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 Que la traque commence | Chad & Adriann

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Que la traque commence | Chad & Adriann   Ven 17 Avr - 22:49




piste tangible

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
Cela faisait deux jours que je bossais sur deux enquêtes à la fois, tout ça combiné à mes heures de cours. Elles n’étaient pas si conséquentes que ça, mais j’avais bien faillit en faire sauter deux ou trois pour me consacrer pleinement à la récolte des informations concernant Alec Ashworth, alias Elliott Brannigan, alias aussi Monsieur FBI. Des alias, il en avait à la pelle, bien plus nombreux que les deux qui s’étaient retrouvés épinglés  à l’un des murs de ma chambre, côtoyant les photos de l’affaire Henning. De ce côté-là, les choses avançaient plutôt lentement. La police Berlinoise mettait un temps infiniment long pour m’envoyer toutes les preuves, encore plus maintenant que j’avais envoyé une liste d’exigence concernant les suspects à interroger et les pistes à suivre. J’avais même considéré acheter un billet d’avion pour la capitale allemande, pour gérer tout ce bordel moi-même. Mais j’avais désormais des obligations dans cette ville. Mes yeux se reposèrent donc sur le mur Beacon Hills de ma chambre. J’avais collé plusieurs feuilles les unes à côté des autres pour faire une sorte de grand tableau et, rapidement, elles avaient été divisées en trois parties. D’un côté, il y avait les éléments touchant aux victimes : les profils de chacun, les temps de disparitions, les caractéristiques physiques d’un loup garou, les capacités humaines. De l’autre, il y avait ce que Chad m’avait révélé sur l’emplacement du lieu : Installation moderne sous une ruine, Mexique. J’avais relié ça à des lieux possibles, qui correspondaient aux mêmes critères avant d’appeler l’un de mes amis pour le mettre sur le coup, histoire de chercher une location ou un achat très coûteux pour des affaires qui semblaient propre au premier coup d’œil. Et enfin, j’avais enquêté sur notre ami du FBI. Le fait qu’il ne soit pas totalement respectable mis à part, ce type n’avait rien de dangereux pour la communauté surnaturelle de la ville… Du moins pour le moment. Mais je pouvais m’occuper de lui si cela changeait, quoi qu’en dise Wilder. J’étais un prédateur et je n’allais pas me remettre en question en côtoyant le loup. J'attrapai mon carnet et mon portable et envoya un message à Chad.

"Ici ton partenaire de crime favori. Le mec du FBI est clean (en ce qui nous concerne, du moins). J’ai des pistes, dont une pas loin d’ici dans des hangars abandonnés. Choisis tes horaires : cette après-midi ou demain matin."

Des frissons d’impatience et d’excitation chatouillèrent mon échine. Dans un sourire, j’enfilais une veste pour une balade sur le campus. J’avais le pressentiment que cette petite traque n’allait pas être de tout repos et j’étais impatient d’y être. Dans le cas très probable où les choses dégénèreraient, je comptais tout aussi bien sur moi-même que sur Wilder. Le gosse avait vécu. Dans un combat, ce n’était pas négligeable.
Une heure plus tard, mon portable n’avait toujours pas vibré. Lâchant un soupir d’agacement, je me dirigeais vers les amphis où se déroulaient les cours des futurs architectes. Distinguant la crinière de Wilder, je me frayais un passage jusqu’à lui et le toisa du regard, sortant mon portable.

-Tu dois être le seul étudiant qui ne regarde pas ses messages en cours. Il y a…, commençai-je avant que mon attention soit retenue par l’un des étudiants avec lequel j’échangeai une œillade appuyée. Il y a du nouveau, finis-je en reposant mes yeux sur Wilder. Plusieurs traces suspectes dans des transactions, tout ça.  On part cette après-midi ou demain matin, comme je te le disais par message. Il y a des chances pour qu’on trouve moins de gens à ces moments là. Et Monsieur FBI n'est personne, finalement. J'avais tord.




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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Que la traque commence | Chad & Adriann   Lun 20 Avr - 14:39











Que la traque commence


J’ai dit à Maxence qu’Adriann allait se renseigner sur le type du FBI qui semblait nous tracer. Lui comme moi voulions savoir à quoi nous en tenir. Car si on devait se coltiner les fédéraux en plus du reste, nous n’avions aucune chance de nous en sortir libres et indemnes.

« Nous allons voir que l'idée générale de symétrie, au sens littéraire vague, peut se traduire d'une manière précise au moyen d'un concept mathématique général de symétrie qui contient,... »


Le cours de géométrie appliquée à l’architecture est un de ceux où je suis assidu et attentif. C’est ce qui vous permet de transformer un habita cubique en quelque chose qui a une âme.  Une ligne droite, reste une ligne droite. C’est la manière de l’agencer avec d’autres lignes droites que l’on trace un plan, qui lorsque l’on ajoute le troisième axe, donne le relief, et la forme du bâtiment que l’on crée. Je griffonne des notes au fur et à mesure que le professeur déroule son cours. Rien ne peut me perturber…

«... comme cas particulier, la symétrie bilatérale, et qui permet de décrire d'une manière exacte chaque type de régularité… »

Un téléphone apparait dans mon champ de vision entre mon nez et ma feuille. Je sursaute, je suis si absorbé par le cours que je n’ai pas senti la présence du wendigo. Adriann me toise avec son regard sombre. Visiblement il est agacé, et moi aussi sur le coup.

-Tu dois être le seul étudiant qui ne regarde pas ses messages en cours. Il y a…, commence-t-il avant de s’interrompre.

Je tourne la tête, pensant que son confrère au bas de l’amphi l’interpelle pour qu’il se fasse plus discret, mais en fait Adriann échange une œillade avec un autre étudiant. Je n’y crois pas ! Ce type est constamment branché sexe ! Lorsque son regard se replante dans le mien, je lui fais comprendre mon exaspération par une mimique équivoque. Et je n’aime pas le sourire goguenard qu’il me retourne, j’ai l’impression d’être un objet de convoitise à ses yeux.

- Il y a du nouveau, reprend Adriann plus sérieusement. Plusieurs traces suspectes dans des transactions, tout ça.  On part cette après-midi ou demain matin, comme je te le disais par message. Il y a des chances pour qu’on trouve moins de gens à ces moments-là. Et Monsieur FBI n'est personne, finalement. J'avais tort.

Je suis soulagé que le type du FBI ne soit apparemment pas plus impliqué, cela m’enlève une inquiétude, un poids en moins sur le plateau qui m’écrase. Je regarde Adriann, si on arrive à faire abstraction de sa nature de chieur, c’est un bosseur. Je hoche la tête pour lui dire que j’ai saisi les informations.

- Ok pour cette après-midi, réponds-je.

Satisfait Adriann s’en va non sans une pose aguichante pour l’étudiant à deux rangées plus bas. Notre association promet d’être tumultueuse. Je ne suis pas démonstratif sur ce plan, sauf en privé. Et l’idée de me balader avec Monsieur sex-bomb m’enchante moyennement. Cependant, je dois bien reconnaitre ses capacités d’enquêteurs, capacités que j’ai loin d’avoir.

A midi, je déjeune rapidement avec ceux de ma classe. En consultant mes messages je tombe sur celui d’Adriann. Oui mon portable avait vibré en plein cours. J’avais regardé discrètement et comme le numéro m’était inconnu, j’avais rangé mon téléphone sans ouvrir le message.

"Ici ton partenaire de crime favori. Le mec du FBI est clean (en ce qui nous concerne, du moins). J’ai des pistes, dont une pas loin d’ici dans des hangars abandonnés. Choisis tes horaires : cette après-midi ou demain matin."

Partenaire… Je tique sur le mot, mais notre association s’apparente à cela. Sans aller à nous identifier à Sherlock et John, Adriann avait ce pouvoir d’agacer son monde sans même ouvrir la bouche. J'entre Adriann dans mes contacts et j’appelle Mick pour le tenir au courant,  mais il doit se trouver dans une zone de faible couverture, je n’arrive pas à l’avoir. Je lui envoie donc un SMS pour lui dire que je suis Adriann sur une piste que le professeur a trouvée. J’envoie le même message à Maxence. Il ne me répond pas non plus, je crois qu’avec sa classe ils sont au tribunal.

On s’est donné rendez-vous sur le parking, j’ai rangé mes affaires dans le coffre de la Maserati et patiente, les fesses calées sur l’aile avant. Quand j’aperçois Adriann se pointer enfin, je devine que je vais avoir droit à un couplet sur les gosses de riches et les aprioris qui vont avec. De toute manière, cet Allemand est incapable de se taire. Qu’il ne me parle pas de la deutsche qualität, mon italienne surclasse largement les modèles équivalents allemand, sans parler de sa ligne racée. Bref ce n’est pas un tank ma voiture. Même Mick avait été boudeur le temps de quelques minutes quand il avait découvert le modèle que j’avais choisi quand nous étions allés la chercher à Sacramento avec Stephan. Sa Camaro bleue nuit avait trouvé une belle rivale. On s’était promis de faire la course, mais les événements et surtout l’arrestation de Mick avait coupé court à nos jeux de savoir qui avait la plus puissante. J’ouvre la portière et m’installe derrière le volant.

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: Que la traque commence | Chad & Adriann   Jeu 23 Avr - 23:43




follow the clues

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
J’avais obtenu la réponse que je souhaitais : notre petite escapade se déroulerait cette après-midi, ce qui me laissait largement le temps de me concentrer pleinement à l’affaire Henning. Pourtant, mon horloge interne me rappela qu’il était aussi temps de me reconcentrer sur mon estomac, qui criait famine. J’avisai d’abord la forêt pour une petite chasse, mais me ravisa. Je devais garder mon énergie pour la visite des hangars. Je me dirigeai vers la cafétéria et acheta un sandwich végétarien. La jeune femme me lança un regard intéressé, haussant un sourcil en souriant.

-Vous êtes végétariens, professeur ?, minauda-t-elle.
-Pas vraiment…, grimaçai-je en souriant. Ca dépend. Je supporte mal de manger des animaux.
-Et les femmes… J’ai cru comprendre que vous les croquiez ?
-Les majeures, oui, souriais-je en la regardant. Mais j’attendrais que tu passes la barre des 21 ans… Ou que tu ais une fausse carte d’identité à me présenter. En attendant, passe une bonne après-midi.

Je quittai le bâtiment en soupirant… Les jeunes des Etats-Unis n’avaient rien à envier aux jeunes d’Allemagne. Ils étaient plus décontractés et ouverts avec de parfaits inconnus. Les Allemands attendaient en général d’apprendre à connaître les gens avant de leur offrir leurs corps pour la distraction. Dieu merci, j’avais échappé à cette règle, et mon aménagement ici m’avait permis d’en profiter. Pas comme Chad, apparemment, comme l’avait prouvé sa bague de fiançailles. Quel âge avait-il ? Tout juste 20 ans ? Et il était déjà coincé dans une relation monogame… Quelle tristesse. Du moins, ça l’était de mon point de vue. Mais si son compagnon le satisfaisait, alors tant mieux. Et puis il fallait croire qu’il n’y avait pas que le sexe qui comptait dans une relation –du moins du point de vue de Chad. Pour moi, c’était une toute autre histoire.
Le temps pour ma pause déjeuner fut largement entamé le temps que j’aille me caler dans mon amphithéâtre. Les étudiants sortaient tous de leurs salles, affamés, se ruant vers la cafétéria et la pelouse. Lorsque finalement j’eus mangé décemment, je jetais les traces de mon passage à la poubelle et repartais dans le sens inverse. Je traversai l’herbe, les groupes d’étudiants jusqu’au macadam du parking. Wilder attendait, adossé à sa… Maserati. J’haussais les sourcils pour m’empêcher d’ouvrir la bouche, avant de me rendre compte que ce stratagème ne servait à rien. Elle était magnifique. Chad ne m’attendit pas pour s’y installer. J’ouvris la portière et pris place à mon tour, lâchant un sifflement envieux.

-Ta voiture est magnifique, dis-je en le jaugeant du regard. Je suppose que tu ne me laisserais pas la conduire, n'est-ce pas ?

Durant le trajet, je ne pus m’empêcher de jeter des coups d’œil à sa bague, puis de le regarder lui. Il était vraiment jeune. Peut-être trop ?... Il me jeta un regard agacé. Je levai les yeux au ciel.

-Ne pense pas que je te mate, Wilder. Tu es beau, mais je paris que tu es fidèle. Tu es sûr que… c’est le bon ?, lui demandai-je au bout de quelques secondes, sans prendre la peine de cacher ma curiosité. Je remets pas en cause votre relation, vous êtes heureux, tant mieux.  Mais comment tu sais que c’est lui ? Attend, attend ! Gare-toi là, on continue à pied. Il faudra qu'on continue à marcher pendant... Dix minutes, quelque chose comme ça. Préviens-moi quand tu reconnais une odeur de… laboratoire.

Nous sortîmes de la voiture et commençâmes à marcher. Les hangars se trouvaient dans une ancienne zone industrielle qui avait des relents de désespoir. La misère ambiante me rappelait sans mal les photos qu’avait prises ma mère de Berlin durant l’occupation russe. Un chat marchait sur la voie qui se dressait entre deux blocs de bâtiments. Nous le suivîmes, les sens à l’affût. Je faisais confiance à Chad pour reconnaître les odeurs de labo pendant que je me concentrais sur l’odeur ferreuse du sang. Je ne pouvais m’empêcher d’être impatient et d’appréhender aussi le moment où nous entrerions enfin dans le bon hangar pour mettre notre museau dans toute cette histoire. Wilder releva ses yeux sur moi en même temps que je levai les miens sur lui. Nous étions arrêtés devant un hangar à l’aspect miteux égal aux autres. Rien qui, en apparence, ne justifiait notre arrêt soudain. Mais l’odeur ne pouvait pas tromper : un mélange de sang et de propre clinique. Nous échangeâmes un hochement de tête avant de forcer la porte.


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MessageSujet: Re: Que la traque commence | Chad & Adriann   Sam 25 Avr - 13:29





Against nature association


Alors que j’appuie sur le démarreur et que le V8 gronde agréablement avec ce bruit de moteur parfaitement bien réglé, Adrian s’installe sur le siège passager avec un sifflement admiratif. Alors que je m’attends à une remarque désobligeante, il me surprend agréablement par une réplique simple.

- Ta voiture est magnifique. Je suppose que tu ne me laisserais pas la conduire, n'est-ce pas ?

- Non, dis-je en passant la marche arrière pour sortir de la place de parking. Il faut du doigté pour conduire ma belle italienne…

Adriann réplique par un sourire dont il a le secret : agaçant. Alors que je conduis, je sens qu’il m’épie. Bon sang que cet allemand est envahissant. Je tourne la tête et lui lance un regard agacé. Il peut ranger ses hormones au placard quelques instants !

- Ne pense pas que je te mate, Wilder.

- A peine !

- Tu es beau, mais je paris que tu es fidèle.

- Voilà, tu as tout pigé, on peut passer à autre chose Adriann ?

Nous roulons un moment en silence, alors que je pense qu’il m’a lâché la grappe sur ma vie intime, il remet ça.

- Tu es sûr que… c’est le bon. Je ne remets pas en cause votre relation, vous êtes heureux, tant mieux. Mais comment tu sais que c’est lui ?

