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  Un bonheur n'arrive pas sans un malheur... [PV Elias G Argent & Chad, et Stephan Wilder]

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Chad Wilder

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MessageSujet: Un bonheur n'arrive pas sans un malheur... [PV Elias G Argent & Chad, et Stephan Wilder]   Sam 27 Déc - 16:00





Un bonheur n'arrive pas...
sans un malheur.

Je me suis réveillé avec un sentiment de béatitude totale. Comme à son habitude Mick avait sauté du lit tel un ressort, tirant par la même occasion la couette pour me faire râler. Une nouvelle chamaillerie en avait découlé, finissant de mettre un beau bazar dans ma chambre. Aujourd’hui Mick avait promis de passer un peu de temps avec James. Avec tout ce qui s’était dit la veille, les deux amis auraient certainement beaucoup à se dire. Je savais que Mick ne me dévoilait pas entièrement l’état de ses recherches, préférant être sûr de me donner des informations fiables. Je lui faisais confiance pour me dire ce qui était nécessaire.

L’autre raison pour laquelle Mick me tirait du lit, c’est que j’avais rendez-vous avec mon père à neuf heures à son hôtel. J’avais prévu de lui montrer le chantier du manoir, on passerait sur celui de la maison de Miyavi si j’en avais le courage. Je n’avais pas envie de croiser le japonais. Mick avait su m’apaiser, mais il me fallait du temps pour Miya, d’autant plus que maintenant je savais qu’il était mon cousin. Ce fait me perturbait, ne sachant plus si ce que j’avais éprouvé pour lui était de l’amour ou autre chose d’indéfinissable.

Stephan Wilder prenait son petit déjeuner sur la terrasse de l’hôtel, lisant les nouvelles sur sa tablette à l’ombre d’un parasol. Même un dimanche, il ne se départait pas de cette allure soignée qu’il affectionnait. Toutefois, il avait troqué ses chaussures italiennes contre une paire plus sportives, tout comme son pantalon en denim noir. C’était rare de le voir sans son éternel costume. Mais son col de chemise ouvert, les manches de son pull cachemire remontées à mi bras lui donnait une classe folle que les clientes de l’hôtel semblaient avoir remarquées. J’ajoutai donc un beau gosse de plus à sa table en m’asseyant. Je demandai un jus d’orange au serveur qui vint me voir. Ceux de mon âge, boudent ce nectar de vie au profit des bulleux cocas, sans se douter de l’impact gravissime sur leur santé.

- Bien dormi ? Demandè-je.

- Oui et toi ?

J’assurai à mon père avoir passé une excellente nuit. Comment pourrait-il en être autrement, Mick était resté… J’expliquai à mon père qu’il serait surement impressionné par la forêt qui entourait le manoir. C’est là que j’appris qu’il y avait déjà mis les pieds, c’était bien avant ma naissance. J’avais beaucoup à apprendre de mon père.

- Avant d’aller au manoir, j’aimerai m’arrêter quelque part si cela ne te dérange pas. Car je suis tout de même curieux de savoir s’il existe d’autre objet de ce type, dis-je en sortant la Chad-boussole de ma poche.

Mon père acquiesça disant qu’il trouvait les propriétés de cet objet étranges quoique bien pratique puisque cela avait permis à ma meute de me trouver au Mexique. Je n’avais pas encore soufflé un mot des visions que cette boussole provoquait quand je la touchai. Non que je veuille cacher cela, mais il me fallait du temps pour m’approprier ce contenu. Je n’avais pas menti à Mick en lui disant que je la lui rendrais. Plus, qu’un autre il avait la légitimité de la garder.

J’indiquai le chemin à mon père, on avait pris le 4X4 Volkswagen qu’il avait loué. La boutique que je voulais visiter se trouvait dans le centre-ville. C’était une enseigne qui ne payait pas de mine de l’extérieur, mais je m’étais toujours dit qu’il fallait que j’y fasse un tour un jour. On trouva facilement à se garer en ce dimanche matin. Mon père leva un sourcil intrigué devant la devanture. Par la vitrine, on apercevait un tas de bricoles diverses et variées. Si j’étais plutôt fan des styles modernes, ma passion pour les maisons à ossature bois ne me faisait pas renier les meubles anciens, qui habilement choisis, pouvait habiller à la perfection un intérieur. Fallait que je parle à mon père de cette année d’étude supplémentaire en architecture d'intérieure.

Une cloche tinta lorsque je poussais la porte. L’intérieur était à l’image de la devanture, ancien et poussiéreux. Mais loin de me rebuter, j’avais au contraire l’impression d’être tombé dans la caverne d’Ali Baba. Mes yeux ne savaient plus où se poser tant il y avait de chose à admirer. Est-ce ici que Derek comptait venir pour meubler la pièce du bas ? Inconsciemment, je faisais déjà une liste dans ma tête de ce qui pourrait bien aller. Je demanderai au boutiquier, s’il n’avait pas eu à faire à Derek. Ce dernier semblait aller mieux d’après Stiles.

Tout à mon émerveillement de ce qui m’entourait, je mis un temps pour me rendre compte que la situation était anormale. Je me retournai vers mon père qui n’avait pas bougé de l’entrée, celui-ci était comme figé, les yeux braqués sur un homme, visiblement le gérant puisqu’il se trouvait derrière le comptoir. On aurait pu se croire dans un mauvais western, ni l’un ni l’autre ne faisaient cas de ma présence. Ils se scrutaient sans dire un mot. Le silence devenait pesant, je m’approchais du comptoir.

Mes yeux glissèrent sur la plaque qui indiquait le nom du gérant. Comme un loup qui vient de poser la patte sur un piège, je me figeai à mon tour : Argent. La marque fraiche en spirale, sur le bois du comptoir, répondit à une de mes questions. Derek était passé par là, c’était presque certain. Je regardais tour à tour mon père et cet Elias Argent. Je serrai la boussole dans ma poche, plus question de sortir l’objet. Théoriquement, mis à part mes parents et Mick maintenant, personne ne savait pour mon identité et cela devait être la même chose sur mon statut de loup. Ruby et le Sheriff effaçaient scrupuleusement tous ce qui pouvait nous dévoiler comme le binz au bal de l’hiver dernier.

Je devais rester spectateur… C’était une question de survie ! Ces deux-là se connaissaient. Qui était-il ? Je revoyais mentalement l’arbre généalogique que mon père avait dessiné. Cet homme était de sa génération, un cousin germain de mon père? Une autre branche ? Bordel ! Ils sont combien dans cette foutue famille !

Je reculai d’un pas. Je ne savais pas ce qui m’effrayait le plus, ce type aux yeux de reptile, ou mon père qui me semblait prêt à se transformer en loup et se jeter sur sa proie? J’aurai franchement pu en douter si je ne sentais pas qu’il était foncièrement humain. Le trader bon chic bon genre de Boston avait laissé place à un… prédateur ?


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Mr. Argent

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MessageSujet: Re: Un bonheur n'arrive pas sans un malheur... [PV Elias G Argent & Chad, et Stephan Wilder]   Sam 27 Déc - 16:01



Un bonheur

n'arrive pas sans un malheur...




Matin dominical. La boutique était silencieuse, baignée dans les faibles rayons solaires, presque endormie. Seule la pancarte indiquait clairement son ouverture et ma présence en son sein. C'était peut-être un jour de repos pour le commun, mais pas pour un ambitieux tel que je l'étais. Lorsque je ne vaquais pas à aller chercher mes loyers impayés à la porte de mes tributaires, je m'employais à mon activité principale : l'entretient et la vente de mes précieuses vieilleries. Il y avait toujours un curieux pour franchir le seuil de ma boutique et se laisser tenter, lorsqu'il ne s'agissait pas de venir me vendre urgemment quelques vieux souvenirs contre une petite aide... Mr.Argent répondait toujours présent pour quiconque était susceptible de payer.

Je caressais au chiffon de laine un bâton antique, tout à mon nettoyage et mes pensées. Une grimace me pinça les traits lorsque je remarquais la progression en colimaçon de l'objet, faisant échos à la marque incrustée sur mon comptoir. Un détail dont je devrais m'occuper. Le mobilier était endommagé certes, mais... j'avais la certitude d'un travail bien fait. Mon petit doigt m'avait soufflé que le mécréant qui avait eu l'audace avait payé son tribu.

J'offris un sourire à la resplendissante scandinave qui sous ses formes agressives de crochets tenait d'avantage du sceptre que de l'arme guerrière. Oui, j'étais satisfait. Et comme pour ajouter à mon agrément, le tintement me signala un invité. J'allais reposer l'artefact auprès de bouclier, massue, arbalète et autres armoiries diverses pour aller accueillir mon visiteur.

J'entendais le rythme feutré de ses pas au cœur de la boutique, signe de sa contemplation. L'antiquaire en moi était toujours flatté de l'impact que ces dépossessions à la valeur divergente pouvait avoir, c'est calmement que j'apparaissais derrière mon comptoir pour ne rien troubler de ses découvertes. Mais découvrant la mienne, je marquais un arrêt.

Un individu de constitution vigoureuse, aux mèches d'orges et aux yeux célestes, progressant dans la torpeur... et par delà son épaule, une ombre assassine qui faisait barrages dans l'entrée. Dans une lente prise de conscience, je me redressais imperceptiblement, l'étonnement substitué par un rictus progressif. Ça alors...

– Stephan Wilder... prononçais-je d'un sourire caverneux tout en le scrutant.

Tout comme il m'avait en joue, je ne le lâchais des yeux. Combien de combat cet homme d'affaire avait mené contre moi, homme d'argent? Oh, peut-être pas tant, c'est vrai. Mais je gardais le souvenir de batailles féroces. Une animosité que me renvoyait plus que jamais son aura toute entière, j'avais le sentiment d'être aux prises avec un prédateur. Rien de plus qu'un sauvage civilisé. J'éprouvais moi-même une certaine rage à le voir posé là, à l'entrée de ma boutique. Si j'avais imaginé qu'il mettrait un pied ici...

– Quel mauvais vent vous amène? J'ai bien peur que vous ne trouviez rien de vos machineries habituelles ici, mais est-ce que je peux faire quelque chose pour vous? Peut-être vous indiquer le chemin? Demandé-je en reprenant mon sourire le plus insupportablement affable.


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Stephan Wilder

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MessageSujet: Re: Un bonheur n'arrive pas sans un malheur... [PV Elias G Argent & Chad, et Stephan Wilder]   Jeu 1 Jan - 14:10


Un bonheur n'arrive pas sans un malheur...









Ce samedi s’était finalement bien passé. Chad avait relativement bien encaissé le poids de mes révélations, cette lourde ascendance. Si j’avais été chagriné au départ de trouver Mickaël Wayne chez lui, non pas pour la nature de sa liaison avec mon fils, mais plus pour le fait que je pensai être en tête à tête avec Chad, sa présence avait été en fait un bienfait. La coïncidence sur nos particularités oculaires respectives devint plus que troublante lorsque Michaël exposa leur histoire. Si j’avais sentis qu’il était loin de m’avoir tout révélé sur sa personne, il avait effectivement été inquiété comme moi à cause de la couleur particulière de ses iris. Mon fils n’avait pas choisi un compagnon des plus tranquilles, mais à sa manière de prendre le relais pour me narrer les atrocités subi par Chad, la manière que mon fils avait de s’ancrer à lui, j’avais compris que leur lien était sérieux.

