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 Plongée en eaux troubles feat Mr Argent

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Fiona Ferjones

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MessageSujet: Plongée en eaux troubles feat Mr Argent   Ven 10 Avr - 19:22



Plongée en eaux troubles


Feat :  Mr. Argent

Mes journées alternaient entre visites sur le terrain, seule ou avec Jordan et étude de dossiers au poste de police. Il y avait vraiment à faire sans parler des affaires ordinaires. Beacon Hills n’échappait pas à sa dose de délinquants de toute sorte. Je voyais régulièrement défiler devant mon nez des jeunes et des moins jeunes menés pour un interrogatoire par le policier qui leur avait mis la main dessus. Le poste était ainsi animé au grès des évènements de la journée.

Je me levai de ma chaise et m’étirai les bras au-dessus de la tête. Je pris mon mug et allais me servir en café. Je reconnus à l’arôme fort que cette fois-ci c’était Ruby qui l’avait dosé. Je passai la tête dans le bureau de Jordan, il était au téléphone avec le palais de justice. Maf’ ronronnait sur ses genoux comme à son habitude quand la druide n’avait pas de cours à assurer.

- Meow !

Je fis un petit geste et attrapais la liasse des affaires en attente dans bannette réservée à cet effet.

D’une main, je soulevai une à une les chemises cartonnées réglementaire tout en sirotant mon café. Mon entente avec l’adjoint, me permettais cette familiarité… Je mis de côté un dossier sur un jeune qui semblait avoir des hallucinations et poursuivit ma rapide investigation entre déclarations de vol, ou de perte de papier, une femme qui se plaignait des traitement de son époux, une expropriation fallacieuse, une plainte pour tapage, une autre contre un chien qui aboyait nuit et jour, un hôtel se plaignait de vol de la part d’une de ses employées…

Le sentiment d’être passée à côté de quelque chose me fit refaire rapidement l’inventaire de la liasse. Je stoppai enfin sur le dossier qui aurait dû me sauter aux yeux dès la première lecture. Ce n’est pas tant le motif de la plainte qui m’interpellait, mais bien le nom de famille contre qui était portée la plainte… Ce nom… Ici… dans cette ville… Mon cœur s’accéléra avec les réminiscences du passé… Je ne pus m’empêcher de crisper les doigts sur la liasse de papiers. Je reposai tous les dossiers à l’exception d’un seul, celui de la plainte d’un jeune couple contre son propriétaire.

De retour à mon bureau, je posai la chemise cartonnée et m’installai sur le fauteuil. Je tremblais presque à l’idée de ce que j’allais découvrir. Et si quand bien même il s’agissait de lui… Qu’allais-je faire ?

« La rose rouge qui s’épanouit sur son cœur… cette détonation qui sonne le mot de la fin… moi qui hurle… ces bras qui m’emportent avec force… la débandade et la poursuite d’un cauchemar qui avait démarré bien plus tôt. »

Affaire Johnson contre Argent… Suivait la date de déposition du plaignant. Un peu fébrile j’ouvrai le dossier. Je lus la déclaration. David Johnson, électricien et sa compagne Pepper William étudiante, se plaignaient d’avoir été mis hors de leur logement par ce qu’ils ont appelé des hommes de mains. Ils avouent être en retard dans leur loyer, mais contestent la dernière augmentation, portant le montant à un prix exorbitant pour un pauvre studio mal isolé dans un immeuble très mal entretenu. David Johnson subissait une période de chômage qui les mettait en difficulté. La réponse à leur demande d’échelonnement pour s’acquitter de leur dette avait été cette augmentation.

La méthode… expulsion par des tiers, l’inhumanité de l’acte… Cela ressemblait bien à cette famille de… Je me secouai mentalement, je devais rester factuelle et ne pas me laisser aller à des conclusions hâtives. Je pris ma veste et prévins Jordan que je sortais. Il hocha la tête, il était toujours au téléphone.

~~~

Le quartier où je me garai était vraiment miteux. J’avais décidé d’aller voir l’appartement en question. Les plaignants avaient trouvé refuge chez des amis. Des détritus jonchaient le hall d’entrée, et des graffitis ornaient les boites aux lettres. La faune qui vivait dans ce quartier n’était pas vraiment recommandable. Le loyer réclamé était vraiment surévalué et cela même pour l’appartement le plus grand qu’il pouvait y avoir dans cet immeuble quasi à l’abandon. En montant dans les escaliers, je notai la présence d’extincteurs… neufs. Le contraste était flagrant. Les murs étaient sales, mais la lumière de sécurité indiquant la sortie était fonctionnelle. Plus j’avançai, plus je me disais que le gérant de l’immeuble était juste en limite de la loi. Ils sont beaucoup ainsi, à dépenser le strict nécessaire pour ne pas être hors norme, mais se gardant bien d’en faire plus… L’insalubrité légale…

Arrivée devant la porte de l’appartement visé, je haussai un sourcil… dire que j’étais étonnée par la marque qui ornait la porte serait faux. Non, cela recadrait les choses à leur bonne place. Là où il y a l’Argent, les spirales vengeresses fleurissent. Je crois que je tenais la raison de cette brusque montée de loyer.

Le nouveau locataire me confirma que la marque sur la porte n’y était pas quand il s’était installé, il y a moins d’une semaine. Comme il hésita à me donner le montant de son loyer, mon badge du FBI, le rendit plus loquace. Chômeur de son état, ce qui était étonnant de la part d’un propriétaire qui venait justement d’en expulser un. Le type arborait des tatouages qui laissaient penser qu’il était prompt à la violence. La spirale tracée sur la porte, s’adressait-elle à lui, au propriétaire… ou au deux ?

~~~

La boutique d’antiquité me semblait comme à l’abandon, ce que démentait un panonceau sur la porte, indiquant que c’était ouvert. Une clochette sonna quand j’entrai. Les lieux sentaient l’encaustique et les essences de bois. Il y avait un sacré fouillis sur les étagères, Plus loin, il y avait des meubles, que de l’occasion. Je notais la présence d’un buffet de bonne facture, d’autres semblaient avoir vécu une longue vie. Il y avait de tout et de toutes les époques. C’est rare de trouver un magasin avec autant de… trésors. Une statuette sur une étagère attira mon attention. Je m’approchais d’elle et la caressai du bout des doigts. Le bois avait fendu aux nervures mais les traits étaient caractéristiques… Il s’agissait d’un mini totem, un que l’on met sur un hôtel. Cet objet avait une valeur sacrée… pour la tribu indienne à laquelle il avait été volé. Car même sa présence dans un musée est presque de la profanation… Mon peuple le tolère, car il s’agit parfois la seule manière de conserver ces reliques du passé de manière pérenne… Mais un tel objet n’a strictement rien à faire dans une telle boutique.

Un bruit de pas un peu chaloupé me fait me retourner. Depuis combien de temps il m’observe ? Je cherche sur ses traits un air de famille qui pourrait m’indiquer un lien. Des cheveux mi-longs, le regard couleur bois, en appui sur une canne, j’ai du mal à retrouver celui que je cherche… Son air faussement affable peut coller à celui que je tuerai sans aucune hésitation si ma route venait à le croiser de nouveau. Œil pour œil, balle pour balle… L’homme me demanda ce que je cherchais. Je regardai la statuette, le reste de la boutique et repensait à la marque qu’un loup avait laissé sur la porte d’un appartement.

- Beaucoup de chose m’intéresse… monsieur Argent ?

J’avais saisi ce dossier pour une affaire purement personnelle, mais je pressentais que même en tant que simple agent du FBI, j’avais matière à rester ici et éplucher mélodiquement le personnage qui me faisait face. Je le laisse s’avancer et sortir son naturel avant de lui sortir ma plaque qui a toujours comme effet de se faire refermer les gens comme une huitre.






