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 Baumes et blessures

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Alex Cormier

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MessageSujet: Baumes et blessures   Ven 22 Jan - 5:00

Baumes et blessures




Voilà moins de vingt-quatre heures qu'Alex était de nouveau célibataire et, bien que la décision de rompre ait été prise d'un commun accord entre les deux parties, une rupture n'était jamais vraiment une bonne période dans la vie de quelqu'un.  Si c'était lui qui avait abordé le sujet avec Jenny, il avait désormais des regrets et des inquiétudes.  Avec sa tendance à tout analyser jusque dans les détails les plus sombres et à réfléchir plus que nécessaire, Alex se demandait désormais si ça avait vraiment été la bonne décision à prendre.  S'ils parviendraient à rester de simples et bons amis, comme ils s'étaient entendus et comme Jenny avait réussi à le faire avec quelques-uns de ses ex.  Accomplissement que le canadien n'était jamais parvenu à atteindre.  Bon, il n'avait jamais eu tendance à garder ses amis très longtemps non plus, et cela devait jouer dans la balance, mais quand même.  Au bout de longs mois passés ensemble, qui entre eux tirerait cet équilibre social de son côté?  Et puis, bien qu'il tentait de ne pas y porter attention, une voix au fond du crâne d'Alex insistait pour lui demander s'il croyait un jour retrouver quelqu'un d'aussi bien, et gentil, et drôle, et rempli de qualités, malgré les défauts qui les avaient séparés.  Quelqu'un, surtout, qui serait de nouveau capable de l'accepter, lui, avec ses tares et ses défauts.  Quelqu'un avec qui il serait capable de reprendre le temps de construire une relation avec son lot de souvenirs, d'anecdotes, de petits moments partagés dans le bonheur ou le désarroi.  Quelqu'un qui l'aimerait et qu'il aimerait.  Alex avait cette impression toxique d'avoir gâché les derniers mois, d'avoir perdu son temps et d'avoir potentiellement raté quelque chose, alors qu'il avait bien conscience, comme il le répétait toujours à qui en avait besoin, que rien n'arrive pour rien et que chacun est la somme des rencontres qu'il a faites et des expériences qu'il a vécues. Or, ça ne l'empêchait pas de se sentir comme un cheveu qui poussait à contre-sens des autres, ni de se construire de sombres et solitaires châteaux espagnols.

Le druide avait entamé un pack de bière, dans une tentative aussi futile qu'immature de se changer les idées.  Mais ses idées tournaient en rond comme un fauve en cage, et mettaient un fouillis indéfinissable dans ladite cage, alors que l'éthanol agissait comme il savait si bien le faire et déprimait le jeune homme esseulé : son père était encore une fois parti au diable vauvert pour il ne savait plus trop quoi.  Et, une fois de plus, c'était Alex qui se retrouvait avec la garde de la maison.

Alex en était à sa deuxième bouteille, qu'il avait goulûment avalée devant le téléviseur. L'écran projetait un match de boxe d'une ligue régionale.  Ses cheveux étaient en une pagaille innommable et il avait revêtu un vieux t-shirt anciennement blanc ainsi qu'une paire de joggings gris qui ne devait pas être plus récents : son pyjama des mauvais jours.  L'un des deux boxeurs venait de se prendre un violent coup à la mâchoire lorsque des coups retentirent à la porte.  Alex détourna lentement et confusément la tête vers celle-ci, comme si elle allait s'ouvrir toute seule, par magie, et, lorsque de nouveaux coups résonnèrent, plus insistants, il fut comme tiré de sa torpeur et se leva d'un pas balourd pour ouvrir la porte.  Quelque part, son cerveau décida qu'il allait ouvrir à une Jenny en larmes. Qu'elle le supplierait de se remettre ensemble.  Et il ne savait aucunement comment il se sentait face à ce scénario, ni comment il devrait réagir, réalisant que les raisons qui avaient poussé à leur séparation étaient toujours aussi valables.

C'est donc à contre-coeur que le canadien ouvrit la porte pour se retrouver devant une silhouette qui était loin d'être celle de Jenny.  En un instant, le cerveau d'Alex entra en éruption, vomissant instantanément une chaîne de conclusions.  Évidemment que si elle avait voulu lui parlé, Jenny lui aurait écrit plutôt que de venir cogner à sa porte, c'était ce à quoi les portables servaient.  Elle avait d'ailleurs dû en parler à Charlie, puisqu'ils étaient toujours proches.  Et Charlie devait trouver particulièrement malin de venir se moquer de son compère, après que le druide se soit pavané au bras de son ex durant les derniers mois.  Il devait être si hilare qu'il n'avait pas pu s'empêcher de venir se moquer d'Alex en personne.  Alex qui lui claqua la porte au nez aussi vite qu'il l'avait ouverte, non sans y avoir d'abord été d'une petite réplique assassine.  C'était toujours mieux qu'un direct sur le museau.

-Tu dois te trouver drôle, Crowley.  Mais tu t'es déplacé pour rien, y'a rien à voir.

N'empêche, Charlie tirait une drôle de tête pour quelqu'un qui était venu le narguer.  Et puis, il n'avait pas tout à fait sa posture habituelle. Et, à bien y réfléchir, il n'était pas taché de sang, aussi?  Alex laissa échappé un "Côlisse" étouffé derrière la porte avant de la rouvrir et d'observer le garou face à lui.  Garou dont les blessures semblaient peiner à se cicatriser.  Pour le coup, Alex dégrisa du peu qu'il avait bu et se plaça de biais pour laisser entrer son allié.

-Merde, Charlie, entre.  Qu'est-ce qui t'es arrivé?

Derrière l'ours, Alex referma la porte à clef et vérifia que les rideaux étaient tirés.  Il ne s'était même pas rendu compte que ses problèmes venaient de passer au second plan.



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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Sam 30 Jan - 15:25


Baumes et blessures






Il ne faisait pas bon traîner dans la forêt à cette heure-ci. La pâle lueur du clair de lune, le silence qui y régnait et les relents de brume donnaient aux bois de Beacon Hills une allure fantomatique inquiétante. Pas un temps à mettre un superstitieux dehors. Et pourtant… le plus à craindre était de mauvaises rencontres de chair et d’os. Garou incontrôlable, groupe de chasseurs sans pitié… Sans compter ceux qui, se saisissant des couleurs locales, semblaient presque avoir rejoint le monde spectral pour une éternité d’errance.

L’homme ours se traînait entre les arbres. Il n’aurait pas été difficile à suivre : ça et là, des empreintes ensanglantées maculaient le bois aux endroits où il s’était arrêté. Les ursidés cicatrisaient moins vite que les loups. En général, ce n’était pas un problème car ils encaissaient bien mais pas de chance, on avait parfois affaire à des pros qui savaient parfaitement où viser pour faire le maximum de dégât.

Pour la énième fois, Charlie dut faire une pause. Ses yeux, brouillés par la douleur, fouillèrent les frondaisons alors qu’il tentait péniblement de reprendre son souffle. Tout était différent la nuit et dans cet état, il lui semblait que même ses sens lui mentaient. Depuis combien de temps marchait-il ? Dans quelle direction ? Est-ce qu’il ne tournait pas en rond ? Au début, il s’était contenté de s’éloigner le plus possible du lieu de l’affrontement et des chasseurs. A présent, l’instinct lui criait de se trouver un trou où se terrer, où il pourrait se rouler en boule en attendant que ses blessures acceptent enfin de guérir, mais allez trouver une caverne digne de ce nom dans ce patelin...

Ses griffes, dernier vestige de sa transformation furieuse, s’enfoncèrent profondément dans l’écorce alors qu’il ahanait, le regard au ciel. La lune le fixait de son œil rond, impassible, et il lui rendit un regard dégoûté. Il était presque sûr qu’elle se fichait de lui. La grande ourse lui souriait, elle, au moins, et le garou perdit quelques secondes à contempler les étoiles familières. Lui redonnèrent-elles un peu de force ? Toujours est-il qu’il parvint à nouveau à reprendre sa route.

La nuit, tous les arbres étaient gris. C’était aussi un peu la couleur de son teint, présentement, mais ça ne rendait pas ses pérégrinations plus aisées. Une fois de plus, son pied se prit dans une aspérité du terrain. L’homme s’abattit lourdement mais son grognement de douleur ne sembla pas émouvoir la végétation qui l’entourait. L’ingrate, et dire qu’il s’évertuait toujours à la protéger… Puis ses yeux tombèrent sur ce qu’il avait d’abord pris pour une racine. Des cendres. Son pied avait dû se prendre dans les restes d’une buche ou d’un… d’un os. Le regard brillant de fièvre du garou fit un tour d’horizon ahuri puis la réalité lui sauta enfin au visage. C’était cette clairière, cette fameuse clairière où ils avaient affronté, avec Jansen et Alex, le monstre aux centaines de dents. La maison du druide n’était pas loin et avec un peu de chance, ses jambes se rappelleraient mieux du chemin que sa tête.

Lorsqu’il déboucha sur la route longeant la bicoque, la nuit était bien avancée. Se traînant péniblement jusqu’au battant, Charlie dut s’y appuyer une seconde avant de pouvoir cogner le bois. Il n’avait jamais été aussi content de voir le visage du druide, ses lèvres esquissaient même une ébauche de sourire… jusqu’à ce que le laborantin lui claqua la porte au nez avec un commentaire assassin, abandonnant le garou éberlué sur son perron.

Bouche bée Charlie cligna des yeux. Et qu’est-ce qu’il faisait maintenant, il se laissait tomber là pour se laisser crever ? Heureusement, la porte se rouvrit sur un Alex soudainement moins belliqueux.

« Merde, Charlie, entre.  Qu'est-ce qui t'es arrivé?

— Comment c'était... trop pas sympa... » Articula l’ours avec autant de difficulté que de reproche, sans répondre à la question, alors qu’Alex s’effaçait pour lui laisser le passage. Titubant, il prit la direction du canapé mais ses jambes se dérobèrent sous lui et il s’affala à mi-parcours.

« Hmf… »

Son grognement était révélateur. Se hissant avec difficulté, il parvint à s’adosser au fauteuil et à soulever ce qui restait de son tee-shirt, révélant la plaie principale.

« Chasseurs… » Marmonna-t-il en guise d’explication, profitant d’être enfin en sécurité pour fermer les yeux une seconde.

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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Lun 1 Fév - 2:33

Baumes et blessures




Alex sentit rapidement une vague de culpabilité le submerger alors que Charlie tentait de râler sur la qualité de l'accueil initial que le druide avait réservé au garou. Pour sa défense, il ne s'attendait pas à ce qu'on vienne cogner à sa porte, et encore moins à trouver sur le porche un ours amoché. Ce n'était par contre pas le moment de se chercher des excuses et de ses perdre en explications.  Ils avaient manifestement plus urgent à s'occuper et Alex porta un bras dans le dos du cuisinier dès qu'il eut terminé de s'occuper de la porte, et qu'il se fut assuré d'un regard que les rideaux étaient tirés.  Il fut trop lent de quelques millisecondes et vit Charlie s'affaler devant lui, dans un grognement à lui hérisser les quelques poils de son échine.  Le temps n'était peut-être pas à jeter la faute, mais ça me l'empêchait pas de pouvoir faire preuve d'un minimum de courtoisie.

-J'suis désolé, mec. Je voulais pas...

Il ne savait pas trop ce qu'il ne voulait pas.  Être dérangé?  Voir Charlie?  Voir qui que ce soit, en fait... Se montrer impoli en refermant la porte au nez de son allié naturel?  Inutile de compléter, le zoothrope en déduirait bien ce qu'il avait envie d'en déduire.  Avec un peu de chance, ce serait quelque chose de sympa pour Alex.  Le druide aida le blessé a se remettre sur pieds et le guida pour s'asseoir vis-à-vis du fauteuil en restant à peu près confortable.  Il se retourna pour aller chercher un coussin sur la causeuse et en faisant de nouveau face au surnaturel, il le vit relever son chandail, déjà en lambeaux, pour laisser voir sa plaie à Alex.

-Je savais pas qu'Amaro t'avais aussi collé des numéros avec Jansen.  J'veux pas critiquer, mais faudra que tu te pratiques encore un peu...  Laisse-moi voir.

Le fils du maître des lieux plaça l'oreiller derrière Charlie avant d'inspecter un peu plus le trou qui décorait l'abdomen de l'ursidé.  Alex plaqua sa main sur le front du cuisinier, plus par imitation de ce qu'il avait vu sa mère faire durant sa jeunesse que parce qu'il savait réellement quoi faire.  L'ex de Jenny le plus vétéran reposa ses yeux un instant en fournissant l'identité des responsables de sa blessure à son soigneur.  Bon, Alex n'était pas certain de l'utilité de l'information, mais ça confirmait la présence de chasseurs dans la région.  Superbe.

-Je suis soulagé de savoir que c'est pas civet qui t'a fait ça, Crowley...

La voix dépourvue de sarcasme, il ne l'avait pas dit de manière malfaisante, ou du moins pas volontairement.  C'était sa façon d'évacuer un peu la tension en ce moment, simplement.  Après avoir été cherché une de ses veste qui traînait plus loin, Alex fit doucement basculer le torse de Charlie vers lui, retira ce qui restait du t-shirt et posa la veste sur les épaules du garou.  Il n'aimait pas trop la lenteur à laquelle le surnaturel guérissait, même si il savait que les loups avaient un métabolisme plus rapide que les ours.

-Repose-toi un peu, je vais aller chercher de quoi désinfecter.

Incertain de l'utilité d'une telle chose, Alex se dirigea tout de même vers la pharmacie de la salle de bain pour en extraire une bouteille d'isopropanol et s'arrêta dans la penderie pour piocher une débarbouillette.  Il savait que les garous guérissaient rapidement et étaient immunisés à la plupart des maladies, mais cette blessure avait été causée par un chasseur et il n'était pas impossible que ce ne soit pas une simple plaie.  Après une courte hésitation à descendre dans la grotte de son paternel pour y prendre encore un peu d'ail, Alex décida de garder son patient à vue.  Il nota également mentalement de vérifier que son père avait une bonne section d'ail des bois dans son jardin.  Il avait comme le sentiment que ça risquerait de lui être utile.  De retour en face du fauteuil et se son naufragé, Alex se pencha et humecta la lingette pour laver l'abdomen ensanglanté, non sans avoir prévenu son propriétaire.

-Ça risque de piquer, désolé.  Que s'est-il passé, exactement?



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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Mer 16 Mar - 19:23


Baumes et blessures






Un bras secourable permit à l'ours de regagner un fauteuil et pour toute réponse aux boutades embarrassées du druide, il grogna sans conviction.

« Tu sous-estimes trop les lapins Cormier, ils pourraient te surprendre… »

La main d’Alex était fraîche sur son front brûlant et Charlie en profita pour fermer les yeux. Cela faisait des années qu’il n’avait pas été malade, depuis sa première transformation en fait, et il avait oublié cette sensation de flotter entre deux eaux. C’était soit la fièvre, soit tout ce sang qu’il avait perdu sur le chemin, il n’était pas expert en biologie. Tout ce qu’il savait, c’était qu’il avait besoin d’une grotte, un endroit sûr où se terrait. Sur le coup, c’était la bicoque des Cormier qui lui avait semblé se rapprocher le plus de ce saint-graal. Après tout et malgré les différents qu’il avait pu avoir avec Alex, il y avait trouvé refuge à chaque fois qu’il en avait eu besoin.

Le druide s’affairait autour de lui sans que Charlie en ait véritablement conscience. Il ne moufta même pas lorsqu’il lui ôta ce qui restait de son tee-shirt pour le couvrir d’une veste. Il y avait pourtant tant de blagues à faire après que le scientifique ait moqué ses capacités de stripteaser. Peut-être qu’il ne savait pas se déshabiller correctement mais en tout cas, son ex condisciple semblait apprécier le spectacle final ! Rien ne lui vint pourtant, la pique s’était perdue dans le brouillard vaseux qu’il lui tenait présentement lieux de cervelle.

« J’te rassure, je comptais pas aller très loin. » Maugréa l’ours d’une voix rauque lorsque sa tête retrouva l’appui du dossier.

Sans hâte, il commençait à basculer dans une torpeur bienvenue. Etait-ce le fait qu’il soit enfin posé, au chaud et en sécurité ? Toujours est-il que si la douleur sourdait toujours, se concentrant principalement au niveau de la profonde blessure de son abdomen, elle lui semblait avoir quelque peu reflué. Englué dans une demi-conscience floue, Charlie perdit la notion du temps et le retour d’Alex le réveilla en sursaut. L’ours grimaça au contact de la lingette imbibée :

« Greuh ! »

Le druide lui adressa un regard sévère et après un dernier grognement de résistance, le garou ferma son clapet. Au moins le sang semblait-il avoir enfin cessé de couler, quoique la plaie soit toujours moche à voir. Charlie fronça le nez et détourna les yeux avant de surprendre l'expression préoccupée du scientifique :

« Pas de stress, ça va finir par se refermer. Ça se referme toujours. Faut juste... un peu de temps. »

Il appuya son crâne sur l’appui-tête pour observer le plafond d’un air vague tandis qu’Alex nettoyait :

« Ils étaient plein, tout un groupe, avec des lames. Y avait une femme aussi. Mais pas avec eux. Elle s’est transformée en panthère. »

Inconscient que ses pérégrinations mentales pouvaient semblaient bien imprécises pour une oreille extérieure, il reprit d'une voix atone :

« Ils s'en sont pris à une meute. »

A la question muette de son infirmier personnel, un long silence suivit que l’ours mit à profit pour tenter d’ordonner les lambeaux de pensée qui ne cessaient de lui échapper.

« Le temps que j’arrive, ils étaient tous morts. »

Morts. C'était presque un euphémisme vu le massacre qu'il avait constaté. Pris d’une soudaine agitation, le garou tenta de quitter son fauteuil avant que la main d’Alex le repoussant lui rappelle que la tuerie qui occupait ses pensées n’était plus qu’un souvenir auquel il ne pouvait rien faire.


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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Ven 13 Mai - 14:08

Baumes et blessures




Le front labouré de ridules inquiètes, Alex était penché sur son patient, à éponger le surplus de sang.  Crowley n'avait même pas relevé la moindre pique, la moindre réplique sanglante -probablement car il trouvait qu'assez de sang avait déjà coulé-, rien.  À peine un commentaire sur la toute-puissance des lapins, qui avait laissé le canadien septique, ne sachant pas trop s'il s'agissait d'une blague ou si l'ours commençait à délirer.  Il avait été rapidement rassuré quand l'Arizonien lui affirma ne compter aller nulle part.

Le grognement de Charlie au contact de la lingette lui valut un regard irrité et blasé de la part du Canadien, qui l'avait prévenu, quand même!  Alex se retint tout de même de lui dire de ne pas faire sa chochotte.  C'était quand même bien moins drôle de lui chercher des poux quand il était à moitié inconscient et ne rétorquait ni ne réagissait.  Il y eut un second grommellement de protestation, puis le cuisinier se mura un instant dans le silence.  À savoir si c'était l'effet de l'autorité naturelle d'Alex, ou de la douleur du tissu sur la plaie, le druide préférait faire semblant de ne pas le savoir, ignorant les grimaces du malin.  L'ouverture ne saignait plus et, point positif, ne présentait pas de marques mordorées, ou de veinures noires, ou de bulles nauséabondes.  Rien de comparable au poison de l'aberration qu'ils avaient affrontée avec Jansen, donc.  Le soigneur espérait seulement ne pas se tromper.  Causer la mort de cette chose était une chose, bien que tout de même moralement éprouvante, être accusé de négligence criminelle ayant causé la mort serait autre chose.

-T'inquiètes, on laissera le temps. Rassura-t-il celui qui avait laissé retomber sa tête vers l'arrière.  

Charlie lui expliquait ce qui s'était passé.  Il avait eu la témérité d'affronter une bande de chasseurs seul?  Ah, non.  Une femme panthère était venu l'aider.  Était-ce...?  Alex ne connaissait qu'une métamorphe féline et il se demandait bien ce que la druidesse de la meute de Ruby pouvait bien faire là-bas.  Rien ne lui assurait qu'il ne faisait pas erreur sur la personne, si ce n'était son instinct.  Après tout, il n'avait aucune preuve que Mafdet était la seule à Beacon Hills à pouvoir se transformer en panthère.

Les chasseurs avaient décimé une meute entière? Alex resta silencieux, se demandant bien comment Charlie avait pu s'en sortir, dans ce cas.  Et Mafdet.  Il n'avait pas franchement envie de prendre sa place au sein de la meute de son ami, Derek.  Déjà, il connaissait l'inimitié réciproque entre les deux garous, mais il savait également que l'ours n'avait pas systématiquement une dent contre tous les loups.  La preuve logeait dans sa relation de confiance servile et aveugle envers son nouvel employeur.  Charlie s'agita, comme si l'évocation de la scène faisait ressurgir de douloureux souvenirs, et avec son état de faiblesse actuelle, le druide n'eut pas besoin d'appuyer fortement de la main pour le rasseoir.

Le point positif, c'était que les chasseurs s'étaient armés pour terrasser une meute de loups, pas un ours.  S'ils avaient usé de poisons, comme Alex avait un doute raisonnable qu'ils aient fait, ils s'étaient montrés trop spécifiques dans leur choix et le napel ne se montrerait probablement pas fatal pour le cuisinier.  La mauvaise nouvelle, c'était qu'ils savaient désormais qu'un ours-garou courrait les rues de Beacon Hills.

Alors qu'il se penchait au-dessus de la silhouette dégingandée sur son fauteuil, le fils Cormier suspendit son geste et plissa les yeux, se remémorant leur passage récent chez Matrim.

-J'espère que ça ne te dérange pas que j'aie ôté ton tee-shirt, hein.  Sinon, je peux bien te le remettre.  Je voudrais surtout pas que tu crois que j'y prend plaisir... Alex étouffa un soupir et éclata de rire dès que l'ours se mit à grommeler de protestation.  Évidemment qu'il ne l'abandonnerait pas à son sort, il avait déjà sali les meubles!  D'une main habile, il défit l'emballage des pansements en se penchant sur la victime de son mauvais humour.

-Ça va tirer un peu. avertit le laborantin en appliquant des pansements de rapprochement.  Il n'était pas trop certain de leur efficacité, mais dans le pire des cas, la guérison surnaturelle serait accélérée, non?

-Écoute, la bonne nouvelle, c'est que je pense pas que t'aie besoin de tisane aux herbes, mais je peux t'en faire une quand même si tu veux.  Vivement que l'été revienne, par contre, se dit Alex.  Les réserves de Gabriel en ail des bois n'étaient pas conséquentes à la présence d'un ours-garou tête brûlée dans les parages.

-La mauvaise, c'est que tu ne sors pas d'ici tant que t'es pas complètement rétabli.  Et je te prescris d'éviter les combats à dix contre un à l'avenir.  OK?

Alex tapota le genou de Charlie et prit place sur le canapé en face du fauteuil, non sans avoir récupéré sa bière.  Il en prit une gorgée en regardant l'ours par-dessus la bouteille. Se retrouver face à une meute décimée n'était peut-être pas l'expérience la plus sympa. Et s'il avait appris une chose chez Charlie, c'était que l'ours maîtrisait mieux ses humeurs que le druide, mais également que la brute n'était pas un meurtrier.  En espérant que les événements de ce soir ne l'aient pas trop ébranlé ni traumatisé... Ni qu'ils n'aient ressassés trop de mauvais souvenirs.

-Ça va aller?  Je veux dire, tu vas tenir le coup? fit le druide en désignant son crâne.



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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Dim 22 Mai - 18:09


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Effort surhumain : le garou souleva une paupière pour jeter un regard qui se voulait torve au druide, occupé à rire tout seul de sa blague. L’effet fut un peu raté tant il avait surtout l’air à côté de ses pompes mais c’était une belle tentative.

« Je m’inquiète surtout pour toi, finit-il par réussir à coasser. Tu survivras à un centimètre de peau nue ? »

Mine de rien, si mauvaise fut-elle, la moquerie était plutôt bon signe quant à sa guérison en cours. Les regards de l’ours (du moins son œil ouvert) et du scientifique, penché à quelques centimètres de lui, s’accrochèrent un instant, puis Alex reposa ses miches sur sa chaise, retournant à ses soins, ce qui lui valut un nouveau grognement de la part de son patient peu coopératif. Sa deuxième paupière suivit le chemin de la première et il baissa les yeux sur le travail achevé du druide. Mine de rien, la blessure semblait moins impressionnante une fois épongée de tout son sang et correctement bandée.

« Ouais, j’en veux bien. »

Ça sentait pas mal bon ce truc, il fallait bien l’avouer. Pas autant que le miel, mais pas mal quand même. Alex s’installa en face de lui sur le canapé et Charlie se tortilla. Le druide semblait beaucoup s’amuser à jouer au véto et le visage de l’ours se mura dans une expression butée qui, vu sa dégaine, lui donnait l’air d’un illuminé.

« Je m’en fous qu’ils soient dix, c’est eux qui ont commencé.  »

Et s’il les recroisait, il attaquerait à nouveau. Ces types étaient une menace pour le monde sauvage qu’il défendait. Et on pouvait bien le taxer de violent lui-même autant qu’on voulait, jamais commettre un tel massacre ne lui serait venu à l’idée. A nouveau, la colère sourdait en lui. Elle ne l’avait pas lâché depuis qu’il avait fuit le combat, permettant même sans doute de le faire tenir debout jusqu’à la porte du druide, et aborder ce sujet la ravivait.

« Ça ira. » Finit-il par répondre entre ses dents, bourru.

Alex se leva le temps de lui préparer sa décoction et l’ours se ferma à nouveau, calfeutré dans son fauteuil. Il n’était pas naturellement un grand bavard et quant à aborder ce qui se passait dans sa caboche, ça n’avait jamais été vraiment son point fort. Rapidement, le druide vient lui fourrer une tasse brûlante entre les doigts et Charlie leva brièvement les yeux vers lui :

« Merci. Heu… Pour ça et pour le reste. »

Si fatigué fut-il, la chaleur de la tisane l’empêchait de sombrer trop vite et une seconde gorgée suivit la première.  Après quelques longues secondes passé à profiter des vapeurs de la décoction, le cuisinier releva un œil vers son hôte et sembla enfin prendre la mesure du côté débraillé du druide.

« En fait, t’as une seule gueule aussi. »

Avec sa tête de déterré, sa tignasse en broussaille et ses nombreuses blessures, l’ours ne s’étouffait heureusement pas avec sa mauvaise foi, merci pour lui.

«  C’est le sang qui te fait tourner de l’œil ? »

En réalité, Jenny lui avait bien confié sa rupture à demi-mot mais l’information était complètement passée à l’as vu les derniers événements.


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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Sam 28 Mai - 18:19

Baumes et blessures




Alex s'était buté.  Quand apprendrait-il à ne pas faire de joutes verbales quand l'ennemi pouvait le mettre KO en une réplique.  Même si cet ennemi n'était autre qu'un ours grandement endommagé et sans grande réputation pour son sens de la répartie.  Peut-être lorsque cela cesserait de l'amuser, entre autres choses. L'ours en face de lui faisait une face de petit ourson outré, qui aurait mérité de figurer dans n'importe quelle sorte de bêtisier, ou d'album honteux, si seulement Alex avait eu l'idée de prendre son portable pour immortaliser cette figure exceptionnellement ridicule, et le druide se pencha vers l'avant, appuyant ses coudes sur ses cuisses, ses mains regroupées l'une sur l'autre en tenant à deux doigts la bouteille à demi vide qu'il faisait doucement osciller.  L'expression de l'ours se fit plus féroce, mais le druide ne cilla pas, observant avec attention son protégé.  Il prit une nouvelle gorgée et Charlie cracha sa réponse.  S'il disait que ça irait, Alex lui ferait confiance.  Il cligna doucement des yeux : message reçu.

-La prochaine fois, tu m'appelleras.  À moins que tu veuilles pas partager le plaisir?  C'aurait aussi dû être un peu mon rôle de les protéger... Et si deux contre dix c'est pas assez, j'appellerai Jansen également.

Alex se leva, cala le fond de sa bouteille qu'il reposa sur la table de salon et se dirigea vers la cuisine en réprimant une éructation.  L'éthanol faisait effet, il se sentait mieux, plus léger.  La diversion de Charlie ne devait pas être étrangère à son bien-être non plus.  Il s'affairait entre la bouilloire et les armoires, passa dans sa chambre farfouiller dans son sac à dos d'urgences pour y sortir quelques feuilles d'ail des bois et posa finalement une cuillère de miel comble dans chacune des deux tasses.  Il s'était fait un thé noir, en espérant amoindrir ainsi les effets indésirables de l'alcool sur son organisme.

-Y'a pas de quoi, Crowley.

Le druide se laissa retomber mollement sur le même coussin qu'auparavant et but également quelques lampées de sa tasse.  Ses pensées erraient entre le groupe de chasseurs que Charlie disait avoir rencontré, la présence de Mafdet, et Jenny.  Il avait beau tenter de se concentrer pour penser à des choses qui n'avaient pas le moindrement rapport à elle, son cerveau tressautait de neurone en neurone et, comme dans un mauvais jeu du téléphone, ramenait la serveuse dans son esprit.

-Euh? fit Alex, tiré de ses pensées par la déclaration de Charlie.  Il avait si mauvaise mine? Lui qui pensait pouvoir donner le change.  Il soupira et lança un regard, la mâchoire serrée, en direction du carton de bière déchiré et des bouteilles vides sur la table basse.

«  C’est le sang qui te fait tourner de l’œil ? »
-Hein?  Mais non, c'est...
un sourire fugace étira ses lèvres alors qu'il pensait avoir trouvé la réponse parfaite. C'est toute cette peau! fit-il en portant le dos de sa main à son front, en une caricature dramatique.  Un clin d'oeil plus tard – histoire d'être certain que l'ours avait compris que ce n'était qu'une farce –, Alex avait repris son sérieux.

-Sans rigoler, je sais pas si Jenny t'a dit, pour elle et moi...

Sa gorge lui paraissait plus sèche que s'il avait avalé un tonneau entier d'eau-de-vie, et ses doigts s'étaient mis à pianoter nerveusement sur la porcelaine qu'il tenait sous la gouverne sévère de ses sourcils froncés.

-C'est pas... je sais pas quoi en penser.  Je suis certain qu'on a prit la bonne décision, mais de l'autre côté, Jenny est tellement gentille, mais en même temps tellement... Je veux dire, tu sais comment elle est, et...

Le biochimiste marqua une pause.  Il savait qu'il suranalysait toute cette histoire, comme toutes les autres histoires de sa vie, comme toutes les situations qu'il avait vécues, mais il venait de réaliser que Charlie savait effectivement ce qu'il voulait dire, et comment c'était avec Jenny.  Ses sourcils se détendirent en deux arcs doux alors qu'il levait son regard vert-de-gris sur l'ours-garou pour reprendre avec un peu d'insistance dans sa voix, pour appuyer certains mots.

-Tu sais comment elle est, et comment c'est avec elle. Tout le monde peut voir qu'elle est comme un rayon de soleil, mais d'un autre côté, elle est tellement... Je peux pas croire que je lui reproche ça!  Elle est trop gentille avec tout le monde.  J'ai beaucoup de défauts, mais je n'ai jamais été un gars jaloux, mais avec la façon qu'elle a d'être avec tout le monde, je suis devenu paranoïaque, comme si elle flirtait avec tous ses clients, tous les livreurs, les fournisseurs, les gens qui promenaient leurs chiens dans la rue, le caissier à l'épicerie.  Je me sens affreux, Charlie.  C'est une perle et je n'ai même pas su trouver le meilleur en moi pour être à la hauteur.  C'est ridicule.

Alex s'était laissé glissé sur le sofa, effondré, et avait déposé sa tasse sur son nombril, dans un équilibre assuré par ses deux mains autour de celle-ci.  Il s'ensuivit un long soupir.

-Et elle fait que parler sans arrêt, je n'arrive jamais à placer un mot. grogna-t-il sans même s'apercevoir du paradoxe de la situation.



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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Mar 7 Juin - 13:58

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Pensif, Charlie se mâchouillait l’intérieur de la joue. Un de ses rares tics nerveux, peut-être parce qu’il en fallait beaucoup pour le stresser. Ce que le carnage et la confrontation à deux contre vingt avaient plutôt bien réussi à faire.

« J’y ai pas pensé. » Avoua-t-il en toute honnêteté. Ni à appeler Alex, ni à contacter Jansen ou Aless’. Ce qu’il avait découvert l’avait fait sortir de ses gonds et il n’avait plus eu qu’une idée en tête : retrouver les auteurs de ce massacre et leur faire payer l’addition. Tout le monde savait qu’il n’était pas doué pour penser à plusieurs choses à la fois.

Alex lui avait fourré la tasse entre les doigts et un long silence s’installa entre eux, plus reposant qu’embarrassé. L’un jouait avec sa bouteille, l’autre était plongé dans la décoction du druide. Quand Charlie finit par briser cette quiétude, la réaction du scientifique ne se fit pas attendre et surpris devant cette attitude exagérée de diva, le cuisinier pouffa de rire avant de grimacer, portant la main à son récent pansement.

« Me fais pas rire abruti, j’ai un gros trou dans le bide. »

Maintenant que l’autre lui rappelait… Oui en effet, Jenny avait peut-être bien évoqué cette rupture quand il était passé chercher son café au diner ce matin. A sa décharge, beaucoup de choses étaient arrivées depuis et il avait un peu fait l’impasse… Parce qu’à son regard, il avait bien compris qu’il n’était pas encore le temps d’en plaisanter, il avait épargné ses blagues à la jeune femme, mais il aurait été faux d’affirmer qu’il ne s’était pas un peu réjoui de la nouvelle. Bien fait pour le druide après tout, voilà des mois qu’il se pavanait au bras de son ex ! Maintenant qu’ils étaient face à face, l’ours ne trouvait plus ça aussi rigolo, mais il était trop shooté par la perte de sang pour s’affoler que la conversation prenne un tour plus personnel. On pouvait lui reprocher beaucoup de choses : son manque de jugeote, sa nette propension à préférer taper plutôt que discuter… mais Charlie savait écouter. Il ne pigeait pas toujours tout, d’accord, mais il avait l’oreille attentive. Le sujet sur lequel avait besoin de déverser Alex était en plus du domaine connu et lorsque le druide réalisa qu’ils avaient partagé une expérience sensiblement semblable, l’ours se contenta d’acquiescer.

Oui en effet, il savait. Il voyait tout à fait de quoi parlait le druide. Et si lui, le type bien, ne s’était pas senti à la hauteur, que dire du voyou de bas étage ? Clairement, ils ne jouaient pas dans la même catégorie. Avec patience, il écouta Alex vider son sac. Il avait l’air d’en avoir besoin, n’aurait été son propre état pitoyable, Charlie aurait pu se croire en pleine séance chez le psy, lui-même dans la peau du thérapeute et le scientifique étalé sur le canapé à fixer le plafond en guise de patient. La conclusion de la longue tirade du jeune homme lui tira un sourire fugace, non pas dû à l’ironie de la situation qu’il n’avait pas perçu non plus mais parce que les souvenirs de ses soirées en compagnie de la serveuse lui revenait :

« J’aimais bien, moi, qu’elle ait toujours quelque chose à raconter. »

Péniblement, il se pencha vers la table pour reposer sa tasse vide :

« Par contre elle savait jamais ce qu’elle voulait, ça, ça me gonflait. Elle décidait de rien, on s’est retrouvé une paire de fois à manger les restes de mon frigo parce que le temps de choisir où bouffer, tout était fermé. Et si c'était frites au miel, elle faisait la grimace ! »

Hérésie aux yeux du garou, Jenny ne raffolait pas du miel. Ça en faisait plus pour lui, malgré tout, il avait bien du mal à comprendre. Il oubliait toujours un peu vite qu'avant sa transformation, il n'avait pas particulièrement le bec sucré. Dodelinant, il bailla à s'en décrocher la mâchoire. Un ours à la fin de l'hiver, ça dormait toujours beaucoup, que dire quand il avait besoin de se retaper.


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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Dim 12 Juin - 14:52

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Alex n'avait pas fait de cas que l’ours n'ait pas pensé à l'appeler : d'un côté, il savait ce que c'était que d'agir sous l’influence d'une impulsion, surtout sous le choc d'une émotion telle que la frustration ou le désarroi qu'il avait pu ressentir à ce moment et ne pouvait pas réellement lui faire de reproches à ce sujet.  De l'autre côté, il savait que son ami n'était pas bête et s'en souviendrait, advenant que la situation se répétait.

Le rire de Charlie avait contaminé Alex qui s'était excusé entre deux fois rires. Maudit que ça faisait du bien. Évidemment, il se sentait un peu coupable d'avoir causer le retour de la douleur à l'abdomen de son protégé, mais il espérait que lui aussi trouverait que ça vaudrait la peine.

L’opinion de Charlie venait apporter une nuance bienvenue et un éclairage différent sur la situation qu'il vivait.  Ce fut rapidement au tour d'Alex de sourire subtilement, quand son invité mentionna les frites au miel. Il avait oublié cet anecdote. C'était ainsi qu'il avait fait la nouvelle rencontre de Charlie et dans cela, il n’en seraient définitivement pas là aujourd'hui. D'abord parce qu'il n'aurait pas eu la pas-si-stupide idée de refaire connaissance et de rétablir contact. Remarque, il y aurait probablement toujours eu l'éboulement… Et surtout parce que les chances étaient que Jenny et lui ne se seraient jamais fréquentés et qu’il ne serait donc pas là, dévasté par une peine d'amour qu'il s'était infligée lui-même. En fait, ne revenait-il pas d'un rendez-vous avec Jenny, le soir de l’éboulis? Cela venait donc à durée que quand son caprice mielleux, Charlie s'était peut-être toujours en train d'errer dans les bois en se vidant son sang et Alex… serait aussi solitaire que toujours. La vie pouvait être d'une ironie.

-Bah oui, quelle hérésie! S'exclama-t-il en s’esclaffant.  Je ne crois pas que ça nous soit jamais arrivé.

En vérité, Alex n'avait jamais vraiment éprouvé de difficulté à prendre l’initiative de leurs décisions tout en, du moins l’espérait-il, respectant les envies et les préférences de Jenny. Elle était peut-être un peu indécise, mais il voyait davantage cela comme une forme de simplicité. Jenny n'était pas une fille compliquée et était même facile à vivre en fait.

-Jolie luette, se moqua gentiment le druide face au bâillement du zootrope. Au lit, maintenant. Et que ça saute!

Le druide qui commençait à être éméché se leva et se dirigea directement en direction du grizzly sédaté. Il passa un bras dans le dos du blessé et l'autre sous ses genoux. S’encourageant d'un grognement, il leva Charlie carré de son siège. L’ours protesta. Le druide assura qu'il en était capable. “T’es saoul, Cormier”, rétorqua Crowley. Alex nia, mais reposa tout de même Charlie sur le plancher des vaches. Il le guida vers sa propre chambre et lui offrit de dormir une fois de plus dans son lit, lui-même irait se coucher dans celui de son père, qui s'était absenté une fois de plus. Pour une fois, Gabriel l'avait informé de la raison de son absence : il rendait visite à son cadet.

-Bonne nuit p’tit loup. Fit-il en fermant la porte de sa chambre sur l’ours qui courait déjà vers les bras de Morphée. Il rigola de sa propre blague, malgré le manque de réaction de victime qui n'avait répondu que d'un “greuh” fort peu convaincant.

Le druide s’arrêta à la cuisine pour enfiler deux verres d’eau, le deuxième passant particulièrement difficilement, puis alla lui-même se coucher. Le sommeil ne semblait toutefois pas être au rendez-vous, certainement chassé par ses pensées confuses et aussi fertiles que Civet.  Le scientifique se connaissait et savait bien qu'il avait toujours tendance à tout analyser trop en profondeur.  Davantage encore lorsque les choses échappaient à son contrôle et qu'il avait cet agaçant sentiment de ne rien pouvoir y faire et de n'être qu'un simple passager et spectateur de son propre sort.  Il repassait mentalement chacune de leurs soixante-treize rencontres – soyons honnêtes, à cette quantité, ce ne sont plus des rendez-vous – au peigne fin, comme s'il cherchait le petit quelque chose, l'anicroche, le détail qui expliquerait pourquoi leur situation avait périclité ainsi.  Il avait beau savoir que leur rupture n'avait pas une cause unique, ni que leur relation n'avait pas passé un point de non-retour, mais c'était plus fort que lui.  Inévitablement, son cerveau revenait au début du mois de novembre, y attribuant ce point d'inflexion entre le doux et l'aigre.  Le début de la fin en somme.  Et la fin avait été longue, ils s'étaient attachés, avaient tenté de passer au travers, mais au final, ils n'y avaient peut-être pas mis suffisamment d'efforts, ou d'énergie, ou de courage.  Ou peut-être avaient-ils abandonné sans que leur inconscient ne les en ait informé.  Chaque interrogation était sa propre boîte de Pandore.  Ils s'étaient accrochés un couple, leur couple, sans avenir et sans dessein commun.  Ils se savaient être tous deux de bonnes personnes, issues et progressant dans des mondes certes différents, mais ils avaient décidé consciemment de faire fi de ces contraintes que la société leur imposait.  Avaient-ils eu tort, ou avaient-ils simplement été malchanceux?  Dans tous les cas, ils s'étaient agrippés à un désir, un souhait, un espoir de bonheur commun et la chute n'en avait été que plus longue et l'échec n'en était que plus douloureux.

Afin de se changer les idées, une fois qu'il s'était résigné à l'idée qu'il ne parviendrait pas à trouver le sommeil pour le moment, le canado-américain prit l'un des livres que son père avait laissé sur sa table de chevet.  Il les feuilleta sans grand intérêt puis en choisit un qu'il commença à lire.  Au bout de quelques dizaines de minutes, il se releva et replaça son pyjama, persuadé qu'il en ressentait un certain inconfort et que d'avoir les cordons exactement vis-à-vis le nombril l'aiderait forcément à trouver le sommeil.  Tentative infructueuse.  Retour au livre.  Réveil en sursaut, en position semi-assise, le livre à mi-chemin entre l'index et sa cuisse.  Fermeture du livre.  Retour sous l'édredon. Réveil. Tours successifs et de plus en plus agressifs sur lui-même.  Réveil.  Ronflements faibles et assourdis provenant de la chambre voisine. Réveil. Quatre heures trente-six. Réveil. Cinq heures douze. Et ainsi de suite.

Voilà quelques heures qu'Alex s'était levé et rhabillé.  Il n'avait presque rien fait.  D'abord, il avait éteint la télé qu'il avait oublié la veille, puis l'avait rallumée, désireux de se divertir.  C'était un tournoi de golf, qui jouait, et il ne songea même pas zapper, pour voir ce qu'il y avait ailleurs.  En fait, un petit homme vert serait sorti de l'écran qu'il ne l'aurait peut-être pas vu.  Il réfléchissait, toujours.  Qu'adviendrait-il de lui?  Qu'arriverait-il si il avait épuisé ses essais et qu'il resterait désormais un vieux garçon aigri à jamais.  Si on lui reprochait ses défauts qu'il connaissait bien, son intellectualisation trop poussée, son amour des règles et des normes.  Ses cernes.  La tache de naissance là, sur sa joue?

Il fallait qu'il s'occupe.

Il était presque midi lorsque le laborantin entendit finalement du bruit en provenance de sa chambre.  Tranquillement, il alla chercher les bouteilles de bière de la veille, qui tintèrent, et les déposa dans le bac de récupération.  Puis il se dirigea vers le réfrigérateur et en sorti un immense bol rempli d'une pâte qu'il avait préparée lui-même, le matin-même, sans électroménager pour respecter le sommeil de son invité.  La cafetière venait à peine de sonner lorsqu'il vit son chambreur émerger.

-Bon matin, fit-il en lui tendant une tasse de café et un pot de miel dans lequel était plongée une cuillère.  Ça va mieux?

De l'avoir vu aussi souvent chez Eddy, Alex avait une idée raisonnablement juste de la manière dont Charlie appréciait son café.  Quelques minutes plus tard, ils étaient à table et Alex vint déposer un pot de sirop d'érable près de celui de miel.  Rarement les Cormiers partageaient-ils leur plus précieuse denrée.

-Bon appétit.  Tu devrais peut-être aviser ton patron que tu n'iras pas travaillé aujourd'hui.

Regard entendu.  Alex était résigné à ne pas nommer Amaro.  Charlie allait visiblement mieux, mais il ne semblait pas non plus péter la forme.  Et puis, il fallait bien l'avouer : il était certainement préférable que tous deux servent de soutien psychologique l'un à l'autre.  Ils mangèrent en silence et Alex espéra vaguement que Charlie appréciait ses pancakes canadiennes, et qu'elles soient à la hauteur du cuisinier du Pink Print.  Ils se levèrent tour à tour pour se chercher une assiette supplémentaire et, sans crier gare, le druide interrogea l'ours.  Il avait quelque chose sur le cœur et avait besoin d'en parler.  Pas forcément pour se faire rassurer, mais plutôt pour savoir de quoi il en ressortait.  Cette pensée l'avait hantée depuis la veille, depuis que l'idée de terminer sa vie seul s'était implantée dans son cerveau.

-Crowley, tu penses que j'ai un balai dans le cul?  Que je suis trop coincé, ou ringard, je veux dire.

Le scientifique savait qu'il courrait un risque sérieux en posant une telle question.  D'un côté, il n'avait pas vraiment envie de se faire dire qu'il était un raté, de l'autre, ça lui tentait encore moins de se faire dire simplement ce qu'il avait envie d'entendre.  Heureusement pour lui, Charlie était un ours honnête qui n'y mettait pas toujours la forme, certes, mais qui disait ce qu'il pensait.  Et au final, c'était peut-être tout ce dont Alex avait besoin.



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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Jeu 16 Juin - 21:35

Baumes et blessures





« Mais… Repose-moi ! »

 Celle-là, Charlie ne l’avait pas vu venir. Il avait un peu passé l’âge qu’on le porte pour aller au lit. Ses deux pieds, sagement posés au sol, avaient subitement décollé et il se trouvait maintenant calé contre le torse de son hôte éméché. Basculera, basculera pas ? Mais non, le druide était solide malgré l’alcool et l’ours moins lourd que ne l’aurait laissé penser son totem. Ce qui n’était pas une raison pour le confondre avec une princesse en détresse. Fier comme un paon, Alex ne semblait pas décider à le laisser retrouver le plancher des vaches et Charlie scruta le visage de son ami avec autant de suspicion que de lassitude, un bras passé autour de son cou :

« T’es soûl Cormier… »

Alex protesta avec vivacité mais finit par consentir à le reposer et le garou secoua la tête. Un ours plus raisonnable que son druide, on aurait tout vu ! Ah il était beau, son infirmier personnel…Heureusement, il tenait encore debout, car lui à peine. Ses jambes flageolaient dangereusement et il se retint in extremis à l'épaule du druide qui, à défaut de porteur, put servir de canne.

Cahin-caha, leur drôle de duo rejoignit la chambre. La première fois que c’était arrivé, squatter le lit d'Alex lui avait semblé étrange. Aujourd'hui, cela ne lui faisait plus ni chaud ni froid et il se glissa avec bonheur sous la couette. Tous ses muscles se rappelaient à son bon souvenir et la plaie de son abdomen, après ce déplacement difficile, recommençait à pulser d’une douleur sourde. L’épuisement fit cependant son office et il s’endormit vite, environné de l’odeur du druide.


*


Sortir de sous les couvertures se révéla très difficile. Sortir de sous les couvertures, et se rappeler où il se trouvait. De ce qui s’était passé. Alors qu’il allait pour se retourner en grognant et replonger dans un sommeil bien mérité, les souvenirs de la veille, accompagné d’un élancement désagréable, lui firent l’effet d’une douche froide, soulevant ses paupières sans difficulté. De là à le réveiller complètement… Il ne fallait pas trop en demander. Prudemment, l’ours s’assit sur son lit, étirant ses membres un à un. Si une gêne persistait au niveau de son ventre, il parvint sans problème à rejoindre la cuisine, guidé par d’appétissantes odeurs.

« Bon matin !

— Grmblblbljour. »

Un large pli barrait la joue mal rasée qu’il grattait présentement en baillant à s’en décrocher la mâchoire, et il se laissa tomber en face du druide. Comme par magie, café et miel se matérialisèrent devant lui, à moins que ce soit simplement la légendaire efficacité de son hôte.

« Ouais, ça va. »

Un silence suivit alors qu’il tentait de remettre ses idées en place mais un sourire moqueur remplaça bientôt son air peu réveillé :

« Et toi ? Bien cuvé ? »

L’odeur du café et du miel mêlés achevèrent de le ramener parmi les vivants. Avec délice, il plongea une cuillère dans le liquide doré pour le transvaser, en quantité généreuse, cela va sans dire, dans sa tasse. Alex l’observait faire, amusé :

« Bon appétit. Tu devrais peut-être aviser ton patron que tu n'iras pas travailler aujourd'hui.

— Hmm. »

Cormier avait raison, évidemment. Il avait la désagréable habitude d’avoir toujours raison. Charlie cligna de l’œil, ce qui pouvait aussi bien vouloir dire « J’ai capté que tu disais pas son nom ! » que « Je le ferai plus tard » ou encore « Cool ! Des pancakes ! ».  Plongeant dans sa tasse, une longue minute passa sans qu’il prête attention à l’air agité du druide, trop occupé qu’il était par le contenu de son assiette. La question le prit au dépourvu, stoppant son mouvement à mi-chemin, la cuillère suspendue à quelques centimètres de sa bouche ouverte.

« Je croyais. » Répondit-il avec sa franchise brute de décoffrage, avant d’engloutir sa dose de miel.

Réalisant, en relevant les yeux sur le visage crispé de son hôte, qu’Alex attendait sans doute un peu plus de sa part, il déglutit en vitesse et s’essuya les lèvres du revers de la main.

« Mais en fait, t’es pas si pire. » acheva-t-il avec un sourire chafouin ponctué d’un nouveau clignement, qui, cette fois, devait tenir du clin d’œil. Un long instant de silence passa pendant lequel on aurait presque pu entendre les rouages se gripper dans sa caboche butée.

« C’est à cause de Jenny que tu demandes ça ? Percuta-t-il enfin. Elle s’est jamais plaint d’un truc pareil t’sais. Je crois qu’elle aimait bien ton côté… carré. Je me faisais engueuler à chaque fois que je te traitais d’intello en tout cas. »

Gourmands, ses yeux parcouraient la table à la recherche de sa prochaine proie.

« M’enfin finalement, t’es moins sage que je pensais. Tu déglingues quand même des gros trucs moches à coup d’épées dans la forêt et tu laisses rentrer les ours plein de sang chez toi ! »

Un nouveau pancake atterrit dans son assiette qu’il recouvrit d’une généreuse couche de miel avant de l’arroser de sirop d’érable.

« T’en veux ?? »


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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Jeu 23 Juin - 2:06

Baumes et blessures




-Gnagnagna, fit le druide, immature, à la moquerie du garou. Il n'était pas pour se vanter d'avoir déjà descendu plus d'un litre du jus d'orange qui trônait au centre de la table, et d'avoir encore la bouche pâteuse. C'était sans surprise que l’ours n'était pas vraiment du type matinal, aussi son hôte canadien ne s’étonna pas spécialement de son salut, ni ne s'en formalisa. La moquerie, par contre, l'avait pris un peu plus au dépourvu. Si l'humeur de Charlie était un indice sur son état de santé, la nuit avait été réparatrice. Un rapide échange de banalités plus tard, et Alex attaqua le vif de ses préoccupations.

La réponse de Crowley, insatisfaisante par sa courtesse, se fit attendre un instant qui se suspendit en l'air pour un bout d'éternité. Les sourcils en hauteur, la mâchoire tendue, Alex attendait la fin de la réponse. Que croyait-il? Ensommeillé, le cuisinier réalisa enfin le tournent qu’il imposait au châtain et poursuivit. Soit, il n'était pas si pire. Le prix du compliment de l'année irait à Crowley, indubitablement. Alex inspira par les narines. Il avait demandé à Charlie d'être honnête, pas d'être flatteur, et c'était pile ce qu'il avait été. Vaguement froissé, Alex releva la tête de la scène de guérilla que se livraient sa fourchette et son couteau sur sa pancake, juste à temps pour voir le clin d'œil du souriant ourson qui s'évanouissait déjà de son visage. Qu'avait donc le Charlie ce matin pour être aussi plaisantin? Ne rompant pas le silence, Alex repiqua son morceau et le porta à sa bouche, le mâchant lentement, silencieusement, en attendant plus du zoomorphe.

Cette fois, les yeux du Manitobain s'ouvrirent comme des plaques d'égout, ses sourcils armant des missiles thermonucléaires en direction de son invité. Intello? Carré? Si seulement il était questions de ses épaules… Alex piqua furieusement dans son assiette. Il n'avait définitivement pas apprécié la façon par laquelle Charlie avait dit que Jenny prenait sa défense, comme s'il n'était pas capable de le faire lui-même. Lui qui avait de son plein gré, et de bonne foi, retiré à son ancien condisciple l’étiquette de brute épaisse, celle que l’on lui avait apposée, à lui, une décennie auparavant était bien restée. Si seulement il avait analysé le ton du cuistot plutôt que ses propos, il n'aurait pas serré les dents à s'en déloger un plombage, ni ne se serait dégonflé comme une baudruche à l'énumération des points en sa faveur.

Il fallait bien dire que le nouvel étonnement du laborantin était en partie causé par da confusion. Il maniait l'épée, lui? Alex n'en avait jamais été mis au courant. Les sourcils en points d'interrogation, le regard fermé, Alex s'interrogeait. Il ne maniait aucune arme. Aucune arme létale, à tout le moins. C'est alors que le druide compris. Lorsqu'ils avaient terrassé - euphémisme volontaire de la part de celui qui voulait pas se voir comme un meurtrier - le monstre denté, Jansen lui avait bien prêté cet espèce de sabre-machette dont il s'était servi avec une efficacité aussi redoutable que surprenante.

Culpabilisant vaguement d'avoir prêté de mauvaises intentions à son invité, Alex lui envoya un sourire franc en acceptant une nouvelle part de pancakes au miel et sirop d'érable.

-Merci, fit-il davantage en référence à la réponse honnête de l’ursidés qu'à l'arrivée de da part dans son assiette.

-En même temps, je serais un bien mauvais druide si je te refusais le gîte. Et puis, l’Père n'est pas là, ça me fait plaisir d'avoir un peu de compagnie. Et pour ce qui est d’être sage… je suis peut-être simplement pas vantard. Il lança un clin d'œil par-dessus la table. Non mais c'était vrai, il n'était pas du genre à se targuer de sa moindre altercation avec l'ordre et la loi non plus...

Le silence retomba sur la table, interrompu seulement par le crissement des ustensiles sur les plats. Perdu dans ses réflexions et ses analyses interminables, Alex en vint à conclure qu'il devrait peut-être renvoyer l'ascenseur à l’ours. Après tout, Charlie n'avait pas été moins victime qu'Alex des carcans imposés par la société.

-T’es pas si pire non plus, en fait. Jenny - il y avait un peu de retenue dans sa voix, comme un soupçon d’amertume ou de mélancolie - et Matrim ont bien raison en fait. Tu es pas mal plus cool que la brute bête que tout le monde aime croire que tu es… T'es drôle aussi et t'as souvent de bonnes idées… imaginatives.



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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Mer 13 Juil - 13:41

Baumes et blessures





Le nez dans son café puis fortement occupé par son miel au pancake et au sirop d’érable, Charlie ne s’aperçut même pas qu’il avait presque réussi à vexer le druide. En réalité, il y avait de fortes chances pour qu’il ne s’en soit pas rendu compte même si son attention avait été focalisée sur son hôte. Les ours n’avaient jamais été réputés pour leur finesse. Du moins, cet ours-ci en particulier.

« Y en a d’autres si tu veux ! » Annonça-t-il la bouche pleine en se méprenant sur les raisons du remerciement d’Alex.

Il y avait des jours comme ça qui scellait une amitié. Pour certains, c’était de grandes promesses. Pour d’autres, des serments du sang. Pour les oursons, enfin, c’était un partage sans plainte geignarde de leur précieux miel.

Un nouveau pancake glissa dans son assiette et un moment, seul le crissement des couverts sur la porcelaine fut audible.

« Il est où d’ailleurs, ton vieux ? Je le vois jamais, ça peut se rendre invisible, un druide ? »

Mâchouillant sans discrétion, il fit passer sa bouchée d’une gorgée de café. Alex reprenait, une lueur joueuse au coin de l’œil :

« Pour ce qui est d’être sage… je suis peut-être simplement pas vantard.

— Ah ouais ? J’aimerai bien voir ça… »

Sous-entendu douteux ? Difficile de s’avancer avec un nounours aussi primaire, pour qui le second degré tenait plutôt de la langue étrangère. Du genre de celles qu’on apprend pendant dix ans à l’école sans être foutu d’en ressortir le moindre mot après ses examens. Et encore, pour ceux qui allaient jusque là. Si bien que lorsqu’Alex se décida à lui rendre la pareille, la fourchette de l’ours resta longtemps en suspens entre son assiette et sa bouche tandis que son regard, un tantinet méfiant, semblait tenter de comprendre si ou non il devait déceler une moquerie sous les compliments pourtant bien innocents du druide.

« Merci. » Finit-il par conclure simplement, la bouchée de pancake finissant son trajet dans le gouffre sans fin qui lui servait d’estomac.

« Enfin je crois. Plissant le nez, Charlie jeta un regard exagérément suspicieux à son hôte, puis se fendit d’un large sourire. Je ne savais pas que j’avais des bonnes idées imaginatives ! »

Il prit un instant pour réfléchir, penchant la tête dans une attitude bien inconsciente d’écolier studieux.

« Je ne savais pas que j’avais de bonnes idées tout court, en fait… C’est cool ! »

Avec gourmandise, le cuisinier lécha ses doigts poisseux de miel. Son estomac était repu et, sans pouvoir dire qu’il tenait la grande forme, il était dans un état considérablement meilleur que la veille au soir.

« Je vais prendre une douche, je peux t’emprunter des fringues ? »

Politesse toute rhétorique, il commençait à se servir si souvent dans la garde-robe du druide qu’il allait finir par le nommer fournisseur officiel. Lorsqu’il sortit de la salle d’eau, plus frais, la journée s’organisa sans hâte. D’un accord tacite, Charlie n’avait pas fait mine de rentrer chez lui, et Alex ne l’avait pas poliment invité à libérer son canapé. L’un et l’autre, pour des raisons différentes, se trouvaient encore un peu bousculés de la veille, et leur présence mutuelle était d’un certain réconfort. Avachis devant la télé, ils suivirent la fin d’un match de baseball. Le naturel les aurait plus mené à aller errer en forêt mais l’ours craignait de devoir retourner sur les lieux du crime et de se retrouver confronté, une fois de plus, au charnier. L’heure avançant et son estomac recommençant à gronder, il proposa à Alex de s’occuper du repas. Le frigo des Cormier était heureusement correctement rempli, au contraire du sien qui frôlait le néant à certaines périodes, et il se mit au travail sans attendre :

« Tu crois qu’on devrait y retourner ? Interrogea-t-il le druide d’un air absent en mâchouillant avec distraction un morceau de tomate égaré. Là où… je les ai trouvés, je veux dire. »

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Alex Cormier

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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Mar 26 Juil - 3:52

Baumes et blessures




Suite à un éclat de rire franc, Alex avala la bouchée qu'il venait de prendre et rétorqua :

-Si c'est le cas, on me l'avait pas dit non plus.  Il est chez mon frère. résuma-t-il en portant son attention un court instant aux neurones de sa cuisse, comme si il s'attendait à ce qu'ils lui transmettent une nouvelle sensation de vibration.  Ce matin, Gabriel lui avait dit se chercher une nouvelle maison et lui avait laissé trois options : se trouver un nouvel endroit pour vivre, racheter la maison, ou payer un loyer à son père.  Mine de rien, et malgré toutes les fois où il avait sacrer contre cette cabane perdue au milieu de nulle part, Alex aimait bien son logis.  Cependant, il n'aurait jamais les moyens de rester ici.  Quelque chose comme la colère et la résignation avaient tour à tour pris place dans l'esprit et le cœur du canadien qui en était un peu bouleversé.

Et l'affreux omnivore qui profitait que la garde du laborantin soit baissée pour l'enquiquiner.  De quel droit insinuait-il qu'Alex était incapable de ne pas se montrer sage.  Comment il osait dire qu'il voudrait bien voir Alex se montrer -exagérons un peu tout de même pour l'effet- rebelle!  Ou bien insinuait-il autre chose?  Que le druide n'était pas vantard, par exemple?  Auquel cas, il aurait tort de donner un exemple de non-sagesse.  Mais si il n'en donnait pas, ça revenait à abdiquer et avouer qu'il était comme une image, petit garçon parfait et lisse à l'existence plate et inconséquente.  S'en suivit une guerre de regard, entre l'ours qui ne semblait savoir s'il devait être outré ou non des compliments du druide, et ce dernier qui s'était laissé tomber au piège de son invité quadrupède.  Le combat épique fut conclus par le remerciement à rebrousse-poil du dégustateur de miel, qui en rajouta une couche, avec son pire air théatral.

-Tu crois?  Viens-là que je te... fis Alex, déridé, en levant une main bien tendue, fermée et prête à claquer, dans une fausse menace.  L'étonnement de l'ours coupa son hilarité et, dans une surprise sincère, Alex se justifia, comme si les mots « c'est cool » mis ensemble était un interrogatoire ou une quelconque autre forme de reproches.

-Ben ouais, le coup de la batte de baseball, tout ça, c'était brillant.  Et chez Matrim aussi, pour de vrai!  Sans toi, je sais pas si on aurait trouvé.

Bon, il exagérait un peu : il savait qu'ils auraient trouvé tout de même, mais cela aurait très certainement pris bien plus de temps, tout simplement.  "Devine" répondit-il d'un ton mi figue mi-raisin à l'interrogation de l'ours qui disparaissait déjà vers la douche alors que le biochimiste se levait à son tour pour faire la vaisselle.  Ils s'installèrent ensuite devant la télé et observèrent la partie de balle en commentant à un intervalle minime les jeux.  Le temps filait doucement et le futile divertissement changeait suffisamment les idées du druide pour que celui-ci ne se concentre pas seulement sur la partie, mais également sur ses problèmes plus concrets.  Comme trouver une vengeance au piège de Charlie.  Ou trouver une solution au départ de son père.  S'il était venu à établir un plan d'attaque pour la revanche, il était toujours à sec pour son logement.

Lorsque Charlie leva son popotin du canapé pour leur préparer un repas, Alex le remercia et visionna les premiers sauts de l'émission de plongeon qui suivait, avant de zapper.  Armé de légumes et d'un couteau, l'ursidé interrogea son hôte qui se dévissa le cou pour lui répondre, d'un air étrangement sérieux, même pour Alex, qui n'avait pas non plus l'habitude de se montrer solennel.

-Oui, je crois bien qu'on devrait.

Le jeune bilingue escalada le canapé et s'assit sur le dossier, les pieds pendant derrière celui-ci.  Faisant désormais face au cuisinier, il pourrait savourer la scène au mieux.  Et puis, compte tenu du sérieux de la situation, jamais l'ours ne verrait venir la blague.  Que demander de mieux.  C'était tout simplement excellent!

-Au fait, je viens de penser à un truc, et c'est probablement le meilleur pour prouver que je ne suis pas toujours sage.  Tu te souviens de cette affreuse prof, Miss Schwarz?  Elle m'a déjà fait copié des lignes!

Alex pinça immédiatement les lèvres ensemble et dodelina de la tête en un oui exagéré, savourant l'expression de son ami, qu'il jugeait quelque part entre désemparée et tétanisée, puis il éclata de rire et se laissa rouler vers l'arrière pour atterrir sur le coussin.  Malheureusement pour lui, il n'avait plus huit ans et la somme de la longueur de son tronc et de sa tête dépassait amplement le coussin, et il se prit le bord de la table de salon en bois derrière le crâne.

-Ouch laissa-t-il échapper avant de se relever en se massant le cuir chevelu.  Ça va aller, je vais mettre un peu de glace et on n'en parle plus. Jamais. Compris? fit-il semblant de menacer le cuisinier en grimaçant, avant d'ouvrir le congélateur pour en extirper quelques blocs de glace qu'il ficha dans un chiffon.

-Plus sérieusement, tu savais qu'en Californie, il est interdit de comment ils disent, déjà? D'uriner sur la voie publique, ou un machin du genre.  Il entreprit alors de raconter au garou son altercation avec la police de la ville, en omettant les détail qui le désavantageait, et en surenchérant sur ceux qui le faisaient bien paraître.

-M'enfin, c'est clair que ça fait pas de moi un criminel, et j'ai jamais même pensé dire que j'étais rebelle ou quoi que ce soit non plus, mais c'était clair que je n'étais pas pour le laisser abuser de son autorité sans rien dire.

Retirant le sac improvisé de son crâne, Alex le massa et jugea que l'inflammation avait probablement été autant contenue que possible.  Les joues rouges, il se sentait ridicule d'avoir raconté cette histoire à Charlie.  Outre son père, pour des raisons évidentes, et Jenny (pareil), il n'en avait pas pipé mot à personne.  Charlie était un véritable délinquant et il avait certainement déjà fait cent fois pire, sinon plus, alors s'il décidait de jouer à celui qui avait la plus longue archive criminelle...  Le châtain avait l'impression d'être un garnement de dix ans qui se vantait à ses amis d'avoir été au cinéma avec ses parents pour voir un film classé treize ans.  Ridicule et peu impressionnant, à vrai dire.  L'anthropomorphe le moquerait probablement désormais jusqu'à la fin de ses jours, sinon plus.  Il lui fallait changer de sujet, et vite.

-Tu fais quoi au juste?



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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Jeu 22 Sep - 20:04

Baumes et blessures





Jamais Charlie ne trouvait si vite ses marques que dans une cuisine. Bien avant de devenir ours, c’était le premier endroit où il avait appris à mettre en pratique tous ses sens plutôt que de ne se reposer que sur sa vue. Derrière les grills d’un restaurant, tout était bon pour ne pas perdre le rythme. A l’odeur et sans même jeter un coup d’œil à la poêle qui chauffait à côté de son coude, il sut qu’il était temps d’y jeter les deux beaux steaks qu’il avait trouvés dans le frigo de Cormier. La viande grésilla joyeusement au contact de l’huile bouillante.

« Ça sera bientôt prêt. » Annonça-t-il à son hôte, comme s’il n’avait pas entendu la confirmation du druide quant à sa question. Il savait bien qu’il devait, simplement, il n’était pas bien sûr de vouloir. Plongé dans ses pensées, l’ours abaissait de plus de plus vite la lame contre ses ongles, découpant ses tomates à la vitesse de l’éclair, heureusement sans jamais entamer sa propre chair. La force de l’habitude.

« …déjà fait copier des lignes ! »

Charlie cligna des yeux, l’air éberlué, peinant à sortir du marasme sombre de ses souvenirs récents. Ce clown de druide avait-il bien dit ce qu’il avait cru comprendre ? L’ours scruta le visage de son ami, et l’éclat de rire l’éclaira enfin sur les attentions de ce dernier. Un frémissement vint lui chatouiller les lèvres. Alex se gondolait tellement de rire qu’il en bascula tête en arrière et un « bonc ! » sonore sonna le glas de la rencontre entre son crâne et la table basse. Il y eut un instant de flottement pendant l’ours s’inquiéta de l’état de son hôte mais son air dépité lorsqu’il se redressa acheva l’humeur sombre de Charlie. De toute façon, n’avait jamais été très doué pour ruminer. Pris d’un fou rire irrépressible, il fut forcé de lâcher son grand couteau, et la moue boudeuse du druide ne fit que renforcer sa crise d’hilarité.  Ses hoquets se calmèrent enfin sous les menaces d’Alex et il leva les deux mains en l’air en signe de paix :

« Ok, ok ! »

Profitant qu’il retournait ses steaks pour essuyer discrètement ses yeux humides de larme, la nouvelle histoire d’Alex étira à nouveau ses lèvres en un sourire moqueur.

« Sérieusement, t’as pissé dehors ?? Quel rebelle… »

Fuyant la tape qui risquait d’arriver, il s’écarta pour farfouiller dans les condiments.

« Steaks et salade, je fais avec ce que j’ai sous la main hein ! Mais je vais relever avec ma sauce secrète… Tu peux mettre la table ? Et évite de marquer ton territoire dessus !»

Cette fois, le druide ne le manqua pas et c’est en gloussant que l’ourson dressa leurs assiettes.


*


« On y est presque », murmura l’ours, comme si parler trop fort risquait de perturber sa forêt convalescente. La plaie béante que représentait ce massacre ne se trouvait plus si loin et la gravité avait remplacé sa belle humeur, malgré sa vinaigrette à la moutarde et au miel. Même une sauce aussi délicieuse ne pouvait pas lui faire oublier longtemps qu’il avait été incapable de défendre ce monde sauvage qu’il aimait tant. Prenant une grande inspiration, le garou écarta la dernière branche qui leur cachait la vue, puis resta coi un instant.

« Y a plus rien… »

La  large trouée à ciel ouverte était déserte, ou presque. Ça et là, le vent charriait la cendre froide dans le crépuscule naissant et l’ours déglutit.

« C’est comme la dernière fois… »



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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Ven 23 Sep - 16:32

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Évidemment, Alex s'était trouvé drôle, hilarant même.  Les clignements d'yeux de l'ours, son air sorti d'un chou, comme si le druide lui avait parlé une langue celtique oubliée depuis la nuit des temps,  Alex ne pouvait qu'être fier de lui.  Charlie éclata à son tour de rire en le voyant se relever, ce qui était aussi rageant que cela empêchait le canadien de bouder correctement, le rire étant la meilleure des médecines, mais également un état extrêmement contagieux.  Si c'était même plus possible d'en vouloir à cet ours en coton à deux balles.

Et comme il l'avait prédit, le druide regretta immédiatement d'avoir raconté à Crowley son altercation policière.  Dans quel genre de monde avait-il pensé que cela ferait bonne impression sur l'ours.  Un monde où Crowley s'appelerait Paddington Brown, peut-être?  Cette fois, Alex ne leva pas la main pour faire semblant de frapper l'ours, mais il le manqua pour autant.  Ce gros plein de miel, ouais.  Il avait peut-être réussi à l'éviter cette fois-ci, mais ce ne serait pas toujours le cas.  Tout en grommelant, Alex se justifiait de nouveau.

-Hey!  Mais c'est pas c'que... J'ai insulté l'poulet!  J'lui ai dit qu'il était incompétent et... Rha!

D'un geste exagérément rageur, Alex fit claquer les portes des armoires pour en retirer deux assiettes lorsque Charlie le lui demanda.  Il les plaça à proximité de l'ours, pour qu'il puisse servir le repas sans problème, lorsque le cuisinier lui fit la très très très mature et subtilement recherchée remarque de ne pas marquer son territoire sur la table.  La réaction fut instantanée alors que le revers de la main du laborantin fouetta l'épaule du garou.  Il allait pas le laisser faire impunément, non plus.  Après un instant d'hésitation, Alex conclut qu'il avait la bouche trop pâteuse pour ingérer la moindre once d'alcool et se saisit de deux verres qu'il alla placer sur la table, sans pouvoir réprimer un sourire en repensant à la pique du zoomorphe.

-Je savais même pas qu'on avait tout ça.  Ça sent vraiment bon! fit Alex en piquant sa fourchette dans sa salade pour goûter la vinaigrette secrète.  Au miel, évidemment.  Je dois t'avouer que j'ai eu peur un instant, avec ton histoire de sauce secrète, mais la moutarde donne juste assez de kick.  Oui, il s'était attendu à une autre sorte de vinaigrette.  Du genre miel au miel extra miel.  Comment ça c'était de la mauvaise foi?

♣   ♣   ♣

Tâtonnant le sol du bout du bâton de son aïeul, Alex avançait en silence dans les pas de Charlie, comme si sortir du sentier qu'il leur créait au fur et à mesure qu'ils avançait aurait pu lui être fatal.  Il avait revêtu une veste, avait laissé à Charlie celle qu'il lui avait prêté la veille, et l'avait suivi, bottes de marche aux pieds, dans les boisés.  Il devait s'avouer impressionné que malgré son état de choc de la veille, l'ursidé ne retrouve aussi facilement son chemin dans les branchailles et les vallons de la forêt.

Dans un effet dramatique, Charlie avait révélé la scène de crime à Alex, qui n'y vit rien.  Aussi interloqué l'un que l'autre, Alex s'avança prudemment en fronçant les sourcils.  C'était pas du genre de Crowley de rigoler avec ses choses, et le druide avait tendance à le croire sur parole.  Un coup de vent frais vient le faire frissonner et le druide rabattu sa capuche sur sa tête, tout en investiguant l'endroit.  Ce fut l'ours qui remarqua le premier la cendre froide que le courant d'air avait fait voleter, et leurs pensées se rejoignirent instantanément.  La main d'Alex agrippa plus fermement sur son bâton, alors que l'autre se ferma en un poing, dans la poche de sa veste.

-Tu crois que c'est la même personne? Qu... qu'il y a quelqu'un qui nous observe? souffla-t-il en se rapprochant de la brute douce.  Un réflexe bien inconscient pour chercher un peu plus de sûreté.  Alex n'aimait franchement pas ce sentiment d'être épié, espionné.  Lui qui avait de nature un petit côté paranoïaque, ça ne l'aidait pas franchement.  Bien que des mois séparaient les deux événements, le souvenir du combat du monstre, avec Jansen, puis sa disparition en un tas de cendres, semblait toujours frais à la mémoire d'Alex qui trouvait une quantité étonnante de ressemblances entre les deux lieux de carnages, maintenant qu'il venait à y penser.  Lui qui avait songé, pour taquiner l'ours, à se soulager sur un arbre environnant et prétendre marquer son territoire, l'idée lui parut irrémédiablement stupide.

-On devrait peut-être pas traîner là... fit-il avec une sagesse qui n'était pas la sienne, mais celle de quiconque avait déjà visionné un film d'épouvante.  En tournant les talons, son regard fut attiré par un pied-de-vent improbable, compte tenu de la forte déclinaison du soleil dans le ciel.  Comme un signe céleste auquel il aurait soudainement été sensible, Alex scruta l'obscurité croissante et réalisa que le rayon crépusculaire s'était posé là où Mafdet l'avait attaqué le jour de leur rencontre.  Un sourire vint élargir ses lèvres alors que les nuages effaçaient toute trace de ce mystérieux phénomène.  Tapotant la petite bourse qu'il avait prise avec lui, Alex se tourna vers son complice.

-Tu as déjà entendu parler de némétons? s'enquit-il sans s'attendre à une réponse positive de l'ours.  Tel qu'il s'y attendait, le zoothrope n'avait jamais entendu parler d'une telle chose.  En lui faisant signe de la main et du sourcil de le suivre, Alex entama la marche.  Le druide était prêt à partager ce jardin secret avec son ami.  Oui, son ami qui, comme lui, cherchait à faire régner l'harmonie en ces lieux.  Peut-être que c'était, davantage que pour être rassuré, parce que le lien intangible de leur amitié s'était enfin tissé, en fait, qu'Alex était plus à l'aise de se tenir près de Charlie.  Crowley se montrerait assurément un digne réceptacle de ce que le Néméton était, représentait, et désirait.  Il en avait la certitude inébranlable.

-Dans les bouquins, c'est décrit comme un vieux chêne immense au cœur de la forêt, où les druides avaient pour habitude de se rassembler et de faire divers rituels.  C'était un peu le cœur et l'âme de la forêt et de la magie qui y recelaient, pour les celtes.  Il tentait de rassembler ses souvenirs des explications de la femme-chat.  Tout à ses pensées et ses éclaircissements, qu'il tentait de faire courte pour ne pas endormir l'ours debout, le druide sourcilleur ne réalisa pas que c'étaient ses pas qui le guidaient, sans qu'il n'ait besoin de leur indiquer la route à prendre, comme s'ils obéissaient aux volontés propres de l'honorable souche.  En fait, c'est plus... primal... que de la magie.  C'est l'énergie de la nature elle-même qui s'y rassemble.  Ou quelque chose du genre.  Ce n'est pas facile à expliquer.

♣   ♣   ♣

-Il a été abattu, mais il est toujours là. fit Alex à voix basse en pénétrant la clairière d'un air solennel.  Il s'avança vers la souche, sur laquelle un homme pourrait se tenir allongé sans problème, d'un pas lent qui contrastait avec sa démarche habituellement vive et nerveuse, et alla caresser le bois mort-vivant du bout des doigts, son visage s'éclairant d'un sourire fugace, ses sourcils se détendant.  Un instant, il ce demanda si ce sentiment d'apaisement, comme lorsque l'on rentre à la maison, était dû au tronc lui-même ou à ce qu'il représentait aux yeux d'Alex et à la représentation mentale qu'il s'en faisait.  Conjectures inutiles.  Le biochimiste avait lentement fait le tour de l'arbre et se retrouvait de nouveau en face de Crowley dont il observait, l'arcade sourcilière en une légère inflexion, la réaction.

-Imagine quand sa ramure recouvrait toute la clairière! s'exclama-t-il d'un murmure enjoué en appuyant ses deux mains sur le faîte du bâton, son capuchon toujours abaissé devant ses yeux.



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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Mer 12 Oct - 20:31

Baumes et blessures





Tout à coup, la forêt prenait des allures bien sinistres. Le soir tombant, l’odeur de cendre froide, le vent dans les arbres, le craquement dans les branches… Et, Charlie s’en rendit enfin compte, ce silence presque insupportable. Aucun oiseau ne chantait de ce côté de la clairière, ajoutant à leur malaise. Inconsciemment, ours et druide resserrèrent les rangs, presque dos à dos alors qu’ils scrutaient la frondaison des arbres.

« On devrait ptet pas traîner là…

— Non… ptet pas… »

Et de toute façon, quelqu’un, ou quelque chose,  avait déjà pris soin des corps. Sans demander leur reste, les deux hommes rebroussèrent chemin. La paix qui régnait déjà à nouveau sous le crâne de l’ours (qui a dit vide sidéral ??) fut soudain brisée par son compagnon druidique. Vaguement intéressé sans bien savoir pourquoi, Charlie cligna des yeux, plusieurs fois, les pupilles posées sur le visage presque malicieux d’Alex. Concentré sur ses pieds, il n’avait rien perçu du curieux phénomène météorologique qui avait figé, pour une brève seconde, le ciel du soir.

« Le neme…quoi ? C’est quoi ? »

Jouant les mystérieux, son ami ne répondit pas tout de suite mais prit la tête du convoi, et l’ours le suivit sans se poser de questions. A quel moment Cormier était-il passé dans cette précieuse catégorie des personnes à qui le garou confiait le soin de réfléchir à sa place ? Il n’aurait su le dire. L’amitié d’un Cormier était moins… expansive que celle d’un Amaro et Charlie pas connu pour sa sensibilité à la subtilité.

« Hmhm. »

On aurait pu le croire sur le point de s’endormir, lui, l’ours qui détestait les explications théoriques. La réalité était tout autre et sous des dehors distraits, Charlie écoutait avec attention les explications du druide. Si la première partie aurait pu le laisser froid, la fin attira à Alex un regard perçant qui prouvait l’intérêt de l’ours. La magie n’était pas son rayon, en revanche, la puissance primale de la nature qui les environnait lui parlait beaucoup. Peut-être parce qu’inconsciemment, il savait en tirer la puissance de son totem.

« Je crois que je comprends. » Finit-il par répondre, peut-être encore plus surpris que le druide d’une telle réponse de sa part.


*


« …  toujours là. »

La gorge nouée, Charlie avait à peine entendu l’exclamation d’Alex. Depuis quelques minutes déjà, une sensation étrange s’était emparée de lui, née sans même qu’il s’en rende compte mais prenant, au fil de leur progression, une place telle qu’il avait fini par se demander comment il avait pu ne pas la remarquer plus tôt. Malheureusement, il n’était pas assez doué avec les mots pour en poser dessus. Son cœur tambourinait comme un tambour dans sa poitrine oppressée et il finit par se rappeler la dernière fois qu’il avait ressentit un tel phénomène. C’était le jour où sa route avait croisé celle de son futur totem.

Ses yeux lui piquaient et il battit des paupières. Alex revenait vers lui, caché sous sa capuche, et Charlie déglutit à nouveau :

« Oui. J’imagine. »

Lentement, ses pieds l’emmenèrent à la souche sur laquelle il posa la main avec déférence. Ce n’était que du bois, mais elle lui semblait presque chaude sous sa paume. Était-il heureux de faire la rencontre de cet endroit ou dévasté de le découvrir mutilé ? Ou simplement perturbé de se poser des questions, ce qui, avouons le, était rarissime pour lui ? L’ours finit par s’asseoir sur ce banc improvisé, les yeux fixés sur ses chaussures.

« C'est ton père qui t'a fait découvrir cet endroit ? J'étais jamais venu. Je l'avais même jamais senti. Comment c'est possible ? »


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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Mer 9 Nov - 4:55

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Un regard furtif se dirigea du druide stoïque vers l'ours manifestement surpris de sa propre intervention. Évidemment qu'il était en mesure de comprendre quelque chose, et puis ce n'était pas aussi compliqué à comprendre qu'à expliquer, lui semblait-il. Ça n'était pas moins simple que quoi que ce soit d'autre dans ce monde surnaturel, à tout le moins. Pourquoi croyait-il comprendre? Avait-il fini par douter lui-même à ce point de ses propres capacités intellectuelles? Leur amitié trop fraîche ne méritait pas qu'il s'en mêle et il se passa donc, pour une fois, de faire un petit commentaire moralisateur.

Quelque chose laissait croire au druide que l'ours imaginais peut-être même mieux que lui-même les branches vigoureuses qui s'étaient un jour étirées entre le ciel et le sol de ce qui était désormais une clairière. Le laborantin laissa son ami s'avancer solennellement vers la souche en continuant de découvrir l'endroit comme si il y pénétrait pour la première fois. Tout était à la fois identique et différent de sa dernière rencontre avec le Néméton. Il lui semblait percevoir des odeurs et des couleurs qu'il n'avait pas remarquées lors de son passage avec Mafdet. Peut-être était-ce en raison de sa propre agitation, ou du conflit entre les deux druides qu'il n'y avait pas porté attention, mais en ce moment il lui semblait que les effluves hivernales lui chatouillaient les narines comme si elles émanaient de lui-même. Les étoiles qui s'installaient tranquillement dans les cieux semblaient briller de milles feux, comme des feux follets qui dévisageaient, intrigués, les deux intrus.

Un frisson parcouru le canadien lorsque Charlie rompit le faux silence qui régnait en maître autour de l'arbre abattu. De son calme habituel, il interrogeait Alex qui avait bien deviné que la curiosité du zoomorphe, sinon son excitation, serait piquée. Face à son enthousiasme, Alex joua quelque peu des sourcils en riant doucement. Lorsqu'il prit place près de son invité sur la tranche végétale, Alex entreprit de répondre à l'autre protecteur sylvain.

-Ce n'est pas mon père, mais Mafdet qui m'a emmené ici. La femme que tu as vu hier, qui se transforme en panthère, expliqua Alex face à la question silencieuse de l'ursidé. Je sais pas comment c'est possible, Crowley. Il me semble qu'elle a mentionné qu'Il pouvait se cacher, ou passer inaperçu, mais...

Elle lui avait également reproché de trop rationaliser et de trop se poser de questions sur toutes choses et chaque chose. Ce n'était pas le moment de recommencer à le faire. Il laissa plutôt son esprit errer dans la clairière et remonter le chemin qui les avait menés ici, jusqu'au lieu du crime de la veille, baigné de cendres, comme après leur rencontre d'avec Jansen, lorsqu'ils avaient affronté la chimère.

Pris d'une intuition nouvelle, Alex s'éclaircit la gorge, reformula mentalement sa première phrase, lança un coup de sourcil en coin à l'ours, et partagea son idée avec son partenaire de justice.

-Le jour où on a rencontré Jansen, j'avais eu une idée. Pas le jour même, en fait, mais dans ceux qui ont suivi. J'ai croisé A... ton boss par la suite et j'ai préféré ne pas vous en faire part à partir de ce moment-là. Les joues du druides rosirent : il n'aimait jamais vraiment qu'on lui trouve des faiblesses, et il avait tout à fait conscience d'avoir agi principalement par orgueil, sinon pour défier le Sicilien. Tu sais comment les loups se regroupent en meutes pour être plus forts... j'avais pensé faire un peu la même chose, avec Jansen et toi, des genres de gardiens de la forêt, ou j'sais pas ; et Alessandro a eu la même idée que moi. Il marmonna dans sa barbe, comme un gamin. Je dis juste ça pour... s'il prétend que c'est lui qui m'a filé l'idée. Je suis capable de réfléchir par moi-même, quand même.

Alex laissa la tranquillité du soir s'installer une nouvelle fois sur le duo qui se perdit de nouveaux dans ses pensées. Du moins, ce fut le cas de l'hémisphère gauche. Au bout de quelques instants, Alex releva les yeux du nébuleux néant qu'il fixait depuis tout à l'heure, et son regard croisa celui de Charlie. Leur pupilles s'accrochèrent un instant et Alex entrouvrit la bouche, le visage soudainement illuminé.

-Tu sais ce que les loup-garous ont d'autre que des meutes? Des émissaires! s'enthousiasma-t-il.



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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Sam 31 Déc - 9:26

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Ses vieilles baskets semblaient devenues d’un intérêt sans nom. Avec une intensité qu’on ne lui connaissait pas, Charlie en fixait le bout crotté, les lacets –blancs, fut un temps-, et les bribes de feuilles, collées à ses semelles boueuses, qui en dépassaient. Lorsqu’il releva les yeux, son enthousiaste lui donnait un petit air d’illuminé. Trop d’informations dans un seul package, il ne savait plus laquelle traiter en premier, lui si peu curieux d’ordinaire :

« Attend, tu la connais ? Mais c’est qui ?? J’avais jamais vu de garou panthère ! Elle fait comment, pour se transformer complètement ? »

Une vague de remord aurait pu le traverser s’il avait été du genre à s’appesantir. En lieu et place, un simple pincement à l’abdomen lui rappela que la « jeune » femme s’était mouillée jusqu’au cou pour lui, et qu’il l’avait abandonné dans une posture compliquée.

« J’espère qu’elle s’en est tirée sans trop de casse… » Se contenta-t-il d’observer d’un air distrait alors que ses yeux faisaient le tour de la clairière, une énième fois.

Le concept d’un arbre qui se cachait lui échappait un peu mais enfin, depuis qu’il avait rencontré Jansen, l’ours avait compris que sa forêt préférée avait un sens de l’humour très personnel. Comme Alex évoquait justement leur ami, le museau du cuisinier se redressa vaguement. La mention d’Alessandro gagna un rapide sourire, quoique, involontairement diplomatique, pas directement adressé à son ami. Le druide avait déjà, contrairement à ce qu’aurait pu laisser croire les apparences, toute l’attention de Charlie, mais le mot de meute lui fit gagner quelques points d’écoute supplémentaire.

L’ours avait beau se moquer de ces caniches plein de puces, l’homme en lui jalousait toujours un peu les loups. Non pas pour leurs capacités, il avait à revendre ce côté-là, mais plutôt pour leur fonctionnement social, tellement plus proche de tout ce qu’il avait toujours connu que la solitude de l’ursidé qu’il était.

« Tu… Tu crois qu’on pourrait ? C’est pas qu’un truc de bichon ? »

On aurait pu croire le contraire de l’hésitation dans sa voix, mais l’idée l’enthousiasmait sévèrement. Des gardiens de la forêt… Toute à son imagination –peu fertile, on entendait presque les rouages grippés s’enclenchaient avec difficulté-, il mit un certain temps avant de tiquer sur un « léger » détail :

« C’est quoi, un émissaire ? »

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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Ven 6 Jan - 21:18

Baumes et blessures




-Juste un peu! se défendit Alex lorsque l'ours-garou lui demanda s'il connaissait Mafdet.  C'est une druide aussi.  Enfin.  Je crois.  Elle est plutôt difficile d'approche et secrète.

Alex poussa un long soupir.  Il préférait éviter les explications trop détaillées, et surtout de mentionné qu'elle était le druide, l'émissaire, de la meute à laquelle Derek appartenait : la meute de Ruby.  Toutefois, la principale raison de son soupir, c'était qu'Alex n'en avait pas la moindre idée, de comment elle s'y prenait pour se transformer en panthère, et complètement, par-dessus le marché.

-J'sais pas comment elle fait, vieux.  Elle a toujours pas concéder à me l'apprendre, ou même à me l'expliquer.  Ne... ne t'inquiête pas pour elle, c'est une druide beaucoup plus... expérimentée que moi.

Le canadien s'en mordit les lèvres. Il avait bien failli dire plus ancienne.  Si il avait suffisamment confiance en Charlie pour croire qu'il ne risquait rien à éventer le secret de Mafdet, il ne voulait surtout pas brimer la confiance, aussi ténue soit-elle, qu'elle pouvait avoir en lui.  Et c'était sans même avoir songé à sa dangerosité.  Alex était simplement respectueux.

À ses côtés, les regards croisés et décroisés au fil de la conversation, Alex ne put s'empêcher de superposer au gaillard avec lequel il discutait, l'image d'un enfant privé de sortie à qui l'on offrait tout de même un morceau de dessert, et qui l'acceptait avec appréhension, comme si la friandise risquait d'être piégé.

Pour le coup, et avec le choix de mot du garou, Alex éclata de quelques notes de son rire saccadé.  De bichon, avait-il dit, par-dessus le marché!  Attendez voir qu'Alex aille répéter ça à Derek!  Il trouverait certainement cela bien drôle.  L'image de son meilleur ami, bigoudis ou perruque de juge sur la tête, lui traversa l'esprit.  Et s'il râlait?  Le surnom collerait!  Comme l'éclat de rire se concluait déjà, Charlie poursuivit d'une question dont la pertinence était entière.  Après tout, l'ours n'était pas druide et ne connaissait logiquement pas tous les termes auxquels Alex était devenu familier depuis son arrivée à Beacon Hills.  C'était même définitivement malpoli de sa part de ne pas avoir indiqué spontanément à son ami ce qu'il entendait par là.

-Hum.  C'est un druide qui est affilié à une meute, et qui agit en tant que euh... Oh que ça va avoir l'air pédant!  Faut que je trouve un meilleur mot, laisse-moi y réfléchir. Alex se tut un instant, se mordant la lèvre inférieure en réfléchissant, ses sourcils s'arc-boutant au grée des acrobaties du cerveau du biochimiste, qui capitula enfin.  Le seul mot qui me vient en tête, c'est une sorte de conseiller.  Ou un guide.  Enfin, un truc du genre, quoi.

Alex se renfrogna en grommelant, ne sachant pas trop comment il se sortirait de cette impasse verbale, mais l'image de Derek fardé et emperruqué lui revint en tête et il pouffa une nouvelle fois.

-Et je sais pas si les meutes c'est qu'un truc de... de loups, sauf que je te savais pas aussi tâtillon et pressé de bien suivre les règles.  T'es rendu sage, Crowley, tu devrais peut-être arrêter de te tenir avec moi!  D'une manière gamine, il lui tira la langue. Je crois surtout qu'on pourr... que ça vaudrait la peine d'essayer, au moins!  Clama-t-il.

Pris une nouvelle fois d'une inspiration soudaine – peut-être était-ce l'influence de la vieille souche – Alex se leva subitement, debout, les deux pieds sur la tranche du Néméton.  Il fit signe à Charlie de s deux mains de l'imiter, tout en poursuivant, un éclat malicieux dans les yeux, sous des sourcils frondeurs.

-Tu en dis quoi, Charlie Crowley?  Marché conclu? entonna-t-il d'un air solennel en présentant sa main droite, paume ouvert et le pouce vers le ciel, parallèle aux arbres qui les entouraient.  Il poursuivit sans parvenir à cacher son amusement de faire une telle fanfare.  M'accepteras-tu comme ton émissaire?


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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Sam 25 Mar - 23:47

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Les yeux de Charlie se levèrent à la rencontre des étoiles. Là haut, dans le ciel noir, sa constellation fétiche lui souriait. Une brise légère courait entre les arbres, jouant dans sa tignasse emmêlée avant de retourner faire craquer les branches des arbres. La douleur dans son ventre s’était estompée, tout comme l’amertume et la tristesse liée au massacre qu’il avait découvert. Le Nemeton les avait enfouies sous son imposante présence, ne laissant derrière lui qu’un étrange sentiment que l’ours n’avait pas l’habitude de ressentir, à mi-chemin entre mélancolie et apaisement. Un dernier regard à la lune et il revint sur terre. Alex l’attendait.

Il prit appui sur un genou pour se relever et rejoindre le druide sur la souche.  La solennité du moment lui tira un sourire moqueur, miroir de celui de son ami et il accepta la main tendue sans plus d’hésitation.

« Marché conclu, Alex Cormier ! »

Un court instant comme suspendu dans le temps, l’ours eut l’impression saugrenue que le Nemeton donnait sa bénédiction à leur alliance. Puis son sourire s’élargit :

« Et du coup maintenant on fait quoi ? Genre serment de sang, et tout ? »

Évitant la bourrade du druide, il quitta leur perchoir en ricanant et se tourna pour l’attendre :

« Ça t’apprendra à me traiter de sage ! Un hydromel, ou une bière, ça te dit ? »

Voilà une méthode qui lui semblait bien plus efficace pour sceller un pacte ! A vrai dire, malgré l’incongruité de cette demande très officielle dans un endroit aussi solennel, la situation lui semblait tout à fait naturelle. Comme si les événements n’avaient pu trouver une autre issue. Charlie n’était pas le genre à beaucoup s’appesantir sur des concepts aussi abstraits que le destin et le libre-arbitre. Tout ça lui passait à milles lieux au dessus de la tête, parmi les étoiles qu’il contemplait de temps à autre, et il se contentait quant à lui de prendre les choses comme elles venaient.

« Civet est tout seul à la maison depuis hier, il faudrait qu’on passe avant de descendre en ville… »

Écartant une branche, il s’effaça pour laisser passer le druide avant de s’enfoncer entre les arbres à sa suite, sans un regard à la souche sacrée qui l’avait pourtant tant touché.

« Hey, tu crois que si Mafdet sait faire ça parce qu’elle est expérimentée, ça veut dire que toi aussi, tu pourras un jour ? »


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MessageSujet: Re: Baumes et blessures   Jeu 30 Mar - 17:57

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« Et du coup maintenant on fait quoi ? Genre serment de sang, et tout ? »

Lui-même au bord d’éclater de rire, Alex ne s’était pas réellement attendu à ce que son ami plantigrade ne soit trop sérieux au vu de la situation et, pour la forme, il arma gentiment son poing et l’élança en direction de l’épaule du cuisinier, qu’il rata.  Tant pis.

-Patate! railla-t-il en descendant à son tour du Nemeton.  
-Si tu me récompenses quand je te traite de sage, je risque de recommencer, tu sais!

Quant à Civet, Alex se contenta de hocher la tête.  Il lui ferait plaisir de revoir sa boule de poils favorite bien que ce ne soit pas officiellement son tour de garde.  Un sourire mutin aux lèvres, Alex tourna à demi la tête lorsque Charlie, derrière lui, lui demanda si il pensait être un jour capable de se métamorphoser en animal, comme la femme plurimillénaire.

-J’espère!  J’aimerais bien, ce serait cool.  Je sais pas en quoi je me transformerais, je sais pas si c’est elle qui choisit ou si c’est plus fixe, je devrais le lui demander.  Imagine que je sois pris à me transformer en...

Âne, orignal, castor, dindon, loutre, lynx, bison, vison, putois, raton laveur, l’arche de Noé nord-américain y passa presque entièrement en un concours comique de ce qui serait tantôt le plus ridicule, tantôt le plus badass, en évitant soigneusement les créatures-garous de leurs connaissances.

Les tracas de la veille, et de la vie en général, semblaient s’être fait relégués dans un petit recoin de son esprit, qui se baladait tranquillement alors qu’il profitait de leur ballade en forêt.  C’était probablement son meilleur remède aux tourments, en fait.  La forêt.  S’y promener, seul ou avec un ami aussi taciturne que lui.  Y marcher ou y courir, peu importait.  C’était comme si les feuilles autour de lui, ou les troncs, venaient absorber toutes ses pensées toxiques et lui laissait la tête fraîche et disposée.  Il se sentait invincible, capable de régler n’importe quel problème.  C’était comme si les solutions venaient se présenter à lui d’elles-mêmes.  Ainsi, après un long silence, l’une d’entre elles venait de germer dans son esprit.

-Hey, Charlie!  Mon père va déménager dans quelques mois, et s’il vend sa piaule, je vais devoir aussi.  J’ai pas les moyens de la lui racheter, mais il m’a offert de payer un loyer si je voulais rester.  Comme il y a deux chambres, je viens de réaliser que je pourrais me trouver un coloc.  Ça me reviendrait moins cher.

Alex fit une pause, le temps de reformuler ses pensées.  Ça tenait la route.  De toute manière, l’ours commençait déjà à avoir l’habitude de dormir à la cabane, et la proximité de la forêt risquait de lui plaire.  Mais il ne voulait pas le forcer à rien.

-M’enfin, prends le temps d’y penser, mais je viens de penser que tu pourrais emménager.  Ça pourrait t’aider à brouiller les pistes du détective et tout.  Et pis, on aurait pas à déménager Civet à tout bout de champ.  Je veux pas te mettre la pression, hein.  Comme je t’ai dit, mon père m’a écrit ce matin.  Je sais pas quand il compte partir.  Apparemment qu’il est temps qu’il s’occupe de Michael...

Ils reprirent leur marche, sans en parler davantage, et poursuivirent leur journée.


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