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 Looking for... [PV Dereck]

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Therence Garnet

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MessageSujet: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:21


Looking for a sign
Beacon Hill. Bourgade perdue au fin fond de la Californie, protégée par son cirque de collines...
Certains, les habitants du compté sans nul doute, s’offusqueraient probablement de ce mépris et louraient vigoureusement les mérites et les charmes de leur terre. Et c'est vrai, tu n'es pas pour autant dénuée de charme... mais pour moi, quoiqu'on en dise, tu restes une ville dérisoire, avec son unique hôpital, son unique commissariat, son unique école... rien à voir avec les villes que j'ai traversées.
Mais étrangement, des bistrots, c'est une de ces choses qu'il n'y a jamais assez, où que ce soit. De quoi me compliquer la tâche. Mais ça ou autre chose... Je suis lucide. Je sais que mon parcours ne sera pas fait de pierres lisses et de droitures.

Alors j'entre. Je survole les lieux du regard. L'odeur du tabac me prend au nez avant même les odeurs d'alcool. Ça put l'homme. Ça correspond à l'idée qui me trotte dans la tête. A l'une des idées. J'en ai beaucoup. Trop peut-être... Ça rit, ça bavarde, ça beugle un peu. En dépit des bouteilles d'alcools, c'est plutôt calme. Je cherche une place stratégique, là où j'aurais une meilleure vue de l'ensemble du bistrot. J'opte pour le comptoir.
Le barman me regarde d'un drôle d'œil. Il observe ce brun aux traits encore un peu fins assis à son comptoir, et je comprends de suite que mon âge ne lui revient pas. Alors je riposte, l'air agacé, comme un jeune adulte trop victime de ses traits encore juvéniles. J'espère qu'il n'aura pas idée de me demander une carte, je compte bien rester, et pas me contenter d'un jus de fruit. Il hésite, Je n'en démords pas, et finalement, il me demande juste ce que je souhaite. Je tente de lui expliquer la confection d'un Ricard, mais quand je vois sa mine se tordre, je mesure ma chance de ne pas avoir repassé la porte et demande simplement une bière.

Je prends quelques gorgée en lorgnant sur le gérant qui vogue ailleurs. Et bien... Les gens d'ici sont vigilent, je n'avais pas autant de mal à me procurer d'alcool en métropole. Beacon Hill, tes gens me paraissent bien introvertis. Pas du genre à cracher sur l'étranger, mais à rester méfiants et sur leurs positions.

J’humecte mes lèvres, et j'observe. Je ne suis pas venu ici pour boire, ni jouer aux fléchettes. A vrai dire, la raison de ma présence entre ses murs pourrait faire rire, étonner ou flipper, que sais-je.
Je cherche.
J'observe, et je cherche.

Je me suis rendu à l’hôpital dans l'après-midi. Je m'y suis présenté, j'ai expliqué l'objet de ma visite à l’accueil. Enfin... en partie. Bonjour, je m’appelle Therence Garnet, je souhaiterais avoir accès à un certificat de naissance. Le mien en l’occurrence, pourrait naïvement résumer mon discours. Je dois partir à la racine pour mener à bien mes investigations. Seulement voilà, la vie est un jeu vicieux. Les questions ont débutées, des questions auxquelles je ne m'étais pas préparé et auxquelles je ne comptais pas répondre.
Je ne tiens pas à passer pour un pathétique gamin à la recherche de son ascendance. Je ne tiens pas à ce qu'il apprenne non plus ma présence. Ce serait le risque de le faire fuir. Peut-être... Et moi je suis bien décidé à le trouver. Alors je me suis dérobé. Avec un sourire poli et feignant pouvoir m'arranger autrement, je me suis tiré de l'hosto.

Je me sens c*n. J'ai débarqué dans cette ville déterminé, sans besoin de plus de courage que n'en n'ai. Je n'ai pas besoin de courage pour retrouver mon géniteur. Parce que je me suis préparé à tout. Mais je me prends à me froisser d’être jugé, m'offusquer de devoir rendre des comptes. J'ai percuté un caillou avec ces foutus interrogations. Ce n'est qu'un misérable caillou, mais ça me laisse entrevoir que j'aurais à affronter des murs et que je ne suis pas aussi bien préparé que je le croyais.

Alors je me retranche ici. Discrètement mais sans pour autant me cacher, je détaille chaque présence. Parce que parmi tous, il est possible qu'il soit là.
Je scrute leurs manières. Je scrute leurs visages. Je cherche un indice. Une similitude. Je me perds dans mes propres spéculations. Dans l'hypothèse ou il m'aurait eu en étant assez jeune, il ne devrait pas avoir moins d'une trentaine d'année et demi. Je ne m'attarde donc que sur les visages les plus marqués. J'élimine les ethnies prononcées. J'essaie de capter un mot, un nom, n'importe quoi qui puisse m'aiguiller. Je cherche un signe. Sans savoir seulement s'il existe.

A une table, esseulé, un type beugles soudain des incompréhensions et ce calme. Je le reluque et grimace. Par pitié, si mon paternel doit se cacher quelque par ici, ne me dite pas que c'est un poivrot dégarnis et au visage bouffie par ses amours immodérés pour l'alcool...
J'enfile de nouvelles goulées pour chasser cette idée. Et pourtant, c'est probable, et j'en suis conscient. Je ne fonde pas énormément d'espoirs. Je ne veux pas m'attendre à un père aisé, cool, du genre à m’accueillir à bras ouvert comme le fils qu'il aura toujours souhaité connaitre. Mais tant qu'à me faire une idée de ce type, je préfère éviter celle d'un moins que rien.

Parmi les multitudes de visages que je peux lui prêter, mon père, je l'imagine comme un homme. Un vrai. Avec ses principes, ses valeurs, ses habitudes. J'ai naturellement songé qu'il serait susceptible de venir boire à la nuit tombée. Prendre un verre avec des potes. Parler sport ou économie, après une journée de travail.
Mais peut-être qu'il n'est pas un habitué des bars. Peut-être qu'il ne travaille pas. Peut-être qu'il n'est même pas dans cette p*tain de ville! Ou bien peut-être qu'il est juste là, derrière le comptoir, à essuyer son verre en se demandant encore s'il est raisonnable de m'avoir servi.

Je me masse frénétiquement le front et noie ma confusion dans la bière. Est-ce qu'il boit de la bière lui? Ou est-il plutôt Whisky?

Je me calme. Je relativise. J'essaie de penser à autre chose. Je me concentre sur la musique d'une radio surement locale qui joue en boucle, reléguant le jukebox non loin à un mobilier décoratif. Je détaille le panel de coloris et de motifs qu'offre les bouteilles qui trônent fièrement sur les étagères et reflètent de manière déformés les mines et agitations des consommateurs.  

Mes yeux quittent le spectacle hypnotisant des verreries pour juger encore les alentours et se poser sur une toison de 3 jours. Je repense à la tête du barman plus tôt et me masse la mâchoire. Peut-être que moi aussi, je devrais songer à laisser quelques poils en évidences. De quoi avoir droit à ma boisson sans rencontrer de résistance.
Je bois, et je reviens sur le mal rasé. La trentaine peut-être, une allure de bad-boy ce qu'il y a de moins commode... Une tête à la Wolverine. J'esquisse un sourire. Sérieusement, il a bien une tête de tueur. Un faciès animal... un aigle? Autre chose peut-être... Les études de physionomie de Charles le Brun me viennent à l'esprit, et mon cerveau ne voit plus un épiderme, des poils, il examine et enregistre des traits, des mouvements... des coups de crayons. Il ferait un sujet intéressant, je m'imagine déjà croquer ça dans un coin de carnet. Tout est incisif chez lui. Les angles de son visage, sa posture... son regard?

Oups. Je ricane, plus amusé que dérangé de m'être fait prendre. J'avale une gorgée supplémentaire et je préfère l'ignorer, sans pouvoir me départir d'un petit sourire railleur.

Ce type aura le mérite de m'avoir distrait.


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Derek Hale
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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:23






Looking for…

Derek & Therence
Spoiler:
 
L’atmosphère en ville était lourde d’une chaleur humide. L’air collant plaquait mon tee-shirt sur ma peau de manière désagréable. Le climat ambiant semblait vouloir approfondir mon malaise. J’étais allé courir en forêt durant toute la matinée, mais si d’ordinaire le rythme régulier de mes foulées arrivait facilement à me vider l’esprit, là je n’arrivais pas à trouver une sérénité ou du moins un calme relatif. Trop de questionnements encombraient ma tête, tournant sans répit tel un hamster dans sa roue. Cela tournait à l’obsession. L’activité physique ne suffisait plus. Quant à parler à quelqu’un, je ne voyais pas cela comme une solution potentielle. Le seul auquel j’aurais pu me confier était le centre de mes préoccupations !

D’abord il y avait eu l’annonce de sa maladie, sans aucune rémission possible, avec au bout du chemin la folie qui devait ravager celui que j’aime. Puis était venu la violence, l’explosion au poste de police, les morts, cette chasse au trésor où le pactole n’était pas moins que la vie de Stiles. Quand on avait enfin démasqué le renard qui s’était infiltré sournoisement dans son esprit, le mal était fait. Stiles était conscient lors des actes du Nogitsune et avait éprouvé avec l’esprit maléfique le même plaisir d’offrir la souffrance et avec le renard s’en était délecté. Isaac électrocuté, Scott transpercé, Kira violemment frappée, Allison… sacrifiée. Si en apparence, la vie avait repris le fil normal, les souvenirs des actes passés restait en mémoire comme gravé sur du marbre. Preuves indélébiles des méfaits passés.

Je ne sais pas ce qui est le plus dur à supporter. Entre le renferment de Stiles sur lui-même et le fait qu’il refuse de partager avec moi ses angoisses, ou… ou cette odeur que j’avais senti sur lui à sa sortie de l’établissement de soins psychiatriques. L’odeur de cette fille… comme une empreinte qui tenterait de recouvrir la mienne. Stiles n’a jamais voulu dire ce qu’il s’était passé entre elle et lui, mais on ne cache pas ce genre de chose à un loup, surtout quand celui-ci est votre compagnon. J’avais ma propre cousine qui visiblement tentait de mettre une option sur celui que j’avais revendiqué.

Le sujet était tabou entre nous. L’un comme l’autre n’osant aborder le sujet. Et pour couronner le tout, la lune rousse avait été passablement forte cette année, me cueillant comme un jeune louveteau immature. Ma maîtrise légendaire avait volé en éclat. Luka et Chad en avaient fait les frais pour ma plus grande honte.

Perdu et un peu désemparé j’errai au gré de mes pas, cherchant un exutoire substantiel à cet état qui m’emmenait de la catatonie à la fébrilité. Regardant mes pieds, je ne vis pas le type qui sortait d'un bar suivant une trajectoire légèrement chancelante du fait de son état d’ébriété.

Les effets de l’alcool, j’aurai donné cher pour avoir présentement la possibilité de m’enivrer. Je ne sais pas quelle impulsion changea la direction de mes pas. Je ne traînais plus dans les bars depuis l’incendie, depuis que je m’étais replié sur moi-même. Je n’y avais aucun intérêt. La porte tinta quand je la poussais. Qu’allais-je donc trouver ? Une bagarre ? Une poussée de testosterones? Une rencontre improbable ? Un foutu exutoire à mon état ?

Alors que mon odorat se trouva agressé par les effluves ambiants, je m’avançai vers le bar. D’un regard interrogateur, le barman sembla me questionner sur ce que je désirai. Pensif, je regardai l’alignement des bouteilles sur les étagères, autant d’espoir d’évasion pour le premier humain qui passait par là, autant de neutralité pour moi sinon des différences de goût. Et autant dire qu’un whisky, quel que soit sa marque, sans l’impact de l’alcool est tout simplement mauvais. Je lorgnai sur les consommations des gens accoudés au comptoir, un gin à ma gauche vu la couleur et l’odeur, une bière sur ma droite. L’odeur de malt m’écœura. Le barman s’impatientait pour ma latence à commander quelque chose.

- Un jus d’orange, s’il vous plait, finis-je par dire.

Le type eut l’air surpris par ma demande. Les boissons non alcoolisées devaient surtout atterrir dans les verres des gamins qui accompagnaient leur père. Le gars au gin me regarda avec un regard moqueur. Je toisais le gus en roulant légèrement des épaules. « Aller, tente moi… » Je pris mon verre et allais m’assoir du côté de la bière. Par acquis de conscience, je levai les yeux vers le propriétaire du verre. C'était un jeune qui ne devait être guerre plus vieux que Stiles, le patron de l’établissement ne semblait pas être regardant sur l’âge de ses consommateurs. Nos regards se croisèrent le temps d’une poignée de secondes. Il avait les yeux aussi sombres que les miens étaient clairs, et un air de celui qui savait que la nature l’avait particulièrement bien gâté. Je reportai mon regard sur mon verre, de la pulpe nageait à la surface. J’essayai d’en compter le nombre, de monopoliser mon attention sur une quelconque futilité.

Ne pas penser. Ne plus penser.

La lumière qui entrait par la vitrine faisait des irisations quand elle se décomposait dans le prisme de la base de mon verre. Je voyais la poussière voler dans le pinceau de lumière. Absorbé par ces détails hautement insignifiants, je n’avais pas perçu le déplacement du type au gin jusqu’à ce que sa main se posa sur mon épaule.

- Alors, tu attends ta maman ?

Il sentait le mauvais alcool, la transpiration et l’urine. Son reflet dans le miroir derrière le bar me revoyait l’image d’un pauvre type qui se croyait fort grâce à quelques biceps un peu gonflés. Mais la bouée autour de sa taille me laissait un doute sur la puissance de cette masse. Sans gestes brusque et sans le regarder j’attrapai sa main et la ramenai au niveau du comptoir. J’avais envie de cogner, mais le regard suppliant du barman me fit flancher et je me contentai de broyer la main du type qui se mit à beugler. Il tenta de se dégager avec son autre main. David contre Goliath, seulement ici David était un con et le plus fort gagne.

- Putain, lâche-moi sale connard ! Cria l’ivrogne.

Je me retournai vers lui et haussai un sourcil. La douleur l’extirpa de ses vapeurs d’alcool et un réflexe de survie s’empara de lui. Il baissa les yeux et se tut. Je relâchai la pression, le mec retourna vers son gin qu’il termina en une gorgée et sortit aussitôt. La distraction avait été de courte durée et passablement mauvaise.

Je n’avais pas encore touché à mon jus d’orange, me contentant de faire tourner mon verre sur lui-même. L’odeur des mauvais whiskys, mélangé à celle bien plus rance des poivrots du coin m’insupportai. Je tentai parmi tous ces remugles d’isoler une fragrance plus supportable. Les yeux dans le jaune de mon verre, je me concentrai. Talia, ma mère me faisait souvent faire cet exercice : décomposer les parfums, les odeurs. C’est ainsi que je me focalisai sur le parfum du gars assis à ma droite. J’isolai le malt écœurant de sa bière, me concentrant sur cette touche un peu boisée de son eau de parfum. Mais qu’est-ce que je foutai là ?!




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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:25


Tort et gnôle
Une escale dans un bistrot. Dans mon esprit, ça parait presque naturel, s'il doit trainer quelque part, c'est probablement dans ce genre de lieux. Et pourtant, à scruter ces visages inconnus, je me rends compte du ridicule de mon entreprise. Rien ne dit qu'il soit là. Rien ne dit qu'il n'est précisément pas en train de traverser la rue d'en face, alors que moi, je suis en train d'attendre c*nnement ici. Je me recentre péniblement sur la saveur amère qui coule sur ma langue. Je cherche un fantôme. Et à défaut d'avoir quoi que ce soit de concret, je me réfugie dans le fantasme. Je ne viens pas chercher un père, je viens puiser l'inspiration nécessaire à m'en matérialiser un. De toute pièce. Je ris de moi-même. C'est pathétique...  

Je ne me suis pas aperçu que ce mec à la barbe est venu s'installer de mon côté. Je l'observe, je m'évade à essayer de le deviner, à lui chercher une identité et à le croquer dans mon esprit pour pouvoir le retranscrire sur papier. Je m'amuse, comme un gamin qui s'ennuie et examine son monde pour passer le temps. Il y a un peu de ça je crois... jusqu'à ce que nos regards ce croisent, sur quoi je préfère détourner mon attention. Juste le temps de me faire oublier...
Quand je reluque à nouveau vers lui, je jette par curiosité un œil sur sa boisson. Et une drôle d'impression me fait plisser les sourcils. Non... je rêve, c'est quand même pas...

- Alors, tu attends ta maman ?

J'étouffe un rire dans mon verre. C'est plus fort que moi. Mais il faut dire que le contraste entre ce loubard et sa consommation est tel que je ne peux pas faire autrement. Ce type m'a arraché les mots de la bouche...

Du coin de l'œil, je suis leur manège. Un type dont la masse graisseuse est proportionnel à la finesse d'esprit, et... le loulou au jus d'orange manifestement blasé. Il ne cille pas, se contente d'attraper sa main, demander l'autorisation implicite au barman inquiet... Mes iris passent de l'un à l'autre des trois hommes, je pressens la menace, et progressivement l'autre se tortille et se met à braire sous les craquements que je perçois de ma place.
Holà... Je ne bouge pas, mais avec un mélange d'appréhension et d'excitation, je commence à comprendre que ça ne plaisante pas et me prépare à m'éjecter de mon tabouret si ça dégénère. Le fauteur de trouble essaie de se tirer de sa prise en vociférant, en vain. Interpelé par son tact, l'irrité à un mouvement effrayant de lenteur, l'avertis d'un haussement de sourcil significatif... et le prévenu courbe l'échine. La menace sera passé aussi vite que son envie de le taquiner d'avantage. Enfin le type se trouve libéré : il se presse jusqu'à son verre qu'il enfile d'une traite pour détaler hors le bar.

Et bien... Mes yeux décrochent de la porte qui vient de se refermer dans mon dos pour me retourner et lorgner sur le type juste à côté, une grimace admirative au visage.
Note à moi-même : ne pas sous-estimer un consommateur de jus d'orange.

Je n'ai pas le sentiment que cette petite démonstration l'ait beaucoup égayé, lui. Il a une manière de se concentrer sur sa boisson, j'en viens presque à me demander s'il n'est pas un peu saoul tout compte fait.

-Peut-être que je devrais me mettre au jus de fruit moi aussi.

Lâchais-je en scrutant mon verre presque vide levé à hauteur de mon nez. Je lui adresse un sourire mi-figue mi-raisin quand je croise à nouveau son regard. J'ai bien compris que monsieur était susceptible et pas particulièrement diplomate. Comme je n'ai pas spécialement envie de me trouver la main dans le plâtre, j'évite juste de soutenir son regard trop longtemps. Je laisse couler le silence, du moins ce qu'il est fait de musique sourde et de brouhaha fumeux, et m'adresse à nouveau à mon voisin.

-On vient jamais boire sans raison.

Même un jus d'orange. Non, on ne m'ôtera pas de la tête que cette boisson, ce n'est définitivement pas pour un type comme lui. J'essaie de garder mon sérieux, et j'attends, qu'il ouvre la bouche. C'était bien une question qui lui était adressé, et je suis absolument persuadé qu'il l'a compris. J'espère seulement qu'il ne me fera pas la peine de m'ignorer. Ça m’obligerait à redoubler d'effort à le décrocher de ses si captivantes contemplations.

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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:26






Le club des casse pied


Derek & Therence
-Peut-être que je devrais me mettre au jus de fruit moi aussi.

Je mets un temps à comprendre que c’est à moi que l’on s’adresse et à réagir. Encore un qui a un avis sur la nature de ma boisson ? Comment leur faire comprendre que je pourrais vider toutes les bouteilles qui me font face, je ne m’en tirerai qu’avec un bon ballonnement mais point d’ivresse. Le regard blasé, je me retourne vers le buveur de bière. Nos regards s’accrochent pour la seconde fois. J’allais répliquer quelque chose concernant son âge et le type de boisson qu’il avait en main quand il baissa les yeux. Je ravale ma réplique. Celui-là me semble moins suicidaire que le connard précédent.

Puisqu’il semble vouloir attirer mon attention, je ne me gêne pas pour le détailler et le scruter de la tête au pied. Plutôt bien vêtu pour un type de son âge. Il semble tendre vers le style vestimentaire de mon frère de meute, Chad, en un peu moins formel. Son visage glabre trahi sa jeunesse. Il a quoi ? Dix-sept, dix-huit ans ? Dix-neuf au grand maximum. C’est vrai qu’une certaine maturité transparait de son regard. Après, cela peut venir d’un trait de caractère et non pas d’un vécu en nombre d’année. Plutôt beau gosse, je ne peux juger du personnage sur une seule phrase.

Je me retourne vers mon verre et en bois une gorgée. Je ne réplique rien. Après tout, sa question n’était que pur rhétorique. Stiles fait tout le temps ça. Des questions qui n'en sont pas, puis des réponses qui n'ont rien à voir. Ce gars est-il du même style ? Capable de tenir une conversation en étant le seul à parler. Il semblerait, puisqu’il continue sur les banalités du genre.

-On vient jamais boire sans raison.

A-t-on vraiment besoin d’avoir une raison ? La soif en est une très pragmatique non ? Mon caractère tend à l’ignorer. Je ne suis pas un bavard et quand je discute avec quelqu’un c’est toujours sur des sujets concrets comme avec Scott ou bien Peter. Bien qu’au contact de mon oncle et maintenant de Stiles, j’ai aussi appris l’art du sarcasme. Et je pense me défendre pas mal en la matière. Je n’apprécie pas ce paradigme qui amène les gens à ce genre de phrases toutes faites pour paraitre instruit ou savant. Cette manière de dire une chose pour en demander une autre. Puis je me souvins que j’étais entré dans ce bar un peu par hasard, sans réelles intentions. A moins de trouver une... animation, quelque chose qui m'égaye un peu ? Toujours sans le regarder, je réplique.

- En effet, je bois parce que j’ai soif.

Ma réponse factuelle est à cent lieues de ce qu’il sous entendait, c’est-à-dire une raison non physiologique. Je tends mon verre vers le sien, simule le geste de trinquer et siffle le reste du jus d’orange. En fait, j’ai réellement soif ! J’en commande un deuxième au barman.

- Une bière, n’est pas le meilleur moyen pour se désaltérer. Quelle est ta raison de boire ?

Je m’étonne moi-même de ma propre question. Depuis quand je me mêle de la vie des autres ? Surtout de ceux que je ne connais pas. Ce type veut-il parler de lui ou bien fouiner ce que je suis?