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MessageSujet: Re: Plongée en eaux troubles feat Mr Argent   Lun 20 Avr - 0:36



Plongée

en eaux troubles




Pas un bruit. Horloges et pendules en fonction battaient le rythme régulier du silence qui régnait en maitre dans la boutique. Un vieux sono-phone n'avait plus crissé depuis longtemps, un petit courant d'air venu de nulle part faisait parfois vibrer les plumes d'un vieil attrape-rêve. L'animation hors de ce microcosme faisait de temps à autre papilloter quelques ombres et reflets sur les lames de katana et hachette mêlés dans un même portant, une symphonie du regard.

Seul les crissements d'un stylo plume sur le papier et le tapotement d'une calculatrice témoignaient d'une vie en ces lieux.  

Je noircissais d'encre les pages d'un livre de compte que je tenais méticuleusement à jour. Une écriture cursive, à l'ancienne, pour consigner transactions, créances, soldes et dettes diverses, dans plusieurs gammes de lignes, de chiffres et de noms. Je n'ai jamais été un grand amateur de la technologie, un rejet plus bénéfique qu'handicapant pour mener certaines affaires et éviter de devenir inutilement un otage de l'ère du tout virtuel. J'avais d'autres courants invisibles à gérer. L'argent coulait comme une rivière, entrainant par son flux la roue de la fortune, une rivière dont j'aimais battre le court avec quelques termes efficaces. Cette pensée troubla mon visage concentré d'un sourire effilé. Les affaires marchaient bien.

Je traçais vivement une succession de O, geste rapide qui donnait des airs de spirales à mes gribouillis. Il y avait, bien sûr, toujours quelques ombres au tableau. Des obstacles susceptibles d’enrailler l'engrenage, qui rendait à la fois l'entreprise fâcheuse, mais plus appréciable aussi.

La petite cloche fidèle à l'entrée me prévint que nous avions une visite.

Une femme évolua lentement à travers les vitrines et étagères, dans cette lenteur propre à celui ou celle qui découvre pour la première fois la petite boutique aux curiosité. Une beauté sans age définissable, typée du sud. Une posture calme mais volontaire qui traduisait un caractère affirmé...

Je contournai le comptoir où l'odeur de cire persistait, là où les vestiges d'une griffure y figurait encore légèrement, et approchais de l’intéressée en coups de cannes plus affirmés.

– Vous cherchez quelque chose?

Elle considéra mon sourire courtois, le petit objet de son attention, puis l'ensemble de la boutique pour illustrer ensuite son propos.

– Beaucoup de chose m’intéresse… monsieur Argent ?

– Lui même. Un totem, noté-je en rejoignant l'artefact. C'est une sculpture unique et authentique. Je peux vous renseigner peut-être?

Mais l'éclat qu'elle tira sobrement de sa veste marqua un frein à mon obligeance.

– Aah... Je vois. Ce n'est pas l'attrait des antiquités qui vous emmène ici.

Police, FBI
, autant de synonymes de mauvaises augures, même pour le citoyen lambda. C'est rarement pour de bonnes nouvelles que l'on voyait ces oiseaux là passer des portes, pas lorsque l'on avait pas espoir de retrouver un disparu, ou que l'on avait pas délibérément fait appel à de telles forces. Ce qui n'était pas mon cas.
Je retournai sans embarras vers ma paperasserie pour fermer le gros volume et ranger mon bazars à calcul étalé sur le bureau latéral. Nous pouvions bien discuter sans nous regarder dans le blancs des yeux, puisque ce n'est pas à une cliente qui méritait toutes les attentions mais à l'autorité surement chargée de questions et d'allégations que j'avais à faire.

– Qu'est-ce qui me vaut de voir la couleur de votre plaque? Rien de grave j'espère?



     Mr. Argent      

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Fiona Ferjones

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MessageSujet: Re: Plongée en eaux troubles feat Mr Argent   Mar 21 Avr - 20:56



Choc


Feat :  Monsieur Argent

Argent me confirma que l’objet sacré était bien authentique… Pilleur de tombes… Voleur d’existence… Ma plaque était apparue dans mes mains presque sans que j’en aie conscience.

– « Aah... Je vois. Ce n'est pas l'attrait des antiquités qui vous emmène ici

Il fallait que je calme la fureur volcanique qui montait de mon ventre. En parlant d’antiquité, je ne saurais dire quel âge avait cet homme. Sa démarche chaloupée, son corps sec et presque maigre, il était loin de la corpulence de ce trop bien nourri de Gérard Argent. Où se classait-il dans cet arbre généalogique tentaculaire qu’était la famille Argent ? Ruby Volpha m’avait parlé de Chasseurs-créatures qui aidaient la cause des surnaturels. Mais vu le dossier que je commençais à me constituer sur cet homme, je doutai qu’il en soit. Cependant, je le voyais mal courir les bois, une arbalète à la main.

– «  Non, en effet…
– « Qu'est-ce qui me vaut de voir la couleur de votre plaque? Rien de grave j'espère?
– «  Avez-vous quelque chose à me dire, qui pourrait donner matière à ce que je sorte justement mon insigne monsieur Argent ? Dis-je à l’infirme qui rangeait ses papiers.

Il ne pensait tout de même pas que j’allais lui dévoiler immédiatement l’objet de ma présence. Je venais initialement pour une expropriation illicite d’un loup oméga, et je tombai sur un objet qui n’avait sa place que sur un autel ou dans un musée. L’expropriation démontrait son implication hostile avec les surnaturels, le totem prouvait une économie parallèle. Sans parler que pour moi, son nom de famille, quoiqu’en dise l’adjointe, lui collait une étiquette de coupable d’office. Mon jugement n’est pas arbitraire, mais juste issue de mon expérience personnelle pour avoir croisé trop souvent les membres de cette famille de chasseur.

Évidemment, ce vieil aigrefin biaisa habillement. Il avait le verbe juste, même pour se défausser. Pendant qu’il me répondait, je tournai un peu pour observer les lieux. Sa boutique avait vraiment des allures de caverne d’Ali Baba, et j’avais le chef des quarante voleurs en face de moi. En m’approchant du comptoir, une marque attira mon attention. Décidément, la spirale est à la mode ces temps-ci. Celle-ci est dessinée dans le bon sens, par un droitier. L’autre, découverte sur un arbre avec Jordan, avait fini par nous mener dans un hangar où deux loups accompagnés de deux humains avaient fait l’erreur de se croire invincible. Monsieur Argent avait-il eu des démêlés avec l’alpha Gaby ? Je suivis doucement le tracé du bout du doigt. Je sentis l’irritation évidente de mon vis-vis.

– «  Vous semblez attirer ce genre de graffiti, dis-je.

Comme il me lançait un regard étonné, j’expliquai qu’il y avait le même dessin qui était récemment apparu sur la porte d’un logement dont il était propriétaire. Je sortis quelques papiers de ma sacoche et les posai sur le comptoir, cachant la marque. Il y avait là les papiers d’expropriation, la hausse de loyer totalement injustifiée, et les nouvelles conditions dont bénéficiait le nouveau locataire qui était encore moins solvable que le précédent.

C’est là que je vis la plaque annonçant le nom du propriétaire des lieux. Je ne l’avais pas remarqué, car elle avait été déplacée, visiblement pour servir de presse papier temporaire. « Elias G. Argent ». Je n’écoutais plus les explications fumeuses de l’avide logeur. Ma mémoire butait. Elias… Ce fut le bruit de sa canne sur le sol qui fit sauter le verrou de mes souvenirs, ça me glaça le cœur…

Il existe une histoire que l’on raconte aux enfants pour leur faire la morale… Cela parle d’un lâche…

Me revoilà replongée dans un passé que je pensai avoir pourtant enfoui profondément. Mon mari et son ami m’avaient racontée la mauvaise rencontre qu’ils avaient faite dans un immeuble des bas-fonds de San Francisco… Il y a de ça, plus de vingt-cinq ans...

