. Me voyait-il comme un handicap pour Mick ? Un lien qui le rendait inutilement faible et vulnérable ? Étais-je un fardeau pour Mick ? Je repensais à son recul lorsque j’avais… Je me secouais la tête. Toutes ces incertitudes m’amenaient à douter de la sincérité de celui que j’aimais. Mick m’avait largement prouvé son amour. Il fallait que j’arrête de cogiter et rester serein pour être la meilleure des ancres possible pour celui qui faisait battre mon cœur. Je devais être présent et disponible pour lui.

J’avais déjà compartimenté mon cœur entre lui et Miya. Je ne voulais pas mélanger mes sentiments pour l’un et pour l’autre. Ils étaient différents, je me devais de les considérer comme tels et ne pas faire un amalgame de « mes amours ». D’une certaine façon, je leur devais l’exclusivité d’une partie de moi-même. Pour l’instant, j’étais avec Mick. Je me consacrai entièrement à lui, excluant tout autre problème ou tension.

Nous étions devant l’immeuble de James. Mick sembla hésiter. Peut-être que ma présence le gênait ? James ressemblait plus à un concurrent qu’à l’ami de mon ami. Je me sermonnais, ma réaction était ridicule, pourtant je ne pouvais pas m’en départir.

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Mickael Wayne
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MessageSujet: Re: Trois pas dans l'ombre, deux dans la lumière [PV Mick & Chad]   Sam 6 Déc - 15:57



Un pas...dans le vide








Alors que nous sommes en bas de l’immeuble où se trouve le studio de James, Chad fulmine et me fait finalement part de ses doutes quant à son acceptation auprès de lui. Ils ne s’étaient pas réellement adressé la parole et ni l’un ni l’autre ne se connaissait. Ils n’ont qu’un point commun, moi.

- C’est vrai qu’il se méfie, dis-je avec franchise.

Chad me regarde perplexe.

- Mais pas de toi en tant que tel, mais plutôt parce que tu es un loup-garou

- Qu’est-ce qu’il s’est passé, demande Chad, conscient que la méfiance de James avait une raison.

- Disons qu’on lui a pris beaucoup, répond-je sibyllin car je n’ai pas vraiment envie de repenser à cela.

- Tu veux dire qu’il est dans cet état à cause d’un lycan, insiste-t-il.

- Oui…Nous nous connaissions à peine quand c’est arrivé, dis-je tout bas.

Chad me saisit le bras et nous nous écartons de l’entrée. Il doit deviner que cette histoire me fait me sentir mal et comme toujours il souhaite être présent, partager mon fardeau.

Je me pose sur le muret qui borde la rue et lui fais signe de s’assoir à côté de moi. Sa main sur la mienne m’invite à parler sans crainte.

- J’avais fui les rangs du Baron quelques jours avant notre rencontre, je n’avais aucun souvenir des années précédentes et je ne me fiais à personne.

Chad serre ma main plus fort à l’évocation de cette partie de ma vie. Il n’aime pas savoir que j’ai dû affronter le monde seul.

- James était dans la même situation, repris-je. Il fuyait une histoire de trafic dans laquelle il avait été un témoin involontaire, tombé au mauvais endroit au mauvais moment. Quand je l’ai croisé dans un motel je ne savais pas tout ça. Jusqu’au jour où des hommes lui sont tombés dessus. Du moins c’est ce que je pensais. Avant que je comprenne qu’ils étaient venus pour moi.

- Que ce qu’il s’est passé ? Réitère Chad.

- Il s’est interposé. Le coup qui m’était destiné l’a touché dans le dos. Les griffes du lycan ont sectionné sa moelle épinière.

Chad comprend mon sentiment de culpabilité. Premier d’une longue liste qui se remplit au fur et à mesure que mon passé se dévoile.

- Heureusement, des clients sont arrivés forçant les loups à fuir pour ne pas être découverts. J’étais avec les secours jusqu’à l’hôpital. Je ne savais pas comment le lui annoncer, ni expliquer les choses étranges qu’il avait vu.

- C’est compréhensible, mais tu ne l’as pas abandonné, intervient Chad pour me rassurer.

- Plus tard James m’a appris que des lycans étaient impliqués dans l’affaire à laquelle il avait assisté. À croire que l’argent et le luxe ont également un effet sur eux. Nous avions ce secret en commun. Celui de connaitre l’existence de créatures surnaturelles vivant parmi nous.

Un sourire illumine le visage de Chad, bien heureux que je ne sois pas étranger à son monde à lui.

- Ensuite, il m’a demandé de l’aider à fuir l’hôpital. Et depuis ce jour nous vivons l’un et l’autre cachés. Parfois proches ou parfois si éloignés que nous nous ne revoyons pas pendant plusieurs semaines.

Bien qu’il connaisse son existence depuis longtemps, Chad n’avait jamais entendu l’histoire de ma rencontre avec James. En connaissant les détails, j’espère qu’il ne lui tient pas rigueur pour sa méfiance. Je souhaite que les deux s’entendent à défaut de devenir de vrais amis.

Nous montons silencieusement jusqu’au studio, je prends la peine de frapper avant d’insérer le double de la clé dans la serrure.

- Entrez, crie James à l’autre bout de la pièce.

Je suis ravi de voir qu’il a bien récupéré, rasé de près, les cheveux en brosse, il n’a plus l’air d’être la victime d’un kidnapping éprouvant. Chad s’approche pour le saluer, et James accepte sa poignée de main sans toutefois lever les yeux vers lui.

- Tu as tout sorti, dis-je à James en détaillant la table parsemée de feuilles de papiers et de pochettes.

Ce sont les documents ramenés de Boston. Je les avais confiés à James car je savais qu’il me les aurait réclamés. Friand de cette chasse au trésor pourtant sordide, il ne loupait pas une occasion de pianoter sur son ordinateur pour recueillir la moindre information. Fouillant les fichiers nationaux et mêmes d’entreprises privées, il n’a pas toujours été dans la légalité depuis que nous nous connaissons. Rien qui me dérangeait. Au contraire, il a été plus d’une fois d’une aide précieuse.
Je saisis quelques portes documents au hasard.

- Ils contiennent quoi, demande-je à James.

- Je n’ai pas tout regardé mais à première vue rien d’exploitable pour le moment. Des dossiers médicaux, des virements bancaires, des ordres de missions ou transfert de locaux, ce genre de chose. Ce qui m’intéresse c’est ce qu’il y a sur cette carte mémoire, ajoute-t-il en se retournant vers son ordinateur.

Il fait ce geste, comme à chaque fois qu’il est sur une affaire délicate.

- Et forcément elle est cryptée, râle-t-il sans grande surprise.

Je mets la main sur une pochette cartonnée portant mon nom et affublée d’un logo qui ne m’évoque rien. Sans doute en rapport avec un quelconque laboratoire car le dossier médical est rempli de feuillets et d’analyses que je ne comprends pas. Je m’en désintéresse et laisse Chad fouiller à son tour la pile éparpillée, peut-être qu’il comprendra davantage.

Soudain, il se tourne vers moi, plusieurs documents dans les mains, chacun portant une photographie. Son visage est crispé, de surprise et d’inquiétude.

- Mick, qui sont tous ces enfants ?




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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Trois pas dans l'ombre, deux dans la lumière [PV Mick & Chad]   Sam 6 Déc - 15:57

A deux pas de l'enfer


Quand Mick m’avoua que James se méfiait de moi, mon cœur se serra. Je trouvais cela injuste. J’avais suivi Mick dans la seule ville au monde que je voulais éviter. J’avais mis de côté mes tourments personnels. J’avais risqué le pire, m’approcher d’une puissance enivrante. J’avais risqué de me perdre pour ne pas perdre Mick. Et l’autre continuait à se méfier de moi, alors que j’avais guéri toutes ses blessures. Que fallait-il que je fasse pour le satisfaire ?! Que je meure en prenant une balle destinée à Mick ? Le pire était que je savais que je le ferai si c’était nécessaire. Car vivre sans lui n’avait aucun sens. Mick dut s’apercevoir que cela me choquait, car il précisa que c’était mon état de lycan qui gênait James et non pas ma personne.

Je me rassérénai, car je savais bien que tous les loups n’étaient pas de bonnes personnes. J’en étais une victime. Hugues avait fait de moi un loup, son bêta, par besoin de puissance. Il se moquait éperdument que dans l’affaire, ma sœur n’avait pas survécu à sa morsure.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé, demandais-je à Mick.

Je voulais en savoir plus, car cette froideur entre moi et James était préjudiciable à Mick. On devait trouver un terrain d’entente plus cordiale que ce qu’il y avait pour l’instant. Je dus insister un peu pour que Mick développe l’histoire de son ami. Je compris ainsi que si James était coincé dans un fauteuil, c’était à cause d’un loup et que sa propre histoire télescopait celle de Mick. La raison de l’animosité de James à mon égard me semblait valable, bien qu’un peu facile. A moi de faire en sorte qu’il comprenne que les loups ne sont pas tous mauvais, tout comme les humains. Il devait comprendre qu’il ne devait pas juger les gens à leur appartenance à un groupe.

Je voulais en savoir plus. Je me fis plus pressant. Mick devait vraiment m’intégrer entièrement à sa vie et surtout à son passé. Le temps des mystères étaient terminé. Je ne pouvais pas être entièrement avec lui, s’il persistait des zones d’ombre. Je savais pertinemment qu’il ne me cachait pas sciemment les choses, juste que celles-ci étaient douloureuses pour lui. Comprendre pleinement ce qui le blessait me permettrait d’être plus présent et surtout plus pertinent dans cette présence.

- Oui…Nous nous connaissions à peine quand c’est arrivé, dit-il.

Nous nous étions écartés de l’entrée de l’immeuble. Je posais ma main sur la sienne, maintenant un contact ferme et chaud. Je voulais le rassurer. Si nous avions été dans un endroit plus discret, je l’aurais pris dans mes bars.

- J’avais fui les rangs du Baron quelques jours avant notre rencontre, je n’avais aucun souvenir des années précédentes et je ne me fiais à personne.

Je serrai les dents à l’évocation de sa perte de mémoire. Je savais qu’il vivait cela comme un gouffre, un abime insondable au fond de son cœur. Je resserrais ma prise. J’enrageai de ne pouvoir faire plus. Puis Mick se lança, reprenant à peine sa respiration entre deux phrases. Il me raconta leur rencontre et l’amitié qui les avait finalement liés face à une situation identique, l’un et l’autre pourchassés.

- Il s’est interposé. Le coup qui m’était destiné l’a touché dans le dos. Les griffes du lycan ont sectionné sa moelle épinière.