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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:28


Riddle
Un loubard qui boit un jus de fruit et expédie les gêneurs d'une seule poigne, je ne peux décemment pas rester sagement à ma place. J'essaie de capter son attention, engager la conversation... entreprise qui va manifestement demander de la patience. Plus pour lui que pour moi : je suis bien décidé à lui décrocher un mot. Peut-être juste pour le plaisir de l'ennuyer. Après tout, si ce n'est pas lui, c'est moi qui m'ennuie.

Au moins la réplique sur la nature de sa boisson la piqué puisqu'il me jette un regard. Je m'occupe ailleurs, mais je le perçois du coin de l’œil, je le sens me fixer. Il m'observe... je le laisse faire. Je ne me suis pas privé, moi. Je me demande ce qu'il pense. Je ne doute pas qu'il juge mon âge, ni mon esthétisme avantageux. Mais quoi d'autre? Est-il en train de réfléchir à la manière dont il va me recadrer le nez? Non, je ne pense pas... Je suis un bon garçon, pas comme l'autre soulard de plus tôt. Il n’a aucune raison de m'en mettre une. Pour l'instant...

Il retourne à son verre qu'il boit d'une traite. Alors quoi, même pas une grimace, une petite menace? Je suis déçu. Sans doute le long regard qui m'a parcouru devait-il être pris comme une invitation à ne pas le chercher sous peine de me faire massacrer. Dommage, je crois qu'il va en falloir plus pour m'intimider.

Il à l'air perdu, à se noyer dans son orange. Si son breuvage prête à rire, l'endroit qu'il à choisi pour venir le consommer et sa mine en disent assez sur ses états d'âmes. Je lui fais remarquer, espérant une réponse.
Il continue de feindre m'entendre. Je le regarde, j'attends une réaction, je veux cette réaction! J'abdique, mes yeux poursuivent une mouche invisible, un brin dépité.

- En effet, je bois parce que j’ai soif.

Tiens! Il a parlé finalement. Pour me rembarrer avec efficacité. Il prend même la peine de conclure sa réplique par une fausse trinque et avaler son verre.
Je hoche légèrement la tête dans un rire. Il est malin. Il veut la paix et compte l'avoir. Moi, je suis résolu à lui arracher un peu plus que ça. Il reprend un jus, je vais donc avoir droit à une nouvelle chance. Je vais lui laisser un peu de répit, de quoi le laisser se relâcher et trouver une nouvelle approche. Je n'obtiendrais rien à le harceler coup sur coup...

- Une bière, n’est pas le meilleur moyen pour se désaltérer. Quelle est ta raison de boire ?

Je lui jette une œillade, étonné et moqueur. Alors Mister-Jus-d'Orange sais aussi poser des questions? Je tapote mon verre, au rythme de quelques secondes de silences. Il m'a voler ma réplique, la soif est un argument infaillible pour tout adepte du sarcasme. Mais moi qui suis plutôt habitué à jouer à ce genre de jeu, je me trouve dépourvu de réponse et à inconsciemment réfléchir aux réelles raisons de mon acte.

-Passer le temps.  Lâchais-je en finissant tranquillement mon verre.

Ce n'est pas tout à fait faux. Je suis venu chercher quelqu'un, quelque chose, mais finalement, je ne crois avoir rien trouvé de ce que je souhaitais. Alors j’attends. Je passe le temps en buvant pour conserver l'espoir ridicule qu'au bout du compte, je finirais par trouver, ou peut-être juste pour oublier que j'ai cherché en vain pour aujourd'hui. Enfin boire, c'est un bien grand mot. Je n'en suis qu'à mon premier verre. Verre désormais vide que je préfère voir remplis. J'interpelle le barman, et pour éviter toute réticence, je pose en évidence le paiement.

-Tout de même... je ne suis pas certain qu'un bistrot soit le lieu le plus désigné pour venir prendre ses vitamines.

C'est dur, très dur de ne pas rire. Je cache mon rictus dans mon verre, puis tente de reprendre mon sérieux pour reluquer son orange et la pointer du doigt.

-Avec un zeste de vodka, ça ferait un bon Screwdriver. C'est pas mauvais.

Non pas que je cherche à le faire boire, mais... Oh. Je crois que le nouveau regard que je pose sur lui, plus latent, traduit la pensée qui vient de me jaillir.
Cette belle incarnation du voyou est en pleine abstinence.

-Cela dit, la sobriété à ses avantages. suis-je forcé de reconnaitre en repensant à ce poivrot qu'il a envoyé sur les roses avec maitrise.

La bière me parait plus savoureuse qu'à mon arrivée. Je cogite, j'imagine les méfaits qu'il aurait put commettre pour se priver d'alcool. Une bagarre qui aurait mal tournée? Une petite amie victime d'un excès de colère?
Mais non vraiment, un jus dans un bistrot... ça ne colle pas.

-Un bar, ce n’est pas le meilleur endroit pour se désaltérer. lui renvoyais-je en me tournant franchement vers lui, suspicieux et tenace.

A moins qu’il soit masochiste et plus fort qu'il ne l'a montré, les vapeurs d'alcool l'auraient déjà conquis. Mais la véritable question n'est pas là. Mon rictus prend en largeur. Je suppose...

-...Une affaire de cœur?

Tans pis, je me jette à l'eau. Peut-être pas au beau milieu du bassin, mais j'espère le troubler, arriver à deviner le pourquoi du comment.

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Derek Hale
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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:29






Who are you ?

Derek & Therence
Pourquoi avais-je répondus à ce type ? Tout cela allait aboutir sur une conversation de comptoir insipide et banale. Qu’est-ce que ce type pouvait valoir ? Si je comprenais que mon verre de jus d’orange ne cadrait pas avec mon look, je me demandais ce que ce minot faisait dans ce bar. Plutôt à son avantage, était-il un de ces gigolos qui monnayent leur corps ?

- Passer le temps, répondit-il.

Avais-je deviné ? Pensait-il que je puisse être intéressé ? Je l’observe de nouveau. Si c’est bien de cela dont il retourne, sa technique d’approche est singulière, à moins qu’il ne s’adapte au client potentiel ? Il lève la main, commande une nouvelle bière. Nous y voilà, s’il pense que je vais banquer… Ah non, le jeune homme semble affirmer son indépendance et paye son verre. Puis en fait, il y a une sorte de voile sur son visage, une sorte de tristesse qu’il n’afficherait pas s’il tentait d’appâter un quelconque gus en mal de sensations charnelles.

- Tout de même... je ne suis pas certain qu'un bistrot soit le lieu le plus désigné pour venir prendre ses vitamines.

Mais c’est qu’il me cherche le loupiot. Bien qu’en le regardant mieux, je me demande quelle est notre différence d’âge. Il semble satisfait de se payer ma tête. J’hausse les sourcils. Il lui en faut peu pour s’amuser à ce compère. J’aimerai avoir son insouciance, cette légèreté. Puis il enquille avec sa science sur les cocktails possibles. Le sans-alcool semble être pour lui une preuve de faiblesse de virilité ou je me trompe ? Mais quand il sous-entend que ma sobriété provient d’un malaise dans ma vie, mon énervement prend le dessus. D’un côté il n’est pas tombé loin, d’un autre le problème est bien plus global.

-...Une affaire de cœur?

J’élude la question, le regarde avec un sourire carnassier puis échange nos verres de place. Avant qu’il ne proteste, je vide la moitié de sa bière et la repose devant moi. Le goût de malte n’est pas désagréable, bien plus plaisant que son odeur.

- Le problème n’est pas tant le lieu, mais plutôt de boire seul, tu ne trouves pas ? Et toi qu’est ce qui te fait braver la loi ? Dis-je en désignant mon verre de jus d’orange qui a pris la place de sa bière. Tu passes le temps en attendant quoi ? Que le grand amour passe la porte ? A moins que tu patientes entre deux clients ?

Je regrette mes mots à peine les avoir prononcé. Je ne doute pas que ce gars soit à mène de se défendre de mes sarcasmes, mais c’était minable et méchant de ma part. L’animal que je suis ressort dans toute sa splendeur, dans toute sa violence, même si elle n’est que verbale. Mais c’est trop tard, les dés sont lancés, je dois faire avec la donne. Je scrute mon vis-à-vis de manière prédatrice. Je ne pense plus à ce qui m’accablait, j’ai envie de savoir qui est ce mec. Pourquoi traine-t-il dans ce bouiboui.



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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:32


Bad looser
Je ne sais pas pourquoi il est ici, il n'en saura pas plus à mon sujet. La soirée semble bien partie, alors je prends un second verre, et je ne peux pas m'empêcher de renchérir. Mais c'est un peu de sa faute. Il est comme l'un de ces minables du lycée, et du collège avant eux. Ces pauvres types qui portent sur eux le ridicule et ne cherchent qu'à se faire battre... Certes. Certains diront que pour les gens de mon espèce, n'importe quel prétexte est bon pour écraser quelqu'un qui n'a pas la force de se défendre. Ils n’ont sans doute pas tort. Quoiqu'il en soit, ce type vient de donner une image de lui risible à souhait, et je ne suis pas prêt d'oublier. Bien qu'il ait bien rattrapé le change en faisant état d'une classe indéniable.
Je me ris de lui, et il affiche à nouveau ces gros yeux censés m'effrayer. Seulement, s'il avait vraiment voulu me donner une leçon, je pense qu'il ne se serait pas contenté d'un regard. Alors ça ne marche pas. J'essaie quand même de reprendre mon sérieux quand je lui suggère de rajouter une pincé d'alcool pour rendre sa boisson moins... candide. Puis je crois comprendre, et je me lance. Je veux savoir ce qu'il fout là, dussè-je m'y reprendre à plusieurs suppositions. Les raisons de venir se perdre dans un bar ne sont pas nombreuses, je vais bien finir par trouver...

Quand je suppose un chagrin d'amour, je m'attends à de la surprise, à une grimace, mais le type affiche un sourire fauve qui me laisse un désagréable sentiment, me vole mon verre, et en enfile une bonne partie. Du coup, c'est moi qui reste comme un c*n, à le regarder déposer MON verre à moitié vide devant lui, puis à baisser le nez sur son jus de fruit qui l'a remplacé. J'ai même pas eut le temps de protesté. J'y crois pas...

- Le problème n’est pas tant le lieu, mais plutôt de boire seul, tu ne trouves pas ? Une ride se forme entre mes sourcils. Il parle pour lui, ou bien... Et toi qu’est ce qui te fait braver la loi ? Un rictus insolent me revient. "braver la lois", de la bouche d'une tête de bagnard comme lui, sérieusement... Tu passes le temps en attendant quoi ? Que le grand amour passe la porte ? Je ris franchement. L'amour? Moi? Comme il est marrant. A moins que tu patientes entre deux clients ?

Deux clients?... Je plisse les sourcils, ne comprenant pas... Ooh. Si, je comprends. Et je ne sais pas trop comment je dois le prendre...

Je le fixe, conscient que l'animal vient de salement se rebiffer, et contrarié par ses humiliations. Ce n'est pas tant les mots en eux même que le contexte qui les rend si vexants. Si une belle femme d'un certain âge s'était amusé à me comparer à un gigolo, je m'en serais facilement complait. Mais de la bouche d'un mec comme lui, irrité par mes questions, c'est franchement pas aussi flatteur.
Je continu de le fixer, beaucoup moins joueur qu'auparavant, et prend de la distance en me redressant sur mon tabouret. J'ai machinalement besoin de prendre une gorgée mais me ravise en me rappelant que mon verre se trouve entre ses mains et que maintenant, par déduction, le gosse au jus d'orange, c'est moi.

Je me sens bouillir, plus que je ne veux le laisser paraitre, et plus que je ne m'y serais attendu à recevoir ces méchants petits mots. Sans le quitter des yeux, mon esprit est happer par tout ce qui ce passe autour, l'agitation jusqu'alors reléguer au flou insignifiant devient presque oppressante.
Je me sais avoir quelques airs d'amants, il n'est pas le premier à me la faire. Mais assis dans ce bistrot, je me demande si c'est aussi comme ça qu'ils me perçoivent. Ces hommes. Dont potentiellement, celui que je suis venu chercher... et ça, mon amour-propre l'accuse mal.

Ma langue glisse sur le revers de mes dents inférieures, le regard assombris. Puis je me penche vers lui, retrouvant un mauvais rictus, et lui glisse sur de faux airs de confidences.

-Pourquoi. Intéressé?

Une fraction de secondes, mes yeux se plissent sur la supposition, provoquant. Je le reluque, fronce du nez en faisant mine de juger et je hoche de la tête.

-Navré. Pas mon genre. Trop vieux. Trop sec. Trop insipide...

Je repousse le verre de jus d'orange vers lui, du bout des doigts. Mais je ne ris plus.

-Quant-à moi, je ne suis pas un désespéré.

Je ne peux retenir une grimace de dégoût. D'où me prend t-il pour un de ces misérables prêt à coucher avec le premier venu pour du fric? Mes conquêtes, je les pêches selon mes propres critères, ne m'approche pas qui veut. L'argent, je le parie, je l'accepte par amusement, mais je ne m'abaisserais jamais à en recevoir pour offrir du bon temps à un vieux salace. Et je n'ai certainement pas besoin de courir après qui que ce soit pour m'amuser, c'est les autres qui se jettent sur moi avec l'espoir que je les accepte!

Ch*er, j'ai soif. Et mon verre toujours entre ses pattes. Je le regarde, regarde MON verre, le regarde... Ma main s'élance pour essayer de le lui reprendre.


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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:32






Never surrender



Derek & Therence
Son visage marque une ombre légère montrant que mes piques ont passé sa garde. La célérité avec laquelle il reprend contenance m’indique autre chose : il a un esprit fort et combatif. Si son visage affiche une nouvelle sérénité, son regard lui est plus acéré. Il me regarde comme une proie. Est-ce mon jus d’orange qui lui laisse penser que je ne suis qu’apparence, que mon aspect extérieur n’est qu’habit de faux moine ? Ses prunelles sombres m’affrontent dans un bras de fer qu’il entend bien gagner. Je sens sa rage, ai-je touché un point sensible ? Hétéro vexé de se faire prendre pour un gay ? Ou gay vexé d’être pris pour un gars facile ? Il prend un peu de recul, se redresse, se grandit, position instinctive presque animale. Il se gonfle, cherche une parade… et la trouve.

- Pourquoi ? Intéressé ? Me demande-t-il me jaugeant comme de la marchandise. Et poursuivant sans me laisser le temps de contrer. Navré. Pas mon genre. Trop vieux. Trop sec. Trop insipide...

Il repousse vers moi mon jus d’orange. Ses mots à leur tour m’agressent et m’effleurent d’une caresse assassine. Pas son genre… soit. Je note aussi qu’un homme peut potentiellement être son genre… Trop vieux, on a quoi sept – huit ans de différence, bonjour le vieux. Ça arrive vite le « mioche ». Je serre les dents, sec et insipide ? Est-ce pour cela que Stiles semblait s’éloigner ? Mais après tout, je n’ai jamais masqué ma « personnalité », je joue très mal la comédie et qui plus est quand Stiles s’est accroché à moi, j’étais au pire de moi-même. Il savait à quoi s’en tenir sur ma personne. Je n’ai jamais prétendu être quelqu’un de facile à vivre. Je suis un loup mal léché, c’est à prendre ou à laisser. Ce trait de caractère joue en ma défaveur et me fait même souffrir. Mais qui puis-je ?!

-Quant-à moi, je ne suis pas un désespéré.

Saloperie ! Suis-je aussi transparent ? Ou n’est-ce que du bluff ? Rien ne transparait pourtant de mes émotions sinon l’intensité de mon regard qui peine à ne pas prendre une couleur bien plus lumineuse, tirant sur le bleu électrique. Nous restons là quelques secondes comme deux coqs prêts à ergoter, quand sa main s’élance vers le verre de bière que je lui ai subtilisé.

Le reste s’enchaine comme une chorégraphie prévue à l’avance. D’une main, je bloque son poignet et attire sa main près de mes lèvres. J’ai envie de le mordre. L’élan du mouvement l’a fait décoller de son tabouret, une poignée de centimètres nous séparent. La proximité m’envoie tous les signaux chimiques qu’il exalte. Je perçois une certaine crainte de sa part, mais aussi une forme d’excitation. Du coin de l’œil je vois le regard paniqué du barman qui craint pour une bagarre dans son bistro. L’inconvénient de sortir avec le fils du Sheriff de la ville… m’ordonne de temporiser.

Je range mon regard furieux et prend un sourire rassurant qui se voudrait presque charmeur. Ce n’est pas tout à fait vrai quand je dis ne pas savoir jouer la comédie. Toutes ces aventures avec Stiles et Scott m’ont appris réagir vite. Je desserre ma poigne sans pour autant le lâcher. Cependant je me dois de répondre à son effronterie. Je range l’animal, ou du moins je ne le laisse affleurer mon être. Je suis certain qu’il le perçoit, cette bête sauvage que je suis. La dangerosité latente l’électrise, il laisse échapper un frisson. D’un mouvement lent, je fais pivoter sa main, présentant l’intérieur de son poignet vers moi. Et tout en le fixant intensément, je pose mes lèvres sur cet endroit sensible, sur ses veines qui pulsent avec une nouvelle force. Ton cœur s’emballe mon gars.

- Insipide ?

Ma voix n’est qu’un murmure rauque. Il ouvre la bouche pour répliquer. Je relève la tête et dis en direction du barman :

- Deux autres bières, s’il vous plait.

Je relâche doucement mon prisonnier, finis de siffler son verre de bière et le repose en coinçant un billet pour les deux nouveaux verres qui arrivent prestement devant nous. Je perçois sa soif, il a préféré risquer reprendre son verre que se désaltérer avec mon jus d’orange. J'aime sa prise de risque. Son cœur bat une nouvelle cadence, je le perturbe dans mes réactions qui mélangent violence à peine contenue et tempérance.




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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:34


[b Eau trouble [/b]
Je me suis pointé ici avec l'idée de retrouver l'homme sans qui je ne serais pas sur cette foutu terre. De rencontrer le réceptacle informe de mes craintes et mes idéaux. Je suis venu ici pour l'attraper, et lui dévoiler mon existence, ou la lui rappeler. Je suis venu me montrer à une présence peut-être difficilement accessible, un spectre qui serait susceptible de m'échapper une fois découvert. Alors être parfaitement taillé pour être certain de le garder est pour moi d'une importance capitale.

Mais voilà, ce type m'a foutu d'aigres doutes.

Je ne suis pas faible. Je ne suis pas risible. Je veux correspondre aux exigences que je l'imagine avoir. Je ne veux pas lui faire déshonneur, pour peu qu'il en ait. Je veux le retrouver, et qu'il juge quel homme je suis. Je veux qu'il soit fier. Alors non, malgré mes tendances incertaines, je ne suis assurément pas un ridicule minet, encore moins de ceux qui monnayent. Et l'idée qu'il ne soit peut-être pas le seul à me percevoir de la sorte dans ce siège de réunion virile me met mal à l'aise.

Mais je ne compte pas me laisser abattre. Il veut jouer les malins, je reprends de la verve et renverse la donne : le plus dénaturé de nous deux n'est plus celui que l'on croit quand je laisse comprendre qu'à ce jeu, c'est lui qui donne l'air de m'avoir en vue. Je le rembarre de suite en énumérant les quelques éléments qui suffirons à ne rien vouloir d'un mec comme lui. Je ne pense pas tant ces mots par goût que par colère. Tout est bon pour se venger.
Je me sens obligé de préciser que je n'ai rien d'un de ces efféminés qui se vendent pour vivre ou trouver de l'affection. L'idée qu'il me croit sérieusement en être me répugne.

Mais l'instant d'une seconde, je crois le voir ciller. Je parlais pour moi, mais... l'optique qu'il se soit sentit concerné par le désarroi me réjouis imperceptiblement. J'en étais sûr, derrière ses airs de fauves cynique, il y a vraiment une brèche à exploité... monsieur à mal.
On se fusille réciproquement et je jurerais que ses yeux tendent réellement vers des teintes électriques. Surement un jeu de lumière qui joue en sa faveur. Même si ça renforce son agressivité, ça ne m'impressionne pas. Il m'a substitué mon verre, je cherche légitimement à le lui reprendre. Je pourrais m'en payer un autre, mais ce serait le laisser avoir gagné cette manche, ce qui est tout simplement inenvisageable.

Ma main se précipite sur mon bien que je crois atteindre quand elle se fait croquer par celle du loubard qui la dirige aussitôt sous son nez, m’entraînant avec. Je me réceptionne au bar dans un raclement de tabouret et une injure, sous les yeux alertes du barman, et je m'arrête sur ma main prisonnière et son visage, tout prêt. B*rdel, il a de la force... Mon cœur s'est affolé de cette subite attaque, je respire méchamment de me retrouver si facilement coincé. Je le soutiens du regard, revêche et incertain. J'ai cru qu'il était bien assez timbré pour me mordre quand il à mener ma main à sa bouche. Si ses haussements de sourcils me faisaient rire jusque-là, j'avoue qu'à cette distance, je mesure toute la portée de son regard... Puis il me fait mal ce c*n! Je pourrais lui en mettre une, mais les craquements discrets et le faciès tordu du soulon me reviennent en mémoire quand je tire pour essayer de me libérer, sans succès. Mon assurance s'effrite, j'imagine déjà mes doigts dans le plâtre...

...Quand son visage tout acéré se détend... dans un sourire?
Je plisse des yeux, confus. Mon sang afflue de nouveau jusqu'au bout de mes digitales quand il relâche sa prise, mais ça ne veut rien dire. Qu'est-ce qu'il prépare sous ses airs faussement aimables?
Il me tourne le bras, lentement, me regarde droit dans les yeux, se délectant sadiquement de mes incompréhensions et...

Mes yeux s'ouvrent largement. Un frisson brûlant me traverse au contact et à la vue de ses lèvres sur ma peau, me bloquant le cœur et la respiration pour une fraction de seconde. Par instinct, j'ai eu un mouvement de recul, choqué...

- Insipide ?

Je me sens pris d'un feu de honte. L'espace d'un instant, sa voix me paralyse, son regard me trouble. Le haïssable calomnieux dévoile une facette d'obscur séducteur qui me prend au dépourvu... Je me cache sous une grimace écœurée. Mais à quoi il joue?!!