***

La terrasse de l’hôtel luxueux dans lequel j’étais descendu était agréable surtout pour sa vue sur une prairie et la forêt qui s’étendait au loin. Sans rivaliser à ce que j’avais l’habitude de fréquenter lors de mes déplacements professionnels, Beacon Hills restant une ville de province, le service était de qualité. J’épluchai donc les journaux financiers de la veille en sirotant un café noir à l’italienne. D’ailleurs, le cours du café faisait un peu le yoyo en ce moment, des troubles politiques dans certains pays exportateurs en étaient la cause. Je m’interrogeai sur le taux de risque qu’il y aurait à acheter lors d’un pic d’effondrement. Le café est une matière précieuse car la demande est constante, voire croissante. C’est une exclamation féminine à la table voisine qui me fit relever la tête pour voir Chad arriver. Je souris doucement à le voir apparaître ici, totalement à son aise dans ce lieu guindé. J’étais fier de lui, même si aucune goute de mon sang ne coulait dans ses veines. Il était le digne fils de mon ami et le mien. Il avait l’inné de Christopher et l’acquis que je lui avais apporté. Pour ne rien gâcher, il avait hérité des traits de sa mère, Iona, mis à part la couleur de ses yeux et de ses cheveux qu’il tenait de Chris.

C’est souriant qu’il s’assit à ma table. Oui, il avait encaissé son passé et son histoire. Et j’étais certain que Mickaël y était pour beaucoup, car c’est un fils visiblement heureux que j’avais devant moi. Cet état rejaillissait sur moi. Hier soir, j’avais rassuré ma femme Priscilla au téléphone. Elle serait bien venue aussi pour ces révélations, mais un énorme procès l’accaparait avec une lourde échéance le lundi même. Elle ne décollerait pas le nez de ses dossiers de tout le week-end. Chad me questionna sur mes affaires, je lui répondis succinctement. Je savais qu’il s’informait par sympathie et gentillesse, car pour lui le monde de la finance était quelque chose qui l’avait toujours dépassé. Je lui demandai s’il savait que son frère de meute, Derek Hale, avait particulièrement brillé lors de ses études à New York justement dans ce domaine. Chad confirma qu’il savait que c’était justement grâce à cela que Derek pouvait se permettre de rénover le manoir sans toucher aux fonds familiaux. Il me questionna pour savoir comment j’avais ces informations sur Derek. Je lui répondis par un clin d’œil malicieux.

Une fois notre collation terminée, Chad exprima son souhait de passer par une boutique d’antiquité avant de passer sur le chantier du manoir. Dans la voiture il me sortit l’espèce de boussole qui pointait toujours dans sa direction. Il voulait savoir s’il en existait d’autres. L’objet de facture ancienne, était fascinant. Chad sembla vouloir me dire quelque chose à propos de cette boussole puis il se ravisa. Je me garais non loin de la boutique évoquée par Chad. La devanture, un peu vieillotte, me donna une étrange impression de déjà-vu.  J’étais pourtant certain de n’être jamais venu dans cette rue. Autant dire que mon amitié avec Christopher m’avait fait éviter autant que possible Beacon Hills. Chad à mes côtés avait déjà les yeux qui brillaient. Cette boutique devait lui paraitre une véritable caverne d’Ali Baba. C’est en gamin excité qu’il entra et que je suivis.

La boutique était à la hauteur de ce qu’elle laissait paraitre à l’extérieur, sombre, encombrée et poussiéreuse. Mes yeux durent s’habituer au contraste de lumière avec l’extérieur et je découvris un fourbi qui devait être l’antre des mites, vers et autres acariens de tous genres. Chad s’était déjà avancé, la tête tournant comme celle d’un hibou pour voir tout et rien à la fois. Méthodique, comme à chaque fois, j’observais les lieux de gauche à droite. Chad se moquait de ce qu’il appelait « faire mon scanner ». Mais cette habitude, ou plutôt ce TOC m’avait souvent servi dans le passé. Aux jeux des sept erreurs, j’étais le champion. Le magasin comportait de tout. Cela allait à d’anciens meubles dans des états varié de décrépitudes ou de rénovation, à de mauvaises imitations qui pouvaient passer pour authentiques à des néophytes. Il était certain que si on appréciait l’ancien et les attrape-poussières inutiles, il y avait un choix de meubles et de bibelots certain. L'hétéroclicité des marchandises m’interrogèrent sur leur provenance.

Mon regard finit par se poser sur le comptoir, à ma droite donc. Une silhouette sortit de l’ombre et se rapprocha de la caisse. Je fis un pas en avant pour mieux discerner les traits de cette personne. Mon cœur bondit dans ma poitrine. Je me maudis car cela n’avait pas dû échapper à Chad qui à son tour s’était figé. Du moins c’est ce que me disait ma vision périphérique, car mon regard était vissé sur le gérant de la boutique. Inutile de baisser les yeux sur la plaque qui affichait son nom, mon scanner mental affichait son nom en lettre rouge clignotante. Attention danger !

– Stephan Wilder... Commença alors le plus retors des Argent que je connaisse.

– Quel mauvais vent vous amène? Reprit-il avec un ton de fiel. J'ai bien peur que vous ne trouviez rien de vos machineries habituelles ici, mais est-ce que je peux faire quelque chose pour vous? Peut-être vous indiquer le chemin?

– Elias Grégory Argent ! Dis-je d’une voix claquante. Quelle infortune certaine que de croiser de nouveau votre route.

Les secondes s’égrenaient dans un silence rythmé par quelques horloges mal réglées. Est-ce une fatalité qui met mes anciens ennemis ainsi sur mon chemin ? Si un regard pouvait occire, je crois bien qu’à l’instant présent lui comme moi, aurions trépassé. Je me ressaisis, il était évident que nous n’avions plus rien à faire dans cette boutique. Cependant, la présence de ce fourbe dans ces lieux m’intriguait. Chad m’avait dit que la boutique avait ouvert ou rouvert assez récemment. Et avec les malheurs que subissent Mickaël et Chad… Pur hasard ? Coïncidence ? Ou raison établie ? Je triai les données présentes, ébauchai plusieurs hypothèses. Toutefois, je n’avais pas assez de données pour émettre un jugement factuel.  Si l’homme en face de moi était condamnable pour bien d’autres faits, je ne pouvais le relier aux mésaventures de Chad. Le souci dans cette foutue famille de chasseurs, c’est qu’ils n’agissent pas forcément de concert. Ceux qui avaient enlevé Chad, ou attaqué Mickaël à Boston pouvaient ne rien à voir avec Elias.

– Vous souhaitez m’indiquer le chemin de l’enfer ? Non merci, je le connais repris-je d’une voix lente et calme.

Si je savais parfaitement par quel opprobre il avait gagné cette patte folle, je ne lui ferai pas l’affront de le sous-estimer. Le couard peut se montrer retors et bien plus dangereux qu’un brave au combat. Et je crois qu’Elias Argent tenait le titre en la matière. Sans un mot, Chad était revenu sur ses pas pour se placer à mes côtés. Je lui fus reconnaissant de se taire. Il fallait vraiment que j'appelle mon contact à San Francisco.

– Le serpent est un être paresseux de nature, il ne montre sa langue fourchue qu’à bon escient. Les… affaires marchent, Elias ?

Mon regard fut capté par un symbole gravé à même le bois du comptoir. Élias suivit mon regard. Je ne pus m’empêcher de laisser échapper un fin sourire. Finalement, on allait peut-être pas partir tout de suite.

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MessageSujet: Re: Un bonheur n'arrive pas sans un malheur... [PV Elias G Argent & Chad, et Stephan Wilder]   Mer 14 Jan - 13:57



Un bonheur

n'arrive pas sans un malheur...




Stephan Wilder... Dès lors que je l'avais découvert au cœur de la boutique, l'atmosphère naturellement chargée, restreinte et sombre des lieux s'était férocement intensifiée. Il planait comme des exhalaisons de danger en latence entre les regards incertains des bibelots exposés ci et là, comme un public en haleine.  

Je tirais le premier, à coup de courtoisie assassine. Je ne souhaitais qu'à ce que l'homme d'affaire reprenne le chemin en sens inverse, il n'y avait ici rien qui puisse le retenir à part le besoin irrésistible de répliquer sur un ton ferme mais pas moins similaire.

– Elias Grégory Argent ! Quelle infortune certaine que de croiser de nouveau votre route.

Je ne le lui faisait pas dire. Au moins avions nous un point sur lequel nous étions en parfait accord. Les premiers mots avaient été lâchés, mais pas un mouvement ne nous avait fait vaciller de nos places respectives.

– Vous souhaitez m’indiquer le chemin de l’enfer ? Non merci, je le connais.

Son répondant me tira un fin sourire. Je supposais que, suivant son idée, je devais en être l'actuel gardien. En effet, il se tenait là dans mon antre, et je fus ravis qu'il garde ce détail en tête. Mais si j'en avais eu l'occasion, je me serais fais un plaisir de lui faire gouter à d'autres tournures bien plus radicales que cette malheureuse visite.
Je n'avais pas abandonné le prédateur des yeux un seul instant, c'est le jeune homme qui vint s'incruster de lui même dans mon champ de vision lorsqu'il rejoignit le plus mâture.

– Le serpent est un être paresseux de nature, il ne montre sa langue fourchue qu’à bon escient. Les… affaires marchent, Elias ?

L'homme déblatéra ses ironies sur le ton de leçons de vie inculquer à un élève, me transformant en l'objet de son étude. J'offris un haussement de sourcil condescendant au requin des finances. J'allais lui retourner combien l'opportunisme était indissociable de la patience et cachait des calculs aussi sinon bien plus efficaces que les algorithmes fragiles de ses appareils, mais son attention fut ailleurs. Je grimaçais en repositionnant une babiole sur la marque à découvert.

– Oh, mieux qu'on ne pourrait le croire... lui assurais-je, sombre et vénal.

Qu'il ait aperçu ce sceau de vengeance me contraria. Je pouvais le sentir prendre de la hauteur à cette information. Cependant... à l'heure qu'il était, la dite menace n'était plus, et je ne l'imaginais pas être en mesure d'interférer dans cette histoire. Il était des domaines pour lesquels le trader, tout puissant et garant de savoir et d’intelligence qu'il soi, ne pouvait se targuer d'avoir la moindre influence.

– Et vous? Que nous vos votre présence par ici? Je croyais pourtant que votre domaine se limitait à une tour de verre et des jouets électroniques. Une envie de changer d'air?

Qu'est-ce qui avait attiré le requin hors de son aquarium sophistiqué pour venir fureté au cœur de cette régions presque rurale? Si je n'avais pas put juger de sa surprise à me trouver ici, je soupçonnerais assurément que sa présence ne m'était pas tout à fait étrangère. Je portais mon attention sur l'adulte docile à ses côtés pour jeter un nouveau regard à la vieille connaissance.

– ... Un élan de nostalgie... supposais-je, incertain et à la fois comblé par l'hypothèse.

Je le fouillais d'un regard pénétrant, avide de lui déceler bien plus qu'une réponse.

– Vous ne faites pas les présentations Stephan?

J'examinais l'inconnu à son tour obligé de soutenir mon oeil curieux. Je le sentait nerveux, un signe de l'ainé d'une protection évidente à son encontre ajouta à mon ravissement.