Je ne lui réponds pas de suite, déjà cela ne le regarde pas. Puis je me rends compte que sa question est sérieuse. Il n’est guère plus vieux que moi, c’est donc bien possible qu’il n’ait jamais trouvé la bonne personne, mais il semble consommer du sexe, comme on a besoin de manger ou de boire. Est-ce un besoin vitale pour lui, pour sa nature, ou bien a-t-il simplement un dérèglement de ce côté-là ?

- Comment je le sais ? C’est juste une évidence. On ne s’en rend pas forcément compte immédiatement, mais un jour on se dit que ça ne pourra être personne d’autre. Puis mon instinct animal le sait, il m’appartient comme je lui appartiens. Peut-être ma nature lupine me pousse dans ce genre de relation unique.

J’allais lui demander pourquoi il passait son temps à changer de partenaire et d’où lui venait cette boulimie de sexe. Je n’avais rien lu de spécial sur les Wendigos à ce sujet. Quand Adriann m’interpella.

- Attend, attend ! Gare-toi là, on continue à pied. Il faudra qu'on continue à marcher pendant... Dix minutes, quelque chose comme ça. Préviens-moi quand tu reconnais une odeur de… laboratoire.

Cela me convenait, nous approchons d’une zone assez glauque, je préférai laisser la Maserati dans un lieu assez fréquenté. Bon, la voiture était équipée d’un système de sécurité performant bloquant le démarrage et la rotation des roues. Pour la voler, il fallait la soulever en lui faisant quitter le sol les quatre roues en même temps et faire de même en la reposant sur une remorque. Sans parler du système GPS qui s’activerait à la moindre intrusion. mais rien n’empêchait de la taguer ou lui faire subir d'autres outrages.

Nous avançons côte à côte en scrutant les environs. Les lieux ont un côté sordide assez dérangeant. Mon odorat, que je pousse au maximum, me renvoie des effluves assez ignobles. Il y a du trafic de drogue non loin, ou des junkies en plein shoot. Les hangars se ressemblent, certains portent une inscription, le nom d’une entreprise, mais la plupart non.  L’endroit commence à devenir lentement une friche industrielle. L’odeur de propre me surprend après celles des immondices. Je sens clairement l’antiseptique et d’autres fragrances typiques d’un hôpital ou d’un laboratoire. Adriann semble également avoir senti quelque chose. Nos regards se croisent confortant que l’on tient quelque chose. Un léger appui sur la poignée de la porte métallique coulissante, nous montre qu’elle est verrouillée. Adriann tire de son côté, je l’aide en poussant. La poignée plie sous notre force conjuguée, mais heureusement la serrure lâche avant. Je mets mon téléphone en mode silencieux et entre à l’intérieur du bâtiment.

La pénombre contraste avec la lumière de l’après-midi. Je ne sais pas bien par où commencer, Adriann me fait signe de le suivre. On s’avance dans un couloir seulement éclairé par les luminaires « issue de secours ». Les sens aux aguets je marche prudemment dans ses pas quand soudain un bruit de pas arrivant dans l’autre sens, nous alerte. L’embranchement précédent est trop loin, puis il nous faudrait courir, on ferait alors du bruit. A mon niveau, un poteau fait une sorte de renfoncement. J’attrape Adriann par le dos de sa chemise et le tire en arrière. Si le type continue, une fois arrivé à notre hauteur, il va nous voir. Je prie pour qu’il entre dans une pièce ou dévie de son chemin.


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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: Que la traque commence | Chad & Adriann   Dim 3 Mai - 16:37




shadows

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La porte avait cédée plus facilement que ce que j’aurais cru. Je ne pouvais m’empêcher d’être dubitatif : bien sûr, peu de personne aurait dans l’idée de fouiller ce bâtiment, mais si cet endroit était réellement le nid d’expériences scientifiques douteuses, le lieu devait forcément être plus sécurisé… Non ?  Je pénétrai dans le bâtiment sur les pas de Chad. Mes yeux mirent quelques instants pour s’habituer à la pénombre, contrastant avec la luminosité du dehors. Je me retournai pour refermer la porte, qui obtempéra dans un grincement, m’arrachant une grimace. Je fis ensuite un tour sur moi-même, regardant les angles des murs. Aucune caméra. Le soulagement qui parcouru mes veines ne pesait pas beaucoup face au mauvais pressentiment qui semblait ne pas vouloir me quitter. Mais nous étions là de notre plein gré et après tout, qu’était une mission sans un peu d’adrénaline ? Chad restait planté à sa place, tournant la tête pour s’habituer aux lieux. Je lui fis signe de me suivre dans un couloir étroit, que l’éclairage des issues de secours rendait bien plus glauque qu’il ne l’était déjà. Néanmoins, pouvoir nous dissimuler dans la pénombre représentait un avantage qui n’était pas négligeable. Une question perça pourtant dans le brouillard de mes pensées. S’ils ne prenaient pas la peine d’éclairer ici, c’était parce qu’ils avaient besoin d’électricité ailleurs… Et qu’est-ce qui nécessitait une consommation élevée d’électricité ? La torture. Il fallait que je demande à Chad si le malade qui s’était acharné sur lui avait utilisé cet instrument ou non. Me tirant brusquement de mes pensées, le loup agrippa ma chemise et me tira en arrière, dans un renfoncement derrière un poteau. Je m’apprêtais à lui dire de faire plus doucement, et qu’il n’y avait aucune raison apparente pour laquelle il s’était donné le droit de faire ça, avant de refermer ma bouche brusquement. Des pas de bruits résonnaient dans le couloir, tout près de nous. Je me giflais mentalement. Perdu dans mes pensées, je n’avais pas prêté la moindre attention à tout ce qui m’entourait. Je fermai les yeux, m’obligeant à reprendre le contrôle sur moi-même. J’avais la désagréable sensation d’être celui qu’on chassait, et me mettre dans le rôle de mes victimes n’était pas la chose la plus amusante qui me soit arrivé. Je devais arrêter de trop réfléchir. Je tournai la tête vers Chad. Ce dernier avait les yeux rivés vers l’origine du bruit et je devinai ses pensées : si le type s’approchait, il nous verrait, et nous étions fichus. Prenant une inspiration, je me concentrai sur les pas du type. Pour le moment, nous étions les bêtes et lui, le chasseur. Du moins, pour l’instant. Je laissais apparaître mes pupilles d’un blanc vitreux avant de sortir de l’ombre, faisant face à l’homme. Sa bouche s’arrondit de surprise pour former un O parfait tandis que je disparaissais dans son dos pour briser sa nuque. L’os fit un bruit macabre, suivit par les froissements que firent ses vêtements alors que je le trainais là où Chad était resté.  

-Je sais que ça ne te plait pas, murmurai-je, mais j’ai l’impression qu’il va falloir qu’on se salisse les mains plus d’une fois.

Sans attendre, nous continuâmes à avancer, les sens à l’affut. Bientôt, nous arrivâmes à un embranchement. Je levai les yeux vers le jeune homme, incertain quand à la route à suivre, mais les échos d’une conversation nous parvinrent sur la gauche. Les paroles étaient étouffées, indiquant que les personnes devaient être dans une salle et non dans le couloir. Je marchai en silence aux côtés de Wilder, approchant de la source. Personne ne surveillait la porte. Pourquoi est-ce que le type était venu tout seul dans le couloir ? S’ils nous avaient vus en train de fouiner, ils en auraient envoyés d’autres. Armés. Visiblement, nous avions encore un peu de temps devant nous, assez pour fouiller les bureaux qui s’alignaient sur notre droite.

-On en prend un chacun et on se retrouve ici ?, demandai-je dans un murmure.

Chad hocha la tête pour confirmer. Nous entrèrent chacun dans un bureau, les portes n’étant pas fermées à clef. Comme dans l’entrée, la lumière était éteinte, ce qui ne me déplaisait pas tant que ça. Je me glissais jusqu’au bureau imposant, une ombre parmi les ombres. Un cadre photo ornait la paillasse, dans lequel se trouvait une photo de mariage, dont les couleurs étaient passées. Je posai les genoux à terre, me reconcentrant sur les tiroirs, qui étaient tous fermés à clef. Un soupir passa la barrière de mes lèvres. Trouver les clefs relèveraient du miracle et forcer l’ouverture relèverait du suicide, étant donné la petite réunion qui semblait avoir lieu dans la salle d’en face. Je m’obligeai quand même à me botter le cul pour trouver la clef. Avec un peu de chance, le type à qui appartenait le bureau était du genre à les laisser dans le pot de ses plantes vertes ou une cachette dans le même style. Mais après un bref tour du propriétaire, l’évidence était qu’il n’y avait aucun endroit où pouvait être dissimulée la clef. Bordel. M’approchant de la porte, j’espérais que Chad avait été plus chanceux. Mes pas s’arrêtèrent net en voyant un rai de lumière sous la porte. Merde, merde, merde ! Etaient-ils sortis ? Non. Les murmures de la conversation continuaient de me parvenir. Un autre sbire, alors ? L’autre n’avait pas pris le temps d’allumer la lumière. Alors quoi ?! Je calai mon épaule devant la porte et entreprit de l’ouvrir le plus silencieusement et le moins possible, pour voir ce qui se tramait. Et pourtant, je ne voyais rien d’autre qu’un… Une exclamation de terreur m’échappa en me reculant. Un œil ! Un type me regardait, collé dans l’entrebâillure de la porte ! Mon cœur loupa deux battements. Son sourire scotché sur ses lèvres m’indiquait clairement que j’étais en désavantage. Il ouvrit la porte en grand, allumant la lumière dans la salle. Je fermai les yeux quelques secondes pour les rouvrirent sur l’homme qui était à moins de deux mètres de moi, en costume noir impeccable, tout comme ses cheveux. Le seul truc dérangeant était son sourire bien trop malsain. Toutes mes pensées se tournèrent vers Chad. Il y avait une infime chance pour qu’ils ne l’aient pas attrapé, car je n’entendais aucun bruit suspect de son côté. Eclaircissant ma gorge et adoptant une mine décontractée, je lui offris mon sourire le plus charmeur. Nous n’avions convenu d’aucun plan de secours, mais le gamin avait des capacités et il n’aurait qu’à entendre mon échange avec Monsieur Costume pour savoir que je m’étais fait prendre.

-Salut. Je suis le type du… contrôle sanitaire. C’est un peu sale, chez v-…, commençai-je avant de m’interrompre en le voyant dégainer une seringue.

Monsieur Costume continua d’avancer droit vers moi. Avant même d’avoir eu le temps de sortir mes rangées de crocs, il enfonça la seringue dans mon cou. Ma vue se troubla presque instantanément et mes jambes se dérobèrent sous moi. Scheißkerl… Je le sentis me rattraper et me trainer avant de sombrer. 


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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Que la traque commence | Chad & Adriann   Mar 5 Mai - 21:21











Douleur


Planqués dans l’ombre nous attendions de savoir ce qu’allait faire le type dont on entendait les pas. Tous mes sens étaient tournés vers lui. Son rythme cardiaque était normal, il n’était pas inquiet et aucune émotion ne semblait le traverser. Je râlai intérieurement, c’était idiot de se faire repérer alors que nous avons à peine commencé. Je n’eus pas le temps de réagir, Adriann se dévoila face au type qui finalement allait bien passer devant nous. Le gars n’eut pas le temps de se remettre de sa surprise, que j’entendais déjà ses cervicales se briser. J’eus un frisson en voyant le regard vitreux d’Adriann. Ce que je savais de sa nature, n’était pas franchement rassurant. Mais je le préférais nettement en teuton arrogant et dragueur, que sous sa forme bestiale. Et encore, il n’avait fait que ressortir ses yeux. S’il laissait totalement sortir la bête qui l’habite aurait-il cette apparence comme sur les images du livre ?

- Je sais que ça ne te plait pas, murmura-t-il, mais j’ai l’impression qu’il va falloir qu’on se salisse les mains plus d’une fois.

Je soupirai alors qu’il déposait le corps là où nous  nous étions cachés. Je ne répliquai rien, car il avait malheureusement raison. En face, ils n’auront aucune pitié pour nous. On poursuivit donc notre progression le plus silencieusement possible. Je n’aimais pas l’atmosphère des lieux. J’étais aussi à l’affut des odeurs, essayant d’en repérer une que j’avais pu percevoir au Mexique ou lors de la première fois que je m’étais fait kidnapper. Mes deux enlèvements semblaient avoir été organisés par des groupes différents. La première fois c’était les hommes du Baron, celui qui en avait après Mick. La deuxième fois j’étais clairement visé et j’avais tout lieu de penser que s’était relié avec ce qu’il se passait au campus. Pour l’instant, je ne trouvai rien qui me rappelais un déjà vu. Un bruit de conversation assourdis par des portes fermées nous arrêta.  Nous étions dans un couloir desservi par des bureaux.

- On en prend un chacun et on se retrouve ici ?

- Ok. Essaye d’être discret dis-je doucement.

Je tournai la tête avant de voir son regard exaspéré et entrais dans un des bureaux. J’entendis Adriann faire de même. Je refermai prudemment la porte, le bureau n’était éclairé que par la lumière d’un réverbéré à l’extérieur. L’intérieur était plutôt spartiate. Une étagère ne comportant que de vagues papiers relativement inusités si j’en croyais la couche de poussière qui les ornait. Un rapide coup d’œil me montra que c’étaient d’ancien bon de livraison. Du mobilier, rien de compromettant. Ce qui attira mon attention, fût l’ordinateur portable qui trônait sur le bureau. Doucement je poussais le fauteuil, pris l’ordinateur et me cachais sous le bureau. Comme cela, si quelqu’un ouvrait la porte juste pour voir, je serais caché. Si quelqu’un entrait, ça serait bien sûr différent…

J’ouvris l’ordinateur. J’avais de la chance, il allait se mettre en veille. Un tableur était ouvert. Je pris immédiatement ma clé USB accrochée à mon porte pour enregistrer le fichier. Puis finalement, changeais d’avis et pianotais sur internet pour ouvrir mon espace de stockage. J’avais une vraie phobie depuis que Maf’ avait piraté l’ordinateur de Mick. Je sauvegardai mes fichiers important dans le cloud. Ce n’était pas plus à l’abri de bon hackeur, mais au moins multipliait les sauvegardes. James, l’ami de Mick, qui est un pro dans le domaine, m’avait donné un site auquel il accordait une certaine confiance. Je fouillai aussi rapidement que possible les répertoires, balançant le maximum de chose sur le cloud. Rien dans les noms, les lieux me rappelait les types du Mexique. De plus rien ne semblait avoir un rapport avec les événements su campus.

Un fichier me fit froid dans le dos. C’était une liste d’organe… Nous étions chez des chasseurs-braconniers. Ils n’essayaient pas de créer un hybride artificiellement, non, ils faisaient du commerce d’être surnaturels. Alors que je copiai ce fichier avec les autres, du bruit me fit soudain me raidir. Sans savoir de quoi il retournait, je décidais de jouer la prudence et de reposer l’ordinateur sur le bureau. Bien m’en prit car la porte s’ouvra avec fracas et la lumière  illumina la pièce. De l’autre côté, une conversation me fit comprendre qu’Adriann venait de se faire surprendre. Merde ! Je sentis qu’on prenait l’ordinateur. J’avais pris soin d’effacer mon historique de navigation et de laisser les fenêtres ouvertes comme elles l’étaient initialement. L’homme tapota quelque chose sur le clavier, tout en restant de l’autre côté du bureau. S’il avait le malheur de vouloir s’asseoir…

Il n’en fit rien. Adriann s’était tût et je ne trouvais cela pas bon signe. L’homme à l’ordinateur quitta la pièce. De nouveau dans le noir, je m’empressais de prendre mon téléphone, je devais avertir Mick et Ruby. Pas de réseau… Je captais bien un Wifi, mais sans le code… et je n’avais plus l’ordinateur pour envoyer un message d’alerte. Sans bouger je guettais les bruits, comptais les nombres de battement de cœur. Les hommes semblaient s’éloigner avec visiblement Adriann qu’ils semblaient simplement trainer sur le sol.