Je comprenais maintenant toute la force de leur attachement. Mick devait culpabiliser pour l’état de son ami. Un pincement de jalousie me serra la gorge. Depuis ma transformation à Boston, j’étais devenu beaucoup plus possessif. Et moi, qui auparavant étais d’une nature conciliante et tolérante, je devenais exclusif à tout ce qui concernait Mick. Je souhaitais le garder égoïstement pour moi seul. J’essayais de chasser ces pensées en me disant qu’agir ainsi, risquait de le faire fuir. Mick aimait être maître de lui-même, de sa vie et jusqu’à présent je lui avais toujours laissé l’ascendant sur moi ou du moins, je n'avais rien imposé. Sans jouer au dominé, je me moquais totalement de savoir qui décidait quoi, du moment que je me sentais bien, le reste n’avait pas d’importance. C’est cette emprise sur moi qui m’avait convaincu d'aller voir mes parents, puis de faire la paix avec moi-même sur la tombe de ma sœur. L’influence que Mick avait sur moi était bénéfique. Cependant maintenant, la présence effective de James semblait avoir une conséquence sur ma manière d’être. Ou était-ce depuis ma fusion et je prenais James comme excuse ? Je voulais être proactif, devancer les souhaits de Mick, d’être celui à qui il pensait quand il se sentait mal, quand il doutait ou qu’il avait froid. Je voulais être l’unique centre de ses pensées. "Bordel, je suis en train de me transformer en copain jaloux."

Mick poursuivit son histoire. James avait eu à faire avec des loups bien avant de le rencontrer. Il en avait gardé une image négative de ceux de mon espèce. J’espérais pourvoir le faire changer d’avis. Non que je veuille m’attirer réellement son amitié, mais c’était vis-à-vis de Mick. Tant mieux si une réelle amitié naissait entre nous, cependant je ne la cherchais pas à tous prix. Il ne fallait pas que ce type devienne un obstacle entre Mick et moi. Et j’allais faire ce qu’il fallait pour cela. Je comprenais aussi le peu d’étonnement de Mick ce fameux soir où j’avais tenté de l’enfermer dans ma voiture pour m’occuper de chasseurs qui en fait étaient là pour lui. Je le remerciai de s’être confié et de me faire confiance avec un baiser chaste au coin de ses lèvres.

Mick frappa à la porte de James avant de déverrouiller lui-même la porte. Son ami avait une meilleure tête. Il s'était lavé et rasé. La table qui trônait au milieu de la pièce était chargée de dossiers. Dans un coin un ordinateur était allumé sur une page internet. Je laissai passer Mick qui salua son ami avec une accolade. Je m’approchai ensuite et lui tendis la main. Si James ne me fit pas l’affront de me laisser comme un idiot la main en l’air, il me la serra sans me regarder. Je serrai les dents et retins le soupire qui me vint. La pièce était trop petite, Mick l’aurait entendu. Le paraplégique commençait à me courir sur le haricot. "Si j’avais la possibilité de réparer ta moelle épinière je le ferais mec, mais pas pour ta gueule d’homme méprisant mais pour Mick, pour qu’il ne se sente plus coupable".

James et Mick discutaient du contenu des documents qui pour l’instant semblaient être décevants. Je lorgnai discrètement vers les dits documents, n’osant m’approcher plus. L’analyse de la vie de Mick était le territoire de James. Si je voulais me mettre le bonhomme dans la poche, je devais faire attention à ne pas le froisser. Cet effort à sens unique me coutait, mais en levant les yeux sur Mick, en le voyant si anxieux, je mis mon amertume de côté. Je les laissais faire tous les deux, je ne savais pas quoi faire de mes mains et les collai finalement dans mes poches. Je n’aimais pas me sentir inutile. Mick tournait autour de la table, prenant un document puis le reposant. La tache semblait titanesque. Puis un effluve très atténué me parvint, je fronçai le nez, c’était l’odeur du Napel. Enfin Mick m’invita à regarder aussi. Je ne me fis pas prier. Mais au lieu de saisir une feuille au hasard, je restai d’un côté de la table, observant les feuilles, les dossiers. Je ne regardai pas vraiment ce qui était écrit dessus. Je n’avais pas le même regard que les deux humains présents dans cette pièce. Peut-être que pour une fois l'autre handicapé des relations humaines serait content d'avoir un loup de son côté.

Les feuilles me parlaient un autre langage. Celui de leur voyage, des mains dans lesquelles elles étaient passées, des lieux où elles avaient été entreposées. Un foisonnement d’odeur me parvenait, je devais les isoler, les identifier. Le Napel était très présent, je sentais aussi des odeurs de terre. Une chemise cartonnée verte relarguait une odeur de poudre. Celui qui l’avait tenu avait dû nettoyer son arme avant. Puis un bouquet d’odeur me parvint. C’était une fragrance très faible mais elle m’interpela car cette combinaison me fit frissonner de peur. J’attrapais une pile de documents. Sur chacun, une photo d’enfant. L’instinct me fit pressentir le pire.

- Mick, qui sont tous ces enfants ?

Je le regardai inquiet. Effrayé de ce qu’on allait découvrir.
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MessageSujet: Re: Trois pas dans l'ombre, deux dans la lumière [PV Mick & Chad]   Sam 6 Déc - 15:58



Frozen







I can't feel my senses
I just feel the cold
All colors seem to fade away
I can't reach my soul
Je saisis immédiatement l’inquiétude dans la voix de Chad. Il me tend les dossiers en question.

- Je ne sais pas, dis-je après avoir examiné les documents.

Mon ignorance est effroyable car tout ça ne me dit rien qui vaille. Que font ces dossiers parmi ceux que Miya a pu récupérer ?

- James, tu y comprends quelque chose, demande-je à mon tour.

Il lit en diagonal et remonte ses lunettes sur son nez. Un geste qui signifie toujours la même chose. Rien de bon.

- Alors ?

- Il s’agit d’analyses et d’examens médicaux. Des séries de tests physiques et parfois…

- Parfois, quoi ? M’exclame-je, alerté par le ton qu’il emploie soudainement.

- Des rapports d’autopsie, Mick. Certains sont morts.

Sa réponse me glace le sang. D’où proviennent ces documents sordides ?

I would stop running
If I knew there was a chance
It tears me apart to sacrifice it all
But I'm forced to let go
James pianote sur son clavier pourtant le bruit des touches me semble lointain. J’ai l’impression de flotter entre la réalité et un cauchemar. Plus nous creusons pour trouver des réponses, plus nous tombons sur de nouvelles questions. Et aujourd’hui, nous déterrons des cadavres. Le souvenir de la famille Hale assassinée, crime auquel j’ai participé, revient me hanter. Englouti dans ces nouvelles révélations, si nous venions à trouver un quelconque indice me désignant coupable, je ne pourrai pas vivre avec ça jusqu’à la fin de mes jours.

Tell me I'm frozen
But what can I do ?
- Mick ? Mick !

James et Chad me regardent et semblent vouloir me montrer quelque chose.

- Tu ne vois rien de singulier sur ces photos ? Me demande James en en sélectionnant quelques-unes.

L’heure n’est pas aux devinettes, je n’ose leur dire que ma vue est brouillée et que leur voix bourdonne dans ma tête. Lorsqu’un flash s’impose à mon esprit, chargé d’images incompréhensibles, je parviens à peine à balbutier une réponse.

- Quoi ?

- Regarde, m’explique Chad avec douceur. Regarde leurs yeux.

Regarder leurs yeux ? Me pencher sur ces photos me rappelle que certains de ces gosses sont morts à l’heure actuelle, comment puis-je regarder ces clichés.

Puis je vois enfin ce que m’indique Chad. Un détail que j’observe lorsque je suis devant un miroir.

- Leurs yeux, Mick. Ils sont comme les tiens.

Everything will slip away
Shattered pieces will remain
When memories fade into emptiness
Only time will tell its tale
If it all has been in vain
- Je ne crois pas que ça soit une coïncidence, s’empresse de dire James.

Chad finit par s’assoir à mes côtés et je réalise que je m’étais installé sur le lit, la tête dans les mains.

- Je ne comprends pas encore le rapport avec toi mais je sais déjà ça, ajoute le hacker en saisissant les feuilles tout justes imprimées.

Chad les saisit au passage, m’évitant d’y poser les yeux. Ma main se serre sur sa cuisse.

- Tu peux lire pour moi, dis-je faiblement.

- Chloé Finighan, Brooke Jones, David Herman…ce sont des avis de recherche publiés ces six dernières années, détaille Chad.

- D’autres sont encore portés disparus et nous n’avons pas de rapport d’autopsie, ajoute James en pesant ses mots. Il y a peut-être une chance…

Je blêmis. Quel est le lien avec moi alors que je n’ai aucun souvenir de cette période ? Je serre les poings.

I can't feel my senses
I just feel the cold
Frozen
But what can I do ?
Frozen
- Qu’est-ce que ça veut dire ? Parviens-je à formuler à voix haute.




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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Trois pas dans l'ombre, deux dans la lumière [PV Mick & Chad]   Sam 6 Déc - 15:59

Together


Lorsque Mick se saisit de la liasse de feuilles que je lui tendais, je sens que sa maîtrise de lui-même est en train de craquer. Après le soulagement d’obtenir enfin des éléments de réponses, des dossiers, des choses concrètes, on s’apercevait qu’on effleurait à peine la partie visible de l’iceberg qu’était son passé et sa vie. Je perçois son stress quand il parcourt les documents. Il peine à prendre le recul nécessaire pour analyser la nature ces documents pour finalement les tendre à James. Celui-ci les parcourt rapidement d’un œil expert. Je vois sa mâchoire se serrer. Cela n’annonce rien de bon.

- Alors ? Demande Mick. Sa voix d’habitude si chaleureuse et ferme se fait fuyante.
- Il s’agit d’analyses et d’examens médicaux. Des séries de tests physiques et parfois…
- Parfois, quoi ?
- Des rapports d’autopsie, Mick. Certains sont morts.

Je serre les poings et ferme mes yeux dont je sens les iris prendre une teinte jaune dorée. La colère me prend les tripes et me transforme malgré moi. Si ne comprend pas le pourquoi, je ne comprends pas non plus comment des gens peuvent faire de telles atrocités. Lorsque je les rouvre, un peu calmé, je vois que Mick a le regard vague. Sur son visage transparaît une détresse si profonde que j’oublie mon amertume vis-à-vis de James et m’approche de lui alors qu’il entre les noms sur son ordinateur. Je m’assois prêt de lui et regarde les différents dossiers.

Pendant ce temps, Mick s’est assis sur le lit, totalement anéanti par l’horreur que l’on pressent derrière ces dossiers. De mon côté, j’explique à James ce qui m’a orienté sur ces papiers plutôt que d’autres. Lui aussi maintenant se moque d’avoir un loup à ses côtés. Car le loup que je suis lui montre une autre perception, un autre point de vue. Si je suis incapable de faire parler un ordinateur aussi bien que lui, je peux en savoir beaucoup sur les gens qui ont eu ces dossiers en main. Les odeurs sont faibles et diaphanes. Mais ma motivation est plus que jamais forte. Je me suis juré de refaire sourire Mick, de le faire rire et de le rendre heureux.