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MessageSujet: Re: Un bonheur n'arrive pas sans un malheur... [PV Elias G Argent & Chad, et Stephan Wilder]   Lun 19 Jan - 16:26


Un bonheur n'arrive pas sans un malheur...









L’atmosphère de la boutique accentuait le côté underground du propriétaire des lieux. Les lumières tamisées d’antiques ampoules à incandescence, donnaient des halos jaunâtres qui semblaient plus cacher quelques mystères, qu’illuminer la place. Je supposais que l’endroit pouvait plaire à quelques collectionneurs ou chineurs en herbe. Toutefois, ce n’étaient pas tant le style des objets qui se vendaient ici qui me déplaisait, mais plutôt l’histoire qu’ils avaient. Combien avaient été arraché à leur foyer d’origine pour payer une dette ? Si chacun se doit de payer son dû en temps et en heure, certaines pratiques, comme profiter sciemment de la détresse des gens, m’exaspèrent et me révolte au plus haut point.

Le monde de la finance n’est pas un milieu philanthropique. Et moi-même, je fais partie de ces requins à l’affût des affaires rentables. Cependant, je me donne toujours une ligne à ne pas dépasser, ne pas créer de désespoir outre mesure. Chris était un utopiste et un idéaliste. Il croyait dur comme fer que le monde pouvait être bon, que les gentils pouvaient dominer et instaurer une paix durable. Je me souviens encore de nos débats, lui le rêveur, et moi le terre à terre. J’avais une vision bien plus sombre que lui de l’humanité. L’homme est un loup pour l’homme. C’est inscrit dans ses gènes que de lutter constamment et c’est grâce à cet acharnement à vouloir toujours plus et mieux qu’il a fini par descendre de son arbre et construire des fusées. La machine de l’évolution est lancée, il est vain de penser qu’on peut la stopper à un moment qui nous satisfait.

Dans mon travail, si je n’ai aucun scrupule à écraser les médiocres, et les minables, je donne toujours une chance aux volontaires et à ceux qui vont de l’avant. Je suis ce pur produit américain où même le plus pauvre des citoyens peut se hisser au sommet de l’échelle. Et quand je regarde Elias Argent, je sais qu’il y a plusieurs moyens pour gravir les échelons.

– Et vous? Que nous vaut votre présence par ici? Je croyais pourtant que votre domaine se limitait à une tour de verre et des jouets électroniques. Une envie de changer d'air?

La voix du perfide me ramène au présent. Des jouets électroniques ? Je hausse un sourcil, il est vrai que pour un néophyte dans ce domaine les pôles boursiers des banques pouvaient avoir cet air de gadgetisation extrême avec ses murs recouverts d’écrans, ses dizaine d’horloges donnant l’heure partout dans le monde. Ce milieu n’était pas fait pour les lents. L’esprit humain se doit de suivre l’évolution des machines qui l’entourent. Oui, je vivais dans un autre univers que celui de cette boutique où le temps semblait s’être arrêté.

– Vous auriez tors Elias de penser que je m’enferme tel un châtelain dans ma tour de verre. Il n’y a que les imbéciles qui pensent pouvoir tout gérer sans bouger leur postérieur de leur fauteuil en cuir.

– ... Un élan de nostalgie... élude le vieux crocodile. Vous ne faites pas les présentations Stephan? Ajoute cet inquisiteur de la pire espèce. J’ai tant de synonymes à lui apposer que s’en est vertigineux.

– Mon fils ainé Chad, dis-je d’une voix ferme. Et pour lui couper l’herbe sous le pied… Ma fille cadette nous a malheureusement quittés il y a quelques années de cela.

Chad se fendit d’un bonjour courtois. Je l’avais assez trainé dans les soirées guidées de la haute de Boston pour qu’il sache tenir le rôle qu’on attendait de lui sans même se forcer. Je ne pouvais m’empêcher de ressentir une certaine fierté à son égard. Car j’avais la certitude qu’il était un savant mélange de Chris et de moi, gommant nos extrêmes, réunissant ce qu’on avait de meilleur.

– Et vous Elias ? Des enfants ? Une femme ?

J’imaginai mal ce perfide plaire à une épouse autrement que pour un certain confort de vie. Mais aussi loin que remonte mes souvenirs sur ce rapace, il n’avait jamais joué que pour lui-même. Je le voyais mal s’encombrer d’une femme qui n’aurait été que contraintes et exigences. Oui, Elias Gregory Argent était un solitaire. D’ailleurs Chris avait largement sous-estimé son frère. La crainte de son aîné, Gérard, avait occulté ce furtif né qu’était le boiteux.

***

Octobre 1982, le fog sur la baie de San Francisco semble faire flotter le Golden Gate sur une mer de nuage. La vue est magnifique. C’est la première fois que je mets les pieds dans cette ville. Chris et Iona ont tenu à me faire visiter la ville et me montrer le charme des villes de l’ouest. Je dois reconnaître que le panorama sur la baie est saisissant en cet été indien qui perdure pour la joie de tous. J’ai enfin répondu à l’invitation de mon ami qui languissait de me présenter celle qui fait battre son cœur depuis quelques années. Iona Jefferson est tout simplement sublime. Si son cœur n’avait pas été déjà pris, j’aurai bien tenté ma chance, quoique pour l’instant, une femme aurait été bien malheureuse à mes côtés avec mon emploi du temps particulièrement chargé du jeune banquier prometteur que je suis.

Iona est une femme qui impose le respect. Assez grande, elle doit mesurer dans les 1m78 – 1m80, elle a une silhouette svelte et sportive. Ses longs cheveux d’un noir de geai cascadent dans son dos.  Elle est autant posée et calme que Chris est exubérant. Ils se complètent à merveille et je suis heureux que mon ami ait trouvé l’âme sœur. Car il s’agit bien de cela. Lorsqu’ils se regardent, on a l’impression que le monde autour d’eux s’efface. J’espère un jour trouver celle qui fera ainsi vibrer mon cœur et mon âme.

Je suis arrivé la veille. Chris et Iona habitent dans un appartement modeste mais correct et dans un quartier relativement calme. Je dors dans « la chambre du bébé ». Ils ne m’ont encore rien dit, mais je devine à leur sourires complices qu’ils aspirent à une vie de famille et ne doute pas d’un mariage prochain. L’avenir sera moins prompt à leur offrir rapidement l’enfant qu’ils désirent ardemment avoir. Iona s’est extasiée sur la couleur de mes yeux, lorsque j’ai quitté mes lentilles colorées. L’air sec de l’avion les avait rendus difficiles à supporter. Je lui avais alors rétorqué que son propre regard était assez troublant. Je ne savais pas dire si ses yeux étaient verts, bleus ou gris à moins que cela soit un mélange des trois. Le regard de Iona Jefferson était transperçant. Aussi brune que Chris était blond, ses yeux en étaient que mieux mis en valeur.

C’est dans un café le long de la jetée que les deux tourtereaux m’annoncèrent leur intention de se marier, et évidement Chris me demandait d’être son témoin, ce que j’acceptai avec joie. Alors que l’on sortait à la fraîcheur du dehors, une sorte de SDF vint interpeller Chris à voix basse. Celui-ci s’excusa auprès de nous disant ne pas en avoir pour longtemps. Il s’éloigna un peu avec ce type qui finalement me semblait pas si affamé que cela. San Francisco avait résisté à la vague disco, et la mode hippie tenait une grande place dans le panel vestimentaire des locaux.

– C’est l’alpha d’une meute qui est arrivée récemment, me dit Iona à voix basse. Chris leur a trouvé un coin pour habiter. Ce n’est pas facile… quelques bêtas problématiques.

Je regardai d’un nouvel œil celui que j’avais de prime abord pris pour un mendiant. En effet, si on s’affranchissait du style un peu miteux, ce gars dégageait une certaine prestance. Si j’avais côtoyé les loups de Boston lors de mon sauvetage de ce laboratoire clandestin, nos relations s’en tenaient au strict nécessaire. Non que nous nous évitions, mais nous avions convenus que je serais plus efficace à honorer ma « dette » si je restais loin de leur groupe.

Nous marchions le long du port de plaisance en attendant que Chris ait terminé. Iona en profita pour me parler de ses craintes. Chris se faisait un défenseur actif de la cause lupine, contrecarrant les projets de sa famille. Elle craignait que cette prise radicale de position ne nuise à la fondation d’une famille. En riant, elle me parla d’une immense maison où retentiraient les éclats de rire d’une ribambelle d’enfant.

– J’en veux au moins cinq Stephan !

Iona me parla de son rêve familial. Elle-même venait d’une famille nombreuse avec beaucoup d’oncles, de tantes et une myriade de cousins et cousines.

– Les enfants sont la vie Stephan ! Chris ? Que se passe-t-il ?

Je me retourne vers mon ami qui nous rejoint d’un pas vif, un coup d’œil par dessus son épaule, m’apprend que son interlocuteur est déjà loin.

– La meute s’est faite attaqué par une horde de chiens.

– Ils ont dû sentir l’odeur des loups intervint Iona, il y a beaucoup de chiens errants… tous ces hippies avec leurs corniauds jamais attachés…

– Ce n’était pas des chiens errant, mais bien une meute entraînée pour traquer et chasser… Ils ont réussi à en tuer deux. Aucun tatouage, un collier banal, rien qui pourrait les lier à un quelconque propriétaire.

– Qu’est-ce qui leur fait penser que cette attaque était ciblée Chris ? Demandé-je.

– Le coup de sifflet ultra-son juste avant l’attaque, et le deuxième, lorsqu’ils se sont repliés cinq minutes après.

– Un avertissement ?

– Oui, ou le début de bien pire… Je vais aller voir sur place ce soir.

– Non ! C’est dangereux Chéri ! Protesta Iona.

La jeune femme me lança un regard suppliant. Je comprenais toute son angoisse vis-à-vis des activités de mon ami. Celui-ci avait des éclairs dans le regard, cette attaque contre ses protégés le mettait hors de lui.

– Je t’accompagnerai. Lui dis-je d’un ton qui ne souffrait d’aucun refus.

Ce que je ne savais pas, c’est que je venais de mettre le doigt dans un engrenage qui allait nous entraîner pendant plus de dix ans.

Le repas du soir fut simple et calme. Chris m’exposa plus en détail ce que représentaient ses activités. J’appris ainsi que Iona connaissait l’existence des loups-garous bien avant de rencontrer Chris. L’heure arriva où nous devions nous mettre en route, direction l’autre côté du port dans la zone plutôt réservées à la marine marchande. Il y avait un quartier juste aux abords où s’empilaient des immeubles plus ou moins vétuste. Les lieux étaient assez mal fréquentés. Chris me disait qu’il avait trouvé par un contact quelqu’un qui voulait bien louer un immeuble sans trop regarder le pedigree des habitants. Quand nous fûmes au pied du dit immeuble, je me dis que le propriétaire des lieux ne pouvait pas se permettre de finasser, c’était tout bonnement insalubre. J’avais presque envie de dénoncer cela aux autorités sanitaire, mais cela aurait mis les loups à la rue.

C’est ainsi qu’une partie des bases familiales établies de Chris s’effondra et que moi je rencontrai un homme qui allait m’apprendre une autre manière de faire des affaires, une méthode que l’on n’apprend pas sur les bancs de l’école. Un nouvel ennemi se dressa devant nous dans cette silhouette claudiquante mais non moins nerveuse. Focalisé sur Gérard, Chris en avait oublié son autre frère, Elias.