J’attendis d’être certain d’être seul pour ouvrir la porte. Je n’avais pas besoin d’avoir vu quelle direction ils avaient prise, je suivais simplement l’odeur de l’allemand.  Je progressai doucement, inutile de me précipiter et me faire prendre. Le décor avait un peu changé, d’entrepôt banal, les lieux prenaient une allure plus inquiétante. Une salle où je dû me réfugier pour laisser passer deux homme me fit trembler d’effroi. Cela ressemblait un peu trop à la pièce où j’avais été enfermé plusieurs semaines, ligoté sur une table de dissection. La table en inox était semblable, mais pas l’attirail autour, qui n’était pas du matériel d’analyses médicales, mais bien celui d’un médecin légiste. Ici on découpait des gens en morceaux pour les revendre telle une vulgaire marchandise. Il ne fallait pas tomber entre les mains de ces gars-là. L’idée de m’enfuir m’effleura une seconde. Mais, je n’étais pas de ceux-là, et même si nous ne pouvions nous encadrer Adriann et moi, nous sommes du même côté de la barrière.

Je mis du temps à me rapprocher du lieu où était détenu Adriann. Plusieurs heures d’approche lente, attendant patiemment que la voie se libère. J’étais à l’affut dans une zone qu’on pourrait vulgairement appeler animalerie. Il devait bien être pas loin de minuit quand le dernier type présent se retira. Doucement je descendis du faux plafond où je m’étais caché. Je dépassai des sortes de cellules vides, un seul cœur battait, celui d’Adriann qui se trouvait être dans la dernière. Il était assis sur le sol et semblait un peu vaseux.

- Hey ! Appelai-je doucement.

Me voir, sembla lui redonner de la vigueur. Il s’approcha des barreaux. En chuchotant, il me proposa qu’on force ensemble sur la porte. Il jugeait qu’avec nos forces cumulées, on devait pouvoir briser le pêne de la serrure. J’acquiesçai et au moment où je m’apprêtai à empoigner les barreaux, une force me repoussa violemment.

- Sorbier… Dis-je dépité.

Je cherchai et rapidement la réponse fut sous nos yeux, les barreaux et la porte étaient posés sur une sorte de poutre en bois. Elle faisait tout le tour de la cellule ou était enfermé Adriann.

- Tu peux en casser une partie ? Il suffit de rompre le cercle, demandai-je.

Adriann que le sorbier ne semblait pas spécialement affecté, se mis à donner de violent coup de pied dans le bois d’une section carré de dix centimètres de côté. Il y mettait beaucoup de hargne, je devinais que le fait d’être enfermé comme un animal devait le rendre dingue. Je connaissais parfaitement la sensation pour l’avoir vécu à deux reprises déjà. La poutre finit par lâcher. J’empoignai les barreaux de la porte et tirai de toutes mes forces pendant qu’Adriann poussait de l’intérieur.

Dans la hargne à vouloir sortir de là, on baissa un peu notre garde. Lorsque je me retournai en sentant une nouvelle présence, c’était déjà trop tard, deux fiches s’insérèrent dans mon corps suivi de leur fils électrique. La décharge du taser me foudroya sur place. Je tombais sur le sol, le corps animé de soubresauts. J’essayai de me transformer pour mieux encaisser le choc et riposter, mais je ne réussis qu’à sortir mes crocs. Le choc électrique bloquait ma transformation et ralentissait mes mouvements. Le temps que j’arrive à proximité du type, du renfort était arrivé. J’abdiquai après une deuxième décharge de matraque électrique. Ces mecs étaient entrainés à gérer les lycans.

Ils me balancèrent sans ménagement dans la cellule avec Adriann qui me rattrapa au vol, avant que ma tête ne fracasse le sol. J’étais sans force. En double sécurité, les chasseurs mirent le courant sur les barreaux de la cellule. Un des types demanda à Adriann ce qu’il était, pour avoir réussi à forcer la barrière de sorbier. Il ne lui répondit pas, m’aidant à m’adosser au mur. Mon corps était pris de tressaillements, tous mes muscles me faisaient souffrir. Il me faudrait quelques longues minutes avant que mes capacités de régénération ne reviennent.

- Désolé… on y était presque… Au fait, je crois que ce n’est pas les types qu’on cherche. Du moins ici, ils n’essayent pas créer des loups artificiels… ils… ils…

J’ai du mal à continuer, un frisson me parcours le dos en pensant ce qu’on risque. Au regard d’Adriann, je  sais qu’il a compris aussi ce que font ces hommes. Nous voilà fait comme des rats. Je suis bien trop abruti par le choc électrique pour pouvoir réfléchir ou avoir un raisonnement quelconque. Je suis lessivé, je commence à basculer. Adriann me dit d’aller m’installer sur la couchette. Je lève les yeux, deux mètres à faire, inatteignable dans mon état. Je me couche donc à même le sol, recroquevillé en boule.


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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: Que la traque commence | Chad & Adriann   Sam 9 Mai - 16:06




beasts

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J’avais le corps engourdi par le froid. Même mes paupières se liguaient contre moi en refusant de s’ouvrir. Pas que j’en avais réellement besoin, après tout, pensai-je avec cynisme. Je ne me souvenais de presque rien et le peu de souvenirs me revenaient par flashs lumineux qui transperçaient mon crâne, menaçant d’y réveiller une migraine. L’homme dans l’encadrement de la porte. C’était la dernière chose dont je me souvenais. J’étais devenu la bête, chassée et sûrement enfermée. Je devais bouger… Ou du moins, essayer. Mais même mes doigts refusaient tout mouvement. Une vague de colère s’empara de moi, que je rejetais en grognant. Ce n’était pas le moment. Si mon corps m’avait lâché, mon esprit, lui, devait rester opérationnel. Je m’obligeai à avaler une grande goulée d’air et à la relâcher tout aussi lentement, plusieurs fois. Je visualisais chaque partie de mon corps. Le bout de mes doigts, mes mains. Inspiration. Expiration. Mes pieds, mes jambes. Inspiration, expiration. Mes épaules, ma nuque, ma tête. Inspiration, expiration. Tout ça devait bouger. Un léger courant d’électricité passa dans mon corps. Et je sentis enfin mon corps répondre à ma volonté. Mes mains tâtèrent enfin le sol, mes doigts rencontrèrent les joints qui séparaient deux carrés de carrelage. Ce qui expliquait donc le froid qui m’avait envahi. Je me redressai pour être assis, les yeux ouverts. Ma tête tournait légèrement et un haut le cœur me traversa. Qu’est-ce que le type avait pu mettre dans sa seringue ?  Mon regard fit le tour de la cellule où je me trouvais, uniquement composée d’une couchette où était posée une couverture. Depuis combien de temps étais-je là ? Et où était Chad ?, me demandai-je en attrapant la couverture et en la posant sur mes épaules. Parti. J’aurais parié une semaine d’abstinence qu’il s’était fait la malle, me laissant face à ces tarés. Lentement, je m’approchai des barreaux de la cellule. Il y en avait plusieurs comme la mienne, mais j’étais seul dans la pièce. J’hésitais entre soulagement et déception. D’un côté, personne ne souffrait ici, de l’autre, j’aurais apprécié que quelqu’un éclaire mes idées embrumées. Je me laissai retomber au sol et repliai mes jambes contre moi, posant mon front sur mes genoux. Malgré mon petit somme de plusieurs heures, j’étais fatigué et nauséeux. Je resserrai la couverture sur mes épaules, le froid ne m’ayant toujours pas quitté. Je ne pouvais rien faire, sauf reprendre des forces pour l’arrivée de mes futurs tortionnaires.

-Hey !, lança une voix qui me tira de mes pensées.

Hey, sérieusement ? C’était tout ce qu’avaient trouvé ces types comme phrase d’introduction ? Je pensais sérieusement mériter mieux qu’un simple « Hey ! ». Grincheux, j’ouvris les yeux pour les poser sur… Chad ? Un sourire étira mes lèvres. Je m’approchai une nouvelle fois des barreaux et lui exposais un plan pour briser la serrure. Le loup empoigna l’un des barreaux avant d’être rejeter brutalement. C’était quoi, ça ? Le métal ne m’avait rien fait. Quelque chose contre les loups ? Alors ils pensaient que j’étais un lycanthrope … ? Chad m’indiqua qu’il s’agissait de sorbier. Je me souvenais vaguement avoir lu quelque chose à ce sujet. A sa demande de briser le cercle, j’obéis avec enthousiasme. L’énergie commençait à revenir en moi et rien ne me ferait plus de bien que de me défouler pour sortir d’ici. Je me fis une joie d’asséner des coups de pieds dans la poutre en bois. Je pouvais la sentir céder au fur et à mesure, les craquements résonnant à mes oreilles comme la plus douce des mélodies. Nous joignîmes ensuite nos forces pour forcer l’ouverture de la cellule.
Une silhouette apparut derrière Chad, semblant vouloir s’inviter à la fête. Au moment où j’ouvrais la bouche pour prévenir Chad, celui-ci tomba au sol, comme pris de convulsions. Je reculais d’un pas, les sourcils froncés devant la scène. Il essayait de se transformer mais seuls ses crocs obéissaient. Trois autres types arrivèrent en renfort, attrapèrent le loup par les aisselles et le balancèrent dans la cellule. De bonne grâce, je le rattrapai au vol avant que les types ne claquent la porte et mette le courant électrique.

-Hé, le barbu, me héla l’un des mecs. Tu as résisté au sorbier, toi. Tu es quoi ? Tu es quoi, bordel ?!, reprit-il en hurlant face à mon silence.

Je ne pris même pas la peine d’hausser une épaule ou d’adopter une moue quelconque. J’asseyais Chad au sol, dos contre le mur. Son corps était encore parcouru de petits courants électriques. Il leva ses yeux sur moi. Il louchait légèrement.

-Désolé… on y était presque… Au fait, je crois que ce n’est pas les types qu’on cherche. Du moins ici, ils n’essayent pas créer des loups artificiels… ils… ils…

Pas besoin d’un dessin. Pour créer des loups artificiels, il faut des organes de loups. Il faut bien des types qui s’occupent du sale travail, et on dirait que nous sommes tombés chez eux. Je passai une main sur mon visage, pour reprendre un peu constance. Nous étions dans la merde, c’était clair. D’autant plus que Chad n’était pas pleinement maître de lui-même. Comme pour ponctuer le fond de ma pensée, il bascula sur le côté avant de se mettre en boule sur le flanc, à même le sol. Je soupirai et glissai une main dans son dos et l’autre à l’arrière de ses genoux. Doucement, je me relevai et le déposa sur la couchette, quittant la couverture pour la mettre sur lui. Je notai que c’était la première fois que je faisais preuve d’autant de tendresse, mais après tout, les circonstances étaient exceptionnelles. Bien. Chad était hors jeu. Les types ignoraient ma nature, ignorance qui devait persister aussi longtemps que possible.
Je faisais les cents pas en mordant mon pouce nerveusement, à la recherche d’un plan. D’ici, nous ne pouvions rien faire et l’électricité qui grésillait à l’approche des barreaux le confirmait. Tout se jouerait donc lorsque les hommes viendraient nous chercher. J’estimais que Chad avait encore un peu de temps devant lui pour se remettre : ils connaissaient sa nature et ne représentait pas une curiosité quelconque. Derrière moi, son souffle s’était fait plus régulier, indiquant qu’il dormait. J’espérais qu’il avait trouvé quelque chose et que nous n’étions pas tomber dans le panneau pour rien.  Je m’assis à même le sol, en tailleur. Que savions-nous pour le moment ? La localisation du bâtiment, son utilisation et les ressources que possédaient les hommes. Combien étaient-ils ? Le mort, monsieur Costume, les trois types qui avaient fait irruption dans la salle, plus ceux de la petite réunion. Quinze au grand maximum, au vu de leur boulot. En soit, quinze personnes, c’était vite éliminés, mais ils semblaient savoir gérer des créatures. Je tendis la main vers les barreaux puis m’en saisit d’un à pleine main. La décharge électrique me parcouru le corps, tel un coup de fouet. Je le relâchai en grognant.  Un rire me parvint depuis l’autre bout de la salle. Lentement, des pas se rapprochèrent jusqu’à arriver devant la cellule. Un grand type au visage balafré avait un drôle de sourire au coin des lèvres. Etrangement, il avait l’air plus chaleureux que dangereux et son visage me disait vaguement quelque chose...

-Tu t’amuses bien, le barbu ? On m’a dit qu’on ne savait pas ce que tu étais. Toujours pas décidé à te livrer ?
-Toujours pas décidé à nous laisser partir, Balafré ?, demandai-je avec sarcasme, le regard rivé sur lui.
-Vous, non. Toi, en revanche… On aimerait bien t’examiner, avoua-t-il en gardant son sourire. Si personne ici ne sait ce que tu es, c’est que tu es d’une espèce rare. Et nous, ça nous convient bien, tu vois ? On serait payés plus cher.
-J’imagine. C’était malin de s’installer à Beacon Hills. Mais laisser une photo de sa femme sur le bureau ? C’est tout l’inverse, souriais-je froidement en me relevant : la tête de Balafré me revenait enfin. C’était lui sur la photo de mariage qui trônait dans le bureau que j’avais fouillé. Imagine ce que ce serait de découvrir son corps déchiré en morceaux lorsque tu rentreras après une journée éprouvante de boulot. Imagine les lambeaux que deviendront tes gosses après mon passage.

La haine courait dans mes veines. Lentement, je m’approchais des barreaux, un sourire mauvais aux lèvres. Je m’interdisais toute transformation : il n’était pas question que j’aide ses malades à découvrir quoi que ce soit à mon sujet. Balafré cria un mot et les trois types de tout à l’heure vinrent une nouvelle fois à la rescousse. Un beau trio de larbin. L’un d’entre eux coupa le courant et entra. Par réflexe, je me reculais pour protéger Chad.  Le type s'avança prudemment. Il feinta à droite, leva son bras pour m’asséner un coup de matraque que j’évitai de justesse avant de lui sauter à la gorge, crocs sortis. J’arrachai la peau de son cou et une giclée de sang m’arriva sur le visage. Enfin, je me retrouvais sur mon terrain. J’avisai un coup d’œil à Chad. Il avait l’air d’aller mieux. Je reportai mon attention sur les deux autres sbires et le Balaf-… Où était-il passé ?! Je contournai rapidement les deux pour me mettre à sa recherche. S’il venait à prévenir d’autres malades, notre seule chance de s’en sortir serait foutue. Je m’éloignai de la cellule en vitesse, mes yeux scannant tous les espaces devant moi. Et soudain, un coup de matraque m’atteignais au ventre, suivit d’un courant d’électricité. Je m’étalais à genoux en grognant avant de recevoir un coup de pied dans la tempe qui m’envoya au sol. Balafré m'attrapa par les cheveux et me tira dans la cellule, insensible à mes plaintes douloureuses et à mes crocs qui tentaient désespérément d'accrocher n'importe quel membre de ce putain de bonhomme.

