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  Interlude [PV : Chad, Mick, Miyavi, Ruby]

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Chad Wilder

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MessageSujet: Interlude [PV : Chad, Mick, Miyavi, Ruby]   Sam 6 Déc - 17:23

Suite du RP du Mexique
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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Interlude [PV : Chad, Mick, Miyavi, Ruby]   Sam 6 Déc - 17:35





Undying love

J’avais l’impression d’être revenu en arrière. Cette chambre, dans la maison Ruby, c’est là que j’avais déjà échoué la première fois que je m’étais fait enlever. Cette fois-là j’avais servi d’appât pour Mick. J’avais été roué de coups pour entrainer Mick à faire une erreur, à se dévoiler. Les chasseurs n’avaient pas pensé qu’avec Mick, c’est tout un groupe qui était venu à ma rescousse. Miya n’avait eu qu’une idée, celle de massacrer ceux qui m’avaient fait ça, alors que Mick cherchait des réponses. Cela avait été l’occasion du premier accrochage dans notre trio. Ruby avait tenu à me garder quelques jours, le temps que je me remette.

Me revoilà donc dans cette chambre. Je n’aime pas la décoration trop portée sur le rouge. Physiquement, je vais bien. Je n’ai plus aucunes traces du massacre fait par ce scientifique fou. Psychologiquement c’est autre chose. Je sursaute à la moindre porte qui claque. Une lumière s’allume et mon cœur accélère. C’est effrayant comme des sévices répétés avec un certain rituel, peuvent vous conditionner. J’entends Ruby s’affairer dans la cuisine, elle me materne et me gave de douceurs sucrées. C’est mon alpha, c’est une femme, son emprise sur moi me rassure et me réconforte.

***

Je pense à notre retour. Derek a dû donner le change au poste frontalier à Nogales, il était d’une pâleur suspecte. Je crois qu’il s’en est sorti avec une histoire sur la nourriture Mexicaine. Nous nous étions espacés pour ne pas passer en même temps. Miya était passé le premier, après je ne l’ai pas revu. N’ayant plus aucun papier, j’ai passé la frontière, caché dans le coffre de la Camaro de Mick. Ça été difficile, surtout après ce que je venais de vivre, me retrouver dans cet espace restreint et sans lumière. Mick m’a parlé tout le temps que j’étais coincé dans son coffre. Je me suis raccroché à sa voix pour ne pas paniquer et sortir de là par la force. Par sécurité, il avait été décidé que je reste caché ainsi jusqu’à Tucson en Arizona. J’avais trouvé le temps long, Mick avait collé la climatisation à fond, et devait se geler à l’avant alors que je mourrais de chaud dans son coffre.

C’est avec un soulagement évident que j’étais sorti de là. J’avais refusé la main tendue de Mick pour m’aider à m’extirper de là, c’était encore trop tôt. Mais son regard aimant m'avait réchauffé le cœur. Depuis que je l’avais revu, je savais que ma rupture avec lui était une hérésie. Ça allait être difficile pour moi, toutefois j’avais confiance en lui. Par contre je l’avais blessé en le quittant, me pardonnerait-il un jour ? Le reste du trajet s’était fait quasiment sans un mot. Nous ne sachions ni l’un ni l’autre comment reprendre ce qui avait été saccagé, son amour que j’avais trahi en partant, ce viol qui m’avait laissé plus farouche qu’une biche.

Peter devait conduire Derek à son loft où Mafdet et peut-être Erick viendraient voir ce qu’il en était de cette blessure qui tardait à cicatriser. Ruby, Mick et moi allions dans la maison de l’alpha. Miya ayant disparu depuis la frontière.

***

Trois jours que Ruby m’engraisse comme une oie pour noël. Mick m’a ramené quelques vêtements de mon appartement. Autant je lui avais rendu sa clé, autant je n’avais pas récupéré la mienne. Acte volontaire, j’avais voulu m’éloigner de sa vie, mais tout en restant à sa disposition. Je n’avais pas réclamé la clé de mon appartement pour cette raison, pour qu’il ait un endroit où aller s’il ne pouvait rejoindre son propre appartement. Avec le recul mon raisonnement me paraissait idiot. Je voulais tout et son contraire en même temps. C’était totalement absurde. Ruby toqua à la porte.

- Chad ? Miya va venir récupérer ses affaires dans une demi-heure.

- Hein ?

Je ne comprends pas immédiatement pourquoi il fait ça. Il avait déménagé ici depuis qu’il avait basculé dans la meute de Ruby après le départ de Jaycee. Je protestai, disant que j’avais un appartement. Si mes sentiments vis-à-vis de lui étaient particulièrement violents, j’avais tout de même du respect pour lui et je ne voulais pas qu’il se retrouve sans domicile par ma faute. Ruby m’expliqua que Miya avait été catégorique.

Je tergiverse pendant de longues minutes à savoir si j’allai lui dire de rester, que c’était à moi de m’en aller et pas l’inverse, lorsque j’entends le bruit de sa moto. Le son de sa voix qui disait bonjour à Ruby, son odeur… L’amour et la haine sont deux sentiments que l’on ne calcule pas. Je me mords la joue pour ne pas émettre un grognement. Les deux autres en bas, ne l’auraient pas manqué. Cela avait été instinctif, mes griffes étaient sorties et mes yeux luisaient d’un jaune lumineux.

Un pied se pose sur la première marche de l’escalier qui monte aux chambres, j’ouvre la guillotine de la fenêtre. A la deuxième marche, celle qui grince sur le côté rambarde, je suis en équilibre sur le rebord de la fenêtre. Pause, Miya s’est arrêté de monter. Chacun écoute l’autre, les battements de son cœur, sa respiration. La tension est palpable. Ma haine contre lui irradie par tous les pores de ma peau. Toutefois une partie de moi l’aime encore. Je me sens divisé et partagé. Mais je sais que je ne suis pas prêt pour me retrouver en face de lui. C’est idiot à dire mais le canin que je suis rejette le félidé qu’il est. Cette haine ancestrale et viscérale entre nos deux espèces refait surface, impérieuse. Je ne dois qu’aux souvenirs de ce qu’on a vécu ensemble la force de sauter de la fenêtre et fuir loin dans la forêt qui entoure la demeure de Ruby. Si je reste c’est la confrontation.




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Mickael Wayne
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MessageSujet: Re: Interlude [PV : Chad, Mick, Miyavi, Ruby]   Sam 6 Déc - 17:37


Prélude à l'avenir




Je tiens le corps de Chad contre moi mais ça n’est pas pour une étreinte intime. Pour la bonne raison qu’il m’avait quitté. Pourtant il a besoin de soutien. Je continue d’être l’épaule sur laquelle il peut s’appuyer. Mes sentiments n’ont pas disparus mais ils ont été piétinés. J’avais refermé un peu la porte que je lui avais laissé ouvrir.

Je l’aide simplement à s’installer le plus confortablement possible dans le coffre de la Camaro alors que nous approchons de la frontière. Il souffre encore pour ne pas pouvoir se hisser lui-même. Ma proximité le rebute. Je laisse de côté ma frustration face à sa grande confusion, bien plus blessante.

Sur la route, je tais les souvenirs qui remontent en voyant certains paysages défiler. J’essaie quand même de parler pour occuper Chad. Il est capable de m’entendre, mais j’appréhende d’avoir une réelle discussion avec lui. Quand nous pourrons parler sereinement, j’aurais des choses à lui dire. Même si ça risquait de remettre de l’eau dans le gaz. Ou bien, j’attends qu’il soit à nouveau sur pieds.

Quand nous arrivons en Arizona, je m’arrête sur le bord de la route pour libérer Chad de sa prison. Encore. Il ne prend pas la main que je lui tends pour s’extraire du coffre. Je lui adresse un sourire pour compenser et le regarde avec douceur. Je sais qu’il est mal. Je n’ose imaginer ce qu’il a vécu. Mon ventre se tord sous le coup de mon imagination. Pour blesser quelqu’un, les limites sont souvent abstraites.

Alors qu’il est assis à mes côtés pour le reste du trajet, ma crainte d’une distance infranchissable voit le jour. Nous n’échangeons que quelques mots. Mes attentions trahissent toutefois le fait que j’éprouve encore des sentiments forts à son égard. Mais parfois, aimer ne suffit pas. Ou plus.

Quand nous approchons enfin de Beacon Hills, Ruby nous fait signe de la suivre. Je comprends son idée. Chad a besoin d’être entouré. Mais il ne peut pas être chez moi. C’est trop tôt. Je ne sais pas si, lui, l’a envisagé. Le soutien de son alpha me rassure. Elle est toujours prévenante, aimante.

Chad est épuisé alors je l’accompagne jusqu’à la chambre que Ruby m’indique. Celle-là même dans laquelle il avait passé sa convalescence après avoir été kidnappé pour la première fois. Je repense à ces derniers mois. Beaucoup de choses étaient survenues. Ça ferrait bientôt un an que j’étais arrivé en ville. À ce moment-là, j’avais la ferme intention de mettre un coup de pied dans la fourmilière, de trouver des réponses, sans faire fi des autres. Et puis, il y avait eu Chad. Chad, l’inconnu, l’ami puis l’amant. J’ai changé, mûri sans doute. J’étais devenu un instant faible mais avais su trouver la force dans un sentiment puissant. Sincère, bien que possiblement éphémère.

Je ressens une certaine nostalgie en déposant Chad, épuisé, sur le lit. Je lui souris avec tendresse alors qu’un pincement me serre le cœur. Tant de choses passent, changent. J’espère qu’il ira rapidement mieux.

Les jours suivants se ressemblent. Je lui apporte des vêtements et lui rend visite chaque jour. Il semble se remettre petit à petit. Son corps de loup guérit vite, il a perdu ses cicatrices. Mais les blessures psychologiques sont plus difficiles à effacer. J’aimerais toucher son corps, avec douceur, mais je sais qu’il refusera ce contact. Un jour peut-être. En ai-je vraiment envie ? Je crois.

Il me manque. C’est une certitude.


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Miyavi Kyomu

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MessageSujet: Re: Interlude [PV : Chad, Mick, Miyavi, Ruby]   Sam 6 Déc - 17:38

This choice could be the best, the woth or both.




Sans les éteindre, je mets mes sentiments en sourdine, je passe mon humanité sous silence afin de m’appliquer sans remords et sans hésitation à l’extermination des Berserkers. Un état de rage m’anime. Elle n’est pas alimentée par une seule source, c’est ce qui me rend si…déterminé. Je dois m’en tenir à cette rage sans chercher à la comprendre si je ne veux pas devenir fou. Ses sources ? Ma haine envers Rob qui a osé s’en prendre à celui que j’aime. Ma pitié envers tous ceux qui se dressent contre nous, ces pantins qui se jettent à corps perdus dans un combat qui les mènera à la mort. Il y a aussi le dégoût envers moi-même. Moi qui suis à l’origine de cet enlèvement vraisemblablement, moi qui me laisse happer à nouveau par l’ombre en moi, moi qui n’ai pas su me taire quand il le fallait pour garder celui que j’aime…il y a même un peu de déception envers de Ruby qui n’a pas su protéger Chad, même si je sais qu’elle n’y est pour rien. Et puis, il y a ce sentiment tout au fond de moi, celui que je veux faire taire car il n’a pas de sens, car je n’ai pas le droit de le ressentir.

J’en veux à Chad de me haïr. Je sais que ce sentiment, il le doit sans doute à Rob. Rob est incroyablement doué pour le conditionnement. Il ne paye pas de mine comme ça. Il semble vraiment stupide. Mais en vérité, c’est un véritable génie de la manipulation psychique. Il est spécialisé dans le conditionnement par la peur et la souffrance. C’est un grand fan d’Orange Mécanique… Il a su faire en sorte que Chad me considère responsable de ce qui lui arrive. Si je m’y attardais, cette situation me ferait certainement rire. J’imagine déjà Noah monter sur ses grands chevaux pour me défendre.

Quand je l’ai vu à Boston, j’ai aussitôt eu envie de vomir. Je le pensais mort. Il est, je crois, le seul à avoir ignoré la mainmise de mon beau-père, le seul à n’avoir jamais demandé la permission avant de passer pour une visite, le seul que je ne dénonçais jamais. Je passais bien trop de temps à me défaire de ses conditionnements pour penser à en parler avec mon « maître ». Shadowcat était le seul à pouvoir déstabiliser Rob.

Lorsque j’ai vu son sourire à Boston, j’ai su. J’ai espéré, j’ai prié pour que la protection de Goran soit suffisante. Goran lui-même m’avait prévenu que Noah était souvent chahuté mais que ça n’allait jamais bien loin. Mais je connaissais parfaitement bien Rob. Il y avait cette étincelle dans son regard et il avait ce sourire. Je devais agir. J’ai même senti Goran sur le qui-vive, prêt à intervenir, mais j’ai agi en premier et j’en ai subi les conséquences. Je n’ai compris que le soir même que Rob n’avait pas perdu de ses talents de manipulateurs. Que tout ce qu’il voulait, c’était moi… retrouver ses vieilles habitudes n’a pas été difficile. Dans ces moment-là, il jouait autant avec mon corps qu’avec mon esprit et même avec mon âme…Shadowcat intervenait parfois, juste pour le plaisir d’agacer Rob, je crois, mais le plus souvent, j’étais seul, et je résistais.

J’entends encore ces mots qu’il répétait sans arrêt, presque en rythme avec ses coups de butoir. Je n’ai aucun mal à l’imaginer torturer Chad de la sorte. Je sais aussi que contrairement à lui, j’ai eu un entraînement intensif et peut-être, quoique je ne vois pas pourquoi il aurait fait cela, que Shadowcat m’a soutenu en prenant parfois le relais. Je ne cesse de trouver des arguments tout à fait valables mais je suis incapable de réduire au silence cette colère au fond de moi, celle qui est dirigée envers Chad, cette partie de moi qui lui en veut de s’être laissé manipuler, de ne pas lutter… Parce que concrètement, je ne sais pas ce qui me blesse le plus. Qu’il se soit laissé conditionner ou que ce sentiment vienne peut-être de lui.

Le sang gicle. La poussière sature l’air. Ma rage n’est que plus forte. Ma pitié disparaît. Je n’utilise plus mes armes, seulement celles que ma nature de Kanima me donnent. Les crocs déchirent, les griffes arrachent, la queue broie et le bras détruit. Lorsque la dague transperce la chaire de Derek, une rage sourde nous prend tous aux tripes. Nous nous plaçons tous entre Derek et Ruby et ces démons sans âme. Nous formons une barrière offensive qui ne tarde pas à exterminer la menace.
Quand je me tourne vers la meute, j’hésite un instant mais je garde mes sentiments réduits. Je ne me sens pas capable de supporter la haine de Chad, alors je reste coupé de la meute. Le regard de Ruby me donne envie de changer d’avis, mais je résiste, comme j’ai résisté à Rob.

Nous reprenons la route. Je guide le cortège afin de ne pas me retrouver étouffé par le nuage de poussière que lèveraient les voitures. Le chemin jusqu’à la frontière me semble durer une éternité. Dès que nous la passons, je bifurque. Je fuis, lâchement. J’ai peur de rester ainsi, aussi refermé, mais je ne peux pas laisser mes sentiments remonter alors que je suis si proche de Chad. Ou peut-être n’est-ce qu’une excuse. Sans doute…Je n’ai simplement pas le courage de supporter cette haine. Alors je fuis. Je parcours un certain nombre de kilomètres sans trop savoir vers où aller. Je pense à deux personnes en particulier, mais dans les deux cas, ce ne serait pas une bonne idée. Je ne veux pas embêter Jay maintenant. Elle retrouve à peine sa meute. Et Noah…Nathan est très proche de Chad. Je ne veux pas attirer d’ennui à mon ami maître de la glace.

Cela fait déjà trois heures que suis là, assis dans un bar, à me demander vers qui me tourner pour ne pas devenir fou. A croire que dans ces heures sombres, le destin a pitié de moi puisqu’il met deux personnes que je connais bien sur ma route. Ils ne me reconnaissent pas, mais c’est plutôt normal. Je quitte la chaise haute qui me soutenait jusque-là, pour rejoindre les deux frères. Lorsque je m’installe à leur table, ils s’arrêtent soudainement de parler et me regardent avec un air étrange. Ils ont changé. Ils ont surement traversé de nombreuses épreuves, mais ils restent les mêmes. Ces expressions m’avaient même manqué en fait.

- « Alors les gars. Sur quoi vous bossez en ce moment ?

- « Excusez-nous, mais, qui êtes-vous ?

Je souris. C’est Sam qui vient de parler. Dean n’aurait pas été aussi…poli.

- « Vous feriez des parents détestables ! Même pas foutus de vous souvenirs de ce que vous avez signé!

- « Hey ! Tu as un problème ?!

- « Miyavi ?

Encore une fois, c’est Sam qui m’a reconnu. Dean me regarde avec des yeux ronds et j’affiche un grand sourire. Ils me serrent dans leur bras avant de m’inviter à m’assoir avec eux. Je leur transmets les nouvelles de Jay ainsi que les dernières nouveautés sur mon propre compte. Ils m’expliquent, en gros, les épreuves qu’ils ont surmontées de leur côté avant de me parler de l’affaire qui les a amenés ici. Une entité qui a rassemblé quelques disciples et leur donne du fil à retordre. Je hausse les sourcils en leur proposant mon aide. S’ils commencent par refuser, je parviens tout de même à les convaincre. Une paire de bras surnaturels ne se refuse pas dans ce cas et j’ai besoin de me défouler. Je passe deux jours avec eux je repars le troisième. Ils sont de bons conseils. Je ne peux pas me cacher éternellement. Je suis très bien placé pour savoir ce que Chad a vécu. Il est désormais bien placé pour comprendre ce que j’avais vécu. La fuite n’est pas la solution. Et je sais aussi que je ne peux pas avoir peur. L’important c’est qu’il puisse sortir de sa torpeur. Il doit affronter ce traumatisme et je ferais tout ce qu’il faut pour cela.

Je m’arrête en ville pour louer une chambre d’hôtel. J’en ai les moyens, pourquoi me priverais-je ? Le temps de faire une toilette puis j’appelle Ruby. Evidemment, elle refuse et essaye de me raisonner, mais elle peut sentir que je ne reviendrais pas sur ma décision et sans doute aussi, que j’ai raison. Un peu plus tard, j’arrive sur sa propriété. Je n’ai pas beaucoup d’affaires en fin de compte. La moto suffira. Je coupe le moteur et je soupire. L’odeur de Chad vient m’accueillir même si lui semble se tenir aussi éloigné de moi que les murs le lui permettent. Je sonne à la porte et suis reçu par deux bras aussi puissants que tendre. Ruby fera une excellente mère. J’aimerais rester ainsi, entouré de cette aura protectrice, toute ma vie. Elle essaye à nouveau de me convaincre et je lui souris sans même lui répondre. L’état de Chad est critique, je ferais tout pour qu’il se sente en sécurité au moins ici, autant que j’ai moi-même pu m’y sentir bien quand Jay est partie. Et je sais que popur qu’il se sente bien, je dois récupérer mes affaires. Je dois disparaître de cette maison, tout comme mon odeur ou la moindre trace de ma présence.

Ruby relâche enfin son étreinte et me laisse vaquer à la mission que je me suis donnée en venant ici. Mais alors que je pose un pied sur l’escalier, tout mon corps se fige. Je le sens, je l’entends, je vibre à sa fréquence. Il me hait. Il est perdu, mais il sait qu’il me hait. Quelques jours ont passés. Nineko n’a eu de cesse de me répéter que je devais les lui laisser pour qu’il se reprenne et qu’il laisse la haine au profit de la compréhension. Mais la haine est là, plus forte que jamais. Le dégoût la talonne, violent, implacable. Je grimpe une autre marche. Il s’apprête à fuir. Son comportement laisse entrevoir qu’au fond de lui, il se souvient de nous. Mais s’il se souvient, rien ne dit qu’il ressent toujours. Ce qui est certain en revanche, c’est que sa rage est palpable. Elle vient m’incendier jusqu’ici. Elle me brûle. Elle plonge Nineko dans un état étrange. Lui qui ne cessait de parler pour me rassurer, il se mure dans le silence. Il semble être dans un état de méditation ou de réflexion intense. Il s’éloigne de mon esprit pour se concentrer et je peux alors sentir un chatouillement du côté le plus sombre de mon âme.

Au moment où Chad pose le pied au sol, hors de la maison, je prends ma décision, j’enfile un masque qui n’est autre qu’un moi que je tais habituellement. J’endosserais le rôle qui sied à cette pièce et je le jouerais sans regret tant que l’acte final voit Chad se relever. J’ai été égoïste sur ce chantier, je ne le serais plus jamais. Alors je me lance à sa poursuite et tout compte fait, je le rattrape sans mal. Il ne devait pas s’attendre à ce que je le suive.

- « Tu fuis ? Ce n’est pas digne de toi, homme-loup.

Il s’immobilise mais je le sens prêt à reprendre la course. Il ne se retourne même pas.

- « Nan, sérieusement ? Tu ne vas quand même pas me dire que tu n’arrives pas à me regarder ?! Aller retournes-toi louloup ! Assume tes sentiments ! Ne sois pas lâche… Ah ? Le voilà, le fier-loup. Je croyais qu’il avait réussi à te rendre à l’état de petit chiot, dites-donc ! Mais non, tu es encore là, tu te caches, mais tu es là.

Il se retourne. La rage fait luire ses iris. J'aurais pu lui demander pardon. j'aurais pu me prosterner à ses pieds. mais tout ce que j'aurais réussi à faire, c'est le faire se sentir coupable. Le conditionnement ne s'efface pas aussi facilement. Je porte ma cigarette électronique à mes lèvres. Je le vois froncer du museau. Je regarde l’objet entre mes doigts.

- « Quoi? Ça? Je suis accros au geste, mais comme je sais que tu n’aimes pas l’odeur du tabac et de la salade, je suis passé à cette petite chose. Ça sent la fraise Tagada, tu aimes ?

Je hausse les épaules puisqu’il ne répond que par un grognement, puis je soupire.

-« C’est vraiment pas cool ce qui est arrivé. Je suis désolé. Rob est vraiment une brute quand il s’y met. Il a cette manie de te retourner le cerveau en plus… mais sinon, t’en as pensé quoi ?

Je connais Rob. Et j’ai l’impression de l’entendre dire tout ce que je sais qu’il a pu dire à Chad. Il a réussi à le conditionner. Soit Chad se bat contre ce conditionnement et il prend le risque de devenir fou, soit il se laisse mener et il essaye de me tuer, ou au moins il se venge sur moi. Enfin, il y a plein d’autres solutions, mais celles-ci sont les plus probables. La vengeance ne résout pas tout. C’est certain, mais elle aide parfois à se reconstruire. Rob…quoique je fasse, tu as gagné, pas vrai ? L'air nonchalant que j'adopte, n'est-il pas l'évolution de l'air blasé que cette situation pourrait me donner?

- « Il est bien loti, non ? Elle a une forme un peu bizarre, mais il sait s’en servir.


J’ai envie de vomir. Si Chad n’avait pas fait disparaître Shadowcat quelque temps plus tôt, j’aurais été incapable de réagir ainsi. J’aurais simplement été tétanisé. Aujourd’hui, il me suffit de déclencher le bon interrupteur. Je suis un pantin. J’agis pour que le publique soit satisfait. Aujourd’hui, j’en suis conscient. Aujourd’hui, je sais en jouer.

Je m’approche de Chad. Je prends des risques. Mais cela m’importe peu. Un instant, je retrouve l’amusement que pouvait ressentir Shadowcat. Et je comprends ce qu’il était, j’embrasse ce qu’il était. Il y a toujours Mick pour être gentil...Il y aura toujours Mick pour qu'il ressente l'amour...Moi, je ne suis pas fait pour cela. Je n'ai pas été élevé dans ce but...Il est peut-être temps que je l'accepte.

- « Franchement, tu en as pensé quoi ? Sa poigne…son souffle erratique, son grognement lorsqu’il jouit…

Je souris toujours. Je me souviens de chacun de ces instants. Je m’en délecte comme Shadowcat s’en délectait. J’ai ses pensées pendant un court instant, ou peut-être les ai-je toujours eu….Chad a-t-il les même ?

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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Interlude [PV : Chad, Mick, Miyavi, Ruby]   Sam 6 Déc - 17:39






On n'oublie jamais rien, on vit avec

L’épaisseur des murs ne suffit pas. Je dois mettre plus de distance entre nous. Trois jours que je tente d’oublier, de prendre du recul et voilà que sa simple présence au bas des escaliers me ramène en enfer, son enfer. Mes pieds amortissent souplement mon saut. La présence de la forêt autour de la maison de Ruby me rassure. Les arbres, les bosquets c’est mon territoire. Je m’élance et fuis cette confrontation que je refuse. Je le laisse emporter son barda si c’est ce qu’il souhaite. Je n’ai jamais demandé à ce qu’il quitte le nid protecteur que lui avait offert.

L’air fouette mon visage, cette sensation de liberté me fait du bien. Peut-être cherche-t-il à me faire culpabiliser en reprenant ses affaires. Je pense qu’il serait temps que je retourne dans mon appartement. La réaction de Miya est vraiment idiote, je n’allais pas rester à demeure chez Ruby. Me prend-t-il encore pour excuse pour s’éloigner de la meute? Car j’ai bien sentit le lien s’affaiblir. Mais cette fois-ci je ne le retiens pas, je ne cherche pas à m’accrocher au fil ténu qu’il reste avec lui. Quelque chose s’est brisé en moi.

- Tu fuis ? Ce n’est pas digne de toi, homme-loup.

La voix de Miya qui claque dans mon dos me prend par surprise, je m’immobilise. Jamais je n’aurais pensé qu’il me suivrait. Je n’avais d’ailleurs pas utilisé ma pleine vitesse. Pourquoi ? Pourquoi provoquer ce qu’il ne faut pas ? Je reste comme tétanisé espérant qu’il s’en aille si je ne me retourne pas.

- Nan, sérieusement ? Tu ne vas quand même pas me dire que tu n’arrives pas à me regarder ?! Aller retournes-toi louloup ! Assume tes sentiments ! Ne sois pas lâche… Ah ? Le voilà, le fier-loup. Je croyais qu’il avait réussi à te rendre à l’état de petit chiot, dites-donc ! Mais non, tu es encore là, tu te caches, mais tu es là.

Je n’aime pas son ton. Sans ouvrir la bouche, j’émets un grognement de menaces. Puis tout ce que j'ai sur le cœur sort, tout ce que j'ai tus pour ne pas heurter, pour ne pas blesser. Tous ce qui me brûle l'âme et me brise le cœur. On m'a trop poussé à bout et ma réserve naturelle vole en éclat.

- Depuis l’autre jour dans l’appartement de Mick, tu n’es que critiques et reproches. J’en ai assez de ta jalousie mal placée, de ton jugement sur ce que je suis devenu. Oublies-tu que tu as failli tuer Mick à Boston et moi par la même occasion. « Homme-loup !», Mais c’est à cause de toi que je suis devenu ainsi. Pour sauver Mick, James, toi et moi. J’ai pris le risque de prendre une puissance que je n’étais pas certain de canaliser. J’ai pris les rênes de Boston pour sauver tes fesses ! Et voilà ce que j'y gagne !

Je me retourne enfin pour lui faire face. Et c’est bien en homme-loup que je le regarde. Il est là, nonchalant. Il n’est pourtant pas aveugle ! Il voit bien mon état de colère ! Une odeur chimique me fait plisser le nez. Miya tient cette nouvelle connerie à la mode entre ses doigts.

- Quoi? Ça? Je suis accros au geste, mais comme je sais que tu n’aimes pas l’odeur du tabac et de la salade, je suis passé à cette petite chose. Ça sent la fraise Tagada, tu aimes ?

- Non.

J’ai à peine ouvert la bouche pour lui répondre. Je ne suis pas au mieux de moi-même pour avoir la patience de comprendre son comportement. Encore une de ses énièmes fantaisies ? Mais qu’est-ce qui m’a plus chez ce… phénomène de foire ? On dit que les contraires s’attirent, je commence à en douter. Je n’arrive pas à retrouver sur celui qui me fait face, ce qui initialement m’avait charmé. N’avais-je eu qu’un instinct protecteur envers lui que j’avais trouvé vivant comme un clochard avec sa sœur ? Amour ? Pitié ? Avais-je pu me tromper à ce point. « Un loup ne peut aimer qu’une seule personne » la voix de Derek raisonne dans ma tête.

- C’est vraiment pas cool ce qui est arrivé. Je suis désolé. Rob est vraiment une brute quand il s’y met. Il a cette manie de te retourner le cerveau en plus… mais sinon, t’en as pensé quoi ?

- Pensé quoi… Tu plaisantes ?! Ma colère monte dangereusement.

- Il est bien loti, non ? Elle a une forme un peu bizarre, mais il sait s’en servir.

Il parle de ça comme d’une expérience, d’une activité quelconque. Je secoue la tête. Je ne comprends pas l’énormité de ses propos. Ça semble si facile pour lui. On dit que les enfants battus par leurs parents, aiment malgré tout ces géniteurs bourreaux. Miya est-il de cela ? Conditionné depuis l’enfance à subir. Que suis-je donc vraiment pour lui ? Je ne reconnais pas l’homme que j’aime… que j’aimais. L’être qui se rapproche de moi, n’est qu’une monstruosité. Shadowcat ? Je doute maintenant de l’avoir vraiment brisé. Miya n’est qu’à une vingtaine de centimètres de moi lorsqu’il poursuit.

- Franchement, tu en as pensé quoi ? Sa poigne…son souffle erratique, son grognement lorsqu’il jouit…

Son sourire m’écœure. L’espace de quelques secondes, je pense qu’il agit ainsi pour me faire une sorte d’électrochoc. Cependant mes sens de loup me certifient qu’il ne joue pas la comédie. Il se régale de ce que j’ai subi. Miya vient de briser les derniers fragments qu’il restait de notre amour. Le coup part sans même que je ne le prémédite, la fureur m’aveugle trop pour que je sois réellement dangereux pour un être comme lui. Le chat est agile et était sur ses gardes. Il évite ce coup, qui finalement aurait pu être mortel. Mes griffes laissent cinq sillions rouge vif le long de son cou. A un centimètre près, je sectionnai sa carotide. Il change de position, ses gestes, ses mouvements, j’ai l’impression d’être revenu en arrière dans cet immeuble à Boston.

- Shadow…

En effet, celui que j’aimais n’est plus là. Un monstre l’a remplacé. Nous nous faisons face comme deux fauves prêts à en découdre. Quel gâchis. Malgré la haine qui m’envahi, je ne peux m’empêcher de penser que d’apparence, Miya a bien muri. Cependant, le fruit est gâté de l’intérieur. « Un loup ne peut aimer qu’une personne ». Pourquoi serions-nous trois à souffrir ? Un jour Mick m’avait dit qu’il m’apprendrait à savoir dire « non ». Je me redressai légèrement. Et pour la première fois de ma vie, j’allais la jouer égoïste, ou du moins le faire consciemment, puis que c’était un des griefs de ce chat.

- Je crois qu’on n’a vraiment plus rien en commun. Et finalement j’ai la réponse à ta maudite question. Tu avais raison de penser que je préférai Mick. Franchement qu’avons-nous en commun à part des moments partagés dans un lit ? Et puis toi qui vient jouer subitement au jaloux alors que ton comportement libertin… Tu n’es qu’un gamin qui tourne sa veste constamment au gré de ses personnalités.

Je me recule doucement et avant de disparaitre dans la forêt, je termine.

- Et passe ce message à Nineko : Tu me déçois beaucoup, car je pense que c’est de toi que j’étais tombé amoureux et non pas de l’adolescent instable ou du dingue sanguinaire qui me fait face maintenant.

***

J’avais erré plusieurs heures dans la forêt, tour à tour en larmes, puis rouge de colère. Miya m’avait poussé à bout. J’étais trop confus pour savoir si j’avais réagi au mieux. Je me sentais vide et horriblement seul. Prudemment, j’étais retourné chez Ruby. Miya était finalement parti. Pas besoin de faire un discours à la louve pour qu’elle comprenne ce qu’il s’était passé. Mick passa chacun des jours où je restais chez Ruby. Je ne savais pas s’il était au courant de mon clash avec Miya, mais je lui avais tût l’affaire. Je ne voulais plus que Mick se sente pris entre deux feux. Il avait déjà assez subi à cause de moi et Miya. Il me parlait de ses recherches avec James. C’était long et fastidieux. Je lui promis de l’aider. J’essayais de me faire moins farouche, mais c’était sans compter sur la perspicacité de Mick. Je ne savais comment lui rendre sa prévenance. Je le blessai sans le vouloir. Nos discussions informelles de tout et de rien me faisaient du bien. Je lui parlais de mes tracas administratifs entre le manoir de Derek et mes propres papiers à refaire. J’avais déjà fait opposition sur ma carte bancaire. Le Mexique m’avait pris mon portefeuille et la chaine que j’avais eue pour mes quinze ans... Les papiers ça se refait, cette chaine j’y tenais car c’était un cadeau d’Emy. Enfin je décidais de rentrer chez moi. C’étaient les mines inquiètes de Ruby et Mick qui m’encouragèrent à prendre un peu sur moi et aller de l’avant. Lundi je retournerai au campus pour refaire ma carte d’étudiant. La vie devait reprendre.

[HRP : Fini pour moi ici, je poursuis ailleurs ;p]


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Miyavi Kyomu

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MessageSujet: Re: Interlude [PV : Chad, Mick, Miyavi, Ruby]   Dim 11 Jan - 22:15

Sometimes hurting means saving



Comme prévu, il se lâche, un peu. Ses mots me font rire, même si j’ai envie de pleurer. L’évidence est là, cette évidence qu’il ne va pas tarder à nommer. Ce jour-là, à l’appartement, j’ai avoué ce que j’avais sur le cœur, ou tout du moins une partie de ce que j’avais sur le cœur, ce que je gardais depuis le début, ce qu’il n’a pas senti, ce qu’il n’a pas voulu sentir. La vérité est là, au bord de ses lèvres et de la sentir me fait comprendre que je prends la bonne décision. Je fais ce qu’il faut faire, ce que j’aurais dû faire dès le début…

- « Tu as pris ce risque pour moi ? Vraiment? Oh me voilà flatté ! Il est pour qui ce mensonge, hein? Pour moi ? Non, je n’en vaux pas la peine. Pour toi peut-être. C’est rassurant de te dire que tu as accepté pour le bien du chaton brisé. Ou peut-être pour Mick, parce qu’il te regarderait différemment s’il acceptait que tu étais prêt à me tuer. Fais donc face à la réalité. Ce rang d’alpha tu l’as accepté avant de savoir que j’étais toujours de votre côté. Tu ne l’as pas accepté pour me sauver, tu l’as accepté pour me tuer. Mais je ne t’en blâme pas. Je suis un monstre. Je le sais, toi aussi… et si ça peut te rassurer, Mick ne t’en voudrais pas non plus. Il ne peut pas t’en vouloir, tu ne peux pas lui en vouloir, vous vous aimez, c’est comme ça.

Il se retourne. Sa haine est palpable. Il fronce le nez. Je lui avoue que je suis passé à la e-cigarette pour qu’il n’ait plus à supporter cette odeur qu’il n’aimait pas. Sans être accro ni à la nicotine, ni à l’herbe – même si Nineko adore l’effet que ça a sur lui - j’ai du mal à me passer du geste. Il me permet de me concentrer, d’occuper mes mains…je pensais que c’était un bon compromis, le temps que tout s’arrange et que le besoin du geste ne se fasse plus ressentir. Mais de toute évidence, j’avais tort. Aurait-il été plus concilient sans cette haine ? Enfin, pour l’instant, il la retient encore beaucoup trop, mais je sais parfaitement comme le faire sortir de ses gonds. Je suis doué à cela. Shadowcat est un excellent professeur en cette matière. Les pensées de mon autre me traversent l’esprit. Il avait des pensées si délectables à l’époque. Elles me faisaient tenir.

La douleur n’est là que lors de l’effleurement de ses griffes, elle disparaît derrière ma joie. Enfin il se lâche. Déverse toi Chad, sors cette colère de ta tête, venges-toi, ou elle te bouffera. Je recule, je me mets sur mes gardes. Je deviens lui pour qu’il n’ait aucun scrupule à me frapper. Mais il stoppe déjà le combat et il se redresse. Non ! Non, je n’ai pas fait tout cela pour que tu repartes sans t’être défoulé. Tu dois frapper, hurler, pleurer ! Déteste-moi, nom de Dieu ! Lâche-toi P*TAIN !

Et finalement, la voilà, la vérité. Des moments partagés dans un lit… Jouer au jaloux alors que j’avais un comportement libertin…je ne suis jamais allé vers un autre. Je me suis même fait sucrer une ou deux fois une partie de mon salaire parce que je rechignais à jouer mon rôle pour les fans. J’aimerais lui hurler que je n’ai jamais demandé une relation libertine. Si j’en avais voulu une, je ne lui aurais pas demandé de sortir avec moi.

Mais peu importe, je le regarde partir sans faire le moindre geste. Je reste nonchalant, du moins en apparence parce qu’en vérité, je suis incapable de faire le plus petit mouvement. Nineko m’aide à faire taire ce qui bout en moi jusqu’à me faire sentir comme un volcan tendant à l’éruption. Il m’aide jusqu’à ce que Chad soit hors de portée. Lorsqu’il ne peut plus ni m’entendre, ni me ressentir, Nineko relâche sa prise. Je sens ses griffes relâcher mon esprit et aussi forte la douleur de ces chaînes soit elle, elle n’est rien comparé à ce qui m’assaille en cet instant. Le petit bâtonnet blanc électronique commence dangereusement à vaciller. Je suis accros au geste, au contrôle qu’il m’octroie, mais il est des moments ou même le matériel ne peut plus rien. Les tremblements ignorent le contrôle que je m’évertue de garder comme s’il ne s’agissait que d’une fourmi. Ce foutu bâtonnet glisse de mes doigts. Il s’échappe…il m’abandonne, lui aussi.

Les tremblements sont si violents que j’en ai le souffle coupé. Mes poumons ont décidés de fuir à leur tour et mes jambes suivent le mouvement en refusant de supporter une seconde de plus le poids de mon corps. Suis-je si lourd pour qu’elles me laissent chuter ainsi ? Mais même si mes propres jambes me délaissent, je ne touche pas le sol car il est une personne qui n’abandonne pas : Ruby. Cette femme est incroyable. Je suis certain que Jaycee sera une aussi bonne alpha que la belle brune qui me réceptionne et s’agenouille pour m’enlacer alors que je m’effondre mentalement autant que physiquement. Je ne peux empêcher mes larmes de me quitter, elles aussi me fuient, mais j’étouffe mes cris dans la veste de l’alpha.

Je ne saurais dire combien de temps j’ai passé à pleurer, probablement une bonne trentaine de minutes, mais je sais que si je parviens à me reprendre aussi rapidement, c’est en grande partie grâce à l’aura de la louve qui me couve. Sa voix douce mais forte brise le silence pour m’avouer qu’elle a presque tout ressenti via Chad et qu’elle s’en retrouve troublée et quelque peu perdue puisque tout ceci est en totale contradiction avec ce qu’elle a ressenti lorsque je vivais chez elle.

- Pourquoi tu l’as abordé de cette manière ? Tu t’y es pris comme l’aurait fait Shadowcat d’après ce que tu m’as dit de lui, et je ne comprends pas pourquoi.

Je me redresse en inspirant profondément. Je peux tout lui dire, tout comme avec Dray et Jay, elle m’écoutera sans subjectivité et fera de son mieux pour comprendre, ne pas juger et me calmer.

- « Parce que j’ai été élevé ainsi. Je fais ce qu’il faut faire. Si j’y avais été tout en douceur, dans le meilleur des cas, il aurait réussi à contrer sa haine et on se serait retrouvé dans une situation dont il ne peut s’extraire : lui qui aime deux personnes, Mick qui ne m’aimera jamais de cette façon et moi qui ne peut vivre une relation à trois sans être aimé des deux autres partis. Le forcer à se confronter à nouveau à cette situation alors qu’il n’est pas encore guérit du traumatisme du viol aurait été une véritable torture. Je ne veux pas lui infliger cela. Et dans le pire des cas, il n’aurait pas su faire taire sa haine et me montrer tout gentil et attentionné n’aurait fait qu’ajouter de la culpabilité à la plâtrée de sentiments qui l’anime déjà. Il ne se serait senti que plus mal. Et j’aurais pu aussi ne rien faire du tout, mais concrètement, ma simple venue chez toi pour récupérer mes affaires pouvait le faire se sentir coupable et si je viens enlever mes affaires, c’est pour qu’il se sente mieux, pas l’inverse. Alors je ne vais pas dire que je n’avais pas le choix, je l’avais et j’ai choisi de lui donner une bonne raison de me haïr, de faire en sorte qu’il ne s’en sente pas coupable. Maintenant, il a définitivement tiré un trait sur notre relation et il peut s’engager, se reconstruire et avancer avec Mick sans se poser de question. Je ne suis plus un poids pour lui désormais. Je suis plutôt content car il a même commencé à extérioriser sa colère. Je suis bien placé pour savoir que ronger son frein n’aide pas à aller mieux. J’aurais aimé qu’il se lâche plus. Il est encore dans la retenu. Il l’a toujours été, bien plus classe et sobre que je ne le serais jamais. Je voulais le provoquer plus encore pour qu’il se décharge, mais j’ai été un peu…bloqué…parce qu’il a dit.

- Qu’a-t-il dit ?

- Qu’il était tombé amoureux de Nineko et non de moi.

- Je croyais que Nineko dormait quand tu as rencontré Chad…

- C’était plus ou moins le cas. Nineko avait enfermé Shadowcat au plus profond de moi et comme je n’avais pas d’ancre vraiment viable, il devait lui-même se cloîtrer au fond de mon esprit pour que son emprise sur Shadowcat soit suffisamment puissante. Il arrivait tout juste à me conférer ses capacités. Quand Chad est devenu mon ancre, j’ai été en mesure de maintenir moi-même la cage de Shadowcat fermée ce qui a permis à Nineko de se reposer avant de ressortir. Au début, Jaycee avait vraiment peur. Après tout ce temps à garder Shadowcat, Nineko était-il vraiment…

- Elle avait peur qu’il soit devenu comme Shadowcat ?

- Oui, ou que ce soit Shadowcat qui soit sorti au lieu de Nineko.

- Mais c’était bien toi au début, n’est-ce pas ?

- Tout en conneries et en excentricité, oui.

Le silence s’installe à nouveau. Je repasse dans ma tête tous les moments qui ont vu passer les différents choix qui nous ont menés à ça. Ma mine s’assombrit et Ruby le remarque sans peine. Elle veut éclaircir la situation. Je sais qu’elle cherche un moyen d’arranger tout ceci tout en état fatalement consciente que c’est sans doute impossible.

- « Que s’est-il passé sur le chantier ? Jaycee m’a dit que vous aviez parlé mais que ça s’était mal passé.

- Au début c’était…professionnel. Nos mains se sont touchées et ça a été comme un interrupteur. Il a abordé le sujet. Mais d’une certaine façon, c’était déjà trop tard. J’ai changé, en grande partie pour lui. Ce look, je crois que s’il me convient tant aujourd’hui c’est parce que je veux être ce qu’il aime. Il voulait que je sois comme ça. Je l’ai compris dès que je suis revenu ici. Chad aurait préféré que je revienne à Beacon Hills sans Shadowcat mais en gardant son style. Il a toujours préféré la sobriété et la classe. Je l’ai su dès que je l’ai vu entrer au Jungle avec Mick.

- Tu ne peux pas lui en vouloir. Tu voulais une relation libertine. Et il m’a dit que tu l’avais poussé dans ses bras.

- Ouais, je sais. J’ai fait ce qu’il voulait. C’est comme ça que j’ai été élevé. Il voulait Mick, ça crevait les yeux. Alors j’ai… Et ce fameux désire de relation libertine….lui aussi me l'a balancé tout à l'heure...j’avais peur d’appartenir à quelqu’un. J’avais peur d’accepter mon envie de lui. Il pouvait sentir mon envie de liberté, et ma peur des entraves même psychologiques. Alors quand je lui ai demandé de sortir avec moi, j’ai voulu le prévenir. Je savais déjà que ça n’allait pas être facile, mais je voulais faire de mon mieux. Il ne m’a pas laissé le temps de parler. Il a dit qu’il comprenait, qu’une relation libertine lui allait, qu’il ne me forcerait pas. Si j’avais réellement voulu une relation libertine, je ne lui aurais pas demandé de sortir avec moi, je me serais contenté de le retrouver et de jouer avec lui, de le séduire et de partir, comme je l’ai toujours fait depuis que je me suis enfui. Je n’ai pas su le contredire. Je n’étais pas certain de pouvoir lui offrir mieux alors que j’avais déjà vécu des relations libertines. je pensais pouvoir lui offrir ça, lui offrir ce qu'il voulait, une relation de passage en attendant de trouver mieux… Mais la vérité, c’est que je n’ai jamais…sur scène je devais assurer le show. Ceci faisait partie de mon contrat et je crois que…ça me rassurait d’être lié à des obligations qui ne me convenaient pas vraiment… même si j'étais déjà trop amoureux pour accepter tout ce qu'il pouvait se passer sur scène. Je me suis pris la tête plusieurs fois avec mon producteur sur ça. La liberté, j’avais beau la clamer, elle me terrifiait… le problème, c’est que j’avais aussi peur de m’avouer la vérité : je l’aime, je l’ai aimé presque tout de suite. Mais je ne savais pas…la façon dont ils m’ont aimé, ceux qui me gardaient captif…j’avais peur d’être comme eux, alors je refusais. Je n’étais plus capable d’aller vers un autre. Mais je n’étais pas non plus capable de m’éloigner de lui. Si j’avais été moins lâche, j’aurais rompu ce soir-là, au Jungle, pour le laisser être avec Mick.

- Ne dis pas ça. Il t’aimait. Il voulait te retrouver quand tu es parti à Boston. C’est nous qui l’en avons empêché. Tu aurais préféré qu’on le laisse ?

- Non ! C’était bien trop dangereux. Leur arrivée à Mick et lui ont failli coûter la vie à Noah et Goran. Trois ans qu’ils y étaient. C’était beaucoup trop dangereux, pour eux, pour Chad et pour moi. Ça l’était d’autant plus pour Chad qu’il y avait sa meute. Et je ne regrette rien de ce que j’ai appris là-bas. Toutes ces informations que nous avons pu récupéré sur Mick et savoir qu’IL est en vie…comment pourrais-je regretter quoique ce soit en sachant cela ? Je ne regrette pas même si cela a mené à ce que Chad me déteste.

- Il t’a sauvé, il a détruit Shadowcat, il t’a ramené. Je suis certaine qu’il t’aime encore.

- Il a ramené James avant tout, mais oui, il a fait tout cela et je l’en remercie. J’ai acquis un certain contrôle mais personne ne semble avoir conscience de ce que cela m’a coûté.

Je la fixe et je la laisse voir, sentir. Elle porte sa main à ses lèvres en tremblant et me regarde avec compassion. Elle qui a été au service de Lycaon, elle sait ce que ça fait...

- « Shadowcat n’était pas un esprit malfaisant comme le nogistune. Il était une partie de moi. Je l’avais créé inconsciemment pour me protéger de moi-même. Il devenait ce que je pouvais devenir de pire tandis que je restais moi autant que possible. Ce n’était pas infaillible, je n’en restais pas moins un gosse torturé, mais j’avais un coupable. Je pouvais le blâmer lui de ces crimes, ces meurtres, ces tortures immondes. Il était le coupable, j’étais une victime. Quand Chad a détruit Shadowcat, j’ai dû faire face à la vérité. Ces meurtres, je les aurais commis de toute façon. Parce qu’on me l’ordonnait. Parce qu’on menaçait Dray et Jay si je rechignais à la tâche. Je n’avais qu’eux, et j’aurais exécuté les ordres. Je serais devenu fou s’il n’avait pas été là. Je serais devenu lui sans retour, s’il n’avait pas formé une protection pour mon esprit. Il n’était pas gentil. C’était un véritable monstre. Mais j’avais créé ce monstre parce que je n’étais qu’un gamin effrayé qui voulait protéger ses seuls amis. Ce monstre est une partie de moi et Chad ne le supporte pas. Je ne l’en blâme pas, je ne le supportais pas non plus à mon retour de Boston.

- C’est pour ça que tu ne lui en as pas parlé ?

- C’est pour cela que j’ai agis ainsi sur le chantier. Je ne pouvais pas croire ses mots. La conviction qu’il préférait Mick était ancrée au fond de moi. Moi-même, je me détestais. J’étais un monstre et j’avais été sali, souillé, encore. J’étais indigne de Chad, indigne de quiconque. Aucun mot n’aurait pu me convaincre du contraire.

- Tu espérais qu’il t’arrête ? Quand tu as fui, tu voulais qu’il te rattrape n’est-ce pas ?

- Il ne fait plus qu’un avec son loup. C’était stupide, mais au fond de moi, je voulais qu’il agisse comme tel. Je ne suis peut-être pas uni à Nineko comme il l’est avec son loup, mais je n’en suis pas moins…

- Un animal…Tu l’es sans doute plus que quiconque ici, même les loups-nés.

- Disons que mon humanité, je ne la dois qu’à ceux qui m’entourent, à leur contact. La preuve en est. Dès que je me suis éloigné, Shadowcat est revenu en force. Et maintenant qu’il n’est plus là, je redeviens simplement l’animal qu’on m’a appris à être. J’ai été élevé comme un animal et considéré comme tel par l’intégralité de mon entourage jusqu’à l’arrivée de Jay. Elle m’a éduqué mais lorsque je suis poussé dans mes retranchements, je retombe dans mes bas instincts. Je ne raisonne plus comme un humain, ou tout du moins, je ne communique plus comme tel.

C’est d’ailleurs le cas en ce moment. Je parle, mais je communique par les sens. Ceux de Ruby sont exacerbés grâce aux bébés. Elle ressent tout ce que je dis, tout ce que je ressens moi-même.

- « Pourquoi tu ne lui as pas dit que tu avais besoin de le sentir ?

- Je lui ai dit que rien de ce qu’il me disait ne pouvait me convaincre. Je n’ai pas parlé de ses actions et c’était délibéré.

- Ce n’était pas très explicite.

- Parce que s’il m’aimait vraiment, il aurait su. Malgré ce qu’il prétend, il n’aime que ma partie humaine. Cette partie que j’ai faite évoluer pour lui plaire. Elle lui plaisait mais il n’aimait pas la bête en moi. Voilà pourquoi il préfère Mick. Il n’y a pas de bête en lui. Enfin, j’imagine… et puis, même si ce qu’il dit est vrai et qu’il n’a jamais aimé que Nineko, alors on en revient au même. Il ne m’aime pas. Il ne m’a jamais aimé. Et je sais pertinemment que cette vérité, il ne l’aurait jamais avouée si j’étais venu autrement qu’ainsi…

- Donc aujourd’hui…

- Aujourd’hui, il est enfin libre. Il peut officiellement aller vers Mick sans se sentir coupable par rapport à moi. A chaque fois que je lui laissais la possibilité entre s’éloigner de moi et rester près de l’animal que je suis, il s’éloignait. Sur le chantier. Je voulais le sentir près de moi, contre moi…en moi, même s’il fallait me brusquer pour que je puisse le voir lui et non Rob…Mais il est parti. Aujourd’hui, je voulais qu’il s’énerve, qu’il me demande pourquoi j’agissais ainsi, qu’il me frappe, qu’il me viole même si ça pouvait le soulager, mais il s’est contenté d’une pauvre griffure avant d’abandonner. C’était une des nombreuses possibilités. C’est ce qu’il a choisi. Et je commence à comprendre que c’est ce qu’il a choisi depuis un bon moment…

- Il y a quelque chose que je ne comprends pas.

- Mmh ?

- A travers lui, j’ai clairement senti cette espèce de plaisir que tu ressentais en parlant de ce type qui vous a violés. Tu as vraiment aimé ça ?

Je pouffe d’un rire nerveux, presque fou. Le serais-je ? Fou ?

- « Non, bien sûr que non. J’éprouve du plaisir quand les pensées de Shadowcat en ces moments me reviennent. J’ai toujours voulu me venger de Rob mais Shadowcat avaient des idées, des plans. Une fois, il avait passé en revue tous les outils et ustensiles possibles et inimaginables pour extraire un œil de son orbite. Il en avait conclu que l’idéal était la cuillère à pamplemousse.

- Je ne regarderais plus jamais un pamplemousse de la même manière…merci…

- Erf, désolé.

- Je t’en prie. Continue.

- Ces pensées nous faisaient tenir le coup et quand elles me traversent l’esprit, je me délecte de pouvoir les mettre en pratique un jour. Je voulais provoquer Chad. Je voulais qu’il explose, qu’il extériorise sa haine parce que je sais à quel point elle peut ronger à l’intérieur.

- Pourquoi l’attirer sur toi ? Nous avons tous compris que ce porc a torturé Chad en rejetant la faute sur toi.

- Je sais, mais je sais très bien combien ce porc, comme tu le dis si bien, est doué à ce jeu. Il suffisait d’une heure ou deux à Rob pour me conditionner à repousser Jay et Dray. Il leur fallait plus d’une semaine pour me ramener à la raison et faire taire mon envie de les tuer. Il faut dire que c’était facile pour Rob, j’ai été élevé pour haïr et exterminer les lycans…Et à Boston, j’ai très vite compris que Rob n’avait rien perdu de ses talents. Il ne cessait de parler de Chad. Il devait… « effacer toutes les traces de ce beau blond » et pour cela il devait « aller au fond, tout au fond et aussi fort que possible ». Nineko, Noah et Goran se relayaient pour me répéter ma vérité et me rappeler tous les bons moments que j’ai vécu avec Chad et combien je l’aimais. Ils ont réussi à évincer la haine qui aurait pu naître en moi. Mais à mon retour, outre le fait que je me sentais indigne de lui, j’avais aussi peur d’être à nouveau « nettoyé » s’il me touchait. Chad, lui, a passé plusieurs jours à la merci de Rob sans personne pour l’aider à revenir. Et puis, pour être honnête, je ne suis pas certain que le conditionnement de Rob soit seule origine de cette haine...

A nouveau, le silence s’installe. Je n’ai jamais autant parlé depuis notre arrivée ici. Pas même avec Jay. Je la sais protectrice. Ruby est plus objective car elle protège Chad aussi.

- « Miyavi, pourquoi avoir fait tout cela ? Tu es jeune encore. Tout aurait pu être arrangé. Partir à Boston, repousser Chad… puis t’attirer sa haine. Tu n’as pas à subir tout cela. Tu n’es pas seul.

- Je fais ce qui doit être fait. Je ne connais pas d’autre façon de faire. La seule fois où j’ai agi pour moi-même et seulement pour moi, ou j’ai vraiment été égoïste, j’ai poussé Chad à nous quitter, Mick et moi.

- Miya, ne dis pas cela. Tu es quelqu’un de riche dans ton coeur. Tu as tant à offrir...

- Ruby, je ne sais pas qui je suis. Quand je suis sorti de ma prison, je suis devenu tout ce que je n’étais pas. Puis je me suis façonné pour être plus mature, plus sobre et plus classe pour plaire à un homme qui me déteste aujourd’hui. Je ne sais que très peu de de choses sur moi : mon prénom m’a été donné par ma mère, j’aime la musique, et je protègerais ceux que j’aime coûte que coûte. En dehors de cela, je n’ai qu’une information qui date sur une personne qui, peut-être, est de ma famille mais qui, probablement, n’est déjà plus de ce monde et je sais que je suis un excellent pantin.

- Miya…

- Ne t’inquiète pas. je l’ai accepté. Je fais ce qui doit être fait et je le fais bien. Ce n’est pas si mal.

- Tu sonnes comme un Capitaine de…Il t’a contacté?

- J’ai encore des affaires à régler.

- Mais lorsqu’elles seront réglées, tu vas accepter ?

- …Je devrais aller récupérer mes affaires avant qu’il revienne.

- Miyavi !

- Merci Ruby. Tu es une très bonne alpha et tu feras une mère géniale.

Je pars, je la laisse seule. Je ne sais pas encore si j'accepterais, pour l'instant, j'ai d'autres choses en tête. je retourne chez Ruby et récupère mes affaires. Mes fonds sont débloqués, je peux aller à l'hôtel, je vais y aller, même si je vais surement passer plus d'une nuit dehors...

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Interlude [PV : Chad, Mick, Miyavi, Ruby]
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