Je m'apprête à lui rétorquer que son manège ne m'atteins pas, qu'il me coupe pour commander. Deux bières.
Je ne sais pas quoi penser, l'interroge du regard avec hostilité et embarras, mais comme il daigne enfin me lâcher, je récupère violemment ma main.
Je me rassois et me masse discrètement le poignet, surtout pour chasser les frissons fantômes qui y subsistent, et le reluque méchamment en train de finir mon verre pour y caler la paie des deux prochains. Je le dévisage encore, décontenancé. Je n'arrive plus à suivre, ce mec me largue complètement par ses revers imprévisibles. Est-ce qu'il est un tant soit peu sérieux, ou bien ce n'est qu'une humiliation supplémentaire?... Il à une façon de faire qui me laisse supposer que je ne suis pas le premier mec à qui il fait ce genre de cours, mais à la fois, je ne suis plus sûr de rien.
Si ce n'est que mon poignet est toujours entiers, et mon verre l'est à nouveau.

Je fais rouler mes épaules pour remettre une veste invisible à sa place. Ça me fais mal de le reconnaitre, mais ça m'a calmé. Je n’ose plus le regarder aussi franchement qu'avant et laisse couler le silence, occupé à juger mon nouveau verre sans oser le boire. Et puis il n'est pas empoisonné, et il m'a sifflé le mien! J'avale sèchement un peu de courage en fluide, au moins pour contredire l'image incommodée qu'il perçoit de ma personne, puis tapote mon verre.

-Therence.

Je lui envoie quand même un regard ferme quand je me rend compte. Qu'il n’aille surtout pas se faire de fausses idées! Le coup de la brute séductrice ne prend pas, j'irais ni lui refiler mon numéro ni lui demandé le sien! Il s'agit juste de formalités!... De quoi repartir autrement. D'une certaine façon. Même si je ne fais pas non plus ça comme si j’espérais qu'on ait une discussion plus posée, ou une discussion tout cours en fait. C'est juste manière de pouvoir finir ces verres sans avoir à se bouffer le nez. Juste une manière de repartir à égalité...
Je reprends de quoi me rafraichir, j'ai l'esprit qui surchauffe.

-... Y a au moins un point sur le lequel t'as vu juste. Le problème n’est pas tellement le lieu que de boire en solitaire. Continuais-je une fois calmé. Mais sur ce point... on est pas mieux lotis l'un que l'autre.

Je ricane, plus complice que taquin même si je ne cherche pas à dissiper le doute sur mes intentions. J'observe négligemment le verre de jus d'orange tristement délaissé en tapotant à nouveau contre ma verrerie.

-Elle aime le jus d'orange?...

Je lève juste un œil vers lui, mon interrogation presque relégué à l'état de marmonnement. Il ne m'a pas intimidé au point de m'empêcher de parler normalement! C'est juste que j'ai pris conscience d'y avoir été fort, et ça ne m'a pas réussi. Alors je m'assagis, un peu. Le temps de m'assurer que lui même ait rentré les griffes. Parce que la curiosité est un mal coriace et que j'ai malgré tout envie de savoir. Avoir la confirmation que, comme je l'imagine, il est là pour essuyer un chagrin, et si cette boisson saugrenue ne l'évoque pas un peu.


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Derek Hale
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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:35






Interrogations

Derek & Therence
Je regarde mon nouveau verre plein de cette boisson ambrée, sensée désaltérer sans trop enivrer. Las, quel que soit le degré d’alcool, mon organisme n’y est pas sensible car il se régénère au fur et à mesure. Le gars à côté de moi a parfaitement raison, on ne vient pas boire pour rien, du moins de l’alcool. Sans chercher forcément à être soul, l’homme qui vient ici recherche souvent une légère euphorie qui aide souvent à se détacher de l’ambiance morose du quotidien. Le côté désinhibiteur provoque les rencontres pour le pire comme pour le meilleur. D’ailleurs quel est l’état de mon voisin de comptoir ?

Je viens de remplacer sa bière que je lui avais soufflé, mais à combien de verre en est-il ? Je me tourne légèrement vers lui. Son halène est chargée des gorgées qu’il a déjà bues, au moins la moitié d’un verre. Son équilibre est stable et il n’est pas exagérément appuyé contre le zinc devant lui. Ce bishōnen assis à côté de moi semble en être à son premier verre. Quel sera l’influence de ce deuxième que je viens de lui offrir en signe d’apaisement ? Cela pourrait être assez drôle de le voir perdre sa maîtrise et devenir plus conciliant. Une légère ivresse permet parfois de faire remonter la vraie personnalité des gens. Et ce gars me semble avoir pas mal de choses enfouies au fond de lui. Il se maîtrise trop pour ne pas être farci de non-dits.

-Therence, dit-il coupant de longues secondes de silence.

Je me retourne de nouveau. Son regard sérieux arrive presque à me faire sourire. Ma remarque sur ses activités potentielles et par de là ses préférences semblent l’avoir mis mal à l’aise. Quelque part j’en suis content… de ne pas être le seul à mal gérer cet aspect de l’image de soi, celle qu’on veut que les autres voient et qui est souvent très différente de ce qu’on est réellement. En se présentant, je comprends qu’il accepte mon geste d’apaisement en lui repayant son verre subtilisé. Et avant que je ne lui rende la pareille il enchaîne.

-... Y a au moins un point sur le lequel t'as vu juste. Le problème n’est pas tellement le lieu que de boire en solitaire. Mais sur ce point... on n’est pas mieux lotis l'un que l'autre.

- Derek…

Je souris à sa remarque, elle laisse présager à une suite. Je ne m’attends pas à un déballage de confidences de sa part, mais visiblement je semble l’intriguer. Jusqu’où est-il prêt à aller pour satisfaire sa curiosité ? Finalement cela devient contagieux et je m’interroge sur sa présence dans ce bar.

-Elle aime le jus d'orange?...

Le sous-entendu est clair, mon curieux veut savoir si j’ai une peine de cœur. S’il ne s’agissait que de cela ! La remarque me fait sourire de nouveau. « Elle » L’image de Stiles s’affiche devant mes yeux. C’est certain qu’il n’a rien d’un « elle », hormis son penchant pour le bavardage. Puis Stiles est plutôt accro au Coca qu'au jus d'orange.

- Pourquoi ce parti prit avec ce verre de jus d’orange ? Et non « elle » n’aime pas le jus d’orange, car il n’y a pas de « elle ». Et toi, qu’attends-tu ici en solitaire au risque qu’on se méprenne sur le but de ta présence ?

Mon verre à la main, j’ai pivoté dans sa direction. Je le scrute sans m’en cacher. Qui y a-t-il derrière ce joli visage ? J’écoute son corps, analyse ses odeurs. Il respire une certaine forme de tristesse.

- Je n’ai pas l’air très heureux, mais toi non plus. Je te retourne la question. Un problème de cœur, dis-je en tapotant ma poitrine du côté du muscle cardiaque.



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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:37


...Wanna play?
L'animal ne cesse de me surprendre. Il est moins mauvais qu'il en a l'air. Capable de passer de la bestialité à une délicatesse désarmante, d'assassiner d'un regard, mais d'admettre ses torts...
Je me présente. Une façon de reconnaître qu'il m'a eu, même si je ne compte pas m'en vanter de sitôt. Cela dit, je ne voudrais pas non plus qu'il s'imagine que je suis tombé dans son piège grossier et que je cherche à approfondir notre rencontre... Il s'est quand même bien foutu de moi avec son revirement subit. Je ne m'y attendais pas.

Il à mis le doigt sur un point qui nous concerne finalement aussi bien lui que moi. Nous sommes deux paumés esseulés venu noyer chacun quelques soucis. On a eu beau se rire du malheur l'autre, on est dans la même galère.

- Derek…

Derek. J'enregistre. Je suis à la fois reconnaissant et soulagé qu'il se soit présenté. J'aurais eu le sentiment de m'être inutilement abaissé s'il s'était cantonné au silence ou au détournement.
Je sais bien que j'ai abusé, j'ai eu droit à ma leçon - qu'à défaut de porter des fruits durables, je ne suis pas prêt d'oublier - mais maintenant qu'il a accepté la trêve, je retente le coup. J'essaie de le deviner, plus subtilement, même si sous un autre ton, je ne doute pas qu'il aurait pu prendre mes remarques tenaces comme une nouvelle raillerie.

La commissure de sa lèvre se redresse. Qu'est-ce qui l'amuse?

- Pourquoi ce parti prit avec ce verre de jus d’orange ? Je hausse les épaules. "Pourquoi pas", ai-je envie de rétorquer. Il me fallait une nouvelle raison d'invoquer la cause de sa présence ici, puis ça pourrait bien expliquer ce choix qui m'intrigue toujours autant. Et non « elle » n’aime pas le jus d’orange, car il n’y a pas de « elle ».

M*rde. Il n'est décidément pas prêt de parler, et qu'est ce qu'il sous-entend? Pas de "elle" comme, "personne dans ma vie"?...

-Et toi, qu’attends-tu ici en solitaire au risque qu’on se méprenne sur le but de ta présence ?

Une lueur mauvaise lui est envoyée. Il m'agace avec ça, je croyais que c'était terminée les chicanes. Je soupire, remue légèrement pour me remettre à ma place, évitant son regard examinateur.

- Je n’ai pas l’air très heureux, mais toi non plus. Je darde sur lui une mine offensive, pincé par son affirmation. Je te retourne la question. Un problème de cœur?

Il tapote contre son torse pour illustrer la chose. Je ne sais pas pourquoi, ce geste ne m'évoque pas tellement des sentiments mignards, qu'une évocation plus martiale. J'ai l'impression qu'il comprend, même si rien ne tend à dire qu'il le puisse. Et bêtement, ça me détend.

Attendre, ici, en solitaire. Il me renvoie à mon échec d'aujourd'hui. Il me renvoie à la peur d'échouer à nouveau demain, et après-demain, et de courir toujours après un mirage. Un petit rire m'échappe. Un problème de cœur...

-Je ne sais pas. Je suppose qu'on peut dire ça comme ça.

Si le cœur est le siège des émotions et que cette recherche désespéré après mon originel est mu par quelques réelles affections, alors ça en est probablement.

Je m'oblige à fixer les bouteilles colorées devant nous pour ignorer les mauvais transports qui me guettent et afflux. J'ai les yeux qui picotent. Je prends quelques goulées pour tenter de dissoudre la boule qui prend forme dans ma gorge, je laisse l'alcool consolider mes défenses, puis je le scrute à nouveau. Ce trait de bière à mis en marche un petit moteur qui se met à tourner, tourner, tourner dans l'ombre. Je pivote lentement vers lui et le détaille avec une calme intensité. Avec défis.

-Tu aimes bien jouer. Alors nous allons faire un petit jeu.

Je prends mon temps en buvant à nouveau.

-Je pose une question... tu poses une question. Rien ne t'oblige à répondre, mais la moindre des choses alors, c'est d'offrir une compensation. Action, ou Vérité.

Je me rends bien compte que je n’obtiendrais rien de lui en m'en tenant à mes approches actuelles. Et je sens que lui aussi, a très envie de me percer à jour. Le problème, c'est qu'à jouer les attentifs, à me percer volontairement ou non de ses acuités, j'ai le sentiment qu'il bien va finir par y arriver... Et ça, je ne le permettrais pas sans avoir ma part de réponses.
Depuis nos premiers mots échangés, on se chasse l'un l'autre, sans arriver à s'attraper. Alors je nous offre un terrain cadré, qui ne permettra plus la fuite. Seulement l'honnêteté... et la ruse.

Je veux avoir ma chance à ce jeu auquel je suis maître. Je veux être certain qu'il accepte, alors j'esquisse un sourire.

-Mais tu peux toujours refuser...

... glissè-je doucement vers lui en même temps que le jus d'orange sur le comptoir.



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Derek Hale
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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:38








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Sujet sensible. L’évocation d’une préférence quant à ses goûts en matière amoureuse le froisse. Il me regarde d’un air sévère. Je lève la main en signe d’apaisement. Ce n’était pas malin de ma part d’insister sur le sujet. Mais face à ce gars, Therence, j’ai envie de ce genre de joute. Stiles a la tête ailleurs et c’est idiot à dire, nos prises de bec futiles me manquent. Ce gars joue sur un autre registre qui est cependant tout aussi redoutable. Plus subtile que Stiles, plus dans la retenue aussi, il ne me semble pas moins retord. Mais on ne se connait pas assez pour les familiarités que je me permets avec Stiles. Quand je lui retourne sa question sur un éventuel souci sentimental, sa réaction semble mitigée. Il laisse échapper un rire. Ce n’est pas de la joie, mais plus une marque désabusée.

-Je ne sais pas. Je suppose qu'on peut dire ça comme ça.

Le silence retombe entre nous, ce qui n’arrive jamais avec Stiles. Cela ne me déplait pas, j’aime ce côté un peu taciturne qui alterne entre emphase et mutisme. Alors qu’il scrute les rayonnages du bar, j’observe son profil. Cet humain serait-il un peu comme moi ? Il sait se rendre acerbe, ne met pas de mots superfétatoires dans ses phrases. sa sobriété me plait. Il semble vite s’adapter à la personne qu’il a en face de lui. Toutefois, le timbre de sa voix s’est modulé différemment quand il m’a répondu. Un souvenir douloureux qui remonte à la surface ? Je perçois son trouble et arrête de le scruter par discrétion. Quoi que pour la discrétion… avec mes sens lupins je deviens forcément intrusif d’autant plus qu’il est juste à côté de moi.

Therence se reconstruit une contenance en buvant une gorgée de sa bière. Un coup d’œil sur son verre, il est à peine entamé. L’ivresse ou une légère euphorie n’est pas pour tout de suite. Je scrute mon verre puis le miroir qui se trouve derrière les étagères de bouteille. Il s’est de nouveau retourné vers moi et me détaille de nouveau. Cela ressemble à une partie de ping-pong. Une fois l’un, une fois l’autre. Je crois que l’on doit cesser ce qui ressemble un peu à des préliminaires. Ma patience arrive à ses faibles limites. Je lui refais face. Il a un air décidé, je l’interroge muettement du regard.

-Tu aimes bien jouer. Alors nous allons faire un petit jeu.

Il vient de piquer ma curiosité et je peine à ne pas grogner ma frustration quand il reprend son verre pour boire tranquillement. Enfin, il repose sa bière et poursuit.

-Je pose une question... tu poses une question. Rien ne t'oblige à répondre, mais la moindre des choses alors, c'est d'offrir une compensation. Action, ou Vérité.

Un jeu de question. Je rejette l’idée en bloc, car cela signifierai devoir mentir. Et étrangement, je ne souhaite pas lui mentir. De toute évidence, il veut me cerner et connaitre mon incongruité. Pas que je ne veuille pas jouer, mais ce qui me préoccupe, ce que je suis, l’essence même de mon être ont rapport au surnaturel. Je ne peux mettre cet humain dans la confidence. Je ne souhaite pas le faire basculer du côté sombre de Beacon Hills. Car finalement, sans vraiment le connaitre, je le trouve sympathique.

Je ne veux pas qu’il subisse ce qu’endure les gens qui me côtoient… qui nous côtoient, nous les loups, ces paratonnerres à ennuis divers et variés et surtout mortels. Ce gars a certainement des soucis qu’il trouve profonds et sérieux pour être dans cet état de spleen. Mon monde c’est la violence avec Isaac à l’hôpital gravement brulé, c’est la mort comme cet agent de police au commissariat, c’est la folie comme celle de Stiles, c’est un fardeau trop lourd comme celui que porte Scott à vouloir sauver tout le monde. C’est le goût du remord de celui que j’aime qui à notre sang sur les mains, même si la faute en revient à l’esprit fourbe du renard. Il a ressenti du plaisir à nous blesser et il ne peut se le pardonner. Cette fuite en avant qui l’a conduit vers cette fille me laisse un goût d’amertume. Je regarde Therence dans les yeux. Je ne suis pas certain qu’il souhaiterait entendre mon histoire, s’il savait de quoi il retournait. Ma vie est un enfer depuis un certain incendie… non depuis que j’ai achevé Paige de mes mains, depuis mes 17 ans. Je secoue la tête pour décliner son offre.

- Mais tu peux toujours refuser...

- …

Ses mots associés à son geste, ce verre de jus d’orange qu’il rapproche de moi, synonyme de faiblesse… Diable qu’il est redoutable. Impossible! Il m’est impossible de me défiler. Qu’ai-je à y perdre? Au mieux il me prendra pour un menteur, au pire pour un dingue. Jamais il ne pourra accepter pour argent comptant tous ce fatras qui font ce que je suis là et qui me plombe l’esprit et le cœur.

- D’accord, dis-je doucement. Allons nous installer plus confortablement, plutôt que de rester sur ses hauts tabourets inconfortables. Je prends mon verre de bière, abandonnant le jus de fruit à son triste sort et vais m’installer dans un petit box où deux banquettes en faux cuir se font face. Therence me suit avec son verre. Il semble satisfait de mon choix, relativement loin des oreilles des autres consommateurs.

- Si par vérité, je comprends tout à fait le concept. Que sous-entends-tu par action ou compensation ?

Il a toute mon attention. J’aime comprendre parfaitement les règles d’un jeu avant de commencer à y jouer.

- Et qui commence ?

Le soir va bientôt se profiler au dehors et j’ai comme l’impression qu’on est bon pour y rester jusqu’à ce que le patron nous colle dehors dans quelques heures. Je fais un geste au barman pour qu’il nous amène des choses à grignoter.


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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:40


Let's play
Nos interrogations mutuelles restent stériles. Chacun campés sur nos positions, nous nous acharnons à garder le silence, à prédominer toujours l'autre. Mais au final, ça ne mène à rien. J'ai ma fierté, il à la sienne, il nous faut une issue à cette lutte sans aboutissement, sans qu'aucun de ne trouve rabaissé. Et je fini par trouver. Je nous offre l'occasion de nous tester mutuellement, sans tricherie ni dérobades, par le biais d'un jeu d'apparence enfantine.

Je le sens désapprobateur. L'idée de ne dire que la vérité? Après tout, dès le départ, l'un comme l'autre nous aurions pu nous mentir pour mieux nous débarrasser de ces interrogations indésirée. Mais ni lui, ni moi ne l'avons fait. Je suis pourtant d'un naturel menteur, je n'éprouve ni difficulté, ni scrupule à fabuler. Mais il à l'esprit alerte et sagace, je suis certain qu'il aurait été assez malin pour savoir, et pour se rire de ma lâcheté. Si ce n'est pas une honnête âme, je suis sûr que lui aussi a juger ma valeur telle que le mensonge n'a naturellement pas sa place dans notre joute.
Cela dit... je sais comment le faire plier. Si vraiment il refuse, je n'ose pas imaginer ce que ce type doit avoir de si honteux à cacher, et il aura à faire non pas à un interrogatoire, mais à du harcèlement. Il ne me connait pas, je peux être particulièrement tenace et cruel pour obtenir ce que je souhaite...

Je fais glisser le verre de jus d'orange vers lui pour appuyer ma permission de forfait, et je le vois ciller. Je jubile. Il a accepté.

- D’accord, déclare-t-il doucement. Allons-nous installer plus confortablement, plutôt que de rester sur ses hauts tabourets inconfortables.

Je jette un œil autour de moi et juge qu'en effet, le lieu n'est pas le mieux situé pour des confidences. Il se lève, je le suis, satisfait de son invitation à migrer. Ça veut dire qu'il mesure toute l'ampleur de notre petit jeu, et qu'il l'accepte pleinement.
J'ai un petit regard pour ce verre de jus d'orange. J'hésite à le ramener... mais n'en fait rien. Nous n'aurons plus besoin de ce moyen de pression maintenant que ce sont des règles qui vont nous orienter.

Le temps d'arriver à la table, j'observe le dos de ce type, méditatif. J'ai parfaitement conscience des enjeux que j'ai posés. L'inviter à cette partie, c'est l'obliger à se découvrir. Mais c'est aussi me dévoiler. Dans le fond, je me demande si je ne le cherche pas un peu. Pas de parler de moi à ce Derek. Mais à me donner une bonne excuse de vider un peu de ce sac trop plein, tout en me donnant l'air de parier mes capacités. Dans le fond, il y a sans doute un peu de tout ça. Je m'installe en face de lui.

- Si par vérité, je comprends tout à fait le concept. Que sous-entends-tu par action ou compensation ?

J'ouvre les bras pour illustrer un large champ, la mine évasive.

-N'importe quelle action, sans aucune restriction. Le tout est de respecter les règles, à savoir, respecter la demande de l'autre. Je pose une question, tu t'engages à dire la vérité. Tu refuses de répondre, tu acceptes de mener ton gage à bien. Évidemment, ça vaut aussi pour moi.

Je cherche à savoir s'il a quoi que ce soit à redire ou rajouter, et ne peux m'empêcher de conclure son interrogation, malin.

-C'est un jeu Derek.

Un simple jeu comme les enfants y joue dans la cours d'école. Il n'y a pas de danger, pas de piège. Enfin... Rien qui ne déroge aux règles instaurées.
Un instant je me demande s'il ne s'attendait pas à une fourberie de ma part, des compensations douteuses, quelque chose du genre...

- Et qui commence ?

Je m'adosse dans mon siège, haussant calmement le menton.

-Étant donné que tu as été le dernier à... m'interroger, je pense qu'il est légitime que je commence.

Les limites sont posées et consenties, chacun est prêt à jouer et à se mettre à table. J'oublie que je vais devoir moi aussi devoir me plier, et je me lance.

-Tu es là à cause d'histoires d'argents?

Je pourrais lui demander de me déballer la cause exacte de sa présence, mais le jeu qui débute à peine perdrait de sa saveur, et moi je passerais pour un impatient. Alors puisque je crois comprendre que l'amour n'y est pour rien, je suppose un nouveau problème. Et puis, mieux vaut y aller crescendo... je sens que je vais avoir tout le loisir de joyeusement décortiquer ce type dans les tours à venir.




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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:40






Action ou vérité.

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-N'importe quelle action, sans aucune restriction. Le tout est de respecter les règles, à savoir, respecter la demande de l'autre. Je pose une question, tu t'engages à dire la vérité. Tu refuses de répondre, tu acceptes de mener ton gage à bien. Évidemment, ça vaut aussi pour moi.

Il reste évasif quant à l’alternative à une non-réponse. Mais de quoi aurais-je peur ? Il joue aussi, donc il prend ainsi autant de risques. Je me recule et cale mon dos sur la banquette. Ce gars m’intrigue, il a le mérite de me sortir de mes noires pensées tout en essayant de me les faire avouer.

-C'est un jeu Derek.