– Que fais-tu ici ? Demanda mon ami sans préambule, et sans réelle illusion sur la présence d’un chasseur en ces lieux.

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MessageSujet: Re: Un bonheur n'arrive pas sans un malheur... [PV Elias G Argent & Chad, et Stephan Wilder]   Dim 25 Jan - 12:34



Un bonheur

n'arrive pas sans un malheur...




– Vous auriez tors Elias de penser que je m’enferme tel un châtelain dans ma tour de verre. Il n’y a que les imbéciles qui pensent pouvoir tout gérer sans bouger leur postérieur de leur fauteuil en cuir.

Stephan et son inévitable satire. Nous n'appartenions pas au même monde, pourtant, j’œuvrais à ma manière aux affaires. Et rien, pas même quelques béquilles, n'auraient su m'empêcher d'agir.
J'ignorais son énième pique et tergiversais sur la raison de sa présence ici. Si ce n'était pas pour me nuire, ni pour ses activités... alors j'émis, à juger le saisissant portrait, que le passé avait peut-être effleurer Stephan d'une irrésistible envie de revenir en ces terres... Quel que soit sa motivation, je savais que ça n'y était pas étranger... Il suffisait de l'observer pour en avoir l’indéniable confirmation, ce ne pouvait-être que...

– Mon fils ainé Chad.

– Oui... c'est pourtant évident... chuchotais-je en détaillant le bien élevé, des lueurs éclairées et avides dans le regard. Il a vos yeux!

Je me gaussais dans une grimace mesquine et triomphante en défiant les orbes trop noires, trop larges, trop différentes de Stephan Wilder.

– … Ma fille cadette nous a malheureusement quittés il y a quelques années de cela. Et vous Elias ? Des enfants ? Une femme ?

Je me redressais lentement, ma satisfaction détrônée par une âpre mention. Outre le fait de me faire couper l'herbe sous le pied, je me fronçais d'une grimace fugace en défiant le père de famille. Une ombre imperceptible incrusta mes traits nobles. Triste perte pour un père que l'envol d'un enfant. Mais je ne lui ferais pas l'affront de répondre.

Je me sentais presque capable d'un sourire cynique aux jugements qui devaient s'établir comme une réalité absolu derrières les orbes qui me scrutaient. Oh, je savais pertinemment ce que l'on pensait de moi. Je savais ce que ce Wilder pensait.
Et pourtant, je me surprenais moi même à juger aussi cette ombre minuscule que me reflétaient les miroirs artificiels de la vieille connaissance...  


* * *


1982, à San Francisco. Le soleil se couchait sur l'eau guède. C'était un admirable tableau, une allure bucolique, un havre portuaire...

Le chaleureux crépuscule illustraient à merveille ce petit air connu présentant la ville comme une place ou l'on rencontre des gens gentils, ou l'on est certain d'avoir des fleurs dans les cheveux, en somme... un... véritable paradis.

L'air exhalait d'odeurs tenaces et écœurante de poiscailles et de métal. L'endroit était mouillé, froid et obscur. Le son régulier de quelques gouttes ajoutaient à la mélodie lugubre de gargouillis et de grognements.

J'enjambais la dépouille que je laissais aux chiens, et un claquement de canne précéda l'écho de mon talon. J'avançais d'un pas calme vers la masse ratatiné, à la merci des molosses, ou tout du moins d'un ordre de ma part.
J'eus une mimique dédaigneuse à sa vue. S'il était désormais l'un des leurs, celui ci ne paraissait pas tant tenir du loup que du rat. Il couinait misérablement, replié contre la parois humide et décrépit. Ce que j'avais pris pour du sang n'était qu'un vieux couvre chef mal rapiécé. Il m'observa entre ses bras et je put voir son œil se tordre dans une expression perplexe.
Le trafiquant m'avait reconnu. Qu'elle ironie, à servir sans distinctions, on ne se doutait pas alors que l'offrant d'hier deviendrait la menace de demain.

– Où sont-ils?

– Je ne sais pas de qui vous parlez!

– Oh, moi je crois au contraire que vous voyez très bien.

– Non, pitié! Pitié!!! Attendez!!!

Je ramenais le cerbère à moi.

– Je... je ne suis plus en contact avec eux depuis longtemps, ils... ils ne restent jamais au même endroit, nous avons pris un chemin différent depuis... j... je ne sais pas où ils sont... je vous le jure...

Je relâchais la laisse, assez pour que le bestiaux lui laisse entrevoir les abîmes putrides de sa gueules.

– Je vous le jure!!!

Il disait peut-être bien la vérité. Si j'avais la certitude de leurs passage ici, ils auraient été capables de taire leur destination en se sachant pisté.
Je considéra froidement le lupin bien portant, puis mes canidés sévèrement excités. Il y avait là bien assez de chair pour récompenser toute la meute...


Je l'avais laissé filé. Il fallait bien que quelqu'un se charge de faire passer le message : il y avait toujours moyen de marchander avec moi. Si l'on m'apportait ce que je souhaitais... je pourrais peut-être me montrer plus clément avec cette meute non-impliquée.


Je tirais de ma poche une montre en argent. Nuit et jour avait filés, et la nouvelle soirée débutait par une danse de couleur faiblissantes entre les mats et les coques. J'étais insatisfait de ma veine tournée aux abords du quais. Il y planait un air doux et salin apaisant, mais pas assez pour mes chiens qui reniflaient à tout va les odeurs trop sauvages pour le milieux urbain. L'immeuble que nous convoitions en était infesté.

A aller m'enquérir de ma quittance, j'espérais avoir un résultat. J'avais été assez clair, il faudrait bien que tout aussi fiers qu'ils se montrent, l'un d'eux finissent par vendre la mèche, dusse t-il aller me les chercher pour mes les ramener sur un plateau dans l'espoir de monnayer leur paix.

– Je vais être expéditif. J'ai un rendez-vous ce soir que je ne peux pas me permettre de manquer.

Pourquoi fallait-il qu'ils se montrent si entêtés! Je savais pourtant, à leur attitude, à leurs regards, qu'ils avaient connaissance de leur cachette, qu'ils connaissaient quelqu'un qui saurait me guider à eux!
Rien de plus que le silences et ces regards fauves. S'il n'y avait pas eut les chiens, j'y serais passé depuis longtemps.

Jusqu'au lendemain. Je leurs laissais jusqu'au lendemain pour me donner une réponse. Sans quoi, je jurais que le nombre des pertes ne serait pas aussi futile que l'autre soir.


Je redescendais péniblement l'escalier de ferrailles qui aurait put manqué de se décrocher tant il me paraissait rouillé, suivit de deux de mes limiers. En trouvant refuge ici, les monstres ne pouvaient pas se douter tomber droit dans les filets d'un Argent. J'avais déjà mis mes menaces à exécutions, s'ils ne voulaient pas se retrouver à errer dans la ville comme des chiens, ils ne pouvaient plus que coopérer. Ou on entendrait encore parler de tristes agressions canines dans les journaux locaux...

Je quittait l'immeuble d'un pas sec que je fut saisit dans ma marche par une apparition au beau milieu de ma route. Je m'arrêtais à quelques mètres de l'obstacle humain.

– Que fais-tu ici ? demanda t-il d'un ton ferme.

– ... Christopher... ça pour une surprise. le considérais-je scrupuleusement. Je te retourne la question.

Le monde était bien petit. Pourtant il ne me paraissait pas si imprévisible que là où il y eut du loup, il y eut une chance d'apercevoir le défenseur. Je regrettais seulement qu'il vienne à croiser précisément ma route, sa présence ne faisait par parties des éventuels accrocs à mes plans. Je rappelais à moi les deux dobermans qui vinrent docilement s'assoir à mes côtés.

-Moi aussi, je suis heureux de te voir! annonçais-je dans l'un de mes plus larges sourires. Puis je coulais un regard vague sur les lieux. Je suis venu régler une petite affaire. Les logements avec vue maritime sont très prisés.

Je défiais mon antagoniste fraternel avec autant de malice que de ressentiment.
Je n'étais rien. Rien qu'un gamin malingre qui espérait vainement être un jour capable de prendre les armes et se battre, comme ses pairs l'avaient fait avant lui, comme d'autres y serait voués à sa suite. Mais j'avais compris, trop tard hélas, que je n'étais pas fait pour ce type de bravoure. Le monde qui m’appelait était plus circonspect, cérébral, prosaïque. C'est au terme de qualifications durement mérités que je m'étais hisser dans le monde de la finance, expert dans la justice et spécialisé dans l'immobilier. J'avais un gout certain pour la transaction et la propriété. Plus encore pour ce pouvoir à la texture de ferraille et de papier qui coulait entre mes doigts sans discontinuité.
J'étais un riche bailleur, je faisais affaire avec les grands de ce monde, l'étendu de mes possessions traversaient quelques frontières. Mais le savait-il seulement? Admettraient-ils un jour l'influence que j'avais dans ce monde?! Non. J'étais si loin des idéaux chevaleresques qui dictait la conduite et la vie de la lignée! Juste une ombre que l'on piétine et qui n'avait plus qu'à ce terrer. Le candide lui, avait d'autres aspirations. Pourtant, il n'était guère différent : ne me sous-estimait-il pas lui aussi?

Je jugeais rapidement l'homme qui l'accompagnais. Sans aucun doute, celui là était impliqué dans ses idéaux. Juste un énième partisan à cette cause vaine et stupide. Les chiens aux aboies mais fidèles à mes ordres ne bougèrent pas tandis que j'approchais tranquillement de mon frère.

– Gerard est furieux. Sa colère a raisonnée jusqu'à mes oreilles.

Je levais mon index vers mes tympans indiscrets, à l’affut des moindres nouvelles, surtout celles que l'on tenait à cacher. J'avais été... le premier à quitter la cage argenté que représentait notre « famille ». Éloigné il y a, en ce temps, presque sept ans de cela, mais pas moins connecté par nos affaires, la seule motivation qui nous liait comme les branches d'une même ramure. Ainsi... que le besoin plus vil de garder un œil sur ce clan en déclin.
Je l'observais, mélange d’effervescence et d'incrédulité.

– Alors c'est vrai, tu es passé de l'autre côté?...

Si ce n'était pas officiel, je savais à ce regard que son choix était fait et irrévocable.
Je jubilais. Simple spectateur comme je l'avais toujours été, lointain même en étant présent, et plus proche que mon absence pouvait le laisser croire, de ces querelles de frère trop austère ou trop contestataire. Mais j'éprouvais aussi une réelle gravité. Je ne devinais que trop ce qu'une telle décision allait pouvoir engendrer...

– Tu étais son petit frère adorée. rappelais-je en me campant placidement sur mon bâton.

S'il y avait la moindre jalousie dans mes paroles, je me gardais de l'exprimer.

– La frontière entre l'amour et la haine est perméable, Chris. Un cœur meurtris ne guérit pas. Comment peux-tu lui faire subir cela?

Lui qui le chérissait comme s'il avait était son propre père, et plus père sans doute que ne l'avait été notre patriarche? Je scrutais ses yeux clairs, accusateur, ou peut-être simplement curieux, à espérer le raisonner, à moins qu'il ne s'agisse de mieux le tourmenter, mais une ombre certaine aux fonds de mes abîmes.

– ...Tu étais promis à un si bel avenir...

Il avait tout. Il avait la vigueur, il avait la force d'esprit, il était assuré de faire la fierté des nôtres, pourquoi avoir tout quitté pour une cause perdue? Pour pactiser avec l'ennemi naturel, pour se dresser contre sa propre famille?!