Je sursautai quand le chasseur me demanda si j’allais bien. Je le fixai avec un nouveau regard, cherchant un air de famille que je ne trouvais pas. Je ne sais pas ce qui retint ma main de dégainer et de tirer sans sommation, peut-être cette étrange sensation que j’avais éprouvée dans le bureau de l’adjointe…






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MessageSujet: Re: Plongée en eaux troubles feat Mr Argent   Jeu 23 Avr - 16:53



Plongée

en eaux troubles




L'agent dégaina une plaque qui reluisit d'un bien mauvais présage. Le FBI... Je soupçonnai que Stephan Wilder ne soit pas étranger à cette visite. Le trader avait l'influence nécessaire et motif à mêler les fédéraux à mes affaires. Ne serait-ce un avertissements pour me dissuader de lorgner d'avantage sur son prétendu fils, plus qu'une piqûre de rappel contre quelques forfaits?

– Non, en effet…

Ma commissure se rehaussa d'une pointe de cynisme. Avais-je réellement besoin que le trader soit sur mon dos pour être gratifié d'une telle visite, songeais-je en retournant ranger mes comptes auprès de la camelote.

– Avez-vous quelque chose à me dire, qui pourrait donner matière à ce que je sorte justement mon insigne monsieur Argent ?

– Des choses à dire? Il y a de quoi, en effet. Beacon Hill est une ville animé, ce n'est pas le désordre qui manque.

Si j'avais eu l'infime espoir de ne pas être la cible toute désigné de sa présence ici, il y a bien des parasites dont je lui aurait donné le nom. Des jeunes à traquer, une famille, ou du moins ce qu'il en restait à déranger...

Je n'entendis rien qu'un silence de contemplation. Lorsque je me retournai, elle était plantée devant ce coin de comptoir, à poser ses doigts sur le tracé encore clair sur le bois sombre.

– Vous semblez attirer ce genre de graffiti.

L'affirmation me fit froncer les sourcils et me positionner plus fermement sur mon bâton. Et elle m'expliqua, documents à l'appuie, qu'une réplique de la spirale avait fleurit sur la porte de l'un de mes logements. Elle ne m'épargna rien de la hausse de loyer contestable qui avait précédé l'expulsion, ni de l'évidente inconvenance du nouveau locataire.
Que d'injustice.
La surprise passée, j'accusais l'imputation d'un sourire calme. J'avais autant d'arguments pouvant justifier de cette exclusion, qu'un cœur juste pourrait remettre en question, certainement, mais la justice beaucoup moins. C'était là toute la beauté et la subtilité des contrats, des petites clauses qu'ont accepte sans les comprendre ou sans en saisir la portée, accompagné d'une administration elle même assez traitre pour celui qui n'a pas les moyens de payer pour la décoder. Mais les reproches d'un nouveau résident incommode semblaient en dire plus qu'un loyer excessif et la nécessité d'agents pour libérer l'appartement.

– Me reprocheriez vous la mauvaise réputation de cet immeuble? Vous savez, l'ambiance d'un ensemble résidentiel peu rapidement changé, et je ne crois pas y être pour quelque chose. Vous êtes précisément en train d'accuser le choix de mes locataires, mais je m'évertue à donner sa chance à chacun bien que je ne demande qu'à ce que des gens intègres habitent nos murs, mademoiselle. Je leur ai laissé une chance. Ils n'ont pas su la saisir.

Et la sentence qu'ils avaient subit était plutôt clémente.

– Et ce serait me donner plus de pouvoir que n'en ait de prétendre que je peux remodeler la population de cette ville. soupirais-je en dégageant distraitement la paperasse, sans me départir d'un rictus. Cependant, je ne contredirais pas vos insinuations. La ville est effectivement infestée de nuisibles. Et il serait temps de s'occuper du problème.

Je défiais sans honte l'agent fédéral qui parut se réveiller, l’œil orageux et un haussement de lèvre carnassier. Je passais derrière le comptoir et étalais mes mains de part et d'autre du bois vernis pour prendre appuie et ancrer mon regard dans le sien.

– Mais je ne crois pas que veiller à l'ordre immobilier face parti de vos attributions, agent Fejones. Et si vous me disiez plutôt pourquoi vous êtes réellement ici?

Car ce n'était pas ce qui motivait la femme à me scruter avec cette ombre assassine dans le fond des yeux. Une colère sourde dont je n'étais pas la cible, ou pas tout à fait, mais qui exaltait de sentiments trop personnel. Elle me fouillait plus qu'elle ne me visait, j'étais une énigme et non la réponse à ses tords... Le masque placide qu'elle portait était façonné d'une sévère maitrise, mais je m'y connaissais assez en matière de haine et de griefs pour savoir surement les cerner.


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MessageSujet: Re: Plongée en eaux troubles feat Mr Argent   Lun 27 Avr - 18:56



Plongée en eaux troubles


Feat :  Mr Argent

Que faire? Quelle conduite tenir ? Je m’étais maintes fois imaginée… imaginée quoi d’ailleurs ? Que je retournerai cette balle à son expéditeur ? Oui. Mais le pourri que j’ai en face de moi, n’est pas vraiment le bon, le coupable qui avait tiré faisant fi des liens de parenté… n’est pas ici. Mais cet Argent-là, ne me semble pas meilleur.

« Si ce n’est toi, c’est donc ton frère… » Le loup finit par égorger l’agneau innocent à la fin de la fable… Serais-je ce loup ? Non ! Cela reviendrait à agir comme eux, en appliquant cette justice aveugle et partisane. Pourtant, partisane je le suis. Je veux bien croire l’agent Vopha qui certifie que tous les chasseurs ne sont pas mauvais, puisque d’une certaine manière, je fais le job d’un chasseur… Étrange ironie…

– «  Mais je ne crois pas que veiller à l'ordre immobilier face parti de vos attributions, agent Ferjones. Et si vous me disiez plutôt pourquoi vous êtes réellement ici?

– «  Je traque… les nuisibles… Dis-je doucement.

Prend donc ça dans les dents, vil serpent persifleur... Toi qui fais l’apologie de la chasse et ce que tu considères comme la lie de la société. On ne s’est jamais croisé, moi et ce boutiquier. Je connais simplement son existence, comme il connait la mienne, par ce qu’on nous en a raconté. Mais j’ai changé de nom… L’homme a l’habitude des joutes verbales, il manie le fiel comme d’autre l’arbalète. Je connais un homme qui aurait été capable de lui résister et de lui faire avaler sa langue fourchue. Mais cela appartient à un passé que je refuse de mêler de nouveau à ce danger que représente cette famille de fanatiques. Je me souviens parfaitement de ma descente aux enfers après l’assassinat de mon tendre époux, lui qui rêvait d’un monde de paix entre les hommes et les créatures, lui qui se faisait le fervent défenseur d’un règne animal qu’on nomme surnaturel car inconnu des humains, mais qui de son point de vue, était aussi naturel que tout ce qui vit sur terre…

– « Il est vrai que les soucis immobiliers ne sont pas ma missions premières, sauf… lorsqu’il y a discrimination raciale…

Je fais face au boiteux, je n’ai pas le verbe de Stephan, ni son intelligence, mais j’ai toute une unité fantôme,  mais avec des prérogatives officielles sous la main. Une unité qui se moque bien des procédures et qui a un libre accès à… tout. Les affaires de cet antiquaire sont certainement en limite des règles, il ne transgresse pas la ligne rouge ou bien le fait faire par d’autre. Combien de temps va-t-il mettre pour comprendre qui je suis, alors qu’il a la solution plus qu’évidente sur la plaque que je viens de lui coller sous le nez… Il y a longtemps que je n’ai plus de vie personnelle. J’ai donc tout loisir de plonger dans la vie d’Elias G. Argent… Il y a certaines eaux boueuses que l’on prend plaisir à remuer…

– «  Je vais éplucher votre cas monsieur, examiner chaque grain de poussière de cette boutique… et ailleurs. Je vais distiller un vent de panique dans vos sordides affaires et n’imaginez pas que la loi peut vous êtes d’une quelconque aide. Je suis en effet du FBI, mais… si mon unité un peu spéciale a réussi à me faire affecter à Beacon Hills, ce n’est pas pour le crime lambda mais bien pour l’attraction particulière que ce lieux a sur… certaines personnes. Nous pourrions être dans le même camp monsieur Argent, si votre famille n’avait pas dévié de sa tache primaire. Comme vous je traque les nuisibles, cependant j’ai une préférence pour les chasseurs véreux…

Sans y être invitée, je m’assoie à ce qui ressemble à son bureau.