Je ne réponds rien. En effet, cependant c’est un jeu qui se veut très subtil. J’esquisse un sourire en coin, il en fait de même. On se toise à la manière des duellistes. Le monde extérieur n'existe plus. Je crois qu’en fait l’idée me plait. Le regard de Therence se veut insondable. Cependant…

Je me focalise et me concentre, mes sens exacerbés de loup sont à leur maximum. Certains diraient que je triche, et ils auraient raison. Cependant, la vie elle-même ne joue pas fair-play, on survit plus souvent grâce à la ruse qu’à la force. J’en ai souvent fait l’amère expérience. Je lis ses réactions, sa chimie, comme je lirai un livre. Les syntaxes sont sibyllines et codées. La lecture n’est pas aisée, mais la force de l’habitude me permet d’en déchiffrer les grandes lignes.

Il a une manière de plisser les yeux qui le trahi quand il jubile ou mène je jeu. C’est imperceptible pour quelqu’un de non observateur. Les yeux, le regard, c’est souvent la seule chose que le plus parfait des menteurs a du mal à maquiller. J’ai aussi repéré qu’il se mordille la lèvre inférieure lorsqu’il est incertain ou en doute. Sa tête s'incline vers la gauche quand il se fait séducteur. J’observe et essaye de déchiffrer le langage de son corps. Un observateur extérieur pourrait se méprendre sur mes intentions tellement je suis focalisé sur lui et sa plastique avantageuse.

Je peux ainsi en apprendre beaucoup ou du moins saisir des indices sur l’état émotionnel de mon adversaire. Ce jeu s’annonce comme un duel. Et je crois que les forces en présence sont équilibrées malgré tout. Therence me fixe sans ciller. Je dois reconnaitre qu’il m’impressionne, peu de gens arrivent à soutenir mon regard. La couleur de mes yeux met mal à l’aise ou impressionne. Les gens préfèrent généralement m’observer à la dérobée. A ma question du qui commence, il me joue le numéro de la vierge outragée.

-Étant donné que tu as été le dernier à... m'interroger, je pense qu'il est légitime que je commence.

Je souris de plus belle et d’un signe de la main l’invite donc à commencer. Je m’attends à une question directe, révélant clairement tous les sous-entendus qu’il a pu émettre jusqu’à présent.

-Tu es là à cause d'histoires d'argents?

J’hausse un sourcil. Je suis étonné par son entrée en matière, puis comprends son dessein. Avec une question directe, le jeu s’arrêterait au bout de quelques échanges. Je crois que tous les deux, on a envie que la partie ne soit pas aisée. Certes l’argent peut être une raison qui pousse un homme à venir boire dans un bar.

- Non.

Ma réponse est laconique mais cependant exacte. Je n’ai pas à expliquer que l’héritage de ma famille me permet de rester sans réel emploi. J'ai répondu strictement à sa question. Il hoche la tête, acceptant ma réponse sans montrer si la concision de celle-ci l’agace. Je réfléchis, car je dois réviser ma propre question qui était plus dans le sujet qui m’intéresse à son sujet. Je veux connaitre son vrai moi, celui qui se cache derrière cette façade d’arrogance savamment calculée. J’ai le sentiment que le vrai Therence est bien plus intéressant que cette apparence de mannequin impersonnel qu’il affiche.

- La solitude te pèse-t-elle ?

Ma question cache une affirmation. Je fais le postula qu’il est seul. Je ne pense pas trop me tromper, bien qu’il y ait toujours une marge d’erreur avec mes sens. Toutefois, les gens qui vivent avec quelqu’un, portent l’odeur de cette autre personne. De la même manière que le Sheriff est présent sur Stiles, ou Melissa sur Scott, les amis « extérieurs » marquent moins qu’un proche. Therence exhale d'autres odeurs, mais aucunes ne prédominent, laissant supposer à une vie solitaire.

Qu’est ce qui ombre ton regard Therence ? Quelle est ta fracture ? Quelle est ton besoin, tes envies ? Moi qui d'habitude me moque de la vie des gens qui ne me concernent pas, je deviens curieux.




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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:42


Reflection
Moi, Derek, nos verres de bières, et un fil invisible qui nous lie par le biais de notre curiosité mutuelle. Étant donné qu'il a été le dernier à se montrer indiscret, je clame le droit d'amorcer la partie. Il accepte facilement, et je me lance.
Il cille à ma question, pas vraiment gêné, mais surpris. Je suis joueur avant tout, je veux le tester. Il a accepté le jeu, cela implique-t-il qu'il serait prêt à parler un peu? Je veux savoir, s'il se fiera strictement à mes formulations, ou s'il se laissera aller à quelques détails d'apparence anodins mais toujours révélateurs. S'il restera braqué, ou s'il laissera filtrer des mimiques traitresses.
J'ai tenté le cœur, maintenant je tente le fric. Peut-être son porte-monnaie est-il méchamment troué.

- Non.

Clair, net, concis... j'attends quelques secondes voir si j'aurais droit à une suite, mais comprend rapidement que monsieur à répondu et qu'il n'y a rien à rajouter. Un petit ricanement m'échappe. Très bien... Ce sera donc un jeu qui va s'établir sur les mots. Si je veux une réponse satisfaisante de sa part, je vais devoir brider intelligemment son champ de réponse.

Je me contente de sa réplique, après tout, même si je ne me serais pas ennuyé de quelques détails, il s'en est tenu aux règles : il a répondu et dit la vérité. Vu son indifférence totale, je ne peux que le croire.
Mais maintenant c'est mon tour. J'ai le sentiment d'avoir quand même gâché cette première approche, sa réponse était trop vive, je n'ai pas eut le temps d'apprendre ni apprécier quoique ce soit. Et désormais, c'est lui qui me scrute en marinant sa question...
Non. Ce n'est pas inutile, ça m'aura permis d'appréhender sa façon de jouer. J'attends, confiant. En apparence du moins.

- La solitude te pèse-t-elle ?

Je tique, réveillé par sa voix. Je ne m'attendais pas vraiment à ça...
Je prends une légère inspiration en m'adossant dans mon fauteuil, le jugeant, lui et son interrogation. Il est assuré. Lui n'aura pas perdu de temps à m'essayer pour se lancer déjà avec une tournure bien rodée.
Je prends mon temps, je cherche à saisir où lui pense en venir avec cette pseudo rhétorique philosophique. Je ne doute pas qu'il veuille connaître le but de ma présence ici, mais ça reste vague. Sa question me dérange. La solitude...

-Je ne suis pas seul.

Je n'aime pas ce qu'il sous-entend et fronce le nez, dédaigneux. Qu'il ne se méprenne pas, je suis souvent entouré. Il suffit que je cherche un peu pour me trouver une compagnie assez agréable pour palier à... la solitude.

Je me maudis intérieurement mais je reste calme. J'ai l'impression que sa question est un piège énorme dans lequel il attende que je m'enlise. C'est vague. Trop vague. La solitude peut renvoyer à tant de choses. Ça ME renvoie à tant de choses.
Je bois, de quoi me donner du temps pour réfléchir. Je tiens bien l'alcool -il faut au moins ça pour s'amuser des autres à leurs dépens- mes quelques excès m'ont plutôt bien rodés. L'alcool ne me rabaisse pas, il me rend plus fort. Tant que je ne franchis pas les limites que je me connais, et que je n'ai aucun intérêt à outrepasser. Alors je me ragaillardie, et repose mon verre.

-La solitude n'est pas un fardeau si tu la choisie.

Action... vérité. Après tout, aussi superflues soient mes réponses, elles restent vrais. Non?
Je le défis de me contredire. Mais je sais pourtant moi-même que j'élude sa question.

Je soutint son regard. Je ne peux pas donner de réponse. C'est trop nébuleux. Ce n'est pas une question. Il connait déjà la réponse, et à la fois, il ne connait rien.
Il veut m'obliger à parler.

Un sourire mauvais et contraint assombris mon visage. J'humecte mes lèvres à la recherche des mots justes. Je me rend compte combien cette réponse pourtant évidente, m'échappe à moi-même.

-Oui, et non.

Je le fixe, agacé, mais aussi satisfait. Il ne s'y attendait peut-être pas... moi non plus. Mais c'est surement ce qui me paraît le plus « vrai ». Oui la solitude me pèse, comme à n'importe qui, rétorquerai-je facilement. Mais pour autant, cette solitude n'est pas que solitude à mes yeux.

Je pourrais m'épancher, mais je ne lui ferais pas ce plaisir. Comme lui, je garde mes réflexions pour moi. S'il veut en savoir plus... il va lui falloir demander d'avantage.
Je me décharge d'une certaine tension en m'accoudant à la table.

-Et toi, Derek? Qu'est-ce qui peut bien manquer à ton bonheur?

J'ai peut-être étais trop gentillet tout à l'heure. J’approfondis mes recherches, je parie une absence, une félicité naturelle, mon regard le scrutant avidement à son tour.
On nous interrompt pour nous emmener un panier de nachos. Il a eu la bonne idée de commander de quoi consommer, la soirée s'annonce effectivement un brin éprouvante. Je note mentalement de débourser pour la moitié de l'encas. Si j'ai accepté son verre, c'est uniquement parce que c'était un signe de paix et qu'il s'est sifflé le mien. Puis je pioche une chips et poursuit.

-Tu l'as admis toi-même tout à l'heure. « Je n'ai pas l'air très heureux...».

Je chantonne mesquinement sa réplique. Ce « très » est ridiculement hyperbolique.

Je veux savoir ce qui l'a amené à plonger le nez dans son jus d'orange. Ce qui... contrarie son bonheur? Je revois mentalement ma formulation mais ne m'en inquiète pas. Je suis certain qu'il trouvera quelque chose à me répondre. Tout au pire... Il peut toujours se rétracter.





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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:42







Brotherhood

Derek & Therence
Un tressaillement imperceptible orne le coin de ses lèvres. Si on jouait à la bataille navale, il serait dans l’obligation d’annoncer « touché ». Mais qu’ai-je touché ? Le gros lot avec le porte avion, ou un frêle esquif ? J’attends avec avidité sa réponse. Qu'est ce qui t’émeut tant Therence ? Que cache ton regard indifférent ?

-Je ne suis pas seul.

Hey ! Il ment là. Du moins ce n’est pas cent pour cent sincère. Mais je ne peux pas lui dire : « Mes oreilles de loup me disent que tu n’es pas honnête ! » Je râle intérieurement, condamné à le laisser jouer un faux jeu alors que…

-La solitude n'est pas un fardeau si tu la choisis.

Ah ! Il complète sa réponse. J’ai dû froncer les sourcils et il a dû s’apercevoir que sa réponse ne me convenait pas en l’état. Choisir la solitude, c’est quelque chose que je connais bien. Mais de là à dire que s’en devient plus un fardeau… Dans de rares exceptions cela peut devenir un soulagement, l’être humain est un animal social et non un solitaire. Toutefois, je veux bien concéder que le fardeau s’allège parfois lorsqu’on s’isole des autres. Pour mieux nous étouffer ensuite, car ce n’est que temporaire… Je n’arrive pas à définir s’il me balance une généralité ou s’il fait référence à lui-même.

-Oui, et non.

Là, son cœur ne faiblit pas. Sa voix est différente, plus grave, plus profonde. Il en devient presque troublant. Sa réponse est ambivalente, mais elle correspond à son état d’esprit. Il parlait donc bien de lui. Mais d’un autre côté, posez la même question aux autres personnes présentes dans ce bistrot, je suis certain qu’on obtiendra la même réponse assez souvent. La solitude permet aussi de fuir… J’analyse encore sa réponse que le round suivant arrive dans la foulée. Therence se prête au jeu, s’y plonge d’une manière exaltée. Il a lâché son verre, lâché l’apparence. Il s’accoude à la table et me fait face. J’aime cette lueur de défi dans ses yeux. Il n’a pas d’intention malsaine, du moins je le pense. Je l’intrigue et il se donne les moyens d’en savoir plus.

-Et toi, Derek? Qu'est-ce qui peut bien manquer à ton bonheur?

Je hausse un peu les sourcils, puis souris doucement. Que disent généralement les gens à cela ? De l’argent pour faciliter le quotidien, une famille, quelqu’un qui nous aime, quelqu’un à aimer, un travail intéressant. Qu’est-ce qui donne réellement le bonheur d’ailleurs ? Ce que je viens de citer ? Je n’ai pas de soucis d’argent, il me reste un peu de famille même si celle-ci a été considérablement réduite. J’ai quelqu’un qui m’aime, enfin je crois, même deux si je compte Paige. J’aime en retour ces personnes, l’un d’un amour absolu, mon compagnon. Qu’est ce qui me manque ?

-Tu l'as admis toi-même tout à l'heure. « Je n'ai pas l'air très heureux...».

Le ton qu’il emploie m’énerve et m’agace. J’ai envie de remettre ce morveux à sa place, de le soulever en attrapant son tee-shirt, mais je ferai son jeu. De la même manière que j’attends qu’il s’enivre, il tente de me déstabiliser. Autant le degré d’alcool de sa bière ne semble pas suffisant pour lui donner une légère euphorie, autant je me calme immédiatement. Je garde un air impassible. Je n’ai pas vraiment à me forcer pour cela. J’ai aisément l’air hermétique. Le grand méchant loup comme me taquine souvent Stiles. Mais Therence marque un point en me paraphrasant. Oui, je n’ai pas la tête d’un mec heureux. Que me manque-t-il ? La question est simple et complexe à la fois. Mon regard s’égare sur la table et la collation que nous a apporté le barman. Je prends le temps d’examiner cette question, de la soupeser.

Qu’est-ce qui me manque ? Quel élément ferait que cela change ? On pourrait tout aussi bien considérer la question antonyme. Qu’est qui va mal ? Et là, la réponse est plus aisée : tout ! Est-ce qu’une seule chose pouvait tout changer et me rendre enfin heureux. Non. Je levai les yeux sur Therence, bien embêté pour lui donner une réponse satisfaisante. Je n’avais pas l’intention de me défiler, mais je n’avais pas non plus l’envie de me lancer dans une rhétorique foireuse.

Je repensais à ce qui s’était passé. Les images tournaient en boucles depuis le scanner de Stiles le condamnant à mourir de folie, le Nogitsune qui l’avait possédé l’amenant à commettre des crimes, Isaac gravement blessé, le poste de police dévasté, les morts. Le sang, la souffrance, la mort, les constantes de ma vie. Je ne réfléchis pas quand je prononce les deux mots suivants.

- La paix.

Je m’étonne moi-même de cette réponse. Car en fait elle ne pointe pas un coupable. Stiles s’égarant avec Malia. Elle évoque un conflit, qui dit paix, dit guerre. Quelle est ma guerre ? Je ne suis point soldat pourtant. Mais oui, j’ai bel et bien l’impression d’être au milieu d’un conflit. Et qu’en effet, si celui-ci stoppait je serais heureux, car j’avais déjà à ma disposition tous les éléments nécessaires à mon bonheur, dont le plus important : l’amour. Ma question fusa comme ma réponse, sans que j’y réfléchisse ou ne la formule avec soin.

- Aimes-tu quelqu’un ?



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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:45


Do you love someone?
Le poids de la solitude. Sa question m'a décontenancé, je ne pensais pas qu'il s'engagerait à des interrogations aussi traîtres. Vagues, et à la fois percutantes. Il m'a fait réfléchir, j'ai pensé pouvoir fournir une réponse toute faite, mais en réalité, c'est plus complexe. Je me suis découvert une réponse différente de ce que j'aurais cru.
J'ai bien tenté de lui balancer quelques banalités, mais il n'est pas dupe et n'a pas eu besoin de mot pour me le faire comprendre. La manière qu'il avait de me détailler, d'attendre la réponse si ce n'est de me lire... Il est bien aussi borné et impliqué que moi à son égard.

Cependant, ma réponse reste sans fioriture, même s'il a marqué, il n'a pas pour autant gagné cette manche. A mon tour maintenant. Qu'il me parle un peu de ce qui lui manque pour paraître si malheureux. Même si quelque chose me laisse penser qu'on ne doit pas souvent le voir avec une face égaillé.

A ma question, il sourit. Je le vois venir, avec ces petites généralités, le genre de réponse que n'importe qui pourrait fournir. Oui, mais voilà. Si monsieur Derek me clame manquer d'une voiture de luxe, d'une bimbo ou d'un bon jus de fruit, je ne doute pas arriver à y comprendre quelque chose. Je l'espère du moins... J'admets que ce serait quand même un peu décevant.
Je le chicane sur le fait qu'il se soit lui-même défini comme malheureux un peu plus tôt, et me ravie de l'effet. Le voir se froncer sans se laisser aller me donne envie de rire fièrement. Mais il reste sage et silencieux, à méditer. Ça m'étonne presque. Visiblement, il se prête au jeu avec grand sérieux. Il réfléchit à ma question, cherche... C'est donc si difficile de trouver une réponse? Je hausse la lèvre, moqueur. Alors ce n'ai qu'une juste vengeance, je n'ai pas beaucoup aimé cette stupide introspection qu'il m'a fait subir.

Je grignote en le dévisageant, essayant de voir ce qu'il peut bien se passer dans sa tête. Ça cogite beaucoup, plus que fier de l'avoir atteint, je suis surtout curieux. Pourquoi il ne dit rien? J'ai envie de savoir. Mais quand il lève sur moi son regard limpide, je reconnais une sincère absence de réponse.
Et bien qu'il cherche, encore! Il n'est quand même pas blasé au point de ne rien attendre, non?! Ça m'irrite, titille méchamment ma soif d'en savoir plus, et à la fois... Il à cet air étrange. Pas vraiment un air, mais un quelque chose qui m'évoque une bête blessé, nerveuse, qui tourne en rond dans sa cage sans trouver d'issue à ses tourments. Un quelque chose de presque apitoyant.

- La paix.

C'est sorti d'un coup, tant et si bien que ça m'a surpris. J'affiche un rictus étonné mais satisfait. La paix. Étrange, j'aurais cru à des sentiments, une personne, des biens matériels, surtout que...

-T'as pourtant plus la tête de quelqu'un qui cherche la bagarre que la paix. Ne puis-je m'empêcher de commenter.

...Mais je prends quand même. Cela dit, sa réponse fait naitre bien d'autres interrogations : quel désordres troublent ainsi sa quiétude? Des gens, des souvenirs, une situation sans secours? Il à l'air d'en avoir vécu, mais aussi d'être quelqu'un de robuste. Est-ce qu'il rêve de faire la paix avec quelqu'un, de trouver le repos, ou bien se pardonner à lui-même? Tans d'élucubrations qui m'assailles...

- Aimes-tu quelqu’un ?

Il me prend de cours à nouveau, et ballait toutes mes pensées. Je reste accoudé à la table, à le défier du regard, et progressivement, un sourire prend forme au coin de ma lèvres, mes yeux intensément accrochés aux siens se plissant avec malice.

-Méfie-toi, Derek. Je pourrais sérieusement croire que tu es intéressé.

Je m'amuse, quelque chose me dit qu'il était loin d'y songer. A moins qu'il soit un sacré bon comédien. Ce qui dans un sens n'est pas impossible... je repense à son numéro de charme de plus tôt mais je m'efforce de garder le dessus. Là, c'est moi qui me rit de lui, je ne me laisserais pas rattraper par le trouble qu'il à put me causer.
Je laisse flotter le silence et me penche en avant, prenant des tons de confidences...

-Non.

Aussi clair, net et précis qu'il aura pu l'être plus tôt concernant sa situation financière. Il n'y a pas à y réfléchir. Je n'aime personne. A par moi-même, sans doute, mais ça, c'est une autre histoire. Mes conquêtes, d'éventuels amis... la famille... Je n'aurais jamais eu qu'une personne durablement à mes côté, mais je refuse de prétexter l'avoir aimé comme je l’aurais surement due, comme je me refuse à croire qu'elle aura pu réellement chercher à faire mon bonheur.

Il m'amuse, ce Derek. Je rapproche mon verre pour jouer avec et je hausse les sourcils, conciliant, pour lui demander tout naturellement.

-Et toi?

Tellement de questions à poser. Plus le temps passe, plus il laisse filtrer de réponses aussi minimes soient-elles et plus je l'observe, plus les interrogations diverses s’amoncellent. J'ai conscience de tricher un peu, mais je ne doute pas qu'il saura me rattraper comme il se doit.

-Qui ça? Continuais-je, avide. Je veux un titre. Je veux un nom. Je veux du concret!

Je veux avoir matière à le battre, comme j’emmagasine toutes informations sur autrui pour pouvoir mieux cerner et les manipuler mon monde au besoin ou à l'envie.
Enfin le jeu prend une tournure croustillante. Je déguste ma chaleureuse boisson, moins alerte. Ça mérite une petite lampée.





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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:45








Yes I do !

Derek & Other
Ce jeu de ping pong commencait à devenir interressant. Je me prenais au jeu essayant d’être le plus honnête possible. Ma seule inquiétude était si une de mes réponses devait dévoiler ma nature surnaturelle. Je ne souhaitai à personne d’entrer dans la confidence. Car cela signifiait la fin de votre insouciance, ou du moins de l’ordre établi des choses comme on croit qu’elles sont. Heureux celui qui ignore…

-T'as pourtant plus la tête de quelqu'un qui cherche la bagarre que la paix.

Therence me fit rire en me jugeant sur mon apparence. Mon rire était mi moqueur, mi suffisant. Le rire de celui qui se sent l’ainé et avec cela le poids d’une certaine sagesse. Adolescent j’avais soigné mon look de bad boy, maintenant ce n’était plus une étiquette, ni un costume de scène. J’affichais ma nature sauvage, point. Et ce que ce gamin arrogant puisse en penser, je m’en moquai éperdument. Je notais juste qu’il se laissait égarer par une simple apparence. Ce donneur de leçon était donc bien naïf. Oui, ce jeu était succulent. Une ratée cardiaque, ma question suivante fait de nouveau mouche, ou du moins touche un sujet mal géré.

- Aimes-tu quelqu’un ?
-Méfie-toi, Derek. Je pourrais sérieusement croire que tu es intéressé.

J’ai le sourire carnassier à son persiflage. Je pose mon coude sur la table et cale mon menton sur ma main. D’un lent regard glissant, je le détaille, j’évalue la courbe de ses sourcils, le creux de ses joues, l’ourlet de ses lèvres. Etant assis, je ne peux m’égarer sur le reste de sa silhouette, je fais donc avec ce que je vois. Mon sourire s’adoucit, se fait enjôleur, je fixe ses lèvres tout en passant ma langue doucement sur mes incisives. Puis je plante mon regard dans ses prunelles. Je sais que la couleur de mes yeux le déstabilise, il n’échappe pas à cette constante qui fait qu’un regard clair gêne, comme si j’étais capable de lire les pensées.

- Tu pourrais en être sérieusement content, murmurais-je d’une voix chaude et rauque.

Il comprend que je le provoque, mais il n’a pas été assez rapide pour masquer cette lueur de trouble qui est passée furtivement dans ses yeux. Provoquant, il se rapproche et articule lentement.

- Non.

J’incline légèrement la tête, j’accepte sa réponse laconique. Il n’y a rien à développer. J’ai déjà une idée de ma prochaine question. Cela dépendra de ce qu’il me demande. Therence prend son temps. Pas spécialement pour réfléchir à une quelconque formulation. Non, il prend son temps pour savourer ce moment, cette joute entre nous. Il aime ce jeu, celui où il s’agit de se confronter à un autre, non à coup de poing, mais dans une bataille d’esprit. A son sourire, je sais que la question va tomber. Effet de boomerang, ma propre question me revient dans la face.

-Et toi?

Je vais pour répondre à cette question si simple, qu’il joue le fourbe et demande immédiatement une précision, dérogeant à la règle établie.

-Qui ça? Je veux un titre. Je veux un nom. Je veux du concret!
- Tu veux mes mensurations aussi ? Demandas-je narquois.

Therence n’eut aucuns doute de quelle mensuration je parlais. Si le début de la question est facile, la suite demande à ce que je me dévoile bien plus. Je pourrai légitimement lui demander un gage, une action pour sa manœuvre illicite. Puis je me dis que son écart me donne la légitimité d’en faire un aussi. Puis de la même manière que je me fiche de savoir ce qu’on pense de moi lorsque je commande un jus d’orange dans un bas, je me moque bien des réactions face à celui qui partage ma couche.

Nouveau sourire, nouveau regard qui fixe. Je ne veux rien rater de sa réaction à ma réponse. Car en fait je m’aperçois qu’on ne se livre pas uniquement en donnant une réponse, mais aussi avec la manière dont on en reçoit une.

- Oui j’aime quelqu’un. Il s’appelle Stiles, il est mineur, certainement dans le même lycée que toi et est le fils du Sheriff de cette ville.

Comment vas-tu prendre cela ? Il n’y a pas plus improbable comme relation. J’ai été plus que précis, il peut aisément vérifier plus tard. Je lui épargne la description de nos ébats. Je le scrute. Peut-être pense-t-il justement à cela. Pour ne pas le laisser se ressaisir, j’enchaîne.

- Tu attends qui ou quoi ici ? Et pourquoi !

A mon tour de jouer deux fois de suite. Je me recule de nouveau sur la banquette. Je le laisse me détailler à sa guise pour savoir si j’ai bluffé ou non. Un loubard sevré au jus d’orange et gay ! Je jubile de l’image qu’il doit se faire de ma personne.




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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:58


Seriously?
Je me ris de ce type aux airs de mauvais gars qui réclame la paix pour pièce manquante à son bonheur. Ça sonne presque comme un comble. Bien sûr, je sais que les apparences ne sont pas fiables. Mais... on ne ressemble jamais qu'à ce que l'on souhaite ressembler. Non? C'est ce que je pense, moi, le fier bellâtre au look un brin rebelle mais toujours impeccable. Et c'est pour ça que je les dénigre, ceux qui se négligent et ce cachent, persuadés de n'être que laideur et insignifiance. Alors cet animal mal rasé et au regard perçant, je ne peux pas me figurer qu'il cache un ange.

Ma remarque le fait rire, loin de s'offenser, il me prend de haut, puis il me donne sa question. La manière qu'il a de lâcher ça, je ne résiste pas et me joue des sous-entendus. Après tout j'ai raison : hors contexte, on pourrait facilement s'imaginer que ce type cherche à connaître ma situation parce qu'il espère quelque chose.

Je le toise, fier de le prendre à sa propre mascarade. Alors il laisse naitre ce même sourire sauvage que tantôt, prélude d'une nouvelle comédie... Il s'avance d'un coude sur la table, y installe son menton, gestes lents qui m’obnubilent... et il me dévisage. Son regard de verre me parcours scrupuleusement, je pourrais presque le sentir me palper... Il n'oublie rien, si ce type veut un jour me faire la peau, je suis sur qu'il pourrait décrire jusqu'à la moindre ridule pour me retrouver.
Je ne cille pas. Je maintins ce même air suffisant et moqueur, je ne me laisserais pas surprendre comme tout à l'heure. Pourtant, je m'efforce de ne pas déglutir quand son sourire se fait tendre et qu'il lèche subtilement l'une de ses canines en se délectant de mes lèvres. Mais à quoi il pense? M*rde il est fort. Très fort. Mais je ne faiblirais pas. Je le défie toujours quand il plante ses orbes dans les miennes, l'animal. Je ne veux pas fuir. Je ne baisserais pas les yeux, quand bien même son regard me dérange et me pénètre, même si mes noiraudes s'agitent imperceptiblement au rythme incontrôlable dans ma poitrine, je continue de le fixer, tenace, je ne fuirais pas ce regard, je refuse de le laisser gagner!!!

- Tu pourrais en être sérieusement content.

Quoi?! Ma tension s'évacue dans un souffle estomaqué. Non mais je rêve?! Écoutez le qu'il se prend pour un trésor de la nature, comme s'il était de mon devoir de louer l'intérêt qu'il me porte?!

- Rêve pas, tu ne serais pas à la hauteur de mes attentes. Lâchais-je en ravalant ma mâchoire pendante et le reluquant, plein de mépris. Sans blague...

J'en reviens à sa question, et je lui annonce le verdict. Non, je n'aime personne. Et sans exagération, j'en suis plutôt fier. Ils sont ridicule, ces êtres qui mignardisent pour un sourire, qui se désolent de leur amour perdu... en plus de faire perdre la raison, l'amour rend stupide.

Là-dessus, je m'interroge à son sujet. Et lui? Aimes-t-il quelqu'un? Sans vraiment y songer, j'ai pensé que non, que lui non plus, ne serait pas homme à s'embarrasser des sentiments. Mais maintenant qu'il a soulevé la question, je veux confirmation. Je veux aussi croire que je me trompe, il ne cesse de me surprendre. Je renchéris, je veux qu'il me réponde avec plus de précision cette fois. Peut-être cet animal est un sentimental en fait, du genre à louer sa maman? Peut-être m'avouera-t-il être un mec fidèle en amitié, peut-être aussi seul ais-je cru comprendre qu'il était, a-t-il une vielle aventure qui l'ai marquée?

- Tu veux mes mensurations aussi ?

Tsss... je fronce du nez, il m'énerve. Je me rends compte que j'aurais du essayer de lui retourner son coup, encore, mais je m'agace d'entrer dans son jeu et qu'il m'imagine sensible à ses charmes virils. Je veux juste connaître sa vie, pas lui demander un rancart.
J'attends, avide. Il aime quelqu'un. Ça me donnera surement matière à le moquer, qui que ce soit. Il n'aime personne. Là... je ne sais pas. Un instant, un infime instant, sans vraiment y songer... Je lorgne sur le bas de son visage et j'émets l'hypothèse que, ce type est joueur, bien plus qu'autour d'une table et de bières... et...
Il sourit à nouveau, de cette manière qui m'irrite autant que ça m'interroge, parce que je pressens le mauvais coup...

- Oui j’aime quelqu’un. Mes yeux s'élargissent imperceptiblement, vainqueurs. Il s’appelle Stiles, il est mineur, certainement dans le même lycée que toi et est le fils du Sheriff de cette ville.

Je bloque un moment. Un seul mot traverse mon esprit tandis que mon visage se fronce dans un rictus mi- euphorique, mi-incrédule. Wow...

-...Sérieux?

Non, franchement... parce qu'il à clairement la tête d'un hors la loi. Qu'il fricote avec un mec passe encore, mais qu'il avoue sans le moindre embarras se faire -parce que je doute énormément vu son assurance qu'il ne sous-entende pas avoir une relation plus que platonique avec ce type– un mineur, et le rejeton de ni plus ni moins que le shérif du compté...

-... Tu sais que dans Action ou Vérité, il y a vérité, n'est-ce pas? Demandé-je tout de même.

Parce que c'est quand même énorme dans le genre relation interdite. Je ne sais pas combien de temps je reste à le dévisager avec cette mine pas tout à fait dégoutté, mais l'air d'avoir découvert un sacré scoop.
C'est drôle, je l'aurais d'avantage imaginé avoir un harem de nana ce Derek. Ceci dit, cela explique sa réplique de plus tôt sur cette « elle » inexistante, et me confirme que sa capacité à séduire un mec d'un regard lui vient de réelle expérience et non d'un savoir-faire purement théâtral. Je ne sais pas quoi pensé de savoir qu'il est donc intéressé par la gent masculine et... qu'il m'a fait l'honneur de jouer les charmeurs. Après tout, il n'est pas si mal. Objectivement, bien sûr. Je suppose que ce sont mes hormones gay qui s'agitent sans mon consentement à cette nouvelle, même si mon cerveau m'interrompt pour me rappeler ce... Stiles. Le fils du Shérif, donc. Nul besoin de noter ces informations dans un coin de ma tête, je ne suis pas prêt de les oublier. Non vraiment, aussi sincère soit-il, ça ressemble au mauvais scénario d'un film...

-Ta vie est bizarre, tu sais. Ne puis-je m'empêcher.

- Tu attends qui ou quoi ici ? Et pourquoi !

Mon visage encore tout rayonnant de cette rigolade intérieure flétrie en quelques secondes. Mais quel... il alterne les questions graves et les réponses ridicules, il m'a entrainé de plein fouet dans un virage. La réalité peu enchanteresse me revient sur les épaules comme un manteau qui prendrait du poids sous une grosse pluie, et doucement pour ne rien en montrer, je me regonfle d'une longue inspiration en me détachant lentement de la table.
Je le fixe, sourire persistant mais crispé aux lèvres, nerveux. Il ne pouvait pas être plus précis ce s*lop. Je jette un coup d'œil vers l'espacement entre les tables, vers la sortie. Moi, je reste cloué dans mon siège, décidé à l'affronté, mais cette part primaire de moi-même, elle, s'imagine déjà prendre la fuite et cherche une issue. J'ai envie de me lever, là, et prendre les jambes à mon coup pour l'abandonner avec sa foutu question. Non, je ne fuirais pas, mais quand je m'oblige à le regarder encore, je me sens pris au piège. Il attend une réponse, je n'ai aucun moyen de me dérober, et il le sait. Je pourrais choisir l'action, c'est vrai... mais il est hors de question que je sois le premier à flancher. Je veux que ce soit lui, je veux qu'il défaillisse avant moi, je veux pouvoir me moquer de sa lâcheté!
Mon cœur s'emballe, il attend, et moi je garde le silence, à le maudire et chercher un moyen de m'en sortir sans y laisser mon amour-propre. Je décortique chacun de ces mots. Tu attends qui ou quoi ici ? Et pourquoi ! Je dois pouvoir m'en sortir. Je vais forcément m'en sortir.

Je sais comment m'en sortir.

Peu à peu, ma crainte contenue devient impassibilité. Les battements affolés se calmes, doucement. Je le toise, d’apparence sereine et glaciale, et les secondes, peut-être les minutes, s'écoulent le temps que je sois certain de vouloir prendre la parole.

-J'attends un signe.

Je me dévoile, sans me dévoiler. Ce n'est rien, et en même temps, je crains qu'il voit à travers mes enrobages.
Je ne suis pas fier, je suis plus que contrarié d'en arriver à réellement devoir parler de mes recherches, même si pour lui, il s'agit pour l'heure d'une stupide attente de ma part. Mais je sais aussi que je suis un champion à ce jeu, et que lui, à fait une erreur qui me sera salutaire. C'est maintenant que nos strictes règles prennent tous leurs sens, et ce regard qui persiste sur sa personne, tend à lui en faire prendre conscience. Qui ou quoi, a-t-il proposer. Eh bien, je choisis le quoi. Un signe.
Mais comme je me suis précipité avant lui, il m'a assigné d'une seconde entrave. Pourquoi!

Alors toujours calme, comme si hausser le ton serait ouvrir la porte à mes colères et me trahir, je lui réponds, comme il se doit.

-Parce que trop de temps a passé durant lequel j'ai circulé dans des dédales sans contours, et que je me suis trop contenté de mon imagination pour palier à ces repères absents.

Je continu de le fixer, austère. Il n'y a rien à comprendre si ce n'est les troubles d'un mec paumé, comme on s'est tous sentis perdu un jour dans sa vie. Mais je redoute les prochaines questions. Je ne rigole plus, il veut comprendre, et s'il continu sur cette voie, il risque de vite savoir. Je ne le tolèrerais pas. Je n'ai pas joué pour perdre. Pour lui il s'agit de stupides informations. Pour moi, il s'agit de mener à bien l'objectif de toute une vie.

Parce que si jamais... si jamais ce type le connait. Si jamais, comme le monde est petit et ainsi ironiquement fait qu'un loubard se retrouve macqué au fils de l'homme de lois, il a côtoyer, ou serait par je ne sais quel biais, susceptible de parler de moi à ce père que j'ai convoité depuis tellement d'années... si jamais ce mec connait mon existence et est un lâche, qu'il cherche à me fuir plutôt qu'assumer ma présence, alors c'est comme si je donnais à ce Derek, comme à n'importe qui ici qui serait au courant de mon entreprise, une arme dont le coup de feu à mon nom alerterait cette ombre que j'ai décidé de venir clouer entre ces misérables collines.

Je crois que mon regard est incendiaire. Je reprend conscience du monde qui nous entoure quand un gars tousse bruyamment. Il est là. Peut-être qu'il est juste là, et lui, il veut que je lui parle de tout ça, si facilement...
Je reprend mon verre, mes gestes mesurés, peut-être trop. Je me veux détaché, mais mes muscles sont tendus, ma main tremble à peine. J'absorbe sans modération, lentement puis de plus en plus avide de réconfort. J'engloutis la bière qui à du mal à passer mais se fraye un chemin rapide dans mes veines, et je repose sèchement mon verre dans un tortillement de la tête. Les vapeurs me monte au cerveau, mais là, je ne demande que ça.

-Et toi, c'est quoi exactement ton problème? Qu'est-ce que tu fous réellement là?




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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 13:58






The reason

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- Rêve pas, tu serais pas à la hauteur de mes attentes.

Je ne peux m’empêcher de marquer un point sur un tableau imaginaire. A trop s’empresser de me rejeter il en oublie de choisir ses mots et ne voit pas l’information qu’il me donne sans le vouloir. Je m’aperçois qu’il tient beaucoup plus que moi à ce qu’il cache. En ne niant pas qu’un homme pourrait l’attirer, en se contentant de me dire que qu’en gros je ne suis pas son type, me provocant sur mes capacités à être à la hauteur. La sexualité des gens n’est pas écrite sur leur front, parfois quelques détails vestimentaires trahissent une appartenance à un groupe particulier. Cependant il est dangereux de faire des généralités. Si on écoute les femmes, elles vous diront que souvent lorsqu’elles trouvent un homme beau et gentil, il y a quatre-vingt pour cent de chance qu’il soit gay. Therence est bel homme. Gentil ? Ça j’en suis moins certain. Du moins ce n’est pas un violent. Mais c’est un adepte du verbe et les mots peuvent blesser aussi bien que des flèches empoisonnées à l’aconit. Sa réaction défensive, le choix trop rapide de ses mots me le font classer dans une catégorie d’homme potentiellement intéressé par ses semblables. Bien que je le vois aussi parfaitement au bras d’une fille. J’ai la conviction qu’il joue sur les deux tableaux.

Sa question suivante a le mérite de remettre les pendules à l’heure. « Oui j’aime quelqu’un, je suis déjà pris mon gars ! Et oui, tu t’es fait des illusions sur un éventuel intérêt de ma part pour tes jolies fesses.» La tête qu’il fait à mon affirmation, de disons le carrément, de coucher avec le fils du Sheriff est assez drôle.

-...Sérieux ? Tu sais que dans Action ou Vérité, il y a vérité, n'est-ce pas?

Je hausse les sourcils pour lui signifier que oui, j’avais compris les règles et que je les suivais parfaitement. Qu’il ne compte pas sur moi pour choisir l’action.

-Ta vie est bizarre, tu sais.
- La bizarrerie est subjective et soumise à une question de point de vue, Therence.

Par contre la première surprise passée, il se reprend et je vois clairement que ma liaison avec Stiles le fait marrer. Son jugement de cette situation me blesse, il ne se contente que des apparences extérieures. Là, il me déçoit. Je m’attendais à mieux de sa part, à quelque chose de plus… élevée qu’un simple jugement basé sur une fraction d’image et beaucoup d’aprioris. Mais après tout, déjà avec le jus d’orange… C’est pourquoi je me délecte du dérapé de son cœur à l’énoncé de ma question. Sa présence ici n’est pas anodine et vu la réaction brutale de son cœur, au centre de ce qu’il souhaite me cacher. Va-t-il il se défiler et choisir l’action. Sa réponse se fait attendre. Je le regarde en jubilant. Chacun son tour de se moquer de l’autre. Je vais te faire ravaler tes jugements à l’emporte-pièce le merdeux ! Alors qu’il se tortille sous une intense réflexion je hèle le barman pour qu’il nous amène des choses plus conséquentes à se mettre sous les crocs. Monsieur beau gosse se nourrit peut-être de l’air du temps, mais le loup que je suis a présentement la dalle. Et il vaudrait mieux pour ce blanc bec que je mange. Je suis d’une humeur de chien lorsque j’ai faim !

Alors que je croque allégrement dans un sandwich, la réponse que je pensai ne jamais venir tombe.

-J'attends un signe.

J’ouvre ma bouche, pleine de surcroit, pour objecter, mais un sourire narquois de sa part me signifie qu’il a répondu à ma question. J’avale ma bouchée en même temps que mon amertume.

-Parce que trop de temps à passer durant lequel j'ai circulé dans des dédales sans contours, et que je me suis trop contenté de mon imagination pour palier à ces repères absents.

Hey ! Ma déception m’avait même fait oublier la deuxième partie de ma question. J’ai besoin de me répéter plusieurs fois sa phrase avant d’en appréhender le sens. J’essaye de la décortiquer, d’en analyser la sémantique. J’arrive à la résumer en « J’ai longtemps été perdu, me raccrochant à mon imagination. Je cherche ce qui aurait dû me guider. » Qui guide un enfant ? Car il a bien parlé d’une longue période, ce manque dure depuis l’enfance. Une famille ? Est-il orphelin ? Non sinon il n’attendrait pas un signe. Alors que je réfléchis, écartant les fausses évidences, je le sens bouillonner. Ce sujet lui tient à cœur. Ses parents ? A-t-il été abandonné à la naissance ? Si oui, ce n’est pas en trainant dans un bar qu’il va retrouver ses parents biologiques. Tout m’oriente vers un adulte qui aurait dû être ou qui a été là et qui ne l’est plus. Mais cela ne colle pas avec sa présence ici dans ce bistrot. A-t-il été enlevé ? Je pense à l’histoire de Mick. Enlevé gamin et à qui on a effacé une partie de sa mémoire. Est-il comme lui, privé de souvenirs ? Et du coup, il traine là en espérant reconnaitre quelqu’un… recevoir un signe ?

-Et toi, c'est quoi exactement ton problème? Qu'est-ce que tu fous réellement là?

Qu’est-ce que je fais là ? Je n’en sais rien !

I'm not a perfect person
There's many things I wish I didn't do
But I continue learning
I never meant to do those things to you
And so I have to say before I go
That I just want you to know

Non, je n’ai pas souhaité tout le mal qui se passe autour de moi. J’aimerai tant que les choses changent. J’ai les yeux qui reflètent toutes mes interrogations. Mais…

I've found a reason for me
To change who I used to be
A reason to start over new
and the reason is you

Je regarde Therence. Cet affrontement débile entre nous m’ouvre soudainement les yeux. En cherchant à découvrir ce qui torture l’autre, on se voit à travers le miroir des yeux de son adversaire. Therence me pousse dans mes retranchements.

I'm sorry that I hurt you
It's something I must live with everyday
And all the pain I put you through
I wish that I could take it all away
And be the one who catches all your tears
Thats why I need you to hear

D’une voix basse et sans marquer d’arrêt entre deux phrases je parle. Je balance ce qui me tord les tripes depuis des semaines, des mois… des années. Il doit me prendre pour un fou, je m’en moque car il vient de me donner la réponse à mes questions et qu’importe s’il ne me croit pas.

I've found a reason to show
A side of me you didn't know
A reason for all that I do
And the reason is you

- Je suis un animal, une bête sauvage qui en attire d’autres. Les gens que j’aime se font blesser et parfois meurent. Je ne suis pas le seuls ainsi, on tente de résister, mais inexorablement un nouveau monstre arrive et s’en prend à ceux qui nous sont cher. Qu’est-ce que je fous là ? Peut-être que je tente de me mêler à la vie normal de ces gens qui fréquentent cet endroit, afin que le temps d’une consommation, moi aussi je me sente normal et ordinaire.

A son regard, je me demande si je n’ai pas laisser mes yeux luire par mégarde. Mais j’ai la réponse à mon tourment. Ma raison de continuer, de tenir, c’est Stiles. Je regarde Therence, mon regard a changé. Il n’y a plus de défis dans mes yeux. Sans le dire clairement, j’ai avoué ma vraie nature. Parler m’a en fait libéré. Je me moque qu’il sache. Par contre l’inverse… Je sens, je sais que ma question précédente l’a blessé, le touchant pile à l’endroit qu’il veut enfermer

- Des repères absents pour quelqu’un de ton âge sont soit un cadre de vie qui fait défaut. Ce que j’écarte vu ta manière de t’exprimer et d’être. Tu as eu un cadre pour grandir et devenir celui que tu es. Mais tu as peut-être manqué de guide. Ce signe que tu guettes, ne serait-il pas l’existence d’une mère ou d’un père. Les deux à la fois ? Un parent proche ?

Je vois ses traits se figer et l’angoisse à ma question à venir suite à cette analyse faite à haute voix.

- Qui attends tu Therence ? Qui te manque à ce point ?

Après le qui viendras, le « tu feras quoi ». Du moins si j’ai encore un interlocuteur en face de moi. J’ai peur de le voir fuir comme un moineau effrayé.



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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 14:04


Trapped


- La bizarrerie est subjective et soumise à une question de point de vue, Therence.

J'affiche un rictus assertif. Il n'a pas tort, cependant, il cumule les étrangetés, de quoi me divertir un peu plus. Ce n'est pas tous les jours que j'ai l'occasion de rencontrer un prétendu voyou buveur de jus de fruit et accoquiné au fils du shérif, mineur de surcroit. Que serais-je censé faire d'autre que m'épater et me rire de lui?!

Mais rapidement je ne ris plus. Il en revient au cœur du problème. MON problème. J'ai été assez bête pour baisser ma garde, et même si c'était le but même de notre jeu, ça me fiche un sale coup.
Il se moque. Il en profite, il jubile comme moi à peine plus tôt. Je bouillonne, je rêve de lui en mettre une, mais ce ne serait que m'abaisser, comme choisir l'action... Au fond de moi je veux fuir, mais ma fierté me résout à l'affronter.
Pendant qu'il mord dans son sandwich, moi je malmène l'intérieur de ma joue à la recherche d'une échappatoire. Je peux m'en sortir. Je dois m'en sortir. Nous sommes sur mon terrain, celui des mots. Si je sais me faire respecter par la force, je façonne plus surement mon monde par la paroles. Les mots eux sont malléables, insidieux, trompeurs, persistants... Les mots sont toute une magie que je me plais à comprendre et à appliquer. Là aussi, en cherchant bien, je dois pouvoir les étirer, les tordre, pour arriver à m'en forger une issue... Et je fini par trouver la faille. J'aperçois un détournement salvateur.

Je répond. J'attends un signe. C'est la vérité. Pas celle qu'il attendait, et au moins ce pied-de-nez me console. Je lui prouve que même acculé, je sais encore me défendre. Je poursuis, lâchant une explication vaseuse, ce genre de chose qui veut tout dire, et à la fois rien du tout.
Non, ça ne me console pas. Parce que le jeu a pris en vitesse et en pesanteur, ses questions ne tournent plus autour de quelques miettes de curiosités, il cible la véritable source de son intérêt. La prochaine fois, il risque d'aller droit au but. Et je n'ai pas prévu de sortir de là perdant...

A mon tour d'aller droit au but. Il est venu dans ce bar noyer quelque chose, je veux découvrir quoi, cette fois je ne suppose plus, à lui de me révéler ce que j'attends de savoir!

Je l'observe, encore noir de ma raclée. Il se prête au jeu, il fouille, se laisse happé... j'espère lui faire mal. J'espère que ce qu'il remue est un bouillon d'épines, et que devoir me les sortir lui arrachera la gorge. Je suis en colère de me retrouver confronté à ma quête toute personnelle. J'ai surtout la trouille à l'idée de devoir lui en exposé la nature, et qu'en plus de devoir subir ses jugements, cela joue en ma défaveur.

J'ai recommencé. Machinalement, parce que c'est une manie incontrôlable et naturelle que vouloir combler un vide, je me le suis inventé encore, cet inconnu. A la pensée que Derek apprenne, je me le suis dépeins comme un lâche, de ceux qui aurait abandonné femme en cloque et enfant en devenir pour poursuivre sa vie en égoïste. Est-ce que c'est le cas? Est-ce que ce type parfois, est pris par la peur de voir réapparaitre dans sa vie ce gosse aujourd'hui presque adulte, qui porterait un peu de ses traits et le nom d'une vielle conquête?... J'en sais foutrement rien. Comme toujours, je retourne la toile dans l'autre sens. Peut-être que c'est un mec bien en fait, que des circonstances fatalistes ont conduit à notre séparation. Peut-être que si ce mec savait, il ne souhaiterait que me retrouver...
Je me rend compte du ridicule de mes craintes, à imaginer ce type tout juste rencontrer avoir un lien quelconque avec ma traque paternelle. Oui, mais voilà. Si rien n'affirme que dans cette ville, le loubard n'est jamais eut aucune sorte de lien avec mon géniteur, rien n'atteste du contraire.

Je me retrouve à la case départ, comme toujours. Je tourne en rond, c'est incessamment les mêmes réflexions qui circulent et conservent mes paranoïa.

Je ne veux prendre aucun risque. Rien n'est à écarter, alors je retrouve ma forteresse de détermination, et j'espère avoir réussi à le déstabilisé en retour, au moins pour l'affaiblir et m'éviter une attaque trop franche au prochain round.

Je fais abstractions des présences autour de nous, autant de pères probables, pour me concentrer sur sa personne.
Il réfléchit encore. Il semble parti loin. Où? Je voudrais qu'il m'emmène dans ses propres emmerdes, au moins pour oublier les miennes un moment. Je le scrute, j'essaie de voir quel film passent derrière la vitre de ses yeux, qu'ils se lèvent sur moi. Je ne vois aucune image, je ne comprend pas ce qui défile dans sa tête, mais je m'étonne de ne lire aucune animosité. A moins que ce ne soit qu'un effet de ce regard limpide, si prompt à réfléchir les émotions plutôt qu'à les délivrer.
Puis cette vie qui m'intrigue tant, il me la fait enfin partager.

Il ne fait que confirmer d'abord l'image que j'ai déjà de lui, celle d'un animal, une bête sauvage, ça ne m'impressionne qu'à moitié. Il en attire d'autres, je trouve ça presque naturel. Mais je me rend compte que je ne comprend rien du tout lorsqu'il évoque les êtres chers qui pâtissent de sa nature, jusqu'à d'irréversibles pertes... Je ravale un étrange mal-aise, sceptique. Mais il ne ment pas. Ça sort comme ça lui passe, cette allure résigné, ce n'est pas celle d'un affabulateur. Le temps de m'étonner du contraste entre l'apparent solitaire et ses attachements sincères, qu'il explique ne pas être le seul à lutter, mais que les menaces se succèdent, pour attenter aux siens, inlassablement . Les pièces de ce puzzle nommé Derek s'imbriquent d'elles-même quand son désir de paix évoqué tout à l'heure me revient. Puis il termine sur une note troublante. Celle d'un animal traqué, fatigué qui essaie simplement de se mêler aux hommes dont il envie l'insouciance, juste pour pouvoir savourer un peu de cette paix à laquelle il aspire.  

Je reste immobile, impassible, silencieux. Un moment j'ai cru... Mais je suppose que c'était un reflet. Ou alors j'ai sous-estimé ma capacité à tenir l'alcool et je ferais sérieusement mieux de me calmer pour ce soir... Ouais, ce serait pas un mal. Quoiqu'il en soit, je ne m'attendais pas à recevoir un tel déballage. Ce n'est clairement pas une simple réponse à mes interrogations. Derek vient d'expulser en une même vague ce qu'il paraît avoir retenu sous scellé depuis trop longtemps.

Ça ce sent, que ce type a du vécu. Mais je ne me doutais pas qu'il tenait ses airs de dur de pareilles épreuves. L'image grotesque du cogneur facile que je lui avait prêté s'est effritée. Il s'est présenté à moi comme une bête sauvage, je me prend à détailler ses mains. Je les imagine entachées de sangs. Celui de ces fauteur de troubles, ou celui des êtres perdus? Je n'en sais rien. Est-ce que j'ai peur? Non. Ce ne sont pas les yeux d'un meurtrier qui me font face. Ce sont les yeux déconcertant d'un repentant. Même s'il reste digne, ses aveux étaient gorgés de remords et d'espoirs simples.

L'animal farouche, capable de se faire respecter d'une seule poigne et de mordre par les mots, se dévoile foncièrement plus fragile et rêveur que je ne l'aurais cru. De là à avoir de la pitié, certainement pas. C'est sa vie, c'est son problème. Mais je ne sais pas, il m'a exposé une plaie dont je doute avoir réellement aperçu la profondeur, j'ai beau être cruel à mes heures, j'ai au moins assez de respect pour ne pas chercher de quoi l'enfoncer d'avantage. Je loue son courage à s'être exprimer, authentique et sans pudeur. Je ne suis même pas sur d'être si fier que ça du mal qu'il aura eut à devoir me répondre. Même si j'ai le sentiment que ces confessions aurons étés plus libératrices que néfastes en fin de compte. Puis cet espèce de... regard de chien battu qu'il affiche sans même en prendre conscience me tempère, s'il ne me touche carrément pas plus que je ne voudrais l'admettre.  

Il reprend la parole, et peu à peu, je me réveille. Ses mots me rappellent à moi-même, déterre mes amertumes et la colère que j'ai éprouvé à ce qu'il me mette face à mes soucis. Ma compassion s'évanouit, nous ne sommes pas deux amis qui partageons nos angoisses. Nous sommes deux adversaires au beau milieu d'un jeux qui consiste à démasquer l'autre.

- Des repères absents pour quelqu’un de ton âge sont soit un cadre de vie qui fait défaut. Ce que j’écarte vu ta manière de t’exprimer et d’être. Tu as eu un cadre pour grandir et devenir celui que tu es. Il me juge... Je fulmine et inconsciemment, je me grandit pour approuvé cette image d'un gars convenablement élevé. Mais tu as peut-être manqué de guide.

-... Je ne ne te permet pas... murmurais-je férocement, l'anxiété grandissante.

-Ce signe que tu guettes, ne serait-il pas l’existence d’une mère ou d’un père. Je blêmi, pris au piège. Les deux à la fois ? Un parent proche ?... Qui attends tu Therence ? Qui te manque à ce point ?

Je suis coincé. Je fulmine, mes tempes pulses. Les yeux dans les yeux, il me tient en joue, il ne sait seulement pas quel tir me transpercera. Un des parents? Les deux? Un tiers?! Il à compris. Il à compris et n'attend qu'une confirmation.
Je refuse de perdre. Je refuse de me dévoiler, il n'a pas à savoir, et je n'ai pas proposé ce foutu jeu pour qu'il me psychanalyse et me devine! Plus d'échappatoire, je ne peux que lui fournir la réponse qu'il attend, lui cracher courir après mon père, et lui donner raison lorsqu'il me visualise comme un pantin sans attaches!...

Ma main claque sur la table et je me lève d'un bond. Avant qu'il ait eut idée de me héler, je referme la porte des chiottes non loin.
Seul dans les sanitaires, j'ai l'impression d'entendre mon cœur y raisonner et le sang affluer. Je reprend ma respiration, je dois me calmer. Je reste immobile à tenter de mesurer mes nerfs, mais sans prévenir, je cogne dans le sèche main. M*RDE!!! Je passe une main dans mes cheveux et soupire un bon coup avant de me rafraichir le visage.

Je n'aime pas perdre. Mais j'aime encore moins être examiné à la loupe et considéré comme il l'a fait. Je me redresse et je défis mon reflet aux yeux noirs. J'ai perdu, qu'il ne sache pas précisément qui manque à ma vie n'empêche qu'il à déjà trouvé. Je pourrais me barrer. Le planter là, sans avoir affirmer clairement la réponse cela dit... Mais alors je porterais ma défaite avec moi, et si retrouvailles il y a, quelque chose me dis qu'il ne me le fera pas oublier... A moins que ce soit moi, qui soit juste incapable d'accepter une telle preuve de lâcheté.

Je tire plusieurs serviettes de leur étui métallique et m'éponge le visage avant de les balancer. Fuir, ce n'est pas la solution. Peut-être que mettre fin à ce stupide duel en lui donnant ce qu'il souhaite me sera plus salutaire qu'un vain acharnement.

Je reviens dans la salle, seulement plus calme dans mes geste. Le regard que je lui envoie est incendiaire. Je me rassoit en face de lui, les yeux accrochés à la table, et me décide à enfin les lever sur lui pour aboyer sourdement.

-Action.

Il ne me le fera pas redire, je suis certain qu'il a compris.
Non, je ne m'avouerais pas vaincu. Je ne peux pas. Il y a encore un infime doute qui subsiste, et tant qu'il ne m'aura pas fatalement percé à jour, alors je tiendrais.

Je grimace, rageur. Il doit bien se marrer. Il sait déjà qu'il viens de me pousser dans mes retranchements, que tout n'est que question de temps. Je le sais aussi. Aller! Vas-y, balance ton gage, qu'on puisse rapidement en revenir aux questions. Tout au plus, je lui donne trois tours pour m'avoir. Le temps de scrupuleusement demander qui, du parent, des deux ou d'une relation, je suis à la recherche. Un sourire torve me vint quand même. Je suis curieux, de savoir qu'elle c*nnerie il trouvera à me faire faire. Je doute qu'il ait ma manière de penser et d'appréhender tous les aspects de ce jeu dont je me qualifie le roi. Quoiqu'il en soit, je le coupe avant qu'il ait put me donner ma punition.

-L'amour... ricané-je dans l'espoir de remodeler convenablement ma voix, rauque de mes émotions. Je me penche en avant, mes yeux abyssaux dans ses lumières. Tu aimes vraiment ce type, hein? Stiles. Accentuais-je. Mais lui. Es tu seulement bien sûr qu'il t'aimes en retour?

A mon tour de le capturer et de le tourmenter. Ce genre de question, nul besoin de s'intéresser à un inaccessible tel qu'un jeune fils de sergent pour douter. Je le fixe, implacable, un rictus sadique aux lèvres. Il l'a dit lui même. C'est une bête sauvage. Il a fait couler le sang de ses proches, si ce n'est pas le cas, au moins est-il intimement persuadé d'en être l'une des causes. Dans l'hypothèse ou l'être aimé ne connaisse pas sa vrai nature, qu'adviendrait-il s'il apprenait? Et s'il sait, comment peut-il être certain que sont amour lui soit sincèrement rendu? Alors qu'il y cogite. Qu'il remue la question, qu'il se perde dans ses incertitudes.

-...Qui y a t-il à aimer chez un monstre?... soufflais-je pour toute conclusion.

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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 14:06






The Reason

Derek & Therence
Ce gars est d’une complexité sans pareil. Depuis que l’on a commencé ce jeu, il passe d’un extrême à l’autre, d’un point de vue signature sensorielle. Tantôt il domine, maître imperturbable de lui-même, redoutable orateur, il manipule le verbe comme une véritable arme. Toutefois, il laisse sourdre ses failles avec un battement de cœur, un geste empressé ou une lueur assassine dans le regard. Je ne suis pas adepte de ce genre de joute. Comme je lui ai affirmé, je suis un fauve, une bête sauvage. Mon instinct me pousse vers les solutions rapides et sans retour : la violence. Cependant depuis que Scott est devenu un true alpha, je change. C’est lent et très subtile mais c’est indéniable, le loup sauvage que j’étais se fait plus sociable. En fait, rien d’extraordinaire, les loups sont faits pour vivre en communauté. C’est moi qui étais hors norme, le cœur écorché vif, révolté par mon histoire et celle de ma famille, celle de ma race. Une bête ne devient sauvage que lorsqu’on la traque. Qui serais-je si on arrêtait de me pourchasser ?

Animal, celui qui me toise de manière hautaine et moqueuse semble bien en être un aussi finalement. Il a le comportement farouche de celui qui survit et fuit. Ma réponse le déstabilise et le laisse songeur. Il s’attendait à ce que je résiste, comme tout loubard au blouson de cuir et la barbe de trois jours. Celui qui maitrise les gêneurs en broyant leur poing d’une main. Mais au contraire, je plie et accompagne son geste. Le principe même de certains arts martiaux, suivre le mouvement, chuter... et entraîner son adversaire dans sa chute. Vas-tu me suivre Therence dans cette descente aux enfers ? Car d’une certaine manière ta vie est un enfer pour toi. Un gouffre à ta mesure. Le pandémonium de ce que tu caches me semble affleurer derrière ton regard que tu veux neutre et imperturbable. Il suffirait de peu, d’une simple impulsion pour que tout jaillisse, tel la rupture d’un barrage sous dimensionné. Je n’ai pas souris quand je lance ma question, car je ne joue plus.

- Qui te manque à ce point ?

Il ne peut masquer la violence de ses sentiments. Son cœur part dans une symphonie Wagnérienne. Je n’imagine même pas sa fureur, s’il savait à quel point je peux « l’écouter ». Je ne lis pas ses pensées, mais je lis son corps qui réagit. Ses émotions le transpercent passant d’un extrême à l’autre. Je ressens sa peur, mais aussi sa colère. Celle-ci est violente et profonde. Oui c’est bien un animal écorché vif. Sa main qui frappe la table me surprend. Il s’est levé brusquement. Pendant quelques secondes, je pense qu’il va sortir. Suis-je allé trop loin ? Le jeu n’est pas équitable, j’ai un net avantage. Mais après tout, je me suis livré le premier, cela me donne bien le droit de le pousser… jusqu’au bout de son blocage. C’est avec soulagement que je le regarde se diriger vers les toilettes pour homme. Non pour espionner ce moment d’intimité désiré, mais simplement pour vérifier qu’il ne fera pas de conneries, j'écoute encore. La colère aveugle, je l’ai provoqué et m’en sens responsable.

Quand il revient, son cœur bat une mesure lourde et rapide. Il se rassit en face de moi avec un calme forcé. Son regard m’incendie.

- Action.

La réponse tombe comme une condamnation. Je ne m’attendais pas à cette… faiblesse ? Ce sur quoi j’ai mis le doigt, doit vraiment lui empoisonner la vie pour qu’il perde ainsi de sa superbe. J’allais lui demander un truc ridicule quand je le vois qui enrage.

-L'amour... Tu aimes vraiment ce type, hein? Stiles. Accentuais-je. Mais lui. Es-tu seulement bien sûr qu'il t'aime en retour? ...Qui y a-t-il à aimer chez un monstre?...

Le salopard ! Le coup se veut bas, il me touche et me fait mal. A son tour de pointer l’endroit qui blesse. Ma mâchoire se serre, je ferme les yeux et expire doucement. Je m’imagine lui déchirer la gorge à coup de croc, la tension retombe un peu. Quand je vais pour croiser mes mains sur la table, je m’aperçois que mes griffes se sont encastrées dans l’assise de la banquette. Je suis hors de moi. Ce mec m’a suffisamment énervé pour faire sortir mon loup. Je garde la bouche fermée, mes canines se sont changées en crocs. « Alpha, Bêta, Oméga », cette litanie que Peter m’avait enseignée fini par faire son effet. J’ouvre de nouveau les yeux, mon regard de glace se verrouille sur les sombres prunelles de Therence. Il aurait pu s’en sortir avec légère humiliation dans ce bistrot. Je vais lui faire payer sa moquerie et ses allusions. Je vais lui arracher le cœur aussi surement que je m’appelle Derek. Lui arracher pour mieux le lui montrer à son regard insolent.

- Ok. Le gage sera à la hauteur de ce que tu souhaites cacher. Je veux que tu visites un lieu particulier.

Sans attendre sa réponse, je me levais et collais sur la table le prix de nos consommations. Alors que je passais à son niveau, j’ajoutai de manière fielleuse :

- Évidement si tu en as assez pour avoir le courage de me suivre.

Je poursuivis et sortis. La Camaro était garée juste au bout de la rue, sans me retourner j’allais rejoindre ma voiture. C’était quitte ou double. Soit il suivait, soit se couchait misérablement. Il venait déjà de le faire en choisissant l’action. Ce type avait trop d’orgueil pour réitérer dans la foulée un tel rabaissement. La portière passager s’ouvrit quand je mis le moteur en route. Je ne répondis pas à sa question du « où ». Qu’il gamberge un peu ! Sa colère se dispute à sa raison qui lui crie de ne pas me suivre. Je passe une vitesse et le V8 rugit. Il ne faut qu’un quart d’heure pour rejoindre l’endroit que je veux lui faire visiter. Avec satisfaction, j’entends son pouls s’accélérer lorsque que l’on passe les limites de la ville pour longer la forêt. Je ne réponds rien à ses questions. Je ne laisse paraitre qu’une colère froide. Ce mec a tout de même du cran de ne pas faire dans son froc. Même sans mes capacités de lycan, nous ne sommes pas bâtis de la même manière et j’ai largement l’habitude de me battre, alors que lui….

Nous passons une pancarte de bois qui annonce : Interdiction de pénétrer quand il fait nuit. Le crépuscule a déjà rendu l’âme et seul une lune gibbeuse et les phares de la Camaro éclairent la forêt qui se découvre devant nous. Je m’arrête enfin et laisse les phares allumés. Les lampes à iodes nous dévoilent les ruines d’un désastre, celui de ma vie. Je sors, Therence ne bouge pas immédiatement.

- Je te présente la demeure de ma famille. C’est dans cet état depuis sept ans. Depuis qu’un incendie à cramée vive toute ma famille par des gens qui comme toi nous considéraient comme des monstres. Comprenant que je n’avais pas l’intention de le cogner, Therence était sorti de la voiture.

J’entai l’invitant à me suivre. Lentement je lui décrivis chaque détail de cette journée. Lui montrais là où les miens avaient été enfermés, les murs enduits d’essence. Les rires des chasseurs… Peter, un soir de spleen, m’avait raconté l’horreur qu’il avait vécu. Il est facile par les mots de celui qui a trouvé l’enfer ici, de retranscrire ce qui s’est passé. Les cris, les hurlements, la chaleur et la douleur, inhumaine, si atroce qu’elle rend fou. L’odeur de la chaire brulée, Peter m’avait dit que cela l’avait hanté longtemps. Ensuite venaient le sentiment d’injustice et la haine qui vous prenaient aux tripes. Pourtant… pourtant j’avais accepté de marcher aux côtés d’Allison et de Chris… mes anciens bourreaux. A l’étage je lui montrais ce qu’il restait de ma chambre. Un poster à moitié calciné, les restes de meubles avaient été dégagé pour faciliter Chad dans son travail d’architecte. En me retournant vers Therence, je vis les flammes de cet enfer dans ses yeux. J’avais été assez précis pour qu’il revive la scène comme s’il y était.

- Qui est le véritable monstre ? Le chasseur ou la bête qu’il traque sans fin ? Dis-je d’une voix rendue rauque part ma demi-transformation.

- Que sais-tu de la douleur, de la peine ? Toi qui semble avoir eu une bonne éducation.

Mes yeux étincelaient de ce bleu électrique qui marquait le loup que j’étais. Je manquais de prudence en me dévoilant. Mais personne ne croirait un adolescent s’il venait à parler de ce qu’il voyait là. Je voulais lui faire ravaler ses jugements à l’emporte-pièce, lui faire bouffer ce qu’il cachait.

- Penses-tu avoir si mal que ça, pour te cacher derrière le masque de ta suffisance. Qui cherches-tu Therence ? Pourquoi trembles-tu rien qu’à l’idée de me le dire ? Qu’as-tu à perdre ?

D’un geste je désignai le manoir, lui rappelant qu’il pouvait toujours y avoir pire. J’avais trainé ma peine jusqu’à ce que je trouve Stiles. Je serai devenu fou sans lui. Je redescendis lentement, le laissant dans ses pensées.

- Fais-gaffes aux marches...

Assis sur les marches de bois bruts du perron, j’attendais qu’il se décide à redescendre. J’y étais allé fort. Lui avait balancé l’horreur à la figure, montré le fauve que j’étais. Suis-je un monstre ? Je crois qu’on l’est tous en fait. Sans s’apitoyer sur son sort, Therence devait tout de même comprendre qu’il devait lâcher prise avant que sa quête ne le tue de l’intérieur. Dans le bar, j’avais clairement compris qu’il n’avait aucune attache sérieuse, ses liens qui facilitent la vie. Ce n’est pas compliqué de se faire des amis, il suffit de bien les choisir. Ruby, Cahir, Chad et même Mick font partie de ma meute. Ils me soutiennent par leur présence. Même la troupe de doux dingues qui compose la meute hétéroclite de Scott est présente dans les coups durs. Nous sommes solidaires. Ensemble nous sommes plus forts.

Toi Therence, tu es seul au milieu de la foule.



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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 14:16


[b] Memory[b]
Je suis surpris. Lorsque je lui aie demandé de m'expliquer la source de ses problèmes, je ne pensais pas qu'il se montrerait aussi docile. Les réflexions avaient eu l'air pénibles, mais finalement, sa prise de parole sonnait d'avantage comme une libération que la peine que je m'étais faite un plaisir de lui infliger. Pourtant, je dois admettre qu'après avoir eu ma réponse, la mesquinerie n'était plus maîtresse. Il cherchait la paix en venant boire ici, et il se retrouve à me déballer sa vie de tourments, j'ai gâché sa précieuse trêve en m'incrustant avec mes indiscrétions. Mais quel mec étrange que celui qui confie à un inconnu sa dangerosité comme ses liens profonds, sans embarras mais avec le vague à l'âme? D'animal, il possédait aussi ce quelque chose d'authentique qui désarme l'homme hypocrite.

Mais il ne perd pas de vue son propre objectif, celui de me faire tomber. Il me met face à un mur, j'ai beau y être préparer, je me le prend quand même en plein figure. Je ne pensais pas qu'il me piègerait si tôt. Je m'absente, le temps de trouver une solution, et je ne peux pas me résoudre à abandonner. Il me reste une chance dérisoire de sauver mon honneur à défaut de pouvoir garder mon secret. Je décide de lui tenir tête.

Je le sens étonné de ma réponse. Déçu?... Ça m'agace, je voudrais le voir énervé lui aussi. Mais à quoi bon, il sait déjà qu'il a gagné. Mais je ne peux pas m'en empêcher... je trouve de quoi le piquer, avec l'espoir qu'il en sorte assez aigrie pour reléguer ma vie à l'état de futilité. Ce qui quelques minutes auparavant me causait quelques ridicules sensibleries, je m'en fais une arme et le retourne vicieusement contre lui.

N'importe qui serait susceptible de douter de l'amour de son partenaire, cette question en elle-même n'a rien de bien extraordinaire. Mais lui, il vient de me confier ses faiblesses. Ce type qu'il aime, cette vie de perte et de tumulte... J'ignore dans quoi monsieur trempe, mais cette fange m'a l'air de l'embourber salement, et l'amour est-il réellement aussi puissant qu'on le raconte pour subsister malgré les épreuves, surtout les plus abjectes? Des gens sont morts, ses proches sont incessamment dans la galère. Qui, qui ait un minimum de bon sens, voudrait sérieusement trainer et s'engager avec un type comme lui?!

Je souris avec sadisme, je prends plaisir à détecter le moindre signe de douleur. J'ai visé là où il faut, en plein là où ça fait mal, hein? Mes yeux pétillent, je triomphe. Je guette le moment où il me fusillera de son regard de glace, où il me crachera ses justifications au visage. Mais l'animal, comme il s'est lui-même présenté, se retient louablement. Pour mieux exploser? Vas-y! Je veux que tu éclates Derek! Que tu agisses comme la bête que tu te dis être, pour rendre plus crédibles mes paroles, et pour reprendre le dessus sur le bestiaux primitif que tu es!
Mais il est fort, sacrément fort. Il boue, mais reste terré dans son mutisme et les ténèbres, à essayer de réguler sa colère. Dommage, moi qui espérais tellement le faire sortir de ses gongs...
Il croise prudemment les doigts, et rouvre enfin ses réfrigérantes sur moi.

- Ok. Le gage sera à la hauteur de ce que tu souhaites cacher. Je veux que tu visites un lieu particulier.

Quoi?... Je grimace, étonné. Je me rends alors compte de ma bêtise à avoir cru nos luttes confinées au bistrot. Je n'avais pas prévu de migrer d'ici... Sa manière de jouer franchement et en s'échappant des sentiers battus est à l'inverse de mes tactiques, insidieuses et fourbes. Il se lève, ne me laisse pas le temps de sortir mon portefeuille, et me glisse...

- Évidement si tu en as assez pour avoir le courage de me suivre.

Ma mine se tort dans un bref ricanement. Je me moque, laissant croire à une évidence de ma part que le suivre, mais ce manège me laisse un désagréable pressentiment. Il mijote un truc qui m'échappe complètement, je n'aime pas ça... mais je ne peux décemment pas refuser. Si ce n'est pas par fierté, c'est au moins par curiosité, même si certain préférerait sans doute parler d'inconscience...

Je sors du bar en me demandant s'il ne m'invite pas à m'engouffrer avec lui dans un recoin isolé histoire de me faire gouter à quelques arguments frappants, qu'il se dirige résolument vers la Camaro garé plus loin. Je marque un très bref arrêt, alerté par la situation. On ne quitte pas le pub, on quitte le quartier, et j'ai beau être plutôt courageux, tout m'incite à arrêter notre petit jeu avant de le regretter.
Arrêter le jeu. Cette simple pensée guide mon pied vers l'avant, bien décidé. D'une certaine manière, j'ai eu ce que je voulais, je sais vaguement ce qu'il foutait là. Mais je me suis engagé à répondre de mes propres choix, ce défis qu'il concocte, je me dois de le relever.

Je m'engouffre dans le véhicule en reluquant son propriétaire à la recherche du moindre indice. Qu'est-ce qu'il prépare? Il cherche à me foutre la trouille, ou bien il a réellement quelque chose en tête? Je l'imagine bien m'emmener sur un pont et menacer de me balancer par-dessus bord si je ne m'excuse pas... L'image me paraît crédible, et ce n'est pas pour me rassurer.

-Où est-ce qu'on va comme ça?

Je joue l'ennuyé, celui qui se laisse embarquer mais qui avait d'autres choses à faire, celui qui doute de se laisser intimidé par cette virée improvisée. Mais mon jeu est mauvais, je perds carrément mon sourire quand je me détourne après avoir essuyer un parfait silence. Ce mec ne laisse rien filtré, impossible de savoir à quoi il pense. Seul son visage plus incisif que jamais et ses coups d'accélérateurs me laisse deviner que ses humeurs que j'ai provoqué, il ne les expulse pas, il les cuve.

Je regarde la route, le paysage qui défile, et jette de temps à autres quelques coup d'œil à la statue qui me sert de chauffeur. Il ne bouge pas d'un poil, son expression de tueur à gage complètement figée, le regard droit sur une destination connue de lui seul. Les minutes égrènent mon assurance. Est-ce que je n'aurais pas mieux fait de m'en tirer avec ses révélations? Lui parler de mon géniteur?! Ça non. Je refuse. Quoique... je suis peut-être prêt à réviser mon jugement quand il s'engage vers la forêt...

-... T'as prévu quoi, de m'enterrer au fond des bois?

Je ris en l'explorant d'un regard en coin, c'est nerveux. Et mon rire se meurt lamentablement quand je ne reçois rien qu'un même insondable silence. B*rdel... mais dans quoi est-ce que je viens de me fourrer...

Je ne connais pas encore assez bien la région, et ce type m'emmène je ne sais où dans un recoin paumé. Ça fait bien une dizaine de minutes que l'on roule, même si j'arrive à quitter la forêt, je ne risque pas d'aller bien loin... J'essaie de me rappeler du nombre de véhicules que j'ai croisé jusqu'ici, manière d'estimer mes chances de trouver une embarcation salutaire. Encore faut-il que j'échappe à ce supposé malade. Il est indéniablement mieux bâti que moi, mais je veux croire avoir une chance de pouvoir me défendre. Au moins lui échapper... Il doit connaître ces bois, mais si je suis assez vif, je pourrais toujours piquer la bagnole et...

Mon regard s'accroche à la pancarte que les phares illuminent momentanément. « Interdiction de pénétrer quand il fait nuit. » Génial! Il va vraiment me faire la peau.

Quand la voiture ralentis, je retiens mon souffle et me rend seulement compte que mes doigts se sont mis à frapper frénétiquement contre la poignée intérieure de la portière, au rythme incontrôlable de mon pulsoir. Une bicoque en ruine, c'est là qu'il a prévu de me faire payer?...
Quand il sort, seuls mes yeux suivent son mouvement. Je ne suis pas certain de vouloir quitter mon siège, et à la fois, je juge que ce geste pourrait m'être salutaire... Je m'attend presque à ce qu'il vienne m'extirper de là de force pour me balancer à terre et me passer à tabac, qu'il se pose juste en avant de la voiture, devant ce décor de désolation.

- Je te présente la demeure de ma famille. C’est dans cet état depuis sept ans. Depuis qu’un incendie à cramée vive toute ma famille par des gens qui comme toi nous considéraient comme des monstres.

La peur qui me rongeait se transforme dans une étrange confusion. Je crois qu'il me faut quelques secondes pour admettre qu'il ne me fera pas le mal que je craignais, d'autres encore pour assimiler. La demeure de sa famille, brûlée il y a sept ans ainsi que certains des membres, parce que... on les aurait perçus comme des monstres?...

Je sors de la voiture. Je n'ai plus cette frousse ridicule de plus tôt, mais je ne brille pas d'assurance, au contraire. Cette explication est clairement un reproche, et en soi perturbante. Je suis sur les lieux d'un crime. Sur les lieux d'un massacre...

Je ne pipe mot. J'observe l'immense rescapé de pierre et de bois qui nous surplombe, et je suis Derek à l'intérieur.
J'entre avec prudence. Pour ne pas mettre les pieds dans une fausse, mais parce que chaque pas m'entraine dans une histoire que je ne suis pas certain de vouloir connaître... Les phares de la voiture et les lueurs de la lune dépeignent ci et là les restes du désastre que l'homme se met à me raconter.

Il me fait voyager de pièces en pièces, de souvenirs en souvenirs. Il me transmet les bribes sordides d'une vie qui ne me concerne pas, mais je ne peux que me laisser illusionner par ses mots. On croirait qu'il a tout vu, tout vécu. Est-ce que c'est le cas? Je ne suis pas en état de réellement me poser la question. J'imagine la famille prise au piège, la terreur de se voir bruler, l'impuissance de perdre les siens, la rage de subir la cruauté de d'autres... Je ne les imagine pas, c'est lui qui me les impose. Il me décrit les nuées acides, les chairs dévorées par les flammes, il me montre les griffures désespérées, me décrit les hurlements et la folie d'un tel carnage... Je monte avec lui, je le suis presque machinalement, n'envisageant pas un instant de me perdre entre ces murs criants de vie. J'ai été un gosse comme tous, qui a du mal à s'endormir le soir après avoir regardé un film d'horreur. Mais même si j'ai passé le cap, l'horreur ici n'a rien de fictive, cette maison en a garder les traces. Et par ses récits, Derek ré-invoque les ombres des lieux, il ranime la tragédie...
Spectateur obligé, je découvre les vestiges d'une chambre d'adolescent. La sienne. Les restes d'un poster, petite preuve touchante en ces lieux abandonné d'une vie avant l'enfer, une vie comme j'en ai une, une vie atrocement partie en fumée...

Quand le regard palpable de l'ancien résidant se braque sur moi, je reviens difficilement de son histoire. J'ai la nausée, la poussière me laisse parfois l'impression de transporter des odeurs de roussit, et les ombres ci et là, se superposent à des silhouette en plein débat contre des flammes imaginaires dévorant des bouts de vies.

- Qui est le véritable monstre ? Le chasseur ou la bête qu’il traque sans fin ?

Je détache mes yeux de mes contemplations fantômes pour les poser sur lui. Sa voix est... particulièrement grondante... de colère, de reproches, quelque chose essaie de me faire comprendre que le danger est plus réel que ces souvenirs...

- Que sais-tu de la douleur, de la peine ? Toi qui semble avoir eu une bonne éducation.

Depuis le début, je me tiens à distance, une sécurité inconsciente même si je me suis pris à le suivre où qu'il me mène. Mais quand une lueur singulière et trop persistance s'empare de ses iris, je m'alarme et recule instinctivement, conscient de l'anormalité du phénomène. Puis je baisse momentanément les yeux, la crainte se disputant la contrariété. Il me reproche ma vie, me prend pour un braillard, c'est ça?...

- Penses-tu avoir si mal que ça, pour te cacher derrière le masque de ta suffisance.

Il me cherche. Quoi qu'il soit, il ne se contente pas de jouer les phénomènes de foire, il me cherche encore. Ma mâchoire se contracte, je défis ses luminescences. Qu'est-ce qu'il connaît de moi pour juger ma douleur? J'ai envie de lui envoyer que ce masque n'en est pas un, que je me contente de moi même, mais je sens que ça sonne comme un aboiement de roquet face à... un loup.

-Qui cherches-tu Therence ? Il me vise encore. Pourquoi trembles-tu rien qu’à l’idée de me le dire ? Je ne tremble pas! Qu’as-tu à perdre ?

Il recommence, il dépasse les bornes, et je m'en vais lui cracher mes médisances, que son geste me coupe dans mon élan. Il me montre le manoir en ruine, ce qu'il reste de cette chambre... Et une prise de conscience me claque et ballait mes virulences.

Mes lèvres remuent à la recherche d'arguments qui ne viennent pas, mes yeux papillent et retombent piteusement sur le plancher. Mon esprit remue dans le vide... un grand vide. Puis je l'entend qu'il quitte la pièce.

- Fais-gaffes aux marches...

Délicate attention qui m'extirpe de mes pensées aussitôt que je m'y retrouve happé. Cette remarque tend à me faire comprendre qu'il ne tient pas à me mettre sur le dos ses malheurs, seulement à... m'ouvrir les yeux. Mais je ne suis pas en état de m'en rassurer ou quoi que ce soit.

Je me retrouve seul au milieu d'une chambre qui n'est pas la mienne, à subir des spectres qui ne m'appartiennent pas. A prendre conscience de ma propre vie, me débattre sourdement avec mes propres afflictions. J'ai l'impression de recevoir les échos de ma propre présence en ces lieux, de me retrouver seul face à moi-même...
Comme s'il ne se suffisait pas de ses contes d'horreurs, ce c*n à réussit à réussi à appeler mes propres angoisses.

Encore sonné par ses histoires, je grimace, refuse de me laisser aller. Et alors quoi? Il essaie de me culpabiliser? Il voudrait que je pleure sur le sort de sa famille, parce qu'une bande de pyromanes a décidé de jouer les exterminateurs?! Mais c'est pas mon problème, moi, ces c*nneries! Que cherche-t-il à faire à me parler de sa tragédie?! Il veut comparer nos vies, c'est ça?! Montrer qui porte le vide le plus abyssal?! De quel droit juge-t-il ma douleur, qui a dit que j'ai mal de toute manière?! Oui, c'est vrai, j'ai le sentiment d'avoir un gouffre quelque part, et ça me pourris de l'intérieur. Mais jamais je ne me suis venté de mes malheurs en espérant qu'une âme charitable vienne me plaindre, la pitié me dégoutte, je vaux bien mieux que ça, moi! Ma bonne éducation, comme il dit, n'implique en rien que mes maux soit plus doux que... que ce qu'il à put subir... Ma suffisance... Il me fait marrer! Je me suffit à moi-même, il n'y a aucun masque là dessous!... Je connais ma valeur, mes grands airs n'ont rien de chiqués! Je ne tremble pas, je n'ai pas peur!!!

Je lève les yeux, mon regard fait le tour de la pièce, et mes quelques pas résonnent dans l'espace abandonné. Qu'est-ce que j'ai à perdre, hein?...

M*rde.


Les marches craquent sous mes pas quand je redescends. Les mains dans les poches de ma veste et le col remonté, je m'arrête juste après le seuil de l'entrée. Je reste silencieux, je profite des quelques murmures de la nuit et réprime un frisson, mal assuré. Les lieux sont carrément glauques, même pour un type comme moi, et ses débats intérieurs m'ont bouffé mon énergie.
Je remue les mots dans ma tête, mais je n'arrive pas à me décider à les prononcer. Trop de choses se bousculent, entre les échos funestes de cette maison, mes propres réflexions, le besoin de me justifier, et à la fois de ne pas savoir comment avouer mes cachotteries et mes torts sans passer pour un crétin.
J'humecte mes lèvres et fini par pousser un soupir.

-J'ai peut-être pas grand chose à perdre, mais... C'est trop important pour moi pour risquer de faire une c*nnerie.

Mon esprit balance, entre cette réponse que je lui doit légitimement, l'insignifiance de ce mystère, la crainte pourtant persistante de le regretter un jour...

-Mon père.

Lâché-je dans une expiration nerveuse, regardant à l'extrême opposé de mon interlocuteur. J'ai aucune envie de connaître sa réaction, qu'elle soit de glace, de triomphe ou de condescendance.
Quelque chose en moi vient de s'effondrer, mais je n'arrive pas à savoir si c'est de l'indignation contre moi même ou bien du soulagement qui en émane. Ça y est. C'est dit. Et maintenant? Je me rend compte que le monde n'a pas cessé de tourné, je suis toujours vivant, lui ne semble pas avoir grand chose à argumenté là dessus... Mais moi ça me rend nerveux, alors je me décolle de la porte pour descendre quelque marches mais surplomber le type, même si je garde de la distance.

-Qu'on soit clair, c'est toi qui t'es présenter comme une bête sauvage, alors qu'ont ne me reproche pas de t'avoir traiter de... enfin c'est juste un mauvais choix de mot.

Alors ce n'était pas la peine de me faire le coup de l'assassin du fond des bois et de me faire découvrir sa charmante histoire de famille.
Je dis ça, mais je m'apprête quand même à détaller. Si on oublie la capacité cryogène de ce type, je l'ai vu faire ce truc avec ses yeux, sans parler de sa voix ou cet espèce de charisme à glacer le sang quand il s'y met... Je suis peut-être arrogant, je ne suis pas inconscient. Enfin... je me voyais quand même essayer de me décharger de ce reproche... même si l'appellation n'était clairement pas choisie au hasard... D'accord, je n'ai rien de valable pour ma défense.

Je ravale mon irresponsabilité. Je crois qu'il est temps d'arrêter de vouloir jouer au plus fort.

-Qu'est-ce que vous avez fait pour que ces gens cherchent à vous détruire? Je veux dire... qu'est-qu'ils vous reprochaient? Me rattrapé-je aussitôt, conscient de ma mauvaise formulation.

Je le scrute, curieux et malgré moi concerné. Je viens de vivre un pan de sa vie, par sa faute, il ne peux pas me reprocher de vouloir en savoir plus. Puis... le jeu à beau avoir surement pris fin avec cette sinistre ballade, je ne suis pas prêt à supporter ses propres questions à mon encontre. La famille n'est pas un sujet que j'aime aborder, mes fraiches remises en questions encore moins. Je me sens déjà assez harassé d'y avoir été plongé. Alors je veux savoir, si cette extermination est lié à... ça. Ce phénomène avec ses yeux. S'ils sont tous comme ça chez lui, un héritage familial peut-être... Il existe bien des anomalies qui pourraient pousser à la panique. Des pleureur de sangs, des pupilles félines... Des cas rares et pourtant authentifiés, des petites curiosités qui émoustille la science, mais qui peuvent pousser à d'étranges fanatismes...
Je m'emballe. Mais voir sa vie partir en fumée... pourquoi?

-T'y étais?

Je retiens mon souffle. Je ne sais pas si j'ai bien fais de poser la question. Il a ravivé ses douleurs pour me les faire partager, mais je crains qu'une confirmation ne soit plus difficile à admettre qu'une histoire si c'est bien le cas.




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Derek Hale
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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 14:17






Two Faces

Derek & Therence
L’air frais de la forêt me calme et m’apaise. Ce lieu, qui peut sembler sombre et obscure pour beaucoup, est pour moi comme un refuge, une sorte de sanctuaire. Et depuis que j’ai décidé de faire reconstruire ce manoir, il évoque aussi une possibilité de futur. Pour cela, j’ai dû accepter mon passé. Non pas que j’ai oublié les terribles événements qui ont eu lieu ici. Cela restera gravé dans ma mémoire jusqu’à ce que celle-ci se délite avec l’âge ou la mort. Cependant, maintenant je m’autorise à avancer, à vivre enfin cette vie que j’avais mise en suspens. Je me donne le droit d'espérer un avenir. Rien ne fera revenir les miens, rien n’effacera la douleur et la souffrance de ceux qui ont péri ici. Cette non-vie que je m’étais auto-imposée ne faisait qu’allonger la liste des victimes. C’est bien ce que je voulais faire comprendre à Therence en l’amenant ici.

Il est toujours là où je l’ai quitté, dans les ruines de ma chambre d’adolescent. Je m’interrogeai sur la réussite de ma manœuvre. N’allait-il pas simplement voir juste quelqu’un qui lui mettait sous le nez des problèmes sensés être bien plus graves que les siens ? Je me moquais de sa compassion, je ne m’étais jamais plaint de ma vie, et cela n’allait pas commencer ce soir. Je ne suis pas un expansif, pourtant J’avais répondu aux questions de Therence. Avais-je exposé ma rancœur ou seulement été resté factuel ? J’avais tout de même réagit à ses piques. Ce gars était intuitif, il avait su cibler ce qui pouvait me miner. Mais avec du recul, n’avais-je pas les mêmes faiblesses que les autres. Dès que l’on aime quelqu’un, on s’expose aux mêmes doutes, aux mêmes souffrances. A force de m’entendre dire que j’étais un monstre, j’oubliai parfois que j’étais aussi d’une banalité affligeante. Je souris à la nuit, de cette rencontre avec cet arrogant, en ressortait plein de débat intérieur et de questionnement. L’équation de ma vie se posait différemment. Quel pouvait être le point de vue de Therence sur toute cette… merde ? Profondément concentré sur mes pensées, je ne l’entendis pas redescendre et sortir du manoir.

-J'ai peut-être pas grand-chose à perdre, mais... C'est trop important pour moi pour risquer de faire une c*nnerie.

Je reviens à la réalité. De quoi me parle-t-il ? De quelle c*nnerie parle-t-il ? Passer d’un sujet à l’autre, j’en avais oublié les propres tourments de celui qui, malgré l’environnement impressionnant, continue de me toiser.

-Mon père.

Ces deux mots sortent comme jaillirai le bouchon d’un tonneau trop plein. Le vin se gâche, mais la pression redescend. Ne faut-il pas lâcher du leste pour ne pas se fracasser ? Il me dit ce qu’il attend et cherche à contre cœur. Mais je perçois ses sentiments contradictoires, sa répugnance à devoir me répondre. Il est le genre d’homme qui exècre devoir rendre des comptes. Son visage se pare de froide colère quand il poursuit sans me laisser le temps de commenter sa réponse. Il embraye sur ma propre histoire. A-t-il à ce point peur de ma réaction ? Peur que je le prenne pour un gamin qui cherche son papa ?

-Qu'on soit clair, c'est toi qui t'es présenté comme une bête sauvage, alors qu'on ne me reproche pas de t'avoir traité de... enfin c'est juste un mauvais choix de mot.

Je me suis en effet présenté comme un animal, et une bête sauvage qui en attire d’autres. C’est la pure réalité, froide et factuelle. Mais l’homme oublie trop souvent que « homo homini lupus est ». Encore une référence qu’affectionne Peter. C’est affolant qu’à force de le côtoyer, j’en retiens même les citations de Titus Maccius Plaute. A force, je vais finir par parler comme lui, comme un dictionnaire… Bon Stiles contrebalance assez bien l’influence littéraire de mon très cher oncle. Monstres… Tout est question de point de vue.

-Qu'est-ce que vous avez fait pour que ces gens cherchent à vous détruire? Je veux dire... qu'est-ce qu'ils vous reprochaient? T'y étais?

J’avalais ma salive et inspirait lentement. Certes, j’avais tourné la page, me tournant vers un avenir peut-être incertain, mais qui avait au moins le mérite de me donner un but. Pourquoi ? Je crois que je pouvais poser cette question à chaque moment de ma vie. Pourquoi avais-je dû tuer Paige ? Pourquoi les chasseurs avaient brûlé ma famille alors que nous vivions en paix ? Pourquoi Jennifer s’en est pris à Cora? Pourquoi le Nogitsune s’est emparé de Stiles ? Pourquoi n’y a-t-il jamais de fin ?

- Parce que les gens ne sont pas prêts pour la différence. Nous étions… nous sommes différents, animales, sauvages… dangereux mais pas plus qu’un malade avec un flingue au milieu d’une cours de récréation et qui tire au hasard. Non, je n’y étais pas, je ne serais pas là pour t’en parler sinon, bien que mon oncle ait survécu à cet enfer… il y a laissé un peu de sa raison je crois.

Je regarde mes mains, elles peuvent se transformer en armes redoutables. Je me tourne vers Therence et esquisse un sourire qui se veut plus une moue. Qu’il ne compte pas que j’oublie ce qu’il vient d’avouer. Mais je poursuis ce jeu des questions, les règles se sont assouplies mais la joute reste d’actualité. Il a répondu à ma question. Mais s'il pense en avoir fini avec moi à ce sujet, il se plante le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Toutefois c’est à moi de répondre.

- Ceux qui ont fait cela se nomment eux-même « chasseurs » car ils pensent traquer des monstres, alors que nous ne sommes que des prédateurs là où l’homme est un destructeur à la limite du nuisible.

Therence me regarde sans comprendre. C’est certain que son esprit ne peut assembler et valider les bouts d’information que je lui distille. Son père, c’est l’information la plus importante à ses yeux. Il aurait pu être mauvais joueur et me mentir, me donner autre chose en pâture. Pourtant si son cœur avait faibli sous son aveu, ce n’est pas de mensonge mais de douleur. Il avait été honnête, je devais l’être également.

- Je ne suis pas un monstre, juste un loup, dis-je doucement.

Et comme je vis un rictus moqueur naître sur ses lèvres, je lui montrai mon vrai visage. Therence failli s’étaler en reculant brusquement face à mon apparence.

- Pour être plus clair, sur la chaîne alimentaire, je suis au-dessus de toi. Mais ne t’inquiète pas, je me nourris essentiellement de pizza terminai-je pour dédramatiser le moment.

Je regardai droit devant moi. Je n’avais pas envie de voir son expression, celle que je voyais sur le visage de ceux qui me pourchassaient, la haine, le dégoût et la peur. Certaines expressions font parfois bien plus mal que des mots. Les mots peuvent être calculés, manipulés. Les réflexes d’une émotion, non. Ils ont la pureté de la vérité aussi tranchante qu'une lame de rasoir.

- J’ai des capacités… spéciales qui pourraient t’aider. Du moins si ton paternel traîne à Beacon Hill.

Je ne prenais pas mon tour de question. Je lui tendais juste une perche. Ce qu’il ressentait ou espérait, je préférerai qu’il me le dise de lui-même et non que je lui arrache par habileté. Allait-il se barrer, ou s’assoir à côté de moi et poursuivre cette discussion ? Mes traits reprirent leur apparence humaine. J’étais déjà d’un plus gros gabarit que lui, inutile d’en rajouter. Oui j’étais potentiellement dangereux, comme le courant dans une prise électrique. Il suffit de ne pas chercher les ennuis et tout se passe bien. Mais allez faire comprendre ça à ces c*nnards d’incendiaires !

- Je ne mords pas… du moins pas souvent, dis-je avec un sourire moqueur pour l’inciter à réagir.



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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Looking for... [PV Dereck]   Sam 27 Déc - 14:20


[b] Answers[b]
J'ai froid. J'ai la nausée. Toute mon énergie, mon assurance, ce sont envolés, balayés par les évocations imagées et détaillées du drame des lieux.

Ce taciturne auquel je prêtais une vie de voyou à perdu sa famille dans un incendie volontaire. Je ne suis pas à même de comprendre, je ne le souhaite pas. Mais je ne peux pas rester de marbre. Il me parle de monstres et de chasseurs. Lequel est le plus monstrueux ? Mes paroles ont fait mouches, mais leur effet aura été plus sévère que je ne l'aurais imaginé. Je ne l'ai pas blessé, j'ai insulté les siens et ignoré ce qu'il à vécu. Qui est réellement le plus à même d'être appelé « monstre », d'une famille piégée et brûlée vive, et d'inquisiteurs sans morale?
Je regrette. Surtout parce que la justification de Derek aura été terriblement percutante, je crois. Mais je regrette de l'avoir provoqué sur ce coup là.

Néanmoins, quand il se met à... comparer nos douleurs, à tourner mes silences et mon mépris en dérision... je m'irrite, il n'a pas le droit. Et je m'apprête à lui répondre que j'ai de l'honneur à conserver et que je ne me laisserais pas écrasé par ses colères, son geste détourne mes jugements.

Ce que j'ai à perdre. Par extension, ce que je possède, ce que j'ai perdu... ce qu'il me reste...

Il m'abandonne là. Je suis paumé, je me rebelle contre ses sermons. De quoi à t-il l'air, ce faux assassin, sinon d'une âme plaintive, qui cherche la condescendance, hein ?! C'est ça, on dirait juste un gosse qui parce que son camarade à tapé plus fort et lui à fait mal, feint la pleurnicherie pour sauver sa face ! Mais moi je ne suis pas de ceux qui s'émeuvent, il est ridicule !!!
Je suis ridicule. Mes pensées me reviennent comme des échos dans cette chambre abîmée et déserte. Je me fatigue, je me calme... Je me désole en silence.

J'ai une chambre, moi aussi. J'en ai eu plusieurs en fait, j'ai enchaîné plusieurs résidences. Peut-être moins imposantes que ce presque manoir, mais j'ai eu un semblant de... vie de famille. Au moins quelque chose qui y ressemblait, en surface.
J'ai eu des posters moi aussi, pendant longtemps. Des idoles, des modèles, ces icônes qui font rêver et qui guident, à leur manière. Des objets, de valeurs plus ou moins sentimentales, même s'ils sont rares. Je m'en suis rendu compte il y a quelques mois, combien les biens matériels étaient dérisoires. Mais je m'y suis attaché. Je m'y accroche encore, à ces repères qui me suivent au fil de mes voyages et qui me rappelle qui je suis, ce que j'aime, ce que je veux. La seule idée que l'on y touche, que l'on me prive de ces parts de moi-même et de ma vie me hérisse. Alors, même si futile, je prends conscience de ce que c'est, qu'une perte.

Je tourne sur moi même, lentement. Je devine l'emplacement de meuble, je juge les recoins plus noircis que d'autre. Les maisons d'antan sont devenues un studio, pour une visite peut-être éphémère. Ma vie d'artifices, j'ai décidé d'en faire une aventure authentique, à la recherche du grand inconnu de ma vie. Je mordille l'intérieur de ma joue. Suis-je en mesure de pouvoir prétendre avoir un « chez-moi » maintenant?... Je cherche mes racines, et je me trouve à découvrir celles de ce type. Je vis en cherchant un fantôme et occultant l'ombre de ma génitrice, et je me rends compte que finalement, je ne fais que courir dans des dédales sans lumières, aucune, à fuir et à poursuivre des chimères. Il y a juste le vide, un grand vide qui m'entoure.

Qu'est-ce que je possède, sinon un stupide amour-propre a conservé, des plaisirs fugaces et stériles, et un rêve sans fondements ?...

Je me sens c*n. Je me sens petit. Je me sens seul.


Je redescends au rez-de-chaussé en songeant à Derek et nos agissements et paroles l'un envers l'autre. J'ai parlé pour ne rien dire, je l'ai blâmé sans rien connaître de sa vie, je me suis fié à un jugement construit de toute pièce d'après une vision de lui erronée et facile. Tout ça pour me grandir, pour avoir le dessus sur ce mec, comme je cherche à avoir le dessus sur n'importe qui... sur ma vie, peut-être. Je me suis rendu ridicule, j'ai laissé filtré mes propres geigneries à jouer les muets tenaces. J'ai présenté mes propres réserves comme la fin d'un monde, sans savoir à quelle apocalypse ce type avait été confronté. Néanmoins, malgré l'évidente différence de nos ruines personnelle... Je n'arrive pas à m'ôter cette trouille d'anéantir mes propres acquis.

Sur le seuil, je fais le compte, et je me justifie. C'est vrai, j'ai pas grand-chose, avec ma fierté mal placée. Mais ce que j'aurais à perdre à lui parler de ce père, c'est trop conséquent pour moi. Je me refuse à mettre franchement des mots sur mes pensées, ça sonne tellement... risible... mais...
L'espoir. L'espoir, ou la chance, j'en sais rien, de trouver un père, de découvrir peut-être la seule famille qu'il me reste et qui soit légitimement la plus à même de me reconnaître. D'en apprendre plus, sur mes origines, sur ma mère aussi.
Sur moi.

Alors non. Je ne peux pas accepter de déballer comme ça être à la recherche de mes racines. J'en ai honte, j'ai trop peur qu'un mauvais concours de circonstance ne mette en péril ma quête.

Mais je fini par lui dire, à lui. A ce type assez coriace pour m'arracher les vers du nez, assez lucide pour avoir fait la part, entre les insignifiances des véritables intérêts. Cela n'empêche que je ne suis pas prêt à accepter l'intégrité de mes torts. Ma dignité, aussi mauvaise soit-elle, j'y tiens aussi. Je me tiens debout, quelques marches au dessus de lui. Ma manière de rester supérieur à celui qui m'aura réprimandé.
Je préfère en apprendre plus sur les raisons de cette sombre histoire que me perdre d'avantage dans mes propres soucis. J'ai peut-être passé ma vie à me plaindre de manques et de faux-semblants, j'ai peut-être grandit veillé par un masque et à en imaginer d'autres, ce mec lui à vu sa vie partir littéralement en fumée. Qu'est-ce qui peut expliquer une horreur pareille ?...

- Parce que les gens ne sont pas prêts pour la différence.

… La différence ?... Je ne lui ferais pas l’affront de remettre en question son excuse, mais... La différence, j'ai l'impression qu'il élude mon interrogation. C'est trop facile, qui peut définir la différence et la normalité ?! Je me demande sérieusement s'il ne joue pas sur les mots pour éviter de réponse... Pourtant... A bien le regarder, ça n'a pas tout à fait l'air d'une rhétorique aisé.

-Nous étions… nous sommes différents, animales, sauvages… dangereux mais pas plus qu’un malade avec un flingue au milieu d’une cours de récréation et qui tire au hasard. Je plisse les yeux, confus. Il continu avec ses demi-mots qui veulent tout et ne rien dire... Non, je n’y étais pas, je ne serais pas là pour t’en parler sinon, bien que mon oncle ait survécu à cet enfer… il y a laissé un peu de sa raison je crois.

Il n'y était pas. Ça me soulage. Peut-être pas pour Derek, enfin, je crois, mais pour me dire que cette horreur qu'il m'aura compté... au final, nous sommes deux à l'imaginer. Je préfère m'accrocher à l'idée que ses récits perdent en consistances, parce qu'ils ne viennent pas d'un témoin direct. Ça ne m'empêche pas de frissonner à me remémorer quel drame c'est tenu à l'endroit même ou je suis installé, envoûté par ses sordides précisions...

- Ceux qui ont fait cela se nomment eux-même « chasseurs » car ils pensent traquer des monstres, alors que nous ne sommes que des prédateurs là où l’homme est un destructeur à la limite du nuisible.

Je hausse un sourcil, prenant conscience que depuis le début, le terme n'avait rien d'un hasard. Des chasseurs, rien que ça... Quand certains rejouent les assauts indiens contre cow-boy de leur contré, d'autres s'amusent... au monstres et aux chasseurs. Beacon Hill, tu caches de drôles d’excentricités. Enfin, chacun son trip.

-Okay... lâchais-je un peu largué, ou du moins peinant à traduire convenablement ses simulacres d'explications. Donc, on vous traques parce que vous êtes des... prédateurs, sauvages et dangereux. Mais au final, pas plus que ces chasseurs eux-même, ou n'importe qui sur cette foutu planète.

Qu'est-ce que j'étais censé comprendre ? Ça ne rimait à rien, à l'écouter, nous étions tous des monstres, et par déductions, il n'en étaient effectivement pas plus que n'importe qui. Je soupire méchamment. Il me mène en bateau.

- Je ne suis pas un monstre, juste un loup.

Je tique. Un loup ?...
Je me perd dans quelques brèves réflexions, puis je l'observe curieusement. J'ai... spontanément, la vision d'un animal totem m'est venu à l'esprit. Mais pas un fauve de chair et de poil sombre. Plutôt une... image.
J'hésite, mais rien n'assure un lien à ma rémanence, alors j'essaie de comprendre, sceptique. Qu'est-ce qu'il appelle « un loup » ? Est-ce que c'est encore l'une de ses métaphore animale, ou bien c'est quelque chose comme... je sais pas, le nom d'un groupe peut-être ?...

Mais brusquement, tout chavire.

-OH P*TAIN !!!

Je trésaille brutalement et recule par réflexe, m'emmêlant les pieds pour me retrouver à demi affalé contre le vieux mur et quelques débris. Qu'est-ce que c'est que ça ?!!

- Pour être plus clair, sur la chaîne alimentaire, je suis au-dessus de toi.

-La chaîne alimentaire ?!! gueulé-je, affolé.

-Mais ne t’inquiète pas, je me nourris essentiellement de pizza.

Je... je suis censé faire quoi là ? Rire ?! J'ai un type qui vient de changer de gueule en un claquement de doigt et qui m'assure sauter sur des pizza. Et c'est nettement pas une maladie de peau ce truc... c'est... du pur délire.

Je le fixe, pas franchement dans la position la plus aisé pour fuir. Mais le... la bête... enfin, Derek ne daigne pas faire fi de ma chair à mastiquer. Il regarde droit devant lui, tranquille, maître de lui même... Alors sûr qu'il ne me sautera pas dessus, je dégluti et me relève doucement.

Des... monstres. Des bêtes. Des animaux. Des prédateurs. Le sens de ces mots me parait plus limpides que jamais.

- J’ai des capacités… spéciales qui pourraient t’aider. Du moins si ton paternel traîne à Beacon Hill.

L'effarement laisse place à une espérance dubitative mais grandissante. Il parle sérieusement ?... L'idée d'avoir à porté de main un moyen de trouver une piste concernant mon géniteur me donne une bouffée trouble et revigorante, mais la raison s'en mêle rapidement pour me ramener sur terre. Inutile de t'exalter mon gars, ce n'est pas parce qu'il propose une solution que ça va nécessairement aboutir à quoi que ce soit. Et puis... Mieux vaut en savoir un peu plus sur sa méthode. Ce n'est pas comme si j'avais à faire à... un homme ordinaire.

Je réprime un gros frisson, impressionné et dégoutté, quand je vois son faciès lupin se tordre et fondre encore pour reprendre son apparence... « normale ».

- Je ne mords pas… du moins pas souvent.

Je grimace, mal-assuré mais agacé de me rendre compte mon comportement peu flatteur et qu'il me renvoie avec ses ironies. J'en rirais presque jaune. Et pour me prouver... LUI prouver que je n'ai pas si peur, j'approche et je m'assoie sur la marche, à côté de lui. Prudemment, et avec une distance de sécurité... S'il avait voulu me faire la peau, ce n'est pas les occasions qui auraient manquées, ni les motivations. Mais ce type à des crocs, m*rde.

-J'ai pas besoin d'aide. Et même si j'en avais, je pense pas que tu puisses faire grand choses.

Je ris sans joie. Et me tais, un instant. Je suis resté entêtement silencieux, je compte bien mener mon affaire seul, mais là... même si c'est un peu par fierté, je me rends compte que si je n'en révèle pas d'avantage... C'est tout simplement parce que je ne trouve rien à lui en dire.
Ça m'agace, je fulmine contre moi-même, contre cette absence d'informations, contre les silences de ma mère.

-Tout ce que je sais, c'est que je suis né ici ! Clamais-je ma défaite contre mes circonspections. Je ne sais rien d'autres. Rien !

J'accroche mon regard au sien, méchamment formel. Est-ce qu'il comprend pourquoi je désiste sa proposition ? Quand je dis rien, c'est rien. C'est à prendre au pied de la lettre.
Pitoyable, hein ? Mon seul indice, le seul élément fiable qui me pousse à chercher ici, à croire, c'est le nom d'une ville, le nom d'un hôpital, inscrit sur un p*tain d'acte de naissance, le mien. Des Beacon Hill y en a pas cent. Mais ça ne veut rien dire. J'ai peut-être été conçu à l'autre bout du monde, qui sait ?! Pas moi en tout cas. Alors oui, la logique, MA logique, m'emmène naturellement à venir chercher ici, savoir si le passage d'une Elisabeth Garnet aurait été recensée quelque part, Si son séjour aurait pu être assez long pour avoir pu fricoter avec un gars du coin, et découvrir si par une chance incroyable, sa saleté de nom figure quelque part !

-Je sais foutrement rien sur ce type, alors explique-moi comment tu pourrais être utile?! M'emporté-je. C'est quoi, tes super capacités ? T'es capable de...

Je me retiens de justesse. Je fixe son nez en retenant ma langue de vociférer gratuitement une supposition qui pourrait bien lui donner l'envie de me tordre le cou cette fois. Je ne suis pas sûr que... l'hybride ? Apprécie d'être perçu comme un vulgaire limier. Et j'ai déjà pas mal ouvert inutilement mon clapé contre ce type. Ma raison m'ordonne de me calmer.

-... Rien ne dit qu'il soit d'ici ni qu'il y traîne. A moins que tu sois capable de déjouer les administrations, y a pas grand chose à faire.

Alors inutile de proposer son aide. Aussi loup soit-il. Et puis... C'est mes affaires ces c*nnerie, il a même pas à s'en mêler.

Je me frotte le visage à deux mains, l'étire pour me réveiller. Les moments d'embrasement laisse place à une fatigue croissante. Je crois qu'une fois de retour à l'appart', je m’interrogerais sur la nature réelle ou onirique de cette soirée. Avec un peu de chance, j'ai vraiment abusé de la bière, et tout ce cirque, je ne le dois qu'à mon imagination. Ce ne serais pas plus mal, ça veut dire qu'il n'y aurait pas eut d'incendie macabre, pas plus que de phénomène de foire au look de bad-boy, et que ces foutus discussions autour de mon paternel n'aurait pas eu lieu. Pourtant, tout me paraît bien réel. De la fermeté du bois sous mon séant, de la fraîcheur de la nuit, des odeurs de mousses, à la vision cauchemardesque de tout à l'heure.
Je soupire puis je reluque le drôle de type assis à mes côtés. Le « loup ». Comment est-ce possible, d'arriver à... faire ça, avec son visage ?!... Illusion, ou prouesse physique ?

-T'es quoi, exactement. Un homme-loup ? Un...

Wow, j'ai peur que le prononcer ne brise un mythe. Les loups garous, ça me renvois spontanément à des enfantillages tel que de mauvais films d'horreurs et Halloween. Je ne peux pas croire que ce type ce présente comme tel. Qu'il ait... toutes les caractéristiques requises pour y prétendre.
Je ne crois pas aux sortilèges, je préconiserais une anomalie de la nature. Un dérivé de ces familles à la pilosité excessives, une victime de la lycanthropie telle qu'on la percevait il y a quelques siècles...

-Et vous êtes tous comme ça dans ta famille ?

Je l'écoute, et tandis que je me figure une communauté d'homme-bête, les mécanismes de mon cerveau se mettent en mouvements. Une connexion étrange s’établit, mais est-ce vraiment si déluré après avoir découvert l'existence d'un homme lupin?
Ça me dépasse, ça me paraît... juste... Je crois que j'ai raté un bout de ses paroles, perdu dans mes réflexions, mais je ne veux rien en montrer. Ça ne regarde que moi, il en sait déjà bien assez.

Si ce qu'il prétend est vrai, s'il n'est pas le seul à se faire appeler « loup » au cœur de ces collines...
Il y a une chance pour que mes recherches ne se révèlent pas si vaines finalement.

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