James m’écoute attentivement, me pose des questions, me pousse dans mes retranchements, à la limite de la capacité de mes sens. Dix minutes que j’ai ces dossiers en main, que j’observe la moindre taches, la hume et l’analyse. Je caresse même le papier comme si j’allais trouver un message crypté. Puis soudain, l’évidence. Sans un mot je pointe du doigt ce qui vient de me sauter aux yeux. James approuve de la tête, cela ne peut être une coïncidence. Les victimes ont toutes les yeux vairons… comme Mick. James interpelle Mick, toutefois celui-ci est comme drogué, assis sur le lit, il semble ailleurs.

Doucement, je m’agenouille devant lui et le sort de sa torpeur. Je lui explique ce que l’on vient de trouver. L’élément commun entre tous ces dossiers morbides.

- Je ne crois pas que ça soit une coïncidence, s’empresse de dire James.

Mick frissonne, je m’assois à ses côtés, me collant à lui pour qu’il sente ma présence et ma chaleur. Sa détresse est si grande que j’ai une boule dans la gorge. On avance d’un petit pas dans ce tunnel noir qu’est son passé. James lui temps une liasse de papiers que j’intercepte. Il se cramponne à moi comme à une bouée de secours et me demande de lire ce qu’il y a d’écrit.

- Ce sont des avis de recherche publiés ces six dernières années.

S’il y a des rapports d’autopsie pour certains, ce n’est pas le cas pour tous. On a peut-être une chance de sauver ces gamins. Encore faut-il savoir où chercher.

- Qu’est-ce que ça veut dire ? Murmure Mick.

Je regarde James, comme moi il n’en sait absolument rien. Nous sommes pour l’instant impuissants à rassurer Mick. Délicatement je passe mon bras autour de ses épaules et l’attire contre moi. Il se laisse faire comme un enfant qui a du mal à se réveiller d’un cauchemar. Je cherche quoi lui dire pour l’apaiser un tant soit peu. Quelque chose à laquelle il puisse au moins se raccrocher. Puis je me souviens de sa question, plus tôt dans la forêt. Comment je réagirai si on apprenait qu’il était d’accord avec ce merdier ? Je regardai les dossiers, qui avaient fini par glisser sur le sol, de ses enfants martyrisés. Mick les avait lâchés sans faire attention. J’embrassai sa tempe, alors que sa question jouait à la balle rebondissante dans ma cervelle.

- Mick, dis-je doucement. Ce que j’en déduis de ces dossiers est que tu es comme eux. Je ne sais pas pourquoi tu étais là lors de l’incendie du manoir des Hale. Mais, tu es comme eux, c’est-à-dire une victime et non un bourreau.

Sa main me broyait la cuisse. Il souhaitait tant y croire. Et je me dis que quel que soit le lavage de cerveau qu’on lui avait fait, son vrai moi ne pouvait pas toujours être masqué ou enfoui. Mon cœur me disait que je ne pouvais pas tomber amoureux d’un assassin. "Tu aimes Miya." Me dit une petite voix.

- Tu sais pour la question que tu m’as posée tout à l’heure. Je suis certain que je n’aurais jamais à choisir.

Je me retournai vers James et lui dis qu’on allait bosser ensemble, chacun exploitant ses capacités propres. Il s’occupait à craquer la carte mémoire, Et de mon côté j’analysai chaque signature de chaque document. Cela nous permettrait d’isoler des gens à qui il faudrait ensuite donner un nom et un visage. On allait remonter leur piste. Je me retournai vers Mick et lui proposait de se reposer pendant qu’on travaillait James et moi.


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MessageSujet: Re: Trois pas dans l'ombre, deux dans la lumière [PV Mick & Chad]   Sam 6 Déc - 15:59


 
Sortir de l'ombre...






Depuis combien de jours suis-je dans cet état ? Je ne saurais répondre. Je sais que j’ai des appels manqués qui s’affichent sur l’écran de mon téléphone. James a même trouvé ma porte fermée lorsqu’il a voulu me rendre visite.

Je ne voulais penser à rien.

Pourtant personne ne pouvait troubler davantage mes pensées dont le tumulte fait déjà écho dans ce vide que Chad a laissé. Autour de moi. En moi. Je me rends compte de la place qu'il avait à mes yeux. Et du manque qu'il laisse derrière lui. Offrir son cœur, c'est donner à l'autre la possibilité de te blesser atrocement. Il ne restait rien que le silence. Maître de la solitude. Le silence pour seule compagnie. Un spectre que je connais que trop bien.

In the light of the sun, is there anyone? Oh it has begun
Oh dear you look so lost, eyes are red and tears are shed,
This world you must've crossed... you said...

Je laisse la musique m’enivrer dans une torpeur mélancolique. Une playlist choisie en conséquence. Bercé par les accords de piano, je ferme les yeux. Mon cœur se serre. Quelle ironie que cette chanson. C’est sûrement à Boston que tout a commencé à s’écrouler. Ou bien avant.

Les mots de Chad reviennent me hanter. Ils étaient si vrais. Et pourtant si blessants. Je sais qu’il avait fini par analyser le problème, comprendre les complications de cette relation à trois. Sa première phrase m’avait soulevé le cœur : « Je t’aime plus que tout… ». Pourtant la révélation qui suivit fut terrible « mais continuer ainsi est une erreur. » Il m’avait anéanti. Moi qui choisissais d’être solide et déterminé. Il avait fini par me blesser. Malgré tout, je ne lui en veux pas. Je respecte même la décision difficile qu’il a dû prendre. Je n’éprouve pas de colère. Seulement un manque. Une personne irremplaçable à mes yeux venait de me laisser derrière elle. Si l’expérience du deuil est bien différente d’une rupture amoureuse, la douleur n’en est pas moins semblable.

You don't know me, you don't even care, oh yeah,
He said
You don't know me, and you don't wear my chains... oh yeah.

Je finis par remettre tout en question. Comme si ce tournant dans ma vie me fait prendre conscience de ce que je mets de côté en m’attachant à quelqu’un. Chad m’a souvent répèté que je ne pouvais pas affronter ça seul. Et pourtant, lorsqu’on est seul on ne risque pas de connaitre la perte d’un être cher, ni de le précipiter dans des mésaventures dangereuses. Si je n’avais pas connu des instants de pur bonheur, je regretterais mon choix de l’avoir laissé entrer dans ma vie. Ce jour-là où il avait assisté à mon arrivée. Le soir même nous étions à cette soirée, jouant à flirter ou flirtant pour jouer. Miyavi était également présent ce soir-là. En y réfléchissant bien, dès les premiers instants, nous étions trois dans l’équation. Je m’étais imposé, presque sans le vouloir, dans ce couple. J’étais le fauteur de trouble. Celui qui créé le chaos.

Combien de vies ai-je bousculées ou détruites ? Les foutus documents que James s’acharne à analyser ne répondent toujours pas à cette question.

Et le bilan de ma propre vie, quel est-il ? Avoir perdu mes parents dans des circonstances tragiques alors que j’étais enfant ne me donnait pas le droit à un peu de répit, de bonheur durable ? J’ai pourtant l’impression de m’être battu pour ça…je n’y ai sans doute pas mis toute ma volonté. Mais dieu sait que j’ai parfois été à bout de forces.

L’erreur avait été pour moi de croire qu’une vie différente m’attendait à Beacon Hills. Je m’étais détourné de ma mission première et l’honneur, le destin ou la fatalité m’en faisait payer le prix. Pourtant ça n’est pas ces notions abstraites qui m’ont meurtri. Mais un homme.

« Je vous aime… pardon du mal que je vous ai fait. » Il était parti et je n’avais pas eu la force de le suivre. Miya, aussi silencieux que moi, m’avait adressé un regard compatissant et était sorti. La porte s’était refermée en claquant. Bien moins fort que mon cœur qui cognait dans ma poitrine.

Essential yet appealed, carry all your thoughts across
An open field,
When flowers gaze at you
They're not the only ones
Who cry when they see you
You said...


J’ai mis du temps à reprendre le dessus. Plusieurs jours, durant lesquels je me suis isolé, m’ont permis de faire le point. De me poser les bonnes questions. Et de parvenir à trouver des réponses cohérentes. Ainsi, j’ai pu déceler de précieux indices dans ce que Luka m’avait raconté lors de la soirée chez Derek. L’intervention de Chad, le lendemain, m’avait forcé à laisser de côté ma quête. Le temps est censé guérir tous les maux. Et même si quelques jours ne suffiraient pas, je parviens enfin à retrouver ma lucidité. J’ai énormément à faire. Et lorsque ces tâches importantes auront été menées à bien, je pourrai passer à autre chose. Oui, je partirai. Mais pas avant d’avoir achevé ce pourquoi je suis venu.

He said I think I'll go to Boston
I think I'll start a new life,
I think I'll start it over, where no one knows my name,
I'll get out of California, I'm tired of the weather

You don't know me, you don't even care...

J’ai mis du temps à prendre sur moi. Mais, maintenant, je dois sortir de l’ombre. Les dernières paroles de la chanson s’estompent. À peine la mélodie disparue que quelqu’un frappe à la porte.

Le visage de Chad éclaire ma journée. Mais sa présence ne chasse pas les décisions que j’avais prises. Je le laisse entrer et dès qu’il me fait face, je le regarde une dernière fois dans les yeux.

- Tu as eu raison, Chad, dis-je presque sereinement.

Son air surpris me fait comprendre qu’il ne voit pas tout à fait de quoi je parle, alors je continue.

- Je connais tout de toi, je connais ton passé, tu m’avais accueilli dans ton avenir, mais moi, moi qui je suis ? Comment puis-je construire un futur si j’ignore tout de ce que je laisse derrière moi ? Je t’aime et tu as eu raison de ne pas vouloir rester avec une image fausse de moi-même. Je t’aime si fort que mon cœur est gonflé de bonheur de savoir que tu as pu clore ce chapitre difficile de ta vie, en revenant grandi et serein de Boston, mais moi j’ai aussi toujours cette ombre sur ma mémoire, sur ma propre histoire. Je ne peux espérer rien construire sur des fondations si fragiles.

Je reprends mon souffle, le sentiment d’acceptation me donnant la force de parler. Et d’avancer.

- Alors oui, Chad, tu as eu raison. C’est mieux ainsi.




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MessageSujet: Re: Trois pas dans l'ombre, deux dans la lumière [PV Mick & Chad]   Sam 6 Déc - 15:59

Burry into shadow. Story of my life


Je suis le forgeron de ma tristesse. La douleur ne s’exprime pas toujours avec des mots. Leurs regards à tous deux, me hantera certainement longtemps. Je ne pouvais ignorer le battement affolé de leurs cœurs, ni l’indicible que j’avais vu dans leurs yeux. En me charcutant le cœur avec cette terrible décision, j’ai blessé les deux personnes qui comptent plus que tout à mes yeux. Miya, Mick… pardon… La sérénité que j’avais retrouvée après avoir reparlé à mes parents, après avoir fait la paix avec Emy avait finalement été de courte durée. Je me sens minable et pathétique avec mes peines amoureuses. Je n’ai aucun droit de me plaindre face à eux, à leur vie.