– « J’espère que vous avez du temps ?  Je promets de ne pas interagir avec un éventuel client qui aurait la mauvaise idée de venir se faire plumer ici. Je souhaite voir vos registres et commencer par les plus anciens…







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MessageSujet: Re: Plongée en eaux troubles feat Mr Argent   Sam 16 Mai - 21:00



Plongée

en eaux troubles





– Je traque… les nuisibles…

Elle releva sur ma personne un regard qui revient de loin. La traque. Oui... La présence de l'agent ici répondait indubitablement à une décision personnelle plus qu'une charge réglementaire. J'avais en face de moi une femme forte, mais pas l'âme d'un bon petit soldat.
Le sous-entendu me provoqua un sourire en coin. Les nuisibles... bien sur, une simple question de point de vue.

– Il est vrai que les soucis immobiliers ne sont pas ma missions premières, sauf… lorsqu’il y a discrimination raciale…

J'éclatais spontanément d'un rire rond.

– Ne me dite tout de même pas que vous comptez sur cet argument pour...

Ooh... la dérision cessa et fondit lentement en un mélange de perplexité et de grave intérêt lorsque je compris où elle voulait réellement en venir.
Qui était-elle, cette femme qui savait pour la réelle nature du monde, pour mes implications...

– Je vais éplucher votre cas monsieur, examiner chaque grain de poussière de cette boutique… et ailleurs.

– Des menaces?

– Je vais distiller un vent de panique dans vos sordides affaires et n’imaginez pas que la loi peut vous êtes d’une quelconque aide. Je suis en effet du FBI, mais… si mon unité un peu spéciale a réussi à me faire affecter à Beacon Hills, ce n’est pas pour le crime lambda mais bien pour l’attraction particulière que ce lieux a sur… certaines personnes.

Je me tendais à mesure que la tempête me balayait ses avertissements, caressant machinalement le pommeau ma canne du pouce, mais bien décidé à lui imposer un regard outrecuidant afin de mieux encaisser les coups. Un nouveau souffle venait s'ajouter à mes présent obstacles et contrarier mes avancées, et je pressentais combien celui-ci se montrerait tenace et pernicieux. Elle ne s'attarda nullement sur mon sourire bancal et sema encore ses maux.

– Nous pourrions être dans le même camp monsieur Argent, si votre famille n’avait pas dévié de sa tache primaire. Comme vous je traque les nuisibles, cependant j’ai une préférence pour les chasseurs véreux…

Puis elle échappa à mon champs de vision pour aller prendre place à mon bureau sans attendre aucune permission de ma part. Je retint un soupir et pivotai alors calmement pour lui faire face à nouveau, incapable de cacher d'avantage mon profond agacement.

– J’espère que vous avez du temps ?  Je promets de ne pas interagir avec un éventuel client qui aurait la mauvaise idée de venir se faire plumer ici. Je souhaite voir vos registres et commencer par les plus anciens…

– Je ne veux pas paraitre grossier, mais vous pouvez quitter ce bureau Agent Ferjones. Vous ne toucherez à rien qui se trouve dans cette boutique sans un mandat.

J'essayais de rester maitre, mais ma réplique fut claquante. Je voulais encore croire, qu'elle que soit l'étendue des libertés que puisse se permettre son unité, qu'il y a des règles auxquelles elle ne dérogerait pas. De vulgaires règles d'usages vu notre situation. J'étais parfaitement conscient que ce ne serait qu'une question de temps avant qu'elle ne revienne ici avec tous les appuies nécessaires, si ce n'est plus encore, et sans s'inquiéter des obstacles qu'un persuasif argenté pourrait mettre sur sa route...
D'indésirables susceptibilités me démangeaient les membres et remuait sourdement sous mon plexus. Ni l'argent, ni la menace ne pourrait faire chavirer les inclinaisons de la tempête... Je me rapprochais pour pouvoir lui chuchoter dans une grimace chiffonnée.

– Qu'est-ce que vous cherchez?

A mon tour je tentais de la deviner, percer ces yeux noisettes à la profondeur plus obscures. Mais je n'y trouvais qu'un mur solide. Bien... Je me ressaisi puis lui tournai le dos pour aller vaguer entre les vitrines et étagères.

– Comme vous l'avez formulée, nous pourrions faire parti du même camp vous et moi.

Quelles que furent nos cibles respectives, nous étions animés par un même élan : la traque. Je caressais du regard un assortiment d'épées se croisant esthétiquement sur un bouclier suspendu au mur parmi d'autres breloques.

– Vous qui semblez si bien renseignée sur la famille Argent, vous ne pouvez certainement pas ignorer notre crédo : « Nous chassons ceux qui nous chassent ». Je vous accorde que nos... méthodes dévient parfois de leur commandements d'origines, mais nous n'en suivons pas moins le précepte de base. Disons qu'il faut savoir s'adapter à son ennemi, savoir... apprendre des erreurs passés.

J'effleurais la lame du bout des doigts, traçant la ligne invisible d'une spirale. L'attaque est la meilleure des défenses.

– Maintenant, dite moi. Avez vous l’entendement de suivre les ordres que l'on vous dicte à la lettre? Êtes vous réellement prête à obéir aux principes sans vous poser de questions? Êtes vous sûre de vous-même respecter les règles et vous interdire tout dommages collatéraux pour arriver à vos fins?

Je me retournai vers la redresseuse de tord pour trouver à nouveau son regard, un sourire gagnant dévoilant ma dent en or.

– Nous pourrions avoir, ma chère, beaucoup plus de choses en commun que vous ne pouvez l'imaginer...



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Fiona Ferjones

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MessageSujet: Re: Plongée en eaux troubles feat Mr Argent   Mar 19 Mai - 20:45



Plongée en eaux troubles


Feat : Mr Argent

Le vieil Argent n’est pas home facile à impressionner. Il se gangue d’une noblesse désuète qui doit avoir son effet sur les émotifs et autres tremblant du pantalon. Je connais trop bien le mode de pensée de cette famille pour me laisser impressionner ou intimider. Je suis au-delà de la peur et de la circonspection. Ces gens m’ont fait passer un stade, celui où une mère préfère abandonner son enfant que de risquer de lui coller cet héritage ancestral sur le dos. Cette malédiction...

– « Je ne veux pas paraitre grossier, mais vous pouvez quitter ce bureau Agent Ferjones. Vous ne toucherez à rien qui se trouve dans cette boutique sans un mandat.