     Mr. Argent      

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MessageSujet: Re: Un bonheur n'arrive pas sans un malheur... [PV Elias G Argent & Chad, et Stephan Wilder]   Mar 27 Jan - 22:53


Un bonheur n'arrive pas sans un malheur...









- ... Christopher... ça pour une surprise.

C’est ainsi que je fis la connaissance d’un des frères de Chris. Il n’avait guère que quelques années de plus que nous, mais j’avais l’impression qu’une génération entière nous séparait. Si de silhouette, l’homme à la canne semblait fragile, les deux molosses qui l’encadrait donnait la mesure. Les dobermans semblaient parfaitement dressés, on sentait qu’ils n’attendaient qu’un geste de leur maître. Oui ma première rencontre avec Elias Argent avait donné le ton des suivantes. Je me suis bien gardé d’intervenir, pas besoin d’être un loup pour sentir à ce moment-là la tension entre les deux frères.

Comment pouvaient-ils être aussi différents ? Dans le regard de Chris, je voyais toujours de l’exaltation, de l’allégresse et un bouillonnement de vie et d’idées. Chez son frère, seules ses prunelles semblaient vivre. Son regard était perçant et scrutateur. Je fus happé par attention particulière mais vite relégué aux oublis. Seul Chris intéressait le véreux.

- Gerard est furieux. Sa colère a raisonnée jusqu'à mes oreilles.

- Gerard est aveuglé par un endoctrinement familial tout comme toi ! Répliqua Chris.

Gerard, celui qui avait presque élevé Chris. A chaque fois qu’il prononçait son nom, la voix de mon ami changeait. Il ressentait un mélange de crainte, d’admiration et de dégout pour son frère aîné. Jamais Chris ne m’avait parlé d’Elias à part pour m’indiquer son existence dans cette fratrie où il y en avait déjà un qui manquait à l’appel. J’avais face à cet homme un œil neutre, neutralité que n’avait plus Chris trop imbriqué dans les affaires familiales pour avoir un jugement factuel de celui qu’il considérait comme faible et effacé dans cette terrible famille. Je ne connaissais pas Gerard autrement que par les dires de Chris, mais Elias ne semblait rien à envier à son aîné. Ce gars exaltait une froideur morbide. Je n’arrivais pas à cerner le personnage, ni à deviner ce qui le faisait avancer. Chaque homme a un but, quelque chose qui le fait avancer. Au costume fait sur mesure, je devinais que le frère de Chris n’avait pas de soucis d’argent, était-ce cela son but ? Amonceler une richesse qu’il ne profiterait pas sinon que le plaisir d’avoir de l’avoir plein ses armoires.

Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c'est d'avoir
De l'avoir plein nos armoires
Dérisions de nous dérisoires car
Foule sentimentale
On a soif d'idéal


- Alors c'est vrai, tu es passé de l'autre côté?... Tu étais son petit frère adorée.

- Tu es un peu vieux pour me faire une crise de jalousie Elias… Et au moins je pense par moi-même contrairement à toi qui semble te complaire dans les travers de notre famille.

- La frontière entre l'amour et la haine est perméable, Chris. Un cœur meurtris ne guérit pas. Comment peux-tu lui faire subir cela?

- Comment vous, vous pouvez faire subir cela à des innocents Elias ! Alex s’est suicidé à cause de votre fanatisme ! Une vie est précieuse, n’importe quelle vie est précieuse !

- ...Tu étais promis à un si bel avenir...

- Un avenir d’assassin !

Il se dégage
De ces cartons d'emballage
Des gens lavés, hors d'usage
Et tristes et sans aucun avantage
On nous inflige
Des désirs qui nous affligent


J’aurai été désolé d’être le témoin de cette déchirure fraternelle si je n’avais pas subi ces horreurs dans ce laboratoire qui tenait plus de la cave ou d'une salle de médecine légale. Je savais ce que les chasseurs étaient capables de faire aux loups et pas qu’à eux. Saurai-je jamais un jour ce qui m’avait distingué pour mériter tel traitement et devoir porter ces foutues lentilles colorées ?

***

Le quartier du port de San Francisco s’efface, la boutique poussiéreuse d’Elias reprend place. L’homme a vieilli, plus de trente ans se sont passés depuis ce jour où j’ai mis le doigt dans un engrenage aussi brillant que le métal argenté est un poison pour un loup. Je me suis toujours demandé ce que Chris aurait pensé, comment aurait-il réagit d’apprendre que son fils était devenu l’un de ceux dont il défendait la cause ? Je crois que comme moi, il serait fier de lui. Chad prouvait qu’il n’était pas un monstre. Me revoilà donc face au boiteux et cette fois ce n’est plus Chris qui est à mes côtés, mais son fils. Elias a toujours l’air aussi… mort sinon son regard qui brille perpétuellement de la même vivacité.

Je m’approche du comptoir et pousse ce qu’il a mis sur la marque en spirale qui orne le bois. La marque est fraiche, je refais le tracé du bout de mes doigts et regarde le fourbe.

- Et vous Elias ? Auriez-vous le courage, comme Alexander… si par hasard ce genre de dessin s’imprimait dans votre chaire ? Auriez-vous l’audace de passer à l’acte, d’honorer votre famille ? La puissance ne vous a-t-elle jamais tenté Elias ? Cela ne réparerait pas votre jambe, mais vous redonnerez un certain avantage physique. A moins que Gerard ne vous fasse trop peur… J’ai ouïe dire d’une histoire qu’on racontait aux enfants pour leur faire la morale, ça parle d’un lâche qui…

Sort moi ce que tu as dans les tripes Elias.

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MessageSujet: Re: Un bonheur n'arrive pas sans un malheur... [PV Elias G Argent & Chad, et Stephan Wilder]   Sam 14 Fév - 18:37



Un bonheur

n'arrive pas sans un malheur...




–  Tu es un peu vieux pour me faire une crise de jalousie Elias… Et au moins je pense par moi-même contrairement à toi qui semble te complaire dans les travers de notre famille.

Je ne relevais pas sa première pique mais me grandissais froidement à sa comparaison. Ces travers ne m'étaient plus tellement des leçons sévèrement gravées qu'une constation cuisante de la nécessité de faire perdurer notre credo : "chasser ceux qui nous chasse".
En se séparant de la famille, c'est le coeur de l'ainé protecteur que le benjamin avait irrémédiablement écorché. Ne fallait-il pas être cruel pour faire preuve d'un pareil égoïsme...

– Comment vous, vous pouvez faire subir cela à des innocents Elias ! Alex s’est suicidé à cause de votre fanatisme ! Une vie est précieuse, n’importe quelle vie est précieuse !

– Des innocents?!... ne pus-je retenir un éclat. Oh, Chris... De notre cher frère qui a eut son compte de trophée, ou de ces monstres aux pulsions primitives, où vois tu un innocent?! Qui peut se venter de l'être. L'es tu seulement toi même...

...Et dire qu'il aurait put devenir un grand chasseur, avoir...

– Un avenir d’assassin !

– Un avenir de survivant. assurais-je alors plus autoritaire.

Le silence passa entre nous comme les arguments que nous n'étions pas prêt à accepter de l'autre. Je su ce jour là que profondément enraciné dans ses croyances candides, rien ne lui ferais plus faire marche arrière.  

– Tu es juste un grand naïf Chris.

Comme j'avais put l'être autrefois.

– Tu sais ce qui t'attend à te dresser contre Gerard.

Je couvais le cadet d'un regard impartial, sans joie. Même si j'ignorais en ce temps quelles implications j'aurais à avoir dans cette histoire, j'en connaissais déjà la fin.

Mais à évoquer ce frère dangereux, j'en étais presque arrivé à oublier ce que pouvait signifier ma propre présence en ces lieux. Une sensation désagréable me fit froncer le sourcil puis lorgner sur l'ami à ses côtés. La menace dont nous conversions n'étant qu'évocation, le plus discret semblait péniblement focalisé sur un obstacle beaucoup plus concret. Moi. Malheureusement...

Je tirais ma montre pour vérifier l'heure avant de me prononcer.

– Tu m'excusera Christopher. Mais... j'ai à faire!

Je n'avais plus le temps pour ces sottises. J'ignorais, en jetant un dernier regard à son compagnon, que ces yeux scrutateurs cachaient un génial adversaire et que l'avenir nous vouait à croiser le fer et l'argent pour la sauvegarde ou l'extermination de ces êtres dénaturés.
Il n'y avait rien de plus à ajouter. D'un ordre bref, j'ordonnais aux molosses de me suivre et prenait la direction qui menait hors de la Bayview.


Chris dans les environs, accompagné de l'un de ces partisans, je n'étais pas pleinement rassuré quant-à la tournure de mes plans. Je laissais les chiens à leur gardien auquel je donna mes directives.

– Dites leurs que demain à l'aube, la meute est à eux. Qu'ils ne laissent aucun survivants.

– Est-ce que vous avez eut ce que vous étiez venu cherchez?

– Pas encore.

– Alors est-ce qu'il ne vaudrait mieux pas attendre? On pourrait réduire les effectifs jour après jour? Ils finiraient bien par parler?

– C'est leur dernière chance, j'ai été très clair. Et nous avons un léger imprévu pour nous autoriser un peu plus de zèle...

– Si je peux me permettre, pourquoi vous tenez tellement à mettre la main sur ce quidam en particulier?

– Il m'a volé quelque chose qui m'appartenais. Un... millésime je le crains irremplaçable.

– ...Donc quoiqu'il arrive, nous remettons cette bande de loups à ceux qui les traquent.

– Si je reste sans réponse, ils paierons le prix fort. Dans le cas contraire... laissais-je couler avec l'impression de me faire répéter. Et bien, je leur ai promis la paix.

– ... Mais vous venez de donner l'ordre de...

– Peut-on espérer de paix plus radicale? J'ai toujours été un homme de parole. souriais-je avec perfidie.

L'heure encore ce rappelait à ma personne, et si je m'attardais d'avantage, il se pourrait malgré moi que je finisse par trahir ce précieux principe.

Le temps, c'est de l'Argent. J'avais une flamme à reconquérir, de ces follets indisciplinés qui pourrait me glisser un jour entre les doigts si je ne prenais pas garde.

Alors la voiture filait à travers les rues de la Baie, traversais les quartiers aisés. Mais le véhicule s'arrêta devant une petite enseigne, un magasin presque trop discret dans ce décor de lumière. Je pénétrais dans l'antre comme chez moi, traversais les rayons sans un regard pour le marchant, l'oeil en chasse : je savais exactement ce que je voulais. Je m'arrêtais, interpelé par l'instrument que je considérais longuement avant de le descendre de son crochet. C'était un bel objet, vendu avec ses recharges. J'aurais put sentir le métal froid rien qu'à le regarder, même à travers la membrane limpide. Mes yeux pétillaient, j'avais trouvé ce dont j'avais besoin, avec ça, j'étais certain de me faire respecté!...
Alors pourquoi diable mon excitation enfantine s'écrasa sous une incertitude qui n'en était pas une?... Les reproches de ce frère impie raisonnèrent comme un avertissements. "Gerard est aveuglé par un endoctrinement familial tout comme toi !" Un élan lucide pris la place de mes malices. Lentement, mon regard dévia vers le fin fond de l'allée. L'arme retrouva sa place, mais l'argent tintinnabula contre le métal froid de la caisse avant que ne raisonne la clochette.