Nineko m’avait fait entrapercevoir l’enfer qui se passe dans la tête de Miyavi. La schizophrénie qu’il avait développée provenait directement de la maltraitance qu’il avait subie. On lui avait refusé son humanité, refusé le droit d’être. Et moi, j’avais débarqué comme un con dans sa vie. Croyant tout comprendre et être à mène de panser ses blessures, je lui avais donné une chimère d’amour. Oui, Miya avait raison, je ne valais pas mieux que ses bourreaux. Je ne peux défaire le passé, je ne peux que m’effacer…

La vie de Mick n’était guère meilleure, spolier de sa mémoire, manipulé, fait orphelin. Qu’ai-je à dire alors que j’ai un père et une mère aimants qui m’avaient de nouveau assuré de leur soutien inconditionnel, alors que je leur présentais deux hommes pour compagnons. Honte ! J’ai honte de moi, d’avoir imposé cela à Mick, à Miya, à mes parents.

Les feuilles des arbres bruissent autour de moi, le dos calé contre la façade du manoir Hale, je rumine la noirceur de mes pensées. Derek m’avait dit qu’il échouait toujours ici quand il allait mal. Est-ce à force de trainer ici avec lui pour la reconstruction de ces ruines que mon inconscient m’a fait dériver ici ? Mes joues sont trempées d’une pluie qui ne tombe pas du ciel. J’ai mal. J’ai mal d’avoir fait du mal. Dix fois j’ai sorti mon portable, allant même jusqu’à composer leur numéro, pour leur dire que je regrette, qu’il ne faut pas croire mes paroles, qu’on va trouver une place pour chacun. Dix fois je l’ai éteint.

Nous n’étions pas prêts, oui c’est cela. Plus tard peut-être. C’est moins dur de penser ainsi que d’une fin irréversible. Je me leurre, je me trompe. Je n’arrive pas à affronter la vérité en face. Le petit matin me trouve totalement hagard, je n’ai pas bougé du manoir. Je me lève enfin, dans une heure ou deux les ouvriers vont arriver, inutile qu’ils me voient dans cet état. Je rentre chez moi tel un zombie et réagit vraiment quand le jet de la douche lave les traces de cette nuit de chagrin.

Il faut croire que la vie a décidé de ne pas me laisser de répit, alors que je pensais noyer ma douleur en m’évadant avec ma palette graphique sur des constructions imaginaires et futuristes, le dernier fichier traité s’ouvre en laissant apparaître les plans de la maison de Miya et Jaycee. La ruine qui est mon cœur ne peut en supporter d’avantage, je referme aussitôt le logiciel de CAO. Un œil sur mes mails m’en montre un en attente provenant de l’université. Je découvre que j’ai totalement oublié que je devais accueillir un filleul pour son arrivée sur le campus. Je ne prends pas le temps de déjeuner, de toute manière je n’ai pas faim et parts accomplir ma tâche.

La journée passe plutôt vite. Nathan Elvaliente est un étudiant sympathique et dynamique. Il a le mérite de me sortir de mon marasme. Si je n’oublie pas ce que j’ai fait la veille, la bonne humeur de l’apprenti journaliste a le mérite de me faire penser à autre chose. Si je comprends rapidement que son cœur semble pencher pour les garçons vu son regard sur les fesses d’un bellâtre de la fac, je ne peux le voir comme un petit ami potentiel, même s’il est plutôt mignon. Car si je suis officiellement célibataire, mon cœur ne battra plus pour personne d’autre que pour ceux que je viens de quitter. Je recroise Nathan lors d’un bref interclasse l’après-midi, on se donne rendez-vous pour le lendemain. Je sais que ce n’est pas très prudent de traîner avec quelqu’un qui souhaite faire du journalisme d’investigation. Mais j’ai besoin de neuf, de changer d’air.

Sur le retour à mon appartement, je reçois un message de Derek. Il a toujours préféré les messages aux appels directs sauf urgence. Le BBW comme le nomme Stiles, n’est pas très causant. Alors que je m’attends à un sujet qui traite du manoir, je lis un « ça va ? ». Je soupire, le lien empathique qui lie les membres d’une meute laisse peu de place à une vie privée. Et si Derek a ressenti ma détresse, Ruby aussi et là je n’ai vraiment pas envie d’inquiéter mon alpha, je lui ai déjà tant pris. Je tape rapidement un message laconique.

« J’ai plaqué Mick et Miya hier soir.»
« Tu veux en parler ? »
« Non. »

Il ne répond pas. Pas de « Je suis là si besoin » ou d’autres banalité du style. C’est pour l’un comme pour l’autre une évidence qui n’a pas besoin d’être énoncée. Je mange devant le PC me plongeant dans une partie de jeu vidéo. Démolir les zombies sur Left 4 Dead me lobotomise la cervelle, suffisamment pour que je ne pense à rien, pour que je ne pense pas à eux. Les jours se suivent, je me suis remis à fond dans mes études. J’approfondis chaque sujet, en une semaine j’ai largement comblé mon retard dû à mon voyage sur Boston. Je mange souvent avec Nathan. Ce gars s’enthousiasme sur tout. Je suis resté discret sur ma vie, je ne veux pas qu’on me plaigne, car je suis responsable de ce que j’ai fait. Si j’ai rompu avec eux, notre lien de cœur est toujours présent et le restera toujours, du moins pour moi. Je sens la douleur de Miya comme celle de Mick. Chacun d’eux réagit comme il peut avec ce que je leur ai fait. Je me hais…

J’ai toujours une partie de mes affaires chez Mick, je n’ose pas appeler. Je finis par appeler James. Son accueil est à l’image d’une ère glaciaire. J’ai blessé son ami, le gars pour qui il a risqué sa vie. Il se méfiait de moi et je viens de lui donner raison. Je prends sur moi et lui fait comprendre que j’aimerai qu’il me dise quand cela serait le meilleur moment pour moi de réapparaître. Je pourrais le faire alors que Mick est absent puisque j’ai ses clés. Cependant j’ai été suffisamment lâche jusqu'à présent, je dois affronter son regard. Puis j’ai promis de répondre présent pour les aider.

James a fini par me rappeler, me disant que Mick semble aller de nouveau de l’avant. La nouvelle me réjouit. Je m’en veux tellement de l’avoir fait souffrir ainsi, lui qui m’avait accordé sa confiance et ouvert le gouffre qu’est sa vie. C’est avec une boule au ventre que je me retrouve devant son immeuble. Quelques heures auparavant, je lui ai laissé un message pour l’avertir que je passai pour récupérer mes affaires. Je ne voulais pas le prendre au dépourvu et lui laisser le temps de se composer une façade. Je frappe à la porte, il m’ouvre presque immédiatement. Bordel ce qu’il est beau. J’ai envie de le serrer contre moi, de prendre ses lèvres avec les miennes. Tout mon être est appelé par lui, j’ai beaucoup de mal à me composer un visage sinon neutre mais avec le moins d’émotion possible. Je n’ai pas le droit de jouer avec son cœur. Mick m’invite à entrer et se retourne vers moi. Son regard me fait chavirer, il me regarde avec tant d’amour que ma raison flanche. Je vais pour lui dire que je regrette, qu’il faut que l’on reparte sur de nouvelle base, qu’on va…

- Tu as eu raison, Chad.

Je suis surpris. Sa phrase me coupe dans mon élan. Raison, moi ?

- Je connais tout de toi, je connais ton passé, tu m’avais accueilli dans ton avenir, mais moi, moi qui je suis ? Comment puis-je construire un futur si j’ignore tout de ce que je laisse derrière moi ? Je t’aime et tu as eu raison de ne pas vouloir rester avec une image fausse de moi-même. Je t’aime si fort que mon cœur est gonflé de bonheur de savoir que tu as pu clore ce chapitre difficile de ta vie, en revenant grandi et serein de Boston, mais moi j’ai aussi toujours cette ombre sur ma mémoire, sur ma propre histoire. Je ne peux espérer rien construire sur des fondations si fragiles.

Mon cœur se serre, comme pour Miya je n’ai pas compris ce qui minait Mick de son côté. Bêtement je ne m’étais arrêté qu’à ma petite personne et au fait que je leur demandai de me partager. J’avais ignoré le mal-être profond de Mick. Il n’arrive pas à se définir lui-même, ne sachant pas qui il est. L’image de mes parents côte à côte me disant au revoir il n’y a pas si longtemps, s’impose à moi. Je sais d’où je viens. Je sais ce que j’ai fait, qui j’ai tué et pourquoi. Si je ne suis pas fier de certains de mes actes à Boston quand j’étais sous l’emprise d’Hugues, je ne peux nier que j’étais volontaire. La violence avait couvert mes blessures morales.

- Alors oui, Chad, tu as eu raison. C’est mieux ainsi.

Alors que je vais pour le détromper sur le fait que son passé trouble ne m’a jamais gêné sinon que cela le fait souffrir, je constate autre chose. C’est idiot et totalement puéril, mais la résignation de Mick me blesse. Je réagis en enfant gâté qui veut être le roi. Alors que d’un côté je me désole de l’avoir fait souffrir, j’aimerai qu’il me crie dessus, qu’il tente de me faire changer d’avis, qu’il s’énerve et me brusque. Mais son cœur me dit qu’il pense ce qu’il me dit. Il est en accord avec cette rupture. Je murmure un « je suis désolé » puis montre le sac que j’ai pris avec moi et désigne son armoire. Mick s’efface pour me laisser passer.

C’est le cœur lourd que j’ouvre ce qui a été le témoin de nos partages. Nombre de fois il a porté mes chemises et moi les siennes. Je ramasse rapidement mes vêtements puis file dans la salle de bain où je jette ma brosse à dent et récupère mon rasoir. J’ai un temps d’arrêt en repensant à ce qui s’est passé dans cette pièce, à ces moments de pure tendresse. Ses mains sur ma peau me manquent. Je devrai pourtant être soulagé que Mick prenne cette rupture aussi sereinement. Le doute et la colère m’envahissent. Je m’insurge contre cette fatalité qui nous blesse. Notre retour de Boston aurait dû être le départ ou plutôt la poursuite d’une relation plus saine. Miya débarrassé d’une partie de cette noirceur, Mick qui a retrouvé James. Mais on ne lave pas la boue qui entache son passé comme on nettoie son linge sale.

Miya ne peut oublier.
Mick ne peut se souvenir.


Je prends une grande inspiration et ressors de la salle de bain. Nous nous regardons comme deux adultes responsables et raisonnables. Je hais cette maîtrise, cette résignation qui signe la mort de notre passion. J’essaye de faire abstraction de son corps, de ses signaux chimiques qui m’enivrent aussi surement que le nectar des dieux de l’olympe, l’ambroisie. Cependant cette plante est un poison pour l’homme et je ne suis pas un dieu, juste un gars paumé.

- Appelle-moi si toi et James avaient besoin d’aide, ou d’un regard extérieur.