Je le regarde, mais ne dis rien et bouge encore moins... Sa voix a claqué sèchement. Sa requête toute légitime soit-elle est vouée à lui faire gagner qu’un temps dérisoire et à agacer les guêpes qui viendront frapper à sa porte, le mandat dûment signé. Il s’attend à ce que je me lève, je m’installe plus confortablement... Ce gars n’est pas un actif, mais un cérébral. Je dois frapper sur son terrain. J’attrape mon téléphone et compose le numéro abrégé de mon service. Je ne le regarde plus, mais un pianotage de doigts m’indique un agacement croissant. Je ne jubile pas plus qu’il n’en faut et joue la mesure et l’attitude posée.

– « Ferjones… Fiona dis-je à mon interlocutrice.

Je tape ensuite une série de chiffre pour m’identifier et on me passa le service demandé.

– « Un mandat de perquisition s’il te plait. Oui pour la ville de Beacon Hills. Elias Gregory Argent, dis-je en tenant la plaque du boutiquier dans les mains. C’est un chasseur… non il ne se salit pas les mains lui-même, oui plus dans ce genre-là. En attendant mets escroquerie aggravée avec risque de destruction de preuves comme motif, j’ai déjà des preuves pour une exaction. Le délai ? Pour hier évidement. Fax le moi s’il te plait.

Je regarde ma montre et j’essaye d’estimer le temps qu’il faut pour déranger un juge fédéral et obtenir le dit mandat. Il y a moyen de l’avoir avant la fin de la journée. Je n’ai pas une seule fois regardé le chasseur. Je force le trait, mais c’est bien de guerre des nerfs qu’il s’agit là.

– « Qu'est-ce que vous cherchez? Finit-il par dire.

Le fauve avance une patte. Il s’est repris et m’offre un masque impassible. Ce corniaud est un redoutable adversaire. Je ne m’assois pas sur mon avantage apparent, car l’escroc peut tout à son aise me poignarder dans le dos, métaphoriquement parlant.

– « Comme vous l'avez formulée, nous pourrions faire partie du même camp vous et moi.

– « Nous pourrions, présent du conditionnel…

Le diabolique déambule sans sa boutique caressant les objets comme ses enfants. Cet homme aime la possession, il affection le bien et l’avoir au détriment du vivant. Dans son cœur d’obsidienne, la noirceur est un choix de vie.

– « Vous qui semblez si bien renseignée sur la famille Argent, vous ne pouvez certainement pas ignorer notre crédo : « Nous chassons ceux qui nous chassent ». Je vous accorde que nos... méthodes dévient parfois de leur commandements d'origines, mais nous n'en suivons pas moins le précepte de base. Disons qu'il faut savoir s'adapter à son ennemi, savoir... apprendre des erreurs passées.

Je grimace à l’évocation de ce code qui n’est rien d’autre qu’un vulgaire permis de tuer auto proclamé.

– « Le précepte de base ? Dis-je en claquant la langue. L’élimination de ce qui n’est pas comme nous, point. Et quand à apprendre de vos erreurs passées, j’ai l’impression que oui vous vous adaptez, passant de la chasse traditionnelle, à un mécanisme plus… industriel et malheureusement efficace.

Nous tournons en rond. Je peux l’agacer, l’énerver mais cela mènera-t-il à ce que je cherche ? Et est-ce que je cherche vraiment me trouver confrontée à cela ? Quand j’ai entendu Ruby mentionner son nom, j’ai presque foncé ici. Mon cœur a agi à la place de la raison. Je suis là à l’écouter distillé ses dogmes et principes bidons, sensés l’affranchir de toute justification de ses actes. Il s’érige en juge et bourreau.

– « Maintenant, dite moi. Avez-vous l’entendement de suivre les ordres que l'on vous dicte à la lettre? Êtes-vous réellement prête à obéir aux principes sans vous poser de questions? Êtes-vous sûre de vous-même respecter les règles et vous interdire tout dommages collatéraux pour arriver à vos fins?

Je pose mes coudes sur son bureau et colle mon menton sur mes mains jointes. Des dommages collatéraux ? Le perfide pose le doigt sur la faille…

– « Je ne vous ferais pas l’affront de dire que dans notre « activité » qu’il est possible de faire systématiquement des « frappes chirurgicales ». Cependant mon unité n’en fait pas un business, ni se réjouit des vies qui tombent. Ne mélangez pas maintien de l’ordre public et génocide monsieur Argent !

Il renvoie ma réplique aux orties, je n’aime pas son sourire, ni sa manière insidieuse de me scruter. J’ai agi avec trop d’impulsivité…

– « Nous pourrions avoir, ma chère, beaucoup plus de choses en commun que vous ne pouvez l'imaginer...

Je me fige. A-t-il compris qui je suis ? Nous ne nous sommes jamais croisé, mais Gérard a pu lui donner une description de la femme du « renégat ». CELA date d’une vingtaine d’année, j’ai vieilli, mais je suis restée la même. Est-ce un problème si je me dévoile ? Jouer l’appât et faire sortir l’assassin de mon époux…

– «  Et qu’avons-nous donc en commun… très cher ? L’amour de notre prochain ? La connaissance de la préciosité d’une vie ? Avez-vous jamais été amoureux monsieur Argent ? A vous voir si cynique, on a l’impression que vous avez transformé votre cœur en cette noire obsidienne. Qui vous a meurtri au point de faire de vous quelqu’un sans… amour sinon pour ses précieux bibelots ?

Arriverai-je un jour à comprendre les membres de cette famille ? Leur haine viscérale transmise de génération en génération, les plongeant dans une guerre perpétuelle entretenue par une histoire et non des faits.








La mort est un cadeau que nous offrent ceux qui partent.

Un cadeau exigeant, écrasant, mais un cadeau.

La possibilité de grandir, de comprendre, de s'ouvrir, d'apprendre.

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MessageSujet: Re: Plongée en eaux troubles feat Mr Argent   Jeu 28 Mai - 23:44



Plongée

en eaux troubles





Je doutais que la présence de l'agent fédéral soit du au commandement d'une haute sphère, pas pour venir fureter dans les affaires reliées à la face cachée du monde du moins. Toute aussi audacieuse se montre t-elle, je ne comptais pas la laisser trouver les preuves à ses incriminations, quelles qu'elles soient, et l'invitais donc à quitter ce fauteuil, mieux encore ma boutique. Mais sa réponse fut de se réinstaller plus à son aise. Un clou coriace qui me défiait d'approcher et prendre le risque de me piquer. Nous nous toisions dans l'attente d'une manœuvre de l'autre, jusqu’à ce qu'elle s'empare de son téléphone pour se charger sur l'instant du problème du mandat. Mon irritation allait croissante, le parasite était résolue et j'étais présentement à cours de dissuasions pour m'en débarrasser.

– Ferjones… Fiona.

Je claquais de la langue, la nomination de cette tempête me laissant un gout désagréable mais tout juste perceptible au bord des lèvres, et je pianotais frénétiquement de l'index et me tortillais inconsciemment de subir ce manège contre lequel ni l'argent ni de vaines intimidation ne pouvaient me sortir.

– Un mandat de perquisition s’il te plait. Oui pour la ville de Beacon Hills. Elias Gregory Argent, fit-elle en jouant avec la plaque à mon nom. C’est un chasseur… non il ne se salit pas les mains lui-même, oui plus dans ce genre-là...

Pas un regard ne me fut adressé, je n'étais guère mieux considéré qu'une crapule de bas étage dont on monnaye le sort, scellé d'avance. Un impotent qui n'est pas en mesure d'agir par lui même... Le grief et l'inquiétude se mêlaient âprement, un combat tempéré mais viscéral. Elle ne s'en prenait plus au propriétaire, mais au trappeur. Elle savait comment troubler mes amertumes et ne s'en priva pas plus qu'elle n'avait cachée être prête à remuer autant de ciels et de terres qu'il faudrait pour atteindre son objectif. Je n'étais pas à mon aise. Je perdrais trop à ce qu'elle vienne mettre le désordre dans mes entreprises parallèles plutôt que ces vulgaires abus immobiliers qui faisaient office de mobile, si ce n'est de prémisse aux bouleversements qu'elle me promettait.
Mais j'avais une chance de minimiser les dégâts si je lui offrais ce qu'elle convoitait réellement derrières ses justices d'apparences. Qu'est-ce qu'elle cherchait alors? Pourquoi être venu à moi, on ne vient jamais me voir sans raison. Qu'elle information étais-je en mesure de lui donner? Par quel moyen pouvais-je compenser un vieux dommage?