Il ne me fallut pas plus d'une quinzaine de minute pour arriver à destination, mais je houspillais le chauffeur d'aller plus vite : j'allais être en retard. Je pénétrais dans l’hôtel d'un pas rapide, profitais de l’ascenseur pour ôter quelques poussières imaginaires de mon pardessus et m'assurer qu'aucune tache suspecte ne traine, et je traversais le couloir avec hâte. Je me modérais seulement à quelques pas de la porte. Prêt, je toquais trois coups secs avec le pommeau de ma canne.

La porte s'ouvrit. Alors, contemplant bassement, un sourire d'une tendresse dont je ne saurais faire preuve dans mes pires élans d'hypocrisie, s'empara de mon visage tout entier.  

– Bonsoir mon trésor.

Je tirais alors de mon dos un ours au poil soyeux et au nœud papillon coquet. Mon choix fut grandement récompensée, car il me sembla avoir enfin vu l'ombre d'un sourire animer le petit être.

– Alors? Où allons nous manger ce soir?

Je refermais sur nous la porte de l'appartement, suggérant avec enthousiasme un restaurant de renom... sans me rendre compte que j'étais le seul à m'enchanter de la décision.
Je n'avais pas conscience à cette époque, combien mes richesses m'aveuglaient, combien les gloires m'assourdissaient, à rechercher incessamment à brandir mon argent dans l'espoir de l'impressionner. Je pouvais tout avoir : faire disparaître le nuisible, construire des palais, un magicien n'aurait su faire plus de prouesses que j'étais capable d'en réaliser! Je ne comprenais pas pourquoi je ne parvenais pas à l'amadouer. J'ignorais en ce temps, que c'est le pouvoir qui m'avait en sa possession.
Je l'avais compris, chèrement.

* * *

Les lueurs du passé s'estompèrent pour me ramener dans les méandres du présent. Le seul regard qui possédait une once de fraicheur et me faisait face aujourd'hui appartenait au rejeton de mon feu frère. Et dire que depuis tout ce temps, c'était Wilder qui en avait la charge... J'aurais pourtant du m'y attendre...
Il lui ressemblait, ça en était troublant. J'avais l'impression de le revoir au côté de son ami comme ce soir là.

Au surlendemain de cette brève entrevue, les journaux de la Baie avaient fait état d'une tuerie dans les quartiers miteux jouxtant le port, un énième règlement de compte entre gangs, je crois. Une triste histoire qui n'avait pas manqué de heurter un peu plus Christopher, et avait laissé au jeune Wilder un aperçu de ce dont le frère de l'ombre était capable. Ce fut le déclencheur de nos hostilités, sans être la défaite la plus révoltante, ni la plus douloureuse qu'il ait eut à subir...

L'adversaire d'antan franchis paisiblement la distance qui nous séparait pour s’intéresser à la marque sur mon bureau et en retracer le mouvement comme pour souligner sa dimension.

– Et vous Elias ? Auriez-vous le courage, comme Alexander… si par hasard ce genre de dessin s’imprimait dans votre chaire ?

L'ombre qui dévorait mon regard et accrochait farouchement le parleur s’intensifiait à chacune de ses syllabes.

– Auriez-vous l’audace de passer à l’acte, d’honorer votre famille ? Quel effronté. Je n'avais d'autre honneur à satisfaire que le mien. La puissance ne vous a-t-elle jamais tenté Elias ? Cela ne réparerait pas votre jambe, mais vous redonnerez un certain avantage physique.

Je ne parvenais pas à dissimuler la lutte fébrile d'une grimace entre le rictus rageur et le sourire carnassier, ni l'étincelle honteusement avide qui pétillait au cœur de mes ténébreuses.

– A moins que Gerard ne vous fasse trop peur… Mes traits s'étirèrent sévèrement d'un outrage à châtier, et d'une prise de conscience plus vive encore... non... tout de même pas... J’ai ouïe dire d’une histoire qu’on racontait aux enfants...

– ... Pas un mot de plus...

– ... Pour leur faire la morale, ça parle d’un lâche qui…

– TAIS TOI!!!

Ma canne fit un arc de cercle brutal vers le plafond pour fondre droit sur la face de Wilder, sans l'atteindre. Un barrage empêcha le bâton de se rompre sur son crâne, et je sus immédiatement que le garçon avait réagit d'un élan salutaire pour son tuteur.

– Tu ne sais RIEN! Rien du tout! persiflais-je d'un souffle venimeux. Oh, c'est Chris, n'est-ce pas? Bien sûr, ce ne peut-être que lui. Comment aurait-il put se priver de parler, l'effronté!

Il y avait ce portrait qui s'interposait et m'empêchait de porter les coups désirés à l'ami de ce frère stupide, mais rien n'aurait put me faire taire.  

– Alexander n'était qu'un bon petit soldat, il s'est contenté de suivre les directives comme un vulgaire pantin. Chris lui, a préféré abandonner sa propre famille, incapable de tuer les lycans comme il aurait dut le faire!

Ils méritaient le titre de lâche, JE n'en était pas un!

– Et pour quel résultat?...  

Je n'étais surement pas le plus robuste dans cette boutique, mais il me semblais qu'en retrouvant un sourire, je retrouvais un peu de ma force.

– Et toi, Stephan? Combien d'êtres chers es tu prêt laisser périr au nom de cette belle amitié entre les loups et les hommes? Christopher était un naïf, il à fini par payé... les choses auraient put être autrement s'il avait fait le bon choix! mes orbes glissèrent inexorablement dans celles du défenseur aux yeux couleur foudre, mon rictus plus cynique encore. Et d'autres auraient put être sauvé...


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MessageSujet: Re: Un bonheur n'arrive pas sans un malheur... [PV Elias G Argent & Chad, et Stephan Wilder]   Ven 20 Fév - 16:17









Larmes de crocodile




L’ambiance de la boutique était passée de caverne d’Ali Baba à un duel à la Sergio Leone. J’avais très rarement vu mon père ainsi, mise à part quelques confrontations dans des galas de charité auquel j’avais assisté. Je connaissais parfaitement tous les tics gestuels de mon père, c’est ce qui nous avait par le passé évité quelques déconvenues ma sœur Emy et moi. Il n’y avait jamais de cris à la maison. Les luttes verbales se faisaient toujours dans un français soutenu et assassin, dont je n’étais jamais le gagnant. J’avais appris à savoir lâcher et abdiquer au bon moment face à cet homme que je respectais plus que tout.

***

Une fois j’avais assisté à ce genre de joute que j’avais maintenant sous le nez. Nous allions assister à un match entre les Boston Celtics et les L.A. Lakers. C’était avec satisfaction que je m’étais apprêté à suivre le match depuis les tribunes VIP, que l’ambiance avait chuté brutalement quand l’un des concurrents de mon père s’assit juste devant nous. Pendant toute la durée du match, les phrases assassines n’avaient pas arrêté de fuser. Une personne qui n’est pas de notre milieu, aurait pu croire à une agréable discussion entre deux amis. Mais sous chaque mot aimable se cachait une épine. Cela avait un peu gâché mon plaisir et m’en été ouvert à mon père dans le pub où nous étions allés juste après. C’est là qu’il m’avait un peu expliqué ce milieu particulier des requins de la finance. « Ces bandits en col blanc » comme aimait les appeler ma mère.

Ce jour-là, j’avais eu droit à un véritable cours sur comment déstabiliser quelqu’un rien qu’avec des mots d’apparence aimables, ou du moins semblant dénué de toute polémique. La clé du succès  résidait dans la qualité et la quantité d’informations que vous avez de votre adversaire. J’avais assuré que je n’avais pas besoin de cela pour mon futur métier d’architecte.

« Détrompe toi Chad, tu changeras d’avis lorsque tu te feras souffler un marché, par un plus retors que toi. »

***

– Stephan Wilder... Quel mauvais vent vous amène? J'ai bien peur que vous ne trouviez rien de vos machineries habituelles ici, mais est-ce que je peux faire quelque chose pour vous? Peut-être vous indiquer le chemin?

– Elias Grégory Argent ! Quelle infortune certaine que de croiser de nouveau votre route.

Il n’y avait aucun doute sur ce à quoi s’attendre. L’absence de témoin, donnait plus de liberté aux deux débatteurs. Je me fis attentif et surtout muet. Le fait que mon père n’avait pas comme à son habitude son regard qui furetait partout, mais qu’au contraire toute son attention était concentré sur le propriétaire des lieux, me prouvait que l’homme pouvait être dangereux, si ce n’était déjà son nom de famille qui annonçait la couleur.

– Vous souhaitez m’indiquer le chemin de l’enfer ? Non merci, je le connais, repris mon père.

Quel enfer ce vieil homme avait-il déjà ouvert ? Je fus surpris d’entendre mon père poursuivre et clairement continuer dans la voie de l’hostilité.

– Le serpent est un être paresseux de nature, il ne montre sa langue fourchue qu’à bon escient. Les… affaires marchent, Elias ?

A y regarder de plus près, c’est vrai qu’on pouvait bien stigmatiser ce chasseur en serpent quoique son sourire mauvais me fasse plutôt pencher pour la famille des crocodilidés.

– Oh, mieux qu'on ne pourrait le croire... répond le boutiquier. Et vous? Que nous vos votre présence par ici? Je croyais pourtant que votre domaine se limitait à une tour de verre et des jouets électroniques. Une envie de changer d'air?

– Vous auriez tors Elias de penser que je m’enferme tel un châtelain dans ma tour de verre. Il n’y a que les imbéciles qui pensent pouvoir tout gérer sans bouger leur postérieur de leur fauteuil en cuir.

Je me crispe quand le regard de cet Elias m’analyse. Avec  ce que je viens d’apprendre sur mes véritables origine la veille, je ne me sens pas tranquille.

– Vous ne faites pas les présentations Stephan?

Le curieux insiste…

– Mon fils aîné Chad, dis-je d’une voix ferme. Et pour lui couper l’herbe sous le pied… Ma fille cadette nous a malheureusement quittés il y a quelques années de cela.

Aucune hésitation dans sa voix, je salue intérieurement la maîtrise de mon père. Je joue au bon fils bien élevé et salue ce monsieur de manière cordiale. Dix-sept ans d’éducation bourgeoise, cela ne s’oublie pas. Je joue le fils modèle à la perfection. En fait, j’ai pas vraiment à me forcer puisque je suis d’une nature calme et complaisante.

– Et vous Elias ? Des enfants ? Une femme ?

Si ce vieux croco a trouvé une femme, je veux bien qu’on m’arrache les poils ! Le silence revient en maître dans la boutique pendant qu’ils se toisent tels des gladiateurs. Je ne sais pas ce qui se passe dans leur tête à chacun, mais je suis certain qu’il s’agit d’un sombre passé.

– Et vous Elias ? Auriez-vous le courage, comme Alexander… si par hasard ce genre de dessin s’imprimait dans votre chaire ?

Alexander… cet oncle qui s’est suicidé… Ce code d’honneur… Puis mon sang ce glace. J’ai le même nom que ce fourbe, qu’est-il pour moi ? Un cousin ?

– Et vous Elias ? Auriez-vous le courage, comme Alexander… si par hasard ce genre de dessin s’imprimait dans votre chaire ? Auriez-vous l’audace de passer à l’acte, d’honorer votre famille ? La puissance ne vous a-t-elle jamais tenté Elias ? Cela ne réparerait pas votre jambe, mais vous redonnerez un certain avantage physique.