Je ne peux parler de cette rupture, je sens que si je sors le moindre mot la dessus, je vais me mettre à pleurer comme un gosse. Je n’ose esquisser un geste, si je le touche je vais craquer. Je pose les clés sur la table et m’en vais après un signe de la tête. La porte qui se referme dans mon dos est le plus terrible des bruits. Seul le couloir est témoin de l’eau qui inonde mes yeux. J’appelle Derek, tout compte fait j’ai besoin de déballer mon sac. Si je ne dis pas ce que j’ai sur le cœur, je vais imploser. Sans même avoir eu besoin de fixer un lieu, on se retrouve au manoir. Je lui dis mon déchirement, lui réaffirme que mon cœur est lié à ces deux hommes, me demandant si je peux toujours m’en servir comme point d’ancrage. La peine que je ressens à chaque fois que je pense à eux ne va-t-elle pas fissurer cette maîtrise que j’avais gagnée ?

Derek est plus attentif que loquace. Il n’y a rien à dire sur cette défaite amoureuse. Car il s’agit bien d’un combat perdu et non pas d’un amour éteint.

- Je pense qu’il n’est pas inutile que vous fassiez une pause, finit-il par dire.

Il ouvre la bouche puis la referme semblant se raviser. Je hausse un sourcil interrogatif, mais il secoue la tête. Je sens un non-dit, mais je n’ai pas l’énergie de lui tirer les vers du nez. Une grande lassitude m’envahit. J’ai l’impression de m’être fait éjecter d’une tornade monstrueuse et de devoir finir comme simple spectateur. La solitude couvre mes épaules comme une chape de plomb. C’est un sentiment totalement nouveau. Quel que soit les phases de mon passé, jamais je ne me suis senti seul, j’ai été mal accompagné ou au contraire connu un bonheur indicible. Mais jamais, je n’avais éprouvé ce vide autour de moi. Ce froid.

Avant de partir, Derek me donne une claque amicale sur l’épaule. Je souris à mon frère de meute, parler m’a fait du bien. Si je sais bien que jamais je ne pourrais tourner la page, car mon cœur est irrémédiablement scellé, je dois malgré tout continuer et aller de l’avant. Je me replonge donc dans ma vie d’étudiant, m’abrutissant dans les soirées organisées par le bureau des élèves. Je m’occupe l’esprit comme le corps. Je suis pourtant seul au milieu de cette foule. Ce ne sont que des relations superficielles ou chacun s’occupe de son propre plaisir. Vous pouvez mourir au milieu d’une foule dansante sans que personne ne s’inquiète, sinon pour penser que vous gâchez la soirée. Cet anonymat me convient, je ne crains plus de blesser quelqu’un.

Silence radio du coté de Mick depuis que j’ai récupéré mes affaires, je n’ose pas appeler James pour venir aux nouvelles. Un courrier du service technique de la mairie me laisse penser que je vais revoir Miyavi pour sa maison, je ne peux décider sans lui de ce qui va être sa demeure. Le vent de la tempête qui m’a malmené ces derniers mois se calme et s’estompe comme si celle-ci n’avait jamais existé.

Je suis fourbu. L’enchaînement des soirées, et mon acharnement sur mes cours où je fais maintenant clairement de la concurrence au major de la promotion, commencent à peser sur mon corps. Et ce n’est donc pas de très bonne humeur que j’arrive sur le chantier du manoir. Mes plans sont pourtant clairs, limpides et complets, alors pourquoi cet imbécile de chef de chantier a besoin de me voir pour des précisions ! Les gens ne connaissent pas leur métier.

Je gare la Toyota aux abords du chantier. Il n’y a toujours que le premier niveau d’à peu près fait. Les charpentiers sont en rupture de bois. Un gros chantier à l’est a monopolisé toutes les ressources. Et je souhaite n’utiliser que du bois de qualité, il faut donc attendre un retour de fournisseurs canadiens. Heureusement que Derek n’est pas pressé. Cela peut prendre une semaine comme deux mois cette affaire.

Une voiture banale est déjà là. Comme je trouve la porte d’entrée verrouillée, je fais le tour, le gars doit certainement se trouver à l’arrière de la construction. Plus tard je me maudirai de n’avoir pas été plus attentif, et d’avoir naïvement pensé que je n’étais plus dans cette partie de fou. Une piqûre au cou, ma vision qui vacille. Avant que la nuit m’entraine dans un sommeil sans rêve, j’ai cette simple pensée de constater que personne ne m’attend plus nul part, ni chez moi, ni au campus où l’absentéisme est fréquent. Je sombre, seul.

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Mickael Wayne
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MessageSujet: Re: Trois pas dans l'ombre, deux dans la lumière [PV Mick & Chad]   Sam 6 Déc - 16:00



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Quelques mots peuvent tout bouleverser. Une phrase peut avoir un impact inconsidéré. Quand Chad s’excuse, je sens la peine qu’il éprouve.

- Je suis désolé, murmure-t-il.

D’un geste nonchalant, je l’autorise à aller chercher ses affaires qui sont encore dans mon armoire. Si la rupture est douloureuse, le moment où chacun reprend sa vie, et ses effets personnels, est une étape toute aussi délicate. Je l’observe charger le sac qu’il avait amené. Ne reste que les souvenirs qui eux ne disparaissent pas avec les biens matériels.

Il finit par rejoindre la salle de bain dans laquelle il avait laissé sa brosse à dent et son rasoir. Quand il ressort il a la tête légèrement baissée.

Puis dans l’entrée, il se retourne vers moi. Il y a un instant de flottement, nos regards braqués l’un sur l’autre, chargés d’émotions. Je prie pour entendre le son de sa voix. Pour qu’il brise le silence qui noie mon cœur.

- Appelle-moi si toi et James avaient besoin d’aide, ou d’un regard extérieur.

Je ne peux qu’acquiescer d’un hochement de tête. Aucun mot ne sort de ma bouche tant je serre la mâchoire.

Il pose une dernière chose sur le plan de travail. Le trousseau de clé que je lui avais donné, symbole de la confiance que je lui accordais. Et l’acceptation de sa présence dans ma vie. Tout ça fait maintenant partie du passé. Des moments pourtant ancrés en nous dont ne subsiste que la douleur qui nous ancre dans le présent. Ancre… Suis-je toujours la sienne ?

La porte se referme sur lui. Vivre cette scène une deuxième fois finit par avoir raison du barrage que je tenais à bout de bras. Je me laisse tomber au sol, le dos plaqué à la porte. Tremblant. Et pleurant.

* * *

- Mick, regarde ça, me dit James en faisant tourner la chaise devant son ordinateur.

Je saisis quelques feuillets, bien trop lu et relus à mon goût. Mais on ne pouvait avancer dans cette jungle sans mettre le pied dans un marécage.

- Il y a le symbole de ce laboratoire sur quelques dossiers, explique James. D’autres sont différents. Sans doute pour ne pas éveiller les soupçons. Et surtout une précaution si l’un des groupes scientifiques venait à être compromis.

- Des labos pharmaceutiques ou plus glauques, du genre de Dr. Jekyll ? Demande-je pour détendre l’atmosphère.

- Je ne sais pas pour le moment. Donne-moi les noms, s’il te plait.

Les dossiers avaient été répartis en deux groupes. Dans l’une des deux piles, les photos macabres accompagnaient les mauvaises nouvelles. Et les pistes qui n’aboutissaient pas. Je pris les dossiers de la seconde pile, moins sinistre, les plaçant de façon à ne voir que le titre et énumérer les noms.

- Rouet, Lacour, François…

Je laisse un moment de silence, seulement perturbé par le bruit des touches du clavier.

- Rien sur le premier ? Finis-je par demander.

- Non…

- Le deuxième ?

- Ça me donne un résultat. Une jeune fille à la remise des diplômes de l’année passée. Mais il s’agit de la sœur de la fillette qui a été enlevée. C’est tout de même un début de piste.

Je hoche imperceptiblement la tête.

- Qu’est-ce que tu comptes faire ? M’interroge James.

Ce que je compte faire ? Essayer de découvrir quelque chose sans effrayer une inconnue. Si elle peut m’en apprendre plus sur le kidnapping de sa sœur, je découvrirais peut être des indices majeurs.

- Aller à la pêche aux infos ! M’exclame-je comme un aventurier qui venait de tomber sur une précieuse carte.

Après un instant de silence, James change de sujet.

- Et pour Chad ?

- Une chose à la fois James, dis-je d’un ton beaucoup moins enjoué.

Il faut bien que je relativise, que j’évite de broyer du noir, que j’accepte d’avancer, que je m’empêche de sombrer…

Alors je me façonne une vie différente. Peut-être moins complète mais je refuse de penser au vide et à l’absence.

Plusieurs jours passent donc ainsi.




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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Trois pas dans l'ombre, deux dans la lumière [PV Mick & Chad]   Sam 6 Déc - 16:02

Apprendre, à défaut de comprendre...


Je sombre dans un puit sans fond. Je me sens tomber dans une chute perpétuelle. J’essaye de me débattre, de résister, mais mon corps est de coton. Je bascule dans le néant. Je n’ai qu’une hâte, me réveiller de ce cauchemar.

Puisque l'ombre gagne
Puisqu'il n'est pas de montagne
Au-delà des vents plus haute que les marches de l'oubli
Puisqu'il faut apprendre
A défaut de le comprendre
A rêver nos désirs et vivre des "ainsi-soit-il"


L’endroit est froid et plongé dans la nuit. Ma tête bourdonne, je mets un temps pour comprendre que je suis allongé sur un plan métallique dur et glacé. Je lève la main pour me frotter les yeux. Bruits métalliques, ma main est bloquée à peine le geste esquissé. Une vague de panique s'empare de moi, j’essaye de me redresser, en vain. Je suis attaché, pieds et mains liés à ce qui semble être une table en acier. Je ne sais pas où je suis, j’ai beau tourner la tête dans tous les sens, je ne vois strictement rien. L’obscurité est totale et le silence assourdissant. La pièce ne doit pas avoir de fenêtre.

Peur…

J’essaye de calmer ma respiration, paniquer ne me servira à rien. Raisonner, je dois faire un effort pour me souvenir de mes derniers gestes. J’étais au manoir de Derek… Un piège… J’ai un rictus amer. Ces maudits chasseurs réitèrent leur exploit. Je secoue mes chaines, j’y mets toutes mes forces, mais rien ne plie, rien ne faiblit sinon moi. C’est de l’acier renforcé ou un alliage que je ne connais pas. Si la dernière fois, la cavalerie avait fini par arriver, cette fois-ci je ne pense pas la voir de sitôt. Personne ne m’attend... Je secoue la tête, je raisonne encore en égoïste ! Mick et Miya ne doivent surtout pas venir. Les chasseurs se servent encore de moi pour les atteindre. La situation me confirme que j’ai bien fait de les quitter. Je suis celui qui leur fait du mal, leur maillon faible. Ensemble nous ne sommes pas plus fort.