Mais la mystérieuse me laissa à mes spéculations.

Elle chassait. L'ordre était sa priorité. D'une certaine façon, comme elle l'avait elle même mentionnée, nous pourrions agir de concert dans un but similaire.

– Nous pourrions, présent du conditionnel…

Le faussé qu'elle pris soin de marqué me tira un fin sourire. Et pourtant, cette devise ancestrale qui dictait la vie des Argent n'avait jamais était réellement oubliée. Le temps, les épreuves, les leçons n'avaient fait qu'en remodeler l'interprétation à laquelle elle pouvait adhérer. Qu'elle avait peut-être déjà embrassé sans le savoir.

– Le précepte de base ? L’élimination de ce qui n’est pas comme nous, point. Et quand à apprendre de vos erreurs passées, j’ai l’impression que oui vous vous adaptez, passant de la chasse traditionnelle, à un mécanisme plus… industriel et malheureusement efficace.

J'étais heureux qu'elle reconnaisse l'efficacité de nos méthodes actuelles, mais il y avait du dégout dans sa voix à l'évocation de la famille Argent et nos valeurs, et je sentais poindre plus nettement les contours de sa rancœurs. La mienne pris la forme d'un rictus face à sa naïveté.

– L'élimination de ce qui est dangereux. ôtais-je austèrement son point en accentuant le dernier terme.

Je jugeai l'inquisitrice aux discernement bien arrêtés. Nous pouvions débattre encore longuement sur le sujet, mais je ne tenais pas à me justifier. En revanche, je voulais qu'elle se trouve confronter à ses propres choix. Elle qui blâmait l’offense d'un code bafoué, était-elle femme à obéir aveuglements sous le prétexte d'un commandement vertueux? Elle dont l’œil brillait d'indépendance et d'intelligence, agissait-elle sans remise en question sur le fondement de ses actes? Était-elle assez juste, assez conforme avec ses principes pour agir sans impliquer l'« innocent »?

Elle me défia d'une pose d'apparence maitrisée avant d'ouvrir la bouche.

– Je ne vous ferais pas l’affront de dire que dans notre « activité » qu’il est possible de faire systématiquement des « frappes chirurgicales ». Cependant mon unité n’en fait pas un business, ni se réjouit des vies qui tombent. Ne mélangez pas maintien de l’ordre public et génocide monsieur Argent !

Mes ridules se mouvèrent d'un plus large rictus. Elle avouait, et en même temps se défendait d'un « nous » qui ne faisait qu'accentuer sa honteuse décharge. Mais je ne visais pas son unité, ou qu'importe la voix qui la guidait. C'était à elle que je m'adressais, et elle le savait... Elle pouvait bien se défendre d'autant de justifications souhaitées, prétendre à l'ordre, à une servilité honorable, nous chassions, qu'importe les détriments, nous avions plus de points communs qu'elle ne l'admettrait, et la vérité énoncée troubla sa stabilité.
Je me délectais de la faille, mais j'y vis plus qu'une remise en cause. J'avais touché plus loin, Fiona, la gardienne de l'ordre, venait de se trahir.

– Et qu’avons-nous donc en commun… très cher ? L’amour de notre prochain ? La connaissance de la préciosité d’une vie ? Avez-vous jamais été amoureux monsieur Argent ?

La réplique eut l'effet d'une aiguille empoisonnée. Qu'est-ce qu'une telle question venait faire dans son flots de diatribes? Avais-je sous-estimé sa connaissance de ma personne? Comment se permettait-elle, elle n'avait pas à...

– A vous voir si cynique, on a l’impression que vous avez transformé votre cœur en cette noire obsidienne. distilla t-elle l'acide contre le rempart branlant que je devenais. Qui vous a meurtri au point de faire de vous quelqu’un sans… amour sinon pour ses précieux bibelots ?

– ...Ces créatures que vous vous évertuez à PROTÉGER!!!

Le grondement alla crescendo, à la mesure d'une colère impulsive. La canne claqua contre le comptoir quand je me précipitai pour empoigner les accoudoirs du fauteuils et dominer la femme qui y était assise.

– Vous n'avez pas idée de ce qu'elles sont capables de vous arracher...

De ce qu'elles m'avaient pris. Beaucoup. Plus que ce qu'un homme ne puisse supporter, quelle que soit ses erreurs... Elle eut un regard instinctif sur cette jambe meurtri, je ramenai son attention d'un souffle acerbe.

– Oh non, plus que ça très chère. Beaucoup plus que ça. Le loup est vil et gourmand, il se repait de vos faiblesses, fauche les femmes, dévore vos enfants...

Sans autre état d'âme que celui d'une bête. Et comme l’ennemi savait si bien la retranscrire, la vengeance est à l'image d'une spirale, elle amplifie la lois du Talion, toujours plus grande, toujours plus vaste, un mouvement qui une fois qu'il est lancé ne peut plus s'arrêter et dont la portée peut devenir dévastatrice. Les plaies que m'avaient infligés ces monstres n'étaient pas vouée à se refermer. On ne guérit pas de la Haine.

L'agent était armée et ne se laisserais certainement pas écrasée par d'avantage que ma présence et ce regard flambant, mais je la sentis ciller. Oh, un infime désagrément, mais mes mots avaient fait mouches.

– Et vous agent Ferjones? Que connaissez vous à l'amour? Qu'est-ce qui a obscurcit à ce point votre regard, qu'avait vous perdue pour vous imposer de telles œillères sur le monde, pour souhaiter la justice au prix d’irréversibles dégâts alentours? Voyons, un mari peut-être?

Il n'y eut besoin d'aucun son de sa part pour avoir la confirmation que j'attendais. Avec ce regard elle aurait put-être louve, la femme qui parlait d'amour comme d'une preuve d'humanité.

– En quoi l'ordre que vous vantez est-il plus juste que le chaos que ces monstres mérites? Qu'est-ce qui vous fait haïr à ce point le nom des Argent que vous auriez put suivre? Pourquoi être venu me rencontrer, serais-je l'une des clefs de votre quête Fiona?

Un conjoint immolé, le dégout de l'Argent, une disparition à faire payer.

– ...Ou devrais-je vous appeler Iona?

Mon regard devint plus ouvert en détaillant la disparue. Je n'avais jamais rencontré l'élue de mon feu frère, mais l'agent fédéral se substituait à une identité si longuement recherchée que si je n'était pas exalté par l'assurance de cet éclat, je m'en serais voulu de ne pas l'avoir élucidée plus tôt. Le doute dissipé laissa place à l'accomplissement d'un puzzle révélant plus qu'un passé trouble, mais un présent chaque jour plus fébrile. Iona. Iona Jefferson. L'épouse de Christopher. La mère de...
Les vibrato du gong de l'horloge martelèrent un long temps de suspension.

– ... Vous l'avez abandonné...

Toutes ces années, à partir du moment où la trace de la mère et de l'enfant avait disparue, jusqu'à aujourd’hui où le jeune homme portait le nom d'un autre, de ceux qui l'avait élevés comme leur propre enfant... Oui...

– Vous avez... abandonnée... votre fils!

Articulais-je chaque syllabes avec les yeux ancrés dans les siens, vif, vainqueur... acrimonieux. Accusateur.