Dessin ? C’est à ce moment-là que je remarque la spirale sur le bois du comptoir. Derek ! Il n’y a pas besoin qu’on me le dise.  Je ne peux ne pas reconnaître la marque apposée par l’un de mes frères de meute. Celle-ci est fraîche, vu l’état de Derek en ce moment, ça la fait remonter avant le Mexique… Cela… Cela aurait-il un lien avec ce qu’il subit en ce moment ? Je regarde le chasseur qui me semble bien plus vieux que mon père, alors qu’ils sont de la même génération à deux-trois années près.  

– A moins que Gerard ne vous fasse trop peur… J’ai ouïe dire d’une histoire qu’on racontait aux enfants…

Le cœur du boutiquier s’emballe, ses pupilles se sont brusquement rétrécies

– ... Pas un mot de plus...

– ... Pour leur faire la morale, ça parle d’un lâche qui…

– TAIS TOI!!!

La canne du furieux atterrit dans ma paume. Je resserre les doigts dessus pour qu’il ne puisse plus la bouger. Un coup d’œil à mon père me montre qu’il n’a pas bougé d’un poil, ni esquissé le moindre geste de sauvegarde. Avait-il calculé l’énervement de celui qu’il asticote depuis cinq minutes, ou n’a-t-il pas eu le temps de réagir. Une ombre de sourire qui s’esquisse sur le coin de sa bouche me renseigne et me prouve qu’il a sciemment provoqué l’autre jusqu’au point d’explosion. Je ne peux m’empêcher de soupirer.

– Tu ne sais RIEN! Rien du tout! Pérore le cagneux. Oh, c'est Chris, n'est-ce pas? Bien sûr, ce ne peut-être que lui. Comment aurait-il pu se priver de parler, l'effronté!

Je sens qu’il essaye de m’arracher sa canne. Je n’ai pas besoin d’utiliser ma force de loup pour la lui arracher. Il me regarde l’air mauvais quand je prends pleinement possession de sa canne et me pose en appui dessus. Quelque chose me dit que c’est à moi de l’ouvrir.

– Alexander n'était qu'un bon petit soldat, il s'est contenté de suivre les directives comme un vulgaire pantin. Chris lui, a préféré abandonner sa propre famille, incapable de tuer les lycans comme il aurait dut le faire!

La question me brûle les lèvres, mais la réponse devient évidente au fur et à mesure que l’autre lâche les vannes de sa colère. Je comprends enfin le jeu de mon père. Ce n’était pas un plaisir gratuit que d’énerver ce chasseur. Mais bien une manœuvre, un bel appât que l’autre a avalé avidement. La fureur l’aveugle, il en dit bien trop et pas seulement avec des mots. Tous sont comportement nous renseigne sur son état d’esprit. « Connais ton ennemi mieux que toi-même… »

– Et toi, Stephan? Combien d'êtres chers es-tu prêt laisser périr au nom de cette belle amitié entre les loups et les hommes? Christopher était un naïf, il a fini par payer... les choses auraient pu être autrement s'il avait fait le bon choix! Et d'autres auraient pu être sauvé... Termine ce fourbe en me regardant.

Stephan m’a dit que je ressemblais à mon géniteur, et si cet homme est celui auquel je pense… Aucun doute sur le fait qu’il a deviné ma réelle filiation.

– Qui est cet homme exactement, Père ? Dis-je en insistant sur le « père ».

Je suis fier de celui qui m’a adopté, fier de ce qu’il a fait de moi, touché de son amour indéfectible alors que sa fille a péri sous les crocs d’un loup.

– Elias est le frère de Gerard, Alexander et de Christopher Argent. Le troisième fils de cette fratrie de quatre mâles.

Elias pince les lèvres à l’énoncé de sa genèse. Il me regarde avec défi, je lui renvois son regard. C’est donc l’homme dont mon père disait ne pas se souvenir du nom. J’avais trouvé cela étrange de sa part.

– Si Gerard manie sans vergogne les armes, reprend mon père, Elias a d’autres méthodes bien plus sournoises pour un résultat… tout aussi équivalent.

Je m’approche ce cet oncle dont je me passerais bien. Il a un mouvement de recul, mais se repend et revient à sa position fièrement dressé. Je pose délicatement la canne sur le comptoir, puis comme mon père juste avant, je viens suivre du bout des doigts la marque laissée par Derek.

– Vous ne semblez pas très doué pour vous faire des amis… mon oncle.

Je crache plus que je prononce le dernier mot. Je tombe le rideau, du moins sur mon ascendance. Il est clair que ce furieux ne doit rien savoir de ma nature. Car je sais que notre lien de parenté ne pèsera pas lourd dans la balance de son jugement.

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MessageSujet: Re: Un bonheur n'arrive pas sans un malheur... [PV Elias G Argent & Chad, et Stephan Wilder]   Sam 14 Mar - 20:22



Un bonheur

n'arrive pas sans un malheur...




L'air dans la boutique rappelait une atmosphère d'orage alors que le temps d'un éclair, tout mouvement s'était figé. Ma canne se trouva prisonnière de la poigne du jeune homme, nous nous toisâmes mutuellement et je fulminai les outrages du trader à la langue de vipère. Mais j'eus beau lui cracher mon venin, il ne bougea pas, caché derrière ce fils maudit qui d'un geste me substitua complètement mon bâton pour s'y poser dessus d'un petit air insolent. Je reprit promptement mon équilibre trop facile à troubler une fois privé de mon appuie. Humiliation. De me faire toiser comme un animal bancal, et de l'appréhension que certaines fables aient filtrées par delà la sphère familiale.
Mais Alexander n'avait fait que suivre nos lois tel un pantin dans volonté, Christopher avait ignoré nos leçons et abandonné sa famille pour une cause aussi vaine qu'égoïste. Où était-il, leur courage?!
Je ne laisserais pas cet ignorant me regarder de haut, devant son pupille qui plus est... Il savait aussi bien que moi qu'à côtoyer les bêtes, on finissait par y perdre. Jusqu'à la vie. Christopher, l'ami, le père, était un parfait exemple.

Mais rien n'ébranla l'homme au mental d'acier.

– Qui est cet homme exactement, Père ?

Père... Le petit effronté qui savait manifestement pour ses origines tint à donner de l'importance à ce titre. Il exposa comme un rempart invincible à toute attaque, même les plus viles, la solidité de leur attachement. Un attachement qui surpasse les liens de sang.  

– Elias est le frère de Gerard, Alexander et de Christopher Argent. Le troisième fils de cette fratrie de quatre mâles.

Ainsi, les présentations furent officiellement faite. Un regard impérial sur le né Argent qui s'ignorait scella silencieusement nos assentiments mutuels.

– Si Gerard manie sans vergogne les armes, poursuivit l'autre, Elias a d’autres méthodes bien plus sournoises pour un résultat… tout aussi équivalent.

Impossible avec sa manie des sous-entendus, de savoir si le trader avertissait ombrageusement de mes éclats ou osait comparer mes entreprises aux défaites de mon aîné. Toujours est-il qu'il n'avait pas tort : je préférais les armes humbles et les tactiques patientes aux équipements lourds et aux assauts de mes pairs. Et quels qu’aient put-être mes échecs et quoi que l'on puisse bien médire, ces méthodes avaient largement fait preuve de leur efficacité.

Le jeune approcha avec ma béquille en otage. Je reculai à ce geste trop assuré en imaginant un possible retour, un réflexe que je m'empressai de feindre en me grandissant tandis qu'il la déposa simplement sur le comptoir.
Le portrait fidèle d'un frère disparu et à la fois l'imitation parfaite du financier dans son dos, le jeune homme redessina la marque vengeresse avant de me défier.

–  Vous ne semblez pas très doué pour vous faire des amis… mon oncle.

– Des amis, non... avouais-je sans vergogne.

Je préférais à cette équivalence le terme d'associés.  

– Mais lorsqu'on voit comment finissent ceux de la famille Wilder, quelque chose me dit qu'il vaut mieux s'en abstenir.

Je repris doucement ma canne, l’œil glissant et tenace sur le père puis fils.

– Mais tu dois bien en avoir, toi. Des amis.

Oh, le ton ne se voulais pas menaçant, simplement intéressé. N'était-ce pas formellement une discussion entre un oncle et son neveux?

– Ton... père, t'as probablement déjà expliqué combien on s'est indigné de ta disparition.

Le « on » ne faisait pas tant référence à un tout qu'à ce frère possédé par la rancœur.

– Tu as été fortement regretté dans ton enfance. Que ton père, celui qui ta donné la vie, soit mort n'a pas empêché le reste de la famille de vouloir te retrouver.

N'était-ce pas tout naturel pour une famille de s'inquiéter et vouloir élever son ascendance ? Oh, il n'était même pas question de duper le fils Wilder qui se montrait intelligent et plein d'assurance, le digne fruit du trader. Mais j'appréciais trop les doubles tons dont il connaissait la magie pour m'en priver.
C'était l'enfant de Christopher, le maillon qui aurait put l'astreindre à Gerard si nous l'avions eut entre les mains. Mais il aurait été bête de croire que le père éliminé et l'évaporation du chérubin dans la nature avait mis un terme à sa traque. La famille Argent est une famille d'ambition.
Une gêne s'élimine. Le gène se façonne pour devenir utile.

– ...Heureusement, Gerard semble avoir d'autres préoccupation pour le moment. supposais-je d'un geste vague pour écarter le danger comme on chasse une mouche.

Rien à craindre pour le trésor perdu donc, un débouché plutôt paisible à cette histoire. Pourtant ce n'est pas ce que mon sourire laissait entendre.
Les mains jointes sur le pommeau doré, je détaillais Chad, puisque tel était son prénom d'adoption, scrutant sa personne toute entière à la recherche de quelque chose, pour finalement en venir aux faits.

– Tu es entré dans cette boutique. Tu avais probablement quelque chose à y trouver?

Car s'il avait posé un pied ici, ainsi que son tuteur, ce n'était certainement pas pour faire connaissance avec un vieil oncle méconnu. Je l'observais intensément. S'il semblait assez clairvoyant pour analyser le monde qui l'entourait, bien que loin d'avoir l'esprit machinal de Stephan, je savais lire également les traîtrises du corps. Oui, il avait franchis cette porte pour un motif précis, il ne pouvait pas me le cacher. Mais consentirais seulement à m'en parler? Mmh...


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MessageSujet: Re: Un bonheur n'arrive pas sans un malheur... [PV Elias G Argent & Chad, et Stephan Wilder]   Mer 18 Mar - 11:46









Larmes de crocodile




J’aurai presque pu toucher du bout des doigts l’animosité qui animait celui qui dorénavant mettait un visage sur un point d’interrogation du schéma tracé par mon père. Si on choisit ses amis, votre famille peut un jour, vous tomber dessus comme un méchant retour de boomerang. J’avais été fier de mon ascendance présumée, Stephan force le respect par sa manière d’être. C’est certain qu’il en impose, mais c’était tout à fait justifié. Son intelligence est redoutable et pas seulement sur les marchés financier, mais dans les relations humaines. Il a une capacité d’analyse hors du commun. Et en regardant Elias qui fulmine, je me demande si je ne connais pas qu’une infime partie qu’est l’iceberg Stephan Wilder. Ma mère, Priscilla, est plus chaleureuse que son mari. Elle est celle qui arrondit les angles. Mais loin d’être faible, ce n’est qu’une de ses aptitudes d’avocate. Elle sait manier le verbe et les effets oratoires pour obtenir ce qu’elle veut. J’ai grandi en essayant d’être à leur hauteur et digne de leur ascendance. Avec le recul, je vois bien ce qui me démarque de mes parents adoptifs, mon éternelle gentillesse, ma naïveté sur les autres et mon incapacité à dire non. Je serai certainement différent si le drame autour de ma naissance n’avait pas eu lieu. Que serais-je si c’était Stephan et Iona qui m’avaient éduqué et non pas Stephan et Priscilla ? Je crois que mon père adoptif m’a donné des armes pour me battre. Je suis un savant mélange des caractères de Christopher et Stephan. Le côté rêveur et idéaliste de l’un, et la raison pragmatique de l’autre. Oui je suis toujours fier d’avoir été élevé comme un fils légitime. Les liens du cœur sont aussi importants que celles du sang.

– Des amis, non...

Siffle ce serpent pas plus affecté que cela de ne pas avoir ce que le tout un chacun recherche : un entourage amical. Je ne me reconnais pas dans cet homme sec et aigri.

– Mais lorsqu'on voit comment finissent ceux de la famille Wilder, quelque chose me dit qu'il vaut mieux s'en abstenir. Poursuit ce siffleur perfide.

Je sers les dents. Il ne sait rien sur Emy dont il a appris l’existante que maintenant. Mais déjà il sous-entend que sa mort est liée à notre façon d’être. Grace à Mick et Miya, j’ai réussi à faire mon deuil et surtout à cesser de me sentir coupable. C’était une fatalité du sort. Nous étions au mauvais endroit, au mauvais moment. Ni plus, ni moins. Pas de coupable que celle d’un destin et d’un alpha avide de pouvoir.

– Mais tu dois bien en avoir, toi. Des amis.

– Ce n’est pas très difficile mon oncle… Mais cela demande quelque chose dont vous semblez être dépourvu : la compassion. Et il faut être idiot pour assimiler ce sentiment à une faiblesse. C’est une force au contraire.

– Ton... père, t'as probablement déjà expliqué combien on s'est indigné de ta disparition.

– Vraiment ! Dis-je dans un sifflement entre mes dents. Rappelez-moi qui tenait l’arme qui l’a abattu ?

Je sentis mon père tressaillir à mes côtés. J’y étais allé au bluff… Je venais de mettre le doigt sur quelque chose. Quelque chose de suffisamment brûlant pour que Stephan se trahisse. Elias élude ma réplique et poursuit comme si de rien n’était.

– Tu as été fortement regretté dans ton enfance. Que ton père, celui qui t’a donné la vie, soit mort n'a pas empêché le reste de la famille de vouloir te retrouver.

– Vous espériez réussi sur moi l’endoctrinement qui à foiré sur mon père ? Dis-je mauvais. Je crains malheureusement que la génétique m’a soulagée des gènes destructeurs qui semblent coller à la famille Argent depuis des siècles.

– ...Heureusement, Gérard semble avoir d'autres préoccupations pour le moment. Reprend le crocodile.

Je mets la main sur l’épaule de Stephan, pour faire comprendre à ce requin qu’il n’a pas à faire à un jeune isolé et faible. Toute mon éducation m’aide à tenir tête à cet oncle que la vie m’impose.

– N’allez pas croire que je puisse être influençable, ou que je commettrais les mêmes imprudences que mon géniteur, tonton.

– Tu es entré dans cette boutique. Tu avais probablement quelque chose à y trouver?

– Un style de meuble pour une demeure dont j’ai fait les plans pour sa reconstruction.

Un coup de sourcil sur son comptoir et il comprend immédiatement de quelle demeure je parle. S’il ne peut deviner que j’en suis moi-même un, il comprend donc que comme Christopher avant, je fréquente les loups. Évidemment, je ne parle pas de la Chad-boussole qui est à l’abri dans ma poche. Je le redonnerai à Mick demain quand on ira à Sacramento pour aller chercher la Maserati.

– N’y voyez aucune offense mon oncle, mais je pense que l’on va passer notre chemin. Bonne journée à vous.

Je me tourne vers la sortie. Stephan s’incline légèrement.

- Elias. Dit-il en guise de Salut.

Le chasseur réplique hypocritement sur la joie qu’il ressent de cette rencontre et propose une future réunion de famille. D’un regard, je lui fais comprendre que je n’ai aucune envie de renouer avec cette famille détestable. Je rejoins mon père qui est déjà dehors et claque la porte d’entrée dans mon dos, forçant sur le groom et faisant tinter plus que nécessaire la cloche attaché au battant. Alors que l’on rejoint la voiture de location de mon père, je hausse les sourcils dans sa direction. Il ne répond pas. OK ! Ce n’est pas aujourd’hui que j’en saurais plus sur la partie cachée de ma vie. C’est frustrant, mais je n’insiste pas, car je sais que je n’arracherai jamais une information que mon père a décidé de taire.

HRP:
 

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MessageSujet: Re: Un bonheur n'arrive pas sans un malheur... [PV Elias G Argent & Chad, et Stephan Wilder]   Dim 29 Mar - 16:18



Un bonheur

n'arrive pas sans un malheur...




Le né Argent me narguait en redessinant doucement la marque incrusté dans le bois, soulignant mes contrariétés et viduité non sans un certain plaisir. Mais je tint à le rassurer. Si monsieur Argent était apte à se faire des ennemis, il ne savait pas moins s'entourer efficacement en contrepartie. Et ça ne profitait guerre aux impertinents dans son genre. Je pris Stephan à témoin, lui qui avait perdu un ami, et visiblement bien plus que cela... Quel que soit sa forme et ses motivations, la Mort semblait s'être entichée de la si honnête famille. Quel triste injustice, de quoi regretter d'éprouver ces bons sentiments qu'on me présenta comme indispensables.

– Ce n’est pas très difficile mon oncle… Mais cela demande quelque chose dont vous semblez être dépourvu : la compassion. Et il faut être idiot pour assimiler ce sentiment à une faiblesse. C’est une force au contraire.

L'insolence du bien pensant me provoqua un rire.

– Je ne parierais pas là dessus.

Et lui non plus le brave garçon, lorsqu'il la subira, la compassion.
A batailler par l'ironie, je lui racontai comment Gerard s'était offusqué de l'évaporation du nourrisson après la disparition de Iona et la malencontreuse fin de son père.

– Vraiment ! Rappelez-moi qui tenait l’arme qui l’a abattu ?

La question claqua comme un coup de fouet, Stephan lui même se raidit dans mon champs de vision. Mes ténébreuses scrutèrent les célestes de l'insolent puis glissèrent sur l'homme dans son dos. Ooh... je vois. Mr. Wilder avait donc le gout de doser ses aveux...

Je conservais le silence que le vieil adversaire avait manifestement jugé préférable pour poursuivre sur ma lancée. Était-il au courant, combien il avait put-être convoité par son ascendance de sang?

– Vous espériez réussi sur moi l’endoctrinement qui à foiré sur mon père ? Je crains malheureusement que la génétique m’a soulagée des gènes destructeurs qui semblent coller à la famille Argent depuis des siècles.

Un petit rictus étira mes lèvres. Si tout devait reposer sur un héritage purement génétique...

– Que d'à priori, ça en serait presque vexant. On ne né pas chasseur, jeune homme. On le devient.

Et lorsque je vois briller dans ses yeux une fougue justicière, j'aime songer aux lueurs droites et fidèles qui auraient put naitre si nous avions put lui mettre la main dessus assez tôt...
Mais il avait été bien gardé, Gerard n'avait pas put réparer comme il l'envisageait les travers du frère impie. Il était trop tard maintenant pour espérer quoi que ce soit, il n'y avait donc aucune raison pour que le jeune adulte conserve ses défenses...  
Conscient de l'ampleur de mes hypocrisies, il se raccrocha à Stephan en preuve d’appuis solide, exhibant la force qu'il tirait au nombre de ses compagnons et de leurs loyautés face à ma mesquinerie et ma solitude d'entreprises.

– N’allez pas croire que je puisse être influençable, ou que je commettrais les mêmes imprudences que mon géniteur, tonton.

Cette assurance naïve rehaussa mon sourire. Sans oser l'approcher, je le moquais d'un ton focalisé sur lui seul.

– Oh rassure toi, je te crois sur parole.

Je n'avais que trop bien compris que Stephan l'avait taillé à son image. Le bloc d'argile modulable avait durci depuis longtemps, ce n'est pas à coup de mensonges caressants que je pourrais le polir. Avais-je seulement une chance de le changer encore?
Je n'en doutais pas. L'argent se tords, se brûle, se fond, se brise. Quand bien même le métal résiste, la volonté d'un homme suffit à décider de l'exploitation de l'instrument. Et Chad qu'il le veuille ou non, est un Argent.

Nous nous défiâmes un moment avant que je l’interroge sur la raison de sa présence en ces lieux. Ce devait bien être pour y dénicher quelque chose...

– Un style de meuble pour une demeure dont j’ai fait les plans pour sa reconstruction. répond t-il du tac-au-tac.

Les Hale... je me pinçai instantanément en comprenant sur quel genre d’allier le jeune homme pouvait compter, digne fils de Chris, l'ami des bêtes.

– N’y voyez aucune offense mon oncle, mais je pense que l’on va passer notre chemin. Bonne journée à vous.

– Oh, je comprend. Il se fait tard, je ne voudrais surtout pas vous faire perdre votre après-midi en « famille ». Je suis vraiment ravis de votre visite. annonçais-je en jetant à Stephan un regard mêlé de ressentiment et de satisfaction.

Ils me saluèrent ou me toisèrent chacun, ne tournant le dos qu'avec précaution et le poids de mes regards sur leurs épaules... ses épaules.  

– A bientôt. Mon cher neveux... articulais-je à mon tour toutes mes affections et l'assurance d'une retrouvaille.

L'un et l'autre je ne les lâchais pas des yeux avant que la porte ne ce soit fermée dans un tintement douloureux de clochette.

Mon sourire courtois si ce n'est malveillant s'atténua progressivement. J'avais la satisfaction d'avoir mis la main sur un butin oublié, mais la présence du trader n'avait de plaisante que les escarmouches exutoires. Je maudissais en silence celui qui était trop impliqué pour ne pas me turlupiner.

J'allai à la vitrine, m'assurer que l'oiseau de malheur s'en soit aller, y replaçant correctement un parchemin et quelques objets. Chad Wilder... Il ne pouvait ignorer que cette rencontre infortuite l'avait flanqué d'une ombre à sa suite, quand bien même la dite ombre ne tirerais aucun avantage à interférer pour l'instant. Je doutais qu'il repose de lui même les pieds dans cette boutique, mais il n'échapperait pas à ce que nous croisions de nouveau. Il avait été clair sur sa détermination à faire face plutôt qu'à fuir... Oh Chris, tu peut-être fier de ton fils. C'est un brave! Mais c'est aussi un cœur d'or, et cette « compassion » dont il se targue, ou quelques soient ces attachements dont il vente la vertu et qui te caractérisait si bien, il en paiera le prix...

Spoiler:
 


     Mr. Argent      

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Un bonheur n'arrive pas sans un malheur... [PV Elias G Argent & Chad, et Stephan Wilder]
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