-Croyez-moi bande de merdeux !, hurla-t-il avec haine. Vous allez payer quand Butch viendra vous voir !

Sur ses paroles, la porte se referma en claquant. Je crachais un filet de sang et essuyais celui qui se trouvait sur mon visage avant de me tourner vers Chad. La situation était un peu désespérée. Je lui fis une moue incertaine.

-Au moins, il y en a un de moins.


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MessageSujet: Re: Que la traque commence | Chad & Adriann   Mer 13 Mai - 17:03











Enfermés


Le sol était froid. L’électricité, il n’y a pas mieux pour maitriser un loup. Mon corps essaye de se reprendre, mais je suis toujours agité de spasmes. Je n’ai rien de grave, mais je suis hors d’état de nuire. On a fait trop de bruit en défonçant la planche de sorbier, c’était à prévoir que quelqu’un entendrait. Alors que je maudis notre imprudence, je me sens soulevé et déposer sur la couchette. Je murmure un merci quand Adriann pose une couverture sur moi. Je suppose qu’il l’avait sur le dos car elle est tiède et sens son odeur. Quelle étonnante association nous deux. Nous sommes deux l’opposés, lui le prédateur qui chasse et tue, moi le prédateur qui défend son territoire. Je note également qu’il ne m’a sorti aucune remarque sarcastique. J’entrouvre les yeux et l’observe faire les cents pas dans notre cellule. Adriann est bien différent du professeur arrogant que j’ai côtoyé sur le campus. Il se retrouve dans la peau d’une bête en cage et moi également bien que dans mon cas cela commence à devenir une fâcheuse habitude. Je pense pouvoir gérer une torture psychologique, par contre si on s’amuse à me découper en morceaux… Je profite de la veille d’Adriann pour plonger dans un sommeil réparateur.

***

Un bruit de discussion me sort des nimbes où je m’étais enfoncé. J’essaye de me redresser mais je reste faible, comme si mes forces m’avaient abandonné.

-Tu t’amuses bien, le barbu ? Dit un type que je discerne de trois quart. On m’a dit qu’on ne savait pas ce que tu étais. Toujours pas décidé à te livrer ?

-Toujours pas décidé à nous laisser partir, Balafré ? Réplique Adriann plein de verve. Je me demande si c’est une bonne chose que de tenir tête à nos geôliers.

-Vous, non. Toi, en revanche… On aimerait bien t’examiner. Si personne ici ne sait ce que tu es, c’est que tu es d’une espèce rare. Et nous, ça nous convient bien, tu vois ? On serait payés plus cher.

-J’imagine. C’était malin de s’installer à Beacon Hills. Mais laisser une photo de sa femme sur le bureau ? C’est tout l’inverse,

La discussion me confirme que ce sont des braconniers, je frissonne de dégout. Je me raidis quand je comprends que la porte de la cellule s’ouvre. Instinctivement je rentre la tête dans les épaules, je me tiens près à me défendre. Avec soulagement, je vois Adriann se mettre entre moi et les types qui entrent. Si je peux me redresser, je suis encore incapable de me battre. Avec espoir, je vois un des sbires chuter au sol, la gorge déchiqueté, reste deux. Hé ! Pourquoi Adriann sort-il ? Les deux sbires me regardent, je ne bouge pas, n’ayant pas besoin de simuler ma faiblesse. J’angoisse que l’allemand m’abandonne à mon sort. Car s’il arrive à s’échapper, il est certain que les braconniers me changeront d’endroit. Je focalise donc mon espoir sur l’idée qu’il essaye de neutraliser un à un les types présents pour revenir me sortir de là. Après tout, j’aurais pu m’enfuir tout à l’heure. Je cherche mon téléphone, mais il a disparu. On n’a pas affaire à des idiots.

J’ai quitté la couchette, ou plutôt, j’ai dégringolé sur le sol et me rapproche de la porte. Quand j’approche les doigts des barreaux, je sens un crépitement dans l’air. Ils ont remis le courant. Alors que je prends un bout de la couverture pour tenter de m’isoler, un vacarme se produit et Adrian apparait, trainé sans ménagement par le type avec la balafre. Il essaye tant bien que mal de les griffer ou les mordre mais en vain. A la matraque électrique qui crépite dans la main du mec, je comprends qu’Adriann en est réduit au même état que moi. Ce dernier atterri juste à côté de moi, s’étalant méchamment sur le carrelage. J’ai bien esquissé un geste pour le rattraper, mais je suis au ralenti.

- Croyez-moi bande de merdeux ! Hurla le type. Vous allez payer quand Butch viendra vous voir !

- Au moins, il y en a un de moins. Me dit Adriann en crachant du sang.

Je m’étale au sol à mon tour, vanné par le simple effort d’avoir rampé jusqu’à la grille.

- Faut éviter de se prendre le jus, dis-je désabusé.

Ma rhétorique ne tire qu’un « Hum » de la part d’Adriann. En tournant la tête vers lui, je vois son air soucieux. A l’inverse de moi, il semble ne pas avoir l’habitude de se retrouver dans des situations inextricables.

- Je suppose que toi aussi,  tu n’as plus ton téléphone. Comme il secoue la tête je poursuis doucement, de peur d’être entendu. Bon, il va falloir prier pour que ce fouineur de James fasse ce dans quoi il est le meilleur.

A l’air interrogatif d’Adriann, je lui explique que tout à l’heure pour aller plus vite, j’avais copié les fichiers trouvé sur l’ordinateur portable, sur un espace de stockage de données sur le net. Je lui dis qu’après qu’un de mes professeurs ait effacé par erreur ma clé USB avec mon projet avec Matthias et d’autres données, James un ami de Mick m’avait conseillé ce système d’archivage. Sans lui préciser le pourquoi du comment, j’expliquai que James était un bon hackeur et que je n’étais pas assez naïf pour me douter qu’il violait régulièrement mes données informatiques « pour le bien de son meilleur ami », Mick. Avec un peu de chance, il verrait ces dossiers et ferait un lien… Je grimace quand Adriann me dit que c’est bien mince comme espoir de liberté.

- Pour l’instant, on en est réduit à ramper, mais rien ne t’empêche de réfléchir à une solution Sherlock !

On finit par se caler contre le mur avec la couverture sur nous deux. On a l’air de deux SDF, Adriann avec sa tempe éclatée et moi pas dans un meilleur état. Il me dit ce qu’il a vu de la configuration des lieux, du nombre probable de braconniers présents dans le bâtiment.

- Il me faut encore deux bonnes heures je pense pour récupérer. On devrait dormir un peu, mais pas sur ce sol froid.

On se redresse maladroitement pour s’asseoir sur la couchette. Elle est trop étroite, pour qu’on puisse s’y allonger tous les deux. Je me cale donc dans l’angle que forment les deux murs, Adriann collé à côté. Au moins on se tient chaud dans cette glacière. La tête posée sur le mur, je pense à Mick. J’ai été imprudent, non nous avons été imprudents, trop concentrés à se bouffer le nez sur le chemin, qu’on n’a pas assuré nos arrières. C’est même étonnant de la part d’Adriann qui est un professionnel du crime et des enquêtes. Je ne peux pourtant pas le blâmer, car avec mon passif, j’aurais dû être plus méfiant. Je finis par m’endormir, laissant mes muscles se détendre. Les rêves sont un bel échappatoire. Je me retrouve dans la maison que nous n’avons pas encore construite avec Mick. Un chien dort le museau entre les pattes sur la terrasse de bois. Depuis quand on a un chien ? Les bras de Mick me serrent doucement les épaules, nous sommes avachis dans le canapé, regardant la magnifique vue que l’on a à travers la baie vitrée. Deux tasses de cafés fument sur la table basse. Un rideau blanc joue avec le vent, le soleil inonde le sol en ciment ciré.

***

J’ai chaud, et mes muscles sont endoloris par une position tenue trop longtemps. Il me faut du temps pour émerger de mon rêve et du sommeil. La cellule est calme, je n’entends pas de bruit sinon celui d’un cœur qui bat fort. Tout à fait réveillé, je tourne la tête vers Adriann qui me regarde fixement et de bien trop près. Je n’arrive pas à déchiffrer son regard, juste que ses yeux luisent d’une envie. Mes neurones raccrochent les wagons sur la nature du professeur et de ses faiblesses. Je veux me reculer, mais je suis déjà collé au mur.

- Dis-moi que ton dernier repas… quel qu’il soit, était copieux !

Paniqué, je regarde la cellule. Quatre mètres de long, sur trois de large, cela ne me donne pas beaucoup d’espace pour échapper à un wendigo. Je me rappelle ce qu’Adriann m’avait dit lors de notre première rencontre. Il avait tenté de me recruter pour l’attacher les soirs de pleine lune. La lune ? Merde, on en est où avec le calendrier ? L’astre ne m’affectant que très peu, je n’ai plus l’habitude de scruter le calendrier avec attention. Je me fie à l’énervement des autres pour deviner la lunaison. J’essaye de me dépêtrer de la couverture pour me lever. Ma force est revenue. Mais maintenant je me demande si le danger n’est pas à l’intérieur de la cage, plus qu’à l’extérieur.

- Adriann ? ça va ? Demandé-je doucement.


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MessageSujet: Re: Que la traque commence | Chad & Adriann   Dim 17 Mai - 21:00




pulsions & curiosité

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Un mince filet de sang continuait de couler le long de ma tempe et ce qui m’entourait commençait à être de plus en plus trouble. Lointainement, j’entendais Chad m’expliquer son plan de secours, son mince espoir de liberté. A l’évocation d’un bon hackeur, je grimaçai. J’avais eu l’adresse de l’entrepôt par un bon hackeur, et voilà où nous en étions. Pas de quoi combler mon manque de confiance, donc. Je lui intimai le fond de ma pensée, auquel il répliqua d’un ton cinglant.

-Pour l’instant, on en est réduit à ramper, mais rien ne t’empêche de réfléchir à une solution Sherlock !

Il n’avait pas tord et cela me déplaisait. Les braconniers connaissaient leur boulot et le secret sur ma véritable nature ne me donnait pas vraiment d’avantage : j’étais aussi sensible à l’électricité que l’était Chad, et c’était tout ce qui comptait. Désabusé, je m’appuyais contre le mur en essayant tant bien que mal d’empêcher la cellule de tanguer, mais c’était peine perdue. Pourtant, avant de tomber encore une fois dans le sommeil, je lui expliquai ce que j’avais pu deviner sur cet enfer. Chad approuva et insista pour dormir. J’acceptais sans hésitations avant d’essayer de rentrer à deux sur la couchette. Réalisant à contre cœur qu’elle était trop petite pour ce genre d’activité, nous nous rabattions sur le coin de la cellule, partageant la couverture. Je remontai mes jambes contre mon torse de manière à pouvoir appuyer ma tête sur mes genoux. Mes yeux se fermèrent d’eux même et je m’enfonçai dans un sommeil qui, je l’espérais, serait sans rêve. Les miens étaient rarement agréables et je me réveillais souvent en pleine nuit, effrayé de laisser mes paupières retomber. Malheureusement, mon cerveau n’exauça pas mon souhait et je me retrouvai happé dans l’un de mes rêves récurrents.

Sous mes pieds, le sol était en terre et quelques maisons parsemaient le paysage. Un homme me dévisagea et me posa une question en hurlant. Non, je ne savais pas où étais Sonia. Le type l’insulta de tous les noms imaginables. Il m’effrayait, aussi je rentrai dans la première maison que je vis. Un second homme me lança un regard furieux mais ne dis rien. J’entendais l’eau couler et me dirigeai vers la source. Je dû pousser une porte en bois pour aller à la salle de bain. Dans la douche, une gamine, d’à peine huit ans, pleurait, le corps couvert de boue et de sang. Elle se tourna vers moi et ses pleurs redoublèrent d’intensité. Je n’hésitai jamais à la rejoindre et à la serrer dans mes bras. Comme d’habitude, je lui caressai les cheveux et lui promettait de la protéger et, comme d’habitude, elle me hurlait que je ne pouvais rien faire. Derrière nous, la porte s’ouvrit et le second type entra, suivit du premier. Tous les deux, ils nous séparèrent et ruèrent la gamine de coup. C’était en général au moment où elle me criait que c’était ma faute que je me réveillais en sursaut. Et c’est ce que je fis, le souffle court, m’éloignant de Chad. C’était ma faute et ce cauchemar empreint de réalité ne me laisserait jamais en paix. Les mains pressées contre mes yeux, je laissai échapper quelques larmes d’impuissance. Je n’avais pas sauvé cette gamine et je ne pourrais plus jamais le faire.

Me rappelant la compagnie avec laquelle j’étais, je repris vite le contrôle de moi-même, autorisant un peu d’amertume à compléter mon humeur. Au moins, ma vision était de nouveau correcte et ma tempe avait arrêté de saigner. Cela constaté, je fis un check-up complet de ma personne. Je n’avais mal nulle part et je n’avais pas faim non plus. Mon appétit sexuel, lui, par contre, criait famine. A quand remontait ma dernière fois ? J’observais le corps à côté de moi, tentant. Je secouai la tête avant de m’arrêter net, grimaçant sous la douleur que cela provoquait. Reprenant constance, je reposai mes yeux sur Chad. Il était vraiment pas mal. Quel dommage que son caractère et ses fiançailles viennent gâcher un tel potentiel. Il sembla commencer à émerger de son sommeil. Quelques minutes après, il tourna la tête vers moi avant d’écarquiller les yeux face à ma proximité. J’observai aussi que je ne m’étais pas rendu compte m’être approché autant. Il lui faut encore quelques secondes pour ouvrir la bouche et balbutier :

- Dis-moi que ton dernier repas… quel qu’il soit, était copieux !
Je me contentai de grogner en me reculant tandis qu’il se débattait avec la couverture. Son regard se porta sur les quelques mètres carrés de la cellule, paniqué. Je levai les yeux au ciel en lui tournant le dos. Qu’est-ce qu’il pouvait être sensible.

-Adriann ? Ca va ?, demanda-t-il doucement, presque dans un souffle.

Quel boulet, soupirai-je en mon fort intérieur avant de me tourner vers lui. Je lui lançai un regard perçant, histoire de lui faire comprendre que sa petite crise face à la situation était légèrement exagérée.

-Ca va, merci. Et toi Chad, tout va bien ? Pas trop stressé, ça va ?, raillai-je en souriant légèrement. Je n’ai pas faim, j’ai mangé la gorge du type de tout à l’heure, avouai-je en haussant les épaules. Et je t’ai déjà dit que ton odeur était trop forte pour moi. Je ne vais pas te sauter dessus…

Je le regardai un moment, hésitant à lui avouer que si la nourriture ne me manquait pas, c’était tout l’inverse pour le sexe. Je n’avais jamais eu l’occasion d’être en manque, ni même à chercher désespérément le défouloir approprié, parce que les gens ne me le refusait pas. Mais Chad, lui, le faisait. Parce qu’il avait trouvé l’homme de sa vie. Et dans cette situation, c’était quelque peu gênant.

-Ecoute, je te promets que je ne vais pas te sauter dessus. Je suis peut-être un cannibale, mais je n’abuse pas des gens.

Sur ces paroles, la porte de la salle s’ouvrit une nouvelle fois et Balafré apparut, portant de la nourriture et une bouteille d’eau. Il lança le tout à travers les barreaux puis fit demi-tour. Je grimaçai sous l’odeur de viande animale qui se dégageait des sandwichs. Je les ramassais, offrant le tout à Chad, sous son regard suspicieux. Une nouvelle fois, j’haussais les épaules et lui expliquai que j’étais végétarien. Les sandwichs n’avaient pas  l’odeur de poison, ni même de drogue. Je me rabattais sur l’eau, dont j’avalais plusieurs gorgées, doucement, en profitant du bien que cela procurait, puis je posais mes yeux sur Chad. Visiblement, il avait faim, comme le prouvait ses joues gonflées par la nourriture. J’haussai un sourcil avant de sourire en coin.

-J’ai l’impression qu’on va être coincé ici pendant longtemps. Alors, Chad Wilder. Raconte-moi un peu ta vie, demandai-je en peinant à retenir un fou rire en le voyant se dépêcher autant que possible de finir sa bouche. Quand et comment as-tu rencontré ton fiancé ? Comment se fait-il qu’il ait des amis si… particuliers ?

Si ma question était faite avant tout pour m’amuser, ma curiosité, elle, était réelle. Pour sortir avec un loup, avoir un meilleur ami hackeur et, hypothétiquement, être capable de nous sauver la vie, le type éveillait l’intérêt. Il n’y avait à ma connaissance que très peu de personnes ayant ses compétences : les chasseurs ou les types pas nets du même genre. Et même si je connaissais Chad depuis peu, j’étais certain que se fiancer avec un mec de ce genre là n’était pas dans ses plans.


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Dernière édition par Adriann Weizerling le Sam 19 Sep - 16:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Que la traque commence | Chad & Adriann   Mar 19 Mai - 15:52






Incident, coincidence, or pattern ?


Adriann ne me répondit pas, se contentant de grogner et de se reculer avec son air habituel de type blasé de ses semblables. Je ne savais pas quoi en penser. Deux seconde avant il était à moins de cinq centimètre de mon visage, me scrutant dans mon sommeil. Ce type est une bête sauvage,  j’ai du mal à faire confiance dans ses capacités de maitrise… Et cela quoiqu’en dit son regard narquois.

- Ça va, merci. Et toi Chad, tout va bien ? Pas trop stressé, ça va ? Je n’ai pas faim, j’ai mangé la gorge du type de tout à l’heure, dit-il en haussant simplement les épaules. Et je t’ai déjà dit que ton odeur était trop forte pour moi. Je ne vais pas te sauter dessus…

J’avalai péniblement ma salive. Il parlait de la gorge du mec comme d’un repas lambda. Et mauvaise odeur du loup que je suis ou pas, je ne plus m’empêcher de frissonner. Oui je stresse et psychote à mort de me savoir enfermer avec lui, cette bombe à retardement. Je me suis levé et collé à l’opposé de lui. Je n’aime pas son regard scrutateur qui dément ses propos.

- Écoute, je te promets que je ne vais pas te sauter dessus. Je suis peut-être un cannibale, mais je n’abuse pas des gens.

Là c’est moi qui lève les yeux au plafond. Il s’avoue sans détour cannibale, mais dans le même temps dit avoir le tact de ne pas sauter sur les gens… On nage en plein délire. Un cannibale avec des manières… Bon il va falloir que je me contente de ça, ma main qui s’est approchés de la grille qui nous enferme à clairement sentis l’électricité qui passe dedans. On se regarde comme des chiens de faïence, notre silence est interrompu par le type à la balafre qui entre dans ce couloir de la mort. Il nous balance de l’eau et de la nourriture. Visiblement, ils n’ont pas l’intention de nous exécuter dans les prochaines heures. Cette nourriture me soulage non pas pour mon ventre qui crie famine, mais pour cette perspective de sursis. L’odeur de la viande m’affole, j’ai faim. Surpris, je vois Adriann me donner les deux sandwichs et se contenter de boire. Il m’explique qu’il est végétarien… Sérieux ! Il bouffe la gorge des gens et ne veut pas manger le poulet qu’on nous sert. Je garde pour moi la remarque sarcastique qui me vient à la tête. Autant ne pas aouter de rancœur supplémentaire. Je me jette sur la nourriture. Le tazer et les matraques électriques m’ont vidé de mon énergie. Je ferme même les yeux sous le plaisir de me mettre quelque chose sous la dent. Sans jeu de mot, j’ai un appétit de loup que Mick sait si bien contenter avec ses petits plats personnalisés. S’il ne me tient pas simplement par mon cœur, mon estomac est également amoureux de sa cuisine. Quand j’ouvre les yeux, je vois Adriann qui me scrute, un air moqueur sur les lèvres. J’avale rapidement ma bouchée et le toise.

- Quoi ?

Pourquoi j’ai toujours l’impression de passer pour un idiot à ses yeux ? J’attaque le dernier sandwich sans état d’âme puisque monsieur est végétarien et que la situation ne lui semble pas suffisamment critique pour passer au-dessus de ses principes.

-J’ai l’impression qu’on va être coincé ici pendant longtemps. Alors, Chad Wilder. Raconte-moi un peu ta vie. Quand et comment as-tu rencontré ton fiancé ? Comment se fait-il qu’il ait des amis si… particuliers ?

- Ça fait beaucoup de questions, dis-je la bouche pas tout à fait vide.

Puis je réfléchis à ma rencontre avec Mick… Un hasard ? Il fait tomber une enveloppe, je suis là, la ramasse et la lui rend. Pris ainsi, oui c’est un pur hazard.

- Tu crois au destin Adriann ? Au préétablis, au déjà écrit ou encore à la théorie du complot ?

Je le vois faire une grimace, se demandant où je veux en venir. Alors, je lui explique comment j’ai croisé Mick pour la première fois. Il était au pied de son immeuble, immeuble qui possède une particularité architecturale que mon professeur nous avait conseillé d’aller voir. Alors que je me situais sur le trottoir d’en face et regardais l’allure de paquebot de la construction Mick était rentré chez lui, il venait d’emménager le jour même. J’ai remarqué l’enveloppe sur le sol, son odeur ma confirmée l’identité de son propriétaire. Je suis allé la lui rendre.

- On peut appeler ça du pur hasard, non ?

Adriann acquiesce en haussant les épaules, presque déçu de cette histoire plus que banale. Pas de bagarre héroïque ou de situation extraordinaire. Non, juste moi et mon tube à plan dans le dos qui permettra à Mick de me retrouver, un immeuble en forme de bateau et une lettre qui tombe.

- Est-ce que tu gardes cette interprétation si je te rajoute les éléments suivants, dis-je.

Alors, je lui précise que le prof qui nous avait donné cette consigne, n’était là que depuis un mois et qu’après que j’aie croisé les pas de Mick, il a mystérieusement disparu sans motif, deux semaines plus tard.

- Coïncidence ?

Je continue sur le fait que les parents de Mick ont été assassiné quand il avait huit ans, que le mois dernier j’apprends avoir été adopté. Je lui explique qui est mon père biologique, un « Argent » renégat de la cause familiale.

- Que penses-tu si je te dis que mon père et celui de Mick se connaissaient, et travaillaient avec une troisième personne pour une cause obscure, liée au surnaturel ? N’y vois-tu pas là l’ébauche d’un schéma ? D’un plan qui prend ses racines avant même ma naissance.

Je lui prends la bouteille d’eau et avale un grande gorgée. Nous sommes de nouveau assis sur la couchette. Ses questions m’ont détourné de ma peur initiale. Puis je me dis que s’il doit me sauter dessus, je me défendrai et qu’y penser en avance ne changera pas le problème.

- J’ai d’autres détails qui englobe ma meute, des liens qui pris séparément son anodins, mais quand on prend du recul, qu’on s’éloigne, le tout commence à ressembler dangereusement à une toile d’araignée. Je ne pense pas faire une crise de nombrilisme, ce n’est pas dans ma nature, mais j’ai la mauvaise sensation d’être englué au milieu de cette toile et Mick aussi… Je me demande d’ailleurs si notre amour ne fout pas le bordel dans tous ça…

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: Que la traque commence | Chad & Adriann   Lun 25 Mai - 17:10




sharing is caring

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Wilder me dévisageait d’une drôle de manière. J’étais déjà irrité à cause de ma longue abstinence et cela en rajoutais une couche. J’étais un cannibale, je tuais pour manger, comme les humains. J’étais un peu au dessus de la chaîne alimentaire, soit, mais il n’y avait aucune raison pour qu’il me scrute d’une manière dégoûtée. Tuer pour survivre faisait parti de nos instincts les plus primaires, libre à lui de dominer cette pulsion, libre à moi de lui laisser le champ libre.

-Ça fait beaucoup de questions, me répondit-il en vidant sa bouche.
-Ca n’en fait que deux, répondis-je en haussant les épaules. S’il a eu la présence d’esprit de garder quelques répliques sarcastiques pour lui, c’est tout l’inverse de moi.
-Tu crois au destin Adriann ? Au préétablis, au déjà écrit ou encore à la théorie du complot ?

Je grimaçai légèrement. Je ne croyais pas au destin, ni à une force supérieure qui nous pousse dans les bras de notre âme-sœur ou quoi que ce soit. Je croyais en l’humanité : je ne m’en remettais pas à remercier Dieu lorsqu’on arrivait à sauver la victime d’un tueur vicieux, je remerciais l’équipe avec laquelle j’avais travaillé, qui avait fait du boulot efficace. La théorie du complot, en revanche, c’était une autre histoire, mais je ne lui fis pas part de mes pensées conspiratrices. Chad me raconta sa rencontre avec Mick, devant son immeuble en forme de bateau. L’enveloppe tombée, son ramassage. J’haussais les sourcils devant la banalité de cette histoire. J’espérais au moins que l’enveloppe contenait des informations croustillantes, mais le narrateur ne s’attarda pas là-dessus.

-Est-ce que tu gardes cette interprétation si je te rajoute les éléments suivants, dit-il, attisant ma curiosité.

Le professeur qui avait conseillé la visite près de l’immeuble s’était volatilisé deux semaines après la rencontre des deux fiancés. Coïncidence ? J’avais fermé les yeux pour me concentrer et dresser un schéma dans ma tête. Il relia encore plusieurs points entre eux, le tout créant une toile gigantesque, improbable, où la plupart des choses étaient reliées entre elles. Alors, Adriann. Coïncidence ? Si je doutais, Chad rajoute des détails intrigants sur sa meute avant d’avaler une grande gorgée d’eau. Je rouvris mes yeux sur lui et le détaillait.

-Je pense qu’il faudrait que tu oublies le déjà écrit et toutes ces choses. Tape plutôt dans la théorie du complot, complot qui pourrait être mené par le troisième type qui relie vos pères respectifs.

Je posais mon regard sur le mur en face de moi, étendant mes jambes devant. Chad était étonnant. Un soupir passa mes lèvres en pensant que sa vie entière était un mystère alors que pour la plupart, le seul mystère qui occupait leurs vies était la manière dont ils mouraient. Comme Henning.

-Tu as l’air de bien te débrouiller pour les enquêtes. Je te résume celle que j’ai en cours ? Ca nous occupera un peu, dis-je en ignorant les accélérations de mon cœur. La victime s’appelle Henning, enseignant en fac à Berlin, 47 ans. Il a été lacéré plus de 70 fois à coup de haches, un soir. Tu as vu les photos sur mon ordinateur. Il était marié à une femme qu’il délaissait petit à petit pour un amant. Ce dernier n’est pas coupable, mais c’est… C’est obligé que ce soit un proche. Il avait fait des études auprès de psychopathes, mais ils… l’appréciaient. Et ils sont tous en taules. Je n’ai pas assez d’éléments pour l’inst-
-Wendigo !, hurla une voix triomphante, à l’autre bout de la salle, m’interrompant dans mon monologue.

Je me relevai, les sens en alerte. Je venais de perdre l’avance que j’avais eue, sûrement à cause de mon dernier repas. Un homme s’avança, Balafré à sa suite, qui était tout sourire, visiblement heureux d’être parmi nous. Au moins, ça en faisait un. Ils approchèrent tout deux à deux pieds de la cage, qui crépitait toujours sous l’électricité. L’homme se présenta comme étant Butch, Butch qui possédait un flingue avec des balles d’argents, le truc parfait pour nous empêcher de moufter lorsqu’il nous sortirait de la cellule. Mot pour mot, c’est ce qu’il avait dit, avant de me tirer une balle dans le genou, d’un air poli en déclarant que ce n’était que justice, étant donné ce que j’avais fait à ses hommes. Je retins des hurlements en grognant, le souffle court, les yeux rivés sur eux. Je sentis mon corps se transformer, réagissant à l’argent. Ma peau prit des pigmentations sombres et deux cornes en bois pointèrent sous mes cheveux. Je fermais les yeux en serrant la mâchoire, tête baissée. Je ne devais pas me transformer, bordel ! Mon Wendigo grogna d’une fureur assourdissante, détestant se faire repousser. Je l’obligeai à s’effacer, lui promettant un festin avec ses deux enfoirés.
Lorsque je rouvris les yeux, Chad était entre les deux types et moi. Ils étaient rentrés, coupant le courant, mais nous menaçant avec les balles en argent. Ils nous firent signe d’avancer, ce que nous fîmes, moi en m’appuyant sur le loup pour souffrir le moins possible. La blessure ne guérissait pas, comme infectée par l’argent. Des sueurs froides me prenaient, accompagnées de bouffées de chaleurs et je sentais le sang couler de mon genou ruisseler le long de ma jambe. Au bout de quelques minutes, ils s’arrêtèrent devant une porte, qu’ils ouvrirent avant de nous balancer dans une pièce et de refermer derrière nous. La salle était plus vaste que la cellule et ressemblait étrangement à une morgue miniature. Un frisson me parcouru le dos avant de faire un tour sur moi-même et de me diriger vers un placard vitré. Des éclats argentés m’avaient intrigué, mais je regrettais rapidement d’être venu jeter un coup d’œil. Des scalpels et des bassines à organes se trouvaient là dedans, attendant sagement qu’un de ces tarés viennent leur ouvrir. Je me tournai vers Chad, prenant toute la mesure de ce dans quoi nous nous étions fourrés.

-Ils ne vont pas faire des expériences sur nous, pas vrai ?...



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MessageSujet: Re: Que la traque commence | Chad & Adriann   Sam 30 Mai - 12:02











Fear


Malgré ces mimiques dépréciatives, Adriann m’écoute attentivement.

- Je pense qu’il faudrait que tu oublies le déjà écrit et toutes ces choses. Tape plutôt dans la théorie du complot, complot qui pourrait être mené par le troisième type qui relie vos pères respectifs.

Je sais bien qu’il a raison, mais je trouvais la formule adéquate pour souligner ce sentiment de frustration de ne pas maitriser sa vie.

- Tu as l’air de bien te débrouiller pour les enquêtes. Je te résume celle que j’ai en cours ? Ca nous occupera un peu, dit-il.

Je suis un peu étonné qu’il veuille bien partager son enquête en cours, celle dont j’avais aperçu des éléments peu ragoutants à la bibliothèque. D’autant plus que son rythme cardiaque le trahis quant à l’importance de cette affaire à ses yeux. La captivité rapproche et rend loquace on dirait.

- La victime s’appelle Henning, enseignant en fac à Berlin, 47 ans, poursuivit Adriann sans vraiment me regarder. Il a été lacéré plus de 70 fois à coup de haches, un soir. Tu as vu les photos sur mon ordinateur. Il était marié à une femme qu’il délaissait petit à petit pour un amant. Ce dernier n’est pas coupable, mais c’est…

Ma main à couper que l’amant en question est professeur de criminologie... Cela expliquerait son implication et son stress à la bibliothèque. Si je comprends, ce qui obsède Adriann c’est l’assassinat de son amant. Est-il en colère parce que quelqu’un d’autre s’est permis de tuer sa proie, ou était-il vraiment attaché à ce type de plus de vingt an son ainé ?

- C’est obligé que ce soit un proche. Il avait fait des études auprès de psychopathes, mais ils… l’appréciaient. Et ils sont tous en taules. Je n’ai pas assez d’éléments pour l’inst-

-Wendigo !, hurla une à l’autre bout de la salle.

Le quart d’heure de tranquillité était terminé. Ce types devaient avoir une sacrée base, car il avait trouvé la nature d’Adriann avec le peu d’indice que celui-ci leur avait laissé apercevoir. Nous faisons donc connaissance avec ce fameux Butch. Aux sourires des deux hommes qui nous observent, je sens la partie mal engagée pour ce qui est de notre survie. Le nouveau venu pointe une arme dans notre direction et affirme se servir de balles en argent. Il nous fait la démonstration de sa détermination à s’en servir en tirant dans le genou d’Adriann sans préavis.

Mon compagnon de cellule étouffe sa douleur sous des grognements. Son corps commence à muter et à révéler sa vraie nature. Le poison métallique entraine une réaction en chaine. Je vois poindre ses cornes sous ses cheveux, sa peau s’est déjà assombrie. Je ne sais pas à quel point il est vulnérable ou au contraire si le wendigo pleinement réveillé va se déchainer. Mais l’arme qui nous pointe est dissuasive. Je me place devant Adriann pour tenter de stopper l’avalanche de violence qui se pointe.

Lorsqu’ils nous firent signe de sortir de la cellule, j’épaulais Adriann. Son rythme cardiaque n’était pas stable, son corps luttait contre le poison. On nous fait marcher pas très longtemps et avec angoisse je reconnais les lieux que j’avais inspectés avant de me faire prendre. C’est presque avec un soulagement que j’entendis la porte se refermer dans notre dos. Au moins, l’enfer n’était pas pour tout de suite.

Adriann claudique jusqu’à une table métallique et regarde autour de lui. J’entends sont cœur partir en panique.

-Ils ne vont pas faire des expériences sur nous, pas vrai ?...

Je le regarde et me raccroche à Mick de toute mes force pour ne pas moi aussi sombrer. L’odeur du sang d’Adriann me ramène à une autre urgence.

- Pour l’instant, c’est moi qui vais te charcuter, il faut extraire cette balle, dis-je en l’asseyant de force sur la table.

J’avise une armoire qui est près de la porte. J’approche les doigts de la poignée, je sens le picotement de l’électricité. Je commence donc par pousser l’armoire pour bloquer l’ouverture de la porte. Je me dis qu’ils ont peut-être fait une erreur en nous « stockant » ici. Contrairement à la cage d’avant, ils ne peuvent pas nous tenir en respect avant d’ouvrir la porte. Un gémissement dans mon dos me ramène à la réalité. Le wendigo est de nouveau de sortie. J’attrape différents instrument qui peuvent m’aider à extraire cette balle.  Mais dans un premier temps, le professeur refuse d’obtempérer. D’instinct  il me repousse.

- Calme-toi ! Dis-je en me transformant.

Je lui ai attrapé les deux mains pour qu’il ne me griffe pas. Je les lui ramène de force sur le torse et l’oblige à se coucher sur la table d’opération.

- Il faut virer cette balle Adriann.

On se confronte du regard, je me rappelle de Boston, comment le temps d’une journée j’avais pris l’autorité sur mon ancienne meute et emprunter le rang d’alpha de Nathan. Je ne suis pas un dominateur né, mais quand l’urgence s’en fait sentir, je sais envoyer ma gentillesse aux orties pour agir comme il se doit. Mes prunelles sont peut-être encore jaunes et non rouges, mais je m’impose. Quand je sens la résistance d’Adriann faiblir, je le lâche prudemment.

Quand je suis certain qu’il ne va pas me sauter dessus, je m’occupe de sa jambe, lacèrent son pantalon pour accéder à sa blessure. Ce n’est déjà pas joli à voir. Ses chaires commencent à se nécroser autour de l’impact. J’écarte doucement la blessure, le vois sa cuisse se contacter sous la douleur. Je ne vois pas la balle.

- Je vais devoir inciser pour agrandir l’entrée. Si j’y vais en aveugle ça sera pire. Dis-je en le fixant fermement dans les yeux.

Adriann hoche la tête et me demande de faire ce qu’il faut et vite. Je nettoie la plaie avec du désinfectant, prend un scalpel respire un bon coup et entaille sa chaire. L’odeur de sang me fait ruer. J’en ai plein les mains. J’éponge régulièrement pour voir ma progression. Il me faut vingt minutes pour enfin apercevoir la balle, cinq autres pour arriver à la chopper avec une pince. Il me semble que je n’ai touché aucun tendon ou ligament. Je nettoie au mieux, mais j’en ai plein les manches et surement aussi sur le visage car je me suis gratté. Une chance dans notre malheur, c’est qu’on a tous le matériel à disposition, comme le fil et les aiguilles à suture.

- Navré, je suis plus doué avec une palette graphique qu’avec une aiguille, dis-je pour détendre l’atmosphère.

Alors que je lui fais un bandage serré, je sens qu’Adriann se décrispe, le poison n’étant plus dans ses chaire, son corps peu de nouveau combattre et commencer à guérir. J’ai besoin d’évacuer le stress et me passe le visage sous l’eau tout en me nettoyant au mieux. L’adrénaline est retombée me laissant vulnérable et tremblant. Je ne veux pas revivre cet enfer. Le mobilier présent peut nous permettre de les empêcher d’entrer. On a de l’eau mais pas de nourriture. Combien de temps va-t-on tenir ? James va-t-il se douter de la merde dans laquelle je suis ? Mick ! Je l’appelle mentalement. Je passe du loup solide à l’enfant apeuré. J’essaye d’atteindre Maxence, mais nous sommes trop loin, bien au-delà de ce que nous arrivons à faire  en transmission de pensée. Je me laisse glisser contre le mur et plie mes genoux contre mon torse. J’ai peur. Mes mains se crispent sur mes bras, j’ai encore du sang d’Adriann sous les ongles.


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MessageSujet: Re: Que la traque commence | Chad & Adriann   Dim 7 Juin - 15:07




sweet escape

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
Une drôle de sensation avait pris possession de mon corps lorsque Chad m’avait annoncé avec un calme olympien qu’il avait prévu de me charcuter tout en me poussant sur la table en métal, un mélange de terreur et de hâte. Me rendre dans les hôpitaux m’avait toujours rendu nauséeux : j’avais une vraie phobie de tout ce qui était médical, guérissant par moi-même depuis mes dix neuf ans. Mais l’idée même de me faire charcuter par un profane faisait grandir une boule d’épouvante au creux de mon ventre. Sous moi, le meuble était gelé, augmentant le froid qui engourdissait mes membres depuis quelques minutes. Mon corps entier réagissait à cette petite balle en argent qui était logée dans ma jambe, élançant une douleur assourdissante dans mes veines, qui remontait jusqu’à mes poumons et mon cœur, opprimant chacun de ces organes. Des grognements de douleur s’échappaient de ma gorge tandis que ma peau désormais noire se recouvrait d’un mince filet de sueur.
Chad se retourna vers moi, scalpels à la main. Je ne pus m’empêcher de reculer, ignorant la douleur qui redoubla d’intensité sous mes mouvements. Les griffes sorties, je le scrutais, prêt à me défendre au moindre geste de sa part. Son regard se fit plus dur, plus sauvage au fur et à mesure qu’il autorisa son corps à se modifier. Avec une rapidité déconcertante, il m’attrapa les mains et m’obligea à m’allonger totalement sur la table. Je grognai  une nouvelle fois sans chercher à me débattre, mes bras obstrués par la force surnaturelle du loup. Ce dernier remua les lèvres sans que je puisse entendre quoi que ce soit, mon sang battant à mes tempes. J’étais à deux doigts de m’évanouir et je dû lutter pour me concentrer sur les prunelles jaunes. Finalement, je détournai le regard et posai un bras sur mon visage, m’empêchant à tout prix de jeter un coup d’œil. Je n’entendais que les bruits de ma chaire sous le scalpel avec nos deux respirations haletantes en fond. J’étais coincé dans une sorte de cocon hors du temps, poisseux de sang, aveugle. Enfin, Chad brisa le silence qui s’était imposé, marquant la fin du carnage et de la torture.

- Navré, je suis plus doué avec une palette graphique qu’avec une aiguille.

J’ôtai le bras de mon visage et me relevai, risquant un coup d’œil sur ma jambe. La douleur avait largement diminuée mais l’état de faiblesse dans lequel j’étais restait flagrant.  Le loup s’était éloigné pour se rincer. Son corps tremblait tandis qu’il se passait les mains sous l’eau, la teintant d’un rouge foncé dilué. Je me relevai lentement, en opposition totale avec Chad, qui se laissa glisser contre un mur. Je claudiquai jusqu’à un placard et prenait deux verres que je remplis d’eau avant de me laisser tomber à ses côtés. Doucement, je le forçai à boire quelques gorgées avant de reposer le gobelet puis attrapa ses mains. L’odeur malsaine du sang infestait la pièce, mais j’entrepris quand même de lui rincer chaque ongle minutieusement avec de l’eau, faisant disparaître une à une chaque croûte qui s’était formées. Aucun de nous ne désirait parler, et c’était sûrement mieux ainsi. Lorsque j’eus finis de rincer ses mains, je le refis boire une nouvelle fois avant de me relever et d’aller vers le placard qui bloquait l’entrée. J’y appuyais mon dos et observai la salle. Nous avions des scalpels, qui ne risquaient pas de donner le change bien longtemps contre des flingues. Je promenai mon regard un peu partout avant de tomber sur le faux plafond.

-Chad. On pourrait essayer de passer par le faux plafond. Je veux dire… Ca vaut le coup. C’est notre seul moyen de sortir, pour le moment, murmurai-je d’une voix plus abîmée que je ne l’aurais souhaité.

Je m’avançai vers lui et l’aida à se relever. Il tremblait encore, même si cela était moins flagrant que quelques minutes plus tôt. Je montai sur la table ensanglantée, grimaçant en sentant une vive douleur remonter le long de ma jambe. Je pris grand soin de ne pas y penser et approcha la main du faux plafond, doucement. Je savais que mes précautions pour éviter de prendre le courant étaient inutiles : personne ne penserait à en mettre dans un plafond, mais mon instinct me poussait à être plus prudent que nous l’avions été jusque là, surtout voyant où cela nous avait amenés.
En silence, je fis monter Chad et nous commençâmes à écarter les plaques qui composaient le faux plafond. Nous n’avions pas besoin d’en bouger beaucoup pour pouvoir passer, c’était l’avantage. Je regardais nos pieds baigner dans une petite flaque qu’avait formée mon sang, esquissant une grimace, avant de reporter mon attention sur le loup. Il n’allait clairement pas bien et je savais pertinemment que je ne pouvais pas l’aider comme il l’avait fait pour moi. Je me surpris à espérer que son fiancé sache mieux s’y prendre et qu’ils pourraient se retrouver à la sortie. Quant à moi… Je secouais la tête, ignorant la voix narquoise qui me susurrait que je n’avais personne et que rester ici ou en sortir ne changerait rien pour personne. Posant mes mains sur les épaules de Chad, je le forçai à croiser mon regard comme il l’avait fait quelques minutes auparavant.

-Tu vas revoir Mick, tu vas t’en sortir, d’accord ? Il sera là pour toi. Tu es plus fort que la terreur qui engourdi ton esprit. Alors maintenant, tu te concentres et tu fais en sorte que ce que tu veux se réalise. Et tu veux sortir d’ici.

Ses yeux eurent une sorte d’éclair et il sembla sortir un peu de la léthargie dans laquelle il était plongé. Il grimpa pour se glisser dans le faux plafond et avança de quelques mètres pour me laisser la place nécessaire pour faire de même. Je l’imitais et refermai notre cachette en remettant les plaques à leurs places. Nous étions désormais dans le noir et le silence le plus complet. Nous n'avions pas beaucoup d'avance, il fallait faire vite. Dans un murmure, j’indiquai à Chad où je pensais trouver une sortie et dans la discrétion la plus totale, nous commençâmes à avancer dans cette direction.



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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Que la traque commence | Chad & Adriann   Jeu 11 Juin - 21:05











Mortal escape


J’ai froid, mais cela ne vient pas du manqué de chaleur de la pièce. La peur et l’angoisse que les tortures recommencent me vident littéralement de mon énergie. Je donnerai cher pour qu’à cet instant Mick me prenne dans ses bras. J’ai besoin de lui, et de sa présence rassurante. Je remarque la présence d’Adriann à mes côtés quand il me force à boire un verre d’eau. J’apprécie son geste, mais reste pourtant abattu. Mes pensées sont comme engluées dans un liquide épais.

Je ne réagis même pas quand Adriann me prend doucement la main. Avec ce que je sais de lui, j’aurais mille raisons de m’écarter. Mais son geste est doux, presque fraternel. Avec un soin méticuleux, il me nettoie les ongles qui sont maculés de son sang. L’odeur me rend fou, à l’image de cette pièce de vivisection. Toutefois l’attention d’Adriann me rassure. C’est paradoxale, lui le wendigo, le prédateur par excellence. On n’a pas arrêté de se bouffer le nez jusqu’à présent. Son arrogance m’avait immédiatement irrité, faisant de nos rencontres successives des joutes pleines de venin. Dans cette geôle de l’horreur, je découvre un autre homme. Je me demande même si quelqu’un l’a déjà vu sous ce jour-là ? Ce fameux Henning peut être. J’ai sentis son malaise quand je lui ai charcuté le genou, étrange pour un cannibale. Et maintenant que c’est moi qui plonge, il est présent. On ne parle pas, mais c’est comme un accord tacite. Je sens sa chaleur sur mon flanc gauche et lui ai laissé mes mains en otage. Je suis vidé de toute volonté. J’en ai assez de courir, de fuir, de me faire attraper et…

De nouveau Adriann me fait boire. Je lui offre un pauvre sourire en remerciement. Il n’est pas au mieux de sa forme non plus. Il est loin l’allemand suffisant, je découvre à sa place un autre homme et j’en oublie même son accent guttural quand il me parle.

- Chad. On pourrait essayer de passer par le faux plafond. Je veux dire… Ça vaut le coup. C’est notre seul moyen de sortir, pour le moment, murmure Adriann.

Il s’était relevé pour s’appuyer contre l’armoire que j’avais poussée contre la porte. Pour l’instant, de l’autre côté, ils ne semblaient pas être pressé de revenir. Mais cela ne saurait tarder. Je regarde le plafond, l’idée est plutôt bonne. Mais cela commence à faire beaucoup d’erreur pour les professionnels qui nous retiennent. Déjà nous enfermer dans une pièce où ils n’ont aucune visibilité contrairement à la cage précédente. Puis passer d’un système « ceinture et bretelle » avec sorbier et électricité à une  pièce simplement fermée par une porte certes électrifiée, mais avec un faux plafond si facile d’accès… Je reste dubitatif et craintif à que tout cela ne soit pas une mise en scène ou simplement un test. Comme je restai passif, le corps traversé de tremblement, Adriann m’attrapa une main pour m’aider à me relever. J’obtempérai sans réelle conviction. Je sature sur ce qui me tombe dessus. Visiblement ces braconniers ne sont pas ceux qui semblent jouer à Prométhée au campus… C’est un nouveau problème, un nouveau danger. La mort semble me tourner autour et je commence à être las de sans cesse louvoyer. J’aspire à un foyer serein avec Mick, mais quand ce n’est pas lui qui est pris en chasse par son assez obscure, c’est moi qu’on veut découper en morceaux.

Je regarde Adriann qui est monté sur la table où je l’ai opéré, déplacer délicatement les  dalles du plafond. Il finit par m’aider à monter et je l’aide à nous dégager un passage. Mes pieds pataugent dans son sang qui macule la table d’inox. J’ai l’impression d’être dans un abattoir. Mon instinct de survie s’est fait la mal, je reste apathique, presque léthargique. Je ne sais pas si c’est le ton de sa voix, le contraste de son geste doux et amical quand il pose ses mains sur mes épaules, à dix lieu de ce que je connais de lui. Mais son message semble atteindre une connexion dans ma tête ou mon cœur et je m’anime un peu à l’évocation du prénom de Mick.

- Tu vas revoir Mick, tu vas t’en sortir, d’accord ? Il sera là pour toi. Tu es plus fort que la terreur qui engourdi ton esprit. Alors maintenant, tu te concentres et tu fais en sorte que ce que tu veux se réalise. Et tu veux sortir d’ici.

Je hochais la tête, attrapais le support métallique des plaques du faux plafond et tirai sur mes bras pour me hisser. L’endroit était poussiéreux et dépourvu de lumière, pourtant ‘avance un peu pour laisser de la place à Adriann. L’obscurité devient quasi-totale quand il replace les dalles. J’écoute ses explications et la direction qu’il estime qu’on doit prendre. Nous progressons en silence. L’action me rend un peu moins léthargique. Pour l’instant, en rampant dans le noir, j’ai l’impression de maitriser un peu mon destin. Mais notre progression est bloquée par un mur porteur. On le suit, mais nous sommes contraints de constater que le faux plafond ne couvre qu’une partie centrale du hangar. Il faut redescendre dans une pièce. D’un accord commun, on va à l’opposé de ce qui nous semble être le secteur « tortures et dissections ».

Nous guettons longuement les éventuels signe d’une présence avant de soulever une des dalles. Le local qui est en dessous de nous est vaguement éclairé par une lampe qui indique l’issue de secours. Cela semble être un lieu de rangement comme en témoigne de nombreux cartons. Je descends doucement en veillant de ne rien heurter. Adriann me suit puis prend soin de replacer la dalle que l’on a bougé. Je n’entends rien qui pourrait laisser penser qu’ils ont découvert notre fuite. Je ne sais pas de combien de temps dont on dispose. Alors qu’Adriann s’intéresse aux étiquettes des cartons rangés là pour voir s’il y a quelque chose qui pourrait nous être utile, j’entends un bruit de pas. Je n’ai pas le temps d’avertir Adriann. La porte s’ouvre… le reste se passe sans que j’en aie vraiment conscience. La seule chose à laquelle je pense est que je ne mourrai pas sans avoir revu Mick.

Adriann me regarde presque choqué. J’ai non seulement intercepté l’homme, lui brisant la nuque avant qu’il ne puisse donner l’alerte, mais je me suis ensuite acharné dessus, évacuant toute ma peur et ma colère de me faire traiter comme du vulgaire bétail. C’est la poigne du professeur de criminologie qui, me tirant en arrière, me ramène à la réalité. Le type à mes pieds est méconnaissable. Je me retourne brusquement vers Adriann et de mes mains ensanglantées je l’attrape par les revers de sa veste. Il a un mouvement de recul mais je l’empoigne et colle mon visage face au sien.

- De quelle couleur sont mes yeux ? Dis le moi !

Ce type, n’était certainement pas un enfant de cœur vu la sombre activité dans laquelle il trempe. Mais je veux qu’Adriann me rassure sur le fait que je ne viens pas de tuer un innocent.

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: Que la traque commence | Chad & Adriann   Sam 20 Juin - 12:30




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Nous étions trop à l’étroit, l’air était saturé par nos respirations respectives et l’obscurité me glaçait le sang comme elle ne l’avait encore jamais fait. J’avais beau contenir mon ressentiment avec plus ou moins de succès, je ne pouvais empêcher les battements de mon cœur  d’accélérer, faisant retentir mon sang à mes tempes. J’entendais tout avec trop de détails, trop de précisions. Le frottement de nos vêtements contre les dalles, nos souffles fatigués et apeurés, les types qui se trouvaient à quelques mètres à peine sous notre hypothétique échappatoire. J’avais l’impression de perdre le contrôle de notre survie…  mais après tout, l’avions-nous déjà eu ? Je ne souhaitais pas me poser la question et perdre ma capacité de réaction par la même occasion. Je prenais une longue inspiration en secouant la tête, m’exhortant au calme, avant de faire demi-tour, partant en quête de la salle que nous jugions la plus éloignée de celle des dissections.
Nous attendions sagement au-dessus de ce que nous pensions être un local, à l’affut du moindre petit bruit. Il était hors de question que nous nous fassions attraper une nouvelle fois, hors de question de retourner dans la salle des tortures et d’affronter ces hommes pour perdre définitivement notre liberté. Chad passa en premier, rapidement suivit par moi. Je soupirai de soulagement face à la faible luminosité qui éclairait des cartons qui occupaient la salle. J’indiquai au loup le début de mes investigations dans un murmure avant de reporter mon attention sur les étiquettes des boites. Une vague d’horreur s’empara de moi tandis que les écritures se dévoilaient à mes yeux. Reins. Fois. Yeux. D’une main tremblante, je soulevai les couvercles et attrapai des dossiers que je feuilletai frénétiquement. A chaque page se tenait une photo post-mortem d’une créature. Loup, Kitsune, Jaguar-Coyote. Ca ne s’arrêtait jamais et plus je tournais les feuilles, plus l’épouvante montait d’un cran. Ce fut l’odeur de sang et de chair déchiquetée qui m’arracha à la torpeur qui engourdissait mes membres.  Je fis volte-face vers la porte, persuadé qu’ils nous avaient trouvés et que Chad était mort… avant de m’apercevoir que le mort était en fait aux bouts des griffes du loup en question. L’homme n’avait plus rien qui permettrait de l’identifier comme tel, et pourtant, Wilder continuait de s’acharner sur lui, totalement transformé. Je me risquai à attraper son poignet, m’attirant toute sa rage, qui s’évacua lorsque sa griffe déchira mon avant-bras d’une entaille profonde. Je fis tout pour le tirer en arrière, l’entrainant ailleurs que devant cet amas de chaire. Il finit par capituler avant de se retourner vers moi brusquement et de m’attraper par le col de ma veste. Chad se retournait contre moi. Chad allait me tuer. Mon esprit mis une demi-seconde pour s’imprégner de la nouvelle avant de faire jaillir mes crocs, comptant sur la rage de mon Wendigo pour me sortir de là. Le loup ignora ma métamorphose et approcha sa gueule de la mienne, haineuse, essoufflée.

- De quelle couleur sont mes yeux ? Dis le moi !, hurla-t-il.

Bleus. Je clignai des paupières plusieurs fois avant de les fermer totalement. Il ne fallait pas qu’il voit ses pupilles à travers les miennes. J’avais été témoin de ce qu’il était capable de faire et je ne voulais pas prendre le risque de le perdre. Pas maintenant, pas alors que les visages que j’avais vu quelques secondes plus tôt tourbillonnaient devant mes paupières, pas alors que nous avions une chance de nous en sortir. Je cherchai à me reculer, mais sa poigne était toujours aussi serrée sur ma veste. Je grognai, attrapai ses mains et le forçai à me relâcher d’un geste colérique. Cette fois, je pus reculer jusqu’à ce que mon dos rencontre une pile de carton, les yeux rivés sur ce qui fut un homme.

-Bleus, capitulai-je dans un souffle avant de me reposter devant Chad et de poser les mains sur ses épaules. Chad, écoute-moi. Chad !, insistai-je, capturant son regard dans le mien avant d'être coupé dans mon élan. Je... J'ai... Mal vu, balbutiai-je en contemplant les pupilles dorées du loup, avant de reprendre constance et d'hausser les épaules. Ne me regarde pas comme ça. L'erreur est humaine, grimaçai-je.

Je retournai vers lui et attrapai son poignet, le guidant jusque dans le couloir qui jouxtait la salle. Je pris un moment pour m’assurer que d’autres hommes ne venaient pas, avant de nous y engager. Nous essayions de progresser le plus rapidement possible, à l’affut, empruntant le chemin opposé à celui que nous avions prit dans le faux plafond : Chad devait le savoir autant que moi, nous n’avions plus beaucoup de temps devant nous avant que nos tortionnaires ne découvrent notre fuite. Le couloir était bordé par des portes, toutes verrouillées. Et au vu de ce que nous découvrions à chaque entrée passées, c’était sûrement mieux pour nous. Le silence qui régnait fut brisé par l’une des portes qui s’ouvrit à la volée, poussée par une femme qui portait une pile de dossier. Son regard se porta sur nous une microseconde avant qu’elle ne détale, abandonnant ses papiers à même le sol. Je lui emboitais le pas  et la rattrapa sans avoir besoin de forcer. Une main sur sa bouche, l’autre en travers de son ventre, je la ramenais vers Chad, indiquant la salle par laquelle elle était entrée. Nous rentrions dedans, prenant grand soin de refermer derrière nous avant de plaquer la fille contre le premier mur qui vint à sa rencontre, une main serrée contre sa gorge. Pour quelques instants, je redevenais chasseur et non chassé, et je comptais bien obtenir les informations dont nous avions besoin pour sortir d’ici tout en m’amusant. Tant pis pour Chad et sa conscience. Une chance pour nous, la fille ne semblait pas vicieuse ou même rusée. Je fis apparaître mes crocs et captura son  regard effrayé dans mes yeux blancs vitreux. Resserrant lentement ma prise sur sa gorge, j’approchais mes lèvres de son oreille. Je pouvais sentir la terreur qui émanait d’elle, entendre son pouls accélérer proportionnellement à ma proximité. C’était si jouissif…

-Je te propose un marché, murmurai-je. Je te laisse vivante et en bon état si tu nous guides jusqu’à la sortie. Si tu cherches à nous tendre un piège, je peux t’assurer que ta mort sera une lente agonie, susurrai-je au creux de son oreille.

 


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MessageSujet: Re: Que la traque commence | Chad & Adriann   Mar 23 Juin - 18:15







WTF !


L’odeur de sang sur mes mains affole mes sens alors que je suis déjà en panique totale vis à vis de mon geste. Les horreurs qui se passent dans cet entrepôt ont eu raison de ma maitrise. J’ai tué ce type sans même y réfléchir, je l’ai déchiqueté de mes griffes comme si m’acharner sur son corps pouvait faire disparaitre le macabre commerce qui s’opère dans ses lieux. Adriann tarde à me répondre, il essaye de se dégager de mon emprise, je serre son col plus fort, il finit par grogner et m’attrape les poignets. Un bras de fer s’engage, le professeur arrive à se dégager dans un mouvement de colère et recule en scrutant le cadavre derrière moi. Je n’aime pas son silence, ni l’attente de sa réponse. Jamais je ne pourrais reparaitre devant Mick si j’ai le sang d’un innocent sur les mains. Mais non ! C’est impossible ! Les gens qui travaillent ici ne peuvent pas être innocents. Se taire sur l’activité qu’il s’y passe, et y travailler, vous rend coupable même sans avoir soi-même tué un être surnaturel. Je scrute le visage transformé du wendigo à la recherche de mon absolution.

- Bleus, dit-il dans un souffle.

Mon cœur explose. Je sais bien que les loups de ma meute ont majoritairement les yeux bleus. Même Ruby dont le statu d’alpha cacherait son passé de tueuse, si elle n’était trahie par les paillettes argentées qui constellent le rouge lié à son rang. Peter, Derek, Ruby… je les sais tourmentés par leurs actes passés. Que ce soit pour abréger les souffrances de celle qu’on aime, tuer sa propre nièce pour venger une famille ou tuer son premier amour sans avoir conscience de sa propre nature, l’acte reste gravé de manière indélébile dans son cœur et son âme. Je recule, buttant sur le cadavre. Je crois que je pleure, mais mes pensées cognent dans ma cervelle à la manière d’une balle de squash. Je vais devenir fou ! La voix lointaine d’Adriann, ainsi que ses mains qui serrent mes épaules me ramènent au présent.

- Chad, écoute-moi. Chad !

Je lève mes caerulei oculi sur son regard blanc opaque. Le monstre regarde le monstre. Je suis comme lui, un assassin ! J’ai envie de hurler.

- Je... J'ai... Mal vu…

Je ferme les paupières de soulagement pour les rouvrir aussitôt et darder un regard acide vers cet empaffé de wendigo. Il se contente de hausser les épaules et de me dire que l’erreur est humaine… J’ai de nouveau une envie de meurtre... Comment ce teuton exaspérant au possible, a-t-il pu survivre jusque-là ? Car depuis que l’on s’est croisé la première fois, alors qu’il débarquait tout juste à Beacon Hills, il m’a donnée de nombreuses raisons de l’étriper vif. Lui qui étudie les mécanismes qui mènent au meurtre, devrait pourtant bien savoir les limites à ne pas franchir ! Mais à croire que c’est comme une seconde nature. Il me fait penser à ce merdeux, ce Garnet qui emm*rde Mick à chaque fois qu’ils se croisent, le traitant de « bi-chrome ». Je te le collerais bien dans une chambre froide avec le teuton. Deux chieurs professionnels ensemble ! Qui finirait par bouffer l’autre ?

Je n'ai pas le temps de m’appesantir sur les deux types les plus agaçants de la terre. Adriann m’attrape le poignet et me guide vers la sortie. Je me dégage d’un mouvement d’humeur. C’est bon, je sais marcher sans qu’il ait besoin de me donner la main. Je suis furieux contre lui et l’angoisse qu’il m’a donnée. Mais la gravité de notre situation me redonne mon calme. Nous filons à l’opposé d’où on vient. Je n’escompte pas que nos ravisseurs ne s’aperçoivent pas de notre fuite. Il faut sortir d’ici et vite. Ce hangar n’en finit pas de dérouler des couloirs garnis de portes verrouillées. Quand l’une d’elle s’ouvre devant nous, une femme apparait. J’ai les mains maculées de sang et mes vêtements comme ceux d’Adriann le sont aussi. La femme lâche les dossiers qu’elle tenait et tente une vaine fuite. En quelques enjambées, Adriann l’a déjà rattrapée, lui collant une main sur la bouche et l’autre sur le ventre pour la coincer contre lui. Ses gestes ont été souples et marqués d’une efficacité qui trahit l’habitude.

Nous sommes retournés dans la pièce d’où elle sortait en prenant le soin de ramasser les dossiers éparpillés et de fermer la porte. Adriann laisse ses yeux d’un blanc vitreux prendre la place de ses prunelles noires. Je peux entendre le cœur de la femme s’emballer quand il la plaque contre un mur, sa main griffue serrant sa gorge, lui ôtant toute envie de crier ou d’appeler au secours. A contrario, les battements du cœur d’Adriann se sont calmés, il est dans son élément et… semble prendre plaisir de la terreur qu’il inspire à sa victime. Je n’approuve pas, mais que puis-je dire, moi qui viens de tuer un homme de manière sauvage. Le fait que j’étais à cran et traqué m’ont rendu bestial. Que cette femme meure ou pas m’importe peu, car elle est coupable. Ce à quoi je n’adhère pas, c’est le plaisir évident qu’a le wendigo, tel un chat il joue avec sa proie.

- Je te propose un marché, murmure-t-il. Je te laisse vivante et en bon état si tu nous guides jusqu’à la sortie. Si tu cherches à nous tendre un piège, je peux t’assurer que ta mort sera une lente agonie.

La femme a du mal à respirer, sa frayeur est immense et Adriann lui serre la gorge un peu fortement. Elle finit par hocher la tête. Alors qu’Adriann se glisse dans son dos et lui muselle la bouche d’une main tout en la ramenant vers lui, nous ressortons. Par réflexe, j’emporte les dossiers que je n’ai pas lâchés. La femme nous montre le chemin en levant le bras. Sa marche est laborieuse car Adriann la plaque contre lui pour lui éviter toute fuite. Après quelques détours, j’ai la désagréable sensation de reconnaitre les lieux, Adriann aussi. C’est le couloir où il s’est fait prendre. Un Scheiße retentit en même temps que j’entends le corps de la femme s’effondrer au sol. Je ne m’attarde pas à écouter pour savoir si son cœur bat encore. Car je tourne immédiatement les talons et entraine Adriann avec moi. Nous sommes déjà arrivés ici par nos propres moyens, il suffit de faire le chemin inverse. Une balle éclate le mur à côté de moi alors que je viens juste de bifurquer.

- Accélère ! Dis-je au schleu.

Je ne crains qu’une chose : me prendre une balle enduite d’aconit. Une rafale nous indique qu’ils emploient les grands moyens pour nous stopper avec une arme automatique. Sortir, se tirer de là ! Je crois que je n’ai jamais détalé aussi vite. Mais est-ce que cela sera suffisant ?

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: Que la traque commence | Chad & Adriann   Ven 17 Juil - 15:33




Outside

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Son cœur pulsait contre mon avant-bras. Rapide, paniqué, terrorisé. Dire que je n’appréciais pas la terreur qui s’échappait de la femme aurait été un énorme mensonge : pour la première fois depuis des heures, j’étais dans mon élément, je n’étais plus celui qui ressentait la peur ; j’étais celui qui la créait. Nous progressions lentement dans le noir, faiblement guidés par les gestes de l’humaine, qui nous désignait tant bien que mal le chemin d’une main. Nos pas feutrés résonnaient à peine dans les couloirs. Il était hors de question que nous nous fassions reprendre, pas après nous être acharnés d’une telle façon. La femme releva la main à un croisement, nous indiquant la voie de gauche. Son corps se raidit ostensiblement alors que nous nous avancions, suivant ses indications à la lettre. Mon corps l’imita quelques secondes après en reconnaissant l’endroit. Ce couloir. Celui où je m’étais fait prendre, l’épicentre de tout le merdier dans lequel nous avions plongés. Je ne pris pas une seconde pour réfléchir avant de lui briser la nuque, lâchant un Scheiße retentissant.  Son cœur arrêta de tambouriner contre mon bras et elle tomba au sol comme une poupée de chiffon. Chad ne me laissa pas le temps de m’attarder et m’entraina dans sa course avant que des balles ne nous prennent en chasse. Le bruit des tirs était assourdissant, mais je pus tout de même distinguer le loup qui me cria d’accélérer. Malgré la tension, les rafales de balles et notre mort très envisageable, je ne pus m’empêcher de lever les yeux au ciel… Comme si j’avais besoin de ses ordres pour constater devoir courir encore plus vite ! Les rafales d’un automatique éclatèrent contre les murs étroits, à quelques centimètres à peine de nous. Scheiße ! Où avaient-ils dénichés un automatique ?!
Nous ne nous arrêtions pas même une demi-seconde pour décider où bifurquer ; pour ma part, mon corps était passé en pilotage automatique et je m’étais abandonné à l’instinct du Wendigo qui ne demandait qu’à s’éveiller pour nous sortir d’ici.
Le couloir où nous avions fait la courte connaissance du premier type défila devant nous en quelques secondes à peine, Chad devant et moi derrière, sans pouvoir m’empêcher de jeter des coups d’œil affolés par-dessus mon épaule. Les rafales s’étaient arrêtées, laissant place à des bruits de courses effrénés, mais les types n’étaient pas dans le couloir. Pas encore, du moins. Enfin, nous débouchâmes dans la pièce qui servait de hall d’entrée. Un mince filet de lumière filtrait, indiquant notre unique chance de sortie et de survie… éclairant aussi cinq types, armés. Je n’hésitai pas un instant avant de foncer sur eux : il fallait en finir le plus rapidement possible pour ne pas se retrouver en  sandwich entre eux et les malades à l’automatique. Totalement transformé, j’avançai en grognant aux côtés du loup. Avec une violence dont je n’avais pas fait preuve depuis longtemps, j’enfonçai une main dans le ventre de l’un des types avant de la retirer et de la replonger dans la gorge de l’un de ses semblable. Son souffle s’échappa de sa trachée pour se mêler au mien tandis qu’une giclée de sang chaud atterrit sur mon visage. Je me reculai et attrapai deux fusils  avant d’en donner un à Chad. Les trois autres types gisaient au sol près de lui. Je les enjambai rapidement avant d’ouvrir la porte à la volée et de faire signe au loup de passer.

-Aller, on se barre d’ici, maugréai-je en essuyant les trainées de sang qui coulaient le long de mon visage, reprenant forme humaine.

A peine dehors, le bruit d’un moteur résonna à nos oreilles et quelques secondes après, une voiture déboula devant nous et s’arrêta dans un crissement de pneus. J’entendis vaguement l’exclamation soulagée de Chad, qui s’empressa de monter à l’intérieur. Un coup d’œil derrière moi m’intima que je n’avais largement pas les moyens ni le temps de me méfier et je le suivis dans la voiture avant qu’elle ne reparte aussi vite qu’elle n’était venue. Désormais éloigné du danger, je reportais toute mon attention sur le conducteur, détaillant ses traits dans le rétroviseur, jusqu’à ce que ses yeux vairons ne se posent sur les miens. Un soupir franchit mes lèvres en y voyant une certaine rancœur et même si je n’étais pas prêt pour un énième affrontement, je devinais que ce n’était pas le cas pour le type que j’identifiais comme étant Mick. Je me redressais légèrement sur la banquette arrière, prêt à me défendre au cas où, augmentant d’un cran la tension qui régnait déjà dans l’habitat.



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MessageSujet: Re: Que la traque commence | Chad & Adriann   Sam 25 Juil - 17:06


'cause we are badass

Impossible de savoir ce que son regard signifie. Mais je n’ai pas refusé qu’elle m’accompagne. Fiona Ferjones, agent fédéral, ouvre donc la portière de la Camaro et prend place à l’intérieur. Cette femme me ressemble dans sa façon d’être. Je ne saurais expliquer pourquoi elle met autant de détermination à vouloir trouver Chad.

James m’a indiqué un entrepôt à la sortie de la ville alors je m’y précipite. J’ai le sentiment qu’enfreindre le code de la route ne m’attirerait pas d’ennuis. Cette femme semble aussi préoccupée que moi et fermerait les yeux sur des écarts de conduite. Toutefois, je reste discret et sur mes gardes. Pas parce que je suis intimidé mais parce que je ne la connais pas et ne veut rien laisser paraitre.

Arrivé à destination, je tiens le volant d’une main, orientant la Chad boussole avec l’autre. Il est dans les environs. J’ai le ventre qui se noue lorsque je pénètre à toute vitesse dans un vieux hangar désaffecté.

Une porte s’ouvre à la volée. Des coups de feu confirment que la situation est urgente. Je reconnais immédiatement Chad, suivi par un homme. J’effectue un dérapage qui soulève de la poussière pour me placer à leur hauteur.

D’autres hommes se précipitent à l’extérieur. C’est alors que Fiona sort son arme est tire sur celui qui nous vise. La balle qu’il reçoit dans le genou le fait s’écrouler. Avec adresse, elle neutralise ceux qui sont armés avant qu’ils n’appuient sur la détente. La portière arrière claque.

Les pneus crissent à nouveau et je fonce vers la sortie en découvrant qu’un rideau métallique commence à descendre. Je jette un coup d’œil furtif à Chad dans le rétroviseur puis à celui qui l’accompagne dans sa fuite. J’enfonce l’accélérateur et me retrouve plaqué dans le siège tant la puissance du moteur nous arrache au décor.

Je passe une seconde avant que le rideau métallique n’endommage la carrosserie de la Camaro. En regagnant la route principale d’un coup de volant, j’inspire profondément.

- Qu’est-ce que vous foutiez dans ce merdier ? M’exclame-je.

Aucun des deux ne répond. Malgré mon angoisse soudaine et l’adrénaline, je suis extrêmement inquiet pour Chad.

- Vous avez besoin de soins ? Demande-je pour savoir si je dois me rendre à l’hôpital.

- Non, mon loulou, m’assure Chad d’une voix faible et tendue.

Ça me fait du bien de l’entendre, moi qui pensais à tort qu’il était endormi dans son appartement ou trop occupé par le travail. L’envie d’un foyer commun se réveille à nouveau. Je veux savoir où il est et s’il est en danger quand c’est le cas. Je n’ai pas le pouvoir d’alpha de Ruby, pas cette instinct qui connecte les loups d’une même meute, mais mon lien avec Chad est aussi puissant.

- Où est-ce qu’on le dépose ? Demande-je en désignant le jeune homme aux côtés de Chad.

Je ne peux me permettre de le garder avec nous. Avec Fiona, ça fait bien trop d’inconnus qui s’imposent dans une même journée. Surtout s’il est coupable d’avoir entrainé Chad vers le danger.

Après que nous l’ayons déposé à l’adresse qui lui convenait, j’essaie de chasser la tension qui endolorit mes muscles.

Nous retournons au poste de police. Ruby s'impatientait de l’arrivée de Chad et se précipite à notre rencontre quand nous la rejoignons.

Puis je remarque Fiona. Elle est immobile, elle semble perdre de cette prestance. C’est Chad qu’elle observe, sans un mot, sans un geste.

Jusqu’à ce que lui la regarde.


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Dernière édition par Mickael Wayne le Sam 1 Aoû - 20:29, édité 2 fois
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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Que la traque commence | Chad & Adriann   Lun 27 Juil - 22:26











Freedom


C’est une course effrénée qui qui nous lance dans les couloirs de cet entrepôt qui ne semble jamais en finir. Parfois nous jetons des regards en arrière. J’entends le cœur d’Adriann battre au même rythme que le mien. Nous, les prédateurs, sommes dans la peau du gibier que l’on chasse habituellement. Notre nature se rebiffe contre ce fait, et la peur nous noue le ventre. Quand enfin on débouche non loin de la sortie, c’est pour nous apercevoir que cinq mecs débouchent aussi par un autre chemin. Adriann fonce tel un buffle sans aucune hésitation. Sa transformation en Wendigo impressionne et lui donne le temps d’arriver vers les types. De mon côté je lorgne vers la porte de sortie, le jour filtre aux jointures. Si elle est de nouveau verrouillée, ça sera le tir au pigeon. J’avise une commande électrique sur le côté, je bondis et enfonce le bouton. La porte du hangar remonte lentement. Je vais donc prêter main forte à Adriann qui en a déjà occis un.

Il n’est plus temps de faire dans la dentelle et je lacère les chaires qui ceux qui se trouvent sur mon passage. Adriann me lance un des fusils qu’il a attrapé. Je vais pour lâcher l’arme quand j’entends des bruits de pas.

-Aller, on se barre d’ici, croasse Adriann.

Je le suis en tirant en arrière à l’aveuglette avec le fusil. On est à mi-chemin de la sortie quand un autre bruit se fait entendre, celui d’une voiture. Et pour y être souvent monté, je reconnais immédiatement la Camaro de Mick avant même de la voir. Il stoppe dans un formidable tête à queue presque à nos pieds. Je vais pour m’assoir sur le siège passager lors qu’Adriann s’installe derrière Mick, mais une femme brune occupe le siège. Une rafale de balles me frôle, je ne réfléchis pas plus et m’installe à l’arrière alors que Mick a déjà démarré. La femme tire sur un type qui nous vise, elle l’atteint au genou. Je me dis que soit elle a eu de la chance, soit elle est habille car elle sent l’humain à plein nez. Nous passons le rideau de fer de justesse avant qu’il ne se ferme.

- Qu’est-ce que vous foutiez dans ce merdier ? S’exclame Mick.

Je perçois son angoisse, mais je suis encore trop choqué pour prononcer un mot. Adriann à mes côtés semble lui aussi vidé de notre aventure. On s’en est sorti vivants et entiers ! Alors que Mick file à toute vitesse, je songe à lui dire que ma Maserati est garée non loin. Mais je n’en fais rien, je ne suis pas en état de conduire, mes mains tremblent.

- Vous avez besoin de soins ? Dit Mick très inquiet.

- Non, mon loulou, répondis-je dans un soupir.

Je me penche et lui serre doucement l’épaule. J’entends son cœur se calmer un peu. Je remarque ainsi le badge du FBI que la femme porte à sa ceinture. Je suis surpris. Mick semble libre de ses mouvements, de plus elle n’a pas hésité à tirer pour qu’on puisse s’échapper. Des questions me viennent. Est-elle au courant pour les surnaturels ? Est-elle en rapport avec l’arrestation de Mick ? Dans la précipitation, je ne me rappelle plus si j’étais encore transformé quand je suis monté dans la voiture, sans parler d’Adriann… Mais il me semble qu’il avait de nouveau une apparence humaine, car en mode Wendigo, je ne suis pas certain que Mick l’aurait laissé monter dans la voiture. Je suis harassé par ce qu’on a subi, la tension nerveuse, l’activité innommable de ces types… Je ferme les yeux, me laissant bercer par le V6 de la Chevrolet.

- Où est-ce qu’on le dépose ?

La voix de Mick me ramène à la réalité. Je lui indique le côté du campus où déposer Adriann. Je me souviens qu’il est blessé au genou, autant lui éviter une longue marche et de toute manière à l’hôpital, ils ne pourraient rien faire de plus. J’ai extrait la balle poison, il a juste à attendre que son corps reprenne de la force et cicatrise naturellement.

Le trajet se passe dans le silence. Je ferme les yeux pour apprécier cette bulle de tranquillité. Quand Mick s’arrête, Adriann n’a toujours pas décoincé un mot. Il est une chose que d’entendre ce que j’ai subi au Mexique, s’en est une autre que d’avoir failli y passer soi-même et d’être considéré comme un vulgaire morceau de viande. L’arrogant professeur garde néanmoins son aplomb que les battements de son cœur contredisent.

- On reste en contact ? Dis-je d’une voix lasse.

Il me bougonne un truc en m’appelant Wilder.

- Chad ! Je m’appelle Chad !

Apres ce qu’on a vécu, je pense qu’on peut se permettre ce genre de familiarité. Bien que je ne sais toujours pas si à un moment donné, je n’ai pas failli passer dans son estomac ou subir son appétit sexuel.

HRP:
 

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Que la traque commence | Chad & Adriann
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