Et puisque tu penses
Comme une intime évidence
Que parfois même tout donner n'est pas forcément suffire
Puisque c'est ailleurs
Qu'ira mieux battre ton cœur
Et puisque nous t'aimons trop pour te retenir
Puisque tu pars


J’ai perdu la notion du temps avec cette obscurité totale. J’ai faim et très soif. Si ma fringale est tolérable, j’ai la gorge qui me brûle, l’envie de boire devient obnubilante, et obsessionnelle. J’estime, aux sensations de mon corps, que je suis resté inconscient au minimum douze heures, voir le double. J’ai mal de partout, et essaye de trouver une position différente, sinon confortable, avec le peu de liberté que me laissent les chaînes. D’un mouvement d’humeur, je tire violemment sur un bras. Le bracelet métallique s’enfonce dans ma chair. Douleur. J’enrage, d’être là comme un con à attendre que mes geôliers daignent venir. Je sais que je vais passer un sale moment, je m’y prépare. Ils arrêteront bien quand ils comprendront que je n’ai plus d’attache avec eux. Oui c’est mieux ainsi. Je vais tenir, je suis plus fort que lors du bal d’hiver. Je les ferai…

C’est comme une décharge électrique. Je ferme les yeux qui me brûlent soudainement. La pièce vient de passer du noir total à une luminescence aveuglante. Même les paupières fermées, c’est intenable. Je grogne mon mécontentement. Un cliquetis m’indique qu’une porte s’ouvre. Mais je ne vois plus rien, j’ai des flashs plein la tête.

La colère monte.

Des gens m’entourent, je dois me contenter de mes oreilles pour deviner leur nombre. Ils sont trois. Je sens une main qui vérifie mes liens. Doucement j’entrouvre les yeux, c’est encore douloureux. Je discerne une silhouette qui me fait face, je n’arrive pas à focaliser ma vue. Le passage de la nuit au jour a été trop brutal.

- Comment va mon patient ? Dit cette silhouette floue.

- Soif… arrivé-je à croasser.

J’entends de l’eau couler dans mon dos. Je note que la pièce est équipée d’un évier. Lentement mes yeux s’habituent à cette lumière vive. Alors que je m’aperçois que la source de lumière provient d’une de ces grandes lampes que l’on trouve dans les salles d’opération, un homme s’approche de moi avec un grand verre d’eau. Naïvement j’ouvre la bouche. Le gars se met à rire et boit à grande gorgée l’eau que je croyais m’être destinée.

La colère enfle.

En provocation il m’asperge le visage avec le fond de son verre. Je sors les crocs. Un coup à l’estomac me coupe le souffle. Ils ne me briseront pas !

Que les vents te mènent où d'autres âmes plus belles
Sauront t'aimer mieux que nous puisque
L'on ne peut t'aimer plus
Que la vie t'apprenne
Mais que tu restes le même
Si tu te trahissais nous t'aurions tout à fait perdu
Garde cette chance


- Allons, allons, cela serait mieux que tu coopères Chad… Wilder, reprend le premier type qui avait parlé en articulant mon nom.

C'est alors je remarque sa blouse blanche, le fait que je n’ai plus ma chemise sur le dos. Je suis pieds nus, il me reste juste mon jean. Ma peau frissonne au contact de cette table glacée. Derrière le type, je vois des armoires comme celles que l’on trouve dans un hôpital ou un laboratoire. Où suis-je ? Une alarme raisonne dans ma tête. C’est différent de la dernière fois où j’avais été tabassé et enfermé dans un endroit glauque. Qui est ce mec ?

- Vous perdez votre temps, ils ne viendront pas ! Crachai-je à ce macabre personnage.

L’homme a un sourire mauvais. Une angoisse sournoise s’infiltre par tous les pores de ma peau. Il me scrute comme un… cobaye ? En suivant son regard, je remarque avec stupeur des traces sombres le long de mes bras, témoins d’une cicatrisation qui se termine à peine. Qu’est-ce que…

- C’est toi qui nous intéresse Chad. Et tu peux être fier de nous avoir fait courir.

Je n’aime pas sa voix, son assurance. Et d'où je les ai fait courir? Je ne me suis jamais caché. En quoi je peux bien les intéresser, à part pour m’abattre comme le monstre qu’ils voient en moi ? Mick, Miya, depuis leur enfance, ils ont été traqués et enlevés par ces gens malfaisants. Moi je débarque dans cette histoire de fous, de ses enfants enlevés et vraisemblablement torturés. Je frémis lorsque que ce type que je n’ai jamais vu saisi un dossier sur une table derrière lui.

Que nous t'envions en silence
Cette force de penser que le plus beau reste à venir
Et loin de nos villes
Comme octobre l'est d'avril
Sache qu'ici reste de toi comme une empreinte indélébile


Je n’obtiens aucune réponse à mes questions. On n’explique pas à un rat de laboratoire le protocole d’expérience que l’on mène. Je me débats et m’insurge. Quand ces trois types quittent la pièce, me renvoyant dans l’obscurité, je pense être tombé chez des dingues. Mais je me trompe, le pandémonium dans lequel je viens d’atterrir, va dépasser ce que je peux imaginer de la malfaisance des hommes.

Sans drame, sans larme
Pauvres et dérisoires armes
Parce qu'il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur
Puisque ta maison
Aujourd'hui c'est l'horizon
Dans ton exil essaie d'apprendre à revenir
Mais pas trop tard


Le temps est élastique lorsque l’on n’a pas de repère. Pas d’alternance fixe de jours et de nuits. Pas de repas, ou quelque chose qui pourrait en avoir le nom. Pour la ixième fois, on m’aveugle avec cette lumière crue. Mon corps souffre de l’immobilité, mes articulations me lancinent. Encore ce bruit de serrure. Je m’attends à voir ce type en blouse blanche qui me fait penser à ce bouquin lu étant adolescent, "l’ile du Docteur Moreau". Mais deux types que je ne connais pas, entrent. Aveuglé, je me fie à leur odeur. Celle-ci m’est étrangement familière. Je papillonne des yeux, me forçant à acclimater ma vue pour les regarder. Leur visage ne me dit rien. Pourquoi je connais leur odeur ?

Dans ton histoire, garde en mémoire
Notre au revoir, puisque tu pars


J'aurais pu fermer, oublier toutes ces portes
Tout quitter sur un simple geste mais tu ne l'as pas fait
J'aurais pu donner tant d'amour et tant de force
Mais tout ce que je pouvais ça n'était pas encore assez
Pas assez, pas assez, pas assez


Mon cœur se glace lorsque la mémoire me revient. Si je n’ai jamais croisé ces gars, je sais où j’ai sentis leur odeur… Sur Miya quand Goran l’a sorti des griffes des chasseurs à Boston. A leur regard, je comprends qu’ils n’ont que faire des expériences médicales ou de je ne sais quelle sombre affaire qui nous dépasse tous. Ce sont des hommes de main, des brutes. La violence est leur mode d’expression. Mes poumons explosent la colère qui me terrasse. La table d’acier vacille sous la fureur d'un loup que l'on retient prisonnier. Je ne me laisserai pas faire. Non… je ne suis pas comme lui… je n’accepterai jamais !

Il existe certains enfers pour lesquels on n’est jamais prêt. La haine est l'autre facette de l'amour.
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Mickael Wayne
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MessageSujet: Re: Trois pas dans l'ombre, deux dans la lumière [PV Mick & Chad]   Sam 6 Déc - 16:02



Trois jours plus tard...






Je sors la salle de bain, un moment sous l’eau chaude m’a fait du bien. J’enfile un jeans sombre et un t-shirt blanc tout ce qu’il y a de plus classique. Je passe une main dans mes cheveux encore humide en fouillant dans la cuisine à la recherche de quelque chose à manger.

Quelqu’un tambourine à la porte. J’ouvre sur un Miya inquiet.

- Pas de nouvelles de Chad, tu l’as vu ? Demande-t-il sans détour.

- Non.

- Un pote m’a dit qu’il n’était pas allé en cours depuis deux jours, je me disais que…

- Je ne l’ai pas vu. On ne s’est pas parlé.

Je voudrais rajouter qu’il me manque mais je ne dois pas y penser. Et formuler ça devant Miya aurait été impoli. Même si je suis sûr qu’il partageait ce vide.

Miya referme la porte et fait les cents pas dans l’appartement. Je tente de faire taire mon inquiétude. Sans résultat convainquant.

Il reste quelque minutes et repart comme une furie, me demandant de le tenir informer si j’en savais plus. C’est étrange comme situation, mais j’acquiesce d’un signe du menton.

Quelques minutes s’écoulent à peine quand on frappe à nouveau à la porte. Ils ont tous prévus de me déranger aujourd’hui ? Comme si j’avais besoin de ça…

J’ouvre à la volée, prêt à faire savoir à cette personne qu’elle n’est pas la bienvenue à ce moment-là.

- Bonjour. J’ai besoin de toi.

Un véritable courant d’air s’infiltre dans l’appartement lorsque j’ouvre. Comme si le vent voulait pousser cet homme à l’intérieur. Un homme aux yeux d’un bleu profond et à l’aura d’autorité incontestable.

- Qui es-tu ?

- Je suis là à cause de Chad, explique-t-il.

Je souffle imperceptiblement. Chad, cet homme, qu’est-ce qu’il se passe ?

- Ça ne me dit pas qui tu es, dis-je méfiant.

- Mickael, c’est important, …

Mon regard suspect le force à se taire. Pourquoi connait-il mon prénom ?

- Si j’avais le temps, je tâcherais de t’expliquer mais puisque ça n’est pas le cas, sache que je poursuis les missions de Mafdet…

Une sentinelle donc. Je connais Mafdet et son implication dans cette ville, et davantage dans ma propre vie alors si cet homme est bien ce qu’il prétend être je peux être à la fois inquiet et rassuré. Son ton est alarmant et ce qu’il semble savoir pourrait me mettre en confiance mais je ne suis pas naïf.

- Qui es-tu ? Demande-je d’un ton qui ne laisse pas la place à la contestation.

- Je m’appelle Erick, je suis là pour Chad. Il lui est arrivé quelque chose.

Mon cœur se serre. Les choses semblent plus graves que l’inquiétude d’une éventuelle groupie.

- Je ne peux encore intervenir dans cette histoire mais sache qu’il faut, pour son bien mais pas seulement, que tu réintègres sa vie. Vous avez encore du chemin à faire ensemble. Et aujourd’hui, il a besoin de ton aide.

- Qu’est-ce qu’il se passe, où est-il ?

Le barrage de mes émotions cède et l’inquiétude se repend dans mon corps.

- Rien de ce que je sais et vois ne saurait t’être utile mais tu dois le retrouver. Et gardes ceci, tu en auras besoin, ajoute-t-il en me remettant un objet étrange.

Je le tends la main sans réellement y faire attention. Je me rends soudainement compte que je ne peux pas continuer à vivre à l’écart. Par respect pour ce que Chad et moi avions vécu. Et parce que refuser de souffrir c’est refuser de vivre. Moi qui pensais que se replier au fond de soi signifiait passer à autre chose. Mais il faut me ressaisir, me redéployer.

Combien de jours avaient passé ainsi, dans cet état second? Je ne sais pas. Et pour que ce gars intervienne c’est que l’affaire doit être importante. L’angoisse me fait soudain vriller. Pourvu qu’il ne soit rien arrivé de grave !




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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Trois pas dans l'ombre, deux dans la lumière [PV Mick & Chad]   Sam 6 Déc - 16:03

The darkest hour


Le noir absolu. Je crois que c’est le moment que je préfère dans cet enfer. Je ne vois rien, n’entends rien sinon mes propres bruits. Le battement de mon cœur devient assourdissant dans ce silence. Je me concentre dessus pour oublier le reste, oublier ce qu’il se passe quand la lumière est là. Je… j’ai peur de ce jour artificiel, de cette lampe aveuglante qui s’allume à l’improviste annonçant le début d’un calvaire sans nom. Les ténèbres ont ce côté rassurant qu’on me laisse en paix... le temps de récupérer pour le round suivant.

Mon corps m’élance, j’ai totalement perdu la notion du temps. Je suis toujours attaché sur cette table métallique. Elle leur est bien trop pratique que ce soit pour l’autre taré en blouse blanche, comme pour… l'autre connard. Je change d’appui en essayant d’occulter certaines douleurs qui me font rager de colère et de honte. Je suis comme un animal à qui on ne prête aucun droit. Je ne comprends pas le but final des commanditaires de mon enlèvement. L’autre sciencieux semble m’étudier comme une souris de laboratoire, mesurant ma vitesse de cicatrisation en fonction de la dose d’aconit qu’il m’injecte. Si je ne les vois pas, je sais, je sens ma peau qui me pique là où elle a été lacérée. Le poison dans mes veines est plus douloureux que ces entailles faites au scalpel. J’essaye de tenir, de ne pas afficher le degré de ma souffrance, de ne pas l’aider dans cette quête morbide de la connaissance des êtres surnaturels. La lumière vient de s’allumer.

Je garde les yeux clos, l’angoisse me noue le ventre. Scalpel ou… La voix nasillarde qui me parvient me renseigne sur son propriétaire. Scalpel donc. Je suis presque soulagé, les tortures physiques que m’inflige ce type me sont plus faciles à supporter que le reste. « Alfred », car c’est ainsi qu’il s’est présenté, bien que je doute au nom d’emprunt, me parle comme si nous étions les meilleurs amis du monde. C’est idiot à le dire, mais savoir qu’il fait beau ou le dernier score des Lakers me fait du bien.

- Comment ça va ? Demande Alfred.

- J’ai la gueule de bois à cause de la petite sauterie de hier soir, coassé-je sarcastique.

Je veux lui opposer un mental fort, alors que ma raison vacille de plus en plus vers une folle fureur. Ma réponse semble lui plaire, j’ai droit à un verre d’eau fraiche. Je passe sur le goût suspect que je sens à la première gorgée, j’ai trop soif, je bois tout le verre qu’il me tient. La douleur est immédiate et fulgurante. Alfred, Georges, ou je ne sais quoi me place des électrodes sur la poitrine. Un bip bip sur ma gauche se fait entendre, mon rythme cardiaque est scruté à la loupe. Je ne peux m’empêcher de me cambrer, toutes mes cellules luttent contre ce poison nouveau, mais je ne lui fais pas le plaisir de gueuler.

Quand la pièce retombe dans l’obscurité, chaque fibre de mon corps me fait mal. Combien de temps vais-je tenir ? Je ne sais pas où je suis, mais certainement pas à Beacon Hill… Je ne sens pas mes liens avec ma meute. Je ressens quelque chose de très lointain avec Ruby et Derek avec qui j’ai des affinités particulières. Mais c’est tellement diffus, tellement faible que je sais que tout appel est vain. Le doute s’infiltre sournoisement dans mon esprit, je ne sortirai pas de là vivant. Je ne me souviens que trop bien des dossiers que l’on a épluchés chez James, les rapports d’autopsie… Si ma meute ne sait pas ce qui m’arrive... Je regrette de ne pas avoir saisi la perche tendue par Derek pour parler et me confier. Il se serait inquiété de ne pas me voir. Mon esprit bloque les deux autres noms qui arrivent. La solitude rime avec froideur. Je frissonne, mes yeux s’inondent de larmes. J’ai mal, ma condition me ramène en pleine figure ma situation : personne ne va s’inquiéter pour moi avant qu’il ne soit trop tard, car personne ne m’attend plus nulle part.

On ne se rend pas vraiment compte du bonheur dans lequel on vit. Les gestes du quotidien, les petites attentions. Savoir que quelqu’un pense à vous, que l’on compte et que l’on est important. On ne peut vivre pour soi-même, le loup comme l’homme n’est pas fait pour être solitaire. J’ai besoin d’eux. Je suis en manque de leurs regards, de leur odeur, du son de leur voix. Mais… pourquoi la lumière s’allume déjà ! Non, pas si tôt !

- Alors, il parait que tu te tortillais langoureusement tout à l’heure, je t'ai manqué à ce point ?

La haine et la peur s’emparent de moi violemment. Autant j’arrive à faire face aux expériences de l’autre fou, autant les atteintes de Rob me sont bien plus difficiles à gérer car bien plus intimes. Je ne réponds pas à sa provocation et sers les poings en attendant la décharge. Car les raisons pour lesquelles on m’a attaché à cette table métallique, n’est pas seulement pour son aspect solide mais aussi pour sa capacité à très bien conduire l’électricité. Ce porc sait très bien ajuster la dose nécessaire à m’étourdir suffisamment de temps, pour pouvoir me détacher sans risque et m’entraver dans une position humiliante et vulnérable. Je ne suis pas docile et le serais jamais. Ce connard utilise l’électricité pour me maitriser, car une fois l’effet passé, il sait que je garde tous mes sens actifs, contrairement s’il avait employé un empoisonnement à l’aconit qui aurait noyé ses actes immondes dans un océan de douleur. Il voulait que je sente chaque contact, chaque assaut. J’avais beau me transformer, je restais emprisonné, contraint de subir.

- Tu sais que Miyavi aime ça ? Qu’on le prenne de force ?

Je sens son souffle fétide sur ma nuque j’ai envie de vomir.

- Tu sais que je n’avais pas besoin de l’attacher lui. Mais il est parti et tu es là. C’est comme s’il était revenu. Tu le remplaces à merveille. Toi aussi tu vas finir par aimer ça.

J’essaye de ne pas écouter, mais ses paroles s’immiscent dans mon esprit. Miya avait volontairement replongé dans cet univers, dans les mains de ce sale type. Je serre les dents de rage et de honte. Puis soudainement quelque chose lâche dans ma tête, comme un fusible. Une haine incommensurable intensifie le jaune de mes yeux.

- Miya je te hais !

J’hurle ma rage et ma frustration. S’il n’avait pas joué au passif, ce type ne serait pas en train de me… Je sens comme une brisure dans mon cœur, c’est pire que la rupture. Une partie de mon cœur explose. Derek m’avait dit qu’un loup pouvait devenir fou si son compagnon le trompait ou se retournait contre lui. Ce que Rob me faisait subir était à cause de Miya. L’autre porc avait perdu son jouet sexuel et s’en prenait donc à l’ex compagnon de celui-ci. A travers moi, il voulait faire souffrir Miya. Je n’étais que l’instrument de sa vengeance. Tout ça ne serait jamais arrivé si Miya n’avait pas replongé chez les chasseurs. Oui Rob avait raison, il avait aimé joué à l’esclave ! On ne peut pas replonger dans un tel univers si on n’y trouve pas finalement son compte. C’était pour cela que Miya était resté distant au retour de Boston. Ça lui manquait bordel ! Ma raison chavire, et laisse les commandes à ma fureur. Rob qui se marrait jusque-là de ma réaction recule brusquement. Mes à-coups deviennent de plus en plus violents, menaçants de rompre mes liens. Une violente décharge électrique me coupe le souffle, mon cœur s’emballe dans une fibrillation douloureuse. La lumière s’éteint me laissant dans cette position humiliante, le jean enroulé autour des chevilles.

Je tape mon front contre la table de métal. La rage me consume. J’ai au moins une satisfaction, l’autre naze n’a pas joui. Tout en martelant la table de coup de tête mon esprit se durcit. Plus jamais quelqu’un ne me touchera, je m’en fais la promesse. Scott m’avait expliqué comment il était devenu sa propre ancre après sa séparation avec Allison. Ne plus compter que sur soi-même. Le sang ruissèle sur mon visage, cette douleur m’aide à oublier celle qui me lancine entre les reins. La haine remplace petit à petit l’amour que j’éprouvais pour celui qui est la cause de ce que je subis. Je n’ai plus aucun raisonnement logique, mon ressentiment occulte tout. Plus personne ne posera la main sur moi, ne me touchera. Plus jamais ! Ma détermination se raffermit. Il fallait vraiment me pousser à bout pour que cela sorte. Pleinement transformé, je lève la tête et pousse le plus fort hurlement que je n’ai jamais poussé en tant que loup. Je ne sais pas où je suis mais là, je sais que Derek m’a entendu. C’est lui que j’appelle, je ne veux pas que Ruby me voit ainsi. J’ai bien trop honte. La lumière se rallume. Alfred. Je sens la morsure d'une aiguille, je sombre dans le néant.

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Derek Hale
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MessageSujet: Re: Trois pas dans l'ombre, deux dans la lumière [PV Mick & Chad]   Sam 6 Déc - 16:05






The power of love

Derek & Mick, Chad, Miya
Mon lien avec Chad s’était fait naturellement. Il était le premier bêta de Ruby, le premier de sa meute. Elle le considérait comme sa main droite, sa main active. J’étais sa main gauche, le conseiller. La transformation de Chad en homme-loup à Boston nous avait tous surpris. Même moi qui pourtant était un loup-né, je restais un hybride enfermé dans ma dualité mi-homme que je suis et mi-animal. C’est cette dualité qui est difficile à contrôler chez les loups garous. En se transformant, Chad avait gagné en stabilité, mais son caractère avait un peu changé aussi. Le loup et l’homme en fusionnant avaient dû lâcher certains traits propre de leur caractère incompatibles, pour ne faire plus qu’un. Les discussions que l’on avait eues prenaient tous leurs sens.

Chad était devenu plus affirmé. La part animale avait imposé ce sens de l’exclusivité qui n’était pas un souci pour l’humain qu’il était auparavant. Il était devenu jaloux, jaloux de ceux qui approchait Miya, ou Mick, même si dans ce cas-là c’était Miya qui tentait de se faire une place dans le cœur de l’humain. Je lui avais répété qu’un loup ne pouvait aimer qu’une personne à la fois. Je m’en étais bien rendu compte avec Paige. Elle serait pour moi toujours la première à avoir fait battre mon cœur. Mais maintenant celui-ci ne trouvait écho qu’auprès de Stiles.

J’avais senti la détresse de Chad deux jours après la soirée au loft. Cette vague de tristesse m’avait serré le cœur si fort que je l’avais appelé. Il venait de quitter Mick et Miya. Il refusa ma proposition d’en parler. Je n’ajoutai rien sinon un au revoir. Chad saurait bien me trouver s’il en exprimait le besoin. Je ne suis pas du genre intrusif. Entre nous pas besoin de paroles pour savoir que l’autre est disponible à tout instant. C’est ce que j’appréciais chez lui, pas besoin de se parler pour se comprendre. Chad était l’exact opposé de Stiles.

Les jours avaient passé. De mon côté j’essayai de comprendre les visions que j’avais vues par le biais de Luka et Erick en me faisant des dossiers par familles d’événements. Sans arriver à mettre le doigt dessus, je sentais bien qu’il y avait un lien entre tous ces éléments. Cependant, je n’arrivais pas à trouver le dénominateur commun, sinon la présence de loups et de chasseurs. J’étais aussi bien occupé à reconstruire une relation digne de ce nom avec Stiles. Le passage du Nogitsune avait fait des ravages.

***


Le hurlement me vrille la tête, je tombe à genoux en me serrant les tempes avec les paumes. Je suis au manoir pour voir l’état d’avancement des travaux. Lorsque le cri s’arrête, je comprends que ce ne sont pas mes oreilles qui l’on entendu. C’était directement adressé à mon cerveau. La sensation est d’autant plus choquante qu’avec ce son « muet » me parviennent tout un tas de sensations désagréables. J’ai mal de partout, mon corps me brule et me fait souffrir comme si j’avais été torturé. Je serre les dents quant à la position de certaines douleurs. Je ne reconnais que trop bien de qui émane ce hurlement de souffrance, Chad est en train de souffrir. Je me relève un peu hagard, mes sens en alerte maximale. Je n’arrive pas à déterminer l’origine du cri. Je pousse sur notre lien de meute, si je le perçois bien, ce qui est rassurant d’une part car cela signifie qu’il est encore en vie, le lien est si ténu que Chad ne peut pas être dans les environs de Beacon Hills.

J’appelle Ruby et lui demande si elle a entendu quelque chose. Elle me dit que non. J’hésite un instant. Pourquoi Chad n’aurait appelé que moi ? Je pense à Peter, puis me ravise. Ces deux-là ne peuvent pas trop se voir depuis que Chad a failli tuer mon oncle pour protéger Mick. Ruby insiste, elle sent que quelque chose cloche. C’est notre alpha et Chad a toujours cette sale manie de ne pas vouloir mêler les gens qu’il apprécie à ses problèmes. J’explique donc ce que je viens de ressentir, cet appel de détresse, le lien faible et l’impossibilité de localiser Chad. Après quelques secondes Ruby me dit qu’elle non plus n’arrive pas à localiser son bêta. Elle me dit qu’elle va contacter Mafdet, je réplique que je vais aller voir la druidesse. Pas que j’apprécie notre émissaire outre mesure, mais Chad s’est tourné vers moi pour appeler à l’aide. C’est donc à moi d’agir.

Le trajet me parait durer une éternité jusqu’à la maison de Mafdet. En d’autres circonstances, l’adresse m’aurait tiré un rictus – 666 Evil Road – Cela ne s’invente pas. Mon visage se crispe quand je remarque deux motos garées devant la maison. Je reconnais la Ninja de Mafdet et la Ducati de l’autre sentinelle, Erick. Il est décidément toujours là aux moments cruciaux. La porte s’ouvre toute seule alors que j’ai à peine levé la main pour toquer. Personne derrière… évidement. Ce que j’ai horreur de ce genre d’esbroufe ! C’est certainement pour mettre les gens mal à l’aise, me concernant, cela augmente mon agacement. Je suis très inquiet pour Chad. J’entre donc, les deux sentinelles sont dans le salon. Erick est près de la fenêtre à trois quart tourné, semblant admirer le jardin au dehors. Mafdet est installée en tailleur sur le canapé, elle me reçoit avec un grand sourire.

Quand on connait la puissance de ces deux-là, y a de quoi frissonner. Ignorant Erick, j’explique en quelques phrases brèves ce qu’il vient de se passer. Sa réponse me désarçonne.

- Je ne suis plus une sentinelle. Je ne sais donc rien de plus que ce que mes cinq sens perçoivent.

- Il est en danger de mort, Mafdet !

- Je t’ai entendu. Je te répète que moi, je ne peux pas t’aider à le retrouver. Je suis toutefois disponible pour aider à le sortir de là où il est quand tu l’auras localisé.

Son flegme attise ma colère. Comment peut-elle rester si calme alors qu’un membre de notre meute est en train de se faire torturer ? Je vais pour lui dire ma façon de penser lorsque du regard elle désigne celui qui semble être devenu bien intime avec elle si j’en crois leurs odeurs mêlées. Je regarde alors vers ce type issu d’une lointaine contré. Il ne s’est toujours pas retourné. Ils ont un problème avec les urgences ou quoi ? Je fulmine de devoir attendre son bon vouloir, mais je suis le demandeur, à sa merci. Lui faut-il autant de temps que cela pour « voir » et me dire ? Dans un effort surhumain, je me calme.

- S’il te plait Erick, as-tu une idée où je peux le trouver ?

Je ne sais pas s’il vient de terminer son scan des passés, présents et futurs, ou si c’est ma marque de politesse, mais la sentinelle se retourne enfin vers moi. Son regard d’un bleu azur me transperce. Je ne baisse pas les yeux, je ne l’ai jamais fait devant qui que ce soit et je ne vais pas commencer quel que soit la puissance de ce gars. Il semble réfléchir puis se dirige vers un sac en toile vert kaki qui est posé à même le sol non loin du canapé. Il en sort un objet brillant qu’il me tend. Je m’en saisi et regarde sans comprendre ce qui ressemble à un artéfact, une sorte de cadran. En quoi cet objet pour mystiques va m’aider à savoir où Chad est retenu ?

- Et ? Dis-je avec de l’impatience dans la voix.

- Wayne, répond Erick.

- Quoi ? Mick sait où il est ?

- Non, reprend le druide en me désignant l’objet que je tiens dans les mains.

A son regard, je comprends que je n’obtiendrais rien de plus. Je cherche de l’aide du côté de Mafdet, mais à son air interrogatif, je saisis qu’elle ne comprend pas plus que moi le manège de son compagnon. Sans un au revoir, je tourne les talons et ressors de la maison sans prendre la peine de fermer la porte derrière moi. L’autre venteux peut bien s’en charger, il a l’air d’apprécier le job de portier. Le moteur de la Camaro ronfle lorsque je démarre. Ma conduite est nerveuse et rapide, je dois à mes réflexes de loup d’éviter un accrochage. Je ne prends pas la peine de me garer convenablement au pied de l’immeuble de Mick. Lorsque je sors, une rafale de vent froid me fait frissonner. J’ai une désagréable sensation. Je force la gâche de la porte d’entrée et monte les étages quatre à quatre pour tambouriner à la porte de l’appartement de Mick. Celui-ci m’ouvre immédiatement comme s’il était juste derrière la porte. Il a la bouche ouverte comme s’il allait réprimander quelqu’un. Il suspend son geste en me reconnaissant.

- Chad a des emmerdes, dis-je en entrant en le contournant.

- Je sais, me répond-il.

- Comment ? Demandé-je sans ambages.

Mick m’explique alors qu’il vient d’avoir les visites successives de Miya qui s’inquiète que Chad semble avoir séché les cours depuis deux jours, puis d’Erick qui vient à peine de sortir pour lui dire que Chad avait besoin de son aide sans lui donner plus d’explication. Je rage, ce foutu druide m’exaspère à jouer les mystérieux alors que Chad souffre. Et comment ce type a-t-il pu être plus rapide que moi qui fait tous les excès de vitesse possible pour arriver là ?

J’explique à Mick ce que j’ai ressenti, en taisant certains détails. J’ai besoin que l’ex-petit ami de Chad garde son sang-froid. J’entends son cœur s’emballer, savoir que Chad souffre le met hors de lui. Au moins je suis fixé sur les sentiments qu’il éprouve toujours pour l’architecte. Je tourne en rond dans son salon, puis soudain mes doigts touchent ce bout de métal. Quel idiot j’avais oublié ce que m’avait donné Erick. Je sors l’objet et le montre à Mick. Il regarde l’espèce de disque de métal traversé par des courbes et des inscriptions étrange.

- Erick vient de me donner ça, il y a à peine cinq minutes, tu as une idée de ce à quoi cela peut servir.

A ma grande stupéfaction, Mick me tend alors un objet oblong qui semble fait du même métal.

- Erick vient juste de me laisser ça, me dit-il.

En examinant les deux objets, il nous devient vite évident que la partie qu’a Mick sert d’aiguille et que mon disque de métal est son cadran. Je laisse Mick assembler les deux parties qui s’emboitent parfaitement. Rien ne se passe. Dépité je regarde alternativement Mick et ce cadran muet. L’humain le retourne dans ses mains, cherchant à comprendre. Un nuage se déplace et le soleil illumine la pièce. Le médaillon que Mick porte à son cou m’aveugle. Je me décale pour ne plus être dérangé par la lumière. Son médaillon est retenu par un lien de cuir, je regarde de nouveau le cadran, il y a un trou sur la partie que Mick avait en sa possession.

- Excuse-moi, dis-je en arrachant le pendentif du cou de Mick.

Je retire le médaillon que je lui tends et prend le cadran. J’insère le lien dans l’ouverture. Tout est parfaitement calculé pour que le cadran soit à l’horizontal. Dès que je libère ce qui est devenu un pendule, le cadran se met à tourner comme une boussole, à la différence qu’il indique le sud et non le nord. Je change de position, le cadran tourne pour pointer le sud de nouveau.

- Ok, au sud, mais à quelle distance ?! Dis-je.

Mick fronce les sourcils, a-t-il vu quelque chose ? Il me saisit la main et m’avance jusqu’à une zone ensoleillée au-dessus de la table basse. Nous restons tous les deux bouche bée devant le spectacle qui s’offre à nous. Si l’objet que je tiens au bout du lien en cuir semble venir des confins du temps, l’image qu’il projette sur la table est le plus perfectionné des hologrammes que je n’ai jamais vus.

- Où est-ce demande Mick.

Mon cœur fait un bond. Je reconnais ce paysage désertique éclairé d’une lumière mordorée. J’y ai accompagné ma mère, je ne devais pas avoir guère plus que dix ans à l’époque. « Des affaires de grandes personnes » m’avait elle dit quand j’avais dû l’attendre dans un petit bar dans ce village typique du Mexique.

- La Iglesia, murmuré-je. C’est au sud d’ici, au Mexique...

Puis l’image se met à bouger, semblant suivre une route pour finir dans une petite ville. L’image s’arrête au panneau à l’entrée de la ville, puis s’éteint brusquement. Je secoue le cadran, le mets dans l’ombre et de nouveau à la lumière, mais rien n’y fait. Aucune image n’apparait. Par contre il continue à pointer obstinément vers le sud. Je regarde Mick, j’espère que cet objet va agir comme une boussole et pointer l’endroit où se trouve Chad. Mick me dit qu’il faut prévenir Miyavi en sortant son téléphone. J’acquiesce et de mon côté j’appelle Ruby. Il faut faire vite, je ne sais pas combien de temps Chad tiendra.



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MessageSujet: Re: Trois pas dans l'ombre, deux dans la lumière [PV Mick & Chad]   Sam 6 Déc - 16:12

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Trois pas dans l'ombre, deux dans la lumière [PV Mick & Chad]
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