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MessageSujet: Re: Plongée en eaux troubles feat Mr Argent   Dim 7 Juin - 16:11



Plongée en eaux troubles


Feat :   Mr. Argent

Elias Gregory Argent est un homme retors, sournois et perfide. N’y a-t-il jamais eu d’autres sentiments dans ce cœur de pierre ? Je commence à me demander si je ne me suis pas embourbée dans un guêpier dans lequel j’y laisserai plus de frustration que de contentement. Je persifle, il raille en retour. On s’écorche à coup de verbe et de belles formules. Les mots sont acides, et les paroles acerbes. Je n’ai pas l’ascendance que je parais avoir. La loi n’est pourtant pas un obstacle, il suffit que je prouve à l’unité qu’il est un facteur de troubles majeurs dans le monde du surnaturel, pour qu’il se retrouve boulevard des allongés, par la faute stupide d’un banal accident domestique. Je suis convaincue qu’il est corrompu jusqu’à la moelle, et que nombre de malversations et crimes se trament sous ses ordres, directes ou pas… Car c’est bien là la nature de ce personnage. C’est un marionnettiste. Il me semble presque pire que Gérard qui avait au moins le mérite de ne pas se cacher derrière des écrans de fumée. Mais ce vieux crocodile semble avoir tout de même des failles entre ses écailles. J’ai touché un point sensible en parlant d’amour et de cœur meurtri.

– «  ...Ces créatures que vous vous évertuez à PROTÉGER!!!

Les vannes d’un barrage de haine viennent de s’ouvrir. Tel l’animal qui le représente si bien, il bondit vers moi, imprévisible. Je dois à mon expérience, de ne pas lui coller mon arme sur le front par simple réflexe. Il me toise et me domine, les mains fermement callées sur les accoudoirs du fauteuil où je suis assise. S’il était un loup, il entendrait les battements de mon cœur trahir ma surprise et un certain effroi. Le boiteux se fait prédateur.

– « Vous n'avez pas idée de ce qu'elles sont capables de vous arracher...

Mon regard bascule vers sa jambe. Je connais vaguement la manière dont il a hérité de cette patte folle. Chris ne s’est jamais étendu sur sa famille, juste assez pour que je m’en tienne éloignée, juste assez pour m’avoir fait peur pour notre famille…

– « Oh non, plus que ça très chère. Repend-t-il comprenant mon erreur. Beaucoup plus que ça. Le loup est vil et gourmand, il se repait de vos faiblesses, fauche les femmes, dévore vos enfants...

– « La définition s’applique aussi aux chasseurs trop aveuglés par un endoctrinement familial… Le sang appelle le sang Elias. Vous êtes… nous sommes dans une spirale infernale !

Puis que dire de celui qui abat son propre frère sans même sourciller, comme on écrase un moustique. Chris est mort de la main d’un chasseur, de son propre frère. Il est aussi mort à cause de ces loups qu’il a voulu protéger. Je les ai haïs aussi, comme celui qui avait tiré. Mais que serait aujourd’hui Chris s’il avait embrassé la cause familiale ? Serait-il comme cet aigris qui me domine et dont je sens son haleine de vieille personne. Les loups sont-ils nos ennemis ? Ils peuvent être dangereux, mortellement dangereux, mais l’homme n’aime pas, ne pas être au sommet de la chaine alimentaire…

– « Et vous agent Ferjones? Que connaissez-vous à l'amour? Qu'est-ce qui a obscurcit à ce point votre regard, qu'avez-vous perdu pour vous imposer de telles œillères sur le monde, pour souhaiter la justice au prix d’irréversibles dégâts alentours? Voyons, un mari peut-être?

Je serre les dents, taisant ma réplique cinglante. Cependant, je le fusille du regard. Le débat est stérile. Si d’irréversibles dégâts, il parle des petites frappes qui s’en mettent plein les poches, profitant d’un commerce dont souvent ils ignorent la réelle nature… Leur méconnaissance du monde surnaturel ne les rend pas plus innocents de leurs crimes. Les vrais innocents sont ceux qui se retrouvent un jour élevé au rang de loup garou alors qu’ils n’avaient rien demandé. En plus de cela, il faudrait les punir encore ? En revanche, je n’ai aucune pitié pour le lycan qui se laisse dominer par ses pulsions et se moque bien des conséquences.

– « En quoi l'ordre que vous vantez est-il plus juste que le chaos que ces monstres mérites? Qu'est-ce qui vous fait haïr à ce point le nom des Argent que vous auriez pu suivre? Pourquoi être venue me rencontrer, serais-je l'une des clefs de votre quête Fiona?

Le persifleur se fait intelligent. J’ai foncé tête baissée, et j’en paye les conséquences. Je hais ce nom et dans un sens, je ne vaux pas mieux que cette lignée vouée à la haine. En effet, il est difficile de s’extirper du manque. Quand ce qui en faisait l’objet vous a été arraché de la plus vile des méthodes.

– « ...Ou devrais-je vous appeler Iona?

La proximité de ce boucher m’insupporte, je me lève, le bousculant sans ménagement. Le masque tombe. Ai-je attendu ce moment ? L’ai-je crains ? Ma colère est entière, mais dans un sens je suis presque soulagée que l’abcès se perce.

– « Oh ! Vous avez compris l’anagramme de mon nom ? Où, c’est mon embrasement anti Argent qui vous a mis sur la voie Elias ? Qu’est-ce que cela vous fait de vous retrouver en face de la femme de votre frère ? Ce frère si froidement abattu par Gérard…

– «  ... Vous l'avez abandonné...

Abandonné ? J’étais là le jour de sa mort. Je n’ai rien pu faire que le regarder tomber, une rose écarlate qui s’agrandissait sur sa poitrine…

– « Vous avez... abandonnée... votre fils!

Les mots sont comme un coup de poignard. Chad… mon bébé… On avait pris cette cruelle décision à deux. Chris en a pleuré toutes les larmes de son corps quand nous sommes revenus de Boston sans notre enfant et moi aussi. Une dame dans l’avion pensait que nous étions en deuil… c’était le cas. En deuil d’une vie de famille qui aurait pu être merveilleuse.

– « NOUS l’avons protégé ! Un sacrifice cruel de part et d’autre pour qu’il ait une chance de vivre une vie normale, loin de la spirale infernale de votre famille. Vous ne pensez pas que cela suffit ? Qu’il faut que cela cesse ? Même le fils de Gérard s’est modéré, malgré la mort de Victoria et d’Allison. Vous semblez avoir perdu vous aussi une famille Elias. Vous venger sur les autres, ne vous la rendra pas. Cela ne fait que vous assécher le cœur.

Je le laisse reprendre propriété de son bureau et repasse du côté des clients. Je suis soudainement fatiguée d’être en colère, fatiguée de haïr. Elias n’est pas celui qui a tué mon mari et il semble avoir eu le cœur meurtri. Cela n’excuse en rien ses activités, mais c’est difficile à admettre, mais il peut tout à fait me renvoyer mes propres arguments et il ne s’en est pas gêné. Le tuerais-je s’il venait à entrer dans la boutique, ce frère fratricide ? Les doutes m’assaillent. Chad est vivant. Je m’astreins à ne pas trop savoir en savoir sur sa vie, pour ne pas être tentée d’intervenir. Je sais que Stephan et Prisci l’élèvent comme leur propre fils. Il a dû apprendre à sa majorité qu’il a été adopté. Je suis certaine que Stephan a su trouver les mots pour lui expliquer. J’ai disparue pour simplifier l’équation.  Stephan est un bon père et je sais que Prisci est également une personne équilibrée. Ce sont des gens biens, mais pas naïfs. C’est maintenant Chad est un Wilder qui n’a plus rien à voir avec les chasseurs, ni les loups. Pouvoir le serrer dans mes bras, me manque. Mais c’est le prix à payer pour que sa vie soit paisible. Je me dirige vers la sortie et pose ma main sur la poignée de la porte. Je crois qu’il est préférable que je passe la main à un collègue pour ce dossier. Je suis trop impliquée personnellement. Et quel que soit ma haine, Elias a su me la rabattre au visage avec maestria.

- Qui avez-vous perdu Elias ? Demandé-je doucement.







La mort est un cadeau que nous offrent ceux qui partent.

Un cadeau exigeant, écrasant, mais un cadeau.

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MessageSujet: Re: Plongée en eaux troubles feat Mr Argent   Ven 26 Juin - 12:03



Plongée

en eaux troubles





– La définition s’applique aussi aux chasseurs trop aveuglés par un endoctrinement familial… Le sang appelle le sang Elias. Vous êtes… nous sommes dans une spirale infernale!

Je restais sourds aux contres offensives de la femme qui avait réussi à piquer sous la coque rugueuse et jubilais. C'était bien cela, « nous » étions, elle admettais une fois de plus cette similitude avec le scélérat qu'elle accusait.
Mais pourquoi s'imposer cette rencontre qui ne pouvait que mener aux invinctives et aux grondements, n'était-ce pas un autre Argent que la femme espérait retrouver en revenant s'exposer en ville sous le déguisement de l'agent de lois? Espérait-elle que je la conduise à Gérard?
Elle se leva et me repoussa sans ménagement, tel un diable décidant enfin de sortir de sa boite. Ce regard à la fois fébrile et puissant trahit combien Iona avait attendue cet instant.

– Oh ! Vous avez compris l’anagramme de mon nom ? Où, c’est mon embrasement anti Argent qui vous a mis sur la voie Elias ? Qu’est-ce que cela vous fait de vous retrouver en face de la femme de votre frère ? Ce frère si froidement abattu par Gérard…

– Il savait à quoi il s'exposait, je l'ai prévenu il y a longtemps déjà.

Ce soir là, à San Francisco, j'avais été clair. Mais Chris n'en faisait jamais qu'à sa tête, il avait décidé de suivre sa voie au mépris de sa vie, et de celles de ceux qu'il laisserait derrière lui... Iona Jefferson et leur fils. J'aurais du lire l'anagramme dès l'instant où elle m'avait mise cette plaque sous le nez, preuve déplaisante que je n'étais pas infaillible aux jeux des mots. Et elle aurait put jouer encore de cette identité si elle avait cachée son ressentiment pour la vieille famille de chasseur. Gérard avait tué son mari, notre frère, et la veuve se tenait là, juste devant moi. Pourtant je n'étais pas à ce point affecté par le reproche. Iona n'était qu'un nom de plus sur la longue liste de mes chasses et désormais sur celle de mes obstacles, mais qui ne me ferait pas plier d'un simple rebondissement, quant-à Christopher... Bien que je n'avais pas approuvé, je n'étais pas comme notre ainé aveuglé par sa trahison, et mon cœur était peut-être bien aussi sombre qu'elle le mentionnait. Sa perte était regrettable, mais tout frère qu'il soit, j'étais préparé à sa disparition. Son sort avait été scellé dès que Gérard avait eut la confirmation qu'il s'était rangé du côté des loups, c'était une branche à la pousse tordue sur l'arbre Argent. Une branche à laquelle me liait une même sève, mais pas l'affections. Il n'était pas un brin à fleurir que l'on chéri et développe avec soin.

Mais elle, qui se dressait fièrement comme la voix des sacrifiés, n'avait-elle pas renoncée à son propre enfant? Le sang de son sang, un être encore fragile, avant de disparaitre?! La récrimination était mesquine et assassine. Ne méritaient-elles pas le blâme, ces femmes qui favorisaient la fuite au détriment de leurs progénitures... Une lueur déchira son regard.  

– NOUS l’avons protégé ! Un sacrifice cruel de part et d’autre pour qu’il ait une chance de vivre une vie normale, loin de la spirale infernale de votre famille.

– Une vie normale?

– Vous ne pensez pas que cela suffit ? Qu’il faut que cela cesse ? Même le fils de Gérard s’est modéré, malgré la mort de Victoria et d’Allison. Vous semblez avoir perdu vous aussi une famille Elias. Vous venger sur les autres, ne vous la rendra pas. Cela ne fait que vous assécher le cœur.

Je souriais discrètement en sondant ses naïfs espoirs d'une vie ordinaire pour ce précieux fils... devenu loup. Que d'ironie... J'avais trouvé la faille en lui parlant de Chad, et si la situation de cette pauvre ignorante n'invitait pas au mépris, j'aurais put la prendre en pitié. Elle m'exposa le pardon exemplaire de l'ainé de mes neveux, et je restais de marbre, mais je n'avais pas envisagé que son exaspération aurait un tel impact.
Mes convictions tremblèrent sous le poids des vérités. C'était comme si elle avait mis un violent coup de pied dans ma canne, mon équilibre était rompu, avec lui celui de mes charges, et la blessure s'en était réveillée. Qu'importe les acharnements présent et à venir.
Rien ne ramènera ceux qui nous ont quitté...

J'étais confus et je perçu de loin le mouvement tout proche de l'agent qui abandonna mon bureau. Nous avions déchargés toutes nos munitions, mais personne ne sortait vainqueur de la bataille. Nous ne nous acharnions pas sur les bons fautifs. L'épuisement nous tomba sur les épaules comme un nuage de plomb, laissant le silence reprendre le pouvoir qui était sien dans la boutique d'antiquité, seulement troublée par les pas de l'agent qui s'éloignait. Nos blâmes nous avaient ouverts les yeux d'une bien pénible lumière.

– Qui avez-vous perdu Elias ?

Juste un murmure usé que je lui rendis.

– Un enfant. Une femme. Les amours de ma vie.

A ceci près, autant qu'elle avait elle-même perdue dans ces guerres. Je replaçais méthodiquement deux breloques sur leur support, un ordre illusoire mais nécessaire dans le bazar, à moins que l'agencement règne du cœur même de ce capharnaüm d'apparence.

– Un jour, l'interpelais-je sur le même ton avant qu'elle ne franchisse le seuil, j'ai cru qu'il était possible d'échapper de cette spirale infernale. Ça a été l'une de mes plus grandes erreurs.

Je dévisageai la femme d'un visage froid, ni enclin à la menace, ni à la rauguerie, mais un procès tragique qu'elle avait une chance d'éviter. Les choses ne seraient pas ce qu'elles sont aujourd'hui si je n'avais pas fini par baisser mes gardes. Si je n'avais pas oublier les fondements cruciaux de notre lignée au détriment de vieilles rêveries.

- Une fois que l'on se trouve engagé dans la spirale, il n'y a plus moyen d'en sortir.

Je me détournais sans plus de commentaires, l'entendant faire de même dans mon dos.

Nous nous quittions comme deux animaux blessés. Le poids des épreuves pesait sur ma jambe perdue, une douleur sourde qui appuya sur toute l'impuissance de ma condition. Mes priorités de plus tôt n'en étaient plus. La menace Jefferson était devenue une ombre à laisser courir. J'avais des coups de fils à donner, mais le téléphone était fondu dans le décor, l'entreprise inutile. J'évoluais dans un grand vide, et il me sembla qu'aucune direction n'était bonne à prendre.
Sur cet abattement, je m'égarai dans un recoin peu accessible de la boutique, déverrouillai une vitrine poussiéreuse, et cachée aux milieux de ses semblables, j’extrayais délicatement une petite tasse ébréchée, vestige d'un passé révolu et témoignage d'un vide à jamais remédiable.


    Fin    



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Plongée en eaux troubles feat Mr